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  • Brexit : le gouvernement prévoit de suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre

    Le gouvernement britannique prévoit de suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre, soit deux semaines avant la date prévue du Brexit, selon la BBC et Sky News. Ce qui pourrait empêcher les députés de s’opposer à une sortie sans accord de l’Union européenne.

    La livre sterling a chuté d’environ 1 % face à l’euro et au dollar à la suite de cette information, qui renforce l’hypothèse d’un Brexit dur.

    La rentrée parlementaire est prévue mardi. Les députés ne siègeraient que quelques jours avant une suspension le 10 septembre jusqu’au 14 octobre, selon Sky News et la BBC. La session parlementaire reprendrait alors avec le traditionnel discours de la Reine, dans laquelle elle expose le programme de son gouvernement.

    Cela rendrait improbable que les députés opposés à une sortie sans accord de l’Union européenne puissent faire voter des lois pour empêcher un Brexit sans accord le 31 octobre.

    Le Premier ministre Boris Johnson s’est dit prêt à quitter l’UE « coûte que coûte » à cette date, même sans accord de sortie.

    Le Parlement britannique est traditionnellement suspendu plusieurs semaines en septembre en raison des conférences annuelles des partis politiques mais une possible extension de cette suspension jusqu’à la mi-octobre a provoqué des réactions outragées de l’opposition, qui a dénoncé une manœuvre « antidémocratique ».

    « Cette action est un affront particulièrement scandaleux à notre démocratie. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire », a tweeté Tom Watson, chef adjoint du Labour, principal parti d’opposition, tandis que la cheffe du groupe des Indépendants, et ancienne députée conservatrice, Anna Soubry a jugé que la démocratie était « menacée par un Premier ministre impitoyable ».

    « Il semble donc que Boris Johnson soit sur le point de fermer le Parlement pour imposer un Brexit sans accord. À moins que les députés ne s’unissent pour l’en empêcher la semaine prochaine, aujourd’hui entrera dans l’histoire comme une sombre journée pour la démocratie britannique », a réagi sur Twitter la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon.

  • Sylvie Goulard, une europhile chevronnée candidate pour le poste de commissaire française

    La France a proposé l’ex-eurodéputée centriste au poste de commissaire pour la France. Calée sur les questions européennes, elle avait largement aidé Emmanuel Macron à développer ses contacts européens durant la campagne présidentielle de 2017.

    Deux jours après la date limite proposée par le Conseil européen, l’Elysée a finalement proposé le nom de Sylvie Goulard pour occuper le poste de commissaire qui sera dévolu à la France dans l’équipe d’Ursula von der Leyen.

    Agée de 54 ans, cette spécialiste des questions économiques, qui avait fait ses armes au cabinet de Romano Prodi pourrait prétendre au portefeuille d’une éventuelle nouvelle direction générale de la Commission européenne : celle de la défense. Elle avait été nommé ministre de la défense en 2017, lors de la formation du premier gouvernement d’Edouard Philippe, avant de démissionner rapidement. Enarque et diplômée d’HEC, elle avait auparavant surtout développé des compétences sur les questions économiques et sociales notamment en tant qu’eurodéputée.

    Depuis début 2018, elle était en poste à la Banque de France, au titre de sous-gouverneure en charge des questions internationales notamment, un poste auquel elle s’est consacré « très sérieusement, c’est une bosseuse » selon un de ses collaborateurs.

    C’est aussi la réputation qu’elle avait en tant que membre de la toute puissante commission parlementaire des affaires économiques au Parlement européen, où elle avait creusé les sujets de l’union bancaire et du pacte de stabilité.

    Elle s’est aussi dédiée à la commission de la pauvreté et des inégalités, au sein de l’intergroupe de lutte contre la pauvreté, une cause qu’elle estimait fondamentale.

    Elle avait aussi largement milité pour la cause des femmes, se présentant pour présider le Parlement européen à mi-mandat, en 2016, notamment pour mettre en valeur l’absence de femmes à ce poste.  Comme elle le soulignait en 2014 sur Euractiv, « on ne peut pas avoir une Commission de vieux messieurs blancs ! » . Une position devenue la norme en 2019, mais qui ne l’était pas il y a 5 ans.

    En 2018, lors de la journée de la femme, elle expliquait l’urgence de lutter contre les abus de pouvoir en général.

    « Il y a des abus sexuels parce que le pouvoir est détenu par un certain type d’hommes. Le système d’accession au pouvoir favorise ceux qui jouent le jeu de la domination : cela peut décourager les femmes – comme les hommes qui refusent ces pratiques. C’est ce qu’il faut faire cesser : les abus de pouvoir en général, la domination qui ne laisse pas de place aux autres. »

    Si sur les questions techniques l’audition au Parlement européen ne devrait pas poser problème à cette spécialiste de l’Union européenne, l’affaire judiciaire qui l’avait empêché de rester à son poste de ministre de la défense devrait en revanche ressurgir.

    Avec une autre eurodéputée centriste, Marielle de Sarnez, et François Bayrou, elle avait en effet été mise en cause par l’ouverture d’une enquête préliminaire confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, concernant des soupçons d’emploi fictif au Parlement européen. C’est cette enquête qui l’avait poussée à la démission du ministère de la défense, ce qui avait ensuite entraîné le départ de Marielle de Sarnez et François Bayrou du gouvernement.

    Selon nos informations, le contenu des auditions des différents assistants parlementaires entendus par le service de police contiendrait des éléments plus gênants pour les autres membres du Modem que pour la candidate à la Commission européenne. Le fait que le dossier ait peu avancé en deux ans plaide aussi en sa faveur. En 2017, elle avait expliqué sa démission au JDD pour des motifs éthiques :  « Vous imaginez un acte judiciaire me concernant en pleine opération militaire ou terroriste? J’ai estimé que ce n’était pas possible ».

    Sitôt nommée, la candidate a été à la fois saluée par certains comme Jean Arthuis ou Pascal Canfin, ou encore Alexander Stubb, le finlandais qui fut candidat malheureux à la tête du parti populaire européen.

    Alexander Stub

    Great news for Europe! @GoulardSylvie nominated as France’s candidate for Commissioner. I have known her since we shared offices in the Commission 2001-2003. Brilliant mind, pro-European and fluent German, English and Italian. Will be one of the most influential Commssioners. ?

    Mais pour la délégation des eurodéputés socialistes, Sylvie Goulard a participé au paquet règlementaire du pacte de stabilité ou « six pack », qui est « co-responsable de la situation économique dans laquelle nous nous trouvons, car il impose toujours plus d’austérité. Cet ensemble de textes a étouffé la croissance, détruit des emplois et empêché une véritable reprise de l’activité économique. «
    L’extrême-droite a aussi rapidement dénoncé, dans la bouche de Florian Philippot, le côté européiste de Sylvie Goulard, tandis que Yannick Jadot condamnait sur RMC le fait « qu’on accepte au niveau européen ce qu’on accepte pas en France », faisant référence aux poursuites judiciaires de la candidate.
  • L’Italie doit clarifier certains points après la mort de Simon Gautier

    La Commission européenne s’est rapproché des autorités italiennes pour mieux comprendre pourquoi il a été aussi long de géolocaliser l’appel du randonneur français retrouvé mort en Italie la semaine dernière.

