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  • Visite d’Etat d’Emmanuel Macron : Quelles attentes des Français du Maroc ?

    Visite d’Etat d’Emmanuel Macron : Quelles attentes des Français du Maroc ?

    La venue du Président de la République Française, Emmanuel Macron, dans le cadre de sa première visite d’Etat dans le Royaume est un événement attendu par différents acteurs. Aussi, la communauté française établie au Maroc est impatiente et partage également certaines attentes. Première diaspora étrangère au Maroc, on estime à plus de 80 000 le nombre de Français installés à travers le Royaume.

    La venue d’Emmanuel Macron : une nouvelle ère de l’amitié franco marocaine ?

    Parmi eux, William Simoncelli, chef d’entreprise basé à Casablanca depuis une vingtaine d’années, pour qui la visite du président français est très attendue. « On est très impatient de voir les relations entre les 2 pays redevenir au beau fixe » nous dit-il. Il ajoute :

    « Cette visite d’État, j’en suis convaincu, va constituer le début d’une nouvelle ère de l’amitié franco-marocaine ».

    William Simoncelli, chef d’entreprise à Casablanca

    William Simoncelli Chef d entreprise basé à Casablanca
    William Simoncelli Chef d entreprise basé à Casablanca

    Ce ressortissant français en est convaincu. Cette visite d’Emmanuel Macron, c’est « une nouvelle dynamique positive et un atout majeur pour nos 2 pays ». Un optimisme partagé par Benito Cazals avec toutefois un petit bémol. Installé à Tanger, celui-ci considère que la période de tensions entre les 2 pays ne doit pas être minorée et rester lettre morte. Aussi, nous confie ce chef d’entreprise tangérois :

    « Je suis heureux de voir le président Emmanuel Macron au Maroc, mais j’ai encore à l’esprit le vent anti-français qui a soufflé pendant de longs mois ici ».

    Benito Cazals chef d’entreprise à Tanger

    Benito Cazals, Chef d'entreprise installé à Tanger
    Benito Cazals, Chef d’entreprise installé à Tanger

    C’est pourquoi, poursuit notre interlocuteur, ces rencontres officielles doivent aussi permettre de comprendre ce qui s’est passé ces derniers moins : « j’attends de cette visite présidentielle, une analyse des raisons et des causes à l’origine d’un sentiment anti-français qui s’était installé notamment auprès de la jeunesse ».

    Faire du Maroc un allié constant de la France dans la région

    Pour Jérôme Mouthon, la période de tensions entre les 2 pays va laisser place à une nouvelle page d’histoire commune. Passionné de rugby et de Tech (il est président de la French Tech à Casablanca), il se veut confiant. « Depuis mon arrivée au Maroc en 2002 en tant qu’entrepreneur, j’ai eu le plaisir de travailler dans ce merveilleux pays avec des personnes exceptionnelles. Certes, nous avons vécu un « sale moment » mais je pense que c’est derrière nous aujourd’hui ». Ce même ressortissant Français installé au Maroc partage aussi ce message d’espoir :  

    « Nous attendons de la visite d’Etat du président Emmanuel Macron une reconnaissance concrète du Maroc comme allié stratégique et commercial majeur de la France notamment en Afrique ou le Maroc s’est fortement déployé ces 15 dernières années. » »

    Jérôme Mouthon, Président de la French Tech à Casablanca

    Jérôme Mouthon, Président de la French Tech de Casablanca
    Jérôme Mouthon, Président de la French Tech de Casablanca

    Attentes, espoirs et ambition de voir la relation France-Maroc recentrée sur un horizon commun, c’est ce qui ressort des positions politiques depuis quelques mois. « À terme, j’ai la conviction que la France et le Maroc joueront un rôle déterminant dans la construction d’un espace euroméditerranéen stable et prospère » indique William Simoncelli. « Je ne vois que des choses positives dans les années à venir, le tout dans le cadre d’une collaboration renouvelée et renforcée entre nos 2 pays« , indique Jérôme Mouthon.

    Élus des Français du Maroc et visite d’Emmanuel Macron

    Du côté des élus consulaires, qui représentent directement notre diaspora auprès des instances politiques, ainsi que de l’Ambassade et des différents consulats français au Maroc, cette venue du Président de la République semble aussi bien accueillie.

    UFE crée son App pour les Français expatriésPour Max Georgandelis, président du conseil consulaire des Français de Marrakech : « la visite du chef de l’Etat signifie le réchauffement des relations franco marocaines qui tardaient à se concrétiser ». C’est ce même sentiment qui anime Jean-Claude Rozier, conseiller des Français d’Agadir, et également Président de l’UFE pour cette même région. Pour lui, la visite d’Etat d’Emmanuel Macron marque « la fin d’une période de brouille entre deux frères, entre deux pays qui ont une profonde amitié inaliénable ».

    Ces deux élus n’oublient pas d’adresser également des demandes spécifiques au Président de la République concernant la communauté française vivant au Maroc.

    Poursuivant ses propos, l’élu consulaire ajoute : « À ce titre, une aide supplémentaire sur les bourses scolaires et le social, serait souhaitable ».

    « Ce que j’attends du Président de la République, c’est un autre regard sur les Français de l’étranger qui, d’ailleurs ont voté en grande majorité pour lui, et qui incarnent le rayonnement de la France à l’étranger »

    Max Georgandelis, Président du Conseil consulaire des Français de Marrakech

    Jean-Claude Rozier, le second élu interrogé, souhaite aussi que ce déplacement permette, une « reconnaissance du Maroc, comme un leader en Afrique pour ne pas dire LE LEADER », et il demande ainsi un « rétablissement complet des relations positives et constructives séculaires entre les deux pays ». Ce déplacement officiel est également l’occasion pour la France de « reconnaître la marocanité du Sahara occidental et de la région du sud Maroc comme l’ont déjà fait de nombreux pays et où la France était incontestablement en retard » nous confie-t-il. Enfin cet élu consulaire souhaite que ce déplacement permette  

    « L’amélioration des procédures de délivrance de visa vers notre pays aux ressortissants marocains, étudiants et familles binationales tout particulièrement ».

    Jean-Claude Rozier, conseiller des Français d’Agadir

    La relance des échanges économiques, et plus spécialement sur des grands projets, alimente aussi le débat. Tous ces sujets, et d’autres encore, Emmanuel Macron aura l’occasion de les partager directement avec nos ressortissants vivant au Maroc. En effet, ce mercredi 30 octobre, le chef de l’Etat s’adressera directement à nos compatriotes, réunis pour l’occasion à l’Ambassade de France à Rabat. Le discours est ainsi programmé, mais ce qui sera sans doute attendu par notre diaspora sur place, c’est un calendrier pour les actes.

  • Le fil d’Ariane, un outil trop méconnu

    Le fil d’Ariane, un outil trop méconnu

    Le fil d’Ariane, vous connaissez ? Bien sûr, le mythe grecque du Minotaure dont les sacrifiés sont sauvés par l’ingénieuse Ariane qui laissant courir ce long fil a pu retrouver son chemin dans le labyrinthe. Mais quel rapport avec les Français de l’étranger ? Tout simplement comme dans la légende, l’État français vous propose de signaler votre présence dans tous les pays où vous résidez ou que vous traversez via un registre numérique. Pourquoi ? Là aussi, comme pour les Grecs, il peut être salvateur. Ce fil digital permettra aux autorités de vous inclure dans les dispositifs de secours en cas de catastrophes naturelles, de conflits, etc.

