Le climat politique ne s’améliore pas à quelques semaines de la présidentielle à Madagascar. Il y a d’abord eu le président du Sénat qui a annoncé avoir été contraint de renoncer au pouvoir par interim, le temps du processus électoral. Ce mardi, c’est la présidente de l’Assemblée nationale qui a dénoncé une élection illégitime.
Une élection présidentielle sous tension
Ces derniers jours, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, tous deux candidats à l’élection présidentielle de 2023, apparaissent quotidiennement devant les Malgaches. Mais si le premier est en campagne, bien décidé à s’offrir un deuxième mandat consécutif à la tête de Madagascar, le second a surtout pris la tête d’un cortège de manifestants qui, chaque jour depuis début octobre, défilent dans les rues d’Antananarivo.
Marc Ravalomanana ne défie pas seul le pouvoir. À ses côtés, dix autres candidats – dont Hery Rajaonarimampianina, Andry Raobelina, Hajo Andrianainarivelo ou Siteny Randrianasoloniaiko – refusent eux aussi de faire campagne et demandent l’annulation de la candidature du président sortant. Mais, parce qu’il a présidé aux destinées de Madagascar entre 2002 et 2009 et que sa rivalité avec Andry Rajoelina rythme la vie politique du pays depuis plus d’une décennie, l’ancien chef de l’État est de loin le candidat le plus en vue de l’opposition.
Au début du mois, un des candidats a été blessé à Antananarivo lors d’un des rassemblements de l’opposition, régulièrement empêchés par les gaz lacrymogènes des forces de l’ordre. Dans la foulée, la justice a ordonné le report d’une semaine du premier tour du scrutin, initialement fixé le 9 novembre. Les Etats-Unis et l’Union européenne (UE), qui suivent la campagne électorale avec « la plus grande vigilance », ont dénoncé un « usage disproportionné de la force ».
Mardi, dans une atmosphère tendue, les députés de l’opposition munis de banderoles « Nstay dégage ! », ont réclamé le départ du premier ministre. Proche de Rajoelina, Christian Ntsay est à la tête de l’exécutif jusqu’à l’élection d’un nouveau président, une position qui devait normalement être assurée par le président du Sénat, évincé. Une manœuvre du pouvoir, selon ses opposants.
« Les germes d’un conflit pour une guerre fratricide sont visibles et ne cessent de s’amplifier », a mis en garde la présidente de l’Assemblée. « J’irai là où il y aura une sortie de crise dans l’intérêt suprême de la nation », a-t-elle ajouté sous les hourras de l’Assemblée, alors que d’autres proches de Rajoelina commencent à prôner l’apaisement.
Deux cents ans après la Révolution française, le marché et la démocratie ont connu une période bénie permettant à certains de croire à « la fin de l’histoire ». En 1989, le mur de Berlin tombe, les démocraties populaires d’Europe de l’Est deviennent des démocraties tout court. L’ouverture de la Chine engagée en 1978 par Deng Xiao Ping est arrêtée sur le plan politique avec la répression des manifestants de Tian’anmen à Pékin (4 juin 1989) mais se poursuit sur le terrain économique. En 2001, la Chine a adhéré à l’Organisation mondiale du commerce, dynamisant ainsi les échanges commerciaux entre l’Asie et l’Occident. Elle sera suivie en 2012 par la Russie.
La mondialisation, une source d’enrichissement
La mondialisation a révolutionné l’organisation des chaînes de valeurs. Elle a surtout contribué à un enrichissement mondial sans précédent. Les années 1990 et 2000 ont permis une forte réduction de la pauvreté au niveau mondial, le développement d’une classe moyenne dans de nombreux pays et d’un essor du tourisme sur fond de libertés publiques croissantes.
Entre 1990 et 2019, la proportion de la population mondiale vivant avec moins de 2,15 dollars par jour est passée de 40 à 8 %. Si en 1990, les revenus des 10 % les plus riches représentaient 42 fois ceux des 50 % les plus pauvres, ce ratio était de 32 en 2015. Il a, depuis, légèrement augmenté.
40 % de la population mondiale vivait dans des pays soumis à des régimes dictatoriaux entravant la liberté de déplacement en 1990. Ce taux était de 22 % en 2012 et de 26 % en 2022.
La crise des subprimes, une rupture
La crise financière de 2007/2009 marque une rupture. Elle souligne la faiblesse économique croissante des pays occidentaux et l’affirmation des pays émergents, dont la Chine. Cette crise aurait pu marquer le début d’un nouveau cycle de coopération et de coordination. L’instauration du G20 réunissant les principaux pays avancés et émergents et l’adoption de systèmes de régulation des activités financières ont laissé présager une nouvelle organisation mondiale. Cet espoir ne s’est pas concrétisé.
Dans les années 2010, la mondialisation a été de plus en plus contestée. Le populisme et le nationalisme ont fait leur grand retour. Le Royaume-Uni est sorti de l’Union européenne. Certains États de cette même Union ont remis en cause certains acquis en matière de libertés. Le nombre de démocraties tend à diminuer. Les États-Unis et la Chine se sont lancés dans une guerre commerciale. La Russie a envahi l’Ukraine et essaie de rassembler autour d’elle des États refusant les valeurs démocratiques occidentales.
L’économie de marché, libérale, ne ressort pas indemne de ces dernières années. Le protectionnisme apparaît pour de nombreux gouvernements comme une solution tentante pour faire face aux difficultés économiques du moment. Depuis la crise financière de 2007/2009, l’économie de marché est devenue suspecte. Les États ont été contraints d’intervenir en 2008 pour éviter l’implosion de la sphère financière. Entre 2010 et 2013, en Europe, ils ont manœuvré pour éviter la banqueroute de la Grèce. Durant l’épidémie de covid, ils ont soutenu financièrement les ménages et les entreprises. En 2022, la guerre en Ukraine s’est accompagnée du maintien d’importants dispositifs d’aides.
