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  • Les curieux chiffres du monde de la Covid-19.

    Les curieux chiffres du monde de la Covid-19.

    La semaine dernière, l’Union Européenne se félicitait d’un taux de 70% de personnes vaccinées en Europe. Un excellent résultat, qui rappelle qu’effectivement les populations vaccinées sont plutôt celles des pays riches que celles des pays pauvres

    Au début de l’épidémie, pourtant, l’inégalité frappait surtout l’Europe. Comme si les pays pauvres étaient épargnés par le virus ; les pays européens et les Etats-Unis comptaient les morts, la médecine occidentale montrait ses limites. L’Asie plastronnait, l’Afrique semblait immune.

    Les pays pauvres  (et jeunes) épargnés par le virus ?

    Puis le virus continua sa balade de nouvelle vague en nouvelle vague, de mutation en mutation. Règne aujourd’hui le variant Delta, plus contagieux, plus dangereux. S’annonce le variant Mu, plus terrible encore. Chacun de s’interroger : les vaccins fonctionneront-ils contre Mu ? Faut-il se réjouir d’avoir vacciné 70% de la population si les mutations se jouent peu à peu des vaccins ? C’est un des arguments des antivax, auxquels répondent médecins et gouvernements en proclamant leur efficacité. Improviser une société de contrôle, désigner chaque passant comme agent contaminateur, dépenser des milliards en aides, si cela était en vain, risquerait d’agacer. 

    Aussi sortent des chiffres pour démontrer non seulement que les vaccinés ont moins de chances de mourir, ce qui est rassurant, mais aussi d’autres évaluant le nombre de vies sauvées, c’est-à-dire les morts qui ne le sont pas. L’OMS, qui a décidemment du mal à corriger ses carences, explique que l’Europe peut craindre 250.000 morts avec le Mu. Possible, incertain. L’Imperial College avait bien prévu plusieurs millions de morts en Europe et aux Etats-Unis lors de la première vague. La Suède aurait dû dépasser les 100.000 morts en juin 2020. Heureusement, les prévisions sont faites pour être démenties. 

    Heureusement, les prévisions sont faites pour être démenties.

    Décompter le nombre des morts dus au virus est déjà difficile,  évaluer le nombre de morts qui n’ont pas eu lieu est un exercice rhétorique. Chaque gouvernements expliquera, experts à l’appui, qu’il a adopté la meilleure stratégie, la meilleure réponse, etc. Que disent les chiffres actuellement disponibles sur un virus aux multiples variants qui n’a pas fini ses tours du monde ?

    Les chiffres les plus significatifs, et les moins contestables, sont ceux de la mortalité. Pour mesurer l’effet de la pandémie, il faut relever les différences de mortalité annuelle. Ainsi en France, se constate une mortalité excessive en 2019 comme en 2020, entre 50.000 et 60.000 personnes. Cela correspond aux décès attribués à la Covid par Santé Publique France : 125.000 morts, fin août 2021. Bien sûr, ces chiffres sont eux mêmes contestables, dans la mesure où une grande partie des personnes décédées étaient âgées ou malades : la même approche n’aurait pas le même sens sur cinq ou dix ans. C’est le défaut des chiffres : une mort est un drame, 100.000 une statistique.

    En Russie, on constate aussi une mortalité excessive, bien supérieure au décès attribués à la Covid. 180.000 décès attribués à la Covid, mais un excédent de mortalité annuelle de 320.000… Les autorités russes attribuent moins facilement le décès à la Covid qu’en France, et minimisent l’épidémie. La Belgique, au contraire, enregistre comme décès dû à la Covid toute personne contaminée décédée, ce qui tend à exagérer l’effet de l’épidémie. 

    Ces précautions méthodologiques prises, à cet état de la pandémie,  sous réserve de la sincérité des chiffres, quels sont les pays les plus touchés ?

    L’Université John Hopkins comptabilise, à partir des données fournies par les différents pays, 4 millions de morts. Les données les plus significatives sont le nombre de décès par rapport à la population.

    Le Pérou, 6200 morts par million : un cas extraordinaire qui n’intéresse personne 

    Le pays qui enregistre le record de morts par rapport à la population ne fait jamais les titres des journaux : le Pérou enregistre 6200 morts par million d’habitants : en tout 200.000 morts. Si ce taux était appliqué à la population mondiale, la pandémie aurait déjà tué 48 millions de personnes. C’est un cas extraordinaire, qui, curieusement, n’intéresse personne. Pourquoi le Pérou est-il à ce point à part ? L’attention se focalise ailleurs, tant les jugements sont préorientés, en fonction des critiques que l’on aime émettre sur tel ou tel gouvernement.

    Le deuxième pays le plus touché est la Hongrie, qui compte moitié moins de décès par habitant que le Pérou : 3100. Un écart impressionnant. La Hongrie s’est précipitée sur le vaccin Spoutnik, un essai peu concluant. Les voisins de la Hongrie, qui avaient pourtant échappé à la première vague,  sont eux aussi touchés brutalement: Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, République tchèque, Macédoine du nord, Slovénie, Slovaquie, Croatie, Pologne, déclarent des taux de décès par habitant entre 2000 et 3000. Ils font partie des 20 pays les plus touchés au monde, toujours selon ce critère du nombre de décès enregistrés par rapport à la population. 

    Les voisins du Pérou sont relativement moins touchés : entre 1600 et 2000 décès en Bolivie, Chili et Equateur. Mais 2055 au Mexique. Le Brésil, souvent pointé du doigt, compte moitié de décès par habitant : 2700. Un taux similaire à celui de la Colombie ou de l’Argentine : 2500. Ce qui inquiète, c’est de voir que les chiffres changent vite, et qu’une exception péruvienne n’est peut-être qu’une anticipation. Le vaccin, là, semble être la réponse.

    La France déplore un taux très élevé, le 24ème mondial 

    Les Etats-Unis sont au même niveau que le Chili (1972) et l’Equateur (1887) : 1957 morts par million d’habitants. Un taux comparable à celui de la France : 1877. 

