En France, Octobre rose existe depuis 1994. Cette campagne annuelle est conduite par l’association Ruban rose. Les membres mènent depuis des décennies le combat de la sensibilisation du grand public au dépistage du cancer du sein, la première cause de mortalité par cancer chez les femmes. Aussi, elle cherche à récolter des fonds pour la recherche médicale et scientifique. Son symbole, le ruban rose est connu de tous. Les Françaises de l’étranger sont bien évidemment aussi invitées à se dépister. Pour elles, il existe plusieurs possibilités pour accéder au dépistage. Nous en parlerons.
Rose, encore du rose ?
Si la couleur rose a été choisie, c’est que dans l’imaginaire collectif, cette couleur est « féminine, douce, joyeuse » tout en évoquant « la bonne santé, tout ce que le cancer n’est pas ». À l’occasion de cette campagne, de nombreuses actions sont entreprises (conférences, expositions, challenges, dépistage, collecte de fonds…), un peu partout dans le monde.
L’américaine Penney Laingen a été la première femme à utiliser le ruban comme un symbole en 1979 : elle accrochait des rubans jaunes aux arbres pour demander la libération de son mari, retenu en otage en Iran. Au début des années 90, le ruban rouge, couleur de la passion et du sang, symbolise la lutte contre le virus du Sida. En 1992, Alexandra Penney, rédactrice en chef du magazine Self, imagine un ruban rose pour désigner le combat contre le cancer du sein et demande à l’entreprise Estée Lauder de le distribuer dans ses magasins de New York. Evelyn Lauder, vice-présidente de la société de cosmétiques, surenchérit en promettant de mettre des rubans sur tous les comptoirs Estée Lauder, ainsi que les magasins de cosmétiques du pays.
Octobre rose
Des évènements partout dans le monde
En France, pour ses 20 ans, l’association Ruban Rose a lancé pour la première fois sa campagne de sensibilisation Octobre Rose autour d’un événement sur les Champs-Élysées le dimanche 1er octobre 2023 en compagnie de la chanteuse Jenifer, de 99 femmes et 1 homme atteints et guéris du cancer du sein et 100 blouses blanches (chercheurs, médecins, soignants) et les marraines de l’association.
A l’étranger, aussi, on se mobilise comme l’ambassade de France au Danemark. Des lumières roses sont allumées chaque soir aux fenêtres de l’ambassade et une guirlande de soutien-gorge a été réalisée avec l’aide de la communauté française à Copenhague.
Dans le reste du monde, les évènements sont aussi nombreux. Vous pourrez soutenir la campagne de sensibilisation en participant au festival Pink Caravane à Dubaï tout au long du mois tandis qu’à Hong-Kong c’est un « Pink Wall » qui servira de point de rendez-vous le 15 octobre. Toujours en Asie, Singapour lance un « mammobus » qui circulera tout le mois, une initiative qu’on retrouve en Europe, comme dans la capitale italienne ou à Berlin. Une simple recherche sur Google vous permettra de découvrir les évènements organisés près de chez vous.
Evénement sur les Champs-Elysées à l’occasion d’Octobre Rose
Dix projets de recherche dotés en 2023
Le paradoxe est que malgré tous les progrès des dernières années, on n’a toujours pas trouvé comment réduire le nombre de femmes touchées (et d’hommes, qui représentent 1% des personnes affectées par le cancer du sein). L’allongement de la durée de vie et la progression des facteurs aggravants dans la population féminine (consommation d’alcool, tabac) concourent à la stabilité du nombre de femmes atteintes par la maladie : 8 femmes sur 10 risquent de développer un cancer du sein au cours de leur vie. Cette maladie, qui reste le cancer le plus fréquent chez les femmes, touche 61.000 personnes chaque année en France.
Pas question, donc, de relâcher l’effort. Le nombre d’entreprises mécènes de cette cause fédératrice – Caisses d’Epargne, Etam, Cora…- continue d’augmenter mais les particuliers aussi sont sollicités. « En 20 ans, 8 millions d’euros ont été reversés à 98 projets de recherche sur le cancer du sein », souligne Sandrine Planchon.
Octobre Rose sur les Champs-Elysées
Soutenir en ligne l’association française
La diminution du taux de mortalité par cancer du sein peut baisser grâce aux avancées de la recherche. Pour soutenir la recherche, on peut faire un don simplement en ligne sur la plateforme officielle de dons de l’association Ruban Rose.
Au cours du dernier demi-siècle, l’Asie est devenue l’usine du monde. Dans le sillage du Japon, de la Corée du Sud, de Taïwan et, plus récemment, de la Chine, du Vietnam ou des Philippines, l’Asie du Sud-Est est devenue le premier centre mondial de production de biens manufacturés exportés en particulier vers l’Occident aisé. Des millions d’Asiatiques ont ainsi échappé à la pauvreté et ont pu intégrer les classes moyennes.
Aujourd’hui, sur fond de tensions commerciales, de transition énergétique et de tertiarisation des économies, le modèle économique de la région est amené à changer. Le long boom manufacturier asiatique a favorisé une vague d’intégration commerciale. En 1990, 46 % du commerce asiatique s’effectuait à l’intérieur de la région. En 2021, ce chiffre était passé à 58 %, ce qui en faisait le continent le plus intégré après l’Europe.
À mesure que l’Asie devient plus riche et ses entreprises plus musclées, les flux d’investissement deviennent également plus régionaux.
La régionalisation du commerce international
Des années 1990 à 2010, l’essor industriel de l’Asie a provoqué un développement des échanges entre les différents continents. Les chaînes de valeurs ont été éclatées à l’extrême. L’Asie travaillait essentiellement pour les États-Unis et l’Europe. En 1990, seulement 46 % du commerce asiatique s’effectuait à l’intérieur du continent. Depuis quelques années, une inflexion est à l’œuvre. En 2021, le commerce intra asiatique représente 58 % de l’ensemble des échanges de la zone.
La régionalisation du commerce concerne également l’Europe. De 2000 à 2010, la part des échanges entre pays européens avait décliné passant de 74 % à 69 % du total des échanges. Ce ratio s’est récemment stabilisé et a même tendance à remonter depuis la fin de la crise covid.