    C’est un vrai sujet de sécurité, comme l’a rappelé la commission en charge de ce thème à l’Assemblée des Français de l’étranger. On fait le point pour les expatriés.

    Identifier les Français sur un territoire

    Au cours des réunions de la commission présidée par Catya Martin, élue consulaire à Hong-Kong et journaliste, il a été établi que « lors de situation de crise, le consulat ne peut identifier que les Français inscrits au registre des Français établis hors de France ou sur Ariane ». Ce manque d’informations des postes consulaires sur la présence et l’identité des Français de passage sur leur circonscription complique la prise en charge de ceux-ci lors de situation de crise.

    Ce phénomène ne concerne pas que les expatriés, mais aussi les Français en séjour touristique. Qui sait que normalement, tous les Français en voyage doivent « signaler leur présence au poste consulaire ou sur le fil d’ariane lors de leur déplacement à l’étranger, et de souscrire à une assurance rapatriement. »

    Et pourtant sans cette connaissance, comment les autorités consulaires peuvent-elles sereinement accomplir leur mission ? Car, pour rappel, en cas d’ordre d’évacuation, ce sont les consulats généraux, avec l’ambassade et le concours du Quai d’Orsay, qui sont en charge d’activer le dispositif des îlotiers. Un système qui quadrille un secteur donné avec des responsables, des citoyens bénévoles, chargés de regrouper les Français dans des lieux désignés afin que l’évacuation soit effectuée par nos troupes ou celles d’alliés.

    Logo Ariane / @France Diplomatie
    Logo Ariane / @France Diplomatie

    Des actions simples à mettre en place

    Pour y remédier, la commission dédiée à la sécurité de l’Assemblée des Français de l’étranger propose deux mesures aussi évidentes que simples à mettre en place.

    Tout d’abord, c’est renforcer l’information à la source, c’est-à-dire lors de la remise des passeports que ce soit en France mais surtout dans les postes consulaires. Ainsi les élus réunis à Paris la semaine dernière proposent que « les agents consulaires lors de la remise de Passeport recommandent aux usagers de s’inscrire pour chaque voyage effectué à l’étranger sur la rubrique « Fil d’Ariane » du portail web France Diplomatie ».

    Deuxième recommandation, et elle nous concerne directement, consiste à inviter les médias dédiés au Français de l’étranger à communiquer sur ce fameux fil d’Ariane. Pour nous, c’est donc fait ! Maintenant il ne reste plus qu’à vous y inscrire.

    Comment s’inscrire au fil d’Ariane ?

    Il suffit de se rendre sur le portail dédié. Si vous disposez d’un accès France Connect, en quelques clics, votre compte sera créé sur Fil d’Ariane. Avant chaque voyage à l’étranger ou même pendant votre séjour, il ne vous reste plus qu’à renseigner votre destination et les détails associés. Ce service est accessible pour les voyages touristiques ou professionnels de moins de six mois.

    Si vous n’avez pas accès à France Connect, le système vous invitera à en créer un avec une identité numérique

  • Aux sources de la défiance en France

    Aux sources de la défiance en France

    En France, l’exécutif est de plus en plus désarmé face à un pays fragmenté où la surenchère des demandes catégorielles et contradictoires est permanente et entretenue par les nouveaux outils de communication. Ne pouvant compter sur le soutien de l’opinion, le pouvoir éprouve les pires difficultés à réformer et à élaborer des politiques de long terme. Il est contraint de concilier les contraires, au risque de ne satisfaire personne. Plus la dictature de l’urgence s’impose au pouvoir, plus celui-ci tend à devenir impopulaire. Si, du général de Gaulle à François Mitterrand, la popularité du président de la République était en moyenne supérieure à 50 %, elle tend désormais à être inférieure à 40 %, voire à 35 %.

    Le général de Gaulle n’a été impopulaire qu’à partir de 1967. Georges Pompidou bénéficia d’un large appui de la population jusqu’en 1973. Son successeur, Valéry Giscard d’Estaing, perdit la confiance de ses concitoyens au début de 1981, quelques mois avant l’élection présidentielle qui entraîna sa défaite. François Mitterrand a connu une popularité plus fluctuante, qui déclina au cours de son second mandat, mais il resta en moyenne au-dessus de 45 %. Le Président Jacques Chirac enregistra une cote de confiance inférieure en moyenne à 50 %. Il en fut de même pour Nicolas Sarkozy, dont la popularité tomba, en fin de mandat, en dessous de 40 %. Si la popularité de François Hollande dépassait 60 % en 2012, au début de son mandat, elle déclina rapidement pour atteindre 20 %. Emmanuel Macron, en dehors de la période postélectorale de 2017, fait face à une popularité inférieure à 50 %, oscillant entre 25 et 40 %, en fonction des crises et des circonstances. Cette dégradation de la popularité des chefs de l’État est-elle la conséquence de la multiplication des crises que la France traverse depuis 1973, d’un niveau d’exigence plus élevé de la part de la population, ou d’erreurs de communication ou de gestion de la part des dirigeants publics ?

    En France, la légitimité du pouvoir est une question permanente.

    La combinaison de ces trois facteurs est probable. Au-delà de ces explications, la question de la légitimité en France apparaît comme structurelle. Le pays a une longue tradition de révoltes, de jacqueries et de révolutions. Depuis 1789, il a connu 17 régimes différents et au moins 4 révolutions. Au cours des 80 dernières années, 52 gouvernements se sont succédé en France, contre 25 en Allemagne et 32 au Royaume-Uni. En prenant en compte les chefs de gouvernement mais aussi les ministres, l’instabilité est encore plus marquée en France.

    La légitimité du pouvoir est une question permanente. Louis XIV, profondément marqué par la Fronde, créa Versailles pour asseoir son autorité, symbole à la fois de puissance, de loisirs et d’asservissement des princes du Royaume. Une administration composée de roturiers ou de nobles de petite extraction dévoués au Roi fut mise en place pour contourner les oppositions féodales. Les régimes qui ont succédé à la monarchie absolue ont repris ce mode d’organisation fondé sur une fonction publique de plus en plus importante.

    Aux sources de la défiance en France
    Aux sources de la défiance en France

    Une insatisfaction chronique

    Avec le développement de l’État-providence, la légitimité du pouvoir repose de plus en plus sur la capacité à garantir les revenus de la population. L’épidémie de Covid ou la guerre en Ukraine en ont été la preuve. Malgré des dépenses sociales qui représentent un tiers du PIB, la légitimité de l’exécutif demeure précaire. Avec des dépenses publiques qui accaparent plus de la moitié de la création de richesse annuelle du pays, avec des prélèvements obligatoires parmi les plus élevés de l’OCDE, avec un taux de pauvreté et d’inégalités parmi les plus faibles d’Europe, les Français éprouvent une insatisfaction chronique. Ils manifestent une hypersensibilité sur les questions sociales et de pouvoir d’achat. Est-ce la fatalité des sociétés égalitaires, comme l’a souligné dès le milieu du XIXe siècle Alexis de Tocqueville ?