    Car la France déplore un taux très élevé, le 24ème mondial. Elle est – pour l’instant et relativement- moins frappée que la Belgique (2222, l’Italie (2138) ou le Royaume-Uni (2000), mais plus que l’Espagne (1800) le Portugal (1726) ou la Suède (1443), si souvent mise en cause parce qu’elle a refusé confinement, masques et autres obligations. 

    Certains de nos voisins déclarent des taux de décès plus bas que les nôtres : 1100 en Allemagne et aux Pays-Bas. Leur stratégie était-elle meilleure, leur système de soins plus efficace ? Cela représenterait, pour la France, environ 85.000 décès en moins. Mais peut-on raisonner ainsi, d’autant que l’épidémie et ses effets, directs et collatéraux, à court et à long terme, ne sont pas terminés ? Pour l’instant, la vaccination protège les populations et l’on peut espérer diminuer les effets les plus mortels de l’épidémie. D’où la satisfaction de l’Union européenne, et l’inquiétude de l’OMS pour les autres. 

    L’exemple de l’Amérique latine montre que les pays les plus riches (et les plus vieux) ne sont pas les seuls touchés. On le voit aussi avec la Tunisie, qui dépasse les 2000 morts (le niveau du Royaume-Uni) par habitant. Ce qui n’a pas été sans effet politique, puisque la crise de la Covid a joué son rôle dans la concentration du pouvoir entre les mains du Président tunisien. 

    On peut s’interroger sur cette exception tunisienne. Le seul pays africain à reconnaitre un taux de mortalité presque aussi élevé est l’Afrique du Sud : 1424 morts par million d’habitant. La Lybie en guerre en compte 636, le Maroc 351, l’Algérie 125. Le Nigéria, géant africain, 13. Comme si le virus ignorait l’Afrique. A moins que ce ne soit l’Afrique qui ignore le virus, les outils statistiques n’analysant pas vraiment les causes des décès. Si la jeunesse africaine est insensible au virus, pourquoi ces taux en Tunisie et en Afrique du sud ? Faut-il s’attendre, comme le craint l’OMS, à un désastre en Afrique ?

    Pourquoi l’Asie résiste mieux au virus que l’Europe ou les Amériques ? 

    Aucun pays d’Asie ne figure parmi les 70 pays les plus touchés. Le premier étant la Malaisie, avec 529 morts par million d’habitant. L’Indonésie en compte 500, l’Inde 325, ce qui représente déjà 430.000 victimes. Sont-elles toutes répertoriées ? Le Japon est à 127, la Corée du sud à 44, Taïwan à 37. Ceci pour des pays dont on peut penser que les outils statistiques sont fiables. Pourquoi l’Asie résiste mieux au virus que l’Europe ou les Amériques ? Le Japon aussi compte une très forte proportion de personnes âgées. Y aurait-il un facteur génétique ? Face au « virus chinois », la Chine est championne?  4848 décès en tout et pour tout. Soit un taux de 3 décès pour un million d’habitants. On se demande pourquoi ils ont bouclé des provinces entières et construit des hôpitaux en urgence.

    Pour conforter le mystère, les autorités chinoises ont bloqué l’enquête de l’OMS sur l’origine du virus, ce qui renforce d’autant la suspicion : l’hypothèse d’une fabrication dans un laboratoire.

    La propagation du virus, sa létalité, la bonne façon de le combattre contiennent plus d’interrogations que de certitudes. Visiblement, l’épidémie n’est pas terminée. La vaccination apparait comme la meilleure réponse actuelle, mais certains vaccins fonctionnent mieux que d’autres les vaccins chinois et russes apparus les premiers,  sont moitié moins  performants que les autres. Peut-être d’autres mutations voyageront et feront passer les chiffres actuels pour de petits scores. Peut-être l’Afrique sera-t-elle frappée comme l’Amérique latine, le Mexique autant que le Pérou. Peut-être la recherche médicale ira-t-elle plus vite que le virus : des vaccins en pilule, des médicaments curatifs.

    On ne reviendra ni sur les dégâts économiques, ni sur les dégâts politiques

    Les incertitudes médicales sont nombreuses, les certitudes sont d’un autre ordre: on ne reviendra en arrière ni sur les dégâts économiques, ni sur les dégâts politiques. La Covid a accéléré la transformation du monde, et renforcé les divergences, les inégalités entre les pays à l’avant-garde de la révolution mondiale et ceux qui en sont à la traine.  L’Europe semble l’avoir compris : n’a-t-elle pas, pour la première fois, émis une dette commune, sachant que les pays les plus fragiles risquent de provoquer son éclatement, vaccinés ou non ? Dans tous les domaines, les effets secondaires de la Covid seront plus marquants que l’épidémie seule.

  • Festival des cultures urbaines en Equateur

    Festival des cultures urbaines en Equateur

    Le secteur culturel durement éprouvé par la COVID.

    Théâtres fermés. Ecrans de cinéma plongés durablement dans le noir. Musiciens condamnés à des concerts Zoom pas toujours très marrants. Maisons d’édition qui réduisent la voilure et sacrifient les nouveaux auteurs : la déprime a gagné le secteur culturel que la crise de la COVID a mis à genoux. 

    La culture en Europe a perdu 31% de son chiffre d’affaire. Et ce sont près de 200 milliards d’euros qui se sont volatilisés en 2020 par rapport à l’année précédente.

    Face à ce constat de quasi faillite, Lesfrancais.press vous offre cependant des raisons d’espérer. Nous allons consacrer une série d’articles à la rentrée culturelle dans le réseau des Alliances et Instituts Français de l’étranger.

    Dans ce secteur ouvert aux métamorphoses et à l’adaptation, les initiatives se multiplient. La culture renait de ses cendres. Et les lieux culturels réouvrent les uns après les autres.

    De nombreux évènements sont programmés en septembre. Au point que, comme un certain Général, nous avons envie de nous écrier : culture outragée, culture martyrisée mais culture en train de se libérer !

    Le Festival des musiques urbaines à Quito et Cuenca !

    Et si la libération venait justement du nouveau monde ? Direction l’Equateur et sa capitale perchée à près de trois mille mètres d’altitude. En septembre à Cuenca et à Quito, on célébrera les cultures urbaines. Graf’ rageur sur les murs, break dance sauvage, mix musicaux délirants, la ville sera en fête. Cette initiative portée par l’Alliance française locale se mène en partenariat avec le centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, l’Institut Français et Place Hip Hop. Ce festival fête sa 4ème édition et s’adresse tout particulièrement à la jeunesse qui a payé le prix fort durant la crise épidémique. Voilà enfin une bonne raison de raver plus fort si vous m’autorisez ce mauvais jeu de mots. 