Une dépendance aux États-Unis et à l’Europe en fort recul
Autrefois dépendants des États-Unis ou des États de l’Union européenne que ce soit en matière de haute technologie ou de capitaux, les pays d’Asie optent de plus en plus pour la carte locale. Les investisseurs asiatiques détiennent désormais 59 % du stock d’investissements directs étrangers dans leur propre région, à l’exclusion des centres financiers de Hong Kong et de Singapour, contre 48 % en 2010.
En Inde, en Indonésie, au Japon, en Malaisie et en Corée du Sud, la part des investissements directs provenant de l’Asie a augmenté de plus de 10 points de pourcentage en une dizaine d’années.
Les opérations bancaires transfrontalières sont également devenues plus asiatiques. Avant la crise financière de 2007/2009, les banques locales représentaient environ un tiers des prêts à l’étranger. Ils en représentent désormais plus de la moitié. Ils ont profité du retrait des financiers occidentaux. Les prêts à l’étranger accordés par la Banque industrielle et commerciale de Chine ont plus que doublé de 2012 à 2022, pour atteindre 203 milliards de dollars. Les banques japonaises se sont également étendues, afin d’échapper aux marges étroites auxquelles elles sont confrontées sur leur territoire.
Singapour et Hong Kong sont devenus des centres financiers traitant un nombre croissant d’opérations intra-asiatiques. Les programmes de la Route de la Soie ont également contribué à renforcer les financements asiatiques des infrastructures.
L’image économique et financière de l’Occident s’est écornée.
Depuis une dizaine d’années, l’image économique et financière de l’Occident s’est écornée. Selon une récente enquête menée par l’institut Iseas-Yusof Ishak à Singapour auprès de chercheurs, d’hommes d’affaires et de décideurs politiques d’Asie du Sud-est, 32 % des personnes interrogées ont déclaré que les États-Unis restaient la puissance politique la plus influente de la région mais seulement 11 % estiment qu’elle est la puissance économique dominante. Les tensions commerciales entre les États-Unis, l’Europe et l’Asie incitent les entreprises à réorienter leurs exportations. L’abandon par les États-Unis de l’accord commercial du Partenariat transpacifique en 2017 a marqué une rupture. Cette décision de Donald Trump est le symbole du repli des États-Unis et de l’émergence d’un cycle protectionniste.
Les entreprises asiatiques sont contraintes de disposer de nouvelles chaînes de production et d’approvisionnement pour déjouer les sanctions et droits de douane imposés à la Chine. Cela conduit à la réalisation de nouvelles infrastructures dans des pays comme le Vietnam ou l’Indonésie qui sont financées essentiellement par des capitaux asiatiques. Ces projets de construction s’accompagnent du développement du crédit privé dans de nombreux pays.
Les pays les plus riches de la zone, la Chine, Hong Kong, le Japon, Singapour, la Corée du Sud et Taïwan interviennent de plus en plus en tant que financeurs de projets et de moins en moins comme acteurs directs. Ils suivent en cela les États-Unis et les États européens. Entre 2015 et 2021, la Chine a engagé en moyenne 5,5 milliards de dollars par an dans la région, contre 4 milliards de dollars pour le Japon et 2,9 milliards de dollars pour la Corée du Sud.
Une grande partie de cela s’accompagne d’un transfert d’expertise technique. En 2011, les pays asiatiques les plus riches disposaient d’environ 329 milliards de dollars d’investissements directs dans les économies émergentes et plus pauvres comme le Bangladesh, le Cambodge, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines ou la Thaïlande. En 2022, ce montant s’élève à près de 700 milliards de dollars.
Quand les Asiatiques deviennent des consommateurs
Espace de production, l’Asie devient au fil des années également un gigantesque centre de consommation. Sur les 113 millions de personnes qui intègrent chaque année les classes moyennes, 91 millions proviennent de ce continent selon le cabinet World Data Lab. Même si la croissance des revenus ralentit en Chine après des décennies d’expansion, elle augmente dans les autres pays. Les cinq plus grandes économies du bloc régional de l’ASEAN – à savoir l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande – devraient enregistrer une hausse de leurs importations de 5,7 % par an entre 2023 et 2028, soit le rythme le plus rapide au sein de l’économie mondiale. Actuellement, les produits importés représentent 44 % de la consommation de biens sur ce continent. Au fur et à mesure de la régionalisation du commerce et de l’augmentation du pouvoir d’achat, ce taux devrait augmenter dans l’Asie du Sud-Est.
En l’état actuel, l’intégration politique est impossible en Asie.
Une convergence des revenus des ménages
Les disparités de revenus en Asie sont considérables, le PIB par personne étant, en 2022 de 8 000 dollars en Inde contre 49 000 dollars au Japon, en tenant compte du pouvoir d’achat. Comme ce fut le cas dans l’Union européenne, une convergence des revenus des ménages est à l’œuvre en Asie.
L’épargne des pays asiatiques les plus riches et les plus âgés s’oriente vers les pays plus pauvres et plus jeunes à fort potentiel de croissance. L’augmentation des échanges commerciaux devrait réduire les prix pour les consommateurs et générer des emplois à forte valeur ajoutée.
La conséquence de cette intégration économique plus forte est une interdépendance de plus en plus marquée. Jusque dans les années 2010, la croissance sur le continent asiatique dépendait avant tout de l’évolution de la conjoncture aux États-Unis ou en Europe. Désormais, le ralentissement en Chine se propage rapidement aux autres États de la région d’Asie du Sud-Est.
Une intégration économique mais pas politique
A la différence de celle de l’Europe, l’intégration économique de l’Asie du Sud-Est ne repose pas sur un projet politique. La construction européenne visait au début des années 1950 à éviter une réédition d’une guerre continentale et de protéger la partie occidentale du Vieux continent de l’influence soviétique. En l’état actuel, l’intégration politique est impossible en Asie. Les systèmes politiques sont variés allant de la démocratie libérale à la dictature. Les États asiatiques sont extrêmement jaloux de leur indépendance. Les États-Unis jouent, par ailleurs, le rôle de garant militaire, en Corée du Sud, au Japon ou à Taïwan par exemple face à l’hégémonisme éventuel de la Chine ou de la Corée du Nord.
