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  • États-Unis, attention dangers ! 

    États-Unis, attention dangers ! 

    Au troisième trimestre, le PIB américain a connu une croissance impressionnante de 4,9 % en rythme annuel, bien loin des prévisions de récession. De nombreux analystes estiment que les résultats des entreprises américaines pourraient se maintenir, favorisant la poursuite du processus de valorisation des actions.

    Selon FactSet, un fournisseur de données, sur environ la moitié des grandes entreprises de l’indice S&P 500 qui ont publié leurs derniers résultats, 78 % ont dépassé leurs attentes en matière de bénéfices. Pour autant, les doutes se multiplient sur l’état de la conjoncture économique et sur la capacité des entreprises à maintenir un train d’enfer en matière de résultats. Les espoirs générés par l’intelligence artificielle apparaissent pour certains exagérés quand, pour d’autres, la transition énergétique devrait freiner, pour plusieurs années, la croissance.

    Si Alphabet, la société mère de Google, a dépassé les prévisions de bénéfices, le cours de son action a perdu 10 %, les investisseurs ayant été déçus par les performances de sa division Cloud computing. L’avertissement de Meta concernant l’incertitude macroéconomique n’a pas permis au propriétaire de Facebook de valoriser autant que prévu son chiffre d’affaires trimestriel record. La possibilité persistante d’une récession et la baisse des opérations de rachats d’entreprises ont éclipsé les bénéfices des banques dopés par la hausse des taux d’intérêt.

    Les ménages américains puisent dans leur cagnotte covid pour accroître leurs dépenses de consommation

    De plus en plus d’économistes aux États-Unis s’inquiètent d’un éventuel retournement du marché de la consommation. Pour le moment, les ménages américains puisent dans leur cagnotte covid pour accroître leurs dépenses de consommation, les ventes au détail ayant augmenté de 0,7 % en septembre. Coca-Cola et PepsiCo enregistrent une forte hausse de la demande. Même si le montant de la cagnotte a été revu à la hausse, cette dernière n’est pas sans fond. Les Américains pourraient être amenés à se restreindre au début de l’année 2024. Plusieurs indicateurs avancés sembleraient confirmer un atterrissage.

    Selon Bank of America, les données relatives aux cartes de crédit et de débit montrent une baisse des dépenses en octobre par rapport à il y a un an. Le mois dernier, les Américains bénéficiant de prêts étudiants ont dû reprendre le remboursement de leurs dettes après un sursis de trois ans. L’effet prix se fait de plus en plus ressentir. Les dépenses augmentent désormais plus rapidement que le revenu disponible réel, rongeant ainsi l’épargne. Les impayés sur les cartes de crédit et les prêts automobiles ont augmenté. Les consommateurs américains déclarent dans les enquêtes qu’ils sont plus pessimistes quant à leur situation financière.

    Selon l’entreprise de livraison, UPS, les Américains comme les Européens diminuent leurs achats de biens afin de maintenir leurs dépenses de services. Elon Musk, le PDG de Tesla, a déploré que la hausse des taux d’intérêt réduisait la capacité des consommateurs à s’offrir des voitures électriques. Ces dernières semaines, le cours de l’action de Tesla a perdu 15 %, effaçant plus de 100 milliards de dollars de sa valeur marchande. Cette baisse est imputable, en partie au moins, aux problèmes que rencontre Tesla pour fabriquer ses camions électriques.

    Etats-Unis
    Le déficit public de 7,5 % du PIB alimentant une dette de 120 % du PIB constitue un risque non négligeable pour les États-Unis.

    Des hausses de salaires pesant sur les marges des entreprises

    Aux États-Unis, les conflits à répétition dans les secteurs du cinéma ou de l’automobile ont conduit à des hausses de salaires pesant sur les marges des entreprises. Les grèves auraient coûté, à Stellantis qui possède les marques Chrysler et Jeep, plus de 3 milliards de dollars. Le gouvernement fédéral américain est toujours sous la menace d’un défaut au niveau de la dette compte tenu de l’absence de consensus au sein du Congrès sur les questions budgétaires.

    Le déficit public de 7,5 % du PIB alimentant une dette de 120 % du PIB constitue un risque non négligeable pour les États-Unis. Tant que les investisseurs ont confiance dans l’économie américaine, la situation restera sous contrôle ; en cas de doutes, en revanche, tout devient possible.

    Le gouvernement américain doit désormais payer 5 % pour emprunter sur 30 ans, contre seulement 1,2 % en 2020. Les ménages américains demeurent encore optimistes car ils ont 1 000 milliards de dollars en réserves, engrangés pendant la crise covid. Quand cette cagnotte s’épuisera, le pessimisme pourrait gagner des pans entiers de la population.

    L’éventuel retour au pouvoir de Donald Trump

    Les Démocrates craignent que cet atterrissage influe sur les résultats des élections de 2024. La nécessité de restreindre le déficit public abyssal pourrait provoquer, l’année prochaine, un ralentissement marqué de l’économie américaine sachant que les États européens devront également réaliser un assainissement de leurs comptes. Les tensions internationales peuvent également accentuer le ralentissement de l’économie mondiale. La guerre en Ukraine et au Proche-Orient ainsi que la persistance du conflit commercial avec la Chine sont autant de menaces qui peuvent inciter à la prudence les entreprises.

    L’éventuel retour au pouvoir de Donald Trump, en tête pour le moment dans les sondages, commence également à peser sur le climat économique. Son programme met l’accent sur l’application d’un protectionnisme sans précédent depuis les années 1930. Selon un article du Washington Post, il entend instituer un régime autoritaire avec une possible arrestation pour atteinte à la sécurité intérieure, de plusieurs responsables démocrates dont Joe Biden. Il a par ailleurs annoncé le retrait des États-Unis des Accords de Paris et une forte réduction des dépenses militaires dont bénéficient l’OTAN. Pour l’Europe, il pourrait remettre en cause les livraisons de gaz liquéfié. Or, les États-Unis sont devenus le premier fournisseur de gaz pour de nombreux pays européens dont la France.

