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  • Consulaires en Belgique : une répétition pour 2022 ?

    Consulaires en Belgique : une répétition pour 2022 ?

    La Belgique est un des pays où résident le plus de Français. Proximité géographique et culturelle, imbrication économique comme social, font que les Français installés au plat pays sont encore un peu en France.

    Avec 250 000 Français déclarés auprès des autorités belges, le tissu associatif et citoyen y est particulièrement dense. De nombreuses listes s’étaient donc présentées face aux partis tous aussi nombreux. Ainsi 10 listes se sont présentées aux suffrages des expatriés en Belgique.

    Une faible participation

    Le vote électronique était aussi proposé aux électeurs en Belgique comme sur l’ensemble des circonscriptions. Mais là aussi avec peu de résultat, car si la participation en ligne fut conséquente ce fût au prix de bureaux de vote vides le dimanche, le taux d’abstention est donc faramineux 87% des expatriés dans ce pays n’ont pas participé à l’élection.

    Déception chez les indépendants

    4 listes non issues de parti traditionel se présentaient au suffrage. Aucune n’a obtenu de sièges. Même l’Union des Français de Belgique, une association dont le succès fut fulgurant ces dernières années et dont l’audience on-line est reconnue de tous (Ndrl : l’association est dirigée par le rédacteur en chef de notre site lesfrancais.press, Fabien Ferasson de Quental, qui a lui aussi échoué à être élu) ou l’Alliance Solidaire de Jean-Pierre Bandard, soutenue par l’UFE locale, n’ont pu s’imposer.

    2 candidats sortants, dont une élue sur la commune si francophile d’Ixelles, au coeur de Bruxelles, ont aussi été éjectés du jeu politique local comme l’ancien rédacteur en chef de l’antenne bruxelloise de Radio France qui portait les couleurs du Modem.

    LREM, un score record

    Avec 22,5%, Thierry Masson pour LREM et Jeremy Michel pour Agir, tous deux élus sortant, ont su mobiliser les forces macronistes du Royaume. Grâce à leur 3 sièges sur 7 au Conseil consulaire, ils signent un des meilleurs résultats de la République en Marche (si ce n’est le premier, mais la compilation des scrutins n’était pas encore finie au moment où nous publions cet article).

    « Je suis très honoré de la confiance renouvelée par vos votes et très heureux de poursuivre ce mandat de Conseiller des Français de l’étranger ».

    Jeremy Michel sur Facebook

    Anne Genetet dans le podcast sur les consulaires déclarait que la liste qui sera présentée par le parti présidentiel aux sénatoriales de cet automne serait constituée de nouvelles têtes issues des élections consulaires, certains imaginent, donc, déjà le jeune eurocrate, Thierry Masson, sénateur.

    EELV porté par le succès des verts en Belgique

    Comme à Londres ou en Espagne, EELV fait une entrée en force dans le jeu politique des expatriés en Belgique.

    Ils étaient les favoris, il faut dire, que les Français de Belgique et de Bruxelles en particulier, avaient suivi leurs camarades belges lors des élections locales du plat pays en portant haut les « Ecolo »(le parti frère d’EELV en Belgique).

    Le choix de la tête de liste, Bertrand Wert, a aussi été judicieux. Elu, lui aussi, comme conseiller communal à Ixelles, il a su profiter de la dynamique enclenchée par le Bourgmestre (le maire de la commune) et des relais belges. Il réalise donc le très beau score de 22% à moins de 100 voix de LREM avec 2 élus au Conseil et 3 délégués.

    « Cet excellent résultat vient récompenser notre longue implantation dans la vie sociale, politique, économique et culturelle de la société belge et européenne, et très engagée sur les débats de sociétés qui animent l’avenir de notre communauté des Français-es de Belgique : de la lutte contre les discriminations, au féminisme, à la défense de nos services publics et de l’enseignement pour tou-tes, comme au climat. Elle signe aussi, après les européennes de 2019 et les municipales de 2020, en attendant les régionales et départementales de juin prochain, à quel point l’écologie politique est aujourd’hui une force politique motrice et porteuse d’espoir dans la société française, qu’elle soit installée au sein des frontières nationales ou ailleurs dans le monde »

    Bertrand Wert, tête de liste EELV

    LR et PS sauvent un siège

    Les Républicains sont eux sortis déçus des élections. La proximité avec la France, la place de premier parti d’opposition à Emmanuel Macron au pays, permettaient d’espérer un meilleur chiffre.

    Mais pris en tenailles par le RN et l’Alliance Solidaire de Jean-Pierre Bansard, sans oublier une liste dissidente, Anthony Bisch, le tête de liste et chef de la section locale, n’a pas pu faire progresser son parti. Il sauve les meubles en maintenant 1 élu au conseil et en obtenant 1 déléguée consulaire. Cependant, il est un des 2 seuls survivants de l’hécatombe européenne qu’a vécu dimanche le parti Les Républicains et est le seul représentant de la droite au Conseil Consulaire en Belgique.

    « Après une campagne hors norme, les votes des Françaises et Français de Belgique ont permis à la liste Ensemble-Union des Françaises et des Français de Belgique de devenir la première force politique de la droite et du centre en Belgique.« 

    Anthony Bisch sur Facebook

    Pour la candidate du Parti socialiste, les enjeux étaient multiples. Cecilia Gondard est aussi la présidente de la fédération socialiste et avait postulé pour représenter son parti aux élections sénatoriales.

    Cecilia Gondard

    Mais elle fut prise de surprise par la candidature de Ségolène Royal au Sénat avec comme n°2 Mehdi Benlahcen (le président du groupe regroupant les socialistes et leurs alliés à l’Assemblée des Français de l’étranger, qui lui ne fut pas réélu ce dimanche au Portugal) et secouée en interne par des opposants. Et pourtant, elle a su se concentrer sur la campagne locale, et au prix de nombreuses heures de présence sur le terrain et en ligne, elle a réuni près de 14% des électeurs, doublant même Les Républicains.

  • Royaume-Uni : LREM et EELV là aussi vainqueurs

    Royaume-Uni : LREM et EELV là aussi vainqueurs

    Les expatriés français au Royaume-Uni ont renouvelé leurs élus locaux ce dimanche 30 mai 2021, au total; 447 conseillers des Français de l’étranger et 77 délégués consulaires. Au Royaume-Uni, ils y avaient 9 postes à pourvoir pour la circonscription de Londres.