    Le 9 août dernier, Simon Gautier, étudiant en histoire de l’art, est tombé d’une falaise et s’est cassé les deux jambes alors qu’il randonnait dans une zone isolée du Parc national de Cilento, près de Salerno.

    Les équipes de secours italiennes ont découvert le corps du jeune homme 10 jours après son appel d’urgence : elles étaient incapables de le géolocaliser en utilisant ses données.

    L’Italie n’a pas encore déployé le système de localisation mobile avancée (AML) établi dans le Code des communications électroniques européen. La directive, initialement adoptée en 2009, a été revue en décembre 2018 et exige de tous les États membres qu’ils fournissent la localisation en fonction du réseau et de l’appareil lorsque l’appel est passé depuis un téléphone portable.

    Disponible sur tous les téléphones Android et Iphone, la technologie AML, accroît la précision des informations sur la localisation de l’appelant.

    Ces règles ne seront toutefois obligatoires qu’à partir du 21 décembre 2020 et en attendant, les pays européens sont invités à développer des systèmes de géolocalisation par téléphone.

    Dans son dernier rapport sur la mise en place du numéro d’urgence européen unique, le 112, la Commission s’attendait à ce que d’ici à 2020, seule la moitié des États membres auraient totalement déployé le système AML.

    Actuellement, neuf pays ont déployé des solutions AML, mais l’Italie n’en fait pas partie. Sept autres pays – la Croatie, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Hongrie, le Portugal et la Suède – sont en train de prendre part à la deuxième phase d’un nouvel appel d’offres de la Commission, visant à lancer le projet de déploiement de l’AML via téléphone portable connu sous le nom de HELP112 II.

    L’Italie et six autres pays ont développé des applications ou des solutions connectées garantissant une géolocalisation des téléphones grâce au positionnement par satellite ou au wifi du smartphone.

    L’Italie critiquée

    Même si la date butoir de 2020 pour le déploiement de l’AML n’est pas encore arrivée, la lente réaction des équipes de secours italiennes et l’absence de géolocalisation de l’appelant ont déclenché des critiques contre l’Italie.

    Pour Jérôme Pâris, de l’Association européenne du numéro d’appel d’urgence, l’AML aurait déjà dû être opérationnel en Italie, puisque le pays a reçu des fonds européen pour une première phase de test en 2016 et 2017.

    Selon une source européenne, depuis 2015, le projet pilote HELP 112 financé par la Commission a déjà permis le déploiement de l’AML en Lituanie et dans certaines régions d’Autriche. Il a également mené à une phase de test en Italie et au Royaume-Uni.

    Le chef du Système italien d’intervention en cas d’urgence, Mario Balzanello, a déclaré à l’agence de presse italienne ANSA que la vie de Simon Gautier aurait pu être épargnée si l’Italie avait mis en œuvre la directive européenne de 2009.

    Les critiques ont également fusé de la part de deux sauveteurs, qui ont affirmé dans une publication Facebook – depuis devenue virale – que « Simon Gautier s’était perdu dans le mauvais pays ».

    Une enquête a été ouverte par les procureurs pour tenter de comprendre pourquoi la géolocalisation du randonneur a pris autant de temps.

    Toutefois, les données de l’autopsie rendues publiques le 21 août, montrent que l’étudiant est mort des suites d’un choc hémorragique quelques minutes après avoir appelé les secours, ce qui signifie que les sauveteurs n’auraient pas pu le sauver, même avec à une géolocalisation plus rapide.

    Réaction de la Commission

    « Nous sommes choqués et tristes de l’annonce de ce terrible accident », a déclaré un porte-parole de la Commission au lendemain de la découverte du corps. « Nos pensées vont à la famille et aux amis de la victime. »

    La Commission va demander à l’Italie de clarifier les circonstances exactes du manque de géolocalisation lors de cet accident tragique », a informé une source européenne.

    Aux yeux de la Commission, le numéro européen d’urgence 112 est un outil essentiel pour la protection et la sécurité de tous les citoyens européens et l’exécutif européen contrôlera donc sa mise en place dans tous les États membres de l’UE.

    « Comme la géolocalisation rapide de la victime est primordiale, l’autorité d’où provient l’appel se doit de transmettre ces informations le plus rapidement possible», a déclaré le porte-parole de la Commission.

    « De nombreuses vies ont pu être sauvées grâce à cette technologie », a conclu le porte-parole.

  • Certificats d’existence: des solutions et des questions

    Le Sénateur des Français hors de France Christophe-André Frassa a publié sur sa page Facebook un courrier émanant de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse concernant les certificats d’existence et ce plus de 6 mois après la communication du gouvernement sur cette réforme. Cet organisme public gère les retraites des salariés « classiques », c’est à dire hors secteur public et agricole. Parmi les 14 millions de retraités, de nombreux résident à l’étranger.

    Les Français de l’étranger, les étrangers résidant à l’étranger mais qui ont cotisé en France et les personnes qui souhaitent que leur pension soit versée sur un compte à l’étranger, doivent, chaque année, et à chaque caisse auprès de laquelle ils ont cotisé, fournir un certificat prouvant qu’ils sont toujours en vie. A défaut de certificat, les versements sont suspendus.

    Premier aspect, positif, mis en avant par la CNAV, le certificat sera, à partir de l’automne prochain, un document unique. Il ne sera plus nécessaire pour les cotisants de multiplier les certificats pour chaque caisse d’assurance.

    Un aspect important: des échanges bilatéraux permettant de mettre fin aux certificats

    Le point majeur de l’évolution des mesures concernant la retraite à l’étranger est la mise en place d’un échange bilatéral entre la CNAV et des autorités de pays tiers. Cet échange, actuellement en place avec l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, soit 109 000 assurés, permet à ces derniers de ne pas avoir à se soucier de fournir un certificat d’existence.

    Prochainement, le même mécanisme sera mis en place avec l’Italie, l’Espagne et la Suisse, soit 277 500 assurés et des contacts sont également pris avec la Pologne, les Pays-Bas et le Portugal. En dehors de l’Europe en revanche, la situation demeure la même.

    La dématérialisation, source d’inquiétude pour certains

    Par ailleurs, le point essentiel est la dématérialisation et la fin du rôle du Consulat. Jusqu’à présent, c’était auprès de celui-ci qu’il fallait effectuer les démarches. Désormais, les retraités devront créer un compte sur le site info retraite , imprimer le certificat, le faire confirmer par une autorité locale, puis le scanner et le renvoyer dans l’espace dédié.

    L’assurance retraite met à disposition un certificat vierge en plusieurs langues pour faciliter les démarches.