  • Un numéro d’identification européen pour les logements en location courte durée

    Un numéro d’identification européen pour les logements en location courte durée

    Les législateurs de l’UE sont parvenus à un accord jeudi (16 novembre) pour réglementer le partage de données des plateformes de location de courte durée, dont Airbnb, Booking.com ou Expedia, aux administrations publiques.

    Le règlement sur la location de courte durée vise à imposer aux plateformes de locations de courte durée des exigences claires de partages de données aux administrations publiques et à harmoniser les procédures administratives dans l’ensemble de l’Union. Le Conseil de l’UE et le Parlement, les colégislateurs, sont parvenus à un accord politique sur le projet de règlement après deux réunions de négociations interinstitutionnelles.

    « Les villes sont confrontées à une explosion des locations de vacances illégales. […] Jusqu’à présent, les plateformes de location refusaient de partager leurs données, ce qui rendait difficile l’application des règles locales. Heureusement, cette loi met fin à cet état de fait », a déclaré la rapporteure du texte au Parlement, Kim van Sparrentak.

    Dans cette ligne de pensée, Mme van Sparrentak a insisté sur le principe de « compliance by design » (ou conformité dès la phase de conception), qui a été intégré dans l’accord, malgré la résistance initiale des pays de l’UE compte tenu d’un doute sur la proportionnalité de la mesure.

    Un compromis a été trouvé qui permet aux hôtes de déclarer eux-mêmes leurs annonces de logements en ligne sur les plateformes de location de court terme. Afin d’éviter les déclarations illégales, les plateformes devront « fournir tous les efforts nécessaires » pour vérifier l’exhaustivité et la fiabilité des informations fournies.

    En outre, les plateformes devront effectuer des contrôles aléatoires sur les annonces qu’elles hébergent, tandis que les autorités administratives effectueront des contrôles sur la base des données qui leur seront fournies mensuellement par Airbnb, Booking, Trivago, Expedia, etc.

    Interaction entre les régimes d’autorisation et les procédures d’enregistrement

    La réunion politique s’est prolongée jusque tard le soir, principalement en raison de discussions fournies sur l’interaction entre les régimes d’autorisation et les procédures d’enregistrement.

    Considérant que les numéros d’enregistrement seront délivrés automatiquement, les négociateurs du Conseil souhaitaient donner aux pays de l’UE la possibilité d’interrompre la délivrance automatique des numéros d’enregistrement dans le cas où ils seraient en mesure de prouver qu’un numéro a été demandé dans une zone où la location de courte durée est interdite. Ce pourrait être le cas, par exemple, pour une demande d’enregistrement dans un bâtiment de logement social.

    La Commission a estimé que cette disposition était en contradiction avec la directive relative aux services du marché intérieur (Services Directive), qui fixe les règles d’accès aux marchés. En fin de compte, les dispositions du Conseil ont été acceptées, tout en précisant que les contrôles d’autorisation et les règles d’accès au marché relevaient de ladite directive.

    plateformes de location UE
    « Les villes sont confrontées à une explosion des locations de vacances illégales. […] Jusqu’à présent, les plateformes de location refusaient de partager leurs données, ce qui rendait difficile l’application des règles locales. Heureusement, cette loi met fin à cet état de fait », a déclaré la rapporteure du texte au Parlement, Kim van Sparrentak. [Kevin Bruce Photos / Shutterstock]

    Lutte contre les annonces illégales

    Si un hôte ne respecte pas les règles locales, les autorités nationales seront habilitées à suspendre et éventuellement à invalider un numéro d’enregistrement et pourront exiger des plateformes en ligne qu’elles retirent une location en ligne.

    Une approche fondée sur le « droit d’être entendu » a été ajoutée au texte afin de rendre la procédure de retrait cohérente avec le règlement sur les services numériques (DSA), le règlement de l’UE sur les contenus illégaux en ligne, qui donne aux hôtes le droit de se défendre en cas de négligence ou d’utilisation abusive des numéros d’enregistrement, par exemple.

    De plus, il a été convenu que lorsqu’un hôte décide de cesser de louer sa location, les autorités nationales peuvent conserver les données relatives à la location pendant un maximum de 18 mois, conformément à la proposition du Parlement. Cette disposition donne aux autorités locales un délai de conservation de six mois supplémentaire comparativement aux dispositions du règlement général sur la protection des données (RGPD/GDPR).

    Points d’entrée numériques uniques

    Les points d’entrée numériques uniques, infrastructures techniques sur lesquelles les plateformes de location de courte durée doivent transmettre mensuellement leurs données aux autorités administratives, ont également fait l’objet de nombreux débats.

    Un dernier changement a consisté à assouplir cette disposition, les plus petites plateformes de location de courte durée devant transmettre leurs données tous les trimestres et non tous les mois. Le seuil qualitatif a été fixé à moins de 4 250 annonces.

    Les États membres qui disposent de procédures d’enregistrement sur leur territoire devront mettre en place des points d’entrée numériques uniques dans un délai de deux ans à compter de l’entrée en vigueur du règlement.

    La Commission a déjà travaillé sur la standardisation des points d’entrée numériques uniques, et le texte stipule désormais que l’exécutif européen doit veiller à ce que ces points d’entrée partagent une interface de programmation d’application (API) commune.

    En outre, la Commission pourra désormais prendre des actes d’exécution pour garantir l’interopérabilité entre les points d’entrée numériques uniques.

    Enfin, les 27 États membres devront nommer un coordinateur national. Cette disposition est contraire à la proposition du Conseil, mais conforme aux règles relatives à la création de groupes d’experts, comme l’a rappelé la Commission aux colégislateurs.

    Définitions

    La définition des « hôtes actifs » a été supprimée et laissée aux cadres législatifs nationaux, conformément au souhait du Conseil qui souhaite que ce règlement harmonise les partages de données sans modifier les législations nationales existantes.

    Prochaines étapes

    L’accord actuel doit être adopté par le Conseil de l’UE et le Parlement européen avant de devenir une réglementation. Le vote en commission parlementaire est prévu pour le 4 décembre, et celui en séance plénière devrait être programmé pour janvier.