    Le vote sur internet

    En raison de la pandémie du Coronavirus et des restrictions en Angleterre, le Consulat de France à Londres a incité les Français à voter en ligne. Le vote par internet était ouvert pendant 5 jours consécutifs, du vendredi 21 mai à 12 heures (heure de Paris) au mercredi 26 mai à 12 heures (heure de Paris). Plus de 90% de participants ont choisi ce mode de participation. Cela a permis de faire remonter la participation à 16% contre 11% en 2014. Une petite amélioration qui reste toujours décevante. Cependant, comme nous le signale de nombreux internautes dont Hermann il y a eu de nombreux soucis pour voter en ligne…

    Témoignage d’Hermann qui dut voter en ligne et qui demande plus d’attention des élus

    Les restrictions aux frontières ont marqué les élections

    Julienne est venue voter en présentiel au Lycée français Charles de Gaulle, comme beaucoup de nos compatriotes au Royaume-Uni, elle est particulièrement attentive aux problèmes liés à la pandémie, comme les restrictions aux frontières qui sont toujours très importantes.

    “La quarantaine est normale, on doit tous faire ce qu’on a à faire pour que tout aille bien et ne pas transporter le virus d’un côté à l’autre. C’est à nous de suivre les directives et à notre élu de faire en sorte qu’on ne soit pas défavorisés.

    Julienne

    Avec les conséquences du Brexit en toile de fond

    Notre témoin, Julienne, évoque aussi les conséquences du Brexit qui ont amené de nombreux Français à déjà prendre le chemin du retour. L’implication des nouveaux élus est une attente forte de la population

    “qu’il fasse de son mieux pour que nous ne soyons pas  en tant qu’Européens défavorisés, car je vois déjà des lettres négatives arrivées. Cette semaine j’ai reçu une lettre de la NHS (système de santé britannique) qui m’informe qu’il doit vérifier mon statut au Home Office (ministère britannique de l’Intérieur) pour que je puisse avoir des traitements. Ça fait 20 ans que je suis là. J’ai payé mes impôts et ça fait du mal de voir ces lettres arriver. On s’y attendait un peu, mais je veux qu’on ait une pièce d’identité. Car j’ai le Settled Status maintenant et je ne veux pas qu’on soit traités comme la Windrush Generation. »

    Julienne

    A Londres, LREM s’installe, la droite décroche

    Patricia Connell réussit son paris en menant la liste En Marche Ensemble! qui reçoit 19,96% des suffrages soit 2 conseillers et 3 délégués.

    “Nous avons enfin les résultats de l’élection consulaires pour la deuxième circonscription du Royaume-Uni (Londres). Quelles élections ! Depuis plus de 15 mois de campagne, puisque les élections devaient avoir lieu en mai 2020 et à cause de la pandémie, elles ont été reportées en mai 2021. En tant que tête de liste de la Liste EN MARCHE ENSEMBLE ! Je suis vraiment très heureuse d’être arrivée en tête avec 19.96% des voix devant Un Monde de projets (17.90%) et EELV (17.32%). Je remercie du fond du coeur toutes celles et ceux qui ont voté pour notre liste. Nous n’allons pas vous décevoir. »

    Patricia Connell sur Facebook

    Juste après c’est le mouvement citoyen de droite, « Un Monde de projets », une liste engagée auprès d’Olivier Cadic (UDI) et conduite par Nicolas Hatton, qui récolte 17,90% des suffrages et obtient donc 2 conseillers et 2 délégués. Toujours à droite, Christine Leleux pour la liste “Au service des Français du Royaume-Uni – Union de la droite et du Centre, soutenue par Les Républicains” ne dépasse pas les 6,59% et obtient 1 délégué mais aucune représentation au Conseil consulaire. La droite ne représente donc plus qu’1/3 de l’électorat français dans la capitale britannique. L’Alliance Solidaire de Jean-Pierre Bandard comme le RN n’auront que diviser les électeurs de droite sans remporter de sièges.

    C’est donc la gauche et les indépendants qui dominent donc le nouveau Conseil consulaire. Rémi Vazeille qui portait la liste pour Écologie, Citoyenneté et Solidarité, liste soutenue par Europe Écologie Les Verts obtient 17,32% soit 2 conseillers et 2 délégués. Ici comme de nombreux pays, EELV a remplacé le traditionnel parti socialiste. Cependant, Samy Ahmar, pour la liste « Français du monde: union de la gauche, écologiste et solidaire, soutenue par le Parti Socialiste » résiste et obtient un honorable 13,47% soit 1 conseiller et 2 délégués.

    EELV “salue d’abord la belle hausse de la participation. Toujours une bonne nouvelle pour une démocratie malgré les gros couacs du vote informatique puisque 30% des électeurs n’ont pas pu voter en ligne à cause d’un souci technique. J’ai été inondé de questions et protestations d’électeurs ne pouvant pas voter. La décision de l’administration de n’ouvrir des bureaux de vote qu’à Londres a privé de nombreux Français de Bristol, Manchester, Newcastle … d’exercer ce droit essentiel. Un nouvel acte du caractère « London centré » qui nous est imposé. Notre liste EELV ( Europe écologie les Verts) avait promis de faire entrer l’écologie au consulat. Nous y entrons par la grande porte avec 4 élus et allons pouvoir mettre en place nos projets. Je suis aussi heureux que trois de nos élus sur quatre, Rémi Vazeille, Isabelle Blanchot et Marie-Andrée Guillemin soient de nouveaux élus qui exerceront leur mandat pour la première fois. Ces fonctions ont besoin de renouvellement. Le travail ne va pas manquer.« 

    Rémi Vazeille, tête de liste EELV

    Tandis que la liste d’Olivier Bertin, du mouvement »Les Pieds sur Terre » (aussi présent aux Pays-bas) réussit son pari et cumule 14,65% des votes soit 2 conseillers et 2 délégués.