    « Les hommes ne sauraient devenir égaux sans être égaux tout à fait ; et, dès qu’ils ont une fois conçu l’idée de l’égalité, ils la veulent en tout, ou la rejettent en tout. Ils la réclament non seulement dans la société, mais encore dans le gouvernement, dans l’administration, dans l’industrie, dans la politique, dans la religion, et dans tous les rapports de la vie ». L’auteur de « La Démocratie en Amérique » avait observé que l’égalitarisme, bien qu’il rapproche les individus en nivelant les hiérarchies, renforce paradoxalement l’individualisme en les isolant. Pour lui, l’égalitarisme ne conduit pas seulement à une réduction des inégalités sociales, mais tend à promouvoir un repli sur soi, car les hommes ne se sentent plus liés par les obligations collectives imposées par des sociétés hiérarchisées. Cette dynamique crée un détachement des responsabilités civiques et sociales au profit des intérêts privés. L’égalitarisme et l’individualisme, a priori antinomiques, vont de pair, cette combinaison contribuant à la défiance. Alexis de Tocqueville avait ainsi noté que « L’individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui dispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l’écart avec sa famille et ses amis ; de sorte qu’après s’être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même. »

    Dans les sociétés égalitaires, les hommes ne se préoccupent plus d’un destin commun, se préoccupant avant tout de leur propre bien-être et de celui de leur cercle restreint. L’individualisme, renforcé par l’égalitarisme, peut donc conduire à un affaiblissement de la société civile et des institutions démocratiques, car les citoyens se détournent des affaires publiques.

    Le verticalisme à la française

    À l’analyse de Tocqueville, ajoutons que la France ne s’est jamais totalement remise de la suppression des corps intermédiaires, engagée par la monarchie absolue et achevée par la Révolution. Le verticalisme à la française, sur fond d’égalitarisme exacerbé, nourrit la défiance. Les tensions en Martinique, en Nouvelle-Calédonie ou encore en Corse devraient inciter les pouvoirs publics à s’interroger sur le système institutionnel français, qui demeure verticalisé. Nul aujourd’hui ne souhaite aborder la question du fédéralisme, qui donnerait des compétences de plein droit aux régions. Certains craignent la fin de l’unité de la France, d’autres redoutent la montée des inégalités ; mais ce mode de gestion publique offre de la liberté et responsabilise les acteurs locaux. La fin du verticalisme vaut également pour le domaine social, qui devrait être de la responsabilité des partenaires sociaux.

  • Géorgie : la présidente rejette le résultat des élections, l’opposition exhorte l’UE à agir

    Géorgie : la présidente rejette le résultat des élections, l’opposition exhorte l’UE à agir

    La présidente géorgienne Salomé Zourabichvili rejette la victoire électorale du Rêve géorgien lors des élections de dimanche 27 octobre, appelant à des manifestations de masse dès le lendemain, tandis que les représentants de l’opposition exhortent l’Occident à agir.

    Selon les observateurs internationaux, le scrutin a été entaché d’irrégularités importantes, ce qui a conduit l’Union européenne (UE) à demander une enquête sur les modalités du scrutin et à s’engager à l’inscrire à l’ordre du jour de son sommet informel en novembre.

    « En tant que dernière institution indépendante de ce pays, je dois dire clairement que je ne reconnais pas ces élections », a déclaré Salomé Zourabishvili dimanche, alors qu’elle se tenait aux côtés des dirigeants de l’opposition.

    « Les reconnaître reviendrait à légitimer la prise de contrôle de la Géorgie par la Russie », a-t-elle ajouté. « Nous sommes devenus les témoins et les victimes d’une opération spéciale russe […] ils nous ont volé notre droit de choisir. »

    Les manifestants devraient se rassembler devant le parlement géorgien à 19 heures, heure de Tbilissi, lundi 28 octobre.

    Le résultat des élections accorde au parti au pouvoir, Rêve géorgien, 91 sièges sur les 150 que compte le parlement, ce qui est suffisant pour lui permettre de gouverner de manière indépendante.

    Cependant, le parti ne dispose pas de la majorité absolue, nécessaire pour faire adopter toutes les lois, y compris les réformes constitutionnelles qui exigent 2/3 des suffrages, et qu’il recherchait pour faire respecter l’interdiction constitutionnelle des principaux partis d’opposition.

    Les quatre partis d’opposition du pays, qui se sont présentés avec un programme pro-européen mené par la présidente géorgienne, refusent de reconnaître les résultats du scrutin, et certains sont prêts à boycotter la prochaine législature.

    Le mouvement Coalition pour le changement a déclaré que ses élus n’exerceraient pas leur mandat parlementaire.

    « L’avenir européen de la Géorgie nous a été volé », réagit Tina Bokuchava, leader du parti d’opposition Mouvement national uni, pour Euractiv à Tbilissi, ajoutant que les élections devraient être réorganisées.

    Le résultat des élections a donné au parti au pouvoir, le Rêve géorgien, 91 sièges sur les 150 que compte le parlement, ce qui est suffisant pour lui permettre de gouverner de manière indépendante. ©Alexandra Brzozowski/Euractiv
    Le résultat des élections a donné au parti au pouvoir, le Rêve géorgien, 91 sièges sur les 150 que compte le parlement, ce qui est suffisant pour lui permettre de gouverner de manière indépendante. ©Alexandra Brzozowski/Euractiv

    Selon elle, « il est maintenant clair que les machines de vérification électronique ont été utilisées pour un plan sophistiqué de falsification des élections ».

    « Il est important qu’en plus des partis d’opposition, la présidente de la Géorgie ait déclaré qu’elle ne reconnaissait pas les résultats de ces élections falsifiées », ajoute Tina Bokuchava.

    Interrogée sur ce qu’elle attend des partenaires européens, la leader de l’opposition souhaite que la manifestation de lundi envoie un signal fort aux partenaires occidentaux de la Géorgie afin qu’ils agissent.

    Plusieurs représentants de l’opposition ont indiqué à Euractiv qu’ils espéraient que Bruxelles réponde par des mesures une fois que la manifestation de masse aurait montré la volonté du peuple.

    Nika Gvaramia, leader du parti libéral Akhali (Parti de la nouvelle droite), explique à Euractiv que les manifestations de lundi devraient valider la déclaration de la présidente Salomé Zourabishvili sur l’illégitimité des élections.

    Questionné sur ses attentes vis-à-vis des partenaires européens, Nika Gvaramia explique que les Géorgiens ont besoin de « déclarations directes et fermes ».

    Parallèlement à cela, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, allié politique du Rêve géorgien, devrait se rendre en Géorgie lundi.

    Interrogé sur la visite de ce dernier, le leader du parti Akhali répond que « personne ne se soucie de lui ».