    « La culture, une catharsis pour les jeunes »

    Antoine Lissorgue, chaleureux directeur de l’Alliance française de Cuenca et amoureux de l’Amérique latine qu’il a sillonnée pendant une dizaine d’années, a bien voulu répondre à nos questions au sujet de ce festival.

    Antoine, comment s’organise un tel festival en période de pandémie ?

    Ce festival des cultures urbaines va fêter sa quatrième année. C’est un festival relativement jeune mais qui a rapidement pris de l’ampleur en Équateur. Malgré la pandémie, le festival a pu être maintenu en 2020. Il a fallu s’adapter au contexte sanitaire local. Nous avons donc alterné entre activités en présentiel et en virtuel. Alors que la majorité des lieux culturels étaient fermés, nous avons fait le pari d’organiser le festival. Nous voulions faire passer un message fort, à la fois envers les artistes afin de les soutenir en cette période difficile, mais aussi auprès des publics pour démontrer que la culture fait partie de notre vie, et par conséquent qu’elle doit continuer.

    « La culture fait partie de notre vie »

    Cette année, le festival revient avec une programmation plus éclectique. Nous allons « jongler » entre la danse, le rap, le graffiti, le DJing puis les temps d’échanges, de rencontres et de formations. La majorité des évènements seront en présentiel, ce qui exige encore plus de rigueur dans l’organisation. Nous aurons notamment des jauges limitées, des contrôles avec prise de température à l’entrée des sites. Nous avions déjà réalisé la Fête de la musique en présentiel en juin dernier. C’était beaucoup de stress, mais finalement tout s’est très bien passé. C’est aussi un gage de sérieux qui rassure nos publics. Il faut recréer du lien et de la confiance avec eux.

    Tentons d’oublier la COVID, parlez-moi de vos coups de coeur des éditions passées et de vos attentes culturelles pour l’édition 2021 ?

    Le festival en soi est un « gros » coup de cœur ! Lorsque je suis arrivé en Équateur en 2017, le festival n’existait pas. Il a fallu tout monter de A à Z. Lorsque nous organisons un évènement culturel, j’attache beaucoup d’importance à l’esthétique. C’est ce que fait le festival avec des œuvres dans différentes disciplines qui transmettent des émotions et qui interpellent.

    Mais je crois par-dessus tout à la culture en tant que vecteur social. En 4 ans, le festival a permis des rencontres inimaginables. Il a mis un coup de projecteur sur un art qui est souvent invisibilisé ou méprisé.

    Il faut comprendre que les cultures urbaines sont encore trop souvent associées au vandalisme. Voir le succès qu’ont connu les deux fresques qui ornent le marché 10 de Agosto en plein cœur de Cuenca, c’était tout simplement magique.

    Les images de ces fresques ont fait le tour du pays. C’était l’une des nouvelles les plus lues dans la presse locale.

    Pour cette 4ème édition, nous reprenons les activités de co-création et la mobilité artistique. Il y aura bien entendu la venue de l’artiste français Marko-93. Un temps fort de la programmation.

    Marko est un pionnier du mouvement du street art. Il a surtout réinventé et popularisé le procédé du ligth-painting. On a encore du mal à réaliser qu’il sera en Équateur d’ici quelques semaines. Et puis, des artistes de Cuenca et de Quito vont également accompagner Marko dans son travail.

    J’ai beaucoup d’attentes vis-à-vis de ce projet car je reste persuadé que les cultures urbaines, de par leur particularité d’utiliser la rue comme toile ou comme scène, permettent d’établir une véritable connexion avec le public. C’est face aux spectateurs qu’une œuvre prend tout son sens. Les rues ont été vidées pendant plus d’un an avec la pandémie. J’espère que le festival contribuera à redonner de la vie à ces rues. 

    Un mot sur l’état d’esprit de la jeunesse équatorienne et sud-américaine ? La culture est-elle un ballon d’oxygène ?

    La jeunesse sud-américaine est résiliente. Ce n’est pas la première ni la dernière crise qu’elle connaitra. Alors oui, la culture constitue une échappatoire face aux problèmes du quotidien.

    Elle permet de rêver, de faire des rencontres et parfois même de s’aimer. La culture, dans toutes ses expressions, est souvent une forme de catharsis pour ces jeunes, un moyen d’être entendu lorsque l’on est inaudible auprès des ainés. Prendre un micro et rapper, c’est aussi exprimer son refus d’un système dans lequel on ne se retrouve pas. 

    Malheureusement la culture ne peut pas palier tous les problèmes. Suite à la pandémie, l’Équateur fait de nouveau face à une vague d’émigration. Beaucoup de jeunes choisissent de prendre la route en quête d’un avenir meilleur ailleurs, notamment vers les États-Unis. Tous n’y trouveront pas leur bonheur mais ils continueront de rêver, souvent grâce à la culture.

  • Bug sur les avis d’imposition des non-résidents

    Bug sur les avis d’imposition des non-résidents

    On pensait que le quinquennat d’Emmanuel Macron se finirait sous le signe de l’apaisement, au moins sur le plan fiscal, mais c’était sans compter sur les bugs informatiques…

    Un quinquennat, des réformes… annulées

    Depuis 2017, on en parle… La réforme des impôts sur le revenu pour les Français de l’Etranger était imminente. Elle fut même votée mais mal pensée, mal comprise, après une longue bataille, elle fut annulée en 2019.

    3 années perdues ! Alors le gouvernement joua de mesures techniques. Non pour imposer les plus riches, ils sont protégés avec la tranche libératoire dès le premier euro à 20% voire 30% pour les plus gros patrimoines et revenus, mais bien pour éviter une taxation à 20% sur les revenus qui ne seraient pas taxés à cette hauteur en France.

    Belle initiative du gouvernement et des technocrates de Bercy ! En créant un taux moyen qui doit se substituer au taux libératoire, l‘administration fiscale permet à ceux qui ont encore des revenus en France d’être taxés selon les conditions d’un résident.