L’Inde qui est devenue la première puissance démographique mondiale entretient des relations conflictuelles avec la Chine. Le Vietnam entend jouer sur plusieurs tableaux pour combiner croissance et indépendance. Ce pays d’obédience socialiste s’est ainsi rapproché des États-Unis. Les États-Unis ont depuis le passage au pouvoir de Donald Trump perdu en lustre et en influence en Asie. Pour de nombreux pays d’Asie du Sud-Est, ils demeurent néanmoins un protecteur et un contrepoids à l’influence grandissante de la Chine. Le développement de cette dernière et la montée en puissance de l’Inde modifient néanmoins les relations économiques au sein des pays en créant des solidarités économiques nouvelles.
Alors que le parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) est confronté à sa campagne électorale la plus serrée depuis 2015, et pourrait perdre le pouvoir, une délégation du Conseil de l’Europe a exprimé ses préoccupations quant à l’équité du processus électoral polonais.
Une délégation composée de parlementaires de France, d’Allemagne, d’Autriche, de Roumanie et du Royaume-Uni s’est rendue en Pologne dans le cadre du mandat du Conseil de l’Europe, organisation de défense des droits de l’homme basée à Strasbourg. À la suite de cette visite, ils ont publié un rapport le 28 septembre, faisant état d’un « climat de campagne tendu et marqué par des antagonismes ».
« J’ai été stupéfaite par le niveau d’invectives entre les différents partis. Le niveau d’antagonisme est très fort. Certains politiques se traitent d’agents de l’étranger, soit vis-à-vis de l’Allemagne, soit vis-à-vis de la Russie », a déclaré Mireille Clapot, députée française et cheffe de la délégation, à Euractiv.
En effet, le candidat pro-UE à la tête du parti Plateforme civique (KO) et ancien Premier ministre polonais Donald Tusk a publié une vidéo le 20 septembre sur X, se moquant des lapsus du Premier ministre polonais actuel Mateusz Morawiecki.
Le 11 septembre, le parti au pouvoir, a publié un court-métrage sur YouTube suggérant que Tusk était un agent allemand qui souhaitait augmenter l’âge de départ à la retraite des Polonais, tout en présentant le vice-premier ministre et dirigeant de facto du PiS, Jarosław Kaczyński, comme un défenseur du peuple polonais et soumettrait la question au peuple polonais lors d’un référendum.
Référendums simultanés
En ce qui concerne les référendums, le parti Droit et Justice a décidé de poser quatre questions simultanées aux Polonais lors des élections législatives du 15 octobre.
En plus d’être critiqués pour leur rédaction trompeuse ou viseraient « à permettre de contourner les règles de financement applicables à la campagne électorale », comme l’écrit la délégation du Conseil de l’Europe.
De plus, les référendums eux-mêmes peuvent constituer une menace pour la démocratie.
En effet, les résultats aux référendums ne seront valides que si 50 % de l’électorat polonais y répond. Par conséquent, de nombreux Polonais opposés au parti Droit et Justice pourraient être tentés de ne pas y répondre.
Or, « les électeurs [polonais] doivent refuser explicitement de prendre les bulletins aux membres de la Commission du bureau de vote, ce qui nuit au secret du vote », a expliqué Mme Clapot à Euractiv.
En effet, ceux qui sont enclins à refuser de répondre aux référendums sont plus probablement des opposants au PiS et pourraient faire face à des intimidations dans le bureau de vote.
« J’ai été stupéfaite par le niveau d’invectives entre les différents partis. Le niveau d’antagonisme est très fort. Certains politiques se traitent d’agents de l’étranger, soit vis-à-vis de l’Allemagne, soit vis-à-vis de la Russie », a déclaré Mireille Clapot, députée française et cheffe de la délégation, à Euractiv. [EPA-EFE/Pawel Supernak]
Comptabilisation du vote des Polonais vivant à l’étranger
Le « processus de vote applicable aux citoyen·ne·s polonais·e·s résidant à l’étranger a également été soulevé » par la délégation.
En effet, la municipalité de Varsovie est la seule municipalité à recevoir les votes des Polonais vivant à l’étranger et dispose d’exactement 24 heures pour soumettre les résultats à la Commission électorale nationale.
« Aucun vote des bureaux dépassant ce délai ne sera comptabilisé, ce qui pose un problème quant à l’équité du vote », a déclaré la cheffe de la délégation, Mme Clapot.
Ce délai a été critiqué en Pologne par le commissaire aux droits de l’homme, Marcin Wiącek, qui a qualifié la nouvelle règle de décompte des voix de manquement aux droits des Polonais de l’étranger et d’infraction à la Constitution polonaise.
Certains craignent que cette nouvelle règle ne soit une tentative de ne pas comptabiliser les votes des Polonais de l’étranger, qui ont tendance à favoriser l’opposition plutôt que le parti au pouvoir, le PiS, comme le montrent les résultats des dernières élections présidentielles de 2020.
Indépendance des médias
La délégation du Conseil de l’Europe a également noté un « déséquilibre de la couverture médiatique assurée par les organes de presse publics ».
En effet, certains dénoncent que le PiS, utilise depuis plusieurs années les chaînes de radio et de télévision nationales (Polskie Radio et TVP) pour diffuser son programme conservateur.
En outre, depuis décembre 2020, la compagnie pétrolière publique PKN Orlen possède la holding de médias Polska Press, qui regroupe des dizaines de journaux polonais locaux. La Fondation Helsinki pour les droits de l’homme a signalé à ce propos que cette acquisition avait porté atteinte à la liberté journalistique en Pologne.
Radio Maryja, une station de radio polonaise, religieuse et conservatrice très influente auprès des personnes âgées, principalement des femmes, a par ailleurs reçu d’importantes subventions de l’État.
La station invite souvent des personnalités politiques du PiS qui soutiennent la radio, qui en retour présente la politique du PiS comme la seule qui soit la bonne.
Indépendance de la Cour suprême
La validation des référendums sera déterminée par la Cour suprême polonaise.
Or, certains des juges de cette institution ont été nommés par le PiS, et leur indépendance a de ce fait été mise en question. Notamment, la Cour européenne des droits de l’homme ne reconnaît plus cette institution comme un tribunal légalement établi.
« En cas de litiges, les décisions pourraient voir leur impartialité et donc leur légitimité mises en doute », a expliqué Mme Clapot.
Une note positive
Sur une note plus positive, Mme Clapot a expliqué que la liberté de se porter candidat n’a pas été entravée en Pologne.
Euractiv a contacté le porte-parole du parti Droit et Justice, mais aucune réponse n’a été reçue au moment de la publication.
