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  • Renaud Le Berre, un conseiller consulaire de terrain à l’assaut de la députation

    Renaud Le Berre, un conseiller consulaire de terrain à l’assaut de la députation

    Renaud Le Berre est le candidat investi par le NUPES pour les élections législatives dans la Vème circonscription des Français de l’étranger.

    Professeur de Sciences économiques et sociales au Lycée français de Barcelone, Renaud Le Berre est également conseiller des Français de l’étranger depuis 2014. Réélu en 2021, il préside la Commission des finances, du budget et de la fiscalité de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Aujourd’hui, il est investi par la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES), pour les élections législatives dans la péninsule ibérique et à Monaco, avec le slogan « Agissons ensemble ».

    Les Français de la Vème circonscription

    Renaud Le Berre vit en Espagne depuis plus d’une quinzaine d’années, et depuis son emménagement il a vu la communauté des Français se modifier peu à peu. Selon lui, il y a davantage « de retraités [au Portugal] attirés par la fiscalité avantageuse », mais dans le même temps la population française rajeunit comme en Espagne. De plus, il rappelle que de nombreuses personnes ne s’inscrivent pas au registre des Français du monde, faussant ainsi les véritables chiffres.

    NUPES
    Renaud Le Barre, candidat NUPES pour la Vème circonscription des Français de l’étranger, en campagne

    Les préoccupations des citoyens

    Comme l’avait indiqué Laurent Goater, candidat LR-UDI également pour la péninsule ibérique, les principales préoccupations des citoyens dans la région sont le fonctionnement des administrations consulaires et l’état de l’éducation française à l’étranger. De son côté, Renaud Le Berre ajoute les problématiques liées aux retraites et à l’environnement.

    « Les gens se cassent la tête pour obtenir des papiers d’identité. »

    Renaud Le Berre, candidat NUPES pour la Vème circonscription des Français de l’étranger

    Le 24 mai dernier a eu lieu une grève massive dans le réseau de lycées français à cause d’un décret (abrogé aujourd’hui) augmentant de 16 points la cotisation retraite des fonctionnaires détachés. Si le professeur de SES n’a pas fait grève car il n’est pas concerné par cette mesure, il a soutenu le mouvement.

    Par ailleurs, il revient sur la limitation de durée des détachement de professeurs à l’étranger, qui d’après lui « empêche la mobilité et la gestion par projet des établissements ». S’il est élu député, il se battra pour revenir sur ce décret.

    L’impôt universel

    Dans son programme pour la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon proposait un impôt universel lié à la nationalité. Pour le candidat, il s’agissait « d’une idée à l’américaine » absente du programme de la NUPES pour les législatives.

    Écoutez l’interview avec Renaud Le Berre

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes favorites

    Podcast liste
  • Vote en ligne, chaos et risques d’annulation

    Vote en ligne, chaos et risques d’annulation

    Mise à jour le 31 mai à 14h

    Comme pour les consulaires, les Français de l’étranger peuvent anticiper leur vote via une plateforme en ligne mise à disposition par la filiale du groupe La Poste, Docapost, sous le contrôle de l’administration consulaire. Mais depuis l’ouverture des urnes électroniques ce vendredi 27 mai à midi, les problèmes d’organisation et techniques se multiplient au point que certains candidats imaginent déjà une annulation du vote en ligne. Cependant depuis lundi 30 mai au soir, une partie des bugs a été résolue.

    vote en ligne
    vote en ligne

    Une organisation défaillante

    Comme pour la présidentielle, l’administration consulaire devait transmettre à la société chargée de l’organisation du vote et de la transmission des éléments les adresses email, et dans ce cas les numéros de téléphone, des citoyens inscrits au 31 mars 2022 sur les listes électorales consulaires.

    Pour la présidentielle, la création d’un bureau de vote supplémentaire en Irlande avait entrainé un décalage de la numérotation des bureaux de vote. Les électeurs ont donc reçu des convocations avec de mauvais bureaux de vote. Prise sur le fait, l’administration avait réagi rapidement renvoyant des convocations, ce qui n’a pas empêché la cohue et le chaos de s’installer aux abords des bureaux de vote. Ils furent nombreux parmi nos compatriotes à abandonner et à ne pas voter au premier tour de l’élection présidentielle. En réaction, le secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, Jean-Baptiste Lemoyne, avait promis une politique d’électrochocs pour remettre en ordre de bataille l’administration consulaire.

    On aurait pu donc s’attendre à une organisation sans faille pour les législatives. Mais non ! On prend les même et on recommence. L’administration consulaire n’a pas réussi à fournir le bon fichier à jour des coordonnées des électeurs pour la mise en place des identifiants et mots de passe pour accéder à la société en charge de la plateforme de vote. Les expatriés ont donc reçu 2 identifiants et 2 mots de passe. Les premiers reçus étant caduques, il fallait utiliser les derniers reçus. Encore faut-il qu’ils n’arrivent pas dans les spams ou qu’on ne se mélange pas dans les combinaisons possibles…

    Mais l’erreur, digne d’un stagiaire, ne semble pas plus inquiéter la direction de l’administration consulaire. Laurence Haguenauer se félicite même de la bonne tenue de l’organisation sur Twitter… Le sens des réalités de la haute fonctionnaire a donc encore frappé, au grand dam des Français de l’étranger qui subissent une dégradation des services depuis sa prise de fonction.

    Tweet du 27 mai 2022

    Un problème de compétences

    Tous ces écueils auraient pu être évités avec une vraie analyse des tests grandeur nature qui avaient été mis en place. Le hic, c’est que le bureau centralisateur est composé d’élus et de fonctionnaires, aucun n’ayant reçu une formation adéquate ou disposant des compétences.

    Car en plus de ces soucis d’organisation, la technique s’y est mise. Personne n’a vérifié la note de l’adresse IP qui émet les courriels. Une erreur que tous les professionnels de l’e-mailing connaissent et auraient anticipée. Cela aurait évité à ceux qui ont une adresse Yahoo ou AOL de se retrouver piégés. En effet, s’ils ont bien reçu leur identifiant, le troisième mail, qui contenait le code de vérification pour valider le vote une fois sur la plateforme, était tout simplement bloqué en « Soft Bounce » par les hébergeurs concernés. Impossible donc de récupérer le fameux code, le citoyen ne peut donc pas valider son vote, il devra se rendre à l’urne pour faire entendre sa voix. Facile au Luxembourg, plus difficile au Brésil ! Heureusement, Docapost a réussi à trouver une solution ingénieuse pour rattraper cette erreur et donc depuis le lundi 30 mai au soir (heure de Paris), les détenteurs d’adresses e-mail Yahoo ou AOL reçoivent bien le code de vérification, à 36h de la fermeture de l’urne électronique.

    Autre problème, la gestion des envois des SMS. Pendant la phase de test, la majorité des membres du fameux bureau étaient basés en Europe, ils n’ont pas eu de souci pour recevoir leur SMS. Mais ailleurs dans le monde ? Pour exemple, seulement 11% des SMS ont été envoyés en Argentine. Mécaniquement le nombre d’électeurs s’est effondré. Là aussi, une véritable gouvernance aurait dû anticiper ces problèmes.

    Quelles conséquences ?

    La première c’est le taux de participation qui sera bien en deçà de celui attendu. A 18h (heure de Paris), ce dimanche, ils étaient moins de 7% des inscrits (quel que soit le mode de participation, en ligne ou à l’urne) à avoir participé. L’administration aura encore l’occasion de minorer l’appétit des expatriés pour leur pays et sa gestion, une façon pour elle de réduire la portée des revendications des Français de l’étranger.

    La deuxième conséquence, c’est le risque juridique sur le vote. Déjà Reconquête !, le parti d’Eric Zemmour, a annoncé se préparer à des recours en justice pour faire annuler ces élections. D’autres partis, comme Les Républicains, y réfléchissent aussi.