    « Il n’y a pas de temps pour un discours de compromis — ce n’est pas de la diplomatie, c’est de la géopolitique », conclut-il.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.10.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.10.2024

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du mardi 29 octobre. Dans les titres de cette édition : Le Chef de l’État est arrivé dans le royaume Chérifien – M’jid El Guerrab est au Maroc avec Emmanuel Macron – Cotisez-vous dans le bon pays pour votre retraite ?

    Une visite pour sceller la réconciliation

    Cette visite, qui fait suite à une invitation fin septembre du roi Mohammed VI, « vise à marquer une nouvelle ambition pour les 30 ans à venir » dans la relation franco-marocaine, soutient l’Élysée. Nous entendons refonder (notre relation) mais aussi nous projeter dans les décennies qui viennent », en plaçant la « barre très haut dans de nombreux domaines », a encore soutenu dimanche 27 octobre le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, à La Tribune Dimanche. Les deux pays, forts d’un « partenariat enraciné et solide », ont une « volonté commune » de « raffermir les liens » qui les unissent, assure de son côté Rabat. Pourtant les sujets de discordes sont nombreux, retrouvez tous nos articles sur cette visite historique dans le dossier spécial disponible sur Lesfrancais.press.

    Visuel de promotion du dossier spécial déplacement d'Emmanuel Macron au Maroc
    Visuel de promotion du dossier spécial déplacement d’Emmanuel Macron au Maroc

    Emmanuel Macron n’oublie pas ses amis

    Même si ces derniers sont peu fréquentables comme l’ancien député macroniste de la circonscription, M’jid El Guerrab. Ce dernier n’avait pu se représenter en 2022 suite à sa condamnation pour coups et blessures sur Boris Faure, l’ancien responsable de la fédération socialiste des Français de l’étranger et désormais responsable du pôle culture du site Lesfrancais.press. Et il n’y a pas que la rédaction qui s’étonne puisque les médias nationaux ont relayé l’information. Dans la délégation présidentielle, d’autres personnalités sont controversées comme le photographe François-Marie Banier, condamné en 2016 pour abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt (fille du fondateur de l’Oréal).

    M'jid El Guerrab condamné pour violences volontaires sur un responsable politique
    M’jid El Guerrab condamné pour violences volontaires sur un responsable politique

    Cotiser pour la retraite en sérénité

    C’est la promesse du cabinet conseil Mercer qui a publié son étude ce mardi 15 octobre sur les systèmes de retraite. Les experts établissement chaque année un classement des pays où il est le plus agréable de vivre sa retraite. Pour cela, il note les nations selon trois critères. Le premier est la performance qui mesure le niveau de vie des retraités, le deuxième la viabilité, c’est-à-dire l’équilibre financier du système sur le long terme. Enfin le troisième, l’intégrité, évalue la transparence vis-à-vis des actifs et des retraités sur le fonctionnement des régimes de retraite. Au regard de ces trois critères, les Pays-Bas arrivent en tête du classement devant l’Islande et le Danemark. Ainsi si vous avez encore l’âge et l’opportunité, selon Mercer, il faudrait prendre la direction de ces pays pour s’assurer de passer de vieux jours heureux.

    Où bien cotiser pour sa retraite ?

    C’est fini pour ce mardi, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés. Belle journée à toutes et à tous !

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger

  • France – Maroc : Les enjeux économiques

    France – Maroc : Les enjeux économiques

    Alors que la France et le Maroc renforcent leurs liens économiques, la visite du Président Emmanuel Macron symbolise une nouvelle dynamique de coopération. Au cœur de cet échange, les enjeux d’un partenariat plus équilibré et la place stratégique du Maroc comme porte d’entrée vers les marchés africains. Deux voix clés, Abdelghani Youmni et Claudia Gaudiau-Francisco, nous éclairent sur les défis et opportunités d’une relation tournée vers l’avenir.

    Abdelghani Youmni, Economiste, rapporteur de la radioscopie du Commerce Extérieur à l’Assemblée des Français de l’étranger, nous livre son analyse des enjeux économiques entre la France et le Maroc.

    “Pour la France, le Maroc est le point d’accès aux marchés africains”

    Abdelghani Youmni, Economiste, rapporteur de la radioscopie du Commerce Extérieur à l’Assemblée des Français de l’étranger

    Abdelghani Youmni, Economiste, rapporteur de la radioscopie du Commerce Extérieur à l'Assemblée des Français de l'étranger
    Abdelghani Youmni, Economiste, rapporteur de la radioscopie du Commerce Extérieur à l’Assemblée des Français de l’étranger
    Lesfrancais.press : Beaucoup de monde s’accorde à dire que la première visite d’Etat du Président Emmanuel Macron sera essentiellement économique, qu’en pensez-vous ?

    Abdelghani Youmni : « La visite d’Etat d’Emmanuel Macron au Maroc intervient dans un contexte géopolitique et géoéconomique en ébullition et un monde en recomposition. Il faut dire qu’entre les deux pays, le politique a été en amont de l’économique avec la décision de la France, membre permanent du conseil de sécurité que le présent et l’avenir des provinces du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine.

    Dans cette relation d’amour et de raison, les relations sont dominées par des intérêts communs sur les dossiers économiques et de souverainetés. Et que dans un pays en perpétuels chantiers de constructions institutionnelles, sociales et économiques comme le Maroc, l’économie est le pilier central de l’émergence du pays. »

    Lesfrancais.press : La France est déjà fortement présente au Maroc et ce dans de nombreux secteurs, faut-il s’attendre à plus d’investissement et d’engagement financier de l’hexagone ?

    Abdelghani Youmni : « Le Maroc compte plus de 1300 entreprises françaises, elles emploient plus de 55 000 emplois, un stock de capital 8.1 milliards d’euros représentant 30.8% des IDE étrangers devant les Etats-Unis, l’Espagne et les Émirats arabes unis et un chiffre record en 2023 de 2.7 milliards d’euros.

    L’intégration locale du Maroc dans les chaînes de valeur mondiale de l’aéronautique et de l’automobile a atteint 40 et 64%, elle se fait principalement avec la France. Dans le secteur de l’industrie automobile, les exportations ont dépassé 13 milliards d’euros en 2023 et plus de 700 000 véhicules produits pour les usines de Stellantis à Kenitra et Renault à Tanger.

    Les échanges franco marocains ont atteint 14 milliards d’euros en 2023, La France est le deuxième client et le second fournisseur du Maroc avec 15,65% des échanges, le Maroc a été excédentaire de 687 millions d’euros, des résultats largement portés par des biens manufacturés industriels. »

    Lesfrancais.press : Du côté du patronat marocain, on souhaite plus d’équilibre dans le nouveau partenariat économique, en clair, faire en sorte que la France ne soit plus le fournisseur du Maroc et que le Maroc ne soit plus le client de la France, qu’en pensez-vous ?

    Abdelghani Youmni : « Il faut traduire les paroles en actes, l’équilibre et le partenariat gagnant-gagnant sont nécessaires pour l’avenir du Maroc et vitaux pour la relation bilatérale d’exception entre les deux pays et qui ne sont pas qu’économique mais économique, culturel et de voisinage euroméditerranéen.