La transition énergétique leur donne le prétexte d’agir directement et indirectement sur l’économie. Jamais, hormis en période de guerre, les démocraties libérales n’ont connu un tel degré d’interventionnisme.
Le conflit armé entre la Russie et l’Ukraine contraint des États qui depuis 1990 avaient engrangé les bénéfices de la paix à se réarmer, ce qui suppose un accroissement des dépenses publiques. La planification, symbole de l’URSS, redevient à la mode.
La France avait abandonné le principe de la planification au début des années 1990. Lors de la campagne présidentielle de 2022, pour attirer les électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui en avait fait son cheval de bataille, Emmanuel Macron a placé la planification écologique parmi ses priorités pour son second mandat.
Emmanuel Macron a placé la planification écologique parmi ses priorités pour son second mandat.
L’État avant tout
Face aux crises, les populations exigent de leur État un soutien sans faille. Depuis la crise des subprimes, l’idée que les conséquences des chocs économiques ne soient pas supportées par les populations s’est imposée. Les gouvernements doivent agir afin de garantir les revenus. Même aux États-Unis, pays jugé plus libéral que ceux d’Europe, lors de l’épidémie de covid, l’État fédéral a compensé les pertes de revenus.
L’État « nounou » est devenu la référence. Il distribue des chèques, gèle certains prix, établit des boucliers tarifaires, impose des ristournes, etc. Il est de plus en plus présent dans la gestion de l’économie.
La transition énergétique avec l’objectif de décarbonation des activités d’ici 2050 se traduit par l’adoption d’un nombre croissant de normes, de systèmes de bonus/malus et d’incitations fiscales. Elle conduit les États à subventionner la réalisation d’infrastructures d’énergies renouvelables, des entreprises réalisant des investissements contribuant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à prendre des mesures protectionnistes (taxe carbone à la frontière, majoration de droits de douane, malus sur certaines productions).
La crise sanitaire a amené également les États à s’immiscer dans le fonctionnement de l’économie au nom de la défense de la souveraineté nationale. Les gouvernements souhaitent relocaliser sur leur territoire certaines productions jugées comme indispensables. Aux États-Unis, Donald Trump, en augmentant les droits de douane, s’étaient inspiré des pratiques des années 1930. Il a été suivi par de nombreux pays depuis.
Joe Biden estime, de son côté, que l’économie est désormais partie prenante des questions de sécurité nationale. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, aime à répéter que l’Union européenne est « la première grande économie à définir une stratégie en matière de sécurité économique ». Emmanuel Macron a dans plusieurs discours mentionné l’impérieuse nécessité de «l’autonomie stratégique» pour la France. Narendra Modi, le Premier ministre indien met en avant «l’autonomie économique» de son pays.
Une course de vitesse s’est engagée à l’échelle mondiale entre les différents États, chacun souhaitant se doter d’entreprises en pointe sur les microprocesseurs, les batteries, le solaire, l’éolien, etc. Comme pendant la guerre froide, les gouvernements occidentaux utilisent des outils économiques pour affaiblir leurs adversaires géopolitiques, notamment en interdisant les exportations et les investissements internationaux surtout quand ils pourraient concerner la défense. L’Iran, la Russie et la Chine sont particulièrement visés par ces mesures.
La surenchère des États coûte cher
L’Inflation Reduction Act qui est avant tout une loi en faveur de l’investissement sur le territoire américain pourrait coûter plus de 1 200 milliards de dollars d’ici 2030. 40 % de toutes les dépenses des pays de l’OCDE en faveur des énergies propres proviennent des États-Unis.
Pour contrer les Américains, l’Union européenne a lancé « Next Generation » et le «Green Deal». 14 États de l’Union européenne sur 27 ont adopté des plans de soutien à la microélectronique et aux technologies de communication. La France est en pointe dans les mesures de protection de son marché. Elle a ainsi lancé dernièrement un fonds national pour exploiter des métaux rares.
L’Union européenne souhaite que 40 % des technologies clés nécessaires à sa transition verte et 20 % des semi-conducteurs mondiaux soient fabriqués dans l’Union européenne. L’Inde dont la tradition protectionniste est ancienne met en œuvre un programme d’« incitations liées à la production » pour de nombreux secteurs, notamment la fabrication de modules solaires photovoltaïques et de batteries avancées. En vertu de la loi K-chips, la Corée du Sud offre des allégements fiscaux aux entreprises de semi-conducteurs.
S’inspirant du programme « Made in China » de 2015, les États occidentaux ont créé leur « Made in America », « Made in Europe », « Make in India », « Made-in-Canada plan » et « A Future Made in Australia ».
Le renouveau des politiques industrielles au sein des pays avancés
Ces dernières années, le recours aux politiques industrielles et protectionnistes était l’apanage des États en développement. Aujourd’hui, selon une étude réalisée par Réka Juhász de l’Université de la Colombie-Britannique, Nathan Lane et Emily Oehlsen de l’Université d’Oxford, et Verónica C. Pérez de l’Université de Boston, ce sont les pays occidentaux qui sont les plus entreprenants en la matière.
