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  • Le monde face à la panne des naissances 

    Le monde face à la panne des naissances 

    À l’échelle planétaire, une panne des naissances se diffuse à un rythme rapide avec la crainte d’un vieillissement bien plus rapide que prévu de la population mondiale. Le taux de fécondité par femme est passé de 2,7 à 2,3 dans le monde de 2000 à 2022. 

    Les 15 pays les plus riches en termes de PIB ont tous un taux de fécondité inférieur au taux de remplacement (2,1), les pays d’Europe, les États-Unis bien évidemment mais aussi la Chine et l’Inde. D’ici 2030, plus de la moitié des habitants de l’Asie de l’Est et du Sud-est auront plus de 40 ans. En dehors de l’Afrique, la population mondiale atteindra son apogée en 2050 avant de décliner. Même en Afrique, le taux de fécondité chute au point que la population mondiale pourrait commencer à décliner d’ici la fin du siècle.

    L’économie n’est pas prête à faire face à une diminution de la population

    Quoi qu’en ait pensé Malthus au XIXe siècle, l’économie n’est pas prête à faire face à une diminution de la population. Le premier problème à résoudre est le transfert de charges des actifs vers les inactifs. Les retraités se financent directement ou indirectement à partir du travail des actifs soit par l’intermédiaire de l’État ou des régimes sociaux, qui prélèvent des impôts ou des cotisations sur les travailleurs pour payer les pensions publiques, soit en encaissant les revenus de l’épargne constituée durant la période d’activité personnellement ou via des fonds de pension.

    Les prochaines années risquent de rimer avec hausses d’impôts, report de l’âge de départ à la retraite, pression à la baisse des pensions et moindre rendement de l’épargne. L’Italie est le pays européen le plus touché par la dénatalité le plus fort au point qu’une publicité réalisée par une marque de couches met en scène, de manière ironique, en montrant des salles de classes à l’abandon et des maternités désertes, l’arrivée du dernier bébé italien de l’histoire programmé en 2050. Cette parodie traduit la baisse prévue du nombre des naissances qui devrait passer d’un million en 1964 à 346 000 en 2050.

    Des coûts impressionnant de retraite, de santé et de dépendance 

    Le vieillissement rapide de nombreux pays génère des coûts impressionnants de retraite, de santé et de dépendance au moment même où les revenus, faute de travailleurs, diminueront. Un pays de seniors est, par ailleurs, moins ouvert au progrès technique, diminuant d’autant la croissance potentielle. Si l’Italie est beaucoup moins bien notée que la France en ce qui concerne sa dette souveraine, cela est dû en grande partie à son déclin démographique avancé. 

    L’Italie et le Japon sont les deux pays qui sont entrés les premiers dans l’ère du vieillissement de masse avec des taux de fécondité qui sont passés en-dessous du niveau du renouvellement des générations (2,1) dès les années 1970. L’âge médian, en Italie est de 47 ans, ce qui signifie que la moitié de la population a plus que cet âge et l’autre moitié moins. L’âge médian au Japon est de 49 ans. Il devrait rapidement dépasser 50 ans.

    La Chine connaîtrait une contraction de sa population de près de 30 % tout comme l’Italie

    Ces deux pays ont été, depuis, rejoints par de nombreux autres ; la Corée du Sud, les ayant même battus avec un taux de fécondité de 0,8, le plus faible du monde. La population de ce pays sera divisée par deux d’ici la fin du siècle. Sur la même période, la Chine connaîtrait une contraction de sa population de près de 30 % tout comme l’Italie. Ce ratio serait de 40 % pour le Japon. 

    En 2010, 98 pays et territoires avaient enregistré des taux de fécondité inférieurs à 2,1. En 2021, ce nombre était passé à 124, soit plus de la moitié des pays pour lesquels l’ONU collecte des données. D’ici 2030, ce nombre pourrait atteindre 136. Les 15 plus grandes économies du monde, dont le Brésil, la Chine, l’Inde et le Mexique, ont toutes des taux de fécondité inférieurs à 2,1. 

    Au niveau mondial, la fécondité converge assez rapidement au-dessous de 2,1. Le taux de fécondité est de 1,3 en Thaïlande et de 1,6 au Brésil. Celui de l’Inde est tombé en dessous de 2,1. Quel que soit leur pays, les femmes aspirent à combiner vie professionnelle et vie familiale. 

    La baisse de la fécondité a concerné dans un premier temps les femmes ayant le niveau d’études le plus élevé. Elle s’étend, dans un second temps, aux femmes avec un faible niveau d’études. Désormais, aux États-Unis, les femmes américaines qui n’ont qu’un diplôme de premier cycle ont, en moyenne, moins enfants que celles qui sont plus scolarisées. Les pays émergents suivent de près ceux de l’OCDE. 