    Il suffit d’analyser les chiffres des IDE français pour constater qu’ils sont concentrés à hauteur de 27,3 % dans le secteur immobilier, 23.9% pour l’industrie de co-localisation partielle, 20.3% au commerce (20,3 %) et 10.5% dans les activités financières (10,5 %). Il faut rebâtir une nouvelle ère d’interdépendance industrielle et de valeur ajoutée partagée pour élaborer une vraie stratégie manufacturière d’interdépendance.

    Cependant le patronat marocain doit faire l’inventaire des écosystèmes de l’économie marocaine fortement penchés vers les secteurs primaires et tertiaires et sans réels fleurons et locomotives industrielle et d’emplois productifs.

    Un début de réponse est de construire des joint-ventures en parallèle avec du transfert de technologie et des formations professionnelles en mobilité, en association avec d’autres partenaires européens pour finaliser le trilemme financement, innovations technologiques et accès aux marchés.

    Voyons maintenant les sentiers de la prospérité économique partagée entre les deux pays. Pour les atteindre, le Maroc est l’atout majeur, il est de plus en plus un point d’entrée géographique, linguistique et diplomatique pour accéder au marché africain.

    Et pour cela, les secteurs porteurs sont nombreux : immobilier, agroalimentaire, construction navale, aéronautique transport et maintenance, logistique, économie numérique, hydrogène vert et production électrique et mobilité urbaine décarbonée. »

    Lesfrancais.press : Depuis avril dernier et la visite de ministres français, une série d’investissements français ont été annoncés dans les Provinces du sud du Maroc, ce territoire constitue-t-il un nouvel enjeu économique pour les 2 pays ?

    Abdelghani Youmni : « La décision de l’Etat français de faire partie du tour de table dans le financement par la filiale d’un câble électrique de 3 gigawatts reliant la ville marocaine de Casablanca à la ville de Dakhla et sur 1400 km n’est pas seulement un investissement qui contribue à relier les territoires du Sahara au reste du Maroc mais est un acte politique très fort de reconnaissance définitive de la marocanité des vastes trois régions. »

    Lesfrancais.press : On annonce ici et là la signature de plusieurs accords commerciaux. Avez-vous des
    infos ?

    Abdelghani Youmni : « Cette nouvelle ère qui s’est ouverte est marquée par le projet de construction d’une usine de dessalement d’eau de mer à Dakhla piloté par une joint-venture entre le marocain Nareva et le géant français de l’énergie Engie avec une participation de 23.46%.

    Les financements sont portés par La Banque publique d’investissement, la BPI, et PROPARCO filiale de l’Agence française de développement autorisé à financer des projets français et européens et à élargir leur champ d’intervention aux trois régions du Sahara marocain, Guelmim-Es-Semara, Laâyoune-Boujdour-Sakia el Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab. La société française Sade-CGTH est en charge du chantier du futur port de Dakhla Atlantique pour un montant d’un milliard d’euros.

    En plus de la présence de dizaines d’EFE « Entreprises Françaises à l’Etranger » actives dans l’agriculture, la pêche et le tourisme, Les milieux d’affaires français au Maroc, où un millier de filiales d’entreprises hexagonales dont la quasi-totalité du CAC 40 sont très enthousiastes pour accompagner le Maroc dans le développement économique, social et humain des trois régions. »

    Lesfrancais.press : Les échanges commerciaux France – Maroc est d’environ 14 milliards d’euros par an. Comment la nouvelle ère économique qui se dessine pourra booster ce volume ?

    Abdelghani Youmni : « Pour le Maroc comme pour la France, le déficit commercial est structurel, la France mène le combat contre la désindustrialisation, le royaume du Maroc suit le chemin inverse pour accéder au club fermé des pays industrialisés. Plus précisément, les deux pays font face aux défis de l’emploi, de la croissance économique et de la souveraineté.

    Si nous sommes tous conscients du fort dynamisme qui nourrit les relations économiques entre le Maroc et la France, à l’inverse les échanges commerciaux restent faibles et la marge de progression est très dense. À titre d’exemple, les échanges commerciaux entre la Tunisie et la France ont été de 8.9 milliards d’euros. Rapportés au PIB, les échanges représentent 18.3% du PIB tunisien et seulement 10% du PIB marocain.

    Si les échanges du Maroc représentent 19.1% des échanges avec l’Afrique, cette lecture est trop étroite car le commerce entre la France et l’Afrique ne représente que 2% de sa balance commerciale.

    L’inventivité des deux opérateurs du commerce extérieur des deux pays mènera probablement à des grandes avancées au sein d’une triangulation en direction de l’Afrique et en direction de l’Europe méridionale et la région MENA pour cause d’avantages comparatifs français et marocains parfaitement complémentaires et abrégeables. »

    Claudia Gaudiau-Francisco, Présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM), présentée comme la force de frappe économique française au Maroc, s’exprime sans détour sur le rôle et la mission de l’Institution qu’elle préside.

     » Nous sommes convaincus que cette visite apportera un nouveau souffle économique  »

    Claudia Gaudiau-Francisco, Présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM)

    Claudia Gaudiau-Francisco, Présidente de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Maroc (CFCIM)
    Claudia Gaudiau-Francisco, Présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM)
    Lesfrancais.press : Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’approche de la venue du
    Président Emmanuel Macron au Maroc ?

    Claudia Gaudiau-Francisco : « Ravis et enthousiastes ! Cette visite symbolise une nouvelle étape dans la relation entre la France et le Maroc, et nous sommes optimistes quant aux nouvelles opportunités et perspectives de coopération qui en découleront. »

    Lesfrancais.press : Est-ce que cette visite d’État revêt un caractère particulier pour la CFCIM, présentée comme la force de frappe économique française au Maroc ?

    Claudia Gaudiau-Francisco : « Absolument, cette première visite d’État du Président Emmanuel Macron est très significative pour la CFCIM. La dernière visite présidentielle remontant à 2018, principalement autour du projet du TGV, cette nouvelle étape intervient après une période de calme politique, mais avec une intensité économique marquée. Entre 2016 et 2024, les échanges économiques entre la France et le Maroc ont doublé, et cette visite ouvre la voie à de nouvelles collaborations stratégiques entre nos deux pays. »

    Lesfrancais.press : En avril dernier, la décision d’accélérer la dynamique économique avait été prise avec la reconduction du mandat de la Team France Export pour 2 ans, qu’en est-il de la contribution de la CFCIM ?