    Simplement dit, ceux qui paieraient moins de 20% d’impôts, s’ils étaient encore en France, peuvent bénéficier du même taux que les résidents ; ceux qui devraient payer plus de 20% conservent la possibilité d’actionner le dispositif libératoire.

    Des déclarations mal intégrées

    Vous trouvez ça complexe ? Vous n’êtes pas les seuls ! En effet, l’administration s’est, elle-même emmêlée les pinceaux.

    En effet, lors de la réception de leur avis d’imposition, certains expatriés ont eu la douloureuse surprise de voir leur impôt bondir. Pourquoi ?

    Un échange avec la Direction des Impôts des Non-Résidents (DINR) et le groupe Facebook des Non-résidents, rendu public ce jeudi 2 septembre a permis de mieux comprendre le « bug ».

    Ainsi la DINR a confirmé l’existence d’un problème informatique. Celui-ci touche les demandes de taux moyen ! Les requêtes ont été mal intégrées par les outils informatiques, et aboutissent à appliquer un taux minimum au premier euro. Comme pour le dispositif libératoire, le taux est bon mais s’applique sans aucune franchise.

    Victime de ce bug : que faire ?

    La DINR a promis de traiter les réclamations « aussi vite que possible ». Il faut donc porter à la connaissance de l’administration votre problème.

    Pour cela, il suffit d’utiliser le dispositif de communication sécurisée mis à disposition de tous les contribuables sur l’interface dédiée accessible via le site impots.gouv.fr.

    Cette année, soyez donc encore plus attentifs que les autres à votre avis d’imposition. Vous pouvez vous faire aider dans vos démarches par le groupe Facebook « Non-résidents contribuables en France« .

  • A gauche, les négociations pour le Sénat s’éternisent

    A gauche, les négociations pour le Sénat s’éternisent

    La date limite pour le dépôt des listes approche, l’élection aura lieu le dimanche 26 septembre au Palais du Luxembourg. Pourtant au PS et chez ses alliés de Français du Monde, on débat toujours…

    3 listes pour une investiture

    Ségolène Royal, Laure Pallez et Yan Chantrel sont tous les 3 prétendants à l’investiture PS.

    Ségolène Royal continue sa campagne

    Grosse déconvenue pour l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, elle qui pensait que sa présence fédérait tous les socialistes de l’étranger et au-delà.

    Alors que son second, Mehdi Benlahcen arpente le congrès du PS et les rues parisiennes pour faire bouger les lignes, Ségolène Royal ouvre sa campagne à tous les élus consulaires. Elle semble vouloir démontrer sa capacité à réunir au-delà des frontières de sa famille politique. Elle y rencontre un certain succès, peut-être de quoi inquiéter les formations politiques sur la fidélité de leurs élus consulaires ?

    La Secrétaire générale cherche à imposer son candidat

    Autre personnalité qui s’agite à Paris cette semaine, c’est la Secrétaire générale de la fédération des Français établis hors de France, Cécilia Gondard. Si elle avait ambitionné de tenir la liste à ces élections sénatoriales, le conseil de sa fédération a rejeté cette éventualité. Une décision qui est le fruit de conflits internes que Cécilia Gondard n’a pas su lisser.

    Alors, elle joue son va-tout, refusant des propositions d’investiture pour les élections législatives, elle pousse Yan Chantrel, le conseiller consulaire du Québec. Ce dernier s’est fait remarquer ces derniers mois par son engagement dans la lutte contre les motifs impérieux exigés, courant 2020, par les autorités aux expatriés hors d’Europe. Engagement récompensé par les électeurs en mai 2021, il infligea une défaite majeure à LREM qui ne récolta que 4% des votes dans cette circonscription consulaire.

    Son défaut est de ne pas être connu, la Secrétaire générale de la fédération des Français établis hors de France, Cécilia Gondard, y travaille donc. Au congrès le week-end dernier ou à Paris cette semaine, elle présenta Yan Chantrel à tout le petit monde socialiste.

    Laure Pallez, la outsider

    Laure Pallez est elle soutenue par l’ancien Secrétaire général de la fédération des Français établis hors de France, Boris Faure. Fait d’armes de la campagne, elle réussit à s’insérer dans un article sur la candidature de Ségolène Royal dans le Point pour le transformer en un article élogieux à son profit. Elle démontre ainsi sa connaissance du milieu parisien, indispensable pour réussir un mandat de sénateur.

    Elle réussit aussi à fédérer une partie des élus consulaires du Parti Socialiste : suffisant pour mettre en danger Ségolène Royal ?

    (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

    Quelles combinaisons ?

    La liste de Ségolène Royal étant finalisée, voir même déposée, selon les dires de certains, quelles sont les marges de manœuvre ? Une alliance entre Yan Chantrel et Laure Pallez ? Un retrait pure et simple. Nous avons demandé à Cécilia Gondard de réagir à la situation, nous restons en attente de son interview.

    Dans tous les cas, les électeurs de gauche y verront plus clair mardi. 3 listes PS, plus la liste de Marc Villard ainsi que celle d’EELV, aucun accord avec eux n’ayant aussi été conclu, cela porterait le nombre de listes de gauche à 5… Le meilleur chemin vers la dispersion et des résultats en-dessous des espérances suscitées par leur victoire commune aux élections consulaires de mai 2021.

  • La rentrée des jeunes expatriés !

    La rentrée des jeunes expatriés !

    Ce jeudi 02 septembre lance la nouvelle année scolaire en France, pour les petits expatriés c’est aussi souvent la fin des vacances même si la situation est différente selon l’hémisphère ou les pays. On fait le point sur les situations en cette deuxième rentrée sous le signe de la Covid.

    Nous vous proposons aujourd’hui de faire le point sur les écoles du réseau AEFE et lundi 06 septembre nous ferons celui des établissements de la Mission laïque française.

    Hémisphère nord – hémisphère sud

    Les réseaux d’Education français sont mondiaux et pratiquent en général des rythmes différents selon l’hémisphère. Au sud de l’équateur, la rentrée a lieu en février, actuellement ils entament leur troisième trimestre. Dans les faits, c’est principalement au sein de l’AEFE, en Océanie et en Amérique du Sud que ce calendrier spécifique est utilisé. Au Nord, c’est celui de la métropole qui s’impose. C’est donc la rentrée pour une grande majorité des élèves du réseau scolaire français AEFE.