    Une baisse programmée de la population active 

    Du fait d’un nombre d’entrants de plus en plus faible, les populations actives vieillissent et se réduisent dans un nombre non négligeable de pays. En 2021, au sein des 124 pays ayant un taux de fécondité inférieur à 2,1, la population de 21 à 30 ans s’élevait, à 782 millions. En 2050, ce groupe qui rassemble le nombre potentiel d’entrants locaux sur le marché du travail, devrait avoir diminué d’un cinquième, à 619 millions. Dans les pays où le taux de fécondité est inférieur à 1,5, qui comprend la quasi-totalité de l’Asie de l’Est et une grande partie de l’Europe, la baisse sera plus extrême, la même cohorte se contractant de 37 %. 

    Pyramide inversée 

    De plus en plus de pays ont des pyramides démographiques inversées, la base étant plus étroite que son milieu. En Chine, le nombre des 21 à 30 ans est ainsi passé de 232 millions à son apogée en 2012 à 181 millions en 2021. En 2050, ce nombre devrait être de 100 millions. 

    La population européenne de la même tranche d’âge passera de son côté d’environ 85 millions à moins de 60 millions au cours de la même période. Au-delà des tensions qu’elle génère, l’immigration est un des seuls moyens pour compenser la baisse de la population active. Néanmoins, au fil des décennies, le nombre de pays disposant d’importants surplus démographiques devrait baisser. La population indienne devrait atteindre son sommet en 2060.

    Les pays vieillissants se feront une concurrence féroce pour attirer les immigrés 

    L’Afrique subsaharienne est la seule région du monde qui semble susceptible de rester une source d’émigration pour les prochaines décennies. Mais même dans les pays de cette région, les taux de natalité chutent plus vite que prévu. Compte tenu des besoins en population, les pays vieillissants se feront une concurrence féroce pour attirer les immigrés, sachant que les États-Unis devraient toujours bénéficier d’un afflux important. 

    Au sein de l’OCDE, il y a en moyenne trois personnes âgées de 20 à 64 ans pour une personne âgée de plus de 65 ans. D’ici 2050, ce ratio passera à moins de deux pour un. L’Europe, le Japon et la Corée du Sud sont les plus concernés par la dégradation de ce ratio. Une diminution du nombre d’actifs et une augmentation de celui des retraités signifient plus de dépenses publiques et moins de prélèvements obligatoires. Elles sont également synonymes de moins de production et donc de création de richesses. 

    Le déclin démographique a aussi des effets d’entraînement sur le capital et la productivité qui sont beaucoup moins bien compris par les économistes. 

    Des effets incertains sur l’inflation et les taux d’intérêt 

    Des économistes estiment qu’une population active en diminution s’accompagnera d’une baisse des taux d’intérêt en termes réels (c’est-à-dire après prise en compte de l’inflation), car il y aura moins d’opportunités d’investissement et un stock important d’épargne accumulé par les personnes à la retraite ou proches de la retraite. D’autres économistes pensent que l’effet sera le contraire. Pour maintenir leur pouvoir d’achat, les retraités puiseront dans leur épargne. Il y aura moins de financement pour l’investissement, ce qui fera monter les taux d’intérêt réels. 

    L’augmentation des dépenses publiques accroît les besoins de financement des pouvoirs publics. Pour le moment, les retraités ont tendance à maintenir un fort taux d’épargne.

    Le vieillissement, un facteur de déclin de la productivité 

    Les faibles ratios actifs/retraités ne sont qu’un des problèmes liés à l’effondrement de la fécondité. La diminution du nombre de jeunes actifs constitue une réelle menace pour l’innovation et la productivité. Les électeurs âgés ont tendance à privilégier la sécurité au détriment de la prise de risque. Ils sont favorables au protectionnisme et sont souvent contre le progrès technique. 

    Au niveau de l’urbanisme, les populations âgées souhaitent le gel des constructions et plus globalement le statu quo. La croissance économique dépend de la proportion de jeunes actifs qui sont ceux qui jouent le rôle clef dans la diffusion du progrès technique. Selon les psychologues, les jeunes trentenaires disposent d’une intelligence dite « fluide», se traduisant par une forte capacité à résoudre de nouveaux problèmes et à s’engager dans de nouvelles idées. Les personnes âgées ont plus « d’intelligence cristallisée », c’est-à-dire un stock de connaissances sur le fonctionnement des choses qui s’est accumulé au fil du temps. Les deux types d’intelligence sont utiles pour les entreprises, mais les deux ne sont pas de valeur équivalente en matière d’innovation.

    Les innovations de rupture sont réalisées par les jeunes actifs, autour de la trentaine 

    Dans une étude publiée en 2021 reposant sur une base de données de trois millions de brevets déposés sur plus de 40 ans, les économistes Mary Kaltenberg et Adam Jaffe et la psychologie Margie Lachman ont constaté que la proportion de brevets déposés culmine à la fin de la trentaine et au début de la quarantaine. Les innovations de rupture sont réalisées par les jeunes actifs, autour de la trentaine. 

