Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • « Jean-Christophe, le pionnier de Slovaquie ».

    « Jean-Christophe, le pionnier de Slovaquie ».

    Cet été, comme en 2023, on partage avec vous des lettres d’amour de Français de l’étranger à la France. Boris Faure nous emmène pour cette première étape estivale à la rencontre de Jean-Christophe, le pionnier de Slovaquie.


    Les hasards de l’existence nous ont donné la Slovaquie en commun. Cette interview entre aficionados de l’expatriation en Mittleleuropa semblait donc s’imposer d’elle-même. Jean-Christophe Robin vit et travaille dans ce petit pays de 5 millions d’habitants que nos concitoyens ont parfois bien du mal à situer sur une carte, en le confondant allègrement avec la Slovénie. Voilà pourtant un pays carrefour qui possède une frontière commune avec l’Ukraine agitée par la guerre comme avec l’Autriche et ses trésors de culture qui ont fait une partie de l’histoire de notre continent. Un pays qui hésite dans ses alliances, le gouvernement populiste actuel est plutôt pro-russe même si le pays dispose d’une présence militaire de l’OTAN sur son sol.  Derrière un fort sentiment national le devenir de la Slovaquie est hésitant, entre la méfiance vis à vis d’une Europe de l’Ouest vue comme le temple d’un multiculturalisme critiqué et une certaine réserve vis-à-vis de grands voisins, la Hongrie ou la Pologne, qui ont toujours un peu snobé ce peuple attachant et en quête d’affirmation d’identité. La Slovaquie est donc en quête de sa propre voie.

    Jean-Christophe est une personne discrète, un observateur des choses du monde et de l’Europe qui a trouvé aux pieds des cimes des Tatras la sérénité à laquelle tout homme d’âge mûr aspire. Ce père de famille heureux trace lui aussi sa propre voie après des années de jeunesse parisienne où il s’est frotté aux musiques électroniques derrière les platines. Voilà le plaisir de vivre en Slovaquie à un autre rythme en somme.

    Sa Lettre à la France

    La France m’a doté d’une éducation, d’une histoire et de valeurs. Elle m’a protégé et a fait de moi plus qu’un citoyen : un Européen. Être français est une chance ! C’est un trésor ! Je lui dois en partie ce que je suis. Partir n’a fait qu’exacerber mon amour pour mon pays »

    Jean-Christophe Robin

    Rencontre avec Jean-Christophe Robin

    Boris Faure : On sort d’une période d’élection européenne, tu en penses quoi ?

    Jean-Christophe Robin : Au niveau national, le résultat est catastrophique, au niveau européen beaucoup moins. Il y a des radicalités des deux côtés avec un éventail central qui est démocratique. Le centre républicain est bien présent au parlement européen même s’il se fait grignoter. Ce n’est pas catastrophique au plan continental. Ce qui est inquiétant ce sont les piliers européens, la France et Allemagne, qui ont pour le coup rejeté l’Europe dans son ensemble. Les peuples de ces pays se servent du scrutin pour régler des comptes nationaux.

    Boris Faure : Comment tu en es arrivé à être un promoteur de l’Europe qui vit en Slovaquie ?

    Jean-Christophe Robin : Je suis né en 81. J’ai commencé à entendre parler de l’Europe avant la chute du mur. On parlait d’une Europe plus petite, centrée sur l’Ouest. L’Europe pour nous c’était celle des échanges de correspondants, du voyage en Angleterre ou du séjour en Espagne dans des familles d’accueil. Les enfants des familles d’accueil nous laissaient leur chambre et nous regardaient en chien de faïence ensuite. À l’époque, par la nourriture, par l’humour, par la culture on était assez loin des uns des autres. On restait très français, anglais, espagnols. 

    Les tours de La Défense depuis les hauts de Seine nord – « Je suis né et j’ai grandi dans cette banlieue historique, où chaque jour je voyais les tours du quartier d’affaires s’élever. C’était pour moi le monde en mouvement. Ces tours m’ont permis de comprendre qu’il fallait toujours aller de l’avant. » Jean-Christophe Robin

    Ensuite les choses ont évolué, avec des projets européens plus concrets et des déplacements plus fréquents puisqu’entre-temps le mur était tombé. Très tôt je commence à voyager vers la Roumanie, la Hongrie, la Croatie, au début des années 2000. Tout de suite cette Europe-là me paraît beaucoup plus palpable. Il y avait un désir de rencontre, un côté pionnier pour notre génération, on était les premiers à se parler.

    De retour à Paris, je découvrais aussi les années couchsurfing. C’était l’ancêtre de Airbnb. On avait énormément de demandes pour être accueillis. Les invités logeaient dans le canapé du salon, faisaient leur visite touristique en journée pour découvrir la capitale, et le soir on sortait tous ensemble. On a reçu des Polonais, des Roumains…On s’est découvert des affinités.

    On a mélangé nos cultures. Il y a eu un effet internet aussi, il y a un commun qui s’est mis en place avec la musique, la culture .  Quand je me déplace alors à l’est je réalise que les cultures se sont rapprochées.

    Boris Faure : Comment en es-tu arrivé à t’installer en Slovaquie ?

    Jean-Christophe Robin : On est dans les années 2010 à Paris. Dans cette ville européenne qu’est Paris et qui est très mélangée. Lors d’un évènement une de mes amies est accompagnée d’une copine slovaque. C’est l’été , Paris c’est la jeunesse et c’est la fête. On va nouer une relation et elle va me proposer de venir visiter la Slovaquie. Avec les grands pays autour, que ce soit l’Autriche, la Hongrie ou le rayonnement de la République tchèque, je suis heureux de découvrir ce pays moins connu qu’est la Slovaquie. Ce que je découvre ici, la nature et les gens, puis la profondeur de notre relation, me donne envie de revenir sur place très rapidement. Il y aura des allers-retours, une installation à Paris, puis l’arrivée des enfants qui naissent en Slovaquie. Car il est plus facile d’accoucher dans sa langue !

    Avec le Covid et la montée des incertitudes on éprouve alors le besoin d’acheter une maison et de se stabiliser. Ce sera la Slovaquie plutôt que Paris. 

    Boris Faure : Comment tu vois l’avenir, ce sera une retraite en Slovaquie ou en France ?

    Jean-Christophe Robin : J’ai l’impression de toute façon qu’on aura toujours un pied dans les deux pays. Deux heures d’avion ou une dizaine d’heures de voiture. Ceux qui sont au sud de l’Espagne ou au Portugal ont en fait les mêmes distances que nous. Les Français ont l’impression que l’est et la Slovaquie c’est très loin alors que c’est faux. 

    Les cimes Slovaques – « La sérénité des cimes est arrivée au moment parfait de ma vie. J’avais besoin de faire une pause, de respirer un instant, et de contempler la beauté de la nature. L’endurance se sublime dans la sobriété ». Jean-Christophe Robin

    Boris Faure : Comment juges-tu le regard des Slovaques sur la France ?

    Jean-Christophe Robin : Le côté multiculturel de la France est souvent pointé par les Slovaques. Mais sûrement de moins en moins. Je me rappelle d’une affiche politique pour les européennes de 2019 où on voyait la tour Eiffel et un croissant accolé. L’affiche militait pour le refus de l’Europe. Les gilets jaunes qui bloquaient la France renvoyaient aussi une image de guerre civile dans l’hexagone. En Slovaquie certains avaient l’impression que les gens étaient armés et qu’on risquait des coups de couteau à tous les coins de rue de Paris. Aujourd’hui, dans ma province slovaque,  je croise désormais de temps en temps des personnes étrangères. On vit dans un monde en mouvement.