    Préparation de la rentrée 2021 au Lycée français de Valence (Espagne)

    L’AEFE, fin du distanciel, bourses et recrutement

    Reprendre le chemin de l’école

    Les 540 établissements du réseau sont prêts à recevoir les élèves, c’est le message adressé par le directeur de l’AEFE, Olivier Brochet, aux familles. Après 2 années scolaires marquées par la Covid-19, partout où cela est possible, la rentrée se fera en présentiel. Bien sûr, les mesures de distanciation physique et autres dispositifs sanitaires seront mis en place selon les consignes des autorités locales. Ainsi, on retrouve le plus souvent une capacité réduite via des jauges pour les salles de classe, souvent et parfois même une obligation vaccinale soit pour les professeurs soit pour les élèves.

    Malgré tout, de nombreux établissement n’ouvriront pas en Amérique latine et en Asie. Pour ceux là, l’AEFE a construit les outils et la méthodologie qui permettront, selon Olivier Brochet, d’assurer pleinement leur « mission pédagogique au service des élèves, quelles que soient les circonstances« .

    Message de rentrée d’Olivier Brochet

    Un effort financier important

    En 2021, un soutien financier exceptionnel de 100 millions d’euros a été affecté dans le cadre du Plan d’urgence. Cet argent fut dédié aux familles, à travers des facilités de paiement ou des allégements des mensualités. Mais aussi aux établissements afin qu’ils puissent maintenir la scolarisation de tous les élèves.

    Au niveau de l’Agence, l’investissement se concentra sur les professeurs et l’encadrement pédagogique afin qu’ils soient formés à l’enseignement à distance et aux nouveaux outils. Cet effort conjoint de l’État et de l’Agence sera maintenu en 2021/2022 selon la déclaration d’Olivier Brochet sur le site internet de l’AEFE. Il annonce aussi que son administration vient de conventionner temporairement sept établissements en grande difficulté.

    Autre point qui capte des fonds, c’est la sécurité. Cette année, L’AEFE a engagé 9 millions d’euros pour sécuriser des établissements grâce aux moyens supplémentaires qu’a accordé l’État. De nouvelles procédures, outils et recommandations en matière de sécurité ont été mis en place. Dès cette rentrée, les professeurs et l’ensemble des acteurs du réseau auront à disposition une nouvelle maquette du « plan particulier de mise en sûreté ». L’objectif : assurer une harmonisation des procédures de sécurité à l’échelle du réseau. 

    8 septembre : ouverture du recrutement

    À partir du 8 septembre 2021, la liste définitive des postes d’expatriés vacants à la rentrée 2022 sera mise en ligne et les candidates et candidats pourront alors saisir leur dossier sur le site dédié.

    Les postes qui devraient être ouverts pour le recrutement sont :

    • Des inspectrices ou inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN),
    • Des personnels de direction (proviseures ou proviseurs et adjoints à la cheffe ou au chef d’établissement),
    • Des personnels au profil « administratif et financier » (SG, ACS, DAF-ACS, DAF),
    • Des personnels du premier degré (directrices ou directeurs d’école, conseillères ou conseillers pédagogiques et maîtres formateurs),
    • Des enseignants du second degré à mission de conseil pédagogique.

    C’est donc une année de redémarrage, pleine d’ambition, et si elle est marquée par la Covid-19, elle l’est tout autant par une soif de retour à la normale. Espérons que les vœux de l’AEFE soient entendus pour le meilleur des petits Français et francophones qui parcourent les couloirs des établissements français à l’étranger.

  • Convertir son permis français en Chine !

    Convertir son permis français en Chine !

    Depuis 2017, Anne Genetet, la députée des Français d’Europe orientale et d’Asie, mène un combat pour permettre la conversion du permis de conduire français en permis chinois. Futile pour certains, c’est une vraie bonne nouvelle pour bon nombre de nos compatriotes en Chine. Avez vous essayé de passer le code en chinois ? Vous comprendrez la joie des expatriés dans l’Empire du Milieu.

    « Très satisfaite de pouvoir annoncer l’entrée en vigueur depuis le 17 août 2021 de l’accord de reconnaissance réciproque et d’échange des permis de conduire signé entre la France et la Chine le 23 novembre 2018.« 

    Anne Genetet, députée des Français d’Europe orientale et d’Asie

    Quelles conditions ?

    Depuis le 17 août 2021 et la promulgation du décret en Chine, les permis français sont donc échangeables contre un permis de conduire chinois.

    La date d’obtention n’est pas prise en compte mais votre document devra se présenter selon le format européen. Pour rappel, en France, ils sont délivrés selon les normes communes aux Etats européens depuis le 16 septembre 2013. Votre permis est plus ancien ? Il vous suffira de demander son renouvellement auprès de votre consulat ou d’une mairie en France.

    Vous avez un permis chinois ?

    Les jeunes expatriés qui n’ont connu que la Chine ne sont pas oubliés. Si l’expatrié ou un Chinois désire transformer son permis obtenu sur place en permis français donc européen, c’est aussi possible.

    En effet, pour les permis de conduire délivrés en République Populaire de Chine à compter du 1er avril 2008, dans le cas où leurs titulaires souhaitent résider plus d’une année en France, les intéressés doivent solliciter, sur le site de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) permisdeconduire.ants.gouv.fr, l’échange de leur permis chinois dans l’année suivant l’acquisition de leur résidence normale en France.

    Une nouvelle simplification bienvenue dans la jungle des permis internationaux.

  • Quel accueil, quelle aide pour les réfugiés afghans ?

    Quel accueil, quelle aide pour les réfugiés afghans ?

    Après le retour des talibans au pouvoir, quel sort pour les réfugiés afghans ? L’Europe veut privilégier un accueil dans les pays voisins. Mais selon Damien Carême, député européen, l’UE n’a pas retenu les leçons de la crise syrienne.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • En Europe aussi, des campagnes de vaccination anti-Covid à plusieurs vitesses

    En Europe aussi, des campagnes de vaccination anti-Covid à plusieurs vitesses

    La vaccination contre la Covid-19 progresse de manière très inégale à travers l’Europe, les pays les moins favorisés, principalement situés à l’Est, accusant un net retard sur les pays riches d’Europe occidentale. Ces disparités inquiètent la Commission européenne et l’OMS.