    Claudia Gaudiau-Francisco : « Le renouvellement pour trois ans de notre Concession de Service Public Business France illustre notre rôle clé. Nous représentons la Team France Export au Maroc, et chaque année, nous accompagnons 150 entreprises françaises dans divers secteurs stratégiques comme l’industrie, l’énergie, l’agriculture, la santé, la tech, etc…Parmi celles-ci, entre 20 et 30 finissent par s’implanter durablement au Maroc, contribuant ainsi à la dynamique économique bilatérale. »

    Lesfrancais.press : Aux yeux de nombreux observateurs avertis, la visite devrait donner lieu à un nouveau modèle de partenariat économique France-Maroc, plus ambitieux, plus densifié, plus équilibré…Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Claudia Gaudiau-Francisco : « Nous sommes convaincus que cette visite apportera un nouveau souffle et donnera un nouvel élan à la relation politique, économique et d’amitié qui nous lie. Nous attendons tous avec beaucoup d’impatience les sujets de coopération qui seront décidés et annoncés par les deux chefs d’Etats et sommes certains que cela créera une dynamique et des opportunités pour les opérateurs économiques français et marocains dans de nombreux secteurs, nous pensons entre autres à l’énergie, aux infrastructures et à la santé. »

    Lesfrancais.press : La France, premier investisseur au Maroc, est déjà fortement présente au Maroc avec les principaux acteurs du CAC 40, plus de 1200 filiales, est-il possible de faire plus…

    Claudia Gaudiau-Francisco : « Oui, bien sûr. Le Maroc est un pays en plein développement avec des stratégies sectorielles et régionales ambitieuses. De plus, des projets majeurs, tels que ceux liés à la CAN et à la Coupe du Monde, offriront des opportunités dans des secteurs comme le BTP, les infrastructures et le tourisme. La position africaine du Maroc renforce son attrait pour l’investissement français qui pourra se positionner davantage selon les besoins du Maroc. » 

    Lesfrancais.press : Comment la CFCIM compte-t-elle se positionner dans la perspective d’une nouvelle ère économique France Maroc ?

    Claudia Gaudiau-Francisco : « Nous allons continuer à accompagner les entreprises françaises, notamment les PME, dans leur implantation au Maroc. La CFCIM s’engage aussi à soutenir le développement des Provinces du Sud, où nous sommes présents depuis 2017 à Laâyoune, 2019 à Dakhla, et depuis février dernier à Guelmim. Ces actions contribueront au renforcement de notre partenariat économique avec le Maroc. »

  • Où bien cotiser pour sa retraite ?

    Où bien cotiser pour sa retraite ?

    Comme chaque année, le cabinet conseil Mercer a publié son étude ce mardi 15 octobre sur les systèmes de retraite. Les experts établissement chaque année un classement des pays où il est le plus agréable de vivre sa retraite. Pour cela, il note les nations selon trois critères. Le premier est la performance qui mesure le niveau de vie des retraités, le deuxième la viabilité, c’est-à-dire l’équilibre financier du système sur le long terme. Enfin le troisième, l’intégrité, évalue la transparence vis-à-vis des actifs et des retraités sur le fonctionnement des régimes de retraite.

    Le trio de tête

    Au regard de ces trois critères, les Pays-Bas arrivent en tête du classement devant l’Islande et le Danemark. Les bons résultats du système néerlandais s’expliquent notamment, selon Mercer, par une réglementation stricte mais aussi les conseils qui sont délivrés aux retraités. Derrière ce trio de tête, le cabinet relève que «plusieurs systèmes, dont la Chine, le Mexique, l’Inde et la France, ont entrepris des réformes récentes pour améliorer leur score ces dernières années».

    Si pour les plus de 40 ans, il est trop tard pour prendre en compte ces informations, les plus jeunes peuvent orienter leur expatriation vers ces pays. Des sacrifices, il faudra en faire, car vivre en Islande n’est pas si facile, mais à la clé, une retraite garantie et des perspectives sereines. Des conditions qu’on retrouve donc aussi dans d’autres pays.

    À l’Est aussi !

    Derrière ces 3 pays, 3 autres nations tirent leur épingle du jeu. Tout d’abord, Israël, où c’est la situation des fonctionnaires qui tirent le pays vers le haut du classement. En effet, les fonctionnaires de l’Etat hébreux perçoivent une pension de retraite calculée sur la base d’un pourcentage fixe de leur salaire final, qui augmente pour chaque année de service. Tous les fonctionnaires, à l’exception des militaires de carrière, peuvent accumuler une pension jusqu’à un maximum de 70 % de leur salaire final, tandis que les militaires peuvent accumuler jusqu’à 76 %.

    Classement des pays où bien cotiser pour sa retraite
    Classement des pays où bien cotiser pour sa retraite

    Après on retrouve Singapour, qui avec son système de « central provident fund » (CPF) parvient à garantir une retraite confortable à tous les cotisants. C’est un système l’opposé du nôtre, basé sur la capitalisation individuelle permettant de se constituer une retraite, de financer une assurance santé ou bien encore de financer un emprunt immobilier pour un achat d’un bien immobilier dans le parc social.

    Enfin, en sixième place, c’est l’Australie. Loin des stéréotypes américains, le système australien de retraite est mixte, tous les salariés gagnant plus de 450 $ par mois bénéficient d’une pension financée par les cotisations à des fonds de pension, prises en charge par leur employeur. Tandis que les travailleurs indépendants doivent cotiser eux-mêmes à des fonds de pension.

    Et la France ?

    Pour l’Hexagone, le cabinet fait bien sûr référence à la réforme des retraites de 2023 qui a relevé l’âge légal de 62 à 64 ans et allongé plus rapidement la durée de cotisation nécessaire pour partir avec une retraite à taux plein. «La récente réforme des retraites a en effet amélioré la viabilité du système par répartition, compte tenu de l’allongement de la durée de cotisation, au détriment de celle de la retraite», indique Manon Carlési, co-responsable de l’offre transition emploi retraite pour Mercer, dans un communiqué de presse.

    Mais pas de quoi se réjouir trop vite, prévient l’étude de Mercer qui pointe les difficultés structurelles du régime de retraite français avec une démographie défavorable – le nombre de retraités ne cesse d’augmenter comparé à celui des actifs – et un trop faible taux d’emploi des seniors. «La part marginale des dispositifs supplémentaires d’entreprise explique également un score qui pourrait progresser davantage», estime également Manon Carlési. Comparée aux autres pays étudiés, la France reste à la traîne en matière de placements pour augmenter son futur niveau de pension.

  • Sénégal : lancement de la campagne des législatives

    Sénégal : lancement de la campagne des législatives

    La campagne électorale pour les élections législatives au Sénégal a démarré ce dimanche. Cette élection est décisive pour le Pastef, le parti au pouvoir, qui veut absolument avoir une majorité à l’Assemblée nationale. Face à lui, trois grandes coalitions d’opposition se dressent et rendent incertaine l’issue de ce scrutin qui intervient sept mois après la présidentielle de mars 2024.

    Le Pastef annonce sa Caravane Rose

    L’ambiance est autre au siège du parti Pastef, au pouvoir. Des militants discutent en attendant la sortie de leaders du parti, en réunion dans les locaux. Abass Fall, candidat du parti à Dakar et ancien député, se voit déjà vainqueur du scrutin du 17 novembre : « Cela montre effectivement que le Pastef n’est pas un petit parti, on attend juste le discernement pour le concrétiser, le décret a été établi par les Dakarois et la signature se fera le 17 novembre, inch’allah. »

    La Caravane Rose du Pastef va partir du siège du parti du président Bassirou Diomaye Faye pour se terminer à Sacré-Cœur, à quelques pas du domicile d’Ousmane Sonko, tête de liste du parti et Premier ministre du Sénégal. Ce dernier sera lui à Tivaouane, la cité religieuse dans la région de Thiès à l’est de Dakar.