    « Je me réjouis de l’élection de 4 candidats de notre liste indépendante, mais aussi d’une victoire nette des verts (2 conseillers pour EELV) et des candidats plutôt centristes (2 conseillers pour chacune des listes LREM, Un monde de projet et Les Pieds sur terre) »

    Olivier Bertin – Les Pieds sur Terre

    Brexit et pandémie

    C’est dans ces 8 listes que vont se composer les 21 élus : 9 conseillers consulaires, et 12 délégués. Avec un taux de participation qui s’élèverait à 16,11%, les Français d’Angleterre ont élu 9 conseillers, auxquels se joindront 3 conseillers d’Écosse, pour un total de 12 représentants du Royaume-Uni.

    Leur mission à tous va d’être l’accompagnement des expatriés en terre britannique qui sont aujourd’hui confronté aux mesures sanitaires et au Brexit.

    « Dans cette période de double peine, Brexit + Covid pour les Français du Royaume-Uni, nos compatriotes auront besoin de nous. Je pense bien sûr à quelques dizaines de milliers et qui n’auront pas leur Settled Status dans un mois et se retrouveront dans l’illégalité. Des situations dramatiques vont se présenter. Je pense aussi à tous ceux qui veulent revoir leur famille en France cet été alors que notre gouvernement vient encore de durcir les conditions de voyage entre nos deux pays. En finissant dans le trio de tête des listes en présence, à une petite encablure du parti présidentiel, EELV a prouvé que le temps de la gouvernance est arrivé. L’environnement et le bien-être seront pris en compte dans toutes nos décisions. Les Français de l’étranger sont par nature légitimistes et enclins à voter pour le parti au pouvoir. Sans cela, comme nous l’avons fait à Lyon, Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Poitiers …nous aurions aussi gagné à Londres. Un grand merci aux 3 000 Français et Françaises qui nous ont accompagnés ce week-end en votant pour nous.« 

    Rémi Vazeille, tête de liste EELV

    C’est donc dans ce contexte que les élus auront un rôle à jouer pour être au plus proches des Français.

    Les élus

    Liste des 9 conseillers élus

    – Patricia Connell (En Marche Ensemble)
    – Enguerran Maigne (En Marche Ensemble)
    – Nicolas Hatton (Un monde de projets)
    – Amélie Ersman-Mallet (Un monde de projets)
    – Rémi Vazeille (Ecologie, Citoyenneté et Solidarité)
    – Isabelle Blanchot (Ecologie, Citoyenneté et Solidarité)
    – Olivier Bertin (Les Pieds sur Terre)
    – Marie-Claire Sparrow (Les Pieds sur Terre)
    – Samy Ahmar (Français·es du monde : union de la gauche écologiste et solidaire)

    Liste des 12 délégués consulaires 

    -Emmanuelle Simon-Ledoux (En Marche Ensemble)
    – Julien Planté (En Marche Ensemble)
    – Marlène Dbouk (En Marche Ensemble)
    – Laurent Batut (Un monde de projets)
    – Sophie Routier (Un monde de projets)
    – Frédéric Fournier (Ecologie, Citoyenneté et Solidarité)
    – Marie-Andrée Guillemin-Laugier (Ecologie, Citoyenneté et Solidarité)
    – Fabrice Boraschi (Les Pieds sur Terre)
    – Cylia Rousset (Les Pieds sur Terre)
    – Catherine Smadja (Français·es du monde : union de la gauche écologiste et solidaire)
    – Christophe Adol (Français·es du monde : union de la gauche écologiste et solidaire)
    – Christine Leleux (Au service des Français du Royaume-Uni, Union de la droite et du centre)

  • Bruxelles tente d’harmoniser l’usage du certificat Covid

    Bruxelles tente d’harmoniser l’usage du certificat Covid

    Bruxelles a recommandé lundi aux Vingt-Sept de dispenser de quarantaine les résidents de l’UE vaccinés et d’exempter de tests les enfants de moins de six ans, afin d’harmoniser avant l’été les mesures liées au certificat numérique Covid pour les déplacements au sein du bloc.

    Premiers certificats émis ce 1 juin

    Ce certificat européen, destiné à faciliter un retour à la libre circulation, sera valable dans toute l’UE à partir du 1er juillet mais sept Etats membres vont commencer à l’émettre dès mardi, date à laquelle le système commence à fonctionner du point de vue technique, selon le commissaire européen Didier Reynders.

    Ce document a une triple dimension : il atteste d’une vaccination, d’un test négatif ou d’une immunité liée à une infection au Covid depuis moins de 180 jours.

    Afin de relancer le tourisme, la Commission européenne tente d’harmoniser les mesures auxquelles seront soumis les voyageurs au sein de l’UE mais ces décisions sont in fine du ressort des Etats membres.

    « Nous proposons qu’il n’y ait aucun test ni quarantaine imposés aux personnes entièrement vaccinées ou guéries » du Covid

    Didier Reynders lors d’une conférence de presse

    Une personne sera considérée comme entièrement vaccinée 14 jours après avoir reçu la dernière dose nécessaire.

    Des mesures pour les non-vaccinés

    Pour les personnes qui n’ont pas été vaccinées ou qui n’ont pas contracté le Covid récemment, la Commission propose que les mesures varient en fonction de la zone de provenance du voyageur. En s’appuyant sur la cartographie en couleurs publiée chaque semaine par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

    Tests et quarantaine ne pourraient être imposés qu’aux voyageurs en provenance des zones « rouge foncé » ayant un taux d’incidence de plus de 500 cas (sur 100.000 habitants) sur 14 jours.

    En outre, la Commission propose d’harmoniser à 72 heures la durée de validité d’un test PCR, et à 48 heures celle d’un test antigénique rapide, quand ce dernier est accepté par l’Etat membre.

    Afin de faciliter les déplacements en famille, alors que les plus jeunes n’ont pas accès à la vaccination, l’exécutif européen préconise de ne pas les soumettre à une quarantaine quand leurs parents en sont exemptés, et de dispenser de test les enfants de moins de six ans.

    Les Etats membres peuvent être moins stricts, en décidant par exemple qu’une seule dose de vaccin suffit pour entrer sur leur sol.

    Le certificat ouvert aux pays tiers

    Pour les touristes venant de pays tiers, « s’ils viennent en Europe avec une preuve de vaccination, ils pourront avoir accès aussi aux certificats européens pour voyager dans l’UE », a indiqué M. Reynders.