    Boris Faure : Et le mot de la fin ?

    Jean-Christophe Robin : C’est que les enfants sont arrivés dans une Europe en mouvement. Il nous appartient de maintenir l’espace de liberté qui s’est créé ici pour leur avenir à eux. Qu’on ne recrée pas de nouvelles frontières et de nouveaux murs. C’est notre devoir de protéger ce qui a été fait par nos aînés.

  • Donald Trump choisit J.D. Vance comme vice-président, l’Europe s’inquiète..

    Donald Trump choisit J.D. Vance comme vice-président, l’Europe s’inquiète..

    L’ancien président américain et candidat à la présidentielle Donald Trump a désigné lundi (15 juillet) le sénateur républicain controversé James David Vance, qui s’est ouvertement prononcé en faveur d’une politique étrangère isolationniste, comme candidat à la vice-présidence.

    James David Vance, sénateur républicain de l’Ohio âgé de 39 ans, a été désigné par Donald Trump comme colistier lors du premier jour de la convention républicaine qui s’est tenue à Milwaukee lundi, après que l’ex-président soit officiellement devenu le candidat du parti pour les élections présidentielles de novembre.

    Né dans le sud de l’Ohio, dans la région des Appalaches — qui connaît depuis longtemps des difficultés économiques et reste associée à la pauvreté — J.D. Vance est devenu un personnage politique majeur après la publication en 2016 de ses mémoires intitulées « Hillbilly Elegy » (Hillbilly Élégie).

    Dans ce best-seller, il dépeint les problèmes socio-économiques auxquels sont confrontées sa ville natale et les communautés des Appalaches. Des éléments pouvant expliquer la popularité de Donald Trump, qui a rejoint la Maison-Blanche en novembre de cette année-là, parmi les Américains blancs pauvres de la classe ouvrière, en particulier dans la région surnommée « Rust Belt ». À cette époque, il s’était résolument prononcé contre le candidat républicain.

    Après avoir servi dans la Marine et fait ses études à la faculté de droit de Yale, J.D. Vance a travaillé comme investisseur en capital-risque à San Francisco, passant du statut d’opposant à celui de partisan de M. Trump lorsqu’il s’est présenté aux élections sénatoriales de 2022.

    Le sénateur républicain de l’Ohio James David Vance lors de sa nomination à la vice-présidence le jour de l’ouverture de la Convention républicaine au Fiserv Forum à Milwaukee, dans le Wisconsin, le 15 juillet 2024. ©EPA-EFE/ALLISON DINNER

    Politiques isolationnistes

    Les convictions politiques de James David Vance peuvent se résumer à un mélange d’isolationnisme et de populisme économique, ce qui plaît aux alliés les plus conservateurs de Donald Trump mais a aliéné une partie du noyau dur des républicains.

    Il est considéré comme l’un des plus fervents partisans du programme « Make America Great Again » de Donald Trump, notamment sur les questions de commerce, de politique étrangère et d’immigration.

    En matière de politique étrangère, il est perçu comme un défenseur de l’isolationnisme « America First », à l’instar des membres les plus radicaux de son parti.

    S’il accède au pouvoir, le duo Trump-Vance pourrait causer des maux de tête aux Européens, qui s’inquiètent notamment de ce qu’une deuxième présidence du milliardaire américain pourrait signifier pour l’engagement américain à l’égard de la sécurité de l’Europe.

    Plusieurs diplomates européens ont confié  à Euractiv au début de l’année qu’ils étaient particulièrement inquiets de la forte opposition de J.D. Vance à l’aide américaine pour l’Ukraine.

    Lorsque le Congrès américain a bloqué un paquet d’aide militaire de 60 milliards de dollars pour Kiev à un moment critique de l’effort de guerre ukrainien contre la Russie, M. Vance a joué un rôle clé dans le débat sur le rejet du projet de loi.

    Le discours de Munich

    S’exprimant devant un public européen à Munich plus tôt cette année, il s’était vivement opposé au transfert de fonds américains supplémentaires pour soutenir l’Ukraine et avait dénoncé la dépendance excessive de l’Europe vis-à-vis des États-Unis en matière de sécurité.

    « La protection américaine a laissé la sécurité européenne s’atrophier », avait affirmé J.D. Vance.

    Il avait ensuite déclaré que le président russe Vladimir Poutine ne représentait pas une menace existentielle pour l’Europe, que les Américains et les Européens ne pouvaient pas fournir suffisamment d’armes pour vaincre les troupes russes en Ukraine et que la guerre devait se terminer par « une paix négociée ».

    Lors de son passage à Munich, il avait également évité de rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky avec les autres sénateurs américains.

    S’agissant des dépenses de l’OTAN et de l’avenir de la politique étrangère américaine, M. Vance avait toutefois assuré qu’il ne pensait « pas que nous devrions nous retirer de l’OTAN, et […] que nous devrions abandonner l’Europe ».

    « Mais oui, je pense que nous devrions nous recentrer. Les États-Unis doivent se concentrer davantage sur l’Asie de l’Est. Ce sera l’avenir de la politique étrangère américaine pour les 40 prochaines années, et l’Europe doit s’en rendre compte », avait-il précisé.

    Les diplomates européens s’attendent à ce qu’il soutienne une politique agressive vis-à-vis de la Chine, poussant les Européens encore plus loin sur la voie de la confrontation avec Pékin qu’ils ne le sont actuellement avec les enquêtes sur les barrières commerciales sur une série de produits allant des véhicules électriques à la viande de porc, en passant par le cognac.

    « Il y a beaucoup de méchants partout dans le monde. Et je m’intéresse beaucoup plus aux problèmes en Asie de l’Est qu’à ceux de l’Europe », avait-il souligné.

    Ses propos, perçus par la majorité des participants comme une « douche froide », ont suscité l’inquiétude de nombreux dirigeants et diplomates européens, car depuis sa création, le forum était habituellement utilisé pour afficher l’unité transatlantique en matière de coopération sur la sécurité et la défense.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • L’île Maurice, le bon plan pour votre retraite ?

    L’île Maurice, le bon plan pour votre retraite ?

    Ça fait longtemps que les Français se transmettent dans le creux de l’oreille le bon plan : passer sa retraite à l’île Maurice. Tellement, que nos compatriotes représentent la moitié des retraités expatriés installés dans le micro-état. Pourtant loin de la France (plus de 11h de vol), une réputation sulfureuse sur le plan fiscal, les handicaps peuvent paraître nombreux. Mais en y regardant de plus près, on comprend pourquoi plus de 11 000 Français de l’étranger y résident désormais, en effet depuis 2021, l’île s’est conformée aux règles de transparence fiscale et est désormais considérée comme sûre. Et si l’hexagone est loin, l’île de la Réunion n’est qu’à 2heures d’avion. Alors pourquoi pas y songer pour votre retraite ?

    Un cadre de vie idyllique

    Commençons par l’évidence, l’île Maurice offre un cadre de vie extraordinaire. Le climat y est tropical soit doux et ensoleillé avec des températures oscillant entre 20 et 30°C tout au long de l’année. On est loin des hivers rigoureux et des canicules étouffantes. La beauté naturelle du pays est de plus ici incomparable. Plages paradisiaques, forêts luxuriantes, plaines verdoyantes ou montagnes escarpées, l’île Maurice offre un environnement exceptionnel qui fait qu’avec ce climat si particulier que les retraités apprécient encore plus.