    « Enfin, nous avons obtenu des conditions de concurrence équitable dans le secteur de la location de courte durée dans l’UE, cette décision était attendue depuis longtemps », a déclaré à Euractiv Barbara Thaler, rapporteure fictive (shadow rapporteur) du texte pour le parti chrétien-démocrate (PPE).

    En ce qui concerne l’influence de l’UE dans le monde, Nathan Blecharczyk, cofondateur d’Airbnb, a déclaré : « Les nouvelles règles serviront d’exemple mondial sur la manière de réglementer les locations de courte durée et donneront des conseils clairs aux plateformes et aux autorités sur des questions importantes, notamment sur la manière de partager les données et de faire en sorte que les règles locales fonctionnent pour tout le monde ».


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.11.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.11.23

    Bonjour à tous, une nouvelle semaine s’ouvre dans le monde et vous écoutez le flash quotidien des expatriés du lundi 20 novembre, dans vos titres : Le forum des associations françaises de Londres – La Suisse, une source d’inspiration pour la France ? – Pression sur le Hamas pour la libération des otages 

    Un salon pour les Français de Londres

    On attaque ce lundi, en vous parlant du week-end à venir. Pour ceux qui sont à Londres, samedi prochain, le 25 novembre, les associations françaises vous donnent rendez-vous au Queen’s Gate House, 65 Queen’s Gate. Plus de 50 associations seront réunies, mais vous pourrez aussi redécouvrir les spécialités des régions françaises et découvrir les activités proposées pour 2024. Aussi, les associations d’entraide seront présentes que vous ayez besoin de soutien ou que vous désiriez donner de votre temps pour vos compatriotes. 

    FAFGB
    Forum des Associations françaises

    Pour le député des Français de Suisse, la France pourrait s’inspirer de la Suisse 

    Dans un podcast disponible sur Lesfrancais.press mais aussi sur toutes les plateformes de streaming, le député des Français de Suisse, le témoin de mariage d’Emmanuel Macron, Marc Ferracci indique que « la Suisse peut être une source d’inspiration pour la France ». « La réciproque est sans doute vraie à certains égards » ajoute-t-il. Le système démocratique Suisse et son recours à de nombreux référendums pour interroger la population font, d’ailleurs, l’objet d’un échange dans ce podcast.

    Marc Ferracci
    Marc Ferracci dans « En toute confidence »

    Qatar, France, USA font pression sur le Hamas 

    L’objectif ? Accélérer la libération des otages. En effet, au 44e jour du conflit entre le Hamas et Israël, le sort des otages retenus par le mouvement islamiste est au cœur de toutes les discussions entre les Etats. Le Conseil de sécurité de l’ONU a de son côté réclamé des « pauses humanitaires urgentes et prolongées » mais Israël refuse pour l’heure tout cessez-le-feu, tant que tous les otages ne sont pas relâchés. Cependant pour les experts, des libérations auront lieu cette semaine. 

    otages
    Manifestation de soutien à Israël à Paris le 08 novembre 2023 ©AFP

    C’est tout pour aujourd’hui, bon début de semaine à tous où que vous soyez ! 

    Ecouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Guerre et paix, destins européens

    Guerre et paix, destins européens

    Qui est capable de résister à la prochaine crise ? D’excellents prophètes annoncent une nouvelle crise financière. D’autres une nouvelle guerre. Certains modérés voient le retour de la « bête », celle décrite dans l’Apocalypse. Il y a de quoi. Alors quels destins européens ?

    Il y a des principes simples que tout groupe humain devrait accepter par intuition : On ne tue pas les enfants, on n’éventre pas les femmes; on n’écartèle pas les prisonniers. On ne se cache pas derrière des boucliers humains pour frapper. On ne soutient pas ceux qui font cela. 

    De même quand un assassin se cache dans la foule, on ne tire pas la foule. On ne bombarde pas les civils. On ne tire ni sur les ambulances, ni sur les hôpitaux. On ne rase pas des villes, même en disant à la population de s’en aller, sans eau, sans pain. Il y a un principe de proportionnalité entre le gain militaire et le dommage civil.

    Des soldats israéliens évacuent la dépouille d’un civil tué dans le kibboutz de Kfar Aza. (Jack Guez/AFP)

    Il y a des principes simples que tout groupe humain devrait accepter par intuition 

    La confusion, les calculs, les passions sont telles que plus de cinquante Etats ont refusé de condamner le Hamas. La BBC et l’AFP déploient des trésors de mauvaise foi pour ne pas le qualifier de « terroriste ». En France, Selon le ministère de l’intérieur, 1762 faits antisémites ont été relevés depuis le début de l’année en France,564 antichrétiens et131 antimusulmans : Tout aussi condamnable, l’islamophobie n’est pas de même nature que l’antisémitisme.

    La Peste noire, qui anéantit un tiers de la population européenne, fut attribuée à un complot judéo-musulman : ils étaient accusés d’empoisonner, de concert, les puits. Revenu des ténèbres, À partir du dix-septième siècle, le monde bascula dans l’hégémonie européenne, construite sur la recherche scientifique, les institutions politiques, la domination économique, la maîtrise des communications, la superbe d’un modèle culturel. 

    Au XXIème siècle, cet ordre, repris par les Américains après le suicide européen des deux guerres mondiales, est contesté par de nouvelles puissances. Même s’il n’y a pas d’autre modèle idéologique, contrairement au rêve communiste de la guerre froide, il y a un affaiblissement du « modèle occidental de la paix », pendant du « modèle occidental de la guerre », qui reposait sur le gendarme américain.

    Ceux qui veulent le bousculer ont retenu qu’il faut détruire avant de reconstruire. Ils ont intérêt à la déstabilisation du monde. Détruire suppose la guerre, et même l’horreur. L’horreur déshumanise, garantit la permanence du conflit, la frontière entre ceux qui violent les principes humains et ceux qui y tiennent ; entre ceux qui y tiennent mais acceptent de les violer, parce qu’ils croient que c’est le prix de la victoire.