    Peu de participants, des complications juridiques, on voudrait préparer l’opinion publique à la disparition des élus des Français établis hors de France qu’on ne s’y prendrait pas autrement. C’est peut-être l’objectif caché de ces erreurs, ou c’est simplement la démonstration d’une incompétence généralisée.

  • Les priorités de mandat d’Élisabeth Borne

    Les priorités de mandat d’Élisabeth Borne

    La Première ministre Élisabeth Borne a tracé les contours de l’action gouvernementale, à la fois sur le fond et la méthode, en définissant le pouvoir d’achat, la santé et le climat comme les « urgences » que le gouvernement doit affronter dans les semaines à venir.

    En prenant la parole à l’issue d’une réunion de travail avec les ministres à Matignon vendredi (27 mai), la Première ministre Élisabeth Borne a déclaré vouloir donner un « cadre commun » à l’action de chaque ministre.

    En ligne avec les recommandations énoncées par le président Emmanuel Macron, le gouvernement devra suivre une méthode basée autour de la « concertation, la co-construction et les résultats » a expliqué Mme Borne.

    Étant donné que les élections législatives se tiendront dans un peu plus de deux semaines, la « période de réserve » empêche le gouvernement de trop s’exposer afin de ne pas déséquilibrer les temps de parole et les rapports de force avec les oppositions.

    Ainsi, Mme Borne a indiqué que la feuille de route de son gouvernement pour les semaines à venir consisterait à « répondre aux urgences des Français », au premier rang desquelles figure le pouvoir d’achat.

    Des « lois d’urgence pour le pouvoir d’achat » seront donc soumises à la représentation nationale dès que les nouveaux députés auront été élus et que les travaux de l’Assemblée nationale auront repris le 28 juin.

    Si une pause estivale est généralement prévue, il est probable que la nouvelle Première ministre demande la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée pour faire siéger les députés même pendant une partie de l’été.

    La deuxième priorité, la santé, vise à faire face à la pénurie de personnel soignant aussi bien dans les hôpitaux que dans les établissements médico-sociaux. La situation a atteint un tel point de tension que des fermetures de services – notamment d’urgence – ont été décidées ou risquent de l’être d’ici l’été.

    Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique

    Quant au climat, troisième chantier d’urgence auquel le gouvernement devra s’atteler, Mme Borne a indiqué que « tous les ministères doivent se mobiliser pour faire face au défi climatique et doivent participer à la planification écologique ».

    Même si tous les ministres seront ainsi concernés par la lutte contre le changement climatique, selon le souhait de la Première ministre, elle sera épaulée par Amélie de Montchalin, nommée à la Transition écologique, et par Agnès Pannier-Runacher, qui a pris la tête du ministère de la Transition énergétique.

    Placée à la tête du gouvernement le 16 mai dernier, Élisabeth Borne est elle-même officiellement « chargée de la planification écologique », pour la première fois en France.

    En plus de ces trois urgences, les autres dossiers traités tout au long du quinquennat devront répondre aux exigences de « rapidité, efficacité, résultats », a indiqué Mme Borne.

    Après les élections législatives, le gouvernement s’attaquera notamment à la brûlante réforme des retraites, pour laquelle le nouveau ministre du Travail Olivier Dussopt et la Première ministre ont d’ores et déjà commencé les concertations avec les syndicats.

    Ces derniers sont unanimement opposés au recul de l’âge légal de départ à la retraite, qu’Emmanuel Macron avait promis de fixer à 65 ans, bien que ce ne soit pas un « totem », avait laissé entendre Mme Borne. La contestation populaire de cette réforme pourrait donc venir perturber les objectifs du gouvernement.

  • La guerre n’épuise jamais la paix

    La guerre n’épuise jamais la paix

    La paix est-elle possible en Ukraine ? Pour obtenir la paix, il faut que l’un des adversaires reconnaisse sa défaite, ou que les deux belligérants soient également épuisés. Ce n’est pas le cas en Ukraine

    La Russie, même si elle a perdu beaucoup d’hommes et de moyens, n’est pas abattue. Les Ukrainiens annoncent que les Russes ont perdu 28.000 hommes. Il faudrait vraisemblablement diviser ce nombre par deux, mais y ajouter des blessés bien plus nombreux que les morts. L’armée russe est lourdement frappée, mais la disproportion des forces est telle qu’elle reste à l’offensive dans le Donbass. Avec une artillerie ultra dominante, elle applique une stratégie lente, celle de la guerre de 14 : bombardement, avancée territoriale, etc. Cela peut durer aussi longtemps  qu’il reste de munitions. 

    Au fur et à mesure que durera la guerre, la dépendance diminuera

    Poutine, lors de sa conversation avec Emmanuel Macron et Olaf Scholz, s’est montré ouvert à l’exportation de blé ukrainien à partir du port d’Odessa. Signe de bonne volonté ? De la part des deux dirigeants européens sans aucun doute, ce qui leur vaut des critiques. Laisser partir un peu de blé ukrainien montre aux pays d’Afrique et du Levant que la Russie ne cherche pas à les affamer, contrairement à ce  que disent les Américains. Que ce sont au contraire les sanctions occidentales qui nuisent au monde, plus qu’à la Russie : le cours du blé a explosé, celui du pétrole aussi, ce qui profite à la Russie. Pourtant, au fur et à mesure que durera la guerre, la dépendance au blé russe et ukrainien, au tournesol, aux engrais et au pétrole, diminueront. Mécanismes de substitution  et circuits de contournement se mettront en place. 

    Une guerre longue n’est pas une bonne stratégie pour la Russie. Les munitions, chez elle, s’épuisent aussi. La logistique est de plus en plus tendue. L’économie russe souffrira de plus en plus. Les installations pétrolières manqueront de pièces de rechange, tout comme certaines pièces d’armement.

    Les troupes russes de Syrie sont rapatriées petit à petit 

    Le contrôle de la population sera de plus en plus difficile, les morts et les blessés ne se cachent pas facilement. Le soutien populaire à la guerre nationale s’effritera lentement. 

    On voit déjà les troupes russes de Syrie être rapatriées petit à petit, laissant leurs points d’appui aux Gardiens de la révolution iraniens en Syrie. Et les Turcs guettent l’occasion. 

    La Russie n’a donc pas intérêt à une guerre longue. La discussion entre les dirigeants français, allemands et russes, est le signe que si les Européens ne veulent pas couper les ponts, les Russes non plus.

    Les Ukrainiens sont dans une situation paradoxale. Leurs victoires les obligent. Leurs reculs les raidissent. 

    Zelensky s’est dit prêt à des pourparlers directs avec Poutine sur la base d’un retour, avant discussion, des troupes russes sur leurs bases de départ avant l’invasion. Si les Russes ont été battus à Kiev et Kharkov, ils occupent une part non négligeable de l’Ukraine. Et ces victoires ukrainiennes, ainsi que les massacres et les villes martyrs, inspirent un esprit de combat et de revanche qui interdit au président ukrainien de sembler céder sur quoi que ce soit. Mieux vaut laisser les Européens s’avancer.

    D’autant que les Européens ont peu de moyens de pression sur eux : ils ne sont pas les principaux fournisseurs d’armes. Tant que les Ukrainiens auront des armes, ils  se battront.

    Montrer au reste du monde que l’Amérique est de retour après les débâcles syrienne et afghane 

    Les Américains eux, ont intérêt à une guerre longue, parce qu’ils pensent qu’elle affaiblira les Russes, voire qu’à la fin, les Ukrainiens gagneront. Une paix avec Poutine ne sera jamais fiable : il faut le mettre, d’une façon ou d’une autre, hors d’état de nuire. Quelqu’un qui joue avec ses missiles, viole les traités, rase des villes, réinstalle un régime policier n’est pas quelqu’un qu’un nouveau traité peut arrêter. Qui plus est, cela permet aux Américains de montrer au reste du monde que l’Amérique est de retour après les débâcles syrienne et afghane. C’est aussi un message à la Chine, à l’Iran, aux alliés du Levant qui ont des envies d’ailleurs. 