    Un système de santé de qualité

    Si on peut bien vivre à l’île Maurice, il faut, pour en profiter, être en pleine santé. C’est donc souvent un sujet d’inquiétude pour les candidats à l’expatriation.

    Et les classements internationaux rassurent, le système de santé mauricien émerge comme étant de bonne qualité et n’a rien à envier aux infrastructures médicales de la plupart des pays d’Europe; d’ailleurs nombre de médecins mauriciens sont diplômés de facultés européennes.
    De nombreuses cliniques privées sont présentes sur l’île et disposent d’un matériel médical de pointe, offrant une qualité de soins des meilleures. De plus, les coûts des soins médicaux y sont plus abordables qu’en Europe ou en Amérique du Nord, ce qui est un avantage significatif.

    Enfin, la proximité avec la Réunion est également un point positif en cas de nécessité de rapatriement. Et puis les ressortissants français peuvent y bénéficier des prestations de la Sécurité Sociale française.

    Une île francophone

    Avec neuf cent mille locuteurs revendiquant une maîtrise plus ou moins avancée du français sur une population totale de 1,3 million d’habitants (soit 69 %), et une littérature francophone particulièrement dynamique, l’île Maurice est devenue au cours du demi-siècle écoulé l’un des pays majeurs de la « francosphère ». C’est aussi un point rassurant pour les Français qui s’y installent.

    En tant que langue « officieusement officielle », le français est présent dans ces domaines de l’exécutif et de l’éducatif, surtout à l’oral, et cela en raison de sa bonne connaissance par la grande majorité des Mauriciens. Ces compétences s’expliquent par les liens de parenté lexicale entre le français et le créole, que tous les locuteurs maîtrisent parfaitement, mais aussi par le dynamisme des médias francophones : 80 % de la presse généraliste, quatre des cinq quotidiens — Le Mauricien, L’Express, Le Défi quotidien, Le Matinal (7) — et la plupart des hebdomadaires — Week-end, 5-Plus, Le Défi plus, etc. — sont en français, tout comme plus de la moitié des émissions de la radio et de la télévision d’Etat, la Mauritius Broadcasting Corporation.

    Une île connectée au business

    Derrière l’image de lieu de vacances idylliques de la République de Maurice, se cache aujourd’hui un « excellent climat des affaires », écrit l’assureur-crédit Coface. Passée de la monoculture de la canne à sucre à une économie diversifiée, l’ancienne colonie britannique a su sortir du sous-développement depuis son indépendance en 1968. La petite nation insulaire a développé une industrie textile prospère en créant des zones d’exportation exonérées de droits de douane qui ont aspiré les investissements étrangers, attirant des marques internationales telles qu’Armani ou Calvin Klein.

    Le développement de son offre touristique a séduit les voyageurs du monde entier. En 2023, ce pays francophone, situé au sud est de l’Afrique a enregistré environ 1,4 million de visiteurs (pour 1,3 million d’habitants !) Enfin, centre financier pour les sociétés offshore, l’archipel, qui est sorti de la liste grise des paradis fiscaux de l’Union européenne en 2021 a mis en place un cadre réglementaire favorable pour attirer les banques internationales et les entreprises de services financiers. Le secteur pèse à lui seul 50 % du PIB. Le gouvernement a signé 43 conventions fiscales de double non-imposition avec l’Union européenne, des pays africains, le Canada, ou encore la Chine et l’Inde, qui mènent tous deux une guerre d’influence dans l’océan Indien. C’est aussi grâce à un solide réseau d’accords de libre-échange que l’île Maurice s’est forgé une position de plateforme de commerce et d’investissement entre l’Afrique et l’Asie.

    Cette trajectoire de développement a permis au pays d’atteindre l’un des PIB par habitant le plus élevé du continent africain, passant de 400 dollars il y a 50 ans à 10 400 dollars en 2023.

    Les retraités choyés

    En 2021, 12 % des permis de résidence délivrés par le pays concernaient les retraités dont 58 % de Français : en 2022, le consulat de France à l’île Maurice recensait 11 111 retraités français. De manière générale, les seniors « contribuent au moteur de la consommation, explique Carole Rehaut de l’EDB au Figaro. 

    « Ils ont en outre une grande carrière professionnelle qui permet un transfert de compétences quand ils viennent s’installerIls nous ouvrent leur réseau et deviennent un peu des ambassadeurs de l’île. « 

    Carole Rehaut de l’EDB au Figaro

    L’immobilier est essentiel pour attirer les investisseurs et convaincre les jeunes retraités à s’installer et vivre sur l’île. Port-Louis ne prélève ni taxe d’habitation ni taxe foncière. Lors de l’achat d’un bien résidentiel, les acquéreurs étrangers ainsi que les membres de leur famille sont éligibles à un permis de résidence favorisant le rapprochement des familles et leur installation. Aujourd’hui près de 60 % des investissements globaux réalisés à l’île Maurice, concernent l’immobilier.

    Alors vous faites vos valises ?

  • Quel bilan économique pour le septennat d’Emmanuel Macron ?

    Quel bilan économique pour le septennat d’Emmanuel Macron ?

    Les élections législatives du 30 juin et du 7 juillet marquent la fin d’un septennat de majorité absolue puis relative soutenant Emmanuel Macron. En sept ans, cette majorité a traversé de nombreuses crises, Gilets jaunes, covid, Ukraine, inflation. En 2017, elle a mis en œuvre une politique visant à favoriser l’offre. Face à ces multiples chocs, elle a opté pour une politique de plus interventionniste qui s’est traduite par une augmentation du déficit public et de l’endettement.

    Sur le plan économique, cette période a été marquée par la baisse de la taxation du capital, la libéralisation relative du marché du travail, la réforme de l’apprentissage, le report de l’âge légal de départ à la retraite, la mise en œuvre d’une politique industrielle interventionniste. Cette politique a été supervisée par un seul et même ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui a battu ainsi un record de longévité à Bercy.

    Afin de favoriser l’investissement dans les entreprises et de rassurer les investisseurs, Emmanuel Macron a réduit la taxation du capital en instituant le prélèvement forfaitaire unique, en supprimant l’impôt sur la fortune sur les placements financiers et en poursuivant le processus de baisse de l’impôt sur les sociétés.

    La France, premier pays d’Europe pour l’accueil des investissements directs étrangers

    Après plusieurs années de recul, entre 2012 et 2017, le montant des investissements directs en provenance de l’étranger a augmenté, refaisant de la France un des pays les plus attractifs de l’Union européenne. En 2023, la France a ainsi conservé, pour la cinquième année consécutive, son rang de premier pays d’Europe pour l’accueil des investissements directs étrangers. Avec 1 194 projets d’implantation ou d’extension annoncés en 2023 (-5 % par rapport à 2022), la France devance le Royaume-Uni (985 projets, +6 %) et l’Allemagne (733, -12 %).

    Durant sept ans, l’ancienne majorité a pris de nombreuses mesures afin d’améliorer le taux d’emploi qui était particulièrement faible en France. La réforme de l’assurance chômage et le report de l’âge de départ à la retraite constituent les deux principaux axes de cette politique. Le taux d’emploi a atteint 68 % en France, son plus haut niveau jamais enregistré. Il a progressé de 3 points en sept ans mais reste inférieur de 10 points à celui de l’Allemagne.