Au premier trimestre 2023, le montant de subventions allouées aux entreprises des États de l’OCDE est supérieur de 40 % à celui constaté avant la pandémie. Selon la banque UBS, les gouvernements du G7 ont prévu de financer à hauteur de 400 milliards de dollars l’industrie des semi-conducteurs au cours de la prochaine décennie. Depuis 2020, les gouvernements ont affecté 1300 milliards de dollars pour soutenir les investissements dans les énergies propres.
Les dépenses américaines en matière de politique industrielle, par rapport au PIB, sont désormais équivalentes à celles de la France qui était jusqu’à maintenant le pays de l’OCDE qui soutenait le plus son économie. Dans le cadre des campagnes électorales en cours (Etats-Unis, Royaume-Uni, Espagne), les programmes des candidats prévoient d’accroître l’interventionnisme. Au Royaume-Uni, le parti travailliste souhaite la mise en place d’un plan d’action en faveur de la transition énergétique dont le poids serait dix fois supérieur à celui de Joe Biden.
Ces politiques d’aides généralisées sont perçues favorablement par les actionnaires qui n’anticipent que modérément l’augmentation des prélèvements obligatoires et l’augmentation des prix. Depuis le début de l’année 2022, le cours moyen des actions des entreprises américaines bénéficiant de dépenses d’infrastructures supplémentaires a augmenté de 13 %, contre une baisse de 9 % pour l’ensemble du marché boursier américain, selon les données de la banque Goldman Sachs.
Jamais, hormis en période de guerre, les démocraties libérales n’ont connu un tel degré d’interventionnisme.
Faut-il abandonner l’économie de marché ?
La mondialisation a été une source de déséquilibres indéniable mais le retour à des pratiques d’un autre temps risque d’en générer de nouveaux. La surenchère des aides se traduira par des augmentations d’impôts ainsi que par des taux d’intérêt et des prix de vente plus élevés. L’offre est avantagée au détriment de la demande.
L’expérience historique de la politique industrielle n’est pas encourageante. Le centre de recherche Peterson Institute a examiné les effets de la politique industrielle américaine entre 1970 et 2020. Les tentatives visant à créer un avantage concurrentiel grâce au soutien du gouvernement ont généralement échoué. Selon une étude de la London Economic School, une des raisons du déclin du Royaume-Uni dans les années 1960 provient du maintien de politiques de soutien à l’économie, politiques qui seront remises en cause dans les années 1980 par Margaret Thatcher.
Les partisans des politiques industrielles mettent en avant le succès des dragons asiatiques comme Taïwan, Singapour, la Corée du Sud ou Hong Kong puis de la Chine. L’économiste, Nathan Lane de l’Université d’Oxford a étudié l’essor de l’industrie sud-coréenne dans les années 1970. Le programme Heavy Chemical and Industry de 1973 à 1979, reposant sur des crédits bonifiés pour favoriser la production et les exportations, a joué un rôle dans le décollage économique du pays. Au cours des vingt années qui ont suivi 1973, le PIB réel par habitant de la Corée du Sud a augmenté de 349 %. Ce résultat favorable a été réalisé tout en maintenant des finances publiques saines.
L’objectif des pouvoirs publics a été avant tout d’améliorer la compétitivité extérieure du pays, ce qui est rarement le cas dans le cadre des politiques industrielles mises en œuvre dans les années 1970/1980.
En Chine, depuis 2015, Xi Jinping a engagé le projet « Made in China ». L’État chinois a renforcé son pouvoir sur l’activité économique. Les subventions gouvernementales en pourcentage des bénéfices des sociétés chinoises cotées sont passées de 3 % en 2012 à 5 % en 2020. Le nombre de mesures fiscales soutenant les industries de haute technologie est en forte hausse, selon un article publié en 2021 par Goldman Sachs. Toutes les mesures prises n’ont pas eu les effets escomptés. La productivité chinoise ne progresse plus. L’augmentation des dépenses de R&D, des brevets et de la rentabilité n’est pas au rendez-vous au sein des entreprises aidées.
En multipliant les aides, les gouvernements risquent de gaspiller des milliards de dollars, de générer des effets d’aubaine ou de pérenniser des entreprises non rentables et sans avenir. En Inde, les incitations liées à la production de biens technologiques ont été détournées. En effet, l’Inde est devenue non seulement un exportateur mais aussi un importateur important de téléphones portables. Les entreprises chinoises se sont installées dans ce pays afin de bénéficier des aides tout en continuant à produire en Chine ou au Vietnam. Elles importent des portables quasi-achevées et les reconditionnent afin qu’ils soient estampillés «Made in India».
Les entreprises occidentales, malgré des aides, butent sur des problèmes de main-d’œuvre pour développer de nouvelles usines. Faute de personnel, des projets restent en jachère. Certaines entreprises aidées ont même été poussées à la faillite, les projets n’étant pas viables. Lightyear, une entreprise néerlandaise de voitures solaires soutenue par le gouvernement et la Commission européenne, a épuisé ses réserves financières et arrêté, un certain temps, sa production. Britishvolt, une entreprise de batteries électriques que le gouvernement britannique s’est clairement engagé à soutenir, a déposé le bilan. Plusieurs projets de parcs d’éoliennes en mer pourtant subventionnés sont à l’arrêt. Les entreprises de ce secteur demandent une augmentation des aides. Il en est de même pour celles qui sont investies dans la fabrication de microprocesseurs au sein des pays de l’OCDE. Elles réclament le versement d’aides annuelles pour faire face aux surcoûts énergétiques.
La causalité est loin d’être certaine mais force est de constater que le développement des aides à l’industrie et du protectionnisme s’accompagne au sein de l’OCDE d’une stagnation voire d’une baisse de la productivité. L’argent ainsi utilisé ne bénéficiera pas à la retraite, à la santé ou à la dépendance. Les entreprises aidées sont bien souvent celles qui ont les moyens d’investir.