    Enfin, cela permet de tenir la bride à l’Europe, car tant que durera la guerre, tant que la Russie apparaitra comme une menace, l’Europe ne pourra rien faire sans les Etats-Unis.

    Ni la Russie ni l’Ukraine ne peuvent gagner la guerre complètement 

    Ce n’est pas ce que pensent certains Européens. Car l’Europe n’a aucun intérêt non plus à une guerre longue, à une guerre tout court. Mais le retour à la paix sous tension ne sera pas non plus une option satisfaisante. Même une paix de raccroc, un cessez-le-feu, aussi souhaitable soit-il, ne serait qu’une trêve momentanée : les Ukrainiens se renforceraient, et reprendraient forcément, un jour, l’offensive pour récupérer les territoires perdus. Pour éviter cela, les Russes s’armeraient plus encore, les sanctions seraient maintenues. Ce serait la situation du Donbass avant l’invasion.

    La seule paix viable, serait une paix durable, celle qui rend la guerre inutile.  Espérer la défaite de l’un ou de l’autre est peu probable : la Russie a perdu la guerre en ce sens qu’elle est incapable de ramener l’Ukraine dans son aire d’influence et qu’elle a renforcé l’OTAN. Mais elle ne peut perdre complètement : c’est ce que rappelle Poutine avec ses missiles. Au pire, elle reculera jusqu’à sa ligne de départ et tentera de maintenir la pression, et jouera la division du camp occidental.

    Une paix armée est le scénario le plus probable et le plus nocif.  

    L’Ukraine ne peut plus perdre non plus, la Russie n’a plus les moyens de prendre l’Ukraine. Elle a réussi à dresser la population contre elle (même russophone, la preuve à Kharkov), à l’armer grâce aux armes fournies par l’Occident. Une paix armée est le scénario, au long court, le plus probable, et le plus nocif, avec ses déplacements de populations, la militarisation des sociétés, la réactivation des conflits, les sanctions, avec contrebandes et corruptions.

    Imaginer un système de sécurité globale qui inclut la Russie et l’Ukraine 

    Pour éviter cela, il faut imaginer un système de sécurité globale, qui inclut la Russie et l’Ukraine. La démilitarisation devrait toucher les frontières des deux pays… la libre circulation aussi ! Ce qu’ont fait la France et l’Allemagne depuis 1945, Russes et Ukrainiens devront le faire un jour, s’ils veulent vivre dans des pays libres. Les seuls à pouvoir leur donner un cadre pour cela, ce sont les Européens, qui savent comment faire vivre ensemble des pays qui ont de longues querelles, des traditions de massacres, mille raisons de se haïr. 

    Se battre pour défendre des frontières a peu de sens si les frontières ont de moins en moins d’importance. Masser des troupes non plus si les troupes échangent des informations dans le cadre d’une « communauté commune de sécurité ».

    Ce qui parait irréaliste est la seule voie réaliste d’une paix possible 

    Tout cela peut paraitre irréaliste. C’est la seule voie réaliste d’une paix possible. C’est la raison pour laquelle les dirigeants français et allemands ont raison de discuter avec Poutine. Il est bien trop tôt pour en parler ouvertement, mais il est important de garder le contact, et, un jour, il faudra proposer quelque chose. Quand les Russes verront leur armée et leur économie, exsangue, il faudra avancer des éléments permanents, concrets, de sécurité commune. 

    La paix entre la Russie et l’Ukraine doit être un accord global entre Européens : la France, l’Allemagne, l’UE, la Russie et l’Ukraine. La guerre n’épuise jamais la paix. Les plans de paix se préparent à l’avance, ils doivent être aussi audacieux que les plans de bataille.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Manuel Valls : un parachutage qui tourne au crash ?

    Manuel Valls : un parachutage qui tourne au crash ?

    Candidat surprise de la majorité présidentielle, l’ancien Premier ministre espère bien faire son retour à l’Assemblée Nationale comme député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco. Mais son parachutage ne passe pas. Les militants En Marche comme les Français de la circonscription semblent ne pas être convaincus par sa candidature.

    Une nomination en catimini

    Les rumeurs enflaient depuis des mois, on annonçait Castaner, puis Valls, mais le député sortant Stéphane Vojetta restait confiant, rassuré par les messages positifs transmis par la direction parisienne de La République En Marche.

    Puis fin avril, début mai, tout s’est accéléré, en quelques jours, l’hypothèse Manuel Valls s’est imposé à Paris. Le 09 mai, les jeux étaient faits, Stéphane Vojetta apprenait qu’il ne serait pas investi pour sa propre succession. Lâché par la direction, il ne se démonta pas. Et pour cause, comme un seul homme, les sections locales du parti présidentiel lui apportaient son soutien. La responsable de la circonscription, Nathalie Coggia, aussi membre du bureau exécutif de LREM, acceptant même de devenir la suppléante de Stéphane Vojetta.

    Sûr de lui ou arrogant, c’est selon, l’ancien Premier ministre n’a même pas pris le temps d’appeler le député sortant pour essayer de trouver un accord. Chacun est donc parti en campagne de son côté.

    Deux campagnes, deux ambiances

    Le 10 mai, les deux équipes, se réclamant d’Emmanuel Macron, ont donc lancé leur campagne électorale auprès des Francais d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco.

    Un road trip pour Stéphane Vojetta

    Stéphane Vojetta, grâce au soutien des équipes locales d’En marche, a pu rapidement monter une tournée dans la péninsule. Avec 40 dates, le député sortant s’est lancé un réel défi qu’il semble remporter haut la main.

    Stéphane Vojetta assume sa dissidence, car pour lui c’est le respect des électeurs que d’aller au bout de son engagement tout en n’oubliant pas de rappeler qu’il est tout de même un candidat macroniste. A la différence d’autres personnalités non investies, le député garde pour son ancien parti une bienveillance et garantit à ses votants qu’il siégera dans la majorité présidentielle en cas d’élection. Il est vrai que du côté de Renaissance (le nouveau nom de LREM), s’ils soutiennent le candidat investi, ils ne dénoncent la candidature de Stéphane Vojetta que du bout des lèvres.

    Autre atout dans la manche du député sortant : son bilan ! Tant comme conseiller consulaire à Madrid que comme récent député, prenant la succession en 2021 de Samantha Cazebonne, désormais sénatrice, Stéphane Vojetta a été un acteur présent dans sa circonscription et il est connu pour sa proximité avec les populations. Il a ainsi accompagné l’accord sur la double nationalité, permis la disparition de l’obligation de remise des certificats de vie pour les retraités installés en Espagne, et s’est encore mobilisé il y a quelques jours en faveur des fonctionnaires qui auraient dû voir leur cotisation retraite exploser.

    Une campagne bien organisée pour Manuel Valls

    Du côté de l’ancien Premier ministre, la campagne se polarise sur quelques grandes rencontres avec un accent mis sur le Portugal. Car dans l’autre grand pays de la circonscription, ses allers-retours et ses déclarations successives d’amour pour l’Espagne puis pour la France ont déboussolé plus d’un électeur.

    Après Valence, Alicante et Andorre la semaine dernière et avant Monaco et sa ville natale, Barcelone, l’ancien Premier ministre vient de passer la semaine au Portugal, à la rencontre des expatriés pour parler frais de scolarité, démarches consulaires ou encore fiscalité. Car Manuel Valls a mis le cap à droite pour cette campagne.