    Plusieurs problèmes cependant:

    -La notion d’autorité compétente n’est pas définie clairement ce qui peut poser des problèmes en particulier dans les territoires instables

    -les personnes concernées sont parfois très agées et ne maitrisent pas les outils informatiques

    -le coût de la démarche varie d’une autorité compétente à l’autre, ce qui entraine une inégalité des situations

    -la corruption gangrène encore de nos jours de nombreux pays à travers le monde et il peut être craint que des abus surviennent

    L’ambassade et le consulat de France à Bamako

    -la communication faite autour de ce mécanisme est très faible

    « Pourquoi enlever [cette prérogative par ailleurs NDLR] aux consulats pour ceux qui avaient l’habitude de s’y rendre et dont le principal avantage est l’apposition de signature avec effet immédiat, gratuite, sans préavis ni attente ?» s’interroge par exemple Mireille Guterriez, élue consulaire à Genève.

    Quid des salariés de la fonction publique

    Autre aspect qui porte à polémique et qui fut souligné par un de nos lecteurs vigilants, celui des salariés de la fonction publique. Ceux-ci devaient jusqu’à présent et en application d’un décret de 2000 uniquement fournir une attestation sur l’honneur et non pas un certificat d’existence. Depuis décembre 2018 cependant, ils doivent également fournir un certificat. Plusieurs parlementaires des Français de l’étranger, et notamment le député Lescure et la Sénatrice Deromedi travaillent à obtenir des réponses sur ce point.

    Ce sont ainsi de très nombreuses questions qui sont posées concernant le système de retraite des personnes établies hors de France. Si, vis-à-vis de pays stables d’Europe, les échanges bilatéraux solutionnent grandement la situation, qu’en est-il pour des personnes nonagénaires vivant dans des Etats ou l’administration est quasi inexistante?

     

  • Biarritz : un des G7 les plus difficiles de l’histoire du groupe

    Le sommet du G7 qui a eu lieu du 24 au 26 août à Biarritz, est sans doute l’une des rencontres les plus difficiles de l’histoire du groupe.

    « Voici un autre sommet (du G7) qui sera un test d’unité et de solidarité du monde libre et de ses dirigeants », a reconnu Donald Trump. « Reste à savoir si les dirigeants seront capables de trouver des solutions communes », a-t-il déclaré aux journalistes. « C’est peut-être notre dernière chance de restaurer notre communauté politique. »

    En effet, depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, le consensus sur les grands enjeux mondiaux est quasi impossible lors des sommets internationaux, comme l’a déjà montré le sommet du G7 au Canada l’année dernière.

    Le commerce, le climat et les affaires étrangères, notamment le risque de nucléarisation en Iran, sont les principales sources de conflit entre les dirigeants et Donald Trump.

    La dernière source de tension en date était la taxe numérique, qui a été discutée dimanche par les leaders.

    «L’UE protègera le vin français avec une réelle détermination, la France peut compter sur notre fidélité. » Donald Tusk

    Nouveaux droits de douane

    Avant son arrivée à Biarritz, Donald Trump avait déclaré qu’il ferait pression sur son hôte, Emmanuel Macron, pour qu’il retire la taxe sur le numérique récemment approuvée par Paris. Dans le cas contraire, il imposerait des droits de douane sur le vin français et d’autres biens nationaux.

    Donald Tusk a toutefois rétorqué que si les États-Unis sanctionnaient les produits français, l’UE riposterait également. «L’UE protègera le vin français avec une réelle détermination, la France peut compter sur notre fidélité. »

    Le président du Conseil a expliqué que la dernière chose que l’UE voulait était de nouveaux droits de douane, mais que le bloc était prêt à agir.

    La nouvelle escalade des tensions entre Bruxelles et Washington survient alors que le conflit commercial entre les deux partis risque d’empirer ces prochaines semaines.

    L’UE et les États-Unis devraient s’imposer des droits de douane dans le contexte des subventions octroyées à leur constructeur d’avions respectifs, Airbus et Boeing. Donald Trump envisage aussi de sanctionner les voitures européennes.

    L’économie mondiale et les relations commerciales ont fait partie du menu des dirigeants ce week-end. Bruxelles et Washington voient toutes deux Pékin comme « une menace systémique » à l’économie mondiale, a déclaré une source européenne.

    Néanmoins, les Européens ont toujours espoir de coopérer avec les autorités chinoises pour ouvrir leurs économies et mettre fin au transfert forcé de technologie que subissent les entreprises étrangères.

    Donald Trump a quant à lui décidé de poursuivre la guerre commerciale contre la Chine pour rééquilibrer la relation commerciale à la veille du sommet. Interrogé dimanche sur les taxes supplémentaires, il a toutefois surpris les journalistes en disant qu’il remettait tout cela en question.

    Un porte-parole de la Maison-Blanche a cependant expliqué qu’il avait été « totalement mal compris », et ajouté que le président américain « regrettait de ne pas imposer des droits de douane plus élevés ».

    Feux en Amazonie

    Les inquiétudes partagées des dirigeants sur les feux de forêt en Amazonie étaient un des rares sujets sur lequel un consensus est apparu lors du sommet.

    Le G7 a exprimé sa plus grande solidarité avec les pays de la région amazonienne et a apporté son soutien, notamment au président brésilien, Jair Bolsonaro. Les pays se sont aussi montrés prêts à contribuer à la reforestation.

    « L’Amazonie en feu est devenue un autre signe déprimant de notre époque », a regretté Donald Tusk.

    La semaine dernière, Emmanuel Macron et Leo Varadkar, Premier ministre irlandais, avaient prévenu que leurs pays ne ratifieraient pas l’accord commercial avec le Mercosur à moins que Jair Bolsonaro ne prenne des mesures décisives pour contrôler la crise.

    Donald Tusk a déclaré que l’UE défendait l’accord avec le Mercosur, mais a ajouté qu’il était « difficile d’imaginer un processus harmonieux de ratification par les pays européens tant que le gouvernement brésilien permettait la destruction du poumon de la planète Terre. »

    La Russie de retour au G7 ?

    Donald Tusk a également rejeté la proposition de Donald Trump de réintégrer la Russie dans le G7, après son expulsion en 2014 à la suite de l’annexion de la Crimée.

    Le président du Conseil a rappelé que non seulement les raisons de l’exclusion de la Russie étaient toujours valides, mais qu’il y en avait aussi de nouvelles, y compris les provocations de Moscou dans la mer d’Azov.

    L’Ukraine a fait un pas important vers la déclaration d’une loi martiale après la capture manu militari par la Russie de trois navires de la marine ukrainienne. Cette opération a fait des blessés et provoqué une escalade sans précédent dans cette zone sensible.

    Il a expliqué que la Russie avait été invitée au G7 il y a 20 ans car les dirigeants pensaient que Moscou poursuivrait le chemin d’une démocratie libérale, de l’état de droit et des droits humains.

