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Loiseau prise au piège par son ancienne participation à une liste d’extrême droite
La tête de liste LREM Nathalie Loiseau, qui fait campagne pour la lutte contre le populisme, a tenté d’éteindre l’incendie provoqué par la révélation de sa présence sur une liste d’extrême droite à Sciences Po en 1984.
L’étincelle est partie d’un article de Mediapart mis en ligne lundi, selon lequel Nathalie Loiseau apparaissait cette année-là pour des élections dans la grande école parisienne sur la liste « commission paritaire » de l’Union des étudiants de droite (UED), syndicat né sur les cendres du GUD (Groupe union défense, syndicat étudiant d’extrême droite aujourd’hui dissout). Elle portait alors encore son nom de jeune fille (Nathalie Ducoulombier).
Face à la volée de critiques immédiates de l’opposition, l’ancienne ministre des Affaires européennes, dont la liste se présente pour le scrutin européen du 26 mai à la tête du combat contre l’extrême droite, a dit « regrette(r) d’avoir été associée à ces gens-là ».
Soulignant avoir « complètement oublié cet épisode », elle a reconnu auprès de Mediapart avoir « dit oui » lorsqu’on l’avait « approchée pour participer à une liste qui voulait accentuer le pluralisme à Sciences Po, alors quasi inexistant, et qui cherchait des femmes ».
« Si ceux qui étaient sur la liste avaient un agenda extrémiste, je ne les ai pas fréquentés, je ne l’ai pas perçu, et si c’est le cas c’est une erreur. Si j’avais identifié des membres du GUD sur cette liste, évidemment que je n’aurais pas accepté d’y figurer », a-t-elle ajouté.
Au final, « une vraie connerie », une « erreur de jeunesse », a-t-elle estimé à franceinfo mardi matin, en soulignant que « (son) combat en politique, cela a toujours été de combattre l’extrême droite ».
« Joli climat d’inquisition », a-t-elle aussi attaqué dans Facebook en ciblant le patron de Mediapart, Edwy Plenel : « avoir été gaulliste à 20 ans plutôt que maoïste, soutien du terrorisme palestinien et des khmers rouges, c’est insupportable à Edwy Plenel », a-t-elle écrit en allusion au passé d’extrême gauche du journaliste.
« Rien de mieux ? »
« Nathalie, paye ta cotis » ! », a ironisé Jordan Bardella, tête de liste Rassemblement national, invité du groupe Nice Matin. « Cela démontre surtout l’imposture autour de ces gens », a-t-il ajouté.
« Je laisse chaque Français juge de se demander si après de telles révélations, on peut encore faire confiance à une personne comme Mme Loiseau, et si après un tel double discours il peut y avoir encore le moindre crédit qui s’attache à ses paroles », a fustigé le patron des Républicains Laurent Wauquiez, dont la formation a moqué le paradoxe pour celle qui se faisait la championne du combat contre l’extrême-droite dans cette campagne.https://www.euractiv.fr/section/elections/news/les-allies-du-rassemblement-national-au-parlement-europeen-sont-ils-dextreme-droite%E2%80%89/
« On a le droit de changer d’avis, mais pour une formation politique qui fait toute sa com » autour de l’idée qu’elle constitue LE rempart face à l’extrême-droite, ça fait drôle… », a abondé la tête de liste PCF Ian Brossat.
Certains, comme Lydia Guirous, une des porte-parole de LR, ont aussi jugé peu crédible le fait que Mme Loiseau, étudiante de Sciences Po en « Prep ENA », ne se soit pas intéressée davantage à la couleur politique de la liste sur laquelle elle était inscrite. Et Yannick Jadot, tête de liste EELV, lui a conseillé d’« assumer, (…) y compris sa part d’ombre ».
Mme Loiseau a reçu le soutien inattendu du leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon qui a tweeté : « Madame Nathalie Loiseau a le droit de changer d’avis. Plenel sait bien que ça peut arriver, lui qui a embauché le chef de la fraction armée rouge en Argentine Paulo Paranagua. » Avant de supprimer son message peu après, évoquant une publication involontaire.
La République en marche, elle, a fait bloc autour de sa candidate. Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a salué une « femme d’honneur ».
Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a critiqué une polémique « insignifiante » pour « salir » et « descendre » la candidate. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a déploré sur BFMTV qu’on s’attarde sur « avec qui (Mme Loiseau) était amie quand elle avait 20 ans ».
Interrogé par l’AFP, l’entourage de Mme Loiseau a jugé « cette histoire (…) complètement tirée par les cheveux » et le délégué général du parti, Stanislas Guerini, a souligné sur Twitter qu’« il n’y a jamais eu la moindre ambiguïté sur son engagement » dans « la lutte contre l’extrême droite ».
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Drame de Notre-Dame : une chance pour le patrimoine ?
L’émotion suscitée après l’incendie de Notre-Dame est retombée. Les Français et le monde ont été soulagés de voir que l’essentiel, en dehors de l’inestimable charpente, a été sauvé. Les dons ont afflué, avec plus de 216 000 généreux contributeurs du monde entier. Parmi ceux-ci, de très grandes fortunes françaises et des grands groupes internationaux ont donné des millions, voir des centaines de millions pour la reconstruction, suscitant un début de polémique.