    Le taux d’emploi des 60 à 64 ans est passé de 28 à 40 % entre 2017 et 2023. Ce taux reste inférieur à la moyenne européenne. En 2018, la réforme de l’apprentissage a conduit à une forte augmentation du nombre d’apprentis, en lien également avec le montant des aides en faveur des contrats en alternance.

    Depuis le covid, la politique économique de l’ex-majorité présidentielle était devenue de plus en plus interventionniste avec de nombreuses mesures de soutien aux entreprises : aides publiques à l’investissement dans les industries stratégiques (batteries électriques, médicaments, semi-conducteurs) ; aides publiques aux industries du futur (espace, ordinateurs quantiques, intelligence artificielle…).

    Le taux d’investissement des entreprises est passé de 11,8 à 15 % du PIB en France

    Ces politiques ont favorisé la hausse du taux d’investissement des entreprises qui est plus élevé, aujourd’hui, en France que dans les autres grands pays de la zone euro. De 2010 à 2023, le taux d’investissement des entreprises est passé de 11,8 à 15 % du PIB en France. L’année dernière, le taux d’investissement des entreprises représentait 11 % du PIB en Italie et 12 % en Allemagne. Après des années de recul, la valeur ajoutée dans l’industrie manufacturière s’est stabilisée au sein du PIB autour de 10 % du PIB en 2023. L’emploi industriel a connu le même sort (9 % de la population en emploi). Le secteur de l’industrie a renoué depuis deux ans avec les créations d’emploi.

    Dans d’autres domaines, l’ancienne majorité n’a pas obtenu les résultats escomptés. Le système éducatif français demeure toujours à la peine comme en témoignent les derniers résultats de l’enquête PISA de l’OCDE. Le recul du niveau des compétences dans les matières scientifiques est préoccupant compte tenu de la volonté des pouvoirs publics de réindustrialiser le pays.

    La faiblesse des dépenses dans l’innovation et la recherche contribue au recul de la productivité

    Si le taux d’investissement des entreprises françaises est en hausse depuis des années, celui en nouvelles technologies demeure nettement insuffisant. Il s’élève, en 2023, à 0,6 % du PIB, contre 1,6 % du PIB aux États-Unis. Depuis plusieurs années, les dépenses de recherche & développement stagnent en France, autour de 2 % du PIB, quand elles augmentent aux États-Unis. Elles sont passées dans ce pays de 2,8 à 3,6 % du PIB de 2010 à 2023. La faiblesse des dépenses dans l’innovation et la recherche contribue au recul de la productivité par tête depuis 2019, plus de 3 points en quatre ans.

    La question du logement constitue un autre point d’alerte. L’insuffisance chronique de l’offre de logements conduit à des prix élevés de l’immobilier et à un prélèvement anormalement fort sur le revenu des ménages. En vingt ans, le prix des logements ancien a doublé. La politique du logement qui n’a pas été réellement modifiée, ces sept dernières années, concentre les aides sur le soutien à la demande et non sur l’offre. La fiscalité favorise étrangement les locations saisonnières, ce qui assèche le marché locatif traditionnel. Plus de 800 000 logements sont proposés sur les plateformes de locations saisonnières sur un total de 30 millions de logements.

    La faiblesse de la croissance, en lien avec la disparition des gains de productivité, a pesé sur les marges de manœuvre des entreprises pour améliorer le pouvoir d’achat.

    Depuis une dizaine d’années, ce sont les pouvoirs publics qui sont bien souvent à l’origine des améliorations de revenus (primes Macron, réduction des charges sociales sur les salaires, baisse de l’impôt sur le revenu pour les ménages modestes, suppression de la taxe d’habitation, suppression de la redevance audiovisuelle, etc.).

    Malgré les différentes crises subies le niveau de vie des ménages ne s’est pas détérioré. Mais le ressenti est tout autre.

    Malgré les différentes crises subies par la France depuis 2019, le niveau de vie des ménages ne s’est pas détérioré. Mais le ressenti est tout autre. La population ne porte, par ailleurs, aucunement au crédit de l’ancienne majorité les diverses mesures de soutien prises, du « quoi qu’il en coûte » à celles visant à réduire la facture énergétique durant la vague inflationniste. La baisse du chômage qui a retrouvé, en 2023, un niveau inconnu depuis le début des années 1980 n’a pas été perçue de manière positive par l’opinion publique. Ce phénomène n’est pas spécifique à la France ; aux Etats-Unis, le Président Joe Biden éprouve les pires difficultés à communiquer sur son bilan qui, en termes économiques, est plutôt bon.

  • Comment Ursula von der Leyen devra convaincre les eurodéputés de la soutenir

    Comment Ursula von der Leyen devra convaincre les eurodéputés de la soutenir

    Le discours d’Ursula von der Leyen devant le Parlement européen jeudi (18 juillet) sera crucial pour assurer la majorité dont elle a besoin pour être réélue à la tête de la Commission européenne, mais pour convaincre tous les eurodéputés de la coalition pro-UE, elle devra aborder certaines questions centrales relatives aux politiques de l’UE.

    Pour être reconduite, la présidente sortante aura besoin d’une majorité simple (361 voix sur 720) d’eurodéputés. Elle peut vraisemblablement compter sur les voix de la coalition pro-UE composée du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, des Socialistes et Démocrates européens (S&D) et des libéraux de Renew Europe, tandis que les écologistes (Verts/ALE) ont également exprimé leur volonté de se joindre à cette coalition sous certaines conditions.

    Si les membres de ces groupes politiques votent pour elle, Ursula von der Leyen disposera d’une majorité sûre, mais le scrutin étant à bulletins secrets, des défections ne sont pas à exclure.

    En outre, au sein de la coalition pro-UE, qui s’est politiquement engagée à rester unie face à la montée des blocs d’extrême droite, il existe toujours un manque de clarté, voire des divergences, sur certaines politiques.

    Pour minimiser le risque de défections au sein de la coalition pro-UE, Ursula von der Leyen devra donc faire preuve d’une grande prudence lors de son discours qui aura lieu juste avant le vote.

    L’interdiction des moteurs à combustion

    La révision de l’interdiction de facto des moteurs à combustion dans l’UE en 2035 est apparue comme une pomme de discorde au sein de la coalition tripartite.

    Le projet de « Plan en 5 points » du PPE indique que le groupe souhaite réviser l’interdiction, et le parti allemand CDU/CSU, membre du PPE, en a même fait un thème de sa campagne électorale.

    En revanche, les Socialistes et Démocrates européens ont fait du maintien de l’interdiction une demande clé pour la prochaine Commission.

    L’enjeu est également de taille pour Renew. Bien que les eurodéputés libéraux aient voté en faveur de l’interdiction et que le groupe n’y fasse pas référence dans son projet de priorités politiques pour la législature à venir (2024-2029), les membres du Parti libéral-démocrate allemand (FDP) se sont fait entendre à ce sujet.

    En effet, la semaine dernière, le ministre allemand des Transports du FDP, Volker Wissing, a écrit sur X que tout refus de réviser l’interdiction constituerait « une gigantesque fraude électorale » de la part d’Ursula von der Leyen.

    De son côté, l’industrie automobile européenne est divisée sur la question. Peu de constructeurs automobiles appellent explicitement à revenir sur l’interdiction, tandis que des entreprises telles que Volvo, Renault et d’autres marques ont plutôt demandé le maintien de l’interdiction.

    Les règles seront réexaminées en 2026. Si Ursula von der Leyen décide d’édulcorer ou de reporter l’interdiction, ce sera l’occasion de le faire.

    L’agriculture au cœur des préoccupations

    Après les manifestations d’agriculteurs qui ont secoué l’UE au début de l’année, tous les groupes du Parlement européen ont fait remonter les questions agricoles dans leur liste de priorités politiques pour la prochaine législature.

    Cependant, ces demandes ont des niveaux d’importance variables pour les différents groupes, ce qui influence leur soutien potentiel à Ursula von der Leyen.

    Les socialistes, le centre droit et les libéraux plaident en faveur d’une rémunération équitable pour les agriculteurs et de la lutte contre les pratiques commerciales déloyales.

    Les Verts/ALE ont également confirmé à Euractiv qu’ils s’attendaient à ce que la présidente sortante mentionne ces questions dans son discours de jeudi.

    Les socialistes sont restés vagues sur leurs exigences en matière de durabilité et de politiques environnementales dans l’agriculture, n’appelant pas à une législation spécifique à ce stade, selon des sources du groupe.

    Renew, en revanche, est plus explicite dans ses priorités, prônant la relance de la proposition de règlement avorté sur un objectif de réduction de 50% de l’utilisation des pesticides et dévoilant de nouvelles règles européennes sur le bien-être animal, bien qu’il ne soit pas certain que le soutien des eurodéputés du groupe à Ursula von der Leyen dépende de ces questions.

    Il reste à voir si l’absence d’engagements explicites de la présidente sortante sur les politiques d’agriculture durable sera un facteur de rupture pour les Verts/ALE, puisque les discussions sont toujours en cours, selon une source du groupe écologiste au fait des négociations.

    « Il est important que la durabilité des pratiques agricoles et de nos systèmes alimentaires ne soit pas simplement oubliée », a ajouté la source.

    Les casse-tête internationaux

    Alors qu’Ursula von der Leyen devrait cocher les cases concernant le soutien à l’Ukraine, la lutte contre la puissance économique de la Chine et les progrès en matière d’élargissement de l’Union, on ne sait pas jusqu’où elle ira en ce qui concerne des questions plus controversées telles que la guerre à Gaza, ce qui pourrait lui coûter des voix à gauche et à droite, en fonction de la formulation qu’elle emploiera lors de son discours.

    Si elle insiste trop sur la notion de « Commission géopolitique », cela pourrait déranger certains, d’autant plus qu’elle a été accusée d’aller trop loin dans sa position vis-à-vis d’Israël lors de son premier mandat.

    L’Allemande devrait également plaider pour une augmentation des investissements dans la défense européenne au cours des cinq prochaines années, un point sur lequel le PPE, les socialistes et les libéraux peuvent se mettre d’accord.

    Toutefois, elle devra faire preuve de nuances pour obtenir, ou conserver, le soutien de certains pays.

    L’un des points clés pourrait être la référence aux récentes propositions visant à renforcer la sécurité à l’est de l’Europe, qui sont également utilisées pour faire pression sur la Coalition civique (PPE) de Donald Tusk en Pologne.

    Ou encore la création d’un bouclier de défense aérienne financé par l’UE, que défendent également Donald Tusk et le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis.

    Pour obtenir au moins une partie des voix du groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), Ursula von der Leyen devra répéter qu’elle est prête à renforcer la dimension extérieure de la politique migratoire de l’UE en envisageant l’externalisation des procédures d’asile et en développant des partenariats économiques avec les pays voisins.

  • Né un quatorze juillet

    Né un quatorze juillet

    Prise la Bastille, Fête de la Fédération, voilà ce que l’on célèbre le 14 juillet. On fête aussi le Cardinal de Mazarin, un binational, né, comme Lino Ventura, un quatorze juillet, un des meilleurs Premier ministre que la France ait connu. Louis XIII régnait, lui gouvernait. À sa mort que Louis XIV dériva vers l’absolutisme, entraînant la France à la poursuite de la gloire dans la guerre et la misère, puis la Révolution. La concentration du pouvoir aboutit toujours à sa perte; c’est la pente des tyrannies et des empires. L’histoire a des lois : on le voit aujourd’hui en Russie, on le verra demain en Chine.

    Inutile de faire, à la suite de Mazarin, la liste des binationaux qui ont bien mérité de la patrie, foule d’inconnus et de célébrités comme  Gambetta, Zola, Apollinaire, Marie Curie, Charpak, Mandelbrot, Yersin, Grothendieck, Schuman, Joséphine Baker, Romy Schneider, Dalida, Kandinsky, Gao Xingjian, Kundera, Aznavour, Picasso, Chagall, Cardin, liste bien incomplète à laquelle il faut ajouter la majorité des reines de France, d’Anne de Kiev à l’impératrice Eugénie (de Montijo). Chaque année, la France accueille environ 2500 scientifiques étrangers : beaucoup resteront en France, « Et tout ça, ça fait d’excellents Français, d’excellents soldats, qui marchent au pas » chantait Maurice Chevalier en … 1939.

    Marchent au pas ? Eh oui : le quatorze juillet est un beau défilé. Et l’invention de la conscription, la levée en masse, les soldats de l’an II qui crient « Vive la Nation ». C’est beau, le sentiment d’unité national, cette ferveur, ce compagnonnage des tranchées.

    Cette douleur vit aujourd’hui en Ukraine, où résistent ceux qui prétendent mourir pour une « nation ukrainienne », qui selon l’ancien Président Medvedev, candidat à la succession de Poutine, n’existe pas.

    Si l’on regarde la carte des « peuples », elle correspond peu à celles des « nationalités ».  

    Difficile de définir une nation. Au début, la nation, c’est le pays du paysan, l’endroit d’où l’on est, où l’on naît. Une dérive permit de l’assimiler à l’identité d’un peuple. Ce qui n’amène pas loin, puisque de peuple, il en est beaucoup, assez, peu, selon les définitions et les variations de l’histoire. Peuples et nations se reconstruisent. Encore aujourd’hui, difficile de définir ce qui fait l’identité d’un Russe (25% des Russes ne sont pas « russes »), des Chinois, Espagnols, Slaves, Suisses, Indiens, Iraniens, Turcs, Canadiens… Si l’on regarde la carte des « peuples » plus ou moins bien répertoriés par les langues, lois et coutumes communes, elle correspond peu à celles des « nationalités ». Même le Luxembourg ne passe pas la double grille de lecture.  Superposer les cartes du monde des peuples et des nations réserve donc bien des surprises à ceux qui croient que « les Nations font l’histoire ». À Liège, on fête le 14 juillet. C’est que la nationalité s’est mariée avec la citoyenneté. D’où la conscription.

    L’histoire fait les nations. Ou plutôt, le pouvoir. Qui fait la Nation ? L’État. Pourquoi le 14 juillet ? Parce qu’entre ces mois de juin et de juillet 1789, les députés du Tiers-Etat se sont constitués en « Assemblée nationale » (17 juin), puis Constituante, (9 juillet). Ce n’est pas la prise de la Bastille qui fait la Révolution, mais le Serment du Jeu de paume (20 juin), dont la représentation en un gigantesque bronze mural est scellée dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.  

    Ce jour-là, la souveraineté passe du roi, par la grâce divine, à « la nation », le peuple. Qu’est-ce que le peuple ? L’ensemble des nationaux, des citoyens. D’où Valmy.  Quand le roi, le 17 juillet, traverse la foule des gardes, ils ne crient plus « Vive le Roi », mais : « Vive la Nation ». Ce n’est pas de l’histoire, mais de l’actualité, pas seulement en Ukraine, dans le monde entier.

    Aujourd’hui, la majorité des États membres des « Nations-Unies », sont des Etats créés par … les colonisateurs.

    La construction de l’état moderne a sa légitimité dans cet « État-nation », Etat du peuple, de l’impôt pour tous à l’Etat-providence, avec un « E » majuscule comme Dieu et le Roi. Ce qui conduit surtout à forger une « identité nationale ».

    Aujourd’hui, la majorité des États membres des « Nations-Unies », sont des Etats créés par … les colonisateurs. Il a fallu créer l’identité argentine, pakistanaise, jordanienne, algérienne, sud-africaine, etc… 110 états sur 197 sont « décoloniaux ». Chacun reprenant la rhétorique du nationalisme d’autant plus fortement que la nation est peu historique.

    La preuve en Afrique, où les guerres, ni nationales ni tribales, sont civiles pour l’accaparement de richesses auxquelles donne accès le pouvoir.  Guerres de prévarication qui se multiplient et se multiplieront plus encore à l’avenir.

    La preuve en Amérique où les « nations » sud-américaines partagent langue et culture communes, mais où l’exercice du pouvoir se fit à partir d’îlots, multiples centres à partir desquels se firent les Etats « nationaux », malgré Bolivar. À tel point que, malgré Morazan, l’Amérique centrale est divisée en petits Etats, qui exaltent chacun un nationalisme exalté, jusqu’àprovoquer une guerre entre le Salvador et le Honduras, dite « guerre du football ».

    Le nationalisme est un dévoiement du patriotisme; il gomme, dans la construction de l’État-nation, ce moteur : la liberté.  

    La Nation s’affiche et se partage dans la joie, au grand jour, dans les cérémonies et rites sportifs : Coupe d’Europe, où les fans pleurent et crient, Jeux Olympiques, où se décomptent les médailles par nation, au point de triches étatiques. Qui ne vibre, pour son équipe, pour son club ? Sentiment naturel d’identification, qu’il serait stupide de nier ou d’étouffer.

    « Pourquoi nous sommes patriotes et ne sommes pas nationalistes » écrivait le prix Nobel, inventeur de l’enseignement laïc et député, Ferdinand Buisson. Le nationalisme est un dévoiement du patriotisme; il gomme, dans la construction de l’État-nation, ce moteur : la liberté. Il entend soumettre le citoyen au souverain, en fait à l’Etat.

    En attribuant la souveraineté, qui n’est rien d’autre que la légitimité, du « Ciel » au « Peuple », la Révolution libère, donnant à chacun le beau titre de citoyen, faisant de chaque citoyen l’égal de l’autre.

    Sublimer les différences, dans un combat idéaliste qui touche non pas à « la francité » mais à l’humanité.

    Trois questions très actuelles se posent pour la prochaine Assemblée « nationale » :

    1. Comment construire l’Etat moderne, non plus l’Etat-nation des XIXème et XXème siècle, mais celui du XXIème ? À l’ère de la révolution digitale, de la « citoyenneté numérique » accordée par Google ou Huaweï ? L’Europe est une partie, une partie seulement, de la réponse.
    2. Comment renforcer la liberté de tous, y compris la liberté des peuples qui se veulent libres, face aux menaces toujours résurgentes des vieux impérialismes ? Le combat contre les tyranneaux, grands et petits, brûle. C’est aussi une bataille intérieure. Les tyranneaux ont des complices.
    3. Comment favoriser l’unité « nationale » dans le respect des diversités ? Unir, sans uniforme. Et comment animer le respect dû aux autres mais aussi à la « Patrie » ? Question qui touche à l’identité de chacun, des enfants d’immigrés aux Kanaks et Caldoches. La France est cette capacité à sublimer les différences, dans un combat idéaliste qui touche non pas à « la francité » mais à l’humanité.

    Peut-être un nouveau Mazarin saurait le faire, lui qui traversa le mépris pour construire une France moderne. Il suffit de trouver des politiciens qui se transforment en hommes ou femmes d’Etat. On en trouve toujours quand il y a vraiment péril en la demeure. Le pays va bien. Donc on n’en a pas besoin. Vive le 14 juillet !

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Revoir le défilé du 14 juillet 2024

    Revoir le défilé du 14 juillet 2024

    Grâce au ministère des armées, nous avons la possibilité, sans restriction de géoblocage, de partager avec vous la vidéo des 2 heures et 18 minutes du défilé du 14 juillet 2024. Selon l’usage, c’est bien sûr Emmanuel Macron qui l’a présidé. La parade militaire a été réduite en raison des Jeux olympiques, mais comptait une prestigieuse invitée : la flamme olympique.

    La flamme olympique a fait son entrée dans Paris à cheval, dimanche 14 juillet, peu avant midi. Portée par l’écuyer en chef du Cadre noir de Saumur (Maine-et-Loir), elle était l’invitée d’honneur de la parade. À son arrivée, de jeunes militaires ont formé les anneaux olympiques, au pied de la tribune présidentielle. 

    Les 80 ans de la libération de la France

    Le colonel Thibaut Valette, médaillé d’or aux Jeux olympiques de Rio (Brésil), a ensuite passé le relais à des sportifs de Seine-Saint-Denis. Le défilé de 2024 aura été inédit à plus d’un titre : les troupes n’ont notamment pas défilé sur les Champs-Élysées mais sur l’avenue Foch. Le spectacle était néanmoins impressionnant, et le public conquis. « C’est au moins à faire une fois dans sa vie », confie un spectateur. La cérémonie commémorait également les 80 ans de la Libération de la France. 

    Regarder le défilé du 14 juillet 2024

  • Tribune libre : « Assemblée nationale recherche majorité pour travailler »

    Tribune libre : « Assemblée nationale recherche majorité pour travailler »

    Depuis le 7 juillet au soir, chaque groupe politique cherche des partenaires, des alliés, pour gouverner la France en inventant une majorité. Mais en France, cette situation semble encore « indétricotable »tant elle est rare dans notre pays depuis l’avènement de la Ve République. Pour autant, la création d’alliance pour diriger une nation est de « coutume » parmi bon nombre de démocraties. Ils existent donc des solutions. Les Français vivant hors de France peuvent nous partager les expériences vécues dans leurs pays de résidence. C’est le sens de cette tribune que Lesfrancais.press a reçu, et que nous publions. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos contributions en écrivant à [email protected].


    Première contribution, celle de Thierry Masson, élu, Renaissance, à l’Assemblée des Français de l’étranger, où il représente les Français du Benelux et préside le groupe Indépendants, Démocrates et Progressistes, il travaille au Parlement européen depuis 2008.

    Assemblée nationale : déni de démocratie ou contrat de coalition ?

    Les élections législatives anticipées ont fait émerger trois blocs : le Nouveau Front Populaire, Ensemble pour la République et le Rassemblement National. Aucun ne possède de majorité absolue. Seuls deux, au centre et à gauche, peuvent élargir leur socle pour atteindre une majorité absolue capable de gouverner le pays.

    Cette situation, courante dans de nombreux pays européens, est exceptionnelle sous la Cinquième République. Alors que, chez la plupart de nos voisins, des négociations entre partis seraient déjà en cours pour former une majorité la plus large possible, nous assistons en France à un spectacle absurde.

    À gauche, certains crient au déni de démocratie, tandis que d’autres, à droite, s’enferment dans une voie d’indépendance sans issue. Mme Aubry accuse, avec des accents trumpistes, le Président de vouloir « voler l’élection ». L’ancien député M. Quatennens propose même de marcher sur Matignon pour imposer un Premier ministre de LFI.

    Bref, la « bordélisation » est de retour.

    Thierry Masson à l’Assemblée des Francais de l’étranger

    La plupart des pays européens ont l’habitude de former des coalitions. Contrairement à ce que clament certains, ce n’est pas nécessairement au parti arrivé en tête qu’il revient de former un gouvernement, mais bien à celui capable de réunir la plus large majorité.

    Dans la circonscription du Benelux où je suis élu, je me souviens très bien des élections générales de 2018 au Luxembourg. Bien que le Parti chrétien-social ait remporté le plus de sièges, c’est le libéral Xavier Bettel du Parti démocratique qui forma une coalition gouvernementale avec le Parti socialiste luxembourgeois et les écologistes.

    L’Allemagne a été pionnière en la matière. Dès 1969, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) dut céder la place au Parti social-démocrate, pourtant arrivé deuxième aux élections, qui proposa une coalition avec le Parti libéral-démocrate. Une coalition stable et renouvelée à deux reprises malgré les victoires de la CDU aux élections suivantes de 1976 et 1980.

    Lors des élections générales de 2020 en Irlande, c’est le Sinn Féin qui remporta le plus grand nombre de voix. Cependant, les partis Fianna Fáil et Fine Gael, arrivés en deuxième et troisième positions, formèrent une coalition gouvernementale avec les Verts. Tout récemment, en Espagne en 2023, malgré la victoire du Parti Populaire, c’est le socialiste Pedro Sánchez, arrivé en deuxième position, qui réussit à conserver une majorité en s’alliant avec plusieurs partis.

    Jamais je n’ai vu les partis de gauche en France s’émouvoir d’un déni de démocratie lorsque leurs partenaires obtenaient le pouvoir ainsi. Parce qu’il n’y en avait pas. En démocratie parlementaire, ce n’est pas nécessairement celui qui est arrivé en tête qui dirige le gouvernement. C’est celui qui est capable de réunir la majorité la plus large.

    Contrairement à ce qui est souvent répété, l’Assemblée nationale n’est pas ingouvernable ; c’est l’irresponsabilité de certains qui la rendrait telle. À l’image de nos voisins européens et comme l’a demandé le Président de la République, il est impératif que tous les groupes politiques se mettent au travail afin d’adopter un contrat de coalition soutenu par une majorité la plus large possible.

    C’est le chemin que les Français nous ont demandé de tracer.

    Thierry Masson

  • #Recap FC Expat : les meilleurs moments de la deuxième partie de saison 2023-2024

    #Recap FC Expat : les meilleurs moments de la deuxième partie de saison 2023-2024

    Le FC Expat nous fait découvrir le quotidien de nos footballeurs français à l’étranger. Dans ce podcast Lesfrancais.press, nous vous proposons les meilleurs moments de ces six derniers mois. C’est en effet une totale immersion dans leurs régions d’accueil que nous offrent nos invités. Belgique, Allemagne, Etats-Unis, Espagne, Cambodge, Suisse, sont, entre autres, les pays dans lesquels nos compatriotes exercent leur passion du ballon rond. 

    podcast foot - FC EXPAT

    Pour notre émission, ils nous dévoilent ainsi les différents langages des vestiaires. Ils nous parlent également de leur intégration. Au cours de ces échanges, nous évoquons aussi avec eux les Jeux Olympiques, les chaînes Youtube, l’avenir de certains championnats, et même…le PSG, l’OM et Saint-Etienne, pour ne prendre que ces exemples. 

    Écouter le best-of FC EXPAT

    Le tour du monde des championnats de football avec nos Français de l’étranger

    Jupiler League, Bundesliga, Primera, sont notamment au menu de ce florilège des interviews du FC Expat. La Cambodian Premier League, la MLS et la Super League viennent, par la suite, compléter, la carte. De leurs expériences actuelles, et aussi de celles de leur passé, ces footballeurs professionnels nous partagent leur ressenti par rapport à leurs carrières et leur vie d’expatrié. 

    Paul Nardi, un gardien inspirant passé de la Gantoise au QPR

    Dans ce récap, Paul Nardi se rappelle des premiers pas d’un certain Kylian Mbappé. Nous profitons cependant de cet article pour souhaiter le meilleur à ce gardien de but tricolore. Au moment de l’interview, il était encore sous contrat à La Gantoise, en Belgique. Depuis, il a traversé la Manche (ou la Mer du Nord) pour signer en Championship, au club des Queens Park Rangers (QPR). Cet homme est un de nos coups de cœur de la saison. Nous sommes très fiers de lui ! 

    Toutes nos félicitations également à Anthony Losilla, le capitaine de Bochum. Il a dû batailler jusqu’au bout de la saison pour conserver sa place parmi l’élite allemande. Au cours de notre interview, il avait notamment évoqué le plaisir vécu lors de l’accession de son club en Bundesliga 1. Quel parcours que celui d’Anthony : un joueur infatigable et un homme altruiste. Ce n’est pas pour rien qu’il porte le brassard de son équipe. Une fierté française. 

    Le spectre de la relégation repoussé par Anthony Caci

    A l’instar de son compatriote précédemment cité et vivant dans la région de la Ruhr, Anthony Caci a aussi sauvé son club de la relégation. En effet, le FC Mayence a pu se maintenir grâce à d’excellents derniers matchs en fin de saison. Dans le morceau retenu pour ce Récap, le natif de Forbach s’exprime sur son intégration au pays de Goethe. Toutes nos félicitations à Anthony pour sa saison, et surtout pour la nouvelle page de vie qu’il a commencé à écrire. Et oui, il est devenu papa tout récemment. Que du bonheur pour les parents. Et du bonheur, il sait aussi en apporter.  

    À Ibiza, foot et soleil font bon ménage pour Baptiste Reynet

    Le portier français a rejoint les Baléares pour exercer son métier. Baptiste Reynet porte dorénavant le maillot d’UD Ibiza. Avec nous, il fait un point sur sa carrière, en abordant un thème rare dans le football, celui de l’amitié. Et ses amis apprécient d’ailleurs beaucoup le soleil espagnol. Ils viennent souvent le voir, le temps d’un week-end, depuis que l’ancien dernier rempart de Dijon réside sur une île entourée par la Méditerranée. 

    Toutefois, notre invité nous avoue qu’en Bourgogne, il recevait déjà pas mal de copains. Le FC Expat souhaite aussi profiter de ces quelques lignes pour féliciter notre compatriote. Il est en effet devenu un titulaire régulier dans son nouveau club. Il a loupé d’un cheveu l’accession. Ce n’est que partie remise. Et le FC Expat a fait une belle rencontre avec Baptiste, un gardien attachant, et un homme de qualité !    

    Footballeur professionnel, avec Antoine Lemarié du rêve à la réalité

    Antoine Lemarié a un parcours atypique. Il a toujours rêvé d’être footballeur professionnel. Et même s’il n’est jamais passé par un centre de formation, il a gagné son pari en signant un premier contrat pro en début de saison. 

    C’est ce parcours inspirant qui a fait l’objet d’un numéro du FC Expat. Dans l’extrait choisi, c’est toute sa générosité que nous avons souhaité mettre en avant. Tous nos vœux accompagnent Antoine pour trouver, rapidement, un nouveau club à la hauteur de son ambition. Le club qui fera signer notre français, fera coup double : un excellent joueur et un homme d’exception.  

    Paul Bernardoni, l’enthousiasme des Jeux Olympiques

    En quittant la Turquie pour Yverdon-les-bains, Paul Bernardoni ne s’attendait peut-être pas à (re)trouver autant de plaisir à jouer en Suisse. C’est un gardien épanoui et rayonnant que le FC Expat a reçu. Il nous parle de sa vie aux bords du Lac Léman. Ancien gardien de l’équipe de France espoir, Paul a aussi connu les Jeux Olympiques. Il nous partage son enthousiasme pour cette compétition. 

    Et plus surprenant encore, l’ancien portier du SCO d’Angers, des Girondins de Bordeaux et de Nîmes, parle positivement… de la ville de Saint-Etienne. Paul Bernardoni a rempilé pour la saison 2024-2025 en Suisse. Que le meilleur l’accompagne. Pour le FC Expat, cet échange avec Paul fut un pur moment de délice. 

    Arnaud Souquet et Peter Luccin Arnaud Souquet et Peter Luccin : deux de nos Français en MLS

    C’est le regard dirigé vers l’Amérique que s’achève cette saison du FC Expat. Les Etats-Unis accueilleront d’ailleurs la coupe du monde de football en 2026. Défenseur de Chicago Fire, Arnaud Souquet analyse, en outre, l’évolution de la MLS. L’arrivée de Lionel Messi favorise forcément l’exposition de ce championnat nord-américain. Tous nos vœux de réussite sont adressés à l’ancien défenseur de Montpellier pour que son club retrouve la première partie de tableau. À sa façon de « mouiller le maillot », il le mérite. Arnaud, c’est ce mélange savoureux de talent et d’abnégation. 

    C’est également ce côté travailleur qui a récemment récompensé les efforts entrepris par Peter Luccin. En effet, il vient d’être nommé entraîneur principal du FC Dallas. Dans le morceau retenu pour ce « best of », l’ancien joueur de l’OM et du PSG parle des coachs qui l’ont principalement marqué. Instructif ! Peter c’est ce mélange onctueux de gentillesse et de sérieux. En conclusion, comme il a connu le Stade Vélodrome et le Parc des Princes, lequel de ces deux stades l’a fait le plus vibrer ? Sa réponse, et tous les autres meilleurs moments de la deuxième partie de saison 2024, vous les retrouverez en écoutant l’intégralité de ce Recap du FC Expat.  

  • Blocages en vue pour le trafic aérien mondial

    Blocages en vue pour le trafic aérien mondial

    À l’orée de l’été, les compagnies aériennes constatent une « forte demande » de voyages, avec un trafic dépassant largement les niveaux de 2019, sur fond de dynamisme des liaisons internationales, a indiqué la semaine dernière la principale organisation mondiale. Le trafic, mesuré en passagers-kilomètres payants (RPK, son sigle en anglais), a crû de 10,7 % sur un an en mai, a précisé l’Association internationale du transport aérien (Iata) dans un communiqué. Mais les professionnels sont confrontés à deux écueils majeurs. Tout d’abord, les retards de livraison d’avion qui entravent la croissance et le manque de carburant d’aviation durable qui freine la réduction des émissions de CO2. On fait le point pour les Français de l’étranger sur l’avenir du trafic aérien mondial.

    Une demande en croissance

    Le transport aérien n’a plus de problème de demande, en effet, le trafic mondial devrait approcher les 5 milliards de passagers cette année.

    Dès le mois de mai 2023, l’activité avait atteint 96,1 % des niveaux du même mois de 2019. Le début de la saison d’été de l’Iata, cruciale pour les recettes des compagnies aériennes, s’inscrit donc en nette progression par rapport à celle de la dernière année avant le Covid-19, dont la pandémie avait provoqué l’évaporation de près des deux tiers du trafic aérien mondial en 2020.

    Les professionnels estiment qu’en général, l’année 2024 « sera très bonne d’un point de vue financier pour les compagnies », comme 2023, car leurs clients consentent à acquitter des prix toujours élevés, même si ceux-ci se sont repliés depuis le pic de 2022. Mais pour le sous-traitant, AlixPartners, il faut se méfier d’un effet d’optique : selon la société, entre 2019 et 2023, les tarifs des vols intérieurs aux États-Unis « ont augmenté de 9 %. Sur l’intra-européen, de 12 %, et sur le transatlantique de 14 %. Mais globalement, c’est plus faible que l’inflation », même si les passagers ne le ressentent pas ainsi.

    L’enjeu climatique

    Les compagnies, qui étaient présentes au rendez-vous de l’Iata de Dubaï de la semaine dernière, ont évoqué les difficultés de leur secteur, à la fois mondialisé mais aussi tributaire de circonstances locales : les conflits qui affectent la demande de voyages et les plans de vol, les problèmes de production et de qualité de Boeing, l’irruption de l’intelligence artificielle ou la lutte contre le changement climatique.

    Aussi, si le transport aérien émet moins de 3 % du CO2 mondial, il est montré du doigt, car seule une petite minorité l’emprunte. Et ses effets sur le réchauffement sont vraisemblablement supérieurs, car il produit aussi des oxydes d’azote et des traînées de condensation.

    L’Iata s’est engagée en 2021 à parvenir à « zéro émission nette » à l’horizon 2050, comptant principalement sur des carburants d’origine non fossile dont les filières de production se mettent lentement en place. Plusieurs événements récents sont venus rappeler les conséquences du bouleversement climatique pour l’aérien : les pistes des aéroports de Dubaï et Porto Alegre au Brésil ont été inondées après des pluies exceptionnelles. Et des turbulences en plein vol – amenées à être plus fréquentes à cause du réchauffement selon des études scientifiques – ont touché en l’espace d’une semaine deux gros-porteurs, faisant un mort et une centaine de blessés au total.

    Livraisons en retard

    On l’a vu, la progression de la fréquentation semble importante, mais elle intervient alors que les compagnies aériennes peinent à augmenter leurs capacités.

    Celles-ci n’ont crû que de 8,5 % sur un an, dans un contexte de retards de livraisons d’avions et de disponibilités d’appareils réduites en raison de difficultés d’approvisionnement et de pénuries de main-d’œuvre. Conséquence, les avions n’ont jamais été aussi pleins lors d’un mois de mai, avec un taux de remplissage de 83,4 %, selon l’Iata – ce qui devrait améliorer la rentabilité opérationnelle des compagnies.

    Concernant les retards de livraisons d’appareils, il y a un sujet aigu chez Boeing, mais également chez Airbus avec des problèmes de qualité sur certains moteurs ; et une chaîne d’approvisionnement toujours grippée, qui affecte la disponibilité des pièces et nourrit la hausse des coûts.

● Radio en direct
En pause