    Entouré d’un suppléant ancien élu UMP en banlieue ouest parisienne et professionnel de la communication, Thierry Burtin, et de la présidente de l’association créée en 2016 « Les femmes avec François Fillon », Muriel Reus, Manuel Valls est donc parti à la conquête de l’électorat qui a élu, en 2021, un conseiller consulaire du Rassemblement National à Lisbonne, le seul de l’Union européenne. Un grand écart entre son passé socialiste et son nouveau positionnement que le candidat investi assume difficilement derrière une vague opposition à son ancien collègue Jean-Luc Mélenchon.

    « Mon adversaire, c’est le mélenchonisme. Tous les candidats de cette union populaire sont des mélenchonistes. […] . Et voter pour ce candidat mélenchoniste dans cette circonscription où je suis candidat ou ailleurs, c’est voter pour un candidat qui est contre l’Europe, contre l’Alliance atlantique, contre la police et la sécurité et voter contre le nucléaire, mais aussi sortir de la culture du gouvernement »

    Manuel Valls le dimanche 8 mai au Grand Rendez-vous « Europe 1 – CNews – Les Echos »

    C’est donc sans le soutien des sections locales, mais avec une équipe rodée aux opérations de communication, que Manuel Valls est allé à la rencontre des Français de la circonscription. Et malgré ce déploiement d’énergie, l’accueil n’est pas celui espéré, comme l’a relevé le magazine « Quotidien » diffusé sur TMC (filiale de TF1 disponible sur la TNT en France ou Molotov au sein de l’Union européenne).


    Regardez la vidéo de TMC


    Cependant l’ancien Premier ministre a aussi de bonnes cartes dans sa main. Connu et reconnu, il aura une influence dans la Macronie et un poids à l’Assemblée. Il est aussi un expert du fonctionnement de l’Etat et pourra plus facilement mener à terme des projets législatifs, s’il n’est pas repêché au gouvernement par Emmanuel Macron lors de l’élargissement de celui-ci après le 19 juin.

    Mais pour cet ancien poids lourd du parti socialiste, qui avait quitté coup sur coup en 2018 l’Assemblée nationale pour tenter de conquérir en vain la mairie de Barcelone, sa ville natale, puis en 2021 son poste de conseiller municipal de la métropole catalane, il faudra bien en passer par les urnes pour revenir sur la scène française.

    Et qu’en pensent les expatriés ?

    C’est donc les électeurs de la Vème circonscription des Français de l’étranger qui ont l’avenir politique de Manuel Valls entre leurs mains. Si on en croit les réseaux sociaux, c’est plutôt une mauvaise nouvelle pour l’ancien Premier ministre. Même le très influent ancien Président de l’UFE en Espagne, Francis Huss Seltensperger a pris le parti de Stéphane Vojetta avec une déclaration de soutien en vidéo.

    Un sentiment que semble confirmer notre consultation réalisée du 25 mai au 28 mai auprès des électeurs de la circonscription à laquelle 889 électeurs ont répondu. En effet, 46% d’entre eux déclarent voter pour le député sortant. Manuel Valls arrive lui à la troisième place avec 7,87 % des intentions de vote.

    Ce résultat reste une consultation et ne permet pas d’assurer que ce sont ces scores qui seront ceux publiés le 05 juin au soir. Mais la faible participation qui s’annonce, moins de 9% des électeurs avaient voté en ligne ce samedi 28 mai à 18h, n’est là aussi pas une bonne nouvelle pour Manuel Valls, les électeurs de Stéphane Vojetta étant plus mobilisés. Stéphane Vojetta a tenu à réagir :

    « Même si ce n’est qu’une enquête, ces pronostics réalisées par lesfrancais.press ont été très précis dans le passé, notamment en 2021 pour les élections consulaires quand le score de ma liste avait été anticipé au point près. Du coup je reçois ces indications avec une satisfaction prudente mais réelle, car elles confirment absolument mon ressenti de terrain: je perçois un soutien populaire très large pour ma démarche et pour les principes dont je suis désormais un symbole. Ce soutien populaire va bien au-delà des électeurs de ma famille politique, et j’espère que tout cela cela sera confirmé dans les urnes au soir du dimanche 5 juin. »

    Stéphane Vojetta

    Du côté de la presse, la candidature de Manuel Valls à l’Assemblée nationale française n’a, pour l’heure, pas suscité un énorme intérêt. En Espagne les quelques commentaires ne sont lui guère favorables. « Tout montre que Valls ne pourra pas battre (le député sortant Stéphane Vojetta) et que ce sera la fin d’un opportuniste qui n’a pas eu la sagesse, le courage et la dignité de se retirer à temps », affirmait le 13 mai le quotidien conservateur ABC dans un éditorial cinglant intitulé: « Dernière opportunité pour un opportuniste ». Comme Ségolène Royal, candidate malheureuse aux sénatoriales des expatriés, l’ancien éléphant du PS, Manuel Valls, risque une humiliante défaite avec les Français établis hors de France.

  • La Méditerranée : un trait d’union entre les peuples

    La Méditerranée : un trait d’union entre les peuples

    La Méditerranée est un rempart à l’opposition Orient/Occident, puisque l’idée méditerranéenne est avant tout un trait d’union. Dans le cadre des décolonisations, le recours au méditerranéisme permettait de ne pas opposer les colonisés et les colonisateurs, mais de créer une identité commune. Dans l’entre-deux-guerres, certains agrégés français s’installent au Liban ou en Égypte par exemple et créent des revues francophones, mais qui traduisent des auteurs locaux, parfois diffusés en France, un vrai pont culturel.

    Aujourd’hui, la Méditerranée rappelle à tous que la pollution faite sur une rive touche tous les habitants du bassin, locaux, touristes et expatriés. A Ajaccio, les 20,21 et 22 mai, se sont ainsi retrouvés ceux qui protègent, ceux qui aiment, ceux qui chérissent, notre « mare nostrum », l’occasion de comprendre les mécanismes de la pollution, ses conséquences et imaginer des solutions. Votre site, Lesfrancais.press, y était.

    Un festival pour la Méditerranée

    Pour sa première édition, le Festival de la Méditerranée a réuni à Ajaccio (Corse-France) des associations, des fondations et des entreprises qui œuvrent pour une cause prioritaire : protéger l’écosystème de la Méditerranée.

    Durant 3 jours, de multiples rendez-vous ont été proposés aux participants, comme la présentation des actions pilotes du port Charles Ornano à Ajaccio pour améliorer la qualité des eaux portuaires, la présentation des actions de la Fondation de la Mer, ou encore la découverte de solutions de traitement des biodéchets à la source par la société Tarra.

    Le point d’orgue du festival fut la diffusion du film Méditerranée, l’Odyssée pour la vie, issu de la série du même nom créée par Frédéric Fougea.

    Bande-annonce du film Méditerranée, l’Odyssée pour la vie

    Le film révèle les merveilles d’un monde vivant riche, surprenant mais aussi très fragile. En mer, sur terre et dans les airs, un fascinant voyage dans le monde d’animaux et de plantes qui se sont adaptés pour continuer à vivre en Méditerranée, malgré l’impact croissant des activités humaines.
    La projection a été suivie d’un débat, mené par Victor Robert (journaliste et producteur). Au fil des échanges se révèle l’interdépendance des milieux maritimes qui composent la Méditerranée.

    Nous, les Français, expatriés ou non, sommes prêt de 8 millions à vivre (6,8 million sur les rivages français) au bord de la Méditerranée. Nous sommes, donc, des acteurs majeurs de la prévention de cette mer qui vit naitre notre civilisation occidentale entre Athènes et Rome.

    Une pollution majeure au plastique

    Et nous pouvons participer facilement et quotidiennement à sa préservation. Car le principal ennemi de ce bassin de vie, c’est le plastique. Cet ami du quotidien qui nous dépanne bien mais qui empoisonne les lieux de vie des espèces marines. Comme nous le révèle, s’il le fallait encore, le film Méditerranée, l’Odyssée pour la vie.