    Le déclin de la productivité est un problème majeur pour les économies. Entre 1947 et 1973, la croissance de la productivité représentait 60 % de l’augmentation de la production par travailleur au sein de l’OCDE. Les États-Unis ont connu un taux de croissance plus rapide que celui des autres pays de l’OCDE grâce à des gains de productivité plus importants. Comme la baisse de la fécondité est générale, la productivité pourrait s’éroder à l’échelle mondiale. Ce phénomène semble avoir commencé et s’être accéléré avec la crise de covid-19. 

    L’économiste et démographe chinois, James Liang, a démontré que l’entrepreneuriat est plus faible dans les pays plus âgés. La proportion d’adultes créant leur entreprise diminue de 2,5 points quand l’âge médian augmente de 3,5 ans. Aussi étrange que cela puisse paraître, le taux de création d’entreprises parmi les jeunes de 18 à 35 ans recule dans les pays qui enregistrent un vieillissement accéléré de leur population. Ce phénomène est marqué au Japon. James Liang analyse cette diminution par la perte de dynamisme du tissu économique. Le vide d’entrepreneurs s’autoalimente. 

    L’inversion difficile de la courbe de la natalité 

    Les gouvernements sont largement impuissants à inverser la baisse des taux de natalité. La baisse de la fécondité est un phénomène mondial. Elle accompagne l’enrichissement des sociétés. Les politiques familiales ont peu d’effets sur le nombre d’enfants par femme. De nombreux pays d’Europe de l’Est ou du Sud ont, ces dernières années, institué des aides pour les familles sans que cela ne provoque une réelle hausse pérenne de la natalité.

    Plusieurs pays d’Europe tout comme les États-Unis compensent la dénatalité par un recours à l’immigration. Mais la baisse mondiale de la fécondité signifie que, d’ici le milieu du siècle, la pénurie de main-d’œuvre se diffusera à l’ensemble de la planète. Les tentatives faites dans divers pays pour inciter les femmes à avoir plus d’enfants ont généralement donné de maigres résultats. L’abandon de l’enfant unique en Chine a été suivi d’un rebond de la natalité mais qui a été éphémère. En Hongrie et en Pologne, les gouvernements ont institué des crédits d’impôts et des prestations sociales en faveur des femmes ayant des enfants. Pour le moment, aucune remontée tangible du taux de fécondité a été constatée. Singapour a créé des allocations aux parents de nouveaux enfants (11 000 dollars singapouriens pour les deux premiers enfants et 13 000 dollars singapouriens pour les autres), auxquels s’ajoutent, en plus des abattements fiscaux et des subventions pour la garde d’enfants. Les parents sont également prioritaires dans les programmes de vente d’appartements subventionnés. Toutes ces mesures ont eu peu d’effet, le taux de fécondité restant bloqué à 1. 

    Pour relever la productivité, les gouvernements peuvent jouer sur le niveau de formation. Ils peuvent également compter sur la technologie pour faire face aux changements démographiques. De la télémédecine au recours croissant à l’automatisation dans l’agriculture, l’industrie et les services devraient permettre de compenser, du moins en partie, la baisse de la population active. L’intelligence artificielle offre des possibilités importantes pour réduire les besoins en main-d’œuvre. Pour compenser les effets du vieillissement et contrecarrer les pénuries grandissantes de main-d’œuvre, l’élévation du niveau de formation est indispensable.

    Compter sur le progrès technique pour gérer d’ici la fin du siècle deux milliards de retraités 

    Les deux tiers des enfants chinois vivent encore en milieu rural et ne suivent qu’une formation sommaire. En Inde, deux tiers des 25 à 34 ans n’achèvent pas le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. En Afrique, la situation est encore plus délicate. Quoi qu’il arrive, l’économie mondiale devra faire avec moins de jeunes et compter sur le progrès technique pour gérer d’ici la fin du siècle deux milliards de retraités. L’humanité a grâce aux progrès de la productivité réussi à donner tort à Malthus qui prévoyait le maintien de grandes famines en raison de la progression de la population. Aujourd’hui, elle est menacée non pas d’un excès de bébés mais d’un manque de bébés. Le génie humain parviendra-t-il à relever ce nouveau défi ?

  • Sciences : les turbulences en avion risquent d’augmenter

    Sciences : les turbulences en avion risquent d’augmenter

    Une étude américaine alerte sur le risque d’augmentation des turbulences en avion. Elles avaient déjà augmenté ces dernières années, mais le réchauffement climatique ne va faire que les accentuer.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

    Jet-stream

    Les chercheurs ont pointé du doigt l’augmentation considérable des turbulences au cours des 40 dernières années. Pour quelle raison ? “L’augmentation globale des températures provoque des modifications du jet-stream, un puissant courant de haute altitude. La trajectoire des courants devient ainsi plus sinueuse et plus chaotique, renforçant ainsi la turbulence aérodynamique”, met en avant l’étude.

    Avion décollant de Roissy ©Flickr – Sébastien Lebrigand

    3 fois plus de turbulences ?