    Concernant les Etats-Unis, qui n’ont pas « semble-t-il, l’intention pour l’instant d’avoir l’équivalent du certificat à l’échelon fédéral », le commissaire européen a précisé que des discussions ont été entamées avec le gouvernement américain pour permettre une authentification des données qui seront fournies.

  • Victoire sans appel de la gauche unie aux élections consulaires en Espagne

    Victoire sans appel de la gauche unie aux élections consulaires en Espagne

    La gauche remporte une écrasante victoire aux élections consulaires en Espagne, où elle gagne trois sièges sur six au conseil consulaire de la circonscription de Madrid, et trois sur cinq dans celle de Barcelone. LREM place deux conseillers à Madrid et un à Barcelone. LR disparaît des deux conseils. Le RN perd son élu à Madrid.

    Sans surprise, la gauche a remporté une très nette victoire, ce dimanche, aux élections consulaires en Espagne. Les listes « Agissons ensemble », ont réussi à réunir toutes les sensibilités du spectre politique situé entre La France insoumise (LFI) et le PS en passant par Les Verts. Elles ont décroché six des 11 sièges de conseiller consulaire qui étaient en jeu dans les deux circonscriptions qui couvrent l’Espagne. Trois à Madrid. Trois à Barcelone. 

    Victoire de François Ralle Andreoli à Madrid

    Dans la circonscription de Madrid, qui s’étale sur la majeure partie du territoire espagnol, la liste “AGISSONS ENSEMBLE”1, menée par François Ralle Andreoli et soutenue par La France Insoumise (LFI), Europe Écologie-Les verts (EELV) Génération et le Parti socialiste (PS), rafle 41,33 % des votes exprimés à l’urne et par voie électronique. Trois des six postes du conseil consulaires de Madrid seront occupés par des membres de son équipe.

    François Ralle Andreoli, qui se revendique écologiste avant tout, avait déjà été élu conseiller consulaire en 2014. Il est confirmé à son poste pour un mandat de cinq ans, amputé d’une année en raison du décalage provoqué par la pandémie dans le calendrier électoral. Gaëlle Lecompte, également élue en 2014, rempile aussi pour cinq ans. Pablo Quintana fait son entrée au conseil. 

    Notre priorité sera de sortir de la pandémie, accompagner les Français en difficulté économique mais aussi les très petites entreprises (TPE) et les auto-entrepreneurs. Continuer de soutenir les familles avec les bourses scolaires, pour éviter qu’il n’y ait des sorties du système scolaire français en Espagne”. 

    Liste François Ralle Andreoli

    3 conseillers à Gauche à Barcelone

    Résultats du même acabit dans la circonscription de Barcelone, qui regroupe trois régions à l’est du pays : la Catalogne, Aragon et Les Baléares. 43,02 % des suffrages, dans les urnes et par internet ont été exprimés en faveur de la liste “AGISSIONS ENSEMBLE”2, menée par Renaud Le Berre et soutenue par les mêmes formations politiques que celle qui porte le même nom à Madrid. Trois des cinq conseillers consulaires pour cette circonscription devraient être issus des rangs de “AGISSIONS ENSEMBLE”.

    En plus de Renaud Le Berre et de Philippe Ogonowski, qui repartent pour cinq ans, Ana Saint-Dizier entre au conseil consulaire de Barcelone.

    Pour celui qui mène la liste, les priorités seront de “faire mieux comprendre notre travail et mieux participer nos concitoyens dans nos prises de décisions. Au niveau social et entrepreneurial, on voudrait fédérer les initiatives pour devenir un incubateur de projets.” 

    LREM débarque, une liste indépendante se hisse à la deuxième place à Barcelone

    En deuxième position à Madrid, la liste “Ensemble pour TOUS les Français d’Espagne”, menée par Stéphane Vojetta et investie par La République En Marche, parti du président Emmanuel Macron, remporte 26,23 % des suffrages. Ce score leur assure deux élus au conseil de Madrid. L’autre place revient à Stéphanie Levaillant qui, comme Stéphane Vojetta, occupera cette fonction pour la première fois.

    Pour le chef de file de l’équipe, la priorité sera de “mieux communiquer ! On va beaucoup plus utiliser les réseaux sociaux et le compte LinkedIn que j’ai avec Samantha Cazebonne (députée de Français de l’étranger, dont Stéphane Vojetta est suppléant, NDLR). On veut être à un clic des Français d’Espagne. S’ils ont une question, ils peuvent la poser sur notre groupe WhatsApp, on leur répondra dans les 24 heures !

    Stéphane Vojetta – LREM

    À Barcelone, la Liste indépendante des Français de l’étranger (Life), menée par Pascal Bourbon, se hisse à la deuxième place, avec 25,47 % des votes. Cette liste, qui revendique son indépendance, avait créé la surprise aux dernières élections consulaires, en se plaçant en quatrième position. Pascal Bourbon réitère et décroche de nouveau une place au conseil consulaire de Barcelone.

    Je regrette que nous n’ayons pas obtenu une seconde place. Nous avons fait un meilleur score qu’en 2014, et nous n’étions pas loin. Cela aurait permis d’avoir plus d’équilibre au conseil, où la gauche bénéficie de trois élus sur cinq

    Pascal Bourbon

    Le dernier siège de la circonscription de Barcelone revient à Baudoin de Marcellus, qui mène la liste “En action pour tous les Français” sur laquelle LREM a apposé son étiquette. 

    À Madrid, c’est la liste Alliance solidaire des Français d’Espagne, menée par Stéphanie Villemagne et affiliée à l’Alliance solidaire des Français de l’étranger, qui n’existe que sur les élections consulaires, remporte le dernier siège à Madrid, avec 13,04 % des voix. Alain Lavarde, meneur de la liste du RN, perd la place de conseiller consulaire qu’il occupait depuis 2014.

    La liste estampillée Les Républicains (LR) n’obtient aucun élu à Madrid. Le parti n’avait pas présenté de liste à Barcelone. Lors des dernières élections consulaires, en 2014, les candidats investis par l’UMP, devenu LR depuis, avaient pourtant obtenu les meilleurs scores, à Madrid comme à Barcelone.