    On découvre ainsi les merveilles d’un monde vivant riche, surprenant mais aussi très fragile. C’est un fascinant voyage dans le monde d’animaux et de plantes qui se sont adaptés pour continuer à vivre en Méditerranée, malgré l’impact croissant des activités humaines, qu’on nous offre.

    Un cadeau pour se sensibiliser à une catastrophe silencieuse.

    Méditerranée
    Méditerranée

    La mer la plus polluée

    La mer Méditerranée, la plus vaste des mers intercontinentales, s’étend sur 2.9 millions de kilomètres carrés et représente 0.8 % des eaux du globe. Située entre l’Europe, l’Afrique du Nord et l’Asie de l’Ouest, elle est comme son nom l’indique « au milieu des terres ». Sa position est devenue un facteur aggravant de la concentration de la pollution plastique.

    Le taux de renouvellement de ses eaux est d’environ 90 ans alors que les plastiques mettent parfois plusieurs centaines d’années pour disparaître. Les morceaux de plastique se décomposent sous l’effet des rayons UV, du vent, de la salinité et du mouvement des vagues. En Méditerranée, la libération de ce plastique devient de plus en plus problématique car les concentrations de microplastiques atteignent des niveaux records : 1,25 million de fragments par kilomètre carré. Cette tendance s’accentue chaque été avec l’arrivée massive de touristes, les 200 millions de touristes générant une augmentation de 40 % des déchets.

    On estime qu’entre 8 et 12 millions de tonnes de plastique seraient relarguées chaque année en Méditerranée, 20 % du fait des activités de pêche et du trafic maritime et 80 % du fait du largage par les rivières et les fleuves.  

    Comment agir au quotidien pour la Méditerranée ?

    Déjà, il faut savoir que la France est le premier producteur de déchets plastiques de la région et son taux de recyclage est inférieur à celui de ses voisins européens. Mais notre pays vise la fin du plastique jetable d’ici à 2040.

    Certains habitants et entreprises de la région de Marseille ont décidé d’agir en développant eux-mêmes des solutions concrètes visant à limiter la pollution plastique et l’usage même des emballages plastiques. Comme la société Click Dive qui a lancé une application de science participative destinée à tous les usagers de la mer, et vise à cartographier la faune et la flore, mais aussi les déchets plastiques situés près des côtes. L’objectif, nous explique Brice Masi, son créateur, est de donner à terme une portée nationale et internationale au projet et d’aider les organismes et « l’État » à prendre des décisions pour protéger les mers et océans.

    En Corse, c’est la compagnie locale de ferrys, Corsicalinea, qui s’engage dans un vaste plan de renouvellement de ses bateaux (8 à ce jour) pour basculer sur des navires moins polluants. C’est près d’un milliard d’euros que l’entreprise va mobiliser sur 10 ans. Dans cette démarche, elle est soutenue par le syndicat national des armateurs qui veille au respect par ses membres des directives européennes, les normes les plus sévères au monde. Totalement sensibilisé à la cause des océans et mers, le syndicat milite au niveau international pour un alignement des normes sur celles de notre continent.

    Mais les simples citoyens, en France ou n’importe où, peuvent aussi agir sur mer comme sur terre. Déjà en limitant leur consommation de plastique, et cela commence au supermarché en privilégiant les emballages en carton ou les produits naturels qui n’en ont pas besoin. Après on peut faciliter leur collecte et leur recyclage ou enfouissement loin des eaux en suivant les consignes données par les autorités dans les pays qui ont pu lancer de telles démarches.

    Et en mer ? Il est impératif de bien conserver ses déchets pour les évacuer à terre dans un lieu prévu à cet effet. Il faut aussi préférer les bidons d’eau du robinet aux packs d’eau en bouteilles, etc. De nombreuses petites actions qui peuvent faire la différence. Bien sur, le voilier est à privilégier au bateau à moteur.

    Le fonds HLD pour la Méditerranée

    Pour les plus concernés, il est possible de joindre ses forces aux acteurs du fonds HLD pour la Méditerranée, le partenaire de la première édition du Festival de la Méditerranée, en présentant un projet via le site dédié.

    Le Fonds HLD pour la Méditerranée est un fonds de dotation créé par le groupe HLD. Sa vocation est de participer au développement de solutions répondant aux menaces qui impactent l’ensemble du bassin méditerranéen sur le plan écologique. Pour ce faire il met son expertise au profit de projets innovants, fédérateurs et solidaires. Aux côtés de l’association « Sauver la Méditerranée », il rassemble les acteurs de la société civile et privée, entreprises, universités, centres de recherche, associations et personnalités de tous les pays riverains autour d’un but précis et mesurable : la santé de la Méditerranée.

    À l’origine de HLD pour la Méditerranée, le groupe HLD est un groupe d’investissement fondé en 2010 par trois passionnés de l’entrepreunariat : Jean-Philippe Hecketsweiler, Jean-Bernard Lafonta et Philippe Donnet. Spécialisé dans le capital investissement, HLD investit dans le capital d’entreprises européennes de tous secteurs d’activité, cette prise de participation sans contrainte de durée permettant de soutenir des entrepreneurs porteurs de projets de développement.

    Au quotidien simplement, en s’engageant avec force, en formant les autres, toute une palette d’actions à la portée de tous existe pour préserver la mer Méditerranée. Si vous êtes intéressés, direction les pages Facebook et Instagram de l’association Sauver la Méditerranée.

    Téléchargez le programme du festival

  • Le débat entre les candidats des Législatives à Londres

    Le débat entre les candidats des Législatives à Londres

    Ce mercredi 25 mai 2022, à Portland Hall, à l’Université de Westminster en plein centre de Londres, a eu lieu le débat des élections législatives organisé par nos confrères du French Morning London

    Six candidats aux élections législatives au poste de député des Français d’Europe du Nord étaient sur scène. Il s’agissait de Artus Galiay (candidat des Républicains, UDI et des Centristes), Laurence Helaili-Chapuis (Conseillère des Français de l’Etranger en Irlande, Présidente du Conseil Consulaire et élue AFE Europe du Nord), Charlotte Minvielle (Candidate EELV et NUPES), Margaux Darrieus (Candidate Reconquête !), Willy Begon (Candidat Rassemblement National), Alexandre Holroyd (Député sortant et candidat Ensemble ! majorité présidentielle). Notre média Lesfrancais.press était sur place au milieu d’une centaine de personnes. 

    Le débat était divisé en quatre thématiques : les questions internationales, l’économie, l’environnement et les questions locales.

    Chaque candidat(e) avait un temps de parole pour présenter les grandes lignes afin de défendre son programme sur chacun des sujets.

    Photo de couverture de l’article du French Morning London ©French Morning London 2022

    “Sans l’implantation locale, rien ne peut se passer…”

    Nicolas Hatton, le fondateur du groupe The3million et qui est le suppléant de Laurence Helaili-Chapuis au Royaume-Uni, a déclaré que “que c’est bien de débattre sur des sujets importants. Nous voyons bien qu’il y a  une différence entre le rôle de l’élu(e) qui a une implantation locale comme Laurence, et les autres qui n’en ont pas. Nous sommes sur une position centriste. C’est assez consensuel. Sans l’implantation locale, rien ne peut se passer, car il faut accompagner des gens sur place. Il faut penser par exemple à l’application des lois comme les chèques FLAM pour l’éducation. Je suis fier pour cette élection importante, que nous puissions avoir une voix en tant qu’indépendants et pouvoir exister. Ça, c’est la démocratie et c’est beau. Nous verrons qui gagnera. Quel que soit le député, il faudra accepter le résultat, il sera le député de tous les Français de l’étranger.”

    “Notre candidate avait des réponses très claires.”