    Ceux qui veulent bousculer le « modèle occidental » ont retenu qu’il faut détruire avant de reconstruire. 

    Pendant que Juifs et Musulmans étaient accusés d’empoisonner les puits, en pleine Reconquista, juste avant la prise de Grenade, forgerons chrétiens et musulmans de Ségovie fondèrent ensemble une confrérie consacrée à la Vierge Marie ainsi qu’à « tous les saints de la cour des cieux ». Il y a toujours des possibles. Les saints comme les salauds et les héros ne sont pas dans la cour des cieux, ils sont sur terre ; ici-bas, parfois très bas. 

    Ne jamais croire, ni accepter, que la marche du monde dépend des autres. La prochaine crise ne dépend pas des Américains, des Chinois, des Russes, de l’Iran, de la Serbie ou de l’Algérie. Elle dépend des Européens, de leur capacité d’anticipation, de prévention, de réaction. 

    Les États-Unis, peuvent se désengager –comme Trump le dit – de l’Ukraine, du Moyen Orient, de l’Otan. Ce n’est pas sûr, mais c’est possible. Que décide-t-on ? Suivre les vœux de Trump ou Poutine, ou mener notre propre politique, celle de défendre nos intérêts, ceux de l’Europe, qui oblige à arrêter la violence russe, qui démantèle le terrorisme ? 

    Donald Trump, le 16 janvier 2017.  — © DOMINICK REUTER / AFP

    Ne jamais croire, ni accepter, que la marche du monde dépend des autres.

    Les Européens savent que l’Iran est une menace, non seulement su Israël et l’Arabie, mais aussi sur l’Europe. L’Iran n’a jamais caché son soutien au terrorisme; ni ses violations du traité limitant sa production nucléaire. L’Iran avec les missiles russes et la bombe, cela donne quoi ? Notamment pour une puissance nucléaire comme la France ? Première visée ? Ou bien faut-il s’abandonner à eux ? 

    Les Européens savent que les États-Unis se sont désengagés du Moyen-Orient, qu’ils veulent rester associés à condition Qu’on suive leur politique, notamment en Asie. La Chine, elle, n’hésite pas à développer ses partenariats avec l’Iran, la Russie, la Corée du Nord, et autres humanistes. Elle vient d’ouvrir un nouveau port au Pérou. Stratégiquement, la destruction de l’ordre mondial « sous emprise occidentale » est le seul point d’accord. Il y a des idiots utiles comme Lula, qui ne le comprennent pas, et des cyniques antipathiques comme Modi, en Inde, qui ont compris et se méfient plus des dictatures anti-impérialistes que des démocraties postcoloniales. 

    L’Europe n’est pas assez forte pour se substituer à la « Pax Americana ». Elle craint avec raison les manipulations russes au sein de l’Europe. Comme Poutine serait heureux d’un conflit en Serbie ! Comme il se réjouit de l’attitude slovaque ou hongroise ! Mais l’Europe peut bâtir, avec d’autres pays, y compris des régimes qu’elle n’approuve pas, des alliances pour maintenir le monde hors de guerre. L’Europe a besoin d’un dialogue permanent avec les pays du sud de la Méditerranée et des pays arabes. Les tournées de Catherine Colonna et de Sébastien Lecornu auprès des pays arabes sont indispensables. La guerre gagne la Méditerranée. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, la Turquie, le Liban s’éloignent de la France et de l’Europe. Ce n’est pas une chance pour eux. Leurs populations ne partagent pas les obsessions de leurs dirigeants. La guerre civile les menace plus que toute guerre extérieure, mais ils peuvent choisir des conflits extérieurs pour éviter les guerres civiles.  

    Les besoins en eau, en énergie, en éducation sont immenses. Les champs d’action multiples. Les promesses infinies. 

    Le CNRS vient d’annoncer la création d’une nouvelle molécule contre le cancer, développé à partir d’un laboratoire lyonnais. Au Brésil, des scientifiques ont mis au point un vaccin contre la cocaïne, dénommé « calixcoca », pour sortir du cycle de la dépendance. Aux États-Unis, Caltech a envoyé de l’énergie captée par des panneaux solaires dans l’espace jusqu’à la terre. Au-delà de la perspective de centrales solaires spatiales inépuisables, la transmission de l’énergie par ondes, sans fil, épargne réseaux et pertes en ligne. L’exploration spatiale promet des innovations dans des secteurs aussi différents que l’alimentation ou les matériaux nouveaux. L’Intelligence Artificielle, au-delà des aspects basiques, facilite la modélisation des protéines. La biologie synthétique fabrique des biomolécules, utilisables en médecine, alimentation, agriculture, carburants. En médecine encore, les recherches sur le métabolisme, l’Arn, la reproduction et le fonctionnement des cellules, le séquençage génétique, ouvrent des perspectives difficilement imaginables.

    Les besoins sont immenses. Les champs d’action multiples. Les promesses infinies. 

    Ces quelques exemples rappellent que l’alliance des forgerons chrétiens et musulmans au 15ème siècle reste une possibilité. D’un côté les perspectives extraordinaires du génie humain, de l’autre le retour aux pulsions humaines, inhumaines. 

    Bien ou mal, le modèle démocratique, que l’on essaie de pervertir par tous les moyens, y compris les cyber campagnes, les fraudes, les intox, les influenceurs de haine – les tags antisémites téléguidés de l’étranger en sont le signe- reste la référence. Aucun autre modèle ne voit le jour. On vote au Liberia, à Madagascar, en Argentine, bientôt en Côte d’Ivoire, au Sénégal, et même au Venezuela.

    On ne gagne pas la guerre sans viser la paix. On ne gagne pas la paix sans armes.  Qui, mieux que l’Europe, pour les perdre ou les gagner ?

    La politique est un combat de civilisation. Mais pas de civilisations lancées les unes contre les autres : Un combat pour la « civilité » de chaque civilisation. Un combat ? Préparer la guerre et la paix. On ne gagne pas la guerre sans viser la paix. On ne gagne pas la paix sans armes. On évite les guerres en proposant des coopérations, des espoirs communs. La paix n’est pas un processus militaire, c’est une question culturelle. 