(Photo by Ludovic MARIN / AFP) Le montant dépasse désormais le milliard d’Euros. Il fait l’objet d’un projet de loi spécifique à Notre Dame depuis le 24 avril : jusque 75% de déductions fiscales pour les particuliers en deçà de 1000 euros et 66% au-delà, et 60% de réduction pour les entreprises avec comme limite les 5% du Chiffre d’Affaire.
« Cela nous inquiète. Le risque est de créer des précédents. Il y a beaucoup de précipitation. Les lois d’exception, ça m’angoisse toujours »
Un régime d’exception qui inquiète certains comme l’animateur, très impliqué dans la protection du patrimoine, Stéphane Bern qui précisa : « Cela nous inquiète. Le risque est de créer des précédents. Il y a beaucoup de précipitation. Les lois d’exception, ça m’angoisse toujours« .
Des dons qui dépasseront sans doute les coûts de la reconstruction, un casse-tête pour la réaffectation des fonds.
Plusieurs estimations ont commencé concernant les coûts de la reconstruction. Le Président de la République a indiqué son ambition que le chantier ne dure que 5 ans, ce qui pourrait amener à l’utilisation de nouveaux matériaux, une charpente en métal où en béton par exemple. Les premières analyses d’experts, sous caution tant les inconnues demeurent, vont dans des fourchettes entre 300 et 600 millions d’Euros.
Bien en-deçà, donc, des promesses de dons. Si certains vont, en cas de dons supérieurs aux besoins de Notre-Dame, demander le remboursement de leur don, il est fort à parier que la majorité vont conserver ce projet d’aider à la restauration du patrimoine. Et cela est crucial dans un pays comme la France qui compte tant de richesses inestimables, mais en danger.

Projet de rénovation La Fondation du Patrimoine fait partie des organisations accréditées pour collecter les dons. Elle contribue par ailleurs à de très nombreux autres projets. Citons notamment son soutien à la Mission Bern et à ses 3000 projets en cours de la Fondation du Patrimoine, l’abbaye de Lerins à Cannes, la rénovation du Théâtre de Chaillot à Paris, ou encore l’ancienne gare de déportation de Bobigny.
Si le drame de Notre-Dame peut avoir au moins une vertu, c’est celle-ci, sensibiliser nos compatriotes à l’immense richesse du patrimoine français. Continuons à faire preuve de générosité !
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Ukraine saut dans l’inconnue après l’élection de l’acteur Zelensky à la Présidence
L’Ukraine est entrée dans un nouvelle ère après la victoire du comédien Volodymyr Zelensky à la présidentielle de ce pays épuisé par la corruption, les difficultés économiques et une guerre meurtrière.
Faisant fi des doutes sur sa capacité à gouverner sans expérience politique et des critiques sur le flou de son programme, l’acteur et humoriste de 41 ans a été élu, selon les résultats quasi définitifs publiés lundi, avec 73,2% des voix contre 24,5% pour le sortant Petro Porochenko.
Fort de ce soutien écrasant, félicité par les dirigeants étrangers du monde entier, y compris par téléphone par Donald Trump et Emmanuel Macron, le sixième et plus jeune président de l’Ukraine indépendante est vu pour l’instant par bien des électeurs, et même à demi-mots par la Russie, comme une chance de repartir sur de nouvelles bases.
Mais sans programme précis au-delà de sa volonté de « casser le système » sans dévier du cap pro-occidental pris en 2014, sans majorité parlementaire, le futur s’annonce difficile pour celui qui sera investi d’ici début juin président après avoir joué dans une série télévisée le rôle d’un professeur d’histoire élu… président, dont l’image de simplicité et de droiture lui a fortement bénéficié.
Symbole d’un dénouement inimaginable il y a quelques semaines, plusieurs milliers de partisans du président sortant se sont retrouvés lundi soir devant son administration dans le centre de Kiev pour un hommage très ému au chef de l’État sortant, chantant l’hymne national et scandant « merci ».
« Nous ne laisserons pas passer d’erreurs », a averti Petro Porochenko qui s’est offert un bain de foule, promettant de gagner les législatives prévues en l’état le 27 octobre et la prochaine présidentielle, en 2024.
Une telle scène est inédite en Ukraine, où les transitions démocratiques n’ont pas toujours été évidentes avec deux révolutions en moins de trois décennies d’indépendance. Les observateurs de l’OSCE ont salué un vote « pluraliste » et respectant « les libertés fondamentales », appelant à un transfert du pouvoir sans accroc.
Dans un message commun, le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission Jean-Claude Juncker ont souligné « le fort attachement à la démocratie et à l’État de droit que le peuple d’Ukraine a démontré tout au long du processus électoral ».
« Trop tôt »
Les soutiens occidentaux de l’Ukraine se sont empressés de féliciter Volodymyr Zelensky et de l’assurer de leur soutien, Angela Merkel disant espérer que cette élection aiderait à stabiliser le pays.
Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, qui à trois jours du second tour signait de nouvelles sanctions commerciales contre l’Ukraine, a dit voir « une chance d’amélioration » des relations bilatérales. « Il est pour le moment trop tôt pour évoquer […] la possibilité d’un travail en commun », a tempéré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
L’arrivée au pouvoir de pro-occidentaux en 2014 a été suivie de l’annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée et de la guerre dans l’est. Cette crise a largement contribué aux graves tensions actuelles entre la Russie et les Occidentaux, qui ont décrété des sanctions réciproques.
Dès dimanche soir, Volodymyr Zelensky a assuré souhaiter « relancer » le processus de paix impliquant la Russie sur la guerre dans l’est. Il a aussi répété sa promesse de campagne de tendre la main aux populations de ces régions en lançant une « guerre de l’information ».
Sur le front intérieur, il devra prouver qu’il peut réunir une équipe et réaliser des initiatives sans majorité parlementaire et alors que sa candidature a suscité méfiance, voire hostilité, d’une bonne partie de la classe politique qu’il a promis d’envoyer valser. Des législatives ne sont prévues pour l’instant que le 27 octobre, présageant l’ouverture d’une nouvelle phase de luttes politiques.
Nouvel épisode spectaculaire de la vague mondiale anti-élites, le raz-de-marée remporté par Volodymyr Zelensky donne la mesure de la défiance des Ukrainiens envers leur classe politique, dont Petro Porochenko est un vétéran.
À 53 ans, ce dernier, s’il a rapproché son pays des Occidentaux, n’a pas réussi à redresser le niveau de vie de la population ukrainienne, l’une des plus pauvres d’Europe, ni à mettre fin à la guerre avec des séparatistes prorusses qui a fait près de 13 000 morts en cinq ans. Surtout il a semblé traîner les pieds dans la lutte contre la corruption endémique.
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Lycées français : Un réseau AEFE des Up et des Down
Tensions à Hong-Kong, inauguration à Séoul
La vie et l’actualité des Lycées français dans le monde est un feuilleton permanent. Nous vous révélions récemment qu’il existe un projet de création d’une fondation privée pour accompagner le développement du Lycée français de Madrid.
A Hong-Kong, le Lycée français est actuellement l’objet de fortes tensions. La raison, un vote au sein du Conseil d’administration du Lycée durant lequel 8 administrateurs, sur 13, ont voté pour une recommandation de passage du Lycée en partenariat en 2020. Cela signifierait, concrètement, la fin de la convention qui associe cet établissement de prestige avec l’AEFE, l’Agence de l’enseignement français à l’étranger.
Les parents d’élèves mobilisés à Hong-Kong, la présidence de l’UFE s’en mêle
« La décision finale entre la nouvelle convention ou le contrat de partenariat sera soumise au vote des parents lors de notre Assemblée Générale Annuelle le 23 mai 2019 » Association LFI Action
Fondé en 1963, ce Lycée qui se répartit sur 4 sites, compte 2600 élèves venant de dizaines de nationalités différentes. Ecole de référence au sein de l’ancienne colonie, le Lycée Français International, son appellation officielle, propose deux cursus : celui, actuellement conventionné, en français, et un cursus international basé sur le système britannique.
Le Président de l’UFE Monde, François Barry Delongchamps, a communiqué sur ce sujet, apportant son soutien à cette proposition du Conseil d’Administration. Un soutien qui n’est pas compris par des parents d’élèves que nous avons contacté et qui est quelque peu précipité, présentant la décision comme finale alors qu’un vote des parents étant sur ce sujet organisé le 23 mai.
Un site web et une page Facebook se sont constitués en prévision de ce vote et contre le projet avancé par le conseil d’administration. Catya Martin,
élue consulaire à Hong-Kong, avec qui nous avons échangé, met en avant les propositions de l’AEFE pour une nouvelle convention reprenant les attentes des parents.Une situation compliquée que nous continuerons de suivre. L’AEFE, que nous avons également contacté, n’a pas été en mesure de répondre à nos questions.
Inauguration du nouveau Lycée Français de Séoul (LFS)
A Séoul, à l’inverse, le Lycée français est en fête. Le LFS a en effet procédé à l’inauguration d’un nouveau bâtiment ultra-moderne. Le nouvel établissement, sur un terrain mitoyen de l’actuel Lycée, est localisé dans le quartier historiquement fréquenté par la communauté française de Seorae Maeul.

Tous droits : Olivier Cadic@FB Financé par un partenariat entre l’AEFE, une association de parents d’élèves et plusieurs donateurs privés, il préfigure peut-être les futurs modèles de développement des Lycées français.
Il fut inauguré devant plusieurs centaines de personnes avec la participation de l’ambassadeur de France en Corée du Sud, Fabien Penone, du sénateur des Français établis hors de France, Olivier Cadic, du proviseur de l’établissement scolaire, Bruno Hirm-Martin, et du président de l’Association des parents d’élèves du LFS, Eric de Castelbajac. Le nouveau bâtiment annonce une nouvelle étape pour l’enseignement français en Corée du Sud.