    Cette année, la participation a été de près de 14 % dans la circonscription de qui dépend de la capitale espagnole, et de 9,23 % dans celle qui porte le nom de la capitale catalane.

    Qui choisiront les conseillers et leurs délégués aux sénatoriales de septembre ?

    À Paris, les partis qui ont investi les listes regardent ces résultats avec intérêt. Les conseillers consulaires et leurs délégués forment les gros des grands électeurs dont le vote désignent les sénateurs représentant les Français établis hors de France au palais du Luxembourg, à Paris. Six d’entre eux doivent être renouvelés en septembre.

    Je voterai écolo”, assure François Ralle Andreoli, à la tête d’une liste qui a fait élire trois conseillers consulaires et deux délégués. Cinq grands électeurs en tout. “Pour les autres, pas de consigne de vote, mais nous pousserons pour des candidatures de la gauche unie.” À Barcelone, l’équipe menée par Renaud Le Berre a obtenu trois conseillers et un délégué. “On votera à gauche, mais on ne connaît pas encore les candidats et nous restons indépendants des partis qui nous investissent”, assène son chef de file. Du côté de LREM, à Madrid, “les colistiers savent que la liste est investie par En Mache ! et qu’il y aura une candidature du parti aux sénatoriales. Pas de consigne, mais si la candidature est bonne, je pense que chacun en son âme et conscience pourra voter pour elle”, assure Stéphane Vojetta, dont l’équipe a décroché deux conseillers et un délégué. Quant à la liste Life, un conseiller et un délégué à Barcelone : “Les candidats nous solliciteront, nous écouterons leurs propositions et voterons pour le plus indépendant qui correspond nos valeurs libérales et humanistes”, annonce Pascal Bourbon.

    Notes

    1 Le nom complet de la liste est “AGISSONS ENSEMBLE – Mouvement citoyen des Française et Français d’Espagne, des élus engagés à vos côtés. Poursuivons ensemble notre action pour plus de solidarité et d’écologie”.

    2 Le nom complet de la liste est “AGISSIONS ENSEMBLE – MOUVEMENT CITOYEN POUR L’ÉCOLOGIE ET LA SOLIDARITÉ”.

  • La guerre de Chine n’aura pas lieu (comme on le croit).

    La guerre de Chine n’aura pas lieu (comme on le croit).

    Les containers s’entassent dans les ports américains. Avec la distribution de dollars des plans Trump multiplié par Biden, (entre 15  et 20% du PIB), l’Amérique consomme, achète, importe. Et n’exporte rien. Comme les containers ne repartent pas à vide, le monde en manque. L’économie chinoise, elle, est repartie de plus belle. La guerre commerciale déclenchée par Trump n’a pas pénalisé la Chine, au contraire. Pourtant, les commentateurs expliquent que Biden restera sur la voie tracée par son prédécesseur : la rivalité sino-américaine prend le chemin d’une nouvelle guerre froide.

    Biden, contrairement à Trump, utilise l’arme idéologique, réanimant le combat des démocraties contre les régimes autocratiques.  Est-ce pour autant qu’une guerre, même froide, est programmée ?

    L’arme monétaire

    Si les Chinois maitrisent la production de bien, les Etats-Unis règnent sur la monnaie. Les autorités chinoises aspirent à contrecarrer depuis des années le dollar, et avaient même  signé des accords, par exemple en Amérique latine, pour favoriser l’émergence du yuan comme monnaie d’échange. Sans succès : Le dollar représente 62% des réserves mondiales, le Yuan 2%. Pour les échanges commerciaux, c’est pareil : 40% des échanges mondiaux sont en dollar, 1.9% en Yuan.

    Tant que le Yuan sera sous contrôle politique, il n’inspirera pas confiance aux financiers, y compris chinois… La mise au pas des Géants de la tech chinoise par le pouvoir en est un signe éclairant. 900 millions de Chinois utilisent Wechat et Alipay la plateforme de paiement en ligne d’Alibaba. Le marché chinois de paiement en ligne est le premier du monde. Les autorités chinoises  veulent reprendre le contrôle de ce marché intérieur (et accéder aux informations des consommateurs-citoyens) et s’appuyer sur celui-ci pour conforter le Yuan, ou plutôt le Yuan digital.

    La Chine est en effet le premier pays au monde à avoir créé sa monnaie digitale, une monnaie digitale de banque centrale. Ce qui devrait lui permettre de mieux contrôler les plateformes de paiement, de contrer les cryptomonnaies, et de prendre de l’avance sur les autres projets de Monnaie digitale de banque centrale, celle des Américains ou des Européens.

    Mais les autorités chinoises sont confrontées à deux difficultés : La première est que le renforcement du contrôle sur la monnaie fait fuir les investisseurs. Tout comme l’opacité du marché bancaire et financier intérieur. Le deuxième, est que le contrôle, toujours par les autorités politiques, du taux de change du yuan. Le Yuan a progressé de 10% en un an. Or les autorités ne veulent pas qu’il monte trop haut, au risque de pénaliser les exportations.  Le contrôle du taux de change ne permet pas d’en faire une monnaie internationale. Deux problèmes qui sont liés à la nature du régime chinois : le politique prime sur l’économie.

    On a rarement vu durant la guerre froide, tant d’amours et d’intérêts mêlés

    Alors qu’aux Etats-Unis, c’est moins sûr : Goldman  Sachs vient de créer une joint venture avec la banque chinoise ICBC, avec la bénédiction du gouvernement chinois, pour la gestion du patrimoine. L’épargne chinoise représentera 70.000 milliards en 2030 de dollars. De quoi réfléchir avant de se fâcher trop fort.

    On a rarement vu durant la guerre froide, tant d’amours et d’intérêts mêlés. D’un coté, les grandes entreprises, chinoises et américaines, qui rappellent que la guerre, même froide, nuit aux intérêts. De l’autre, les antagonismes « naturels », des nationalismes, des systèmes, des puissances nouvelles. 

    S’il y a guerre elle ne sera pas froide, ni chaude.