    Apporter la paix à la Méditerranée, au Moyen-Orient, à l’est de l’Europe, reviendrait à construire une aire de coprospérité mondiale sans précédent. C’est ce qu’a fait la construction européenne, après la destruction de l’Europe. C’est le rôle mondial, stratégique, de l’Europe d’aujourd’hui, si l’on ne veut pas subir. Impossible ? Indispensable. 

    Pour y parvenir, carotte et bâton. Éliminer, ceux qui vivent de la guerre et en tirent leur légitimité, aider, armer les autres. Y compris culturellement.  Les guerres se gagnent par le moral, on dit aujourd’hui, guerres d’influence. Qui, mieux que l’Europe, pour les perdre ou les gagner ?

    Laurent Dominati

    Laurent Dominati   

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Emmanuel Macron en Suisse, rencontre avec Marc Ferracci : « des liens réaffirmés entre la France et la Suisse »

    Emmanuel Macron en Suisse, rencontre avec Marc Ferracci : « des liens réaffirmés entre la France et la Suisse »

    En toute confidence - podcast politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    « En toute confidence » reçoit Marc Ferracci (Renaissance), député de la 6eme circonscription des Français établis hors de France. Celle-ci regroupe les Français de Suisse et du Liechtenstein.

    « C’est une visite qui a permis de concrétiser un véritable réchauffement »

    Notre invité, proche d’Emmanuel Macron, revient sur la visite d’Etat du Président de la République en Suisse. « C’est une visite qui a permis de concrétiser un véritable réchauffement dans la relation bilatérale entre la France et la Suisse » assure Marc Ferracci. En effet, les contacts entre les deux pays avaient été refroidis ces dernières années. L’achat, en 2021, par la confédération helvétique d’avions américains F-35 au détriment du Rafale français avait entraîné des conséquences négatives sur la liaison entre Paris et Berne. Ce déplacement officiel du chef de l’Etat français vient concrétiser une dynamique positive ressentie depuis quelques mois entre les deux pays. « Les liens sont réaffirmés » affirme le parlementaire. Que ce soit au niveau humain, économique, diplomatique, culturel.

    Marc Ferracci
    Marc Ferracci

    La Suisse et l’UE des relations réchauffées

    L’importance des relations entre la Suisse et l’Union européenne est aussi abordée dans ce podcast. En effet, les accords signés entre Bruxelles et Berne ont des conséquences sur la vie quotidienne de nos compatriotes installés dans la confédération actuellement présidée par Alain Berset. Pour rappel, cette dernière avait quitté la table des discussions en 2021. Flux de capitaux, sécurité alimentaire, accès aux financements dans le cadre de la recherche, pour ne prendre que ces exemples, restent aujourd’hui impactés par cette décision. Si le sujet UE-Suisse a pu être évoqué au cours cette visite d’Etat, Marc Ferracci rappelle que « le Président Macron ne représente pas l’Union européenne ». Pour autant, le parlementaire nous informe que « la Suisse a décidé de remettre l’ouvrage sur le métier et de se donner d’ici à la fin de l’année un nouveau mandat de négociations avec l’Union européenne ». La France, qui reste sur une posture de neutralité sur ce sujet, soutient cependant la reprise de ces négociations.

    « En Suisse il y a un cadre économique attractif »

    Dans cette interview, Marc Ferracci, qui est aussi vice-Président du groupe « Renaissance » (RE) à l’Assemblée nationale, explique pourquoi les expatriés français sont nombreux à venir s’installer de l’autre côté du Lac Leman. « Dans une immense majorité des cas ce n’est pas une expatriation liée à des sujets fiscaux » constate-t-il. « En Suisse il y a un cadre économique attractif avec des salaires et des conditions de travail qui sont favorables » « poursuit le député.

    Arrivée d'Emmanuel Macron en Suisse le 15 novembre 2023 ©AFP/Swissinfo
    Arrivée d’Emmanuel Macron en Suisse le 15 novembre 2023 ©AFP/Swissinfo

    « La Suisse peut être une source d’inspiration pour la France »

    Expliquant la performance de l’écosystème existant dans la confédération helvétique et les liens entre le milieu académique de la recherche et l’industrie, Marc Ferracci pense que « la Suisse peut être une source d’inspiration pour la France ». « La réciproque est sans doute vraie à certains égards » ajoute-t-il. Le système démocratique Suisse et son recours à de nombreux référendums pour interroger la population font l’objet d’un échange dans ce podcast. « On ne doit pas le transposer à l’identique » estime le parlementaire représentant les expatriés Français en Suisse. Pour autant, Marc Ferracci « pense qu’il y a des éléments intéressants, par exemple en donnant plus de poids au référendum locaux ». En France, le débat se poursuit actuellement pour trouver le meilleur moyen d’interroger la population entre deux élections nationales. 

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • Le forum des Associations françaises en Grande Bretagne is back ! 

    Le forum des Associations françaises en Grande Bretagne is back ! 

    Depuis octobre 2019 et la pandémie, les associations françaises en Grande-Bretagne n’ont pas organisé leur salon annuel. Mais ça y est, 2023 marquera le retour de leur grand forum ce samedi 25 novembre 2023 au Queen’s Gate House, 65 Queen’s Gate, London SW7 5JS.

    Née sous les bombes pour l’Espoir

    En 1942, les bombes tombaient drues sur l’Angleterre. Les Français de Londres, oeuvrant eux aussi à la victoire, avaient leurs points de chute pour se retrouver entre compatriotes : Carlton Terrace, quartiers généraux de la France Libre, mais aussi chez Gaston, le bistro français de Soho. A quelques pas de là, le restaurant de Madame Rose qui servait des biftecks généreux, se gardait bien de préciser qu’ils étaient chevalins. Et, un peu plus loin, le café des demoiselles Valérie, deux sœurs Belges qui vous laissaient bavarder des heures durant devant les breuvages que les rations permettaient.