Un réseau tentaculaire, et diversL’enseignement français à l’étranger est marqué par son importance et sa diversité. Un très grand nombre d’établissements locaux dans les différents pays accueillant des populations francophones proposent des cursus en français sans lien spécifique avec les autorités éducatives françaises. Cela peut aller de la maternelle jusqu’au lycée. Il s’agit souvent de la solution la moins onéreuse pour les expatriés.
Il existe également les Lycées internationaux qui proposent l’International Baccalaureate qui peut être notamment dispensé en français. Ces Lycées ont signé des partenariats avec 3000 établissements universitaires dans le monde et peuvent par exemple ouvrir à l’admission à Sciences-Po Paris où aux universités françaises telles que la Sorbonne et Assas.

Parmi les établissement qui relèvent du système éducatif français, le réseau de l’AEFE compte 497 écoles, collèges et lycées dans 137 pays. Ils sont gérés directement, en convention comme actuellement le Lycée de Hong-Kong, ou via des partenaires comme la Mission Laïque Française (109 établissements d’enseignement français dans 38 pays). Les fondations privées jouent un rôle parfois majeur, notamment aux Etats-Unis, dans le financement de ces établissements.
La diversité des pratiques ne doit pas cacher une réalité qui se retrouve partout : l’attachement profond des parents d’élèves expatriés à un enseignement français de qualité. Les tensions à Hong-Kong et les réjouissances à Séoul montrent combien cette question peut parfois être délicate.
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Aux européennes, les Républicains misent sur un «effet Bellamy»
Un regain de confiance gagne les rangs des Républicains à un mois des élections européennes, même si la liste conduite par François-Xavier Bellamy est encore loin d’atteindre les 20 % de François Fillon en 2017.
Chez LR, l’interprétation des sondages est en train de devenir une discipline à part entière. Et si le moindre frémissement est attentivement scruté, c’est moins pour calculer le futur nombre d’eurodéputés que pour jauger la solidité de la position de Laurent Wauquiez.
Le chef du parti s’en est félicité le 14 avril sur BFMTV : « dans cette élection européenne, la liste qui a une dynamique, c’est celle des Républicains. C’est le signe qu’on est en train de se reconstruire ».
Dans le Figaro lundi, le dernier sondage en date crédite la liste LR de 14 % d’intentions de vote (dans l’hypothèse d’un scrutin sans liste « gilets jaunes »). « L’effet Bellamy est indéniable » au sein de l’électorat LR, estime dans ces colonnes Jean-Daniel Lévy, de l’institut Harris Interactive.
« À 14-15 % on est tiré d’affaire, ça montre que la droite existe toujours dans le paysage politique, alors qu’en 2017, elle aurait pu disparaître », juge un dirigeant LR.
Ce niveau sondagier – Harris donnait déjà 14 % en mars, l’IFOP 13,5 % – a revigoré une partie des militants des Républicains effrayés par un sondage Odoxa qui, fin décembre, ne leur accordait que 8 %, au plus fort de la crise des « gilets jaunes ».
Depuis son intronisation fin janvier, les salles semblent séduites par les prestations de M. Bellamy, jeune professeur de philosophie au profil conservateur choisi par Laurent Wauquiez dans un scepticisme quasi général. Et bien aidé rétrospectivement, selon plusieurs dirigeants, par la polémique née de sa position sur l’IVG, qui a « braqué » l’électorat de droite et « favorisé son atterrissage ».
Mais au sein du parti, tout le monde ne semble pas aussi convaincu. « Il n’y a pas d’effet Bellamy dans les sondages », affirme même un dirigeant qui souligne que Les Républicains recueillaient 14 % à 15 % d’intentions de vote chez tous les instituts jusqu’au début du mois de novembre.
« Petite majorité » de l’électorat Fillon
« Je rappelle que François Fillon, ça a été 20 % avec une campagne calamiteuse où l’on n’arrivait pas à exprimer le projet présidentiel que l’on portait. On n’est pas condamnés à faire 14 ou 15 % » aux européennes, a par ailleurs lancé, le 31 mars sur RTL, le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau.
Derrière ces batailles d’interprétation, c’est la stratégie de M. Wauquiez qui est en question. À savoir, dans cette élection proportionnelle à un tour, cibler l’électorat filloniste de 2017 dans une démarche de « mobilisation de notre propre camp », explique son entourage.
Selon une étude IFOP du 19 avril, 59 % des électeurs de François Fillon entendent glisser dans l’urne un bulletin LR, soit une hausse de 12 points en une semaine. Ils sont 14 % à déclarer l’intention de voter pour la liste En Marche (-10 pts), 5 % pour Nicolas Dupont-Aignan (+1) et 5 % pour le Rassemblement national (-6 %).
Mais selon la même étude, cette répartition ne concerne qu’un électeur filloniste sur deux, le reste étant encore dans l’abstention. « C’est ce chiffre-là qu’il faut faire grandir », explique-t-on dans l’entourage du patron de LR.
« La stratégie choisie est de s’adresser uniquement à l’électorat de François Fillon de la présidentielle. Or à quatre semaines du scrutin, seule une petite majorité de cet électorat vote pour la liste des Républicains. Si le choix de François-Xavier Bellamy vise à récupérer tout le monde, alors c’est un échec », juge un détracteur.