    « Quelqu’un parmi nous pense-t-il vraiment, sans arrière-pensée commerciale, que la Russie se trouve sur cette voie ? » a-t-il demandé.

    Brexit

    Donald Trump a rencontré le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 25 août, lors d’un petit-déjeuner. Le président américain a promis au dirigeant conservateur sur les deux pays s’attèleraient rapidement à un « très très gros accord commercial, du jamais vu auparavant » entre les deux économies.

    Cela sera possible car « ils n’auront plus d’obstacle, plus de chaine à leur pied, comme c’est le cas actuellement », a-t-il affirmé dans une critique à peine voilée de l’UE.

    Donald Trump a poursuivi en disant que Boris Johnson n’avait pas besoin de conseils et qu’il était la bonne personne pour cette tâche.

    De son côté, Boris Johnson, qui participait à son premier sommet, a fâché ses partenaires européens en remettant en question son obligation de payer la facture du Brexit si le pays venait à sortir de l’UE sans accord le 31 octobre.

    « Si nous sortons sans accord, alors les 39 millions ne seront plus légalement dus », a-t-il déclaré sur Sky News dimanche. Des sources européennes ont toutefois insisté sur le fait que cet argent était légalement dû à l’UE et que ne pas la payer reviendrait à un défaut de paiement d’une dette souveraine.

    La facture du divorce n’a pas été abordée pendant la réunion bilatérale entre Boris Johnson et Donald Tusk. Selon une source européenne, la rencontre s’est déroulée dans une « ambiance positive », mais aucune stratégie alternative au backstop n’a été présentée par le Royaume-Uni.

    « La balle est dans le camp britannique », a conclu le président du Conseil. « La seule chose que je ne veux pas c’est une sortie sans accord, et j’espère que Boris Johnson ne veut pas devenir le Mr. No Deal de l’histoire. »

  • Baromètre ADFE des Français de l’étranger: 80% des expats ne souhaiteraient pas rentrer en France?

    C’est un rapport qui pourrait faire l’effet d’une bombe. D’autant plus qu’il émane d’une association, l’ADFE, association des Français du monde proche de la gauche républicaine, reconnue d’utilité publique depuis 1980 et proche du PS.

    Une enquête impressionnante, menée par la division junior de l’Université Dauphine et présentée lors d’un séminaire consacré aux Français de l’étranger et qui vise à mettre l’ADFE en ordre de bataille pour les consulaires de mai prochain. Parmi plus de 16 000 doléances, 3 814 ont été remises dans ce rapport par la Sénatrice des Français hors de France Claudine Lepage au Ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

    La Sénatrice indique avoir  » à cœur de défendre au mieux les intérêts des quelques trois millions de Français qui résident à l’étranger et qui, pour la plupart, souhaitent rester des citoyens français à part entière et participer aux grands enjeux nationaux« .

    Voici les principaux points présentés.

    80% des Français ne prévoient pas de rentrer en France, un chiffre qui interpelle

    Pour l’ADFE, à l’occasion de cette étude dédié aux élus et aux élections consulaires et ce alors que les prochaines qui devraient être organisées en mai prochain verront le retour du vote électronique, la question des sujets qui inquiètent les Français de l’étranger est interpellante. Notamment  Gaëlle Barré élue en Italie. Les chiffres qu’ils présentent sont inquiétants. 80% des Français ayant répondu aux questions ne prévoient pas de rentrer en France où sont indécis sur le sujet. La création d’une nouvelle diaspora temporaire ou peut être permanente ?

    Rappelons que près de 3 millions de nos compatriotes vivent à l’étranger. L’ADFE, et la gauche française, par cette étude, cherche, nous l’indiquions, à se positionner pour les consulaires qui, via le renouvellement des conseillers et délégués consulaires, fera évoluer la composition des Sénateurs des Français hors de France. Les élections présidentielle, législatives et consulaires partielles ont montré à cet égard une très nette évolution de l’électorat des Français hors de France et l’effacement progressif, pour ne pas dire l’effondrement du PS et de LR au profit de LREM, d’EELV et du monde associatif local.

    Une nouvelle diaspora ? la question peut se poser vu ses résultats. Si 80% de nos compatriotes sont contre le retour au pays, assistons-nous à une nouvelle forme d’émigration qui le France n’avait jamais connue. 

    Parmi les autres problématiques, citons les problématiques régionales

    Outre cette question, d’autres se posent. Plusieurs sont listées par le baromètre de l’ADFE :

    – l’impossibilité d’avoir un compte bancaire en France pour certains non-résidents

    Que faire quand il n’y a pas d’accord bancaire entre le pays et la France ?

    – les problèmes de renouvellement de visa

    Quid des Etats faillis qui sont incapables de renouveler les visas ?

    – les conséquences du Brexit

    Le Brexit devrait avoir lieu le 31 octobre. Quelles conséquences pour les résidents ?

    – l’instabilité du pays de résidence

    Concernant le seul Brexit, comment nos compatriotes du Royaume-Uni vont être considérés ? L’incertitude demeure. Des visas de travail pourraient être mis en œuvre et bon nombre demandent la nationalité britannique. Comment préparer une vie à 6 mois dans ces conditions ?

    D’autres problèmes, comme la retraite et la santé

    47% des respondants ont cité la retraite et les différences locales comme un problème. La reconnaissance dans le pays acquis est un point essentiel. Le système qui existe  de cotisation à la Caisse des Français de l’Etranger (CFE) est jugé beaucoup trop cher par beaucoup et très restrictif. La réforme récente du certificat d’existence pose également question. Quelles entités locales seront habilitées à le délivrer? Quel est le coût? Comment faire les démarches électroniques pour des personnes parfois très agées et peu habituées à se servir d’ordinateurs?

    Autre aspect : l’accès aux soins : le rapport parle du fait avancer les soins et ne pas pouvoir faire valoir la carte vitale et la CFE dans un certain nombre de pays est un inconvénient de taille. Or, la situation a sur ce point a évolué, en effet désormais tous les cotisants à la CFE ont le droit à la carte vitale.. Un train de retard chez les socialistes ? 

    Quels avantages?

    – Possibilité de bénéficier du tiers payant dans certains cas, comme dans les établissements partenaires ou lors de vos soins en France. Désormais, vous n’avez plus besoin d’avancer les frais ;

    – Des délais de remboursement plus courts.

    – Des échanges sécurisés (signature électronique CPS + Carte Vitale, chiffrement)

    Concernant le Grand Débat, le constat est amer pour l’ADFE, selon elle, les points mis en avant par les Français de l’étranger n’ont pas été pris en compte.