Les subventions créent des effets de rente et réduisent la concurrence. Les chercheurs du FMI estiment que le PIB sera amputé à court terme d’un point et à long terme de 2 points. Certaines estimations chiffrent le manque à gagner à plus de 5 points de PIB.
Le nationalisme économique équivaut à un Brexit généralisé
Les subventions publiques sont visibles quasi immédiatement. Les gouvernements célèbrent les ouvertures d’usine. Ils mettent en avant la fabrication de batteries, de masques et d’éoliennes. Les effets pervers sont plus diffus. Quand les États-Unis ont décidé dans les années 1970 de taxer les produits sidérurgiques japonais, la population américaine a favorablement réagi au nom de la défense de l’emploi. Or, cette politique protectionniste a été responsable quelques années plus tard de la descente aux enfers de l’industrie automobile américaine, contrainte d’utiliser de l’acier cher et de mauvaise qualité. Le bilan en termes d’emploi a été négatif.
Le libre-échange, la théorie des avantages comparatifs, la concurrence sont sans nul doute les concepts de l’économie de marché les moins bien compris par les populations. En France, l’échec du nationalisme économique traverse les siècles, des compagnies des Indes au Plan calcul du Général de Gaulle.
Le retour au nationalisme économique ne tire pas un trait sur trente ans de mondialisation. La segmentation de la planète autour de plusieurs pôles économiques n’empêchera pas la Chine de conserver une place importante dans la production industrielle. En revanche, la suspicion s’est installée et mine le commerce international au point que celui a perdu son rôle de moteur.
Les constructeurs automobiles britanniques tirent mercredi (18 octobre) la sonnette d’alarme sur la possible entrée en vigueur au premier janvier de droits de douane post-Brexit de 10 % sur les véhicules électriques qui traversent la Manche.
Ceux-ci « ajouteraient 3 600 livres (près de 4 150 euros, NDLR) au coût des véhicules électriques de fabrication britannique vendus en Europe » et presque autant aux véhicules européens vendus au Royaume-Uni, affirme dans un communiqué la SMMT, qui représente le secteur automobile britannique.
Un durcissement des « règles d’origine » dans le traité commercial post-Brexit avec l’UE doit imposer à partir de 2024 qu’au moins 45 % de la valeur des pièces du véhicule provienne de l’UE ou du Royaume-Uni pour être exempté de droits de douane. Or, les batteries représentent une part substantielle du prix des véhicules électriques et proviennent actuellement souvent de Chine.
« Cela fait des mois que nous disons que les règles d’origine constituent une menace majeure » pour les fabricants britanniques, dont l’UE est « le marché numéro un », ainsi que pour les entreprises en Europe pour qui le Royaume-Uni est un marché crucial, affirme Mike Hawes, directeur général de la SMMT.
Les droits de douane rendraient « tout simplement ces produits non compétitifs », alors que les marges sont trop faibles sur les véhicules électriques et que les fabricants seraient contraints d’en répercuter au moins une partie, poursuit-il auprès de l’AFP.
« Certaines personnes diront ‘en fait, c’est trop cher, je vais simplement acheter une autre voiture essence, diesel ou garder celle que j’ai’, et cela sape notre capacité à réduire les émissions de carbone », affirme M. Hawes.
Frankfurt, Germany, Circa 2017, Jaguar, Land Rover, Automobile, Dealership [Shutterstock/Razvan Iosif]
Fin septembre, le commissaire européen chargé du Marché intérieur Thierry Breton avait douché les espoirs des constructeurs automobiles britanniques et européens sur un report des nouvelles règles douanières, affirmant que « ce qui avait été négocié avait été négocié ».
La SMMT espère cependant encore un accord entre Londres et Bruxelles et un report à 2027. « Des investissements considérables sont consacrés à la fabrication de batteries en Europe et au Royaume-Uni », mais « cela va prendre deux ou trois ans » avant d’en voir les effets concrets, selon Mike Hawes.
En dépit de récents revirements de Londres sur ses objectifs de neutralité carbone, dont un report de l’interdiction de la vente de voitures thermiques neuves, le Royaume-Uni a connu plusieurs annonces en faveur du secteur des véhicules électriques.
Le géant indien Tata, propriétaire de Jaguar Land Rover, avait notamment annoncé en juillet un investissement de 4 milliards de livres (4,6 milliards d’euros) dans une méga-usine de batteries électriques outre-Manche.
Bonjour aux Français de l’étranger, vous écoutez le flash quotidien des expatriés, nous sommes le jeudi 19 octobre, dans vos titres : Liberté pour la chercheuse franco iranienne Fariba Adelkhah – Manifestations contre la France – Retour en France, le RSA est sous condition désormais
Une otage française détenue dans les prisons iraniennes depuis 4 ans est enfin libre.
Fariba Adelkhah, arrêtée en Iran en 2019 pour atteinte à la sécurité nationale, puis libérée en février dernier mais empêchée de quitter le territoire, est de retour en France. Spécialiste du chiisme et de l’Iran post-révolutionnaire à Sciences Po, Fariba Adelkhah avait été condamnée en 2020 à cinq ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, ce que ses proches ont toujours farouchement nié. Elle avait été libérée en février mais n’avait pas été autorisée à quitter le pays.
Les ambassades de France ciblées dans certains Etats musulmans
En Cis-jordanie, en Iran et plus surprenant en Tunisie, nos ambassades ont été assiégées par des manifestants ce mardi et ce mercredi. Au même titre que les USA ou la Grande-Bretagne, les participants nous reprochent notre soutien à Israël. Et ce même alors que les noms de 3 autres Français sont venus s’ajouter à la liste des 21 décédés déclarés lundi soir.