    845,5 millions de doses de vaccin

    A ce jour, au moins 845,5 millions de doses ont été administrées en Europe (Turquie et Russie incluses), soit 99 doses pour 100 habitants, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles arrêté mardi (31 août) à 13H00 GMT. Un peu plus de la moitié de la population européenne (53,5%) a reçu au moins une dose, près de la moitié de la population (47%) est complètement vaccinée.

    Deuxième zone la plus vaccinée

    Ces statistiques font de l’Europe la deuxième zone la plus vaccinée au monde, derrière la zone Etats-Unis/Canada (115 doses pour 100 habitants), mais loin devant l’Asie (77 doses) qui complète le podium. La moyenne mondiale s’établit à 68 doses pour 100 habitants.

    Mais ces chiffres globaux cachent de fortes disparités entre les pays les plus riches du continent et les moins favorisés.

    Au sens de la Banque mondiale, 34 pays européens (sur 51) ont des revenus « élevés », parmi lesquels la quasi-totalité des pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni ou encore la Norvège et la Suisse. Ces pays ont administré en moyenne 122 doses pour 100 habitants, les deux tiers de leur population (66%) ont reçu au moins une dose et 60% sont complètement vaccinés.

    Les autres pays européens, tous classés dans les catégories de revenus « intermédiaires » par la Banque mondiale, ont injecté deux fois moins de doses (63 pour 100 habitants). En moyenne, un tiers seulement des habitants (34%) de ces pays ont reçu au moins une dose, 27% sont complètement vaccinés.

    Des écarts inquiétants

    Cet écart se ressent au sein même de l’Union européenne, la commissaire européenne à la Santé ayant souligné mardi un « écart inquiétant » des taux de vaccination entre Etats membres. La Bulgarie, seul pays à revenu « intermédiaire » du bloc, est de loin le moins vacciné, avec seulement 17% de sa population complètement vaccinée. Le pays, qui profite des livraisons pilotées par Bruxelles, ne manque pourtant pas de doses, mais sa campagne souffre d’un déficit de confiance envers les vaccins.

    L’OMS Europe a souligné lundi un « manque d’accès aux vaccins dans certains pays », mais aussi « un manque d’acceptation des vaccins dans d’autres ».

    Hors UE, dans les pays européens les moins vaccinés, ces deux manques se cumulent. Les quatre pays les moins vaccinés d’Europe – Arménie (3% complètement vaccinés), Ukraine (9%), Géorgie et Bosnie-Herzégovine (11% chacun) – ont été parmi les derniers du continent à lancer leur campagne, en février et mars.

    Leurs campagnes sont à des années-lumière de celles de pays comme le Portugal (73% complètement vaccinés), le Danemark (71%), l’Espagne (69%), la France (65%) ou le Royaume-Uni (63%), qui se classent parmi les plus vaccinés d’Europe et du monde.

  • « Mandat d’arrêt international », comment ça marche ?

    « Mandat d’arrêt international », comment ça marche ?

    A l’occasion de l’ouverture du procès du trafiquant de drogues Moufide Bouchibi, à Bordeaux ce premier septembre, nous revenons sur les modalités qui permettent à la justice française de déployer son bras au delà de ses frontières.

    L’avocat de Moufide Bouchibi affirme que ce sont des policiers français, et non ceux de Dubai, qui auraient procédé à l’extraction du prévenu, ce qui rendrait son arrestation illégale, mettant en péril la tenue du procès. Nous allons donc faire un zoom sur les mandats internationaux, les extraditions, etc.

    Mise en scène de la police de Dubai

    Le mandat d’arrêt international

    Quand on lit «mandat d’arrêt international» on imagine facilement des pancartes «WANTED» collées partout et une armée de policiers à la poursuite des criminels aux quatre coins du monde. Sauf que, lorsqu’on regarde les véritables procédures, on se rend compte que cette expression est un abus de langage qui n’existe pas en tant que tel dans le champ juridique.

    En France, il existe cinq types de mandats : de recherche, de comparution, d’amener, de dépôt, et le mandat d’arrêt. Il s’agit possibilités pour le magistrat concerné (souvent un juge d’instruction) de s’assurer que des moyens seront mis en place pour qu’une personne comparaisse, soit arrêtée ou détenue provisoirement.

    Si la personne est en fuite ou si elle réside hors du territoire de la République, alors la première étape est la transmission à la police aux frontières pour repérer l’individu par exemple lors de contrôles routiers ou de voyages en avion.

    Si le suspect réside dans l’Union européenne

    Si la personne recherchée est encore dans l’Union européenne et localisée, le magistrat envoie le dossier au Parquet. Le procureur se charge alors de mettre en place un «mandat d’arrêt européen», contenant les informations d’identification nécessaires pour demander au pays concerné de procéder à l’arrestation. Si la personne n’a pas été localisée, la justice peut alors diffuser les informations à tous les pays membres de l’UE ou de l’espace Schengen, via le réseau judiciaire européen.

    Ce Réseau judiciaire européen (RJE) est un réseau de points de contact pour la coopération judiciaire en matière pénale.

    En décembre 2008, une nouvelle base légale est entrée en vigueur, la Décision du Conseil 2008/976/JHA du 16 décembre 2008 relative au Réseau judiciaire européen (ci-après la « Décision sur le RJE »), qui a renforcé le statut légal du RJE.

    Le RJE se compose de Points de contact dans les États membres désignés par chaque État membre parmi les autorités centrales chargées de la coopération judiciaire internationale, et les autorités judiciaires ou autres autorités compétentes ayant des responsabilités spécifiques dans le domaine de la coopération judiciaire internationale.

    Le rôle principal des Points de contact du RJE, définis par la Décision sur le RJE comme étant des « intermédiaires actifs », est de permettre la coopération judiciaire en matière pénale entre les États membres de l’UE, particulièrement pour des mesures de lutte contre des formes de délits graves. Dans ce but, ils aident à créer des contacts directs entre les autorités compétentes et en fournissant les informations légales et pratiques nécessaires à la préparation d’une demande effective de coopération judiciaire ou pour améliorer la coopération judiciaire en général.