    Les fronts sont divers : idéologiques, avec le drapeau des droits de l’homme d’un coté, celui de l’anti-impérialisme de l’autre. Militaire aussi, avec les revendications chinoises en mer de chien, les pressions sur Hong Kong, les menaces sur Taïwan. sans parler de la poupée chinoise qu’est Kim Jong-un. Plus encore : la rivalité dans l’espace, et celle, déjà, dans ce nouveau champ de bataille qu’est le cyberespace, avec ces robots d’influence que sont les sociétés de télécom.

    S’il y a guerre elle ne sera pas froide, ni chaude. Sans mur. Sans char. Elle sera chaleureuse, par placements financiers et containers bloqués. Elle sera de manipulation, de trucage  et sabotages, elle sera d’influence, un coup d’Iran, un autre d’Algérie, de Serbie, de Grèce. Un autre d’Inde, de Corée, du Viêt-Nam. 

    En fait, rien que du classique, avec des outils nouveaux, complètement nouveaux. Le risque ? Etre défait sans même s’en apercevoir. « Soumettre l’ennemi sans combattre » disent les Chinois, est le sommet de l’art de la guerre. Il n’y aura pas de guerre froide, mais il y aura des batailles. Et pour les non spectateurs, les non acteurs que nous sommes, quel est le risque ? Ne pas être dans le jeu, c’est servir de marionnettes, à moins d’être l’enjeu. Ce que sont déjà maints pays d’Afrique ou des routes de la soie. Et l’Europe, premier marché mondial, acteur ou enjeu ? A la découpe, on connait le résultat. Le plus étrange est de voir les mêmes pays jouer les taupes des Chinois et des Américains en Europe. Quatre ministres des Affaires étrangères sont en visite en Chine (Hongrie, Irlande, Pologne et Serbie) pour jouer les bons élèves face aux critiques européennes. Ceux qui se croient malins sont bien naïfs. Etre un enjeu, c’est avoir déjà perdu.

  • Du bon usage des dictateurs

    Du bon usage des dictateurs

    En Syrie, Bachar El Assad a été réélu avec 95,1% des voix. Pourquoi les dictateurs aiment-ils autant les élections ? Qui sont les malades qui ont osé voter contre ? 95,1% C’est mieux que Loukachenko, qui avec seulement 84,1%, en est réduit à contraindre les avions à atterrir pour emprisonner ses opposants. L’Union Européenne s’est fâchée, le G7 aussi, exigeant la remise en liberté du courageux malheureux et de sa femme. Aucune chance. Poutine hésite à se manifester : il est ravi de voir les Occidentaux pousser Loukachenko dans ses bras, lui qui rechigne à consommer l’union promise depuis dix ans. Malgré tout, gare à la révolte : Imaginer une  révolution de Maïdan à Minsk le hérisse, la Biélorussie passerait dans le camp occidental, comme l’Ukraine, ce qui l’obligerait à envahir une nouvelle Crimée et créer un nouveau Donbass. A la périphérie de Moscou ! Il en parlera à Biden le 16 juin. Que Joe Biden le traite encore de « Killer », peu importe, quand on veut la paix, il faut savoir parler au diable, pense Poutine. Toujours intéressant de parler gaz et pétrole avec Biden. Ainsi Poutine le clément ne reprochera pas à Biden son langage.

    Menaces démocratiques en Biélorussie

    Pas plus qu’Emmanuel Macron n’a reproché à Kagame le sien. Au contraire. Il s’est réjoui de l’approbation d’un Président qui n’a jamais été élu avec moins de 93% des voix, qui dirige d’une main de fer un pays meurtri par un génocide, acmé d’une guerre civile dans laquelle la France, quoiqu’on dise, n’y est pour rien, déclenché par un attentat piloté, pensaient les juges en France et en Espagne, par un certain Kagame. Paul Kagame se voit ainsi légitimé, conforté par la France, qui valide son récit de l’histoire. Emmanuel Macron pense là, comme le pensait d’ailleurs François Mitterrand, faire pièce aux … Américains. Car Kagame, qui est intervenu dans les conflits de l’Ouganda et du Congo armes à la main, fut souvent présenté comme un ami de la CIA.  N’a-t-il pas substitué l’anglais au Français dans l’enseignement ? Sûr qu’après ce voyage, le Français  retrouvera sa place. 

    Kagame un dictateur apaisant

    On demandera à Bachar el Assad d’en faire autant dans la nouvelle Syrie, qui, après tout, fut créée, comme le Liban, par la France. Vous avez dit Liban ? Les mois passent, et comme prévu, il ne se passe rien, sinon la chute. Les menaces de la France n’ont pas encore convaincu. Il en faut plus pour terroriser le Hezbollah.

    Israël, par exemple. Ceux-là font peur. Des criminels. La Haute Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme ne vient-elle pas de suggérer que les actions d’Israël dans les 11 jours du conflit de Gaza pourraient être des crimes de guerre ? Et Le Monde ne vante-t-il pas la sagesse de M. Sinouar, un des chefs du Hamas, que l’on voit en photo mettre une kalachnikov dans les bras d’un enfant ? Si les miliciens suisses tiraient 4000 roquettes sur Paris, ceux qui ont déclaré la guerre « terrorisme » seraient tentés de raser les Alpes.

    Sissi, faiseur de paix.

    Heureusement, un bon médiateur apparut : le Maréchal Sissi, réélu avec 97,08% des voix. Soit : les Israéliens avaient atteint leurs objectifs militaires : les tunnels du Hamas. Et les Américains ont donné le signal adéquat pour leurs discussions avec l’Iran. Le futur Président iranien, Ebrahim Raïssi, devrait faire un moins bon score. Si seulement Netanyahou avait su écarter ses concurrents ! Mais en Israël, où couverait l’apartheid, même les Arabes palestiniens votent. Ils ont 15 députés. C’est d’ailleurs un des rares endroits au Moyen-Orient où les Arabes votent librement. A la réflexion, c’est aussi le seul endroit où une guerre sans fin et si violente fait aussi peu de morts : Moins de 300 morts pour 11 jours de guerre, 4000 roquettes, des centaines de bombardements : tant de précautions n’ont hélas pas ménagé Syriens, Kurdes, Irakiens, Iraniens, Yéménites, Afghans. Ne parlons pas des conflits africains. La machette tue plus que les bombes.