En tant qu’expatrié(e) de retour en France, vous avez le droit à partir du 1er jour du 4ème mois de résidence en France de bénéficier du RSA si vous ne disposez pas de revenus en France. L’idée est qu’une personne faisant une demande de RSA à la CAF se retrouve en même temps inscrite à Pôle emploi. Dans ce cadre, le gouvernement a décidé de mettre en place une obligation pour les bénéficiaires du RSA d’effectuer 15 heures d’activités hebdomadaires. Une dernière commission entre les sénateurs et les députés doit se dérouler d’ici la fin du mois pour acter cette modification, à ce jour, aucune dérogation n’est prévue pour les expatriés de retour en France.
RSA
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour la dernière édition de la semaine.
En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.
Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.
Animé par Caroline Ettori.
« En toute confidence » reçoit Daphna Poznanski-Benhamou, Conseillère des Français de l’étranger pour la circonscription d’Israël et Territoires palestiniens. Daphna est également membre du bureau de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).
L’élue consulaire est « en contact direct jour et nuit » avec nos compatriotes en Israël. Dans son interview, Daphna Poznanski-Benhamou fait état du bilan évolutif. Au moment de l’enregistrement, celui-ci était de vingt français tués et de douze encore disparus. « On espère qu’ils sont encore vivants » partage-t-elle.
« Cela a été extrêmement difficile qu’Air France revienne »
« Après le déclenchement de cette horrible tragédie », l’une des actions de l’élue a été de « faire repartir les touristes français piégés en Israël ». En effet, Air France et Transavia avaient annulé leurs vols. Or, évoque-t-elle dans cette interview : « cela a été extrêmement difficile qu’Air France revienne ».
Quand la première liaison aérienne entre Tel-Aviv et Paris a été possible, des cas prioritaires ont été refusés. Daphna Poznanski-Benhamou nous informe que la compagnie aérienne a eu affaire à « une femme en colère ». Elle a d’ailleurs fait part de sa position à nos confères de France-Info. Ses propos ont ensuite été repris par la Ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna. Une dizaine de vols ont ainsi pu reprendre, mais ils viennent à nouveau de s’arrêter !
Environ 2.000 évacuations d’Israël ont été possibles
Dans la situation que nous connaissons, la conseillère des Français d’Israël et Territoires palestiniens souligne que « le Consulat général de France à Tel-Aviv a été extraordinaire ». « Cela a été d’une grande aide », complète-t-elle. 180.000 Français habiteraient en Israël, mais seulement 90.000 sont enregistrés auprès des autorités consulaires. Environ 2.000 évacuations ont été possibles.
Daphna Poznanski-Benhamou nous rend compte des instructions données pour établir la liste des personnes prioritaires à faire revenir en France. Or, « cela nous a contraint à faire un tri » s’offusque-t-elle. Elle explique que cette action demandée par la cellule de crise du Quai d’Orsay « a renvoyé de manière absolument effarante et dramatique aux pires heures de la Shoah ».
Daphna Poznanski-Benhamou
Passer par les journalistes est parfois plus efficace
Pour faire entendre la voix des Français de l’étranger, notre invitée donne deux chemins possibles. Il y a d’abord la voie Consul Général, Ambassadeur, Quai d’Orsay, Ministre chargé des Français de l’étranger Olivier Becht … cette voie est « une voie administrative et politique » et « très souvent, tout le monde est coincé » remarque l’élue consulaire. Pour Daphna Poznanski-Benhamou, il existe aussi une autre voie : celle « des journalistes », « qui est parfois beaucoup plus efficace ».
Les familles des otages « me demandent de faire passer des messages au Président Macron »
Ces relais sont utiles pour l’élue des Français d’Israël et Territoires palestiniens. « Je suis en contact avec les familles des otages français » et « j’ai des messages à faire passer ». Ces familles, poursuit-elle, « me demandent aussi de faire passer des messages au Président Macron ». Ceux-ci poussaient à l’intervention active de la France dans la libération des otages. Après les avoir transmis, Daphna Poznanski-Benhamou constate que « le ton a changé » au niveau de la Présidence de la République.
« Il ne faut pas confondre le Hamas avec la cause palestinienne »
Analysant la situation, la Conseillère des Français de l’étranger estime que « le Hamas a plus porté atteinte à la cause palestinienne que n’importe qui au monde ». Elle souligne que « le Président Macron l’a très bien compris ». « Il ne faut pas confondre le Hamas avec la cause palestinienne ». Emue par les événements, Daphna nous dit que « ce sont les meilleurs d’entre nous qui ont été massacrés. C’étaient des idéalistes. Des gens qui croyaient à la paix ».
Pour conclure, retraçant les événements, Daphna Poznanski-Benhamou nous le confie, « ce n’est pas possible d’accepter. C’est une catastrophe pour le peuple israélien et le peuple palestinien ». Pour autant, elle souhaite se projeter vers l’avenir et garder l’espoir. Elle se tourne vers les enfants. Dans les derniers moments de ce « En toute confidence », la représentante des Français d’Israël et Territoires palestiniens parle de « consoler », de « reconstruire les kibboutz » et de « faire que la France s’implique pour une autre solution que le Hamas pour les gazaouis ».