Après avoir dû annuler un grand meeting de lancement de campagne à Nîmes en raison de l’incendie de Notre-Dame, MM. Wauquiez et Bellamy tiennent une réunion publique mardi à Caen en présence de Gérard Larcher. Très sceptique sur le choix de la tête de liste, le président du Sénat « se range à la décision du parti et fait campagne derrière François-Xavier Bellamy. L’enjeu européen ne supporte pas le moindre état d’âme », explique son entourage.
Un article publié avec l’APF par notre partenaire
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IA européenne se déploie dans une plateforme très française
« Il faut que nous nous distinguions, non seulement par nos régulations, mais aussi par notre culture », plaide le député Cédric Villani au sujet de l’intelligence artificielle, en ouverture de la première Nuit européenne de l’IA, organisée à Paris. Le « monsieur IA » de LREM est venu soutenir la future plateforme IA4EU (l’intelligence artificielle pour l’Union européenne), qui sera lancée cet été d’après Patrick Gatellier, manager R&G chez Thales et coordinateur du projet.
Elle aura pour objectif de promouvoir une vision européenne de l’IA, axée sur l’éthique, et proposera un accompagnement aux projets de recherche et à la quête de financement des entreprises du secteur. La plateforme contiendra un moteur de recherche dédié à l’IA, un espace pour mettre à disposition des jeux de données, et des ressources pour tester algorithmes et autres prototypes. Si les grandes lignes du projet sont tracées, les détails ne sont pas encore réglés.
La France plus que jamais locomotive de l’IA européen
Au total, 79 partenaires publics et privés, issus de 21 pays (sur les 28 membres de l’UE) participent à ce projet doté de 20 millions d’euros sur trois ans financés par la Commission européenne. Au-delà de cette diversité, c’est bien la France qui tire les ficelles de IA4EU. Thalès coordonne le projet tandis que la fédération professionnelle du numérique France Digitale en est le principal organisateur. L’éditeur Qwant sera en charge de créer le moteur de recherche de la plateforme, et le géant français OVH l’hébergera sur son cloud. Cerise sur le gâteau, IA4EU a noué son premier partenariat de promotion de l’intelligence artificielle avec… la région Île-de-France.
La France espère ainsi faire passer à l’échelle européenne les valeurs éthiques qu’elle promeut pour se distinguer des géants américain et chinois. Mohammed Adnène Trojette, conseiller auprès du président et du Premier ministre, chargé de prononcer le discours du secrétaire d’État au numérique, Cédric O, qui était absent, a abondé en ce sens.
« Nous avons besoin de promouvoir une vision humaniste de l’IA. Il faut définir l’équilibre entre la rupture technologique et la protection de nos valeurs » a-t-il défendu lors de la conférence d’introduction.
Pour s’assurer que cette ligne est respectée, IA4EU sera dotée d’un conseil éthique formé par des acteurs extérieurs au projet, en plus de conseils industriels et scientifiques. L’institution soutiendra également des travaux de recherche sur l’explicabilité et la vérifiabilité des algorithmes, deux enjeux essentiels de transparence pour permettre de comprendre les décisions prises par les intelligences artificielles. La plateforme devrait disposer de différentes passerelles avec les nombreuses initiatives européennes dédiées à l’IA. Huit projets industriels pilotes verront le jour d’ici la fin de l’année.
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Sans ses « experts », la France va perdre des postes d’influence au Parlement européen
Seulement 20 eurodéputés sur les 70 que la France s’apprête à envoyer à Strasbourg connaissent les arcanes européennes. «Comme une entreprise qui fonctionne qu’avec des stagiaires !» selon un élu.
« L’influence, ça dépend aussi du nombre ! Le Parlement européen aime les gros bataillons » raconte l’élu LR Alain Lamassoure. « On était 30 en 2009 et là, on risque d’être moins de 20. Les socialistes français, on ne sait même pas s’il y en aura ! » .
Les deux principales forces actuelles, le S&D et le PPE ne devraient avoir que peu d’élus dans le futur Parlement européen, ce qui risque de peser sur l’expérience moyenne des eurodéputés que la France enverra à Strasbourg. Une large partie des eurodéputés français dotés d’une longue expérience européenne vont quitter leur fonction à la faveur des prochaines élections européennes, dont Pervenche Beres, Alain Lamassoure, Jean-Marie Cavada ou Eva Joly.
Le raz-de-marée du Front national en 2014 avait déjà mis à mal la situation de la délégation française au Parlement européen. En 2019, le parti rebaptisé Rassemblement national pourrait de nouveau remporter un des principaux contingents d’élus français, avec LREM.
Selon les calculs d’Euractiv, seule une vingtaine d’anciens sont en position éligibles sur les 70 eurodéputés qui débarqueront cet été au Parlement européen.
« Ca va très très mal» résume une élue.
Expérience
Chez les Verts, la liste menée par Yannick Jadot, compte seulement trois eurodéputés sortants : Karima Delli et Michèle Rivasi , élues depuis 2009. Deux autres élus écologistes français quitteront leur fonction (Eva Joly et José Bové), tandis que Pascal Durand devrait être réélu, mais sous l’étiquette de La République En Marche (LREM).