    Mais il en fallait plus pour répondre au besoin des Français de se retrouver, de s’organiser par vocations, de se regrouper par intérêts partagés. Il fallait aussi insuffler une vie dans les activités associatives suspendues durant les hostilités.

    C’est donc en prévision du retour à la vie normale que la Fédération des Associations Françaises en Grande Bretagne (FAFGB) fut fondée en 1942. Pour réunir, pour être le porte-parole et le soutien de ces entités dispersées.

    FAFGB 2023
    Le forum des Associations françaises fait son grand retour en Grande-Bretagne !

    50 associations

    Cette fédération regroupe, aujourd’hui, plus de 50 associations membres. Les principales missions de la Fédération sont de coordonner les activités entre les différentes associations françaises présentes au Royaume-Uni, de promouvoir leurs initiatives auprès des Français résidant en Grande Bretagne, de représenter leurs membres auprès des institutions françaises et surtout, de renforcer les liens d’ordre social et culturel entre les Français et les Britanniques.

    Présidée par la jeune Marie Redron, le fonctionnement de la FAFGB repose sur la collaboration étroite d’un bureau et d’un comité de bénévoles dévoués, élus chaque année lors de l’Assemblée Générale.

    forum des Associations françaises
    50 associations seront présentes lors du forum des associations en Grande-Bretagne !

    La France et les Français au MPW Queen’s House

    Le forum des Associations est un événement majeur pour tous les Français de Grande-Bretagne. Au sein du salon, chacun pourra découvrir la richesse et la diversité du tissu associatif français au Royaume-Uni. 

    Ainsi, au fil des allées, les Français mais aussi ceux qui aiment la France, et ils sont nombreux outre-manche, pourront explorer des domaines aussi variés que les arts, mais aussi le théâtre, le chant, la littérature.

    Mais les associations françaises en Grande Bretagne c’est aussi le soutien humanitaire et médical, l’éducation, les échanges culturels franco-britanniques, l’aide à l’intégration au Royaume-Uni, le droit.

    Enfin, pour les plus gourmands, et puis comment faire un salon sur les Français, sans évoquer la gastronomie, car là aussi, les associations répondent présentes avec, au cœur du salon, des stands dédiés à la promotion des cultures régionales françaises avec une dégustation de produits français, gracieusement offerts par les partenaires du salon.

    Ce forum promet, donc, une expérience immersive. En effet, les actions et projets des associations seront mis en lumière à travers des performances live et des vidéos projetées tout au long de l’événement.


    Découvrir les évènements de la FAFGB

  • La Silicon Valley s’invite au cœur des vignobles bordelais

    La Silicon Valley s’invite au cœur des vignobles bordelais

    Dans une démarche à la fois culturelle et innovante, l’Alliance Française Silicon Valley a ouvert les portes d’un monde où tradition et modernité se rencontrent de la plus séduisante des manières. En partenariat avec le Musée du Vin et du Négoce, à Bordeaux, une visite virtuelle a été organisée avec Mary-Chantal Leboucq, fondatrice du musée, son président Grégory Pecastaing ainsi qu’Ophélie et Pilar, coordinatrices du projet, pour faire découvrir aux amoureux du vin et de la culture française, les trésors cachés de cette région emblématique. Notons l’investissement et la grande volonté du musée à ouvrir ses portes pour la toute première fois en vidéo conférence.

    Un voyage à travers le temps et l’espace

    Depuis la Silicon Valley, Californie, les participants ont eu l’opportunité de se plonger dans l’histoire du vignoble bordelais, ce terroir d’exception qui, depuis des siècles, façonne des vins réputés dans le monde entier. La visite guidée virtuelle, ponctuée d’anecdotes croustillantes et de récits historiques, a mené les participants des chais centenaires aux cuves modernes, offrant un panorama complet de la vinification. Les participants ont été captivés par cette exploration immersive du Musée du Vin et du Négoce de Bordeaux, un bond dans le passé et la découverte de l’héritage de Bordeaux, son port florissant et ses vins illustres, le tout dans l’ambiance d’une demeure typique d’un marchand du XVIIIème siècle.

    Une des participantes, Nancy Hardyck, de Mountain View nous confirme avoir beaucoup apprécié la présentation et avoir été heureuse d’y avoir assisté : “ne sachant pas à quoi m’attendre, j’ai été époustouflée par la force de la coopération pour présenter un programme aussi excellent et informatif, en direct via Zoom, de la France à la Californie. « Un Matin au Musée Français » était intéressant et a dépassé toutes mes attentes. Le groupe de l’Alliance a fait un travail magistral et j’attends avec impatience les prochaines sessions. Une matinée très éducative et amusante ! ”

    Jefferson, Lafayette et la connexion franco-américaine

    Le saviez-vous ? Dans les annales de l’histoire, mars 1778 marque l’occasion mémorable où le Congrès des États-Unis a désigné Bordeaux comme le lieu de sa première mission diplomatique outre-mer. Les vins de Bordeaux ont une histoire particulièrement riche avec les États-Unis. Thomas Jefferson, troisième président américain et fervent œnophile, a marqué de son empreinte les vignobles bordelais lors de son ambassade en France. On dit que c’est son amour pour ces vins qui a grandement contribué à leur popularité outre-Atlantique, où aujourd’hui, plus de 30% des vins de Bordeaux sont exportés.

    Le Marquis de Lafayette, quant à lui, illustre parfaitement l’amitié franco-américaine. En aidant les États-Unis lors de leur guerre d’indépendance, il a non seulement tissé un lien indéfectible entre les deux nations mais a aussi ouvert la voie à l’exportation des vins bordelais vers le nouveau monde.

    Silicon Valley
    Les vins de Bordeaux ont une histoire particulièrement riche avec les États-Unis

    L’Hermione, messagère des vins

    Le voyage de l’Hermione, cette frégate de la liberté qui a fait le trajet de Bordeaux jusqu’aux côtes américaines, n’a pas manqué d’être évoqué. C’est à son bord que des bouteilles sélectionnées parmi les plus fins crus ont traversé l’océan, pour le plaisir des palais américains, solidifiant une route commerciale et culturelle toujours prospère aujourd’hui.