    Aussi, les chercheurs insistent également dans l’étude sur la nécessité du secteur de l’aviation à adopter ses méthodes pour contrer au mieux tous ces bouleversements. “Les compagnies aériennes devront commencer à réfléchir à la manière de gérer l’augmentation des turbulences, qui coûtent à l’industrie entre 150 et 500 millions de dollars par an, rien qu’aux Etats-Unis”, explique Mark Prosser, de l’Université de Reading au Guardian. “Nous devrions investir dans des systèmes améliorés de prévision et de détection des turbulences, afin d’éviter que l’air plus agité ne se traduise par des vols plus cahoteux dans les décennies à venir” a ajouté Paul Williams, physicien et coauteur de l’étude, avant de poursuivre : “Les fortes turbulences pourraient doubler, voire tripler dans les décennies à venir”.

  • La France dénonce une campagne russe de désinformation contre une dizaine d’États européens

    La France dénonce une campagne russe de désinformation contre une dizaine d’États européens

    L’autorité française chargée des ingérences numériques étrangères (VIGINUM) a détecté une campagne russe de désinformation visant plusieurs pays européens. Un phénomène « de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation »

    Dans un communiqué diffusé mardi (13 juin), la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a dénoncé « une campagne numérique de manipulation de l’information contre la France impliquant des acteurs russes ».

    En effet, le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (VIGINUM) a annoncé mardi que cette campagne, dite « RRN » a consisté à reproduire et usurper 355 noms de domaine – de médias notamment – dans dix pays européens, dont la France, sur le continent américain et au Moyen-Orient.

    Surveillée depuis plus d’un an par les services de VIGINUM, elle a permis aux auteurs de la manipulation de reprendre l’identité numérique de médias français (dont Le Monde, Le Parisien, Le Figaro) et de sites gouvernementaux et européens afin de diffuser de fausses informations.

    « À partir de la fin du mois de mai 2023, la campagne RRN a connu un développement inédit, puisque c’est l’identité du site web du ministère [français] de l’Europe et des Affaires étrangères qui a été usurpé », détaille VIGINUM.

    « À partir de la fin du mois de mai 2023, la campagne RRN a connu un développement inédit, puisque c’est l’identité du site web du ministère [français] de l’Europe et des Affaires étrangères qui a été usurpé », détaille VIGINUM. [Shutterstock/PHOTOCREO Michal Bednarek]

    Faux comptes sur les réseaux

    En plus de l’usurpation de noms de domaines, les responsables de la campagne de désinformation ont eu recours à de faux comptes sur les réseaux sociaux, dont le but était principalement de diffuser les contenus produits par ces sites fantoches.

    Depuis fin mai 2023, des « bots » (des comptes agissant automatiquement, sans besoin d’une intervention humaine) relaient ces liens en réponse aux publications de médias européens et de personnalités politiques, alerte VIGINUM.

    Les fausses informations diffusées concernent essentiellement des contenus pro-russes et anti-occidentaux liés à la guerre en Ukraine. En particulier, ils ont mis en avant « l’inefficacité supposée des sanctions visant la Russie », la « russophobie » de l’Occident, « la barbarie » des autorités et des armées ukrainiennes, « l’idéologie néo-nazie » des dirigeants ukrainiens et « les effets négatifs qu’entraînerait l’accueil de réfugiés », explique les services de vigilances.

    Quant aux auteurs de cette campagne de désinformation, VIGINUM a « pu identifier l’implication d’individus russes ou russophones ainsi que de plusieurs sociétés russes ». Aussi, des acteurs étatiques russes ou affiliés à l’État ont activement participé à la campagne de désinformation. En particulier, « le réseau diplomatique russe a participé […] à la rediffusion et l’amplification de la campagne RRN depuis le printemps 2022 », peut-on lire dans le rapport.

    L’autorité chargée des ingérences numériques étrangères juge que le phénomène décrit est « de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », en raison de l’ampleur de l’ingérence, de sa coordination et de sa persistance. Par ailleurs, la campagne « demeure toujours active » et son mode opératoire évolue pour contourner les mesures de contre-feu prises par les différents services concernés.

    Dans sa réaction diffusée à la presse, la ministre Catherine Colonna a indiqué que « la France condamne ces agissements indignes d’un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies » — à savoir la Russie.

    « Les autorités françaises travaillent en lien étroit avec leurs partenaires afin de mettre en échec la guerre hybride menée par la Russie », a conclu la ministre.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 15.06.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 15.06.23

    Bonjour à tous, nous sommes déjà le 15 juin et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans l’édition de ce jeudi, on revient sur le coup de gueule du sénateur Ronan Le Gleut, on attaque notre tour des 14 juillet dans le monde et on conclut avec l’abaissement de l’âge légal du permis de conduire en France. 

    L’administration consulaire prise dans une omerta ?

    C’est en tout cas le sentiment de Ronan Le Gleut et de bien d’autres élus des Français de l’étranger. En effet, alors que les scandales, qu’ils soient sexuels, financiers ou autres, se multiplient, malgré la volonté de la direction actuelle de l’administration consulaire de les glisser sous le tapis, le sénateur et président de la fédération des expatriés du parti Les Républicains s’insurge contre l’absence de réponse et l’opacité qui s’est installée au Quai d’Orsay. 