Bonjour à tous, nous sommes le mardi 10 octobre et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui, on zoome sur le passage de l’athlète français au Lycée français de Bruxelles avant de passer à Montréal pour parler de l’Accueil des Français. On finira avec l’angoisse des familles en France sans nouvelles de leurs proches en Israël.
Décathlon au Lycée français de Bruxelles Jean Molière
À l’invitation du lycée Français Jean Monnet à Bruxelles, Kevin Mayer, double champion du monde du décathlon, a pu échanger avec les élèves de l’établissement lors d’une conférence en amont d’un week-end sportif sous le signe du décathlon, la discipline phare de l’athlète. Kevin Mayer a délivré aux élèves son secret et son conseil de vie: « Faites ce qu’il vous plaît. C’est le plaisir qui fait que l’on devient le meilleur. ». Un conseil qui vaut pour tous !
Kevin Mayer
À Montréal, les Français sont bien accueillis
Au fil des décennies, Montréal Accueil s’est taillé une place de choix dans le vibrant paysage associatif du Québec. Le fil d’Ariane de l’association est de faciliter l’intégration des Français et francophones arrivant à Montréal ou dans la proche région. La dynamique et l’offre d’activité reposent sur une équipe engagée et active de plus de cinquante bénévoles. Chacun offre son expertise (professionnelle, sociale, artistique, sportive…) au service du groupe. Cela permet d’aborder les différentes sphères de vie des nouveaux arrivants au Québec et de répondre à des besoins parfois variés.
Montreal Accueil
7 familles dans l’attente, dans l’espoir
Alors que la frontière entre Gaza et Israël est cernée, entraînant de fait un blocus de l’enclave palestinienne contrôlée par le Hamas, les familles des 7 Français, qui ont disparu suite à l’assaut des terroristes, crient leur désespoir sur les médias nationaux. Sur BFM, le frère d’une des disparus raconte que son beau-frère a retrouvé la voiture de la jeune française « complètement mitraillée, avec des bombes à côté de la voiture, la moto du Hamas derrière, du sang du conducteur, mais aucune nouvelle de Céline ». D’autres partagent leur « boule au ventre« , leur nuit d’angoisse dans l’attente de nouvelles. Mais selon les autorités israéliennes, il faudra des semaines voir des mois pour avoir des nouvelles des disparus.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition.
A l’invitation du lycée Français Jean Monnet à Bruxelles, Kevin Mayer, double champion du monde du décathlon, a pu échanger avec les élèves de l’établissement. Au cours de cette conférence, l’athlète leur a délivré son secret et son conseil de vie: « Faites ce qu’il vous plaît. C’est le plaisir qui fait que l’on devient le meilleur. »
« Un baccalauréat c’est comme réussir un décathlon »
Présentant son sport qui compte dix disciplines, Kevin Mayer a fait le parallèle avec le bac : « un baccalauréat c’est comme réussir un décathlon. Il y a une fierté de pratiquer les différentes épreuves, et pas d’impasse possible. »
Les Jeux Olympiques se sont aussi invités dans l’échange. Le double médaillé d’argent dans cette compétition sait qu’il est attendu par le public français : « C’est ma capacité à gérer le moment présent qui déterminera mon résultat. »
Kevin Mayer en conférence devant les éléves et les parents du Lycée Français Jean Monnet à Bruxelles
« Ce qui m’intéresse c’est de vibrer »
Démystifiant l’absolutisme de victoire, Kevin Mayer a délivré aux élèves une de ses méthodes : « le meilleur moyen d’assumer la pression, c’est d’être en accord avec soi-même. Avant de penser à la médaille, ce qui m’intéresse c’est de vibrer. De profiter de chaque entrainement. Et de penser à ce stade de France, aux 80.000 spectateurs qui seront là. »
Devant un parterre de plus en plus conquis au fil de la discussion, le décathlonien français a partagé un autre de ses secrets d’entrainement : « c’est quand on pense d’abord à faire du sport que l’on fait bien du sport, ce n’est pas en pensant à la médaille. »
Kevin Mayer devant l’atomium à Bruxelles avec les participants de la « Mayer Expérience »
La « Mayer expérience » : permettre à tous de réaliser un décathlon en une journée
A l’écouter, pratiquer le décathlon paraît également si simple : « oui, c’est accessible à tout le monde » affirme-t-il. Il en a pour preuve la « Mayer Expérience » qui, au lendemain de cette conférence au lycée français, s’est organisée au pied de l’Atomium à Bruxelles. Soutenue pas l’Ambassade de France en Belgique et la ville de Bruxelles, cette première « Mayer Expérience » en dehors des frontières françaises (les précédentes éditions ont eu lieu à Cannes et Saint-Jean de Monts), a réuni plus de deux cents personnes. Cet événement a pour objectif de permettre aux participants de réaliser un décathlon en une journée. Parmi ceux-ci, une moitié de Français résident en Belgique. Nous en avons suivi quelques-uns.
La « Mayer Expérience » a pour objectif de permettre aux participants de réaliser un décathlon en une journée
« Les billets pour les JO sont impayables »
Margot et Thomas vivent en Belgique depuis neuf ans. Ils se sont rendus fin août à Budapest pour assister au championnat du monde d’athlétisme et soutenir Kevin Mayer. Pas de chance, le français s’est blessé et n’a pas pu concourir complétement. « Les billets pour les JO sont impayables. C’est une chance pour nous de le voir comme ça à Bruxelles. » Au fur et à mesure de la journée, ils ont découvert de nouveaux sports, comme le saut à la perche. Se prenant au jeu des épreuves, Margot trouve « cette expérience géniale. » Elle confie même « J’adore le sprint, cela me donne envie d’en faire. »
Consultant pour un grand groupe international, Corentin vit à Bruxelles depuis huit ans. Il trouve « dommage que le sport en général et l’athlétisme en particulier ne soient pas assez développés à l’école. » Il suit la carrière de Kevin Mayer depuis plusieurs années. « C’est un athlète inspirant. »
Alors, quand il a su que la Mayer expérience passait par Bruxelles il « n’a pas hésité à s’inscrire. »
Charles, bénévole lors de la « Mayer Expérience »
« L’idéal : se coucher à 21h30 »
Des bénévoles ont également permis l’organisation de cette journée. C’est ainsi que Charles, un Français originaire de la région rouennaise et résidant en Belgique depuis quatre ans, prodigue ses conseils au saut en hauteur. Etudiant en kiné, le décathlonien amateur a les yeux qui brillent quand il parle de Kevin Mayer « C’est un véritable acharné. Pour nous qui pratiquons ce sport, ses explications sur son rapport au corps sont une source de progression. » La veille, le double champion du monde avait d’ailleurs expliqué aux élèves que pour bien reposer son corps, l’idéal était de se coucher vers 21h30. Et d’arrêter les écrans à 19h. Retiendront-ils ce message ? Peut-être que celui-ci sera relayé par la communauté éducative ?