    La visite virtuelle du Musée du Vin à Bordeaux avec l’Alliance Française Silicon Valley est plus qu’une simple excursion dans le monde du vin ; c’est un pont entre les cultures, un toast partagé malgré les milliers de kilomètres, célébrant le patrimoine, l’amitié et le goût de l’excellence.

    Une expérience immersive et savoureuse

    À travers leurs écrans, les participants ont pu quasiment sentir les arômes complexes des vins de Bordeaux, comprendre l’impact du terroir sur le goût et se familiariser avec les cépages qui font la renommée de la région. Des anecdotes sur les méthodes de récolte, les particularités des millésimes, jusqu’aux secrets des barriques, tout a été abordé pour enrichir cette expérience éducative.

    Cette initiative de l’Alliance Française Silicon Valley prouve une fois de plus que la passion pour la culture et le savoir-faire français traversent aisément les frontières, et que la technologie actuelle permet des rencontres inédites et fascinantes. Elle pose les fondements d’une appréciation renouvelée du vin, reliant le passé historique des vignobles bordelais à un avenir où chaque amateur, peu importe sa localisation, peut en devenir un intime connaisseur.

    Après la visite, les participants ont été invités à une séance de questions-réponses stimulante, animée par Véronique Vassout, une occasion de chercher à comprendre en profondeur les vins de Bordeaux et leur importance historique.

    Mais ce n’est pas tout ! La visite virtuelle a été suivie d’une agréable expérience de dégustation de vins sponsorisée par nuls autres que Malek Kaci et Marie Pierre Bac, co-propriétaires du restaurant La Bohème à Palo Alto. Les participants ont pu savourer les saveurs exquises des meilleurs vins de Bordeaux tout en se délectant de ce voyage sensoriel.

    Silicon Valley
    La visite virtuelle a été suivie d’une agréable expérience de dégustation de vins

    Vers un avenir connecté

    L’engouement pour cette visite virtuelle n’est qu’un début. La créatrice de ces visites virtuelles, Véronique Vassout et Catherine Plottier, organisatrice événementielle de l’Alliance Française, envisagent déjà de réitérer l’expérience avec d’autres régions viticoles françaises, prouvant que la soif de connaissances et le désir de partage ne connaissent pas de limites. Le Musée du Vin et du Négoce de Bordeaux, de son côté, se dit prêt à accueillir de nouvelles vagues de visiteurs virtuels, désireux de découvrir les subtilités des vins français.

    L’événement a été un franc succès, et l’on peut s’attendre à ce que de telles initiatives se multiplient, réduisant la distance entre les amateurs de vin du monde entier et les trésors œnologiques de la France. L’Alliance Française Silicon Valley a, sans doute, tracé la voie vers une nouvelle ère de l’œnotourisme. Une ère où la technologie est au service du patrimoine et où la curiosité est récompensée par des connaissances et des expériences inoubliables. La bouteille est ouverte, à nous maintenant de la savourer pleinement.

    Le Musée du Vin de Bordeaux, un écrin de savoir

    Au cœur de la capitale mondiale du vin, le Musée du Vin de Bordeaux se dresse comme un temple dédié à l’histoire et à la culture du vin. Véritable joyau architectural, ce musée moderne, situé dans la ville qui a vu naître et grandir le commerce du vin, offre à ses visiteurs une expérience immersive. Là, les amateurs comme les connaisseurs peuvent parcourir des siècles d’histoire viticole, observer les outils ancestraux du vigneron, et découvrir les révolutions techniques qui ont transformé l’art de la vinification.

    Dans ses salles élégamment agencées, le musée expose non seulement des bouteilles prestigieuses et des millésimes rares, mais il révèle également les coulisses des grands châteaux bordelais. Les visiteurs apprennent sur les familles qui ont bâti la renommée de ces vins, sur les terres qui les ont vus naître, et sur le savoir-faire qui s’est transmis de génération en génération. Le parcours du musée conduit finalement à une salle de dégustation où les visiteurs peuvent mettre en pratique leur apprentissage et affiner leur palais avec des vins soigneusement sélectionnés.

    Une fenêtre interactive sur un univers fascinant

    Le Musée du Vin de Bordeaux, plus qu’un simple espace d’exposition, est une plateforme interactive offrant des ateliers, des conférences et des événements autour du vin. Il est devenu un lieu d’échange et de partage, où chaque visiteur, qu’il soit bordelais, français ou international, peut enrichir sa compréhension et sa passion pour le vin. Grâce à ses outils numériques, il est désormais possible de voyager à travers les vignobles sans quitter la ville, et d’interagir avec les experts pour percer les mystères de l’œnologie.

    Silicon Valley
    Le Musée du vin de Bordeaux propose des événements interactifs autour du vin

    Un pont culturel porté par l’Alliance Française Silicon Valley

    L’Alliance Française de la Silicon Valley, en orchestrant cette visite virtuelle, a brillamment su mettre en lumière l’importance de la préservation et de la transmission de la culture viticole française. En rendant le Musée du Vin de Bordeaux accessible depuis des milliers de kilomètres, elle a permis à un public diversifié de tisser un lien particulier avec cette région et ses vins. Cet événement est une illustration parfaite de la mission de l’Alliance : rapprocher les cultures et les peuples par l’éducation et le partage de passions communes.

    Avec un tel succès, l’Alliance Française Silicon Valley confirme son rôle de vecteur culturel essentiel, ouvrant des perspectives nouvelles pour l’apprentissage et la découverte à distance. Ce n’est que le début d’une série d’initiatives qui promettent de continuer à enrichir la relation entre la Silicon Valley et la culture francophone, prouvant une fois de plus que les frontières n’existent plus lorsqu’il s’agit d’élargir nos horizons culturels. Merci à tous nos participants, sponsors et à Emerson Montessori School pour nous avoir accueillis !

    En cadeau, pour nos lecteurs, deux beaux documents à télécharger !


    le vignoble bordelais 1


    LE VIGNOBLE BORDELAIS 2

  • France/Royaume-Uni, la bataille de l’art aura-t-elle lieu ? 