    De nombreux autres sujets interpellent les Français de l’étranger, citons le retour en France , la question du changement climatique , des problématiques locales très spécifiques comme celle des « Américains accidentels« ,

    Une vraie série de problématiques alors que plus de 2 millions de nos compatriotes vivent à l’étranger. Que faire face à ces questions ? Les élections consulaires seront une occasion de voir proposées une série de solutions. Cependant les résultats aux élections européennes font prévoir le pire pour cette formation historique. Crédité de 2 à 8% des votes, le mouvement ADFE/PS risque de disparaitre de l’échiquier politique des Français de l’Etranger.  Espérons pour eux que la carte locale soit un atout et qu’ils pourront éviter le sort de leurs collègues en métropole.

  • IPTV, l’accès à toutes les chaines mondiales pour 100 euros par an.. Quels risques ? Quelles conséquences?

    Si le boitier à droite, ne vous dit rien, c’est que vous n’êtes pas encore touché par le phénomène de l’IPTV.. .

    En effet vous avez du remarquer cet été pendant vos vacances en France que ce modèle ou un de ces clones se cache désormais dans le salon d’un ami ou d’un membre de votre famille, il était en toute discrétion posé à coté ou en dessous du poste de télévision. En France, 6% des français ont passé le cap.. Problème ce n’est pas légal ! Aucun financement pour les vrais ayant-droits de ces programmes.. 

    Pour les français de l’étranger, il semble être la solution miracle, total accès à toutes les chaines françaises payantes ou gratuites en France. Evidemment, dans chaque pays, il existe, le plus souvent, une législation qui réglemente ce type de piratage.. Renseignez-vous sur les risques encourus en cas d’utilisation dans votre pays de résidence.

    Par ailleurs, brancher un boîtier sur son réseau domestique est très loin d’être anodin, il peut potentiellement comporter des logiciels malveillants ou servir de passerelle pour effectuer des actions à distance. Enfin, certaines box vous proposent de rentrer des informations personnelles comme votre compte Twitter, Facebook ou Google sans aucune garantie sur le traitement de ces données sensibles.

    Mi-mars,  le démantèlement d’un réseau d’IPTV à travers l’Europe. Lors de cette opération, des serveurs ont été coupés, entraînant une possible interruption des flux chez les clients, qui n’ont bien sûr aucun recours.

    Dès lors, même si acheter une IPTV et la brancher à la maison peut sembler facile et attractif, il s’agit d’un geste loin d’être banal aux conséquences qui peuvent vite prendre des proportions importantes.

    Qu’est ce donc qu’un boitier IPTV ?

    Un boitier IPTV qui permet, pour faire simple, de faire passer la télévision par le réseau IP (Internet), cela regroupe principalement la télévision en direct, les services de VOD et de CatchUp TV. Votre fournisseur d’accès vous en fournit en général un dans votre offre triple play, mais ceux-là sont d’un genre nouveau. Ils vous permettent d’accéder directement sur votre téléviseur à une infinité de chaines payantes à travers le monde pour quelques dizaines d’euros tout au plus. Des films quelques semaines après leur sortie en salle, une quantité de séries inimaginable et toutes les rencontres de tous les grands championnats sportifs de la planète.

    C’est du piratage, une nouvelle forme que l’on pourrait appeler piratage IPTV

    Selon un récent rapport du cabinet Sandvine, le trafic généré par les flux IPTV piratés représenterait 6.5% de la bande passante aux heures de pointe, soit plus que le trafic issu du protocole Bittorent…tout un symbole. Il vient même concurrencer le streaming sur ordinateur puisqu’il fournit peu ou prou le même service avec l’expérience de la TV en plus.

    Un calcul un peu idiot (qui considère que les pirates auraient sinon payé pour le contenu) estime le manque à gagner à presque 1 milliard de dollars pour les chaines et services TV payants aux US. En France un autre rapport évalue à 25% le volume de contenu audio-visuel consommé illégalement via le réseau IPTV avec là encore quelques centaines de millions de revenu en moins pour les acteurs hexagonaux.

    Un réseau « underground » et structuré

    L’organisation de ce(s) réseau(x) n’a rien de nouveau, sa structuration et la manière dont sa clandestinité « numérique » est assurée rappelle les précédents à l’origine du piratage massif de musique et de vidéo. Pour faire simple il y a en tête de réseau un individu (ou groupe d’individus), qui capte le contenu payant d’un fournisseur de contenu. Il peut s’agir d’un individu isolé qui paye son abonnement à Canal+, Netflix ou SFR sports, capte le flux et le redistribue via Internet ou il s’agît plus probablement d’un internaute pas vraiment isolé avec de réelles compétences informatiques qui utilise des serveurs dédiés pour rediffuser massivement les flux captés, appelons-le « grossiste », lui vous ne le rencontrerez jamais, il se cache. Mais comme tout bon grossiste il a besoin d’un revendeur, directement au contact du client afin de lui fournir le « hardware » (la box de la photo ci-dessus qui permet la lecture sur la TV) et d’assurer la mise en relation pour valider l’abonnement de quelques dizaines d’euros par an. Le revendeur semble être un « super utilisateur » rompu à la vente directe à domicile et prospectant grâce aux recommandations des réseaux de proximité (famille, amis).

    Ceci étant avec un minimum de compétences vous pouvez vous passer du revendeur et taper directement « piratage IPTV » sur Google et « box IPTV » sur Amazon et/ou AliExpress. Vous pouvez même vous passer de grossiste en utilisant des logiciels comme Kodi (logiciel libre détourné de son usage initial) ou Roku et en allant chercher des liens sur Internet mais le résultat est plus incertain.

    A ce stade s’il semble possible d’évaluer l’ampleur du phénomène, difficile d’avoir une vision claire du niveau d’atomicité de l’offre. A première vue il semble qu’il existe de très nombreux grossistes qui se disputent le marché mais on ne peut exclure l’existence de « super grossistes» à l’origine de la « captation » initiale des flux payants. C’était le cas des réseaux de piratage à l’ère du MP3 où une poignée d’individus organisait les fuites de CD avant leur sortie, alimentant ensuite des milliers de trackers torrent (voir la formidable enquête de Stephen Witt)

    Les raisons du succès 

    Les détenteurs des droits des contenus piratés ne manqueront pas de nous expliquer que la raison de l’expansion de ce phénomène est qu’à contenu égal l’offre piratée étant moins chère et la probabilité d’être pris faible (voir nulle), le choix du plus grand nombre est évident.

    Mais l’histoire du piratage en ligne nous oblige à considérer d’autres paramètres pour expliquer le succès des contenus illégaux. Comme nous l’avions par exemple expliqué avec d’autres collègues dans ce papier, les motivations des pirates ne peuvent se résumer à la gratuité des contenus mais doivent également considérer la volonté des consommateurs de ne plus subir la chronologie des médias, d’avoir un choix de contenu élargi ou encore de pouvoir partager ou disposer des biens numériques sur plusieurs supports. La concomitance du succès des plateformes comme Netflix ou Spotify et la diminution apparente de certaines formes de piratage tend à montrer l’importance de la prise en compte des besoins des consommateurs dans le design et le modèle d’affaire de l’offre légale.