    Si le suspect réside hors de l’UE

    En revanche, si le procureur estime que la personne recherchée a quitté l’UE, ce qui était le cas pour Moufide Bouchibi, il peut alors lancer ce que les médias appellent un «mandat d’arrêt international».

    Et là, nous allons en décevoir plus d’un, mais non ce n’est pas Interpol qui va arrêter le suspect désigné par la France. En effet, le procureur concerné peut faire appel à Interpol pour lancer une «notice rouge», dont le rôle est de comptabiliser les personnes recherchées pour des faits graves et de diffuser les informations les concernant. Au premier septembre, les notices rouges (ou en tout cas celles rendues publiques) visent 7699 personnes, dont 30 Français. Le but est d’avertir les différents pays membres (190 en tout) qui pourront, si cela dépend de leur territoire, arrêter la personne visée et l’extrader vers le pays d’émission de la notice. En termes simples, la notice rouge c’est la notice utilisée par un État pour demander à un autre État d’arrêter provisoirement quelqu’un.

    Alors qu’est-ce donc qu’un « mandat d’arrêt international » ?

    Derrière cette expression se cache en fait une demande d’extradition assez classique, qui permet à un État de demander à d’autres pays qu’on lui livre la personne visée par ce mandat, pour peu qu’on sache où elle se trouve et que la coopération entre eux soit optimale. En effet, rien ne garantit une collaboration entre les deux États, tout dépendra de leurs relations diplomatiques, des conventions internationales qu’elles ont créées et des procédures judiciaires, souvent différentes. Une commission rogatoire internationale peut être demandée pour permettre au procureur de déléguer ses pouvoirs aux autorités judiciaires d’un autre État et, depuis peu, des magistrats de liaison ont été mis en place pour faciliter les échanges d’informations.

    Quelques Français recherchés par Interpol

    De plus, un certain nombre de pays ont pour habitude de ne pas extrader leurs citoyens s’ils sont recherchés dans d’autres pays, c’est le cas de la France. On peut citer ici l’exemple des deux pilotes impliqués dans l’affaire «Air Cocaïne» : ils ont fui vers la France depuis la République dominicaine car ils savent que leur pays, en général, n’extrade pas ses ressortissants quand ils sont recherchés à l’étranger (dans leurs cas ils avaient raison, car ils étaient innocents selon la Cour d’appel française).

    Peut-on s’opposer à son extradition ?

    Vous l’avez compris, pour une personne recherchée par la France , il faut mieux aller dans un pays en conflit ouvert ou larvé avec nos autorités nationales. Si le mandat international soit la demande d’extradition est appliquée il existe des possibilités pour s’y opposer.

    Premier cas, l’extradition n’est pas accordée lorsque le crime ou le délit a un caractère politique ou lorsqu’il résulte des circonstances que l’extradition est demandée dans un but politique. Cette exclusion se justifie notamment par la volonté des gouvernements de ne pas interférer dans les affaires politiques des autres Etats. Néanmoins, les infractions en lien avec le terrorisme ne sont en principe pas considérées comme des infractions politiques. Il revient à l’Etat requis d’apprécier le caractère politique d’un crime ou d’un délit ou le but politique d’une demande d’extradition, et il n’est, pour cela, pas lié par la définition de l’infraction retenue dans la législation française. Cependant, il est très rare dans le cas de la France que ce motif soit retenu pour annuler une extradition.

    Deuxième cas, l’extradition n’est pas accordée si la prescription de l’infraction ou de la peine est acquise d’après la législation soit de l’Etat requérant soit de l’Etat requis. La prescription de l’action s’apprécie à la date de la demande d’extradition et la prescription de la peine à la date de l’arrestation de la personne réclamée. Et cette situation est plus courante qu’on l’imagine, par exemple pour un viol il n’y plus de prescription en France, mais elle est de 5 ans dans certains pays. Un violeur français en fuite dans un de ses pays ne pourra donc plus être extradé au bout de 5 années.

    Se faire assister en France et dans son pays de résidence

    L’extradition n’est pas réservée aux violeurs ou aux assassins, de nombreuses procédures sont enclenchées sur des enquêtes ou des condamnations liées aux problèmes fiscaux, aux délits ou crimes dans l’environnement professionnel.

    Dans tous les cas, il est impératif d’être assisté par des cabinets spécialisés sur place et en France. Nul ne peut ignorer la loi française, comme vous le savez, et où que vous soyez la Justice finira par vous trouver…

  • Les conséquences du Brexit pour les expatriés… et les autres.

    Les conséquences du Brexit pour les expatriés… et les autres.

    Les patrons des supermarchés, des restaurants ou encore des usines alertent le gouvernement britannique sur les problèmes d’approvisionnements qu’ils rencontrent depuis le Brexit et la pandémie de Covid-19.

    Les pénuries ont d’ores et déjà entrainé la fermeture de nombreux établissements. Certaines étagères des supermarchés sont vides. Et la fédération britannique de la distribution (BRC) prévient que la situation risque de s’aggraver à partir d’octobre, quand le Royaume-Uni va faire entrer en vigueur de nouvelles vérifications post-Brexit sur les produits d’origine animale importés de l’Union européenne.

    Bien malgré elle, les entreprises tentent de s’adapter. Ainsi le géant des supermarchés Tesco ou celui du commerce en ligne Amazon n’hésitent pas à promettre des primes à l’embauche au Royaume-Uni, afin d’attirer les chauffeurs ou magasiniers dont ils ont besoin pour servir leurs clients. Et les industries de la viande envisagent des partenariats avec les prisons pour faire travailler certains prisonniers en vue de leur réinsertion.

    De plus, Jonathan Portes, professeur à King’s College London, remarque que ces perturbations liées à la Covid s’observent à travers l’Europe, mais qu’au Royaume-Uni la situation a été aggravée par l’impact du Brexit. En effet, beaucoup de travailleurs originaires de l’Union européenne « ne sont pas revenus et ne veulent peut-être pas revenir. Le système d’immigration post-Brexit pourrait aussi perturber les modes de recrutement des entreprises ». 