Aline, institutrice en CM2 au lycée français Jean Monnet a participé aux dix épreuves de la Mayer Expérience. Petit clin d’œil : « la prof elle se prépare pour les JO », a-t-elle entendu sur le parcours. Elle retient aussi le discours du recordman du décathlon devant ses élèves. « Je vais me servir de ce que nous a dit Kevin Mayer pour poursuivre cette discussion avec ma classe. J’ai apprécié le lien avec le dépassement de soi, dans le sport, le travail. C’est une très belle opportunité d’avoir eu cet échange. »
« Pour Kevin, jusqu’au bout ! »
Par sa présence et son message, l’athlète semble avoir beaucoup apporté à la communauté française à Bruxelles et également au-delà. Que ces deux journées en Belgique soient aussi porteuses pour le champion français. Aline, Margot, Thomas, Corentin et plusieurs autres participants de la « Mayer Expérience » ont créé un cri de ralliement pour s’encourager à franchir chaque épreuve de la journée : « pour Kevin, jusqu’au bout ! »
C’est bien tout ce que l’on souhaite au champion français. D’aller jusqu’au bout… de la ligne droite du 1500 mètres de cette ultime épreuve du décathlon. Nous avons bien compris que la victoire, Kevin Mayer, n’était pas votre ultime obsession. Beaucoup espèrent que vous emporterez de votre passage en Belgique cette formidable énergie soufflée par les Français de Bruxelles pour vous emmener « jusqu’au bout ». Et décrocher celle qui manque encore à votre incroyable palmarès, cette médaille d’or olympique.
Vous rendre la vie plus belle à Montréal, voici la devise de l’association Montréal Accueil qui aide les nouveaux arrivants francophones, expatriés et immigrants, à vivre pleinement leur intégration.
De par sa réalité francophone, Montréal est un centre névralgique pour les nouveaux arrivants, qu’ils soient venus de France ou du reste de la francophonie. On évoque officieusement plus de 140 000 Français au Québec dont une majorité à Montréal. Arriver sur un nouveau territoire, même si on en partage la même langue est toujours un défi pour les familles comme pour les individus.
La force d’une communauté d’accueil est primordiale pour initier l’aventure locale. Montréal Accueil offre un espace chaleureux pour vous aider, tant au niveau professionnel que social.
Un ancrage local pour une vision globale
Montréal Accueil est une association à but non lucratif, rattachée à la Fédération Internationale des Accueils Français et Francophones d’Expatriés (FIAFE). Ceux qui ont déjà vécu une expatriation auront peut-être déjà connu un des Accueils dans le monde ! La FIAFE est une fédération qui anime un réseau international rassemblant 10 000 bénévoles et 100 000 membres, dans90 pays.
Au fil des décennies, Montréal Accueil s’est taillé une place de choix dans le vibrant paysage associatif du Québec. Le fil d’Ariane de l’association est de faciliter l’intégration des Français et francophones arrivant à Montréal ou dans la proche région. La dynamique et l’offre d’activité reposent sur une équipe engagée et active de plus de cinquante bénévoles. Chacun offre son expertise (professionnelle, sociale, artistique, sportive…) au service du groupe. Cela permet d’aborder les différentes sphères de vie des nouveaux arrivants au Québec et de répondre à des besoins parfois variés.
Les activités autour du marché de l’emploi
Si certains sont arrivés au Québec avec un contrat d’expatrié, ce n’est pas le cas de tout le monde, pensons aux conjoints, aux immigrants… Et avoir déjà un contrat de travail ne signifie pas que l’on soit agile au niveau des codes culturels. Montréal accueil offre une palette très riche pour soutenir les activités professionnelles. Il y en a pour tous les goûts et besoins, selon que vous soyez arrivé la semaine dernière, il y a un mois ou une année : les ateliers de recherche d’emploi, conseils en développement de carrière, approche du marché québécois si spécifique, codes culturels, réalité interculturelle complexe… Les ateliers sont offerts par des professionnels ayant une expertise métier, mais aussi la connaissance du territoire, ce qui permet de gagner en confiance et efficacité. Bref, c’est une manière d’accélérer en douceur et fluidité le parcours professionnel des nouveaux arrivants dans un contexte structuré et bienveillant.
Anne-Lise Pic-Thoorens
Interview d’Anne-Lise Pic-Thoorens, responsable au Conseil pour l’intégration professionnelle
La rencontre grâce aux loisirs
« Montréal Accueil ne se limite pas au volet professionnel, loin de là. L’aspect loisirs et activités est très riche. Que vous soyez sportif, amateur de culture ou fin gastronome, de nombreuses sorties et rencontres sont offertes. Chacun peut trouver une activité qui correspond à ses préférences : de l’Apéro Philo au Café des nouveaux arrivants, des sorties culturelles aux ateliers créatifs, des activités sportives à l’atelier écologique. Et n’oublions pas le lien émotionnel aux traditions, comme le lunch de Noël, la Galette des rois ou la Cabane à sucre. Mais toutes ces activités sont avant tout l’opportunité de connecter avec d’autres membres de la communauté et de tisser des liens qui sont des ancrages positifs pour une intégration réussie. Les autres membres auront vécu la même expérience du déracinement et de l’arrivée à Montréal que vous, bref un terrain de jeu inspirant. »
Une passerelle vers une intégration réussie
« Si votre expérience de l’arrivée au Québec est unique, Montréal Accueil est une occasion de vous soutenir dans votre intégration. Rejoindre cette communauté bienveillante et dynamique vous permet de bénéficier du soutien inestimable d’un réseau fort et diversifié. Il y a même certaines activités qui sont spécifiques selon les quartiers. Que ce soit sur le plan professionnel ou social, les activités vous permettront de trouver vos marques, d’échanger, de faire votre place de manière chaleureuse et effective pour votre aventure québécoise. Et de membre à votre arrivée, vous pourriez devenir bénévole à votre tour pour partager votre expertise, votre expérience pour aider la communauté ! N’hésitez pas à contacter l’association. »
Pour en savoir plus et les suivre dans les réseaux :
La Chambre de Commerce Franco-Américaine de San Francisco, La French Tech San Francisco, les Conseillers du Commerce Extérieur, le Consulat Général de France à San Francisco et Business France travaillent ensemble au sein du Conseil Economique, qui a lieu au moins deux fois dans l’année pour partager et planifier les évènements économiques, techniques et scientifiques, destinés aux acteurs du pôle de la Bay Area. Suite à Dreamforce et Google Next, le calendrier continue d’être bien rempli sur le reste de 2023 et pour le début 2024…
Évènements phares à venir
Quelques évènements phares à venir : le sommet des CEOs de l’APEC(Asia Pacific Economic Cooperation) aura lieu du 14 au 16 novembre à San Francisco. AWS re:Invent 2023, se déroulera à Las Vegas, juste après Thanksgiving, du 27 novembre au 1er décembre 2023.