En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes
Des centaines de manifestants se sont rassemblés mardi soir et ce mercredi matin devant l’ambassade de France à Tunis en Tunisie, et à Téhéran en Iran pour protester contre le tir meurtrier sur un hôpital de la ville palestinienne de Gaza. Une frappe qui a fait au moins 200 morts, d’après le Ministère de la Santé de la bande de Gaza. Le Hamas a accusé Israël d’être à l’origine de cette frappe, mais Israël impute le tir de roquette au Jihad islamique, un autre groupe armé palestinien. Une information démentie par ce dernier qui accuse aussi Israël. On a, aussi, appris ce mercredi 18 octobre que le bilan passe à 24 morts pour les Français tandis que 7 sont toujours disparus.
À Tunis, ils étaient des milliers de manifestants à exprimer leur colère, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de l’article. Ils ont également réclamé le renvoi des ambassadeurs français et américain. « Les Français et les Américains sont les alliés des sionistes », ont scandé les manifestants en colère devant le siège de l’ambassade de France au centre de Tunis, ont constaté des journalistes. «Le renvoi de l’ambassadeur est un devoir », « pas d’ambassade américaine sur le territoire tunisien » ont-ils crié, entouré d’un dispositif policier.
Les manifestants, dont des figures de l’opposition et des représentants de la société civile ainsi que des avocats, ont scandé aussi des slogans hostiles au président français Emmanuel Macron. La Tunisie, qui a abrité de 1982 à 1994 l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat après son départ du Liban, a depuis toujours adopté une position de ferme soutien à la cause palestinienne.
Dans ses discours, le président tunisien Kais Saied a qualifié à plusieurs reprises de « crime » une normalisation avec Israël et une commission parlementaire doit examiner prochainement un projet de loi visant à pénaliser un tel processus.
Un rassemblement de soutien au peuple palestinien, à Tunis, le 16 octobre 2023. FETHI BELAID / AFP
Royaume-Uni et France visés à Téhéran
Cette même nuit, des centaines de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade de France, mais aussi celle du Royaume-Uni à Téhéran pour protester contre ce tir sur un hôpital de Gaza. Plusieurs manifestants ont scandé « Mort à la France et à l’Angleterre », en lançant des œufs sur les murs de l’enceinte de l’ambassade de France.
Des drapeaux israéliens ont été brûlés et la foule a également crié « Mort à Israël ». Ces rassemblements ont pris fin dans le calme vers 3 heures du matin, heure locale.
Israël et les États-Unis n’ont d’ailleurs pas d’ambassade à Téhéran en l’absence de relations diplomatiques entre ces deux pays et l’Iran. Le président iranien Ebrahim Raïssi a décrété une journée de « deuil public » mercredi et a prédit que l’attaque contre l’hôpital allait se retourner contre Israël et son allié américain.
Le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian a pour sa part appelé dans un message sur X à « l’unité mondiale » contre Israël, « un régime usurpateur plus détesté que l’Etat islamique ». Téhéran a également appelé les pays arabes ayant noué des relations avec Israël à les rompre.
Manifestations dans de nombreux pays musulmans
Environ 5 000 Jordaniens ont manifesté ce mercredi à la mi-journée près de l’ambassade d’Israël à Amman. La Jordanie, liée par un traité de paix avec l’État israélien, a déclaré qu’Israël « porte la responsabilité de ce grave incident ».
Tandis que des milliers d’Égyptiens ont également défilé en soutien aux Palestiniens ce mercredi dans différentes villes du plus peuplé des pays arabes en solidarité avec la bande de Gaza, pilonnée depuis 12 jours par Israël, selon des images diffusées par des médias locaux et sur les réseaux sociaux dans un pays où manifester est illégal.
Peu avant, le président Abdel Fattah al-Sissi avait prévenu : « si je demande au peuple égyptien de sortir dans les rues, ils seront des millions ». À Rafah, le poste-frontière vers la bande de Gaza, les humanitaires qui attendent d’entrer se sont rassemblés pour la prière des morts en mémoire des victimes de la frappe qui a tué dans la nuit des centaines de personnes dans un hôpital de Gaza, a constaté un correspondant de l’AFP.
Rappelons que Joe Biden a d’ores et déjà affirmé que, « sur la base de ce (qu’il avait) vu, il apparaît que (la frappe) a été menée par le camp adverse » à Israël. Interrogé sur la question de la responsabilité ce mercredi à la mi-journée. Du côté français, le porte-parole du gouvernement français, Olivier Véran, s’est voulu plus prudent, assurant que la France n’avait pas « de données en propre » sur l’origine du tir.
Les travailleurs nomades numériques, ou «digital nomads», ou simplement télétravailleurs, sont de plus en plus nombreux. Quand on travaille pour une entreprise française, pour des raisons de couverture sociale, de fiscalité mais aussi pour la facilité d’installation, il est bien plus simple de choisir une destination au sein de l’Union européenne. Aujourd’hui, on fait le point sur les meilleures villes où s’expatrier dans ce cas grâce à une étude publiée par le site SuperCasino. Car toutes les villes du Vieux Continent ne se valent pas, selon ce classement.
Ce dernier a été établi en prenant en compte différents pôles de dépenses pour les télétravailleurs, tels que les courses alimentaires, l’accès aux transports en commun, la location d’une chambre pour une nuit sur Airbnb et la souscription d’un abonnement Internet. La sûreté des villes européennes apparaissant dans le palmarès a aussi été évaluée, en s’appuyant sur les données des dernières éditions en date du Numbeo Index et du Safety City Index.
Cracovie, la première du classement
Cette méthodologie a permis de mettre en évidence le fait que Cracovie est particulièrement adaptée au style de vie des «digital nomads». La ville polonaise se démarque pour ses prix attractifs en ce qui concerne Internet et l’alimentation. Son réseau de transport en commun est aussi peu cher, ce qui en fait une destination de choix pour les télétravailleurs européens.