    Dans la salle se trouvait l’élu EELV et Conseiller des Français de l’étranger pour le Royaume-Uni, Rémi Vazeille. Il a trouvé le débat “riche en termes de contenu. Le temps de parole n’était pas respecté, mais notre candidate a quand même réussi à marquer des points, elle avait des réponses très claires, argumentées avec des statistiques. Je pense qu’elle a réussi à faire passer les messages. Nous essayons de toucher la cible des abstentionnistes comme les jeunes, des jeunes dans notre équipe de campagne font du tractage par exemple dans leurs universités. Par ailleurs on s’adresse à des gens qui ont des problèmes de retraite. Nous avons fait un webinaire sur la protection sociale. Notre candidate représente beaucoup d’électorats qui ne s’additionnent pas de manière naturelle. Il faut essayer d’avoir ce discours qui englobe tout le monde.” 

    En effet, la candidate de NUPES, Charlotte Minvielle, a trouvé que “c’était un bon exercice démocratique, ça nous a permis à tous de raffermir nos priorités nationales et locales et de dénoncer le bilan du gouvernement d’ Emmanuel Macron et du député sortant, Alexandre Holroyd, en termes d’écologie et de justice sociale.” La candidate de NUPES veut raffermir ses valeurs pro européennes, écologistes et de justice sociale, pour une société plus inclusive et tournée vers l’avenir. 

    “Alexandre Holroyd avait un travail difficile…” 

    Pour Patricia Connell, Conseillère des Français de l’étranger (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord) de La République En Marche, le débat “était très bon. Le niveau était plutôt élevé, ce qui m’a surprise d’une certaine manière. Chaque candidat s’est retranché sur ses positions. J’ai trouvé qu’Alexandre Holroyd a fait un travail vraiment exceptionnel. Il avait un travail difficile puisqu’il est le député sortant, donc il devait défendre à la fois son mandat précédent et en même temps exposer son programme. C’est la cible à abattre dans ce type de débat. Mais il a montré le travail qu’il a effectué et à quel point il était excellent. Le thème sur la dématérialisation m’a interpelé et c’est quelque chose sur lequel nous travaillons depuis des années, en essayant de pousser le ministère de l’Intérieur dans cette voie. Nous testerons la dématérialisation au Canada et au Portugal. Alexandre l’a dit et c’est vrai : ça va changer notre vie. Entre-temps nous avons des problèmes dans nos consulats de par le monde, même au Royaume-Uni alors que nous avons la dématérialisation des passeports. Ils ont une queue absolument effroyable de gens qui attendent leur passeport. Nous en parlions avec le consulat récemment. 25 000 titres ont du retard. Deux ans de Covid qui fait que 25 000 titres n’ont pas été traités. Si les gens ont voté pour Emmanuel Macron, je crois qu’il est très important de pouvoir soutenir son programme et pour ça il faut voter pour notre député sortant Alexandre Holroyd. Emmanuel Macron a montré qu’il avait pu pendant ces années extrêmement difficiles s’en sortir d’une manière ou d’une autre. C’est vrai que l’écologie va être le fil conducteur des prochaines années. D’ailleurs il l’a dit et a mis en place des gens très compétents comme la ministre Amélie de Montchalin. La Première ministre va être chargée d’assurer cette direction.”

    Un premier débat pour le mouvement Reconquête ! 

    Margaux Darrieus, la candidate de Reconquête !, a trouvé “que le débat était très bien structuré. Et toutes les thématiques centrales ont été abordées, ce qui m’a permis dans mon cas de m’exprimer sur ces sujets, alors que probablement les Français me connaissent moins. Il y a eu ‘un bon esprit. Nous avons pu échanger sur le fond. Je suis très satisfaite d’avoir pu participer à ce débat. J’espère que les Français seront nombreux à le regarder en replay.” 

    Les élections législatives se dérouleront du 27 mai au 1er Juin 2022 (en ligne) pour le premier tour et du 10 au 15 juin pour le second tour et les 5 et 19  juin (à l’urne). 

    Intervention d’Artus Galiay

  • Taux de cotisation à la retraite : Borne cède aux syndicats

    Taux de cotisation à la retraite : Borne cède aux syndicats

    Le décret relatif à la hausse du taux de cotisation des fonctionnaires détachés à été abrogé. Une résolution qui arrive suite à la forte mobilisation du personnel détaché et des élus locaux comme des parlementaires.

    Un décret en catimini ?

    Le gouvernement Castex sur le départ, avait publié, discrètement, un décret modifiant le taux de cotisation à l’assurance retraite des fonctionnaires détachés à l’étranger depuis le 01 mai 2022. La ponction sur le salaire brut passait ainsi de 11% à 27%, soit un gap de 16 points. Une mesure qui ne semblait pas prendre en compte les promesses d’actions pour le pouvoir d’achat des Français faites par Emmanuel Macron et les candidats à la députation. Face à la mobilisation générale, la Première ministre, Elisabeth Borne, qui hérite donc du dossier brûlant, a décidé de botter en touche en reléguant la mise en application en septembre.

    Une mobilisation inédite à la Mission laïque française

    Le 24 mai dernier, le personnel de la Mission laïque française s’est fortement mobilisé suite à la parution du décret n° 2022-705 du 26 avril 2022, élevant la part de cotisation de tous les fonctionnaires, dont les professeurs détachés, à la retraite à 27%, contre 11% avant.

    Face à cette hausse « surprise », les professeurs et administrateurs des établissements français à l’étranger ont fait grève à travers tout le réseau, avec à certains endroits un pic de 100% de participation.

    Des parlementaires réactifs

    Dans le même temps, les parlementaires tels que le député de la IV circonscription des Français de l’étranger Pieyre-Alexandre Anglade et la sénatrice Samantha Cazebonne (ancienne proviseur de lycée) ont saisi le gouvernement afin de faire abroger ledit décret.

    Publication sur Facebook de la sénatrice Samantha Cazebonne le 21 mai 2022

    Comme nous l’avait certifié un proche collaborateur du député de la IVème circonscription, un texte correctif est paru dans les 48h suivant la mobilisation.

    « Je me suis mobilisé dès l’annonce de ce décret pour que nos enseignants à l’étranger ne soient pas pénalisés. J’ai été entendu avec mes collègues de la majorité. Le décret a été abrogé et tout a été remis à plat. »

    Pieyre-Alexandre Anglade, député de la IVème circonscription des Français de l’étranger

    Effectivement, dans le nouveau décret paru dans le Journal Officiel du jeudi 26 mai, il est stipulé que les personnels détachés de la fonction publique ne verront pas leur part de cotisation retraite augmenter dans l’immédiat. Par contre tous les nouveaux détachés à partir du premier octobre 2022 seront concernés, les professeurs débutant en septembre 2022 se seront donc pas impactés.

    Un gain de temps

    Si l’abrogation du décret n’est en soit pas une victoire car la hausse de la cotisation est seulement repoussée d’un an, elle est un gain de temps. Effectivement, le droit français doit s’accorder au droit européen, et cela signifie une augmentation significative de la part retraite.

    Seulement pour le corps détaché de la fonction publique et les élus de la République, il n’est pas question de l’ajuster à 27%, car cela aurait des retombées importantes. En effet, soit cela impacterait fortement le pouvoir d’achat du corps détaché de la fonction publique, soit cela toucherait les établissements français à l’étranger et les parents d’élèves, comme nous l’expliquait Jean-Marc Merriaux, car il faudra la participation de ceux-ci pour maintenir le niveau des vie des professeurs.