Pour une cure d’innovation dès la rentrée 2024, sur le volet Healthcare et Investissements dans la Santé, la conférence JP Morgan Healthcare se tiendra comme d’habitude en début d’année, du 8 au 11 janvier 2024. A combiner avec le CES à Las Vegas, du 9 au 12 janvier 2024. La French Tech organisera d’ailleurs un événement dans le sillage du CES.
Du côté de Business France – Pavillon France, c’est la présence aux conférences business qui prime, avec des représentations à SPIE Photonics West (du 27 janvier au 1er février 2024) dans le domaine de l’optique, la Game Developer Conference (du 18 au 22 mars 2024), RSA pour les pros de la cybersécurité (du 6 au 9 mai 2024). Toutes ont lieu en plein cœur de San Francisco, au Moscone Center. Il y aura également un événement en cours de planification avec le Commissariat à l’Energie Atomiquedans la foulée de Photonics West.
Les Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF), ainsi que les acteurs économiques clés se réuniront pour l’Amérique du Nord dans son ensemble du 11 au 13 octobre 2023 lors du Forum Economique à Washington. Au programme : des points d’étape et états des lieux, du networking, des groupes de travail pour renforcer la coopération et les synergies, des ateliers sectoriels, pour une collaboration accrue et des actions communes pour soutenir l’attractivité de la France, l’export et l’installation des entreprises françaises sur le territoire américain.
Découvrez les évènements phares à venir à destination des acteurs du pôle de la Bay Area
Le 7 novembre 2023, l’événement « Women leading change in Life Sciences and Healthcare » est co-organisé par, non pas un, mais deux des comités FACCSF : Women Leadership Circle et Healthcare and Life Sciences de la Chambre. Cet événement fera le point sur le thème des innovations grâce à des femmes leaders dans la recherche dans les domaines de la virologie et de l’immunologie.
A ne pas rater, le diner des membres Ambassadeurs, le 26 octobre 2023, sur invitation seulement. Le 30 novembre 2023, c’est La Soirée, le gala annuel de la FACCSF, ouvert à tous ses membres, aux acteurs du tissu socio-économique et au grand public. Plus de 300 invités devraient s’y rendre ! Au programme : networking, cocktail dînatoire, et même expérience VIP ! Et pour la rentrée, dans le cadre de la stratégie d’ouverture et de coopération souhaitée par les deux co-présidents de la Chambre, la traditionnelle Galette des rois de la rentrée sera « déroulée » avec la French Tech et d’autres Chambres Européennes.
Pour tout savoir sur le calendrier de la FACCSF, car quelques autres évènements supplémentaires sont en cours de finalisation (Fundraiser avec L’institut Pasteur et UCSF et événement du comité Sustainability), c’est par ici !
Côté French Tech, sur les traces de septembre (Private Equity & VC Conference chez Hanson Bridgett Law Firm et «How to make supply chain more sustainable?» with Ecovadis and Insead) auront lieu les évènements suivants : présentation par Jean-Louis Gasséele 16 octobre 2023 à l’occasion de la publication de son livre « Grateful Geek: 50 Years of Apple and Other Tech Adventures ». French Tech organise également des diners privés chez Goldman Sachs et JP Morgan, les 24 octobre et 28 novembre 2023 respectivement, ainsi qu’une fête de fin d’année 2023 en cours de planification.
Le Service pour la Science et la Technologie (SST) de l’Ambassade de France avec sa mission locale à San Francisco a également organisé de très beaux événements en septembre sur le thème de l’IA et des impacts sur le monde du travail, en partenariat avec Berkeley et la NASA Ames Research Center. Dans le cadre des French Innovation Days, auront lieu deux rencontres à l’Université de Californie San Francisco (UCSF) : un Symposium Institut Curie-UCSF (5 et 6 décembre 2023) et un événement Health AI les 6 et 7 décembre 2023, dans les locaux de l’UCSF également.
Pour finir sur une bonne cause, la French American Foundation for Medical Research and Education (FFMRE), organise son diner de gala annuel, le 7 novembre 2023, au centre culturel basque de San Francisco, évènement au cours duquel seront remises des bourses d’aide aux étudiantes et étudiants en médecine prometteurs de Stanford et UCSF (5 lauréats sélectionnés sur plus de 100 dossiers).
À une très large majorité, les militants socialistes ont entériné jeudi soir (5 octobre) la décision de présenter une liste autonome aux prochaines élections européennes, rejoignant ainsi le PCF et EELV, douchant les derniers espoirs des insoumis.
La décision était attendue, elle est désormais officielle : le Parti socialiste (PS) ira, lui aussi, seul aux élections européennes de 2024.
Il y a un mois, le bureau national — qui regroupe les cadres du PS — avait validé cette orientation à l’unanimité. Les résultats définitifs du vote des militants de jeudi ne sont pas connus à l’heure de la publication de cet article, mais dans plusieurs sections locales ils avoisinent les 90 %, indique-t-on à Euractiv.
Jeudi soir, le PS communiquait à l’AFP des chiffres similaires, « sur plus de 60 % des bulletins dépouillés ».