    Pourquoi condamner un dictateur, assassin ou terroriste ici, le valoriser là ? Pourquoi aller chercher l’absolution de crimes que l’on n’a pas commis chez un fauteur de guerre ?

    La politique étrangère est d’abord à usage interne

    Toute politique étrangère est d’abord destinée à l’opinion publique interne : posture morale, toujours. Ensuite seulement vient le jeu diplomatique. Ce n’est pas pour plaire à Kagame qu’Emmanuel va au devant d’une embrassade contestable mais pour habiller d’un nouvel horizon la politique de la France en Afrique, après dix ans de guerre au Sahel qui annoncent, d’après le général Lecointre, dix ans encore d’enlisement. Au Mali en guerre, se débarrasser du coup d’état dans le coup d’état. Au Tchad, soutenir la prise du pouvoir de Mahamat Idriss Deby, pour éviter que le verrou tchadien ne saute. Le fils sera un aussi grand démocrate que son père. 

    Masquer les échecs avec de nouveaux habits

    D’autant que la Russie avance et se saisit peu à peu de la Centrafrique. Après une conférence en zoom à Paris pour annoncer des prêts à l’Afrique, le geste de Macron vise à donner une autre image de la France : ce n’est plus la France militaire, post colonialiste, c’est la France anticolonialiste, pénitente sinon repentante, aimante, généreuse, qui concentre les moyens de l’AFD sur quelques pays. Est-ce vraiment judicieux ? Le prix Nobel Angus Deaton en doute[1], les résultats interrogent. Est-ce une France plus humaniste ? Si les dictateurs le disent.  

    Se servir des dictateurs est un art. Se présenter en pénitent aussi.  Est-ce suffisant pour masquer le fiasco de la politique africaine de la France ? Son échec au Moyen-Orient, notamment au Liban ? Son absence de stratégie vis-à-vis de la Russie, ses réactions au jour le jour pour l’Ukraine, l’Arménie, la Biélorussie ?

    Le moralisme international est un art difficile. 

    Mettre en avant les droits de l’homme et la démocratie ne sont pas de mauvaises politiques. Ce sont des valeurs qu’il faut partager, voire utiliser. Mais le moralisme international est un art difficile. Prétendre qu’ils forment la grille d’une politique étrangère est le signe ou du cynisme le plus absolu, ou de l’incohérence. Et faire des dictateurs des juges de bonne conduite une audace conceptuelle.  

    A moins que ce ne soit le masque de l’impuissance : comment cacher son déclin? En demandant aux dictateurs de reconnaitre – ou dénier, c’est la même chose– notre valeur « morale ». On se réjouira du progrès. Conjurer le déclin par un surplus de vertu, à la carte.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press


    [1] La Grande Évasion : santé, richesse et origine des inégalités, PUF, 2016.

  • Clap de fin pour les consulaires

    Clap de fin pour les consulaires

    Nos partenaires radio, Stéréochic et La French Radio Hong-Kong ont fait le bilan des élections consulaires.

    De Hong-Kong, Catya Martin de la French Radio, qui est aussi élue consulaire réélue, détaille pour Gauthier de Stéréochic la participation et les résultats.

    Réussite du vote internet ?

    Gauthier et Catya reviennent sur le vote internet qui n’a pas réussi à « booster » la participation qui s’aligne sur celle de 2014, soit entre 10% et 20% de participation selon les circonscriptions.

    Une campagne en ligne ?

    Autre difficulté pour cette campagne, la pandémie qui a empêché de réaliser une campagne en présentiez, la cantonnant au net.

    Pas de gagnants ? 

    Faible participation, résultats éclatés, aucun parti n’a sorti le champagne après ces élections consulaires. 

    On écoute Gauthier et Catya

  • Un navire amiral chargé de promouvoir les intérêts commerciaux post-Brexit du Royaume-uni

    Un navire amiral chargé de promouvoir les intérêts commerciaux post-Brexit du Royaume-uni

    Le Royaume-Uni va construire un nouveau vaisseau amiral, véritable « étendard national », pour accueillir des événements commerciaux et promouvoir ses intérêts post-Brexit dans le monde, a annoncé samedi le Premier ministre Boris Johnson.

    Une plate-forme pour les entreprises et les négociations

    Le navire fournira une plate-forme mondiale aux produits des entreprises britanniques ainsi qu’aux négociations commerciales de haut niveau, a déclaré Downing street, alors que le Royaume-Uni cherche à nouer de nouvelles relations commerciales après avoir effectivement quitté l’Union européenne fin 2020.

    Il sera également appelé à jouer un rôle dans la mise en oeuvre de la politique étrangère et de la sécurité du pays, en accueillant notamment sommets et entretiens diplomatiques.

    Il s’agira du premier vaisseau amiral en service depuis 1997, date à laquelle le Royal Yacht Britannia avait cessé de naviguer.

    M. Johnson a toutefois insisté sur le fait que le rôle du nouveau navire serait « différent » de celui de ses prédécesseurs, « reflétant le statut naissant du Royaume-Uni en tant que grande nation commerciale maritime indépendante ».

    « Chaque aspect du navire, de sa construction aux entreprises qu’il mettra en valeur à bord, représentera et promouvra le meilleur du Royaume-Uni », a-t-il déclaré dans un communiqué, vantant un « symbole clair et puissant de notre engagement à être un acteur actif sur la scène mondiale ».

    A la recherche de nouveaux partenaires

    La construction du navire devrait commencer en 2022 et être entièrement achevée en quatre ans, a indiqué Downing Street, qui ne pourra confirmer son coût qu’à l’issue de l’appel d’offres.

    Le navire, qui n’a pas encore été baptisé, sera doté d’un équipage de la Royal Navy et devrait avoir une durée de vie d’environ 30 ans. Le gouvernement sera peut-être appelé à le nommer d’après le prince Philip, mari de la reine Elizabeth II et ancien commandant de la marine, décédé en avril à l’âge de 99 ans.

    La Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE en janvier 2020, mettant fin à cinq décennies d’un mariage houleux, avant de quitter l’union douanière et le marché unique européens début 2021.

    Le pays a depuis reproduit ou reconduit des accords commerciaux existants avec l’Union européenne, le Japon et plusieurs autres pays, mais plein d’autres restent encore à conclure.