    Ronan Le Gleut
    Ronan Le Gleut

    J-30 avant le 14 juillet

    Chaque semaine, on vous présentera le jeudi un événement organisé par une communauté française. Au programme, New-York, Hong-Kong, Marrakech et on commence aujourd’hui par Amsterdam. Aux Pays-bas, l’Entente des Associations Francophones organise la première édition du Bal Populaire et Marché des Entreprises qui aura lieu le samedi 15 juillet. Une initiative qui permet de combiner plaisirs et coups de pouce aux entrepreneurs français du pays. Si vous êtes dans cette région d’Europe, n’hésitez pas ! Toutes les informations sur le site Lesfrancais.press. 

    Passer son permis de conduire à 17 ans 

    C’est ce que souhaite le gouvernement. Selon des informations de France Info que confirme BFMTV, cette mesure est à l’étude et pourrait être annoncée très rapidement, peut-être dès la semaine prochaine, par la Première ministre Élisabeth Borne elle-même. Mais n’est ce pas une mesure décalée alors qu’en parallèle le gouvernement lutte pour modifier les habitudes de transport ?

    permis de conduire en France

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour la dernière édition de la semaine. 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Ronan Le Gleut : « Il est temps de lever le grand secret qui règne depuis quelques années au sein de ce ministère »

    Ronan Le Gleut : « Il est temps de lever le grand secret qui règne depuis quelques années au sein de ce ministère »

    Avec nous aujourd’hui, le sénateur représentant les Français établis hors de France et président de la fédération des Français de l’étranger du parti « Les Républicains », Ronan Le Gleut. Le parlementaire a dénoncé dans une intervention au Sénat ce qu’il appelle l’omerta qui règne au Quai d’Orsay. Il a accepté de nous en dire plus dans un podcast à découvrir ci-dessous.

    Ecoutez le podcast avec Ronan Le Gleut

    Silence sur les cas de harcèlement

    Depuis la publication d’un arrêté en 2020, il existe un « référent écoute » chargé du recueil et du traitement des cas de harcèlement au sein du Ministère des Affaires étrangères et des administrations qui en dépendent. Cependant, en mars dernier, alors que l’Assemblée des Français de l’étranger désirait entendre ce dernier lors d’une audition, celle-ci a été refusée par le Quai d’Orsay. 

    Une situation qui n’a pas manqué d’étonner le sénateur Ronan Le Gleut, qui a décidé de faire la lumière sur les cas qui auraient pu se présenter et ainsi connaître les procédures et les sanctions qui ont suivi. Dans cette quête, le parlementaire se dit confronté à une omerta. Ainsi, le 6 juin 2023, il a donc logiquement posé la question au gouvernement alors qu’un signalement sur le poste diplomatique de Toronto semble avoir finalement conduit à ce que les personnes ayant signalé le dysfonctionnement soient elles obligées de quitter leur poste.

    Si l’Exécutif lui a répondu, lui assurant que 98% des cas traités ont abouti à une sanction, c’est, selon Ronan Le Gleut, pour prolonger cette omerta.

    « Malheureusement, votre réponse, ne distillant que quelques réponses partielles, révèle une fois de plus l’omerta qui règne au ministère des Affaires étrangères. A Toronto, 4 des 5 agents ayant dénoncé le harcèlement ne sont plus en poste et le cinquième est en arrêt maladie. Mais, circulez, il n’y a rien à voir !« 

    Ronan Le Gleut, sénateur représentant les Français établis hors de France et président de la fédération des Français de l’étranger du parti « Les Républicains »
    Ronan Le Gleut
    Ronan Le Gleut

    Une omerta généralisée ?

    Pour le sénateur Ronan Le Gleut, ce mutisme de l’administration consulaire s’est, malheureusement, étendu à de nombreux pans du fonctionnement de cette dernière.

    Ainsi, il fait référence à une autre anomalie. En effet, une circulaire relative aux relations entre les postes diplomatiques et les Conseillers des Français de l’étranger précise que les parlementaires peuvent avoir accès aux échanges entre les élus et l’administration comme aux procès-verbaux des Conseils consulaires. Pourtant le ministère refuse de les communiquer, un recul net, et ce alors que celle écrite du temps de Philippe Douste-Blazy (2005-2007) sur le même sujet permettait de verser au domaine public ces éléments. De quoi s’interroger sur les raisons qui poussent la direction des Français de l’étranger à s’enfermer dans une telle opacité.

    « Il est temps de lever le grand secret qui règne depuis quelques années au sein de ce ministère pour mettre fin à des situations disparates et parfois inacceptables. Le Parlement a un rôle essentiel dans la bonne marche démocratique de notre pays en assurant le contrôle de l’action gouvernementale et nous allons réfléchir aux moyens que nous offre le règlement du Sénat pour accéder aux informations que le ministère des Affaires étrangères nous refuse.« 

    Ronan Le Gleut, sénateur représentant les Français établis hors de France et président de la fédération des Français de l’étranger du parti « Les Républicains »

    Besoin de transparence

    Y-a-t-il plus à découvrir ? Le cas du Consul de France à Marrakech qui a prêté la résidence officielle à un ami pour organiser des soirées privées, pendant 2 ans, tend à démontrer que beaucoup de situations inacceptables sont cachées à nos parlementaires et aux expatriés. La nomination d’une nouvelle directrice à la tête de l’administration consulaire dans les prochaines semaines, Pauline Carmona (ancienne Consule à San Francisco et actuelle conseillère de la Première ministre), ouvrira-t-elle peut-être une nouvelle ère ?