Ces résultats montrent également une forme d’unité au sein du parti, alors que plusieurs courants coexistent et se sont frontalement opposés depuis le congrès de janvier 2023. L’essentiel des divisions se concentre sur le rapport à la NUPES, alliance qui a acté un rapprochement avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale.
Le Premier secrétaire du parti, Olivier Faure, catalogué comme pro-NUPES, a défendu vendredi matin la décision de ses militants.
Sur Sud radio, il a assuré que « nous avons besoin d’une Europe qui prend conscience de sa force et de ses responsabilités » et qui « assure sa propre souveraineté ».
Alors que les socialistes sont la seule formation de gauche à participer à la majorité parlementaire d’Ursula von der Leyen, il en a vanté le bilan : l’UE « a suspendu le pacte de stabilité, produit une dette commune, le Green Deal ».
« L’Europe change peut-être de logiciel », espère-t-il, au moment où « la droite, l’extrême droite font tout pour revenir en arrière : concurrence, libre-échange incontrôlé et austérité ».
Interrogé sur le soutien à l’Ukraine, il a assuré que son parti n’avait aucune ambiguïté et que les livraisons d’armes devaient être poursuivies. Cela est nécessaire non seulement pour les Ukrainiens, mais « aussi pour l’Europe » et sa sécurité, a estimé M. Faure.
Quant au nucléaire, ligne de fracture importante avec les écologistes et les insoumis, il appelle à « accepter l’idée » que l’énergie nucléaire, « décarbonée » est nécessaire à la transition. Il a par exemple fustigé « l’erreur colossale » de l’Allemagne, qui a décidé de rouvrir les centrales à charbon. L’objectif reste de tenter une sortie du nucléaire lorsque les énergies renouvelables seront arrivées « à maturité ». Dans l’immédiat, le nucléaire sert à décarboner l’économie.
Au PS, plusieurs courants coexistent et se sont frontalement opposés depuis le congrès de janvier 2023. L’essentiel des divisions se concentre sur le rapport à la NUPES, alliance qui a acté un rapprochement avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. [EPA-EFE/GUILLAUME HORCAJUELO]
Quelle tête de liste ?
Les Verts et les communistes avaient déjà validé le principe d’une liste autonome et choisi leurs têtes de liste. Les insoumis, toujours à la recherche d’un compromis pour une liste unique, avaient désigné Manon Aubry comme « coordinatrice » de la campagne et l’avaient chargée de poursuivre les efforts pour rechercher l’union des gauches.
Le PS n’a, quant à lui, pas encore choisi sa tête de liste. Il pourrait s’agir de l’eurodéputé sortant Raphaël Glucksmann (du parti Place publique), qui avait déjà conduit la liste socialiste en 2019. En annonçant sa propre candidature, il avait déjà rejeté l’idée d’une liste incluant les Insoumis et les communistes, en raison de divergences de fond.
Les différents partis de gauche doivent se retrouver le 19 octobre prochain, à l’initiative de la candidate écologiste Marie Toussaint. Dans un récent entretien accordé à Euractiv, elle assurait vouloir conclure « un pacte de non-agression » entre les formations de gauche : « Nous sommes séparés, mais pas divisés », assure l’élue européenne, qui refuse de « [céder] à la guerre des gauches ».
Les punaises de lit sont un fléau de l’humanité. Ce, depuis l’âge des cavernes, comme rats, morpions et autres commensaux. Le débat politique s’en est emparé. Des députés ont demandé la création d’un service public. Le réflexe : l’État. 70% des Français seraient favorables à une intervention étatique. Le Pouvoir avec un grand P, a remplacé Dieu dans la toute-puissance sans empêcher l’omniprésence du mal. Punaise !
La mairie de Paris, qui laisse pourtant proliférer les rats pour amuser les touristes, a saisi le gouvernement. Celui-ci répond aussitôt, – on ne le prendra pas au dépourvu – qu’un plan d’urgence est en cours d’élaboration. Depuis 2015. Avant, quand il y avait un problème, on créait une commission. Comme il y en a déjà trop, on fait des plans, toujours d’urgence. Et des lois, toujours urgentes elles aussi. Et des taxes, pour financer les plans. Ainsi le code de l’écologie est-il passé de 10. 000 articles à plus d’un million : La planète est sauvée.
Contrairement à ce que sous-entendent certains obsédés, les punaises ne voyagent pas du fait de l’immigration, mais plutôt des vacances. Elles ne sont l’apanage ni des pauvres, raison pour laquelle il faudrait faire appel à la solidarité nationale, ni des immigrés, raison supplémentaire pour fermer les frontières. Elles s’installent, comme les imbéciles et les voyous, autant dans les palaces que les campings.
Face à ce fléau, ne point attendre l’État, ni l’ONU ou l’OMS, mais suivre les quelques conseils donnés sur internet. Lavez, chauffez, vaporiser, congelez, mais agissez vous-mêmes. L’affaire devient internationale : L’Algérie annonce des mesures préventives contre une propagation depuis la France. On croit revivre la panique du Covid.
D’autres suceurs de sang s’activent impunément : La guerre, la maladie, la misère et la mort.
Pendant que l’Assemblée nationale et le gouvernement font assaut d’imagination contre les punaises, d’autres suceurs de sang s’activent impunément : La guerre, la maladie, la misère et la mort.
En Ukraine, l’hécatombe continue. Selon le New York Times 70 000 soldats ukrainiens auraient été tués, 120 000 côté russe. Les prisons se vident pour alimenter les troupes, et se remplissent de prisonniers politiques.
Une femme ukrainienne pleurant la mort de son mari, tué sur la ligne de front à Khakhiv en février. (Vadim Ghirda/AP)
Occupée en Ukraine, la Russie a abandonné l’Arménie. Presque en représailles, l’Arménie a décidé d’adhérer à la Cour Pénale Internationale, manière de s’affranchir de Poutine, et d’espérer qu’un jour, les Aliev, comme lui, seront arrêtés, leur fortune saisie. Espérance d’un progrès du droit ? Le nettoyage ethnique au Haut Karabakh s’est fait en une semaine. Des diplomates de l’Union européenne, de la Russie et des États-Unis se sont rencontrés en catimini pour convenir d’une protection humanitaire. Puissances démissionnaires.