La deuxième place du classement revient à Riga. Si le climat n’y est pas particulièrement clément, surtout en hiver, la capitale lettone est connue pour sa scène culturelle dynamique et sa vie nocturne animée. Les loyers y sont aussi beaucoup moins élevés que dans d’autres villes d’Europe de l’Est, dont Dubrovnik, Prague, Tallinn ou même Budapest.
Mais la capitale hongroise arrive quand même à décrocher la troisième place grâce à son système de transports publics pratique et abordable ainsi que ses forfaits Internet bon marché. Autre point qui joue en sa faveur : la Hongrie a créé en 2021 un visa spécifique pour les nomades digitaux. Il permet aux télétravailleurs de s’installer dans le pays pour une durée maximale d’un an, à condition qu’ils soient embauchés par une entreprise étrangère.
Le site SuperCasino a établi un classement des meilleures villes où s’expatrier pour les « digital nomads »
La péninsule ibérique et son soleil
Si les villes d’Europe de l’Est occupent les premières places du palmarès des villes les plus propices aux « digital nomads », celles du sud du Vieux Continent ne sont pas en reste. Valence, Lisbonne et Madrid figurent respectivement en sixième, huitième et neuvième position. Rien d’étonnant quand on sait que l’Espagne et le Portugal font tous les deux les yeux doux aux personnes qui gèrent toutes leurs activités professionnelles à distance. Les deux pays leur offrent des visas adaptés à leur situation, dans l’espoir de les attirer sur leurs terres. Et ça semble marcher puisque l’Espagne et le Portugal sont souvent cités dans les classements recensant les destinations où il fait bon télétravailler.
En tant qu’expatrié(e) de retour en France, vous avez le droit à partir du 1er jour du 4ème mois de résidence en France de bénéficier du RSA si vous ne disposez pas de revenus en France. Mais peut-être n’avez-vous pas entendu parler des règles qui encadrent ce dispositif de solidarité nationale.
Cap sur le plein-emploi
Le projet de loi « pour le plein-emploi », présenté le 7 juin 2023 en Conseil des ministres, doit donner naissance à « France travail », successeur de Pôle emploi, et mettre en place un accompagnement plus personnalisé et directif des allocataires du RSA qui n’ont guère profité de la baisse du chômage.
L’exécutif mise sur cette transformation pour atteindre le plein-emploi, soit un taux de chômage autour de 5 % en 2027 (contre 7,1 % actuellement) en ciblant les personnes très éloignées de l’emploi. En dépit de la forte baisse du chômage ces dernières années et des pénuries de main-d’œuvre dans de nombreux secteurs, le nombre des bénéficiaires du RSA n’a guère diminué depuis 2017, autour de 1,9 million.
Vous êtes expatrié de retour en France ? Quels sont vos droits au RSA ?
France Travail
La création de France travail, au plus tard d’ici le 1er janvier 2025, vise à mieux coordonner les acteurs du service public de l’emploi. Il s’agit d’avoir la même procédure d’entrée pour toutes les personnes en recherche d’emploi ou rencontrant des difficultés d’insertion, quelle que soit la porte où elles frappent. L’idée est qu’une personne faisant une demande de RSA à la CAF se retrouve en même temps inscrite à France travail, alors qu’aujourd’hui seuls 40 % des bénéficiaires du RSA sont à Pôle emploi.
L’opérateur public et l’ensemble des acteurs (missions locales pour les jeunes, Cap emploi pour les personnes handicapées mais aussi collectivités…) devront mieux fonctionner en réseau avec des systèmes connectés. Pôle emploi s’appellera lui-même France travail et sera l’opérateur en chef de ce réseau. Loin d’un big bang institutionnel – chacun gardant ses compétences – il s’agit de « jouer collectif », selon Elisabeth Borne, la Première Ministre.
15 heures de travail
Le projet de loi a commencé son parcours parlementaire par le Sénat où il a été adopté en première lecture le 12 juillet. Il a été adopté par l’Assemblée nationale le 10 octobre. Le gouvernement a pu compter sur le soutien de la droite qui a obtenu l’obligation sauf exception pour les bénéficiaires du RSA d’effectuer 15 heures d’activités hebdomadaires.
Une commission mixte paritaire doit se réunir le 23 octobre pour trouver un texte de compromis qui pourrait ensuite être définitivement adopté par le Sénat et l’Assemblée.
Sauf surprise, cette nouvelle disposition s’appliquera aussi aux Françaises et Français de l’étranger qui solliciteront le RSA au retour de leur expatriation.
Il y a 50 ans, la guerre du Kippour signa la fin des Trente Glorieuses, période de rattrapage et de forte croissance pour de nombreux pays européens dont la France. Au mois d’octobre 1973, les pays pétroliers arabes regroupés au sein de l’OPEP décidèrent une multiplication par quatre du prix du baril ainsi que des embargos à l’encontre des pays soutenant Israël dont les États-Unis et les Pays-Bas. Le monde occidental connut alors une récession puis bascula dans la stagflation, combinaison délétère de faibles inflation et croissance.
La guerre du Kippour constitua, pour de nombreux observateurs, une rupture mais dans les faits, elle a surtout accéléré des tendances présentes depuis quelques années. A la fin des années 1960, les pays producteurs s’étaient mis d’accord pour prendre le contrôle du marché pétrolier et augmenter le prix du baril. Par ailleurs, l’aggravation des déficits publics et commerciaux aux États-Unis et dans d’autres pays et les mécanismes d’indexation constituaient un terreau favorable à l’enclenchement d’une spirale inflationniste.