  • 14 juillet 2023 : Les entrepreneurs français mis à l’honneur à Amsterdam

    14 juillet 2023 : Les entrepreneurs français mis à l’honneur à Amsterdam

    Célébrer la Fête Nationale française en grande pompe à Amsterdam, telle est l’ambition de l’Entente des Associations Francophones, qui regroupe les principales associations francophones aux Pays-Bas.

    Ce samedi 15 juillet 2023, de 17h à 23h, un bal populaire et un marché des entrepreneurs français prendront place simultanément en plein cœur d’Amsterdam. Au programme : une soirée festive et culturelle 100% bleu-blanc-rouge !

    Un événement hybride

    “Chaque année, nous avions pour tradition d’organiser la Fête de la Musique dans une ville hollandaise aux alentours du solstice d’été, vers le 21 juin. À côté de ça, l’ambassadeur de France donne toujours une réception le 14 juillet à l’occasion de la Fête Nationale mais il ne peut malheureusement pas inviter tous les expatriés. Nous avons eu l’idée de créer un nouvel événement unique, ouvert à tous, mettant en avant le savoir-faire français sous toutes ses coutures”, explique Odile Bouineau, présidente de l’Entente des Associations Francophones. Cet été, la Fête de la Musique sera remplacée par la première édition du Bal Populaire et Marché des Entreprises qui aura lieu le samedi 15 juillet à Amsterdam, la ville des Pays-Bas qui compte le plus grand nombre d’habitants français. L’emplacement n’a pas été choisi au hasard puisque ce rassemblement prendra place au sein de l’église wallonne d’Amsterdam, lieu symbolique de l’histoire franco-néerlandaise. Trois cents à quatre cents participants sont attendus.

    Pour le plaisir des yeux et du palais

    À travers une dizaine de stands, les artisans français des Pays-Bas exposeront leurs réalisations. “Les produits de bouche (brioches, champagne…) se trouveront au rez-de chaussée et les productions artisanales non-comestibles (bijoux, créations textiles…) au premier étage”, précise Odile Bouineau. L’ambiance musicale sera assurée par le groupe franco-néerlandais de style gypsy jazz “Pierre et les Optimistes” et les pauses seront animées par l’artiste québécoise DJ Natashka. Monsieur l’ambassadeur S.E.M. François Alabrune se fera un plaisir d’ouvrir le bal. Ça va swinger !

    En pratique

    L’événement “Bal Populaire et Marché des Entreprises” organisé par l’Entente des Associations Francophones aux Pays-Bas en collaboration avec le Consulat de France à Amsterdam se déroulera à l’Église wallonne d’Amsterdam (Walenpleintje, 159) le 15 juillet 2023, de 17h à 23h. Les organisateurs recommandent de s’y rendre via les transports en commun, les vélos et les voitures y étant difficiles à garer. Les places sont limitées, ne tardez pas à réserver vos tickets, disponibles sur le site Internet Eventbrite. Le prix du billet s’élève à 10 euros par personne. L’entrée est gratuite pour les moins de 16 ans.

  • Défections chez Renaissance dans la 8ème circonscription des Français de l’étranger

    Défections chez Renaissance dans la 8ème circonscription des Français de l’étranger

    Lundi, 17 personnes membres du parti Renaissance ont écrit au secrétaire général du mouvement, Stéphane Séjourné pour lui annoncer leur démission collective. 17 personnes, c’est peu, mais cela représente 15% des adhérents du parti présidentiel dans la 8ème circonscription des Français de l’étranger (Méditerranée de l’Est) et surtout parmi ces démissionnaires, il y a Hugues Le Cardinal, un des deux seuls élus locaux, tous pays confondus, de la circo.

    Pourquoi ont-ils décidé de quitter le parti ? Quelle est la réaction de Renaissance ? On a posé les questions aux acteurs concernés.

    « Une déception amoureuse »

    Si dans les personnalités qui ont quitté le parti, il y a Hugues Le Cardinal, on retrouve aussi des acteurs moteurs du mouvement présidentiel dans ces pays. Ainsi à côté de l’élu milanais, on retrouve les animateurs et animatrices des comités « En Marche – Renaissance » de Turquie, d’Israël, de Grèce, etc. Tous sont des Français dévoués à leurs compatriotes à l’étranger qui ont un engagement pour certains vieux de plusieurs années.

    Issus du centre droit comme de la gauche, ils avaient, pour certains, rejoint Emmanuel Macron dès 2016. Mais alors pourquoi quitter ainsi le parti qu’ils ont porté et défendu depuis des années ?