    De quoi le piratage IPTV est-il le nom ?

    Si Spotify peut revendiquer une croissance à 2 chiffres et plus de 70 millions d’abonnés, si Canal+ a prospéré à l’ère pré-internet au même titre que les grands acteurs du câble et du satellite, ils le doivent en partie à une forme de tarification que les économistes appellent bundling. Plutôt que de vendre différents biens séparément (des albums de musique ou des chaines de télévision) l’offreur propose un panier de biens et de services à prix unique. Cette tarification a quelque chose d’un peu magique elle peut profiter à la fois à l’offreur et au consommateur et ce d’autant que les consommateurs ont des préférences variées. Mais les choses ont changé avec le numérique, puisque l’image passe par Internet, les bundle(s) explosent, les séries à succès sont produites par des pure players comme Netflix, les fournisseurs d’accès et même les réseaux sociaux enchérissent pour s’arracher l’exclusivité de certaines retransmissions sportives et même Mickey casse sa tirelire pour acheter des studios, des chaines et des plateformes de SVod. La concurrence bat son plein, chaque acteur cherche à constituer la masse critique de contenu qui lui permettra d’évincer les concurrents du marché. Mais pour le consommateur cette période peut être très inconfortable, alors que l’on pouvait disposer avec un seul bouquet d’une très grande quantité et diversité de contenu il faut désormais s’abonner à plusieurs services dont les prix reflètent la nécessité pour ces plateformes d’amortir les contenus acquis à prix d’or.

    Les amateurs de sport connaissent bien le problème, il y a quelques années pour regarder l’intégralité de la ligue des champions il suffisait d’être abonné à Canal+, pour certains matchs il a ensuite fallu être également abonné à BeinSport. Lorsque ce dernier a obtenu les meilleurs matchs la souscription à son service est devenue un complément indispensable. L’année prochaine par contre il vous faudra vous abonner à SFR sports quelque soit le match. Si la diversité de vos préférences vous conduit à regarder en plus du rugby il vous faudra alors conserver canal+ pour le championnat et si votre club préféré joue la coupe d’Europe vous devrez également ne pas résilier BeinSport, si par contre il descend en pro D2 là vous devrez souscrire à Eurosport…et si en plus vous aimez le tennis alors là j’espère que vous êtes éligible à l’exonération de taxe d’habitation.

    Il est probable que le marché se consolidera à moyen terme (certains semblent déjà regretter leur achat) mais pour l’heure le piratage IPTV est pour le consommateur la seule manière de constituer à prix raisonnable un bundle de contenu permettant de satisfaire les préférences différenciées des différents membres d’un foyer (sports, films séries, dessins animés). En regardant de plus près le type de contenu consommé sur les réseaux pirate IPTV, l’effet longue traine est impressionnant et semble attester  du besoin chez les utilisateurs d’un accès centralisé à une grande diversité de contenu.

  • Ces Français qui brillent à l’international

    Dans un précédent article nous faisions état des oeuvres d’art françaises dans les différents musées du monde. Ce ne sont pas les seules à briller à l’étranger! Nos Chefs, acteurs, chanteurs, hommes d’affaires sont aussi, souvent, des acteurs de l’image française dans le monde. Tour d’horizon de ces acteurs stratégiques du soft power.

    La gastronomie, cliché facile mais toujours d’actualité

    La gastronomie française est l’un des meilleurs ambassadeurs de notre pays dans le monde , citons historiquement Auguste Escoffier et plus contemporainement Alain Ducasse et Jean-Georges . Ces étoiles françaises dans le domaine de la gastronomie ne sont pas les seuls Français à briller à l’international, mais ils sont particulièrement symboliques. La gastronomie française est et reste l’un de nos meilleurs symboles à l’international. Cela contribue aussi à l’économie hexagonale. Le groupe Ducasse compte des milliers de salariés, le vin et le cognac sont parmi les plus grands succès à l’export de la France, et la gastronomie française à l’étranger contribue aussi à l’attractivité touristique de la France.

    Des légendes du sport au service des jeux

    Tony Parker

    Citons dans le domaine du sport Tony Parker, légende de la NBA auprès des San Antonio Spurs , il gagna à 4 reprises le championnat de basket le plus important au monde. Parker, qui gère par ailleurs un club à Lyon, est désormais un frais retraité après une ultime saison auprès des Hornets de Charlotte.

    Zinedine Zidane, peut-être le plus grand joueur de football français, n’a pas quitté Madrid et est revenu au Real . D’abord joueur dans le club le plus riche du monde, lors de ses deux premières saisons, il remporte deux fois la Ligue des Champions, un championnat, une Supercoupe d’Espagne, deux Supercoupes d’Europe et deux Mondial des Clubs. Un palmarès inégalé.

    Le sport, lui aussi, contribue au soft power d’un pays. La France, qui s’est battue pendant 20 ans pour obtenir les JO, ne l’ignore pas. les champions français connus dans le monde ont d’ailleurs mis la main à la pâte dans le processus de sélection, que ce soit d’anciens champions comme Guy Drut et Tony Estanguet et des stars toujours en activité à l’image de Teddy Rinner.

    Une présence à l’international ancienne

    L’actrice oscarisée Marion Cotillard

    Les Français à l’international dans le cinéma sont, disons-le, depuis longtemps, moins présents que les anglo-saxons. Hollywood, usine à rêves et formidable machine de guerre, peut cependant s’ouvrir à celles et ceux qui viennent de loin. Parmi celles-ci, citons Marion Cotillard, Oscar de la meilleure actrice en 2008 pour la môme et qui joue derrière les caméras des plus grands réalisateurs d’Hollywood, Christopher Nolan par exemple la fait régulièrement jouer dans ses créations.

    Dans les générations précédentes, Catherine Deneuve a une très belle image dans le monde entier, devenue à ses dépends une ambassadrice de facto de son pays, alors qu’Alain Delon, Pierre Richard et Jean-Claude Belmondo restent immensément connus dans les anciens pays du bloc communiste. La marque de Delon, qui porte son nom, est en bonne place dans les centres commerciaux les plus modernes de Prague, Budapest et Moscou.

    Dans le domaine musical, comment ne pas citer David Guetta, DJ parmi les mieux payés au monde, et encore Daft Punk dont le dernier album, Grammy Award du meilleur album 2014, s’est vendu à près de 4 millions d’exemplaires. Plus loin dans le temps encore, Maurice Chevalier et Charles Aznavour arrivaient facilement à remplir le Madison Square Garden, le Royal Albert Hall et les meilleures salles de Rome, Madrid, Montréal et Bruxelles.

    Les James Bond girls, armes de séduction massive

    Carole Bouquet avec Roger Moore

    Alors que l’agent 007 devrait prochainement, après le dernier opus avec Daniel Craig, être interprété par une femme, n’oublions pas les 9 James Bond girls françaises. La première était Claudine Oger en 1965 avec « Opération Tonnerre » auprès de Sean Connery. Il y eut aussi la jeune Carole Bouquet en 1981 avec « rien que pour vos yeux », Sophie Marceau inoubliable avec « le monde ne suffit pas » en 1999 et, auprès de Daniel Craig Eva Green, Olga Kurylenko, Bérénice Marlhole et Léa Seydoux.