Du côté des socialistes, on sait que deux élus sortants chevronnés, Sylvie Guillaume, vice-présidente du Parlement, et Eric Andrieu, sont candidats, a priori en place 2 et 4, mais la liste définitive du rassemblement de Place publique, Nouvelle donne et le parti Socialiste reste en discussion.
LREM apportera dans ses valises un contingent de nouveaux élus, qui devront se former à la mécanique particulière des négociations européennes, où l’art du compromis domine et où aucune famille politique ne peut s’assurer de majorité sans alliés.
Et pour l’heure, la liste « Renaissance » concoctée par LREM ne compte que deux eurodéputés sortants faisant état d’une expertise au sein de l’Hémicycle européen : Dominique Riquet , élu depuis 2009 et spécialiste des transports, et que Pascal Durand, transfuge d’EELV et élu depuis 2014.
Le numéro 2 sur la liste, Pascal Canfin affiche également une brève expérience en tant que parlementaire européen entre 2009 et 2012.
Du côté du parti Les Républicains, qui a misé sur un trio pour mener sa liste aux élections européennes, seul Arnaud Danjean est député européen sortant. Ce spécialiste des questions de sécurité et de défense a présidé sous-commission « sécurité et défense » entre 2009 et 2014.
Parmi les candidats en position éligible figurent le spécialiste de la pêche, Alain Cadec, l’actuel président de la délégation française et spécialiste du commerce Franck Proust, ainsi qu’Anne Sander, Angélique Delahaye et Geoffroy Didier (entré au Parlement en 2017). Les anciens ministres Nadine Morano et Brice Hortefeux, respectivement numéro 4 et 5 sur la liste des Républicains, mais ne sont pas les plus impliqués dans le travail parlementaire.
Enfin, du côté des Insoumis, la liste menée par Manon Aubry, deux eurodéputés sortants figurent en position éligible : Younous Omarjee et Emmanuel Maurel, qui a été élu en 2014 sous l’étiquette socialiste.
La France boude le cocktail magique des trois tiers
Ce manque d’experts risque de se payer en termes d’influence. « Les partis vraiment organisé dans les grands pays, comme le Parti popular espagnol, la CDU en Allemagne ont une stratégie à long terme : 1 tiers de vétéran, 1 tiers de « un mandat », et 1 tiers de nouveaux. Là, on va avoir 80% de nouveaux qui vont devoir tout apprendre. C’est comme une entreprise avec seulement des stagiaires. 4 ou 5 Français seulement peuvent prétendre à occuper une présidence de commission. » explique Alain Lamassoure.
L’équipe sortante avait plusieurs présidences ou vice-présidences de commission, une questeur et une vice-présidente du Parlement européen. Un score modeste, qui sera sans doute impossible à obtenir dans la future mandature.
«Pour avoir du pouvoir au Parlement il faut savoir faire une passation entre les expérimentés et les nouveaux arrivants. Avec trois mandats je peux dire une chose, c’est qu’en France il y a la maladie du renouvellement à tout prix. Il faut un cocktail équilibré » renchérit Jean-Marie Cavada.
« Même En Marche n’a pas tiré les conséquences des débuts chaotiques de leur élus à l’Assemblée nationale », regrette Pervenche Beres, qui torpille la perte d’expertise qu’entraine la stratégie du renouvellement à tout prix. D’autant que le fonctionnement du Parlement européen est à l’opposé de celui de l’Assemblée nationale : aucune majorité ou passage en force n’était possible, il faut négocier chaque bout de texte minutieusement.
« Il va y avoir une proportion moindre d’eurodéputés français dans les grands partis, peut-être 10 au PPE et peut être pas de socialistes » reconnait une source diplomatique. Mais « on aura une délégation relais de la majorité présidentielle avec LREM, ce qui n’est pas le cas d’aujourd’hui ».
« Le groupe centre (ALDE aujourd’hui) va passer de 67 à une centaine, ce qui en ferait le troisième partie du Parlement, donc renforcera son rôle charnière. Si les gens de LREM consacrent les prochaines semaines à décortiquer les postes au PE, alors ils doivent réfléchir tout de suite à qui ils mettront dans quelle commission, qui ils mettront comme coordinateurs, quelle présidence de commission ils peuvent viser. Les Français ont du retard comme d’habitude, les Allemands sont déjà prêts. » estime Jean-Marie Cavada.
Chez LREM, Fabienne Keller et Pascal Canfin se préparent à briguer des postes d’influence. Il leur faudra néanmoins composer avec le reste de leur groupe politique ALDE rebaptisé, où les gros bonnets ne manquent pas.
Un article publié sur le site de notre partenaire

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Le Fonds de défense approuvé, mais sans veto pour le Parlement
Les eurodéputés ont donné leur feu vert au Fonds européen de défense, en renonçant à tout droit de regard sur le programme.
Le 18 avril, 328 élus ont voté pour le Fonds européen de la défense (FED), 231 ont voté contre et 19 se sont abstenus. Le FED financera des projets de recherche. Bien que la somme exacte ne puisse être donnée avant l’approbation formelle du prochain cadre financier pluriannuel, il devrait recevoir 13 milliards d’euros.