    Manque de considération

    Pour Hugues Le Cardinal et les autres signataires (la lettre est disponible en libre téléchargement en fin d’article), la raison majeure de leur départ, c’est l’opacité et la verticalité du fonctionnement de Renaissance.

    Les démissionnaires reprochent aux instances parisiennes de ne jamais solliciter les militants quant aux décisions qui concernent leur circonscription. Ainsi, le choix de la candidate lors des élections législatives cristallise ce mécontentent. Alors que la participation en Italie progresse à chaque élection, au point de devenir en 2022 et 2023, le premier pays pourvoyeur d’électeurs, Renaissance, comme d’autres partis, continue d’axer l’ensemble de sa stratégie sur Israël. S’il est vrai que 50% des inscrits de la circonscription sont localisés dans ce pays, la faible participation, liée au processus d’intégration des migrants israélites dans ce pays, relative le poids électoral du petit pays à l’extrême Est de la 8ème circonscription.

    « On avait proposé d’axer la stratégie sur l’Italie, le mouvement n’a même pas écouté notre proposition « 

    Hugues Le Cardinal, président du Conseil consulaire de Milan et élu AFE pour la zone

    Déçus des échec à répétition, qu’ils avaient anticipés en proposant dès 2021 une stratégie axée autour d’une candidate, jeune mais issue d’un autre pays qu’Israël, les signataires de la lettre ne comprennent pas que la direction parisienne n’ait même pas voulu échanger avec eux. Comme nous le précise Hugues Le Cardinal, ce n’est pas le choix de la candidate, Deborah Abisror-De Lieme, qui est remis en cause, c’est la méthodologie du parti qui est au coeur des reproches de ces cadres du mouvement présidentiel.

    Un sentiment que partagent d’autres membres de Renaissance, dans d’autres circonscriptions, et qui se retrouve dans l’ensemble, selon Hugues Le Cardinal, des démarches politiques entreprises par le camp d’Emmanuel Macron. Ainsi, malgré des résultats plus que corrects lors de la présidentielle de 2022, la connaissance aiguë des communautés françaises dans ces pays, l’équipe a été exclue des campagnes qui ont suivi.

     » On part car le fonctionnement du mouvement ne correspond pas à notre vision de la poltique. Nous sommes très déçus par l’organisation du parti ! « 

    Hugues Le Cardinal, président du Conseil consulaire de Milan et élu AFE pour la zone

    Un avenir incertain

    Pour ces démissionnaires, l’acte est important car il peut signer la fin de leur engagement politique. Alors que tous sont des bénévoles investis et qui aimeraient en faire plus pour les Français résidant dans leur pays d’accueil.

    « Le but de la politique c’est d’améliorer la vie des gens. C’est un très beau bénévolat ! « 

    Hugues Le Cardinal, président du Conseil consulaire de Milan et élu AFE pour la zone

    Ainsi quand on pose la question de l’avenir à Hugues Le Cardinal, il avoue que le temps est à la « déception amoureuse » et qu’ils n’ont pas encore pris de décision quant à l’avenir de leur engagement. Leur seul espoir c’est que leur démission sera un électrochoc pour la direction de Renaissances et que le fonctionnement de ce parti sera amélioré dans les meilleurs délais. Un voeu qui risque de rester lettre morte !

    Une guerre d’égo ?

    Du côté du parti présidentiel, c’est la candidate aux deux dernières élections législatives, Deborah Abisror-De Lieme, qui nous a répondu. Et le discours n’est pas du tout le même.

    Pour la jeune opposante à Meyer Habib, c’est bien un problème d’égo qui serait à l’origine de ce mouvement de fronde. Pour elle, Hugues Le Cardinal visait l’investiture (ce que l’intéressé dément) dans la 8ème circonscription des Français de l’étranger.

    « On me fait un procès car je suis une jeune femme alors qu’un homme plus âgé voulait l’investiture »

    Deborah Abisror-De Lieme, Secrétaire générale du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale et ancienne candidate aux élections législatives pour la 8ème circonscription des Français de l’étranger.

    Les frondeurs de la circonscription regroupés autour d’Hugues Le Cardinal reprocheraient, toujours sur la candidate, la ligne politique de sa campagne. Celle-ci fut axée sur Israël, dont Deborah Abisror-De Lieme détient aussi la nationalité, et sur un angle plutôt de droite. Une stratégie qu’assume sans complexe l’ancienne candidate, en effet elle nous rappelle que lors de l’élection présidentielle, loin de l’analyse des démissionnaires, Eric Zemmour remporta au premier tour 75% des voix des Français d’Israël. Sa campagne fut donc une réponse, une main tendue, envers nos compatriotes désabusés par la politique française.