    Les humoristes dans la sphère francophone

    Un bémol est à apporter à cette liste non-exhaustive. Une partie non négligeable de ces étoiles françaises n’ont du succès à l’international qu’en s’exprimant dans la langue de Shakespeare. Alors en dehors de la sphère anglo-saxonne, point de salut?

    Ce n’est pas le cas pour les humoristes. Les interactions entre eux sont particulièrement présentes dans le monde francophone. Le festival juste pour rire de Montréal et le Marrakech du rire crée par Jamel Debbouze sont notamment de formidables relais pour les humoristes français dans le monde et également pour les humoristes québécois, belges, et maghrébins en France. Une internationale de l’humour en quelque sorte.

    Et le monde des affaires?

    Dans les milieux purement économiques, l’économie mondialisée invite de facto à des interactions permanentes entre les différents pays et acteurs économiques. Certains peuvent briller à l’international mais aussi y subir des difficultés, Jean-Marie Messier qui n’a pas réussit à batir un géant franco-américain des médias et du cinéma et Carlos Goshn, englué dans une affaire internationale ou il risque plusieurs années de prison, en sont les exemples les plus criants.

    A l’inverse l’Américain d’origine Frano-Iranienne Pierre Omidyar, fondateur d’ebay et parmi les premières fortunes de la silicon valley, est un exemple éclatant de réussite.

    Ainsi sport, musique, cinéma, milieux économiques et gastronomie, autants de secteurs qui voient certains de nos compatriotes avoir un succès parfois étourdissant. Une manière aussi, par ricochet, de faire rayonner leur pays d’origine.

  • Passons l’été avec d’épatants expats #7 Voltaire, le philosophe

    Plus célèbre philosophe français de son temps qui n’en manqua pas, François-Marie Arouet, dit Voltaire, aura marqué au cours des 8 décennies de son existence son entourage, des rois et empereurs, et depuis lors toute une pensée politique teintée de libéralisme, de lutte contre les injustices et pour la tolérance, et de parts d’ombre aussi.

    Né à Paris en 1694 dans une famille de la petite bourgeoisie, Voltaire, futur anticlérical virulent, étudia 7 ans chez les Jésuites et se fit rapidement remarquer pour sa vivacité d’esprit. Il y fréquente les proches du Régent mais des vers satiriques dont il fut prouvé qu’ils étaient de lui lui vaudront, en 1717, un premier séjour de 11 mois à la Bastille, il avait alors 23 ans.

    Le voyage en Angleterre, « terre de liberté » (1726 – 1728)

    Sorti de la Bastille, il obtint ses premiers succès avec notamment Œdipe qui triomphe au théâtre. Mais de nouveau brièvement embastillé après un conflit avec la puissante famille de Rohan, il partit alors, à 32 ans, vers l’Angleterre dont il parlera toute sa vie la langue et qui en fera un anglophile passionné.

    Voltaire dans sa jeunesse

    Dans cette contrée qu’il qualifia alors de véritable « terre de liberté », il découvrit émerveillé l’Habeas Corpus, tous les mécanismes qui protégeaient les citoyens contre les excès royaux, mais aussi l’amour proféré à la science, notamment Newton, mais aussi tout simplement la liberté, l’esquisse d’un libéralisme dont il sera l’un des porte-voix.

    Autorisé à rentrer en France, il y fit alors fortune en investissant astucieusement dans des opérations d’import-export vers la Méditerranée.  Cet homme raffiné aimait les belles choses et le luxe et ne dissocia jamais sa vie d’homme d’affaires et de philosophe.

    Une longue période prolifique ponctuée d’exils (1728 -1749)

    Voltaire publia alors les lettres philosophiques en 1734, un ouvrage tiré à 20 000 exemplaires, un nombre considérable pour l’époque, qui reprenait les principes de la liberté appris en Angleterre et qui sera alors vu par les autorités françaises comme une attaque en règle.

    Alternant séjours parisiens, visites à sa maitresse Emilie du Châtelet et exils tant internes qu’à l’étranger et notamment à Amsterdam, il fut alors un auteur prolifique, publiant entre autres sur Newton, Louis XIV et les mœurs.

    L’un de ses ouvrages les plus célèbres aujourd’hui, Zadig, paru en 1747 alors qu’il entretient alors et depuis une décennie une correspondance abondante et enthousiaste avec le roi de Prusse Frédéric II. C’est alors qu’il pris, à nouveau le chemin de l’exil et partit pour Berlin.

    La Prusse et les rapports complexes avec Frédéric II (1749 – 1753)

    Frédéric II de Prusse

    Après l’euphorie des premiers temps, Voltaire, logé à grands frais par le roi et en mesure de s’entretenir avec lui régulièrement, se brouilla rapidement avec le souverain, loin des idéaux de liberté qu’il met pour sa part au-dessus de tout.

    Après deux ans et demi à la cour, il fut autorisé à quitter la Prusse mais subit un dernier épisode humiliant quand la police prussienne le força à rendre un recueil de poésie rédigé par le roi.

    Direction la Suisse, Genève et son environnement propice aux affaires. A Ferney, devenue depuis Ferney-Voltaire, il y investit massivement, développa les manufactures locales, et vécu dans le grand luxe.

    L’hommage à Lisbonne après le séisme

    1755 à 1759 furent les années de deux textes majeurs de Voltaire : Candide, petit essai majeur qui aborde de nombreux thèmes polémiques comme l’esclavage, qu’il condamne, les classes sociales, la religion, le tout sous une forme satirique. Autre motif d’écriture, le grand séisme de Lisbonne qui lui voudra un texte reprenant sa tristesse face à ce drame qui fit des dizaines de milliers de morts et détruisit une grande partie du centre de la capitale portugaise.

    Voltaire et Catherine

    Le domaine de Ferney-Voltaire à proximité de Genève

    Frédéric II ne fut pas le seul souverain étranger avec qui Voltaire s’entretint durant sa longue vie. Catherine II de Russie, la Grande Catherine, était aussi une admiratrice passionnée du philosophe et échangea épistolairement avec lui de manière régulière.

    Catherine commanda une série de peintures représentant Voltaire qui sont encore aujourd’hui au musée de l’Ermitage à St Petersbourg.

    Une lumière ombragée

    Le portrait de Voltaire n’est cependant pas entièrement immaculé, loin de là. Déiste mais hostile aux religions monothéistes organisées,  il était particulièrement hostile au Catholicisme et au Judaïsme. De nombreux pamphlets antisémites sont de Voltaire. Ses rapports avec l’Islam étaient plus ambigus, d’abord clairement hostiles puis plus favorables à une religion qu’il estimait sans clergé.