Turquie, Syriens, Kurdes se bombardent. Le gendarme russe n’a plus les moyens de les calmer. Et Erdogan, dopée par la victoire de l’Azerbaïdjan, sapé par une inflation démoniaque, insulte l’Europe et se croit surpuissant. Tandis qu’Israël arme l’Azerbaïdjan, bombarde des sites iraniens et syriens pour couper l’approvisionnement du Hezbollah, le Hamas lance une attaque de 5000 roquettes, infiltre des pick-up dans les villes et tire sur les civils, prend des otages. Le terrorisme trouve des défenseurs, même en France.
Au Niger, un convoi humanitaire du PAM (ONU) est bloqué à la frontière. Les putschistes n’en veulent pas : Suspect ? Ils veulent leur dîme. Au Mali, la guerre a repris de plus belle dans le Nord.. Engrenage de guerres.
Aucun pays ne peut rien sans alliance. Les nôtres sont à la fois fortes et faibles.
Que peut faire la France ? Seule, a priori rien. Aucun pays ne peut rien sans alliance. Les nôtres sont à la fois fortes et faibles.
La première alliance française, c’est l’Union européenne. Or L’Europe ne croit pas en elle-même. Slovaquie, Pologne, Hongrie et quelques autres, ne partagent pas cet esprit européen qui se veut universel et solidaire. L’Allemagne hésite. Sa propre coalition gouvernementale reste divisée sur la Chine, la Russie, les États-Unis, même la France.
En Ukraine, les États-Unis donnent le ton. Ce ne sont pourtant pas eux qui fournissent la principale aide, contrairement à ce que l’on croit. Le cumul des aides européennes dépasse le leur. La France n’est pas en queue de peloton : elle contribue pour 18% de ces aides, ce qui en fait un des premiers soutiens de l’Ukraine.
Apparaissent indécemment les punaises américaines : un accord politicien sur le budget, comme chaque année, suspend l’aide à l’Ukraine. Voilà la faiblesse de l’alliance américaine : celle de la débâcle afghane, celle du retrait de Syrie. La France et les Européens ont pu mesurer d’Obama à Trump que l’allié américain était incertain. L’attitude ambiguë au Niger, l’affaire des sous-marins l’ont confirmé. Mais peut-on agir sans eux? Ce serait stupide. Il faut se renforcer.
Y a-t-il des Européens pour défendre l’Europe ?
Pourtant, ceux qui en Europe ne jurent que par l’alliance américaine devraient y songer. Les budgets militaires européens additionnés sont parmi les élevés du monde. L’Europe serait capable d’assurer sa défense seule. Mais y a-t-il des Européens pour défendre l’Europe ? Ils achètent américains, notamment le très cher et très fragile F35. Une façon de payer tribut.
La Communauté Politique Européenne s’est réunie à Madrid. L’élargissement de l’UE aux Balkans et à l’Ukraine était au menu. Ce serait la fin de l’Europe. S’il y a une communauté politique, c’est celle de l’Europe des Européens, celle des démocraties libérales et non illibérales. Pas celles des États où l’état de droit est flageolant, où la corruption – et les gangs criminels plus ou moins associés aux dirigeants — règne, y compris sur les trafics d’arme, de drogue, d’êtres humains.
Photo de famille de la troisième réunion de la Communauté politique européenne, le 5 octobre 2023 à Grenade en Espagne – Crédits : Javier Etxezarreta / Conseil européen
Soutenir l’Ukraine, très bien : en faire notre allié, lui envoyer plus d’armes et plus de chars et d’avions : non seulement il ne faut pas que la Russie gagne, mais il faut que Poutine perde. Que la guerre s’arrête au plus vite. C’est la condition minimale pour que se restaurent de nouveaux liens avec une nouvelle Russie. Mais on ne peut raisonnablement faire entrer l’Ukraine et les Balkans dans l’UE, tuer toute politique commune. L’Europe à 28 est sans colonne vertébrale. Il faut au moins deux Europe : Une alliance plus intégrée et une alliance plus souple. Ce devrait être la thèse française. Il faut resserrer l’Europe, pas l’élargir.
Un autre pays est un peu dans le même cas que la France. C’est le Royaume-Uni. Le roi Charles a rappelé la nécessité d’une convergence, d’une alliance de fait. Il faut répondre, vite.
La troisième faiblesse pour lutter contre la guerre, la misère et la maladie, c’est l’état de l’État.
Personne n’écoute un pays fragile sans force, notamment financière.
Pendant que l’Assemblée cherche les punaises, la dette française bat des records. Les taux d’intérêt sont passés de 0 à 5% en quelques mois. Le premier budget de la France ne sera plus l’éducation, ni la défense, mais le remboursement de la dette. Personne ne peut l’ignorer. Personne n’écoute un pays fragile sans force, notamment financière.
Difficile de se passer du gaz de l’Azerbaïdjan, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, des commandes égyptiennes et indiennes quand on emprunte autant. L’indépendance financière est la première indépendance.
S’écharper à l’Assemblée nationale sur les punaises de lit, c’est une façon de remplir le vide politique, masquer l’absence de conscience économique, ignorer les menaces qui pèsent sur un modèle de vie, qu’on appelle la démocratie.
Une guerre d’intelligences
Pendant ce temps, une femme iranienne emprisonnée reçoit le prix Nobel. Vingt ans après celui de Shirin Ebadi, autre militante iranienne, un an après la mort en garde à vue de Mahsa Amini. Une adolescente qui ne portait pas le voile, est morte cette semaine. « Entendez-vous, en Iran, le bruit sourd du mur de la peur qui se fissure ? Bientôt, nous entendrons celui de son écroulement grâce à la volonté implacable, la puissance et la détermination sans faille des Iraniens. » écrit-elle de la prison.
A la tribune de l’ONU, le chef d’une minable junte explique que « le modèle occidental est fini ». Qui a raison ? Le monde a besoin de héros. Les héros ne sont pas en occident, ils sont dans les pays « antioccidentaux ». Ils se battent pour la liberté. Quel autre modèle ? On n’a pas besoin de démocratie contre les punaises. Ne dormez pas bonnes gens : On a besoin d’aider ceux qui se battent, en Ukraine, en Iran, en Russie, oser la confrontation. C’est l’impunité qui permet la guerre. C’est le manque de courage qui fait la démagogie, le manque de foi dans la démocratie qui fait la joie des tyranneaux. Aucun d’entre eux ne doit se sentir tranquille. Ni au Niger, ni à Moscou, ni à Téhéran. C’est une guerre d’intelligences.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press