    On s’attend à une journée de campagne qui va démarrer sur les chapeaux de roues. Objectif du parti au pouvoir : avoir la majorité à l’Assemblée nationale pour faire passer quelque 83 projets de loi, 294 projets de décret et 110 projets d’arrêté annoncé en juillet dernier par le Premier ministre Ousmane Sonko. L’opposition, elle, se bat pour éviter que le Pastef ait les pleins pouvoirs.

    L’opposition mobilisée

    Le siège de Khalifa Babacar Sall, ancien maire de la ville de Dakar, sert de Quartier général à la coalition Sam Sa Kadou, dont il est membre. Son successeur à la tête de la capitale, Barthelemy Diaz, en fait également partie. Ce dernier lancera sa campagne par un meeting dans la capitale.

    Tout est fin prêt pour accompagner les différentes figures en lice pour la députation. « Sur le plan logistique, tout est fin prêt. Donc les t-shirts, les casquettes, tout le matériel de campagne est au point, tout le travail de « branding » a déjà été réalisé », énumère-t-il.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • 700 ans d’heurs et malheurs budgétaires

    700 ans d’heurs et malheurs budgétaires

    Les premiers déficits publics apparaissent, du moins de manière officielle, sous les rois capétiens et les Valois, notamment lors des grandes guerres, comme la Guerre de Cent Ans (1337-1453). À l’époque, il y a une confusion entre la caisse du Roi et le budget de l’État, rendant la gestion des finances publiques opaque. Lorsque le roi faisait face à des difficultés budgétaires, il recourait soit à des impôts extraordinaires, soit à des emprunts, principalement auprès de banquiers italiens. La France a connu de nombreuses révoltes liées aux impôts, de la Fronde aux Gilets Jaunes, en passant, évidemment, par la Révolution. Les premiers déficits publics apparaissent, du moins de manière officielle, sous les rois capétiens et les Valois, notamment lors des grandes guerres, comme la Guerre de Cent Ans (1337-1453). À l’époque, il y a une confusion entre la caisse du Roi et le budget de l’État, rendant la gestion des finances publiques opaque. Lorsque le roi faisait face à des difficultés budgétaires, il recourait soit à des impôts extraordinaires, soit à des emprunts, principalement auprès de banquiers italiens. La France a connu de nombreuses révoltes liées aux impôts, de la Fronde aux Gilets Jaunes, en passant, évidemment, par la Révolution.

    Après la banqueroute des deux tiers en 1797, Napoléon Bonaparte commence à structurer les finances publiques sous le Consulat, une œuvre qui sera poursuivie par son neveu durant le Second Empire. Les guerres napoléoniennes, à partir de 1810, deviennent de plus en plus coûteuses, obligeant l’Empereur à multiplier les emprunts et à accroître les prélèvements dans les pays conquis. La Restauration (1814-1830) a permis un assainissement rapide des comptes publics, favorisé par une croissance économique vigoureuse. Sous Louis XVIII et Charles X, les gouvernements s’efforcent de réduire les dépenses publiques, en particulier les dépenses militaires, qui avaient explosé sous Napoléon. Les effectifs militaires passent de 800 000 hommes sous Napoléon à environ 240 000 hommes sous la Restauration. Une réforme du cadastre est initiée pour améliorer la taxation foncière, basée sur des évaluations plus justes des propriétés rurales et urbaines. Certains impôts indirects mis en place sous l’Empire, tels que les droits de douane et les octrois, sont conservés, mais les gouvernements tentent de ne pas les augmenter, craignant un retour des révoltes fiscales.

    La rationalisation des dépenses publiques et la bonne tenue de l’activité économique permettent à la France de verser environ 700 millions de francs en indemnités de guerre aux puissances alliées, en plus des frais d’occupation militaire prévus par le Traité de Paris de 1815.

    Une période d’équilibre budgétaire

    Sur le plan financier, la Restauration crée en 1816 la Caisse des dépôts et consignations, dont la mission est de sécuriser les fonds publics et parapublics. Grâce à ces mesures, la France parvient à équilibrer ses finances publiques dès 1817. Sous Louis-Philippe (1830-1848), la France connaît une période d’équilibre budgétaire. Les gouvernements adoptent des politiques qualifiées de rigoureuses. Les dépenses, notamment militaires, sont strictement contrôlées après la réduction massive de l’armée sous la Restauration. La dette publique reste stable, le gouvernement évitant de recourir à des emprunts excessifs. La dette accumulée sous Napoléon est progressivement remboursée.

    Sous la Monarchie de Juillet, les impôts indirects, tels que les octrois (taxes sur les produits de première nécessité, y compris les boissons et denrées alimentaires), constituent une source majeure de revenus. Ces taxes pèsent lourdement sur les classes populaires, ce qui alimente les tensions sociales. L’impôt foncier est également une importante source de revenus. La prudence budgétaire et l’absence de réformes sociales sous Louis-Philippe aggravent les tensions sociales. L’industrialisation rapide génère de fortes inégalités et une augmentation de la pauvreté. Les ouvriers et les paysans souffrent de la hausse des prix et de la stagnation des salaires. La crise de 1846-1847, crise agricole et économique majeure qui touche toute l’Europe, provoque une forte hausse des prix des denrées alimentaires, une montée du chômage et une dégradation des conditions de vie. L’absence de réponse du gouvernement conduit à la Révolution de 1848.

    L’instabilité politique décourage les investissements et freine la reprise économique.  

    La Seconde République hérite d’une situation financière dégradée en raison de la crise après la récession de 1847-1848. Les dépenses publiques augmentent rapidement avec l’adoption de plusieurs mesures sociales. La baisse des recettes fiscales aggrave le déficit public. Parmi les mesures coûteuses figurent les Ateliers nationaux. En 1848, le déficit budgétaire s’élève à environ 200 millions de francs, un montant important pour l’époque. L’instabilité politique décourage les investissements et freine la reprise économique.

    Durant le Second Empire (1852-1870), la situation budgétaire de la France s’améliore dans un contexte de forte croissance. Cependant, l’augmentation des dépenses d’infrastructures et militaires conduit à des déficits importants. Dès 1852, Napoléon III met en place une politique de modernisation économique axée sur le développement des infrastructures : chemins de fer, routes, canaux, ports et le réaménagement de Paris par le baron Haussmann. Ces grands travaux nécessitent des investissements publics importants. L’Empereur fait d’abord appel aux capitaux privés, mais doit également recourir aux emprunts publics. La croissance économique limite néanmoins l’ampleur des déficits et de la dette. Dans les années 1850, le déficit public avoisine 200 millions de francs. L’amélioration constatée à partir de 1857 s’interrompt dix ans plus tard en raison de l’augmentation des dépenses militaires (guerre du Mexique) et de l’ampleur des travaux à Paris, estimés à 2,5 milliards de francs.

    En 1867, une crise économique internationale affecte la France. La croissance ralentit, les investissements étrangers diminuent, et les banques connaissent des difficultés, notamment après la faillite de la Banque de l’Union Générale. Cette crise affecte les finances publiques, car les recettes fiscales chutent en raison du ralentissement économique. L’endettement de l’État devient alors un sujet de préoccupation majeur. La guerre franco-prussienne de 1870 est coûteuse pour les finances publiques. Non seulement elle entraîne des dépenses militaires considérables, mais la défaite impose également à la France de payer des réparations massives à la Prusse, pour un montant de 5 milliards de francs or.