    De cette manière, les élus ont quelques semaines pour trouver un juste milieu qui puisse convenir à tout le monde, aux professeurs mais aussi à tous les nouveaux autres fonctionnaires qui seront eux bien touchés dès le 01 octobre 2022. Pour l’heure, nous n’avons aucune indication de la voie qu’ils comptent prendre…

    Télécharger ou consulter le Décret correctif n°2022-824 du 25 mai 2022

  • Nouveau gouvernement : victoire en demi-teinte pour la French Tech

    Nouveau gouvernement : victoire en demi-teinte pour la French Tech

    Si la tech française se réjouit que la « souveraineté numérique » fasse son entrée dans le portefeuille d’un superministère de l’Économie, elle regrette qu’aucun secrétaire d’État, point de contact privilégié pour l’écosystème, n’ait été nommé pour succéder à Cédric O.

    Ministère du Numérique de plein exercice ou « simple » secrétaire d’État ? La question divisait l’écosystème et les candidats à la présidentielle.

    D’un côté, une partie d’entre eux estimait qu’il était temps que le numérique dispose de son propre ministère et de son propre budget, tant le sujet avait pris une importance capitale et revêtait une certaine transversalité. Pour d’autres, il s’agissait d’un non-sujet et il faisait même sens que ces enjeux puissent bénéficier de l’administration de Bercy ou de ceux de Matignon.

    L’ancien secrétait d’État lui-même, Cédric O, alors chargé de la « transition » numérique, penchait en faveur de cette seconde option, ne voyant pas l’intérêt de créer un ministère de plein exercice, au-delà de l’« importance symbolique ». « Je pense que l’écosystème surestime la question institutionnelle », déclarait M. O quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle.

    « Si je devais avoir un souhait, ce serait de faire en sorte qu’il y ait un grand ministère de l’Économie et de la Technologie qui ait l’ensemble des pouvoirs sur ces éléments et qui ait la puissance de l’administration de Bercy », précisait-il alors. Et il semblerait que son vœu ait été exaucé.

    Après des semaines d’attente et d’espoir, les entreprises françaises du numérique ont eu une réponse vendredi (20 mai) avec la présentation du nouveau gouvernement.

    Bruno Le Maire a été reconduit à son poste de ministre avec un nouvel intitulé : « ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique », illustrant ainsi la volonté du président réélu, Emmanuel Macron, de mettre l’accent sur l’autonomie et l’indépendance française et européenne en la matière.

    « La souveraineté industrielle & numérique a donc son ministre d’État, au 1er rang protocolaire : excellente nouvelle ! », s’est réjoui sur Twitter Yann Lechelle, patron de Scaleway, fournisseur français de cloud.

    « C’est un signal positif », reconnaît Maya Noël, directrice générale de France Digitale, la première organisation de startups en Europe, réunissant entrepreneurs et investisseurs du numérique français.

    « Ça prouve que le numérique et les startups, en particulier, sont au cœur de l’économie », déclare-t-elle à EURACTIV. Quant à la notion de souveraineté, Mme Noël y voit également une bonne chose, « à condition que cela soit associé à une logique de montée en puissance et pas de repli sur soi ».

    France Digitale faisait partie des organisations appelant à la création d’un ministère de plein exercice pour le numérique, pas « comme une fin en soi » mais pour que ces enjeux soient bien représentés au niveau interministériel, explique-t-elle, reconnaissant que cela n’avait pas empêché Cédric O de porter ces discussions au plus haut niveau.

    Vers un secrétariat d’État au numérique ?

    Seule ombre au tableau pour l’écosystème français, l’absence, pour l’heure, d’un secrétaire d’État dédié qui agirait comme un interlocuteur direct pour les entreprises de la tech, comme le faisait M. O, qui avait annoncé début mars mettre fin à sa carrière politique pour retourner dans le privé.

    Compte tenu du nouveau portefeuille élargi de M. Le Maire, la directrice générale de France Digitale serait « étonnée » que personne ne soit nommé dans les semaines à venir pour reprendre cette fonction. « On est dans l’expectative », confie-t-elle.

    Tous les regards sont désormais tournés vers les élections législatives, les 12 et 19 juin prochain, qui donnent traditionnellement lieu à un remaniement technique du gouvernement et qui pourrait voir émerger une nouvelle personne pour prêter main forte à Bruno Le Maire sur les enjeux du numérique.

  • Meyer Habib : « D’abord, je suis un député libre et indépendant. »

    Meyer Habib : « D’abord, je suis un député libre et indépendant. »

    Les électeurs des pays méditerranéens de la 8ème circonscription des Français de l’étranger sont sollicités par 13 candidats. Parmi ces derniers émergent Deborah Abisror pour Ensemble ! (L’alliance autour d’Emmanuel Macron) et Meyer Habib, député sortant pour l’UDI et qui se présente pour un troisième mandat au nom des Républicains et ses alliés (UDI et Nouveau centre).

    A quelques heures de l’ouverture de l’urne électronique ce vendredi 27 mai à 12h (heure de Paris), nous avons rencontré Meyer Habib pour faire le point sur son mandat, la situation des expatriés et l’élection.

    Meyer Habib lors d’une commémoration du 11 novembre en 2021 à Paris, place de l’étoile

    7 questions à Meyer Habib

    Lesfrancais.press : Vous êtes le député sortant de la circonscription, quel bilan faites-vous de l’action gouvernementale et plus largement d’Emmanuel Macron ces 5 dernières années pour les Français de l’étranger ? 

    Meyer Habib : Coupes budgétaires, matraquage fiscal, différence de traitement lors de la crise de la Covid par rapport à la Métropole, les Français de l’étranger ont été hélas les grands oubliés de ce quinquennat.

    Sur le plan fiscal : seul député des Français de l’étranger reconduit en 2017, j’ai été le seul à défendre en 2018 la suppression de la CSG-CRDS sur les revenus du patrimoine des Français de l’étranger lors de l’examen du PLF 2018, que j’ai finalement obtenue pour les Français de l’UE. 

    Je ne comprenais pas comment les onze autres députés des Français de l’étranger, fraîchement élus et appartenant tous à la majorité, n’avaient pas voté mes amendements contre cette injustice. L’assujettissement des non-résidents à cet impôt est fondamentalement injuste et illégal. Il frappe les revenus du patrimoine de personnes ne bénéficiant pas du système de protection sociale qu’il finance.

    Dans un second temps, dès 2018, la hausse de la cotisation d’assurance maladie sur les pensions des retraités de 1.7% a été très mal vécue par nombre de nos compatriotes à l’étranger, qui pour beaucoup ne sont ni des rentiers ni des nantis, mais des retraités modestes dont le pouvoir d’achat n’a cessé de baisser ces dernières années. 

    Beaucoup plus grave, si je ne m’étais pas battu contre la réforme fiscale de 2018, elle aurait abouti à faire payer 40% d’impôts aux retraités vivant à l’étranger ! 

    Plus encore, la suppression de la couverture médicale aux retraités n’ayant pas 15 ans de cotisation est intolérable et porte une grande atteinte à leurs droits. Notre combat a obligé la majorité à baisser cette durée à 10 ans, combat que je continuerai à mener !

    Sur le plan administratif, la dématérialisation de l’administration, plébiscitée par la majorité, aura hélas contribué à couper souvent les liens entre la France et nos compatriotes de l’étranger. 

    Les suppressions de postes consulaires et le manque de ressources humaines sont préjudiciables pour nos compatriotes qui doivent souvent prévoir un an à l’avance le renouvellement de leur passeport, parfois sans succès.

    Autre déception, sur le plan budgétaire, le Gouvernement a décidé de baisser l’aide allouée aux bourses scolaires et à l’AEFE dès la première année du quinquennat. Un rabot de 128 millions d’euros contre lequel je me suis battu bien trop seul dans l’hémicycle. 

    Ceci étant, comprenant l’incroyable assujettissement des Français d’Europe à la CSG-CRDS, le gouvernement a suivi mes recommandations en 2018. L’image de la France dans le monde s’est améliorée sous ce quinquennat.

    Lesfrancais.press : Vous avez combattu le dispositif limitant les voyages vers la France à des motifs impérieux pendant la pandémie qu’Olivier Véran avait imposé. Que pensez-vous du choix de Renaissance de vous opposer son ex cheffe de cabinet, Deborah Abisror ? 