    Nous avons voulu interroger les expats, de tous les jours, au Royaume-Uni, afin de connaître les changements intervenus dans leur quotidien depuis le Brexit et la deadline pour obtenir la résidence permanente.

    Tampons sur le passeport

    Charlotte, qui vit à Londres depuis 18 ans, nous explique le retour de son mari et de ses enfants.

    “En arrivant en France cet été (aéroport de Nantes), mes enfants et mon mari ont tous eu un tampon sur leur passeport (comme c’est le cas pour les ressortissants hors Europe), et un à la sortie (qui indique les jours d’entrée et de sortie du territoire français). C’est juste la symbolique que j’ai trouvé́ difficile. Sinon franchement rien n’a changé́ pour moi. Mais j’ai le « settled status » obtenu facilement puisque je vis ici depuis si longtemps.”

    Charlotte, Française de Londres

    “J’ai quitté Londres à cause des formalités du Brexit.”

    Angèle explique qu’elle est bloquée depuis un an entre la Covid et les formalités à réaliser.

    “On te piste comme un délinquant quand tu veux seulement aller travailler. C’est devenu un vrai bordel, ils perdent la moitié de leur personnel de restauration, car les Français sont réputés et nous sommes nombreux à être expatriés (autrefois pour ma part), mais c’est dommage de ne pas avoir de visa étudiant expats AUPAIR. Les formalités sont incompréhensibles et catastrophiques. L’exclusivité recherchée n’est pas la clef.”

    Angèle, Française de Londres

    Angèle témoigne du sentiment de rejet que cette situation induit.

    “Si je devais décrire ce que beaucoup de mes compatriotes vivent ou ont ressenti c’est un sentiment de rejet et de complications notamment au point de vue administratif et de l’emploi. C’est une horreur, je ne sais pas comment les Anglais ressentent le Brexit, mais de notre côté́ c’est différent. Personnellement je suis attachée à l’Angleterre, c’est comme mon deuxième pays, mais il n’y a plus de visas pour les étudiants expats ou les jeunes AUPAIR. Le marché́ de l’emploi notamment sur la restauration où beaucoup de francophones travaillent est en difficulté, car beaucoup ont plié bagage et les restaurants ont du mal à recruter. Si vous n’avez pas le niveau d’anglais requis, et une entreprise qui vous accepte avec un Pre-Settle Status, vous n’avez aucun accès sauf pour le tourisme et depuis la Covid ça n’arrange rien.

    Angèle, Française de Londres

    “C’est compliqué de voir notre famille.”

    Actuellement, Marieke vit à Guildford, mais avant elle était à Bristol. Elle est venue au Royaume-Uni il y a à peu près un an et elle a le Settled Status.

    “En fait, je vis ici depuis 1 an, et j’espérais rentrer souvent le week-end pour voir ma famille… Mais avec le Brexit, il faut tout un tas de papiers, comme le passeport, et il y a trop de douanes… Et quand ma maman veut m’envoyer quelque chose, elle paie super cher. De plus je voudrais rentrer en France pour 2 semaines et j’aimerais que mon copain anglais vienne avec moi… Mais je pense que ça sera une galère.”

    Marieke, Française de Guildford

    “Obligée de prendre la nationalité britannique”

    Nadine, qui vit au Royaume-Uni depuis 33 ans explique que même son fidèle compagnon canin est victime des nouvelles règles liées à l’application du Brexit.

    “Notre vie de tous les jours n’a pas vraiment été́ affectée. Par contre, c’est la liberté́ de mouvement et les restrictions lors de nos voyages qui nous affectent davantage. Par exemple, nous partons toujours au minimum 3 semaines avec notre chien qui est âgé́ (17 ans). Il a une nourriture spéciale médicalisée que nous commandons sur internet. Nous sommes maintenant limités à 2kg de nourriture pour chien par personne, ce qui est largement insuffisant pour 3 semaines. Impossible de se ravitailler en France et impossible de changer ce qu’il mange (ça le rend malade). De plus, maintenant il lui faut un certificat de santé à chaque voyage, car les passeports britanniques pour chiens ne sont plus valables pour rentrer dans l’Union européenne. Le certificat coûte environ £180 ! Je me suis sentie obligée de prendre la nationalité britannique il y a 2 ans, juste pour avoir l’esprit tranquille après avoir vécu ici depuis 33 ans. Tout cet épisode Brexit m’a fait beaucoup de peine, car j’ai eu l’impression que mon pays d’adoption que j’aimais tant me rejetait. Maintenant c’est mon mari qui songe à prendre la nationalité française pour les mêmes raisons et pour que nous puissions continuer à partager notre vie entre les 2 pays sans restrictions.

    Nadine, Française du Royaume-Uni depuis 33 ans

    Fini l’American Dream

    Pour Floriane, ce sont les nouvelles conditions d’obtention du visa qui l’inquiètent, pas pour elle mais pour les jeunes Français qui ne pourront connaitre l’aventure britannique.

    “Il y a un manque sérieux de visas… Nous sommes obligés d’être sponsorisés par notre travail (donc il faut en trouver un avant de partir). Adieu l’aventure et cet esprit un peu similaire à « l’American dream » où nous pouvions venir faire du volontariat, au pair, des petits boulots, puis grimper les échelons au fur et à mesure que nous apprenions à connaître le pays et à s’intégrer...”

    Floriane, Française de Londres depuis 25 ans

    Pénuries dans les supermarchés

    Sarah, habite à Londres depuis dix années maintenant. Elle a constaté qu’il manque des produits dans les supermarchés.
    « Je l’ai aussi senti avec les commandes en ligne, les coûts sont plus élevés à cause des frais de transport dus au Brexit.”

    Sarah, Française de Londres depuis 10 ans

    Le Brexit a rendu la vie des expats compliquée mais certains ne perdent pas espoir malgré la difficulté de la vie de tous les jours. Le Royaume-uni perdra-t-il de son attractivité ? Les pénuries vont-elle s’aggraver avec l’exécution du deuxième volet des restrictions douanières ? Les Britanniques commencent à peine à découvrir toutes les conséquences de leur choix de 2016.

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