    Entre 1885 et 1914, les finances publiques retrouvent un équilibre relatif.

    Au cours de la Troisième République (1870-1940), la gestion des finances publiques est marquée par plusieurs crises majeures : la défaite contre la Prusse, la Première Guerre mondiale et la grande crise de 1929. Les difficultés budgétaires deviennent récurrentes. Après le traité de Francfort (1871), outre les réparations de guerre, la France perd l’Alsace-Lorraine, une région industrielle clé. Pour payer les réparations, des emprunts sont contractés. La France réussit néanmoins à rembourser plus rapidement que prévu, grâce à la mobilisation des investisseurs, ce qui permet le départ des troupes d’occupation.

    Entre 1885 et 1914, les finances publiques retrouvent un équilibre relatif, bien que la croissance économique soit plus faible en France qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne. Cette période voit également l’essor des grandes banques françaises, comme le Crédit Lyonnais et la Société Générale, qui financent les investissements publics et privés.

    700 ans d’heurs et malheurs budgétaires - @adobestock
    700 ans d’heurs et malheurs budgétaires – @adobestock

    En 1914, la Troisième République introduit l’impôt sur le revenu.

    En 1914, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la Troisième République introduit l’impôt sur le revenu, une mesure longtemps débattue. Cet impôt, relativement modeste à ses débuts, marque un changement significatif dans la fiscalité française, passant d’une taxation principalement indirecte à une fiscalité plus progressive. Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale entraîne une explosion des déficits publics et des dépenses. En 1918, les dépenses publiques dépassent 50 % du PIB, contre seulement 10 % avant la guerre. L’État finance ces dépenses par des emprunts massifs et une inflation galopante. La dette passe de 32 à 240 milliards de francs entre 1914 et 1920. Pendant la guerre, l’État a recours à la création monétaire, favorisant une inflation qui érode le pouvoir d’achat des ménages. Après la guerre, l’État doit financer la reconstruction d’une grande partie du nord-est de la France. Les réparations allemandes, pourtant promises, se révèlent difficiles à recouvrer. Le pays fait face à des difficultés budgétaires et monétaires chroniques, contraignant les gouvernements à dévaluer la monnaie et à adopter des plans d’assainissement budgétaire.

    La crise de 1929 frappe la France à partir de 1931. Le déficit public augmente rapidement, passant de 1 % à 5 % du PIB entre 1929 et 1934. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, le déficit atteint près de 6 % du PIB.

    Une partie de la dette effacée par l’inflation des années 1945-1948

    La Seconde Guerre mondiale entraîne une nouvelle dégradation des finances publiques. La défaite et l’occupation allemande provoquent l’effondrement de l’économie, des destructions massives d’infrastructures et d’usines, ainsi que le paiement d’indemnités et de frais d’occupation. En 1944, le débarquement des Alliés permet à la France de retrouver son indépendance mais entraîne des destructions considérables (logements, infrastructures, usines). La production industrielle est réduite de plus de 40 % par rapport à 1938. En 1945, le déficit public dépasse 20 % du PIB et la dette atteint 150 % du PIB. Une partie de cette dette sera effacée par l’inflation des années 1945-1948. Les premières années de la IVe République sont marquées par des dépenses publiques élevées, principalement consacrées à la reconstruction des infrastructures, de l’industrie et de l’agriculture détruites par la guerre.

    Le Plan Monnet (1947-1952) joue un rôle central dans cette reconstruction. La France bénéficie également de l’aide du Plan Marshall, recevant environ 2,5 milliards de dollars des États-Unis. Cette aide permet de financer une partie des dépenses, mais ne couvre pas l’ensemble des besoins, et l’État doit recourir à des emprunts pour compléter le financement.

    Les guerres liées à la décolonisation, notamment en Indochine et en Algérie, alourdissent les budgets, qui restent déficitaires. La dette publique demeure élevée, oscillant entre 80 % et 90 % du PIB. Sans une croissance économique forte, de l’ordre de 5 % par an, la situation des finances publiques aurait été encore plus difficile. À partir de 1944, la montée en puissance des dépenses sociales s’accélère avec la création de la Sécurité sociale. L’essor des prestations sociales entraîne la hausse, entre 1944 et 1958, des prélèvements obligatoires qui passe de 20 % à 28 % du PIB.

    De 1959 à 1967, la France enregistre des excédents budgétaires

    L’arrivée du général de Gaulle en 1958 et l’instauration de la Ve République se traduisent par un plan d’assainissement des finances publiques. De 1959 à 1967, la France enregistre des excédents budgétaires. Durant cette période, elle met fin aux demandes d’aides américaines. Grâce à la forte croissance économique, la dette publique est rapidement réduite, atteignant 15 % du PIB dans les années 1960. Cependant, le premier choc pétrolier de 1973 provoque une rupture dans la gestion des finances publiques.

    La dette publique passe de 21 % à 57 % du PIB entre 1981 et 1995

    À partir de 1973, les finances publiques deviennent systématiquement déficitaires. Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, le déficit public moyen avoisine 1 % du PIB. Il augmente sous les deux septennats de François Mitterrand, et la dette publique passe de 21 % à 57 % du PIB entre 1981 et 1995. La mise en œuvre de l’euro s’accompagne d’une relative maîtrise des finances publiques en France. Cependant, la dette publique continue d’augmenter pendant les deux mandats de Jacques Chirac. Elle atteint 65 % du PIB en 2007. La crise financière de 2008-2009 provoque une forte augmentation de cette dette, qui dépasse 91 % du PIB en 2012. Sous la présidence de François Hollande, elle continue d’augmenter de manière plus modérée, pour atteindre 98 % du PIB en 2017.

    Le déficit devrait dépasser 6 % du PIB, un record en dehors des périodes de crise ou de guerre.

    Les événements récents, tels que la crise des Gilets Jaunes, la pandémie de Covid-19, et la guerre en Ukraine, ont entraîné une dégradation significative des finances publiques. Le déficit public s’élève à 9 % du PIB en 2020, principalement en raison des mesures de soutien aux entreprises et aux ménages pendant la pandémie. En 2023, il atteint 5,5 % du PIB. Le gouvernement a annoncé que pour 2024, le déficit devrait dépasser 6 % du PIB, ce qui constitue un record en dehors des périodes de crise ou de guerre. Par ailleurs, la dette publique française atteint désormais 112 % du PIB en 2024. Le taux des prélèvements obligatoires dépasse 45 % du PIB, tandis que les dépenses publiques représentent environ 56 % du PIB.

    L’évolution des finances publiques en France témoigne d’un équilibre toujours fragile entre croissance économique, contraintes budgétaires et pressions sociales. Depuis plus de 700 ans, la question de la maîtrise des comptes publics constitue une véritable antienne. En 2024, la France doit opérer un assainissement de ses comptes tout en étant confrontée à une série de défis : vieillissement démographique, transition écologique, menaces géopolitiques.

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