    Londres est actuellement en pourparlers avec l’Australie et a entamé des discussions avec l’Inde, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis au sujet de futurs partenariats.

  • Le député Petit en mission pour la démocratie en Europe de l’Est

    Le député Petit en mission pour la démocratie en Europe de l’Est

    Le dimanche 23 mai au matin, Roman Protassevitch a un mauvais pressentiment, alors qu’il s’apprête à embarquer sur le vol Ryanair FR4978 reliant Athènes à Vilnius. L’ancien rédacteur en chef de Nexta, une chaîne Telegram qui a joué un rôle crucial pour mobiliser les Biélorusses contre le président de l’ex-république soviétique, la Biélorussie, est inquiet et informe ses amis avant de décoller… 

     Un vol détourné 

    Le vol devait atterrir à 13 heures à Vilnius, Lituanie. Arrivé quasiment au-dessus de la frontière entre la Biélorussie et la Lituanie, alors qu’il n’était plus qu’à 20 minutes de sa destination et aurait dû, théoriquement, amorcer sa descente, l’avion effectue un virage brutal à 180°. Un message de la cabine signale que l’avion est redirigé sur Minsk sans donner d’autres détails. Selon plusieurs passagers, Roman Protassevitch est alors pris d’une grande agitation. Il se lève et interpelle d’une voix très forte un steward pour lui dire qu’il « risque la peine de mort ». Ce dernier lui répond qu’il n’y peut rien et que l’avion doit se poser à Minsk.

    On connait la suite de l’histoire…. Un vol européen entre deux capitales européennes et opéré par une compagnie aérienne a été détourné par un avion de chasse biélorusse. L’opposant a depuis fait des aveux complets et a disparu… 

     Un défi au droit international 

    Cette action a été rondement menée, bien encadrée par tout un ensemble de prétextes, alerte à la bombe, violence à bord du vol ; tout ce qu’il fallait pour donner l’impression de respecter le droit international… 

    Une situation que l’Union européenne ne peut tolérer comme la France… C’est dans cette optique que l’Assemblée nationale a mandaté deux députés dont Frédéric Petit, représentant les Français d’Europe centrale et de l’Est, pour comprendre les faits et rencontrer les opposants à ce régime dictatorial aux portes de l’Europe occidentale. 

    Un podcast complet pour bien comprendre les enjeux et les risques pour les expatriés. 

    Ecoutez le podcast avec Frederic Petit

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  • Ouvrons la porte à la croissance !

    Ouvrons la porte à la croissance !

    Depuis la crise financière voire l’éclatement de la bulle Internet, la croissance joue à l’arlésienne avec les pays européens. Nous en avons perdu le goût. C’est tout juste si certains en craignent le retour qui serait synonyme de déséquilibres et d’inflation. Ne boudons pas notre plaisir de connaître l’ivresse de la croissance.

    Face au malaise 

    Face à l’ensemble des défis économiques, environnementaux et sociaux, nous avons un besoin urgent d’expansion. Sur un plan psychologique, n’en déplaise aux tenants de la décroissance, nous sommes construits sur le principe de l’accroissement des richesses, qu’elles soient matérielles ou spirituelles. Le progrès est le propre des sociétés humaines. Longtemps, la conquête territoriale, la domination ou l’asservissement des peuples ont servi de guide à l’action humaine. Puis les révolutions industrielles ont progressivement placé le bien être des peuples au cœur des motivations humaines. La compétition entre les nations n’a pas disparu mais ses formes ont évolué. Les échanges qui sont les vecteurs de la transmission de la connaissance et du progrès sont devenus la colonne vertébrale de l’économie contemporaine. La décadence et le déclin sont anormaux, sources de tensions au sein des nations et entre-elles. 

    Stacking gold coins and money bag of tree with growing put on the wood on the morning sunlight in public park, Saving money and loan for business investment concept.

    Les pays européens sont en proie à un profond malaise depuis une dizaine d’année en raison de la crainte de déclassement d’une part croissante de leur population, en particulier des classes moyennes. Le ralentissement de l’ascenseur social génère de la frustration. Avec Internet, avec les réseaux, nul ne peut échapper aux regards des autres. La richesse ne peut plus se cacher, ce qui favorise une demande égalitariste.

    Peurs millénaristes 

    Pour limiter la fragmentation des sociétés, les gouvernements européens ont multiplié les dépenses sociales au prix d’un endettement croissant. Cette atténuation des effets de la stagnation de la croissance ou des récessions n’a pas empêché la montée des mécontentements. L’assistance peut être une béquille indispensable pour éviter des drames humains mais elle ne serait devenir la règle ; elle ne satisfait pas à la volonté de la large majorité des citoyens de se réaliser par le travail. 

    Depuis le début du siècle, l’esprit d’aventure ou de dépassement était aux abonnés absents. Tout sujet est propice à la polémique et à la division. Le réchauffement climatique, le vieillissement de la population, l’immigration ne sont abordés que de manière clivante et négative. 

    Nous avions souri des peurs millénaristes de nos contemporains de l’an 1000, or nous les avons surpassés. Le mot réforme est honni car il est synonyme de régression et de recul des droits sociaux. Par peur de perdre ce que nos ainés ont conquis, l’immobilisme s’est imposé comme une nouvelle religion.

    La croissance sonne à la porte 

    La crise sanitaire de 2020, comme la Grande Peste ou l’épidémie de Choléra, est susceptible de déplacer les lignes, de briser les conformismes. Les Etats, les entreprises et les ménages ont été contraints de s’adapter en temps réel à un environnement qu’ils auraient été bien incapables d’imaginer en 2019. De nouvelles méthodes pour travailler, réfléchir, agir s’imposent. Affranchis de la routine, nous sommes plus prompts à innover, à trouver des solutions hier impensables. La soif de vie des femmes et des hommes est le meilleur remède. 

    Elle s’exprime dans toute sa force lors des déconfinements. Que ce soit à Rome, à Berlin, à New York ou à Paris, le désir de terrasses, de concerts, de rencontres est un sentiment largement partagé. Au-delà des polémiques, le succès de la vaccination en est une autre preuve. La croissance sonne à la porte. Ouvrons-la en grand !