Le but de ce nouvel outil est de renforcer l’industrie de la défense européenne et de limiter les doublons dans les dépenses en cofinançant les recherches avec les États membres.
« Grâce au FED, nous empêcherons le gaspillage de l’argent du contribuable sur des doublons, mais, plus important, nous renforcerons aussi la sécurité en Europe et créerons de nouveaux emplois dans l’industrie de la défense », se félicite le rapporteur, le conservateur polonais Zdzisław Krasnodebski.
Le rôle du Parlement fait débat
Le Fonds a beau avoir été approuvé par une claire majorité, les eurodéputés ont tenté de l’agrémenter d’une série d’amendements réinstaurant des propositions rejetées durant les négociations.
Un certain nombre d’élus regrettaient en effet les concessions consenties par le Parlement en ce qui concerne son droit de regard sur l’utilisation des fonds. La circulation de lettres à ce sujet avant le vote indique que si les négociations sont officiellement terminées, l’assemblée européenne est toujours divisée sur son rôle dans le FED, puisque le Parlement ne disposera d’aucun droit de veto.
Lors d’un débat houleux la veille du vote, les rapporteurs du dossier ont qualifié ses critiques de « pacifistes qui tentent de mettre en péril l’avenir de notre industrie et la sécurité de nos citoyens ». « Nous avons remporté la bataille pour assurer un Fonds européen de la défense commun et fort, malgré les obstacles levés par nos opposants idéologiques », estime Françoise Grossetête, élue Les Républicains (PPE).
Pour sa part, Zdzisław Krasnodebski souligne que le fonds n’a pas pour but de « militariser l’Europe », mais « de soutenir la recherche et le développement d’armes ».
Coûteux doublons
Tout comme la commissaire à l’industrie, Elżbieta Bieńkowska, le conservateur polonais insiste sur le fait que le FED a pour vocation de compléter l’OTAN, et non d’entrer en concurrence avec l’alliance, contrairement à ce qu’ont avancé certains détracteurs. Le FED est un outil de coopération dans l’industrie de la défense, « ni plus ni moins », assure Elżbieta Bieńkowska.
Reinhard Bütikofer, rapporteur fictif et porte-parole du groupe des Verts/ALE sur la défense, a voté contre un fonds qui « ne respecte pas sa propre promesse » de réduire les coûts engendrés par la duplication.
Selon les chiffres publiés le mois dernier par la Commission, l’absence de coopération au sein de la défense coûte à l’UE entre 25 et 100 milliards d’euros par an.
« Pour que l’Europe soit assurée de pouvoir défendre ses citoyens, nous devons avoir les technologies et équipements de pointe dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, les drones, la communication satellite et les systèmes de renseignements », avait estimé le mois dernier Elżbieta Bieńkowska. « Avec les investissements européens que nous mettons en route, nous passons des idées aux projets concrets, nous renforçons la compétitivité de notre industrie. »
Les projets de recherche collaborative dans le domaine de la défense devront impliquer au moins trois États membres, et l’UE cofinancera la recherche avec les gouvernements nationaux. Le programme couvrira également le développement de prototypes d’armes, à condition que les États membres concernés s’engagent à acquérir le produit final.
Pour Reinhard Bütikofer, l’accord obtenu risque toutefois d’« encourager les exportations d’armes vers des régimes autoritaires », car il n’existe aucun contrôle commun des exportations au niveau européen.
Pas de robots tueurs
L’une des pierres d’achoppement des négociations avait été la possibilité d’utiliser le fonds pour la mise au point d’armes controversées. L’accord exclut finalement les armes autonomes létales – les robots tueurs – et de systèmes d’armes interdits par le droit international, comme les mines terrestres ou les armes nucléaires, chimiques et biologiques.
Le rapporteur fictif du S&D, Edward Martin, estime cependant que ces restrictions sont insuffisantes. « Nous ne pouvons pas nous contenter de faire référence au droit international, parce que le droit international est ambigu », souligne-t-il. « Nous devons dresser nous-mêmes la liste des types d’armes dans lesquelles nous ne voulons pas que l’Europe investisse. »
L’accord doit maintenant être approuvé par le Conseil des ministres. À l’automne, le nouveau Parlement négociera la partie financière de l’accord.
Un article publié sur le site de notre partenaire
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Nouveau prélèvement de solidarité de 7,5 % pour les non-résidents – Mode d’emploi de la déclaration
Avoir le statut de non-résident ne dispense pas de payer ses impôts dans l’Hexagone: que vous soyez français ou étranger, vos revenus du patrimoine de source française sont imposables en France. Plusieurs dispositions issues des lois de finances de la fin de l’année dernière modifient leurs modalités d’imposition.