    « Si on n’a pas une politique ferme sur certains points, ils se tourneront vers Marine Le Pen en 2027 »

    Deborah Abisror-De Lieme, Secrétaire générale du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale et ancienne candidate aux élections législatives pour la 8ème circonscription des Français de l’étranger.
    Eric Zemmour pendant la campagne présidentielle en 2022 ©AFP/Reuters

    Construire sereinement

    Ainsi pour Deborah Abisror-De Lieme, ces défections ne sont qu’un épiphénomène né d’une rancoeur personnelle. Pour la chef de file de Renaissance dans la 8ème circonscription des Français, ces départs sont en fait une véritable opportunité pour apaiser les sections locales et rentrer dans un travail de construction afin de préparer les militants, les cadres aux prochaines échéances.

    « On est en train de construire dans la sérénité ! « 

    Deborah Abisror-De Lieme, Secrétaire générale du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale et ancienne candidate aux élections législatives pour la 8ème circonscription des Français de l’étranger.

    Télécharger le courrier des démissionnaires

  • Le luxe, tout un art ! 

    Le luxe, tout un art ! 

    Lors de ces trente dernières années, les marques de luxe ont réussi à combiner exclusivité et vulgarisation. Les magasins des grandes marques sont tout à la fois visités par les célébrités, les milliardaires et les touristes de la planète même si dans les faits les uns et les autres ne se croisent pas. 

    Les marques de luxe ont réussi le pari de maintenir leur élitisme tout en se popularisant. Le sac Birkin d’Hermès se vend 450 000 dollars. Il n’est pas possible de le commander sur Internet, ni même dans les boutiques classiques de la marque. Les acheteurs doivent attendre plusieurs mois voire années entre le moment de la commande et sa mise à disposition. Dans le même temps, les boutiques recèlent de produits bien plus accessibles qui permettent, comme avec le sac Birkin, de garantir à Hermès de solides marges. Chanel pratique de même en réservant certains parfums ne faisant l’objet d’aucune publicité à quelques privilégiés tout en rendant relativement accessible une large gamme de produits.

    Le luxe ne connaît pas la crise 

    Avec la crise sanitaire, le secteur du luxe a été ébranlé juste quelques semaines. Les grandes marques ont rapidement décidé de vendre en ligne quand quelques mois auparavant elles s’y refusaient. Après l’épidémie de covid, grâce à l’épargne constituée durant les confinements, les consommateurs se sont rués sur les produits de luxe provoquant une envolée sans précédent des ventes. Le luxe ne connaît pas la crise. L’an dernier, les bénéfices nets de Kering, qui possède des marques de mode telles que Gucci et Balenciaga, ont augmenté de 14 %. Celles de LVMH, propriétaire notamment de Céline, Tiffany ou Louis Vuitton, ont progressé de près de 25 %. LVMH est devenu la première capitalisation européenne avec plus de 500 milliards d’euros. Hermès et Richemont, propriétaire entre autres de Cartier, ont chacun vu les leurs augmenter de plus d’un tiers. Ensemble, les quatre groupes ont engrangé plus de 33 milliards d’euros de bénéfices, sur des revenus combinés d’environ 130 milliards d’euros. 

    L’inflation et les pertes de pouvoir d’achat des ménages peuvent-elles remettre en cause le modèle de croissance du luxe ? Au mois de mai, les craintes d’un tassement des ventes a provoqué un recul de 7 % de la valorisation des entreprises de ce secteur. Celles-ci ne sont pas toutes confrontées de la même façon à la problématique de la hausse des coûts et à la diminution du pouvoir d’achat des ménages. 

    Les marques qui sont à la frontière avec le segment inférieur (ventes haut de gamme mais pas de luxe) sont les plus exposées aux variations de prix. Ralph Lauren ou Armani doivent faire face à de fortes baisses de la demande. Les consommateurs arbitrent avec des marques moins coûteuses et ayant des qualités de production assez proche (Kenzo, Boss ou Paul Smith). En revanche, pour les sociétés présentes dans le très haut de gamme, les ventes ont continué à progresser grâce aux personnes à très hauts revenus.

    5 % des acheteurs assurent plus 40 % des ventes mondiales de luxe 

    Seulement 5 % des acheteurs assurent plus 40 % des ventes mondiales de luxe. Ces vingt dernières années, les marques de luxe ont investi le marché chinois en forte croissance. Celle-ci s’est interrompue avec la covid. Avec la fin de la politique du zéro covid, les marques de luxe ont espéré un rebond qui tarde à survenir. Le tassement de la croissance, les déclarations anti-occidentales des autorités chinoises pèsent sur les résultats de ces marques. Estée Lauder, un producteur de cosmétiques, a réduit ses perspectives pour la région. Burberry, un fabricant britannique de manteaux, a réalisé, en 2022, moins d’un tiers de ses ventes en Chine, contre 40 % avant la pandémie.

    Chanel : un défilé de mode africain à Dakar, au Sénégal  

    Les maisons de luxe cherchent de nouveaux relais de croissance, en particulier en Inde qui enregistre une forte progression du nombre de personnes riches. La forte croissance en Afrique subsaharienne a provoqué l’apparition d’une clientèle aisée qui souhaite accéder sur place aux produits de luxe. Chanel est devenue la première marque de luxe européenne à organiser un défilé de mode africