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  • Quand les tirailleurs algériens ont libéré Marseille

    Quand les tirailleurs algériens ont libéré Marseille

    Le débarquement de Provence eut lieu le 15 août 1944 et avait vu déferler dans le Midi les divisions de Tirailleurs, de Zouaves, de Spahis, de Goumiers, de Tabors, de Chasseurs d’Afrique, etc. Le mot d’ordre des combattants de cette armée était : «vive la France! ». Le 28 août, les tirailleurs algériens ont libéré Marseille.

    Libérer la France

    Après le débarquement, l’Armée d’Afrique, dont les combattants étaient déjà aguerris par les batailles de Tunisie et d’Italie et la libération de la Corse en 1943, prend rapidement Toulon malgré une résistance acharnée des défenseurs allemands. Les régiments indigènes arrivent aux portes de Marseille le 23 août 1944. Après de terribles combats, notamment lors de la prise du mont de Notre Dame de la Garde le 25 août 1944 par les combattants musulmans de la 3è D.I.A et particulièrement les 3è et 7è Régiments de tirailleurs algériens, Marseille est enfin libérée le 28 août 1944. Devant une foule en liesse, un important défilé au son de la nouba se déroule le lendemain sur le Vieux-Port pour fêter la libération de la capitale du sud qui coïncide avec la libération de Paris.

    Ensuite, l’épopée des soldats indigènes va se poursuivre tout le long du Rhône, en Franche-Comté et en Alsace, jusqu’à la libération totale de la patrie. Ces hommes du sud traverseront le Rhin et livreront leurs derniers combats jusqu’au Danube. C’est ainsi qu’en hiver 1944 alors que le reste du pays libéré fête chaque jour la paix revenue, au lointain les combats font rage et les soldats africains s’y font toujours tuer. On y entend les récitations coraniques invoquant «Allah» qui accompagnent les rites funéraires des soldats musulmans morts aux combats. 

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Une crise immobilière en Russie est-elle possible ?

    Une crise immobilière en Russie est-elle possible ?

    Sous le régime soviétique, les prêts hypothécaires étaient considérés comme des symboles du capitalisme décadent. Même avec la fin de l’URSS en 1991, les Russes ont continué à se méfier de ces prêts les qualifiant « d’esclavage ». Ils préfèrent épargner avant d’acheter leur logement que de recourir à des emprunts. Vladimir Poutine a tenté dès son arrivée au pouvoir d’infléchir le comportement de ses concitoyens. En 2003, il soulignait que les prêts hypothécaires pourraient contribuer à résoudre le problème aigu du logement auquel sont confrontés les Russes.

    En recourant à des aides publiques et en bonifiant les prêts hypothécaires, le gouvernement russe a, depuis quelques années, réussi à convaincre les Russes de s’endetter pour acquérir leur logement et ainsi soutenir le secteur du bâtiment. Cette politique n’est pas sans défaut, les prix de l’immobilier augmentant rapidement tout comme le coût pour les finances publiques des aides ainsi distribuées.

    Les volumes de prêts hypothécaires ont augmenté quand la Russie est entrée en guerre avec l’Ukraine.

    En 2020, en pleine crise covid, les banques russes ont offert aux demandeurs de crédits hypothécaires un taux préférentiel d’environ 6 %, soit environ deux points de pourcentage en dessous du taux du marché, l’État compensant la différence. Ce soutien public réservé initialement aux familles a été étendu à certaines catégories de salariés comme les informaticiens afin d’éviter leur expatriation ainsi qu’aux personnes s’installant dans des régions telles que l’Arctique, la Sibérie ou l’Ukraine occupée.

    Les volumes de prêts hypothécaires ont commencé à augmenter quand la Russie est entrée en guerre avec l’Ukraine. Les banques ont émis des prêts hypothécaires d’une valeur de 7 700 milliards de roubles (88 milliards de dollars, soit 4 % du PIB) en 2023, contre un total de 4 300 milliards de roubles en 2020. Faute de pouvoir investir sur le marché des actions à l’international, les Russes sont de plus en plus enclins à acheter de l’immobilier. Le retour de l’inflation les y incite également. Quand la Banque centrale de Russie (BCR) a commencé à augmenter ses taux directeurs pour lutter contre l’inflation, l’attrait des bonifications s’est accru. Quand les taux de la BCR ont atteint 16 %, le gouvernement a maintenu son taux préférentiel pour les prêts hypothécaires à seulement 8 %.

    @Adobestock

    Les prix de l’immobilier ont augmenté de 172 % dans les plus grandes villes entre 2020 et 2023.

    En juin, il y avait un écart de plus de dix points de pourcentage entre le taux du gouvernement et le taux du marché pour un prêt hypothécaire. Le coût pour les finances publiques devrait dépasser cette année 500 milliards de roubles. Il pourrait s’accroître davantage car la BCR a relevé ses taux directeurs le 26 juillet dernier.

    L’essor des prêts bonifiés a également provoqué une bulle immobilière. L’année dernière, 110 millions de mètres carrés de logements ont été construits, contre une moyenne de seulement 59 millions par an entre 1991 et 2020. L’Institut d’économie urbaine, basé à Moscou, estime que les prix de l’immobilier ont augmenté de 172 % dans les plus grandes villes entre 2020 et 2023. La BCR s’inquiète ouvertement de la politique de bonification des taux d’intérêt et de son effet inflationniste. Le ministère des finances commence à réduire l’attractivité des prêts. Sous la pression de la BCR, en décembre dernier, le dépôt minimum requis pour un prêt est passé de 20 à 30 %.

    En juillet, les aides en faveur des nouvelles constructions ont été supprimées. Le nombre de nouveaux prêts hypothécaires pourrait chuter d’environ 50 % au second semestre. L’industrie russe de la construction en souffrira. Il en sera de même pour les banques, qui ont enregistré jusqu’à maintenant des bénéfices records grâce à la croissance rapide de leurs portefeuilles hypothécaires. Les autorités russes tentent de restreindre l’accès au crédit afin d’éviter un effondrement à la chinoise du marché immobilier. Ce dernier reste pour le moment dynamique car les Russes n’ont pas beaucoup d’alternatives en matière de placements.

  • Le président de la Banque centrale italienne plaide en faveur d’une capacité budgétaire commune de l’UE

    Le président de la Banque centrale italienne plaide en faveur d’une capacité budgétaire commune de l’UE

    Pour garantir la paix et la prospérité, l’Union européenne (UE) a besoin d’une « capacité budgétaire commune », a expliqué Fabio Panetta, président de la Banque d’Italie et ancien membre du conseil exécutif de la Banque centrale européenne (BCE), lors du sommet catholique de Rimini, mercredi 21 août.

    Chaque année, cette ville du nord de l’Italie accueille la Rencontre pour l’amitié entre les peuples, organisée par le Mouvement Communion et Libération. En 2024, la rencontre se déroule du mardi 20 au samedi 24 août avec pour thème la question suivante : « Si nous ne cherchons pas l’essentiel, que cherchons-nous ? »

    Fabio Panetta, qui est intervenu mardi à Rimini, a choisi de centrer son discours sur l’Union européenne.

    Selon lui, l’UE est essentielle car elle garantit la paix et la prospérité, mais elle a besoin de réformes, à commencer par « une capacité budgétaire commune ».

    Dans son discours, le président de la Banque d’Italie a également mis en garde contre les « pulsions nationalistes qui ralentissent le processus d’intégration ». Il ne faut pas se reposer sur ses acquis, car « la réponse collective à la pandémie n’a fait que ralentir cette tendance ».

    Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d’Italie et Luiss Alumnus 2019, s’exprime lors d’une conférence publique sur « La dette et les impôts aux États-Unis : 1776 – 2024 » avec le lauréat du prix Nobel d’économie 2011 Thomas J. Sargent, à l’université LUISS, à Rome, Italie, le 16 mai 2024. @EPA-EFE/ANGELO CARCONI

    Fabio Panetta a également énuméré les défis et les faiblesses qui obligeront l’UE à « entreprendre des réformes profondes et à investir massivement dans les années à venir ».

    « Parmi les réformes, j’ai déjà souligné l’importance de créer une capacité budgétaire commune, sans laquelle la gouvernance européenne actuelle — caractérisée par une politique monétaire unique et des politiques budgétaires fragmentées au niveau national — reste déséquilibrée », a-t-il affirmé.

    « L’idée que l’Union économique et monétaire de l’Union européenne (UEM) peut fonctionner efficacement sans une capacité budgétaire centralisée est tout simplement une illusion et doit être dépassée. Une politique budgétaire commune corrigerait ce déséquilibre et renforcerait la cohésion entre les pays membres. Cela faciliterait aussi la réalisation d’investissements stratégiques à grande échelle », a ajouté le président de la Banque centrale d’Italie.

    Fabio Panetta a également rappelé « les domaines clés sur lesquels il faut concentrer les efforts : la double transition — environnementale et numérique — et les secteurs stratégiques tels que l’alimentation, l’énergie, la santé et la défense ». Il s’agit de « biens publics supranationaux qui nécessitent une approche coordonnée au niveau européen ».

    Il a donc appelé à « l’élargissement du marché unique à des secteurs actuellement exclus, tels que les télécommunications et l’énergie » et à « l’achèvement de l’union bancaire et la réalisation d’un marché unique des capitaux ».

    Il a également recommandé à l’Italie de mettre en œuvre au mieux le plan de relance européen et réduire sa dette publique, tout en planifiant des réformes structurelles pour accroître la productivité.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 26.08.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 26.08.2024

    Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le premier flash quotidien des expatriés de cette semaine. Aujourd’hui, lundi 26 août 2024, dans nos titres : Tentative d’attentat à la Grande Motte – Attaque au couteau réussie en Allemagne – Air France suspend ses vols vers Israël et le Liban

    Voitures piégées devant une synagogue à la Grande Motte

    Samedi 24 août à 08h du matin, deux voitures ont été incendiées face au lieu culte israélite, heureusement les bombonnes de gaz installées dans les véhicules n’ont pas explosé. Seul un policier municipal intervenant pour ces départs d’incendie avait été légèrement blessé par le souffle de l’explosion d’une bonbonne de gaz. Ce dimanche, le suspect qui portait un drapeau palestinien à la ceinture, dont dépassait ce qui semblait être la crosse d’une arme de poing, selon une image tirée de la vidéosurveillance et authentifiée par l’AFP et qui avait réussi à prendre la fuite à pied, a été interpellé. «L’auteur supposé de l’incendie criminel de la synagogue a été interpellé. Merci aux effectifs des forces de l’ordre, et principalement du RAID, qui sont intervenus avec beaucoup de professionnalisme malgré ses coups de feu», a écrit le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin sur le réseau social.

    L’Allemagne a été touchée par une attaque mortelle au couteau

    Trois morts et cinq blessés graves, voici le bilan de l’attaque mortelle au couteau qui s’est produite ce vendredi 23 août au soir durant les festivités de la ville de Solingen, dans l’ouest de l’Allemagne. Une personne a été arrêtée, un adolescent de 15 ans suspecté de « non dénonciation» d’un acte criminel et les enquêteurs pensent qu’il a pu être en relation avec l’auteur de l’attaque. Celui-ci a été interpellé ce samedi 24 août dans la soirée, a annoncé le ministre de l’Intérieur régional, après s’être rendu, selon un communiqué de la police de Düsseldorf. L’homme, un Syrien âgé de 26 ans, s’est rendu aux autorités chargées de l’enquête et a déclaré être responsable de l’attaque, a précisé la police de Düsseldorf. Le parquet antiterroriste allemand s’est saisi de l’enquête.

    Capture d’écran de la vidéo de l’agression ©x.com

    Liaison Paris – Tel Aviv ou Beyrouth suspendus

    La compagnie aérienne française Air France a annoncé ce dimanche à l’AFP que ses dessertes vers Tel-Aviv et Beyrouth étaient, une nouvelle fois, suspendues « jusqu’au lundi 26 août a minima », après l’aggravation des tensions entre Israël et le Liban.

    Compte tenu de la situation, « les vols d’aujourd’hui et demain sont annulés », a indiqué un représentant de la compagnie, ajoutant que cela pourrait éventuellement être prolongé. Un nouveau point sera fait lundi « pour évaluer la situation », a-t-il ajouté. Nous en parlerons demain.

    C’est ainsi que se termine cette édition du flash quotidien des expatriés. Malgré ces lourdes nouvelles, toute la rédaction se joint à moi pour vous souhaiter un beau lundi où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Quelle intelligence gouverne le monde ?

    Quelle intelligence gouverne le monde ?

    Où niche le docteur Mabuse, le génie du Mal ? Quel est l’archange qui protège la planète de ses éruptions de malheur ? L’amour, le désir, le conflit ?  “Ce sont des temps compliqués, mes amis, et ils nécessitent une conversation entre adultes”, osa Oprah Winfrey, la star du talk-show, à la Convention démocrate de Chicago, territoire d’Al Capone et d’Obama. Est-ce le crime organisé, le centre du monde ? Wall Street, la Trilatérale, ou, au contraire un Komintern anti-impérialiste à la sauce sucrée chinoise ? Alors, quelle intelligence gouverne le monde ?

    Deux navires de guerre de Xi Jinping ont participé à des manœuvres avec la flotte russe dans le golfe de Finlande. Ils ont été suivis à leur retour par les marines britanniques et françaises.  En juillet, deux autres navires faisaient escale à Casablanca. N’était-ce pas déjà un bateau chinois qui avait abîmé le gazoduc Finlande-Estonie ? Des nefs chinoises patrouillent aussi dans le golfe d’Aden, où une frégate française a abattu il y a quelques jours un drone lancé par les Houthis, soutenus par l’Iran.

    Y aurait-il une internationale du crime d’Etat ? 

    L’Iran annonce une attaque massive contre Israël depuis plusieurs jours. Le Hezbollah s’enorgueillit de milliers d’attaques de drones et de roquettes, Tsahal répond en détruisant des milliers de lance-roquettes. Turquie et Algérie menacent d’intervenir. Ils n’en feront rien, heureusement. Ils s’agitent surtout pour surveiller leur population.

    Y aurait-il une internationale du crime d’Etat ? À la Grande Motte, un attentat a fait long feu devant la synagogue. Il devait tuer. En Allemagne, l’Etat Islamique revendique l’attaque au couteau qui a fait trois morts et huit blessés, « pour venger les musulmans de Palestine ». L’auteur est un réfugié syrien. Qui vengera les morts syriens tués par l’E.I. ou Assad, le fidèle de Poutine ? Poutine est en Azerbaïdjan, chez le richissime pirate Aliev, régler les affaires de guerre, de gaz et de contrebande avec l’Iran.

    Une explosion a été entendue aux alentours de 8 h 30 à proximité de la synagogue Beth Yaacov à La Grande-Motte ©AFP

    Officiellement, l’Allemagne rejoint la coalition de défense de la Corée du Sud, face à la Chine et la Corée du Nord qui alimente en armes la Russie. Les Philippines et le Japon ont signé un accord de coopération militaire, l’Australie et l’Indonésie aussi; tous ont peur de la Chine.

    L’Ukraine s’est avancé en Russie, coupant le dernier gazoduc vers l’Europe, tandis que les Russes avancent en Ukraine. À Gaza, le Secrétaire d’État américain revient sans accord de cessez-le-feu, d’une guerre honteuse, malsaine, d’une guerre contre tout espoir. En Afrique, les mercenaires russes tombent face aux rebelles du Sahel et accusent les Ukrainiens de se mêler d’Afrique. Le fils du maréchal Haftar de Libye, base arrière des mercenaires russes, tisse des liens avec de nouveaux amis au Tchad, Niger, Mali, Burkina. La France est partie, les Américains aussi. Les Algériens sont furieux de l’attitude de leurs amis russes. Ils se sinisent. Les Chinois construisent le chemin de fer du Sahara, 570km vers la frontière mauritanienne, où une réserve de 3,5 milliards de tonnes de fer attend d’être exploitée. L’archange chinois veut développer un Star Link bien à lui, alors que la Commission européenne s’en prend à Elon Musk qui soutient Trump. Tel est l’entrelac provisoire mondial. Toile d’araignée ? Qui est l’araignée ?

    Les États-Unis sont partout, en Ukraine, en mer de Chine, au Moyen-Orient, mais ne semblent plus rien diriger. Même Netanyahou s’en affranchit, autant qu’Erdogan. L’Afghanistan, les a souterrainement traumatisés. Ils se voudraient hors sol. La Chine ? Empêtrés dans une lente crise financière, ils jouent leur partie de Go mondial, doublent leur capacité militaire maritime et nucléaire, mais ne maîtrisent rien ni personne.

    Facile d’expliquer les liens entre le gaz, la Russie, l’Europe, la Baltique, la Turquie, Israël, la Syrie, Alger, le Sahel.

    Facile d’expliquer les liens entre le gaz, la Russie, l’Europe, la Baltique, la Turquie, Beyrouth, Israël, la Syrie, Alger, le Sahel, les Houthis ; suivre le pétrole iranien vers la Chine, les missiles, drones et munitions vers la Russie. Facile de voir que le noyau, c’est Washington, non comme manipulateur, mais comme cible. Avec l’Europe, c’est-à-dire la France et l’Allemagne, en maillons faibles. Mais ces connexions multiples n’expliquent pas la marche du monde. Au lieu d’une stratégie mondiale, elles en révèlent l’absence.

    Carte des gazoducs alimentant l’Europe – ©https://www.revueconflits.com/

    Les lieux de conflits – Ukraine, Gaza, Soudan, Sahel- ne sont en rien des lieux stratégiques. Que valent le Donbass, la Palestine, le Sahel, terres pauvres, par rapport à ces pistes de danse, Dubaï, Singapour, Genève ?

    C’est une erreur de croire que l’intérêt gouverne le monde, ce serait plus sage, parce que compréhensible, prédictible. Gouverne le monde la seule recherche de la puissance. Elle se déploie d’abord là où c’est le plus facile. L’Ukraine est seule ? La prendre. Le Sahel est pauvre ? S’y jeter. La Palestine est misérable ? La détruire. Courage des guerriers : d’abord s’attaquer aux faibles.

    La puissance ne suit pas un dessein intelligent. N’importe quel chef d’État russe n’aurait pas visé le Donbass charbonneux, mais une alliance de plus en plus étroite avec l’Europe plutôt qu’avec la Chine. N’importe quel chef d’État chinois ne chercherait pas à effrayer ses voisins: Japon, Corée, Philippines, Indonésie, Viet Nam, mais s’en ferait un collier de sécurité et d’amitié. N’importe quel Shah perse ne sacrifierait pas sa population pour l’arme nucléaire, qui fait de l’Iran pire qu’un ogre monstrueux, une cible.

    Les lieux de conflits – Ukraine, Gaza, Soudan, Sahel- ne sont en rien des lieux stratégiques. 

    Ce qui gouverne le monde n’est donc pas une intelligence suprême, bonne ou mauvaise, plutôt la bêtise. Cela se voit bien dans les démocraties, où le populisme gonfle, où les élites sombrent dans la médiocrité.

    Le cercle des dirigeants brille plus par la bêtise que par le machiavélisme. Nul stratège dans les hautes sphères, ce qui, effectivement, fait peur. Le parc nucléaire militaire mondial s’accroît, comme toutes les dépenses d’armement. Ce n’est pas de l’intelligence, seulement un réflexe, puisque les territoires et les populations les plus mal défendus subissent les premières la guerre.

    Drone livré par les Occidentaux à l’Ukraine ©AFP

    Anomalie : les armes peu coûteuses – un drone, un couteau — sont terriblement efficaces pour détruire un système intelligent et onéreux. Les destructions récentes des Sukhoï et de la flotte de la Caspienne en témoignent. Les industries militaires imaginent des systèmes d’armes qui se déploieront dans une dizaine d’années, pour durer une cinquantaine d’années. Les progrès technologiques risquent de les rendre obsolètes avant d’être conçues. Un ordinateur quantique rendra fou toute arme intelligente. Google y travaille. Pas la Nasa.

    Il eut été réconfortant d’avoir Musk et Pavel Dourov à Saclay. Une autre fois, peut être.  

    Voici la planète enserrée dans ces paradoxes du fort au faible, du riche au pauvre, rejouant mille fois le jeu des alliances et des circuits logistiques. À côté se développent d’autres forces, d’autres puissances, que rien non plus, ne gouverne. La France arrête le patron de Telegram, la messagerie cryptée qui compte près d’un milliard d’utilisateurs, un Franco-Russe installé à Dubaï, et la Commission menace Elon Musk, auquel la Nasa demande d’aller sauver ses astronautes. Il eut été réconfortant d’avoir Musk et Pavel à Saclay. Une autre fois peut être.

    Aucune intelligence ne gouverne le monde. Soit, la bêtise effraie, massacre. Mais l’intelligence globale qui embrasserait le monde serait gouvernée par sa propre démesure, par sa démarche totalitaire, son infinie bêtise.

    Un ordinateur quantique rendra fou toute arme intelligente. Google y travaille. Pas la Nasa. 

    Ne rien espérer de la sagesse, tout attendre de l’équilibre peureux. Le conflit oblige à ordonner. Un attentat, une pénurie d’énergie, une crise épidémique, écologique, financière, le monde les connaîtra toutes. Ce qui importe, c’est de préserver ce qui, siècle après siècle, survit à la bêtise. S’émerveiller de ce talent de survie des funambules qui résistent aux pentes fatales de la puissance. C’est ce qui fait apprécier l’Europe : elle a tellement détruit, s’est tellement détruite, qu’elle semble guérie de ce type d’ivresse. Surtout ne pas chercher à gouverner le monde. Nulle exaltation, mais la conscience de la fragilité, qui valorise la qualité politique par excellence, ni l’intelligence, ni le courage, ni l’audace, mais la prudence. Harry Truman, qui déclencha le feu nucléaire sur Nagasaki et Hiroshima, eut cette belle phrase lors de la création de l’Otan : « S’il y a quelque chose d’inévitable dans le futur, c’est la volonté des peuples du monde de vivre dans la liberté et la paix ». Tout est dans tout. Encore un effort.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et France Pay

  • Un festival au service d’un théâtre résolument populaire : la première édition d’Equinoxe à Auderghem vous propose 4 pièces inédites.

    Un festival au service d’un théâtre résolument populaire : la première édition d’Equinoxe à Auderghem vous propose 4 pièces inédites.

    Du théâtre populaire et accessible à tous. Voilà énoncée la belle ambition de la première édition du festival équinoxe. Du 18 au 29 septembre ce ne sont pas moins de quatre spectacles totalement inédits qui seront présentés au public dans le cadre du centre culturel d’Auderghem.

    Une programmation éclectique entre humour et émotion

    La programmation joue de tous les ressorts théâtraux, avec du comique et de l’émotion, des sujets légers et des thèmes plus contemporains incitant à la réflexion. « hacking » nous parle ainsi de notre addiction au portable qui se traduit par un temps moyen d’usage quotidien de 4h48 ! « Making of » vous fait entrer de plain-pied dans la préparation d’une pièce de théâtre comme s’il s’agissait d’un documentaire. « Demain c’était mieux, revu(e) et corrigé(e) » vous parle de notre époque autour de sketchs et des chansons pour un moment drôle et impertinent. « Le singe avait raison » donne sa place à un humour cocasse et déjanté. Vous pourrez retrouver toutes les informations utiles sur le festival et ces pièces en fin d’article.

    Trois questions au créateur du festival François Dumortier

    Le festival n’existerait pas sans l’investissement de François Dumortier, auteur, metteur en scène et producteur bien connu de la région bruxelloise et la scène belge.

    Nous avons pu l’interroger sur ce festival à qui toute l’équipe de la rédaction souhaite le plus grand succès.

    Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce festival ?

    François Dumortier : Comme je disposais de plusieurs projets en cours d’écriture, de coécriture ou de mise en scène, j’ai pensé que le meilleur moyen de les lancer était de les rassembler dans un festival : voilà qui est chose faite ! 12 dates de représentations pour initier la majorité de ces projets (seul Making-of a déjà connu une première série de représentations avant celle-ci). De plus, ces quatre spectacles sont complémentaires, car leurs distributions diffèrent (1, 3, 5 ou 12 comédien.ne.s), offrant des expériences différentes au public.

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    Voilà une première édition qui doit beaucoup à un collectif d’acteurs et de techniciens motivés. Le festival a vocation à s’inscrire dans la durée ?

    François Dumortier : C’est une toute première édition, et pour l’avenir, cela dépendra manifestement de la réussite de celui-ci. Une chose est certaine: toutes les personnes impliquées y mettent toute l’énergie et la créativité possibles ! Là où le festival se distingue des autres, c’est dans le choix de monter des spectacles populaires et, surtout, inédits. Pas question ici de textes passés ou d’enièmes reprises de classiques: ce ne seront que de nouveaux textes et le public aura tout à y découvrir.

    Certaines pièces parlent de l’époque et s’inscrivent  dans le réel et sa critique. Le festival porte-t-il un message de prise de conscience ?

    François Dumortier : Je n’aurais pas la prétention de dire que le festival porte un message. Equinoxe a surtout des objectifs : garder des tarifs abordables pour un large public, contribuer à retirer l’étiquette bourgeoise toujours associée au théâtre, permettre de goûter au plaisir d’un art plus humain et palpable que toutes les technologies. La crise du Covid a permis à chacun.e de réaliser que nous sommes des êtres sociaux, et le théâtre – qui est avant tout une fête! – a cette faculté unique de rassembler des spectateur.trice.s autour d’un imaginaire partagé avec d’autres le temps d’une soirée.

    Chaque spectacle véhicule par contre ses propres idéaux ou sa vision sur un sujet, sans apporter de réponse mais en soulevant des questions. Dans le cas de Hacking, l’une d’entre elles serait certainement : réalisons-nous à quel point l’utilisation du smartphone impacte-t-elle notre rapport à l’autre ?

    Retrouvez toutes les infos sur Equinoxe Festival :

    https://ccauderghem.be/festival-equinoxe/

  • L’Allemagne, la locomotive en panne

    L’Allemagne, la locomotive en panne

    En 2023, le PIB de l’Allemagne a reculé de 0,2 %. Pour 2024, il devrait connaître une hausse de 0,2 %, sachant qu’il a une nouvelle fois diminué au deuxième trimestre (- 0,1 %). La première puissance économique de la zone euro a été durement touchée par la guerre en Ukraine. L’augmentation du coût de l’énergie et la contraction des échanges avec la Russie ont été durement ressenties. Le ralentissement de la croissance chinoise et la multiplication des tensions commerciales avec ce pays qui était devenu le principal partenaire de l’Allemagne pèsent sur les exportations de cette dernière. Enfin la transition écologique remet en cause le modèle allemand qui reposait sur la production de biens manufacturiers et de notamment de voitures de grosses cylindrées. La panne n’est pas qu’économique, elle est également politique

    Au pouvoir depuis 2021, le Chancelier Olaf Scholz peine à s’imposer tant en Allemagne qu’à l’étranger. Succédant à de fortes personnalités, Helmut Kohl, Gerhard Schröder et Angela Merkel, il apparaît bien plus fade. Dans le passé, l’Allemagne arrivait à défendre ses positions économiques au sein de l’Union européenne en jouant tout à la fois et tour à tour avec la France et avec les Etats d’Europe de l’Est. Le rejet de l’agenda stratégique, élaboré par Olaf Scholz et Emmanuel Macron afin de fixer les priorités de l’Union Européenne pour les cinq prochaines années, par les autres Etats membres et tout particulièrement l’Italie marque l’affaiblissement du couple franco-allemand. Si la France est connue pour son incapacité à générer du consensus tant en interne qu’en externe, l’Allemagne était en la matière une experte. Mais Olaf Scholz irrite les partenaires européens par ses tergiversations.

    Les changements de positions sont fréquents au gré des arbitrages évolutifs au sein de la coalition.  

    Sa faiblesse sur la scène internationale est liée au dysfonctionnement de la coalition tricolore composé des socio-démocrates, des verts et des libéraux. Ces derniers pro-entreprises et anti-déficits s’opposent fréquemment aux deux autres composantes. Les précédentes coalitions ont connu également leurs lots de tension qui se traduisaient par des silences en Conseils Européens et des abstentions lors de votes au Parlement européen. La coalition Olaf Scholz est néanmoins celle qui est la moins audible à Bruxelles de ces trente dernières années. Les changements de positions sont fréquents au gré des arbitrages évolutifs au sein de la coalition. Les partenaires européens de l’Allemagne se sont habitués à travailler sans elle. 

    Le problème est que ce pays est la première puissance démographique et économique de la zone euro. Sa paralysie se diffuse à Bruxelles. Dans le cadre des Conseils Européens des chefs d’Etat et de Gouvernement, dans le passé, Angela Merkel faisait prévaloir son point de vue en mettant en avant la nécessité de préserver l’unité de l’Union. Elle était capable de négocier des heures en jouant de ses liens avec les autres responsables européens. Olaf Scholz se contente de donner sa position sans se battre pour l’élaboration d’accords. Le poids de l’Allemagne s’est depuis 2020 affaibli. La politique énergétique et industrielle qu’elle a suivie pendant des années est discréditée. Flirtant avec la récession depuis 2022, elle refuse toute relance malgré son faible endettement et les injonctions en la matière de la Commission européenne.

    @Adobestock

    Le Chancelier allemand défend l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne et la mise en place d’une défense commune.  

    Si sur le plan économique, le gouvernement allemand peine à peser sur les débats européens, il est manifestement plus crédible en matière de défense. L’Allemagne envoie plus d’armes que n’importe quel autre allié européen. Elle a décidé d’investir une centaine de milliards d’euros pour améliorer sa défense. Elle a arrêté d’importer du gaz russe quand d’autres pays européens continuent à le faire comme la France. Le Chancelier allemand est le dirigeant européen qui défend avec le plus de force l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne et la mise en place d’une défense commune. Il n’hésite pas à s’opposer au Premier Ministre hongrois, Victor Orban. Ces prises de position en faveur de l’Ukraine n’empêchent pas l’Allemagne d’être de plus en plus critiquée par les Etats d’Europe de l’Est. Le programme de subventions énergétiques de 200 milliards d’euros afin de moderniser l’économie allemande est perçu comme contraire au droit de la concurrence européen. Elle est jugée déloyale par la Pologne ou la République tchèque dont l’industrie travaille en sous-traitant pour celle d’Allemagne. 

    Par voie de conséquence, Olaf Scholz rencontre d’importantes difficultés à faire prévaloir sa position libre échangiste à l’extérieur de l’Union et celle en faveur de la Chine. Si le Chancelier a des relations compliquées avec plusieurs partenaires européens, il peut compter sur le soutien de la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cette ancienne ministre allemande de la Défense a siégé dans le même gouvernement qu’Olaf Scholz. Malgré des relations personnelles glaciales, les deux responsables se coordonnent étroitement. Si la Présidente défend avec ardeur les intérêts de l’Allemagne, elle doit néanmoins composer avec les autres commissaires et le Parlement européen. Sur l’extension de l’Union aux Etats des Balkans, de l’Ukraine et de la Moldavie, extension souhaitée par la Chancellerie, elle risque d’être confrontée à l’opposition de plusieurs gouvernements dont celui des Pays-Bas et peut-être celui de la France quand il sera composé.

    La Commission et le gouvernement allemand risquent en revanche de s’opposer sur l’Union des marchés des capitaux. 

    La Commission et le gouvernement allemand risquent en revanche de s’opposer sur l’Union des marchés des capitaux, un projet visant à fluidifier les flux financiers à travers l’Europe. S’il est soutenu par Olaf Scholz, Christian Lindner, le ministre FDP des Finances, refuse toute centralisation de la surveillance des marchés ce qui revient à condamner le projet. 

    L’éventuelle élection de Donald Trump au mois de novembre prochain pourrait obliger l’Allemagne à prendre enfin ses responsabilités en Europe et au niveau international. La fin du soutien américain à l’Ukraine posera la question de celui de l’Union. Celle-ci pourra-t-elle suppléer les Etats-Unis ? La majoration des droits de douane américains nécessitera une réponse européenne. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’Europe a substitué une dépendance au gaz américain à celle au gaz russe. Aura-t-elle les capacités de se priver du gaz liquéfié des Etats-Unis ? Après deux ans de stagnation, l’Allemagne acceptera-t-elle de relancer son économie et celle de l’Europe ? La proximité des élections au Bundestag, en 2025 ne facilite pas la situation, l’Europe risque d’attendre encore un peu le retour de l’Allemagne.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 23.08.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 23.08.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le vendredi 23 août, dernier flash quotidien des expatriés de cette semaine qui inaugure notre quatrième saison encore merci à vous pour votre fidélité ! Aujourd’hui, dans nos titres : 55 députés mobilisés contre Rima Hassan – Un Dispensaire Français à Londres – Gérard Depardieu sera jugé pour viol

    Caroline Yadan et 54 députés nationaux mobilisés contre l’élue LFI Rima Hassan

    55 députés du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale se sont mobilisés à la demande de Caroline Yadan, la députée des Français d’Israël, pour effectuer un signalement au Procureur de la République au titre de l’article 40 pour apologie du terrorisme et provocation à la haine raciale à l’encontre de la députée européenne Rima Hassan. En sus, ils demandent à la Présidente du Parlement européen la levée de l’immunité parlementaire de l’élue de la France insoumise en cas de poursuites judiciaires françaises ainsi que des sanctions disciplinaires. À suivre !

    Rima Hassan ©AFP

    L’État français subventionne un dispensaire à Londres

    Cet organisme a pour objectif « d’accompagner, de soigner et de venir en aide aux Français et francophones les plus vulnérables », nous informe notre invité. « La communauté de langue » est une donnée incontournable. En effet, selon les fondateurs « quand les gens en détresse entendaient parler leur langue maternelle, ils se sentaient déjà mieux » nous confie Jérôme Walczak dans le podcast consacré. L’établissement a bénéficié du soutien du dispositif de soutien aux incitatives citoyennes des Français de l’étranger plus connu sous le nom de STAFE. Si votre situation le nécessite vous pouvez vous rendre au 184 Hammersmith Road, London W6 7DJ ou téléphoner au +44208222 8822.

    Londres Jerome Walczak Dispensaire Français SFB
    Jérôme Walczak, le fondateur du Dispensaire Français SFB à Londres

    Gérard Depardieu sera bien jugé

    On l’a appris hier, le ministère public a signé, le 14 août dernier, un réquisitoire définitif dans lequel il réclame le renvoi de Gérard Depardieu devant la cour criminelle départementale pour être jugé pour viols par pénétration digitale et agressions sexuelles commises les 7 et 13 août 2018 sur Charlotte Arnould. Le 27 août 2018, en toute discrétion, cette jeune comédienne de 28 ans, s’était présentée à la gendarmerie de Lambesc, dans les Bouches-du-Rhône et avait porté plainte contre Gérard Depardieu, ami de son père. Elle l’accusait de l’avoir violée à deux reprises, au domicile parisien de l’acteur où elle s’était rendue pour lui demander des conseils.

    C’est ainsi que cette semaine de bulletins d’informations dédiés aux Français de l’étranger se conclut. Je vous souhaite un bon week-end où que vous soyez ! On se retrouve lundi !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

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