    France/Royaume-Uni, la bataille de l’art aura-t-elle lieu ? 

    France et Royaume-Uni, c’est l’histoire d’une rivalité ancestrale qui s’est transformée en entente, au nom de la raison d’État. De Guillaume le Conquérant à Fachoda en passant par la guerre de 100 ans et Napoléon, le Royaume-Uni et la France se sont au long des siècles disputés, à coups d’épées puis de fusils, la supériorité européenne voire mondiale. Les matchs de rugby France/Angleterre – le fameux crunch – restent des rendez-vous incontournables dont l’enjeu dépasse le simple domaine sportif. L’art est également un terrain de compétition entre les deux nations.

    Christie’s, racheté par le groupe français Kering, a déplacé les ventes de tableaux à Paris l’année dernière en raison du Brexit

    Le 20 octobre, un tableau du peintre espagnol Joan Miró, a été vendu chez Christie’s à Paris pour 20,7 millions d’euros, ce qui en fait l’une des peintures les plus chères vendues en France ces dernières décennies. Cette vente confirme le rôle croissant de Paris dans le domaine de l’art. Auparavant, Londres était la capitale des ventes aux enchères pour les peintres espagnols ou italiens. Christie’s qui a été racheté par le groupe français Kering a décidé de déplacer les ventes de tableaux à Paris l’année dernière en raison du Brexit. « Une partie de l’attractivité de Londres résidait autrefois dans sa position au centre de l’Union européenne », explique Guillaume Cerutti, le président de Christie’s. Il ajoute : « la dynamique est désormais davantage du côté de Paris ».

    Paris progresse, Londres demeure en tête

    Si Paris progresse, Londres ne demeure pas moins en tête pour les ventes aux enchères. En 2002, Sotheby’s a réalisé 70 ventes aux enchères à Paris, contre 131 à Londres. Paris a néanmoins le vent en poupe, le nombre de ventes y a progressé de 140 % en dix ans contre une hausse de 75 % pour Londres.

    De plus en plus de galeries d’art s’installent à Paris, non seulement dans le 6e arrondissement ou le 8e arrondissement mais aussi dans des arrondissements, aujourd’hui tendance, comme le Xe.

    bataille de l'art
    Christie’s à Paris ©AFP photo Jean-Pierre MULLER

    Ventes mondiales : Etats-Unis 45% ; Londres, 18% ; Paris 7%

    Le marché de l’art français est encore modeste comparé à celui du Royaume-Uni qui a réalisé en 2022, 18 % des 67,8 milliards de dollars de ventes d’art dans le monde. Le Royaume-Uni est le premier marché européen et le deuxième au monde après les États-Unis qui assurent 45 % des ventes mondiales. Londres conserve un avantage pour les œuvres d’art européennes dont la valeur dépasse 10 millions de dollars. La France ne détient que 7 % du marché mondial de l’art.

    Au sein de l’Union européenne, La France n’a pas de concurrent. 54 % de toutes les transactions artistiques de l’Union y sont réalisées. Le retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne en 2020 a modifié la dynamique des acheteurs et des vendeurs d’art. Avant, les Européens pouvaient acheter une œuvre d’art à Londres sans aucun droit d’importation. Désormais, entre 5 et 20 % de la valeur sont prélevés si un acheteur l’importe dans un pays de l’Union depuis Londres. Ce dernier est également contraint d’effectuer de nombreuses formalités administratives. Pour ces raisons, des artistes européens ont quitté Londres pour d’autres villes d’Europe, selon le dirigeant d’Art Basel.

    L’attractivité de Paris est également liée à l’essor de la Fashion Week. Le monde de l’art dépend de plus en plus de celui du luxe. Des fondations privées, alimentées par des entreprises de produits de luxe comme Kering ou LVMH, participent au rayonnement de l’art en France.

    Paris retrouve quelques lustres depuis le Brexit : + 140%

    Depuis 2021, la Bourse de Commerce, ancienne bourse de matières premières, qui abrite la collection de François Pinault, la Fondation Cartier, présente depuis des décennies à Paris, boulevard Raspail a prévu de déplacer sa collection d’art contemporain dans un immeuble en face du Louvre. La Fondation Louis Vuitton dans le Bois de Boulogne symbolise l’association du luxe et de l’art. Forte de son sponsor, la Fondation Louis Vuitton peut organiser des expositions coûteuses. La rétrospective de Mark Rothko, peintre américain, inaugurée le 18 octobre, présente 115 œuvres, dont la valeur globale se chiffre en milliards de dollars. Paris retrouve quelques lustres au niveau des ventes d’art depuis le Brexit. Elle renoue avec son brillant passé.

    De la fin du XIXe siècle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, Paris était la capitale mondiale de l’art et notamment de l’art moderne. Elle a perdu ce rôle dans les années 1950 en raison de l’adoption d’une fiscalité dissuasive et d’une baisse de la création artistique en France. Londres et New York ont ainsi supplanté la capitale française.

    Pour constituer un pôle artistique solide, trois facteurs sont déterminants :

    – La richesse du pays et la présence de mécènes ;

    – L’infrastructure culturelle (galeries, musées, écoles, salles de ventes) ;

    – La réglementation qui se doit d’être simple et transparente.

    Londres et Paris sont performants sur les deux premiers critères mais moins sur le troisième pour lequel New York est plus compétitif. Pour préserver la place de Londres, les professionnels britanniques de l’art demandent au gouvernement de prendre des mesures afin de simplifier la réglementation applicable aux ventes d’œuvres. Ils réclament également la suppression des taxes à l’importation afin de pouvoir rivaliser avec Paris.

    Dans un contexte économique et géopolitique complexe, la rivalité entre les différentes places devrait s’exacerber. La crise en Chine devrait réduire les achats des nouveaux milliardaires asiatiques. La guerre au Proche-Orient pourrait également amener les ressortissants des pays pétroliers à déserter les salles de ventes occidentales qui ont déjà perdu les acheteurs russes.

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