    Si il est difficile de reprendre avec les modèles de notre époque les standards qui pouvaient exister en ce temps, Voltaire fit cependant preuve d’une virulence particulière, également vis-à-vis d’autres catégories de population comme les homosexuels alors que le milieu de son temps était sur ce thème relativement tolérant.

    La tolérance il en fut cependant question, et de manière positive, durant ces années à Ferney. Avec son traité de la tolérance rédigé en 1763 en pleine affaire Calas. Dans cette affaire, Voltaire prend fait et cause pour le vieux commerçant protestant Calas, accusé sans preuves d’avoir cherché à empêcher son fils de se convertir au Catholicisme. Calas sera roué de coups et brulé. Sa réhabilitation n’eut lieu qu’en 1765, mais à la grande satisfaction de Voltaire.

    Le retour à Paris et l’hommage au Panthéon

    Le Panthéon de Paris

    Agé et malade, Voltaire revint à Paris en 1778, accueilli triomphalement par la foule et s’installant dans un appartement du quai qui porte aujourd’hui son nom. Il y mourut le 30 mai de cette même année.

    Quelques années plus tard, en 1791 et en pleins troubles révolutionnaires, l’Assemblée décida du transfert de son cercueil au Panthéon. Il y demeure toujours, et en est le plus ancien pensionnaire.

  • Biarritz, de l’Atlantique à la Mer de Chine

    Ce fut une excellente idée, Giscard en avait beaucoup. Le monde était en crise, comme toujours. Il proposa une réunion des dirigeants de la planète pour discuter régulièrement, « en toute décontraction, de manière informelle » des affaires du monde. Sympa. Les pays du G6 représentaient alors les 2/3 de la richesse et 15% de la population mondiales. Aujourd’hui, devenu G7, ce n’est plus que 40% du PIB et 10% de la population.

    Au dernier sommet, au Canada, le gouvernement avait réservé, « en toute décontraction », 12.000 chambres. Coût du sommet : plusieurs centaines de millions. Officiellement 36M. Pour quel résultat ? Qui s’en souvient ? Au sommet d’Osaka, G20, jeune pousse parallèle, les dirigeants se demandèrent s’il était bien utile de continuer à faire ces communiqués qui consommaient tant d’intelligences diplomatiques et qui n’étaient ni lus, ni crus. Excellente question aurait dit Giscard.

    C’est Mitterrand qui avait dévoyé le sommet de Versailles en spectacle télévisé avec l’arrivée en calèche des grands de ce monde, de quoi susciter des milliers de manifestants. Les sommets sont devenus des shows, pour celui qui reçoit, pour ses invités, pour les altermondialistes, avec des thèmes que l’on s’arrache comme des drapeaux pour mieux se masquer: lutter contre les inégalités, s’engager contre le changement climatique, promouvoir l’égalité hommes-femmes.

    Sur ce sujet, le Rwanda montre l’exemple. La moitié du Parlement y est composé de femmes. Toutes choisies par Kagamé le bien aimé, réélu dernièrement avec 98% des voix. Si Kagamé est invité, ce n’est pas parce qu’il « partage nos valeurs », comme l’affiche l’Elysée, ni parce que la justice a opportunément classé sans suite les plaintes déposées contre lui, mais parce que la France a mis en avant le « partenariat pour l’Afrique ». Elle a raison. Dans ce domaine, la Fondation Bill et Melinda Gates pourrait faire mieux que les Etats, voulant créer une identité numérique digitale pour un accès direct à la banque, projet peu coûteux, utile et efficace. Les Gafas mieux que les Etats ? La proposition, soutenue par la France, est intégrée au sommet, tant mieux. Des adversaires, savoir tirer du bien.

    Quant à la lutte contre les inégalités, thème de ce sommet, elle a bien été engagée : Par la mondialisation, qui a sorti des milliards d’êtres humains de la pauvreté. Le protectionnisme n’est pas une bonne nouvelle pour les pauvres. Le nationaliste indien Modri l’a répété à Macron et le redira à Trump, qui l’écoutera à cause de la Chine et du Pakistan.

    Les résultats les plus importants sont généralement invisibles : Ce sont les décisions qui ne sont pas prises. Car si on ne prend pas de bonnes décisions, les sommets peuvent en éviter de mauvaises. De même qu’aux cocktails d’ambassadeurs, aux avant-premières de cinéma, on rencontre du monde, glane des confidences, discute en aparté, lors des Sommets, on teste, on grignote des certitudes. Dans les petits salons, se coincent des rencontres bilatérales « en toute décontraction, de manière informelle », dirait Giscard.

    Melinda Gates est invitée pour son projet africain? Tant mieux : Une des batailles fondamentale est l’équilibre -ou le déséquilibre- des forces entre les Gafas et les Etats. Le projet de Le Maire sera-t-il soutenu ? Dans la nouvelle répartition des pouvoirs, que deviennent les Etats, les monnaies, les données, les identités, et les oligopoles ?

    Puisque l’Afrique est là, qu’en est-il de la sécurité, de la Force du G5 Sahel, des trafics : ventes d’armes, de drogue, ventes d’hommes ? Y aura-t-il plus qu’une parole, un geste ? Silence, en revanche, sur l’Afrique du nord et la Méditerranée. Trop incertains, trop humains. Aussi, on parlera plus d’Ormuz que d’elle, car à Ormuz, on peut compter les navires et les forces.

    Certains absents seront pourtant bien là: La Russie, consultée à Brégançon. La Chine, et toujours l’Iran, la Syrie, l’Arabie. Avec eux la guerre monétaire, la guerre commerciale, la guerre tout court. Ces sujets, on les évoquera en public par des phrases toute faites, ils seront aussi présents que les feuilles blanches des salles de conférence.

    Les questions essentielles du sommet de Biarritz ne sont donc ni son coût, ni le contre sommet, ni la taxation du vin français, mais la question sous jacente à tout sommet, à toute organisation internationale, bien posée par Trump : le multilatéralisme est-il efficace ?

    Les Américains disent que non. Ils se sont retirés de l’Unesco, menacent de quitter l’OMC, se moquent de l’ONU. Ils ont des arguments pour le faire, tant ces organisations internationales se caricaturent et vivent en circuit fermé. Pourtant aucune entreprise ne rate un salon professionnel. Plus il est select, plus on y court. Même les Américains. Trump est là.

    Biarritz, c’est comme Cannes. On peut toujours se moquer du palmarès. On peut même ne pas aller voir les films. On ne peut pas manquer le rendez-vous. Là sont les stars, là se font les affaires et les prochains scénarios. Et l’ami Xi Jinping comme l’ami Poutine, eux dont les oreilles vont siffler tant on parlera d’eux, rêvent de leur contre sommet, en Mer de Chine. Peut-être après demain. A Hong Kong par exemple ? Là aussi se joue une partie mondiale. Mais pour l’instant, ils n’ont pas la main.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

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