Pas de changement pour les plus-values réalisées lors de la cession d’un bien immobilier détenu en France : elles supportent comme pour les résidents un prélèvement forfaitaire spécifique de 19 %
Les non-résidents disposant d’un patrimoine immobilier locatif sont imposables en France sur les loyers encaissés, qu’ils soient imposés dans la catégorie des revenus fonciers (location vide) ou dans celles des bénéfices industriels et commerciaux (BIC, location meublée). Ils sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu dans les mêmes conditions que pour les résidents. Mais une disposition particulière prévoit que le montant dû ne peut être inférieur à 20 % du revenu imposable. Les règles sont modifiées à compter de l’imposition des revenus de 2018: ce taux minimal de 20 % ne s’applique qu’à la fraction des revenus inférieure ou égale à 27.519 € ; au-delà, il est porté à 30 % (des taux réduits de 14,4 et 20 % s’appliquent pour les DOM). Mais, comme avant, cette imposition minimale ne joue pas si le contribuable est en mesure de justifier qu’il serait imposable à un taux moyen inférieur si l’on tenait compte de l’ensemble de ses revenus français et étrangers.
Pas de changement, en revanche, pour les plus-values réalisées lors de la cession d’un bien immobilier détenu en France: elles supportent comme pour les résidents un prélèvement forfaitaire spécifique de 19 %. Mais, alors que jusqu’à présent seules les personnes qui déménageaient en France pouvaient bénéficier de l’exonération de la plus-value réalisée lors de la vente de leur ancienne résidence principale, sous réserve que la vente intervienne dans un «délai normal» après leur déménagement, la loi de finances pour 2019 met fin à cette anomalie comme nous l’indiquions dans l’article du 12 avril. Elle aligne la situation des expatriés sur celle des résidents fiscaux français à condition que la vente intervienne au plus tard le 31 décembre de l’année qui suit leur départ et qu’ils s’installent dans un pays de l’Union européenne ou un pays qui a signé avec la France une convention d’assistance administrative et d’assistance en matière de recouvrement d’impôts.
La déclaration de revenus de 2018 a été aménagée en conséquence. Il suffira de cocher, sur la déclaration 2042 C, à la rubrique «Divers», la case 8SH ou 8SI pour bénéficier de cette exonération.
Un prélèvement de solidarité de 7,5 %
Autrement dit, ceux qui partent à l’étranger peuvent désormais bénéficier de cette exonération, même s’ils n’ont pas eu le temps ou l’opportunité de vendre leur résidence principale avant de déménager, à condition qu’ils n’aient pas prêté ou loué leur logement entre-temps. Ils bénéficient d’un délai qui peut aller jusqu’à deux ans pour revendre leur résidence principale s’ils déménagent en début d’année civile. Cette mesure s’appliquant aux ventes réalisées depuis le 1er janvier 2019, elle est donc susceptible de profiter à ceux qui ont transféré leur domicile fiscal à l’étranger depuis le 1er janvier 2018.
En plus de l’impôt sur le revenu, ces revenus et plus-values sont soumis aux prélèvements sociaux. Toutefois, les non-résidents qui ne relèvent pas d’un régime obligatoire de Sécurité sociale français mais d’un régime d’un autre pays de l’Espace économique européen ou de la Suisse sont désormais exonérés de CSG et de CRDS. Mais ils sont redevables d’un nouveau prélèvement de solidarité de 7,5 %. Ce changement concerne les revenus immobiliers (revenus fonciers et BIC) perçus depuis le 1er janvier 2018. La déclaration de revenus de 2018 a été aménagée en conséquence. Il suffira de cocher, sur la déclaration 2042 C, à la rubrique «Divers», la case 8SH ou 8SI pour bénéficier de cette exonération. Pour les plus-values immobilières, ces dispositions ne s’appliquent qu’aux cessions intervenues depuis le 1er janvier 2019. Il n’y a pas de changement, en revanche, pour les non-résidents qui relèvent d’un régime obligatoire de Sécurité sociale d’un pays non européen. Ils restent redevables des prélèvements sociaux au taux de 17, 2 % sur leurs revenus immobiliers et plus-values immobilière
L’exit taxe : un délai de 15 ans
La loi de finances pour 2019 assouplit le dispositif de l’exit tax. Institué en 2011 pour dissuader les Français de s’expatrier vers des cieux fiscaux plus cléments, ce dispositif ne concerne que ceux qui détiennent une participation majoritaire dans une société ou un portefeuille de titres supérieur à 800.000 €.
Il consiste à imposer les plus-values latentes et les plus-values en report d’imposition lorsque les contribuables transfèrent leur domicile fiscal à l’étranger. Toutefois, les candidats au départ peuvent bénéficier d’un sursis de paiement. Depuis le 1er janvier 2019, ce sursis est accordé automatiquement, sans constitution de garantie, sauf lorsque le contribuable part s’installer dans un pays qui n’a pas signé de convention avec la France. S’ils n’ont pas revendu leurs titres dans les 15 ans suivant leur départ ou s’ils reviennent s’installer en France avant le terme de ce délai, les contribuables peuvent demander à être définitivement dégrevés de l’impôt en sursis ou à être remboursés s’ils l’ont payé lors de leur départ. Pour ceux qui transfèrent leur domicile fiscal à l’étranger à partir de 2019, ce délai de 15 ans est ramené à 2 ou à 5 ans pour ceux dont la valeur des titres excède 2,57 millions d’euros.