    Meyer Habib : Ces dispositions étaient souvent difficiles, voire inhumaines dans certains cas, pour nos compatriotes éloignés de leurs proches et qui avaient plus que jamais besoin de la solidarité de leur pays. 

    J’ai demandé au Gouvernement la conversion des passes vaccinaux des résidents non-européens afin de faciliter leurs voyages en France, que j’ai obtenue après plusieurs mois de débats

    Je n’oublierai jamais le début de la pandémie et les messages de tous ces Français à l’étranger qui me demandaient d’obtenir un laisser-passer pour voir des parents malades ou assister notamment aux funérailles de leurs proches en France. Ces souvenirs m’ont bouleversé mais nous ont permis de nous rapprocher.

    Quant à Deborah Abisror, je ne la connais pas. Elle était comme tout chef de cabinet en charge des rendez-vous, de la logistique et de l’agenda.

    Je sais qu’elle appartient à une famille politique qui a matraqué fiscalement les Français de l’étranger.

    Lesfrancais.press : A droite, il y a un autre candidat, il se réclame d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, José Garson, que dites-vous à ceux tentés de rejoindre ce parti censé faire le pont entre la majorité et la droite classique ?  

    Meyer Habib : Je ne le connais pas. Je crois qu’il a fait moins de 1% en 2012 dans la 10ème circonscription. Il est tenace. 

    Je leur dis que je suis le seul candidat de la droite républicaine et du centre. 

    Je suis le seul candidat libre !  En 1872, Léon Gambetta appelait déjà de ses vœux des candidats libres pour représenter des hommes libres dans la recherche du bien de la France.

    Je milite pour une droite indépendante et républicaine à l’Assemblée, qui ne se soumet pas automatiquement aux décisions du Gouvernement par la signature d’une charte qui restreindra la liberté des parlementaires. Je serai un député libre, indépendant et constructif.

    Si le gouvernement taxe encore les Français de l’étranger, Monsieur Garson comme Madame Abisror seront prisonniers de ces choix et ne pourront pas défendre les Français de la circonscription. Comme à l’époque, les 10 députés de la majorité représentant des Français de l’étranger n’ont pas voté la suppression de la CSG- CRDS.

    Lesfrancais.press : Toujours plus à droite, il y a le candidat Reconquête Serge Siksik. N’est-ce pas votre vrai challenger au vu des résultats en Israël d’Eric Zemmour ? Un haut score pourrait vous empêcher d’accéder au second tour ? 

    Meyer Habib : Eric Zemmour a obtenu un très bon score à l’élection présidentielle en Israël parce que beaucoup de Français d’Israël sont inquiets de la montée de l’islamisme en France mais aussi remontés vis-à-vis de la politique étrangère de la France.

    Pour autant, si je ne connais pas Serge Siksik, je connais très bien Eric Zemmour avec qui j’ai grandi. Nous étions dans la même école à Lucien de Hirsch.

    On ne peut réhabiliter le Maréchal Pétain comme il l’a fait, on ne peut faire un parallèle abject entre les Sandler et leur bourreau parce que la famille décide d’enterrer ses proches en Israël. On ne peut pas accepter que la République islamique d’Iran possède un jour la bombe nucléaire.  Nous sommes inquiets de Poutine alors imaginez une bombe atomique islamique.

    On ne peut pas gommer à ce point ses origines et ses racines. 

    Lesfrancais.press : Cette fois la gauche y va unie autour Isabelle Rivolet. Une candidate basée à Rome avec un parcours humanitaire fort qui pourrait séduire les électeurs en Italie ou en Turquie. Le jeu est très ouvert pour cette élection, restez-vous confiant ?  

    Meyer Habib : Aucune élection n’est gagnée d’avance. Je reste mobilisé, déterminé. Mais j’ai tissé des liens très forts avec les électeurs de la circonscription en 9 ans.

    Je suis profondément écologiste, député UDI parti de Jean-Louis Borloo et du Grenelle de l’Environnement, mais vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur comme la pastèque ! 

    Rapporteur de la mission sur les pôles, ma visite pendant une semaine au Pôle nord m’a bouleversé. La protection de l’environnement est la grande cause de ce siècle.

    L’union de la gauche s’est faite autour de la radicalité et de l’extrême gauche, les Français rejetteront cette alliance dangereuse aux positions proches des milieux islamistes.

    Lesfrancais.press : Alors faisons un peu de politique fiction, vous êtes bien réélu le 19 juin, quelles sont vos ambitions pour vos compatriotes pour votre prochain mandat ?  

    Meyer Habib : Mon premier chantier sera de faire bénéficier aux retraités non-résidents le chèque inflation de 100 euros que 38 millions de résidents ont perçu en décembre dernier.

    J’ai écrit une lettre au ministre Bruno Le Maire, un ami de très longue date que j’ai amené en Israël, en ce sens. 

    Je continuerai mon engagement pour exonérer de CSG sur le patrimoine les Français hors Europe.

    Je continuerai, comme je le fais depuis plusieurs mois, à lutter contre le scandale qui touche les retraités français en Italie. Des retraités français résidant en Italie et percevant des pensions françaises versées dans le cadre de régimes obligatoires sont redressés par le fisc italien sur leur retraite française en sus de leur imposition française, le tout assorti de sanctions et d’intérêts sur les 5 dernières années ! 

    Je me battrai pour obtenir un statut de résidence d’attache en France pour que les Français de l’étranger bénéficient des mêmes droits que sur une résidence principale.

    Je me battrai pour l’effectivité du droit au compte pour que les Français de l’étranger bénéficient de comptes en banques et de services bancaires dans les banques françaises.

    Je continuerai de me mobiliser pour l’équivalence des diplômes, la reconnaissance bilatérale des permis de conduire, la renégociation des conventions fiscales entre la France et l’Italie, l’augmentation des bourses scolaires, etc.

    Lesfrancais.press : Pour finir, quels seraient les 3 arguments pour voter Meyer Habib dès ce vendredi 27 en ligne ou le 05 juin à l’urne ?

    Meyer Habib : D’abord, je suis un député libre et indépendant. 

    Qui dira oui à Emmanuel Macron et votera avec le Gouvernement quand j’estime que leurs décisions sont bonnes pour la France. Comme je l’ai fait ces dernières années, notamment lorsque j’ai été le premier député à voter le pacte de responsabilité d’Emmanuel Macron en 2016, il m’a d’ailleurs remercié.

    Capable de dire non et de m’y opposer fermement lorsqu’elles vont contre les intérêts et les droits de mes électeurs. Je connais personnellement très bien le Président, qui m’a demandé de l’accompagner à des rencontres bilatérales au plus haut niveau, et l’ensemble du Gouvernement. J’entretiens des relations amicales notamment avec les ministres de l’Economie, de la Défense et de l’Intérieur.

    Ensuite, l’expérience. Je connais parfaitement ma circonscription et les problématiques rencontrées par nos compatriotes qui sont nos ambassadeurs du quotidien. J’ai travaillé pendant neuf ans à leur service, ai été à leur côté durant la crise sanitaire, palliant les carences des Consulats. 

    Enfin, la proximité. Je suis proche de mes électeurs parce que je leur ressemble et je peux donc les comprendre. Parfaitement trilingue, ingénieur diplômé de l’école Polytechnique Technion de Haifa, chef d’entreprise, mon parcours ressemble à beaucoup de ceux de nos compatriotes à l’étranger qui reconnaissent en moi un ami, un proche. Les liens que nous avons créés en neuf ans ne sont comparables à aucun autre candidat.

    Je les remercie de leur soutien et s’ils m’élisent je continuerai à être le député de tous, ceux qui ont voté pour moi, mais aussi ceux qui ne l’ont pas fait.

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