Une nouvelle vague inflationniste
Pour éviter la disparation leur son stock d’or, les Etats-Unis mirent ainsi fin le 15 août 1971 à la convertibilité du dollar avec le métal précieux, convertibilité qui constituait la pierre angulaire des systèmes monétaires issus de Bretton Woods en 1944.
En 1979, la révolution iranienne provoqua le deuxième choc pétrolier avec une multiplication par près de trois du prix du baril de pétrole et une nouvelle vague inflationniste. Ce deuxième choc sonna la fin de l’âge d’or de l’OPEP. Le pouvoir des pays arabes producteurs de pétrole commença alors à s’émousser. La part de ces pays dans la production pétrolière est ensuite passée de plus de 50% en 1973 à 35% en 2022 avec l’arrivée de nouveaux pays producteurs, en Afrique, en Asie et avec le retour au premier plan sur le marché pétrolier des États-Unis grâce au pétrole de schiste.
Le développement de l’énergie nucléaire puis des énergies renouvelables ont également réduit la dépendance des pays occidentaux aux hydrocarbures. Par ailleurs, la croissance économique est devenue, au fil des années, plus économe en énergie. Faute de pouvoir maîtriser le marché, en 1986, l’Arabie saoudite arrêta de soutenir le prix du baril qui tomba alors en-dessous de 40 dollars, ce qui amena un contrechoc pétrolier. Les deux guerres contre l’Irak de 1991 et de 2003 ne provoquèrent que des augmentations temporaires et relativement faibles au regard de l’ampleur des évènements. Il fallut attendre la fin des années 2000 pour battre de nouveaux records.
Au fil du temps, les guerres ont impacté le coût du pétrole.
Le marché a réussi à surmonter, ces trente dernières années, de nombreux chocs
En juillet 2008, le baril de Brent dépassa 132 dollars à la veille de la crise des subprimes. La forte croissance économique du tournant du siècle portée par la mondialisation et l’essor de la Chine, la multiplication des pratiques spéculatives et les craintes d’un pic pétrolier expliquent cette envolée du cours du baril. La crise financière provoqua sa chute, le baril s’échangeant à moins de 40 dollars en décembre 2008. Il fallut attendre quatorze ans pour que le pétrole se rapproche de son sommet de 2008. Au mois de mars 2022 lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, le baril de pétrole a atteint près de 120 dollars avant de redescendre rapidement autour de 80 dollars.
Le marché a réussi à surmonter, ces trente dernières années, de nombreux chocs, dont la mise à l’écart de deux grands pays producteurs, la Russie et l’Iran. Si les hausses ont été temporaires, les baisses durant ces dix dernières années ont été brutales et parfois durables. Au mois de juin 2016, le baril de pétrole ne s’échangeait pas à moins de 30 dollars en raison de la montée en puissance des gisements de pétrole de schiste. En avril 2020, au moment de l’épidémie de covid, un baril coûtait 17 euros et sur les marchés à terme, sa valeur était même négative.
Les opérations terroristes menées par le Hamas en Israël depuis le 7 octobre dernier n’ont provoqué, pour le moment, qu’une hausse de 6 % du prix du baril, ne compensant pas sa chute de près de 15 % intervenue au début du mois d’octobre en raison de l’annonce de stocks importants aux États-Unis.
Le baril de Brent s’échangeait à 90 dollars le vendredi 13 octobre 2023. Le marché pétrolier, en 2023, n’est pas celui de 1973. Israël n’est pas confrontée à un front uni des pays arabes. Depuis 1973, ce pays a été reconnu par l’Égypte, les Émirats Arabes Unis et Bahreïn. Ces dernières semaines, des négociations étaient en cours avec l’Arabie Saoudite. Ces différents États ont en commun de vouloir limiter l’influence de l’Iran dans l’espace arabo-persique.
La volatilité relativement faible du marché pétrolier s’explique par de multiples facteurs comme le nombre important de pays producteurs, la volonté des pays du Golfe de gérer sur la durée leur rente pétrolière et l’essor grandissant des énergies renouvelables.
Un quart des exportations mondiales de pétrole passe par le détroit d’Ormuz
Le conflit entre le Hamas et Israël intervient, en outre, en pleine période de ralentissement de la croissance, que ce soit en Chine ou en Occident, ce qui limite la demande en pétrole. La situation serait tout autre en cas d’embrasement du Proche et du Moyen-Orient avec, notamment, une extension du conflit par exemple à l’Iran qui contrôle le détroit d’Ormuz par lequel passe près d’un quart des exportations mondiales de pétrole.
Si le poids de l’OPEP a décliné ces dernières années, en revanche, celui-ci devrait s’accroître à moyen terme. Les gisements aux États-Unis, en Russie et au Royaume-Uni sont amenés à se tarir donnant aux pays du Moyen-Orient, compte tenu de l’importance de leurs réserves, un réel avantage. Les capitaux fuient les énergies carbonées provoquant un sous-investissement dans le secteur pétrolier. Or, les hydrocarbures restent indispensables pour le bon fonctionnement des économies.
Le pétrole est difficile à remplacer dans de nombreux domaines, (transports aériens, plasturgie, chimie, etc…). Les besoins en pétrole continueront à augmenter jusqu’en 2040, voire 2050 en lien avec la croissance démographique en Afrique. Dans ce contexte, la survenue d’un choc pétrolier avec la multiplication des cours par trois ou quatre n’est pas le scénario le plus probable. A contrario, le maintien d’un prix élevé du baril s’appréciant progressivement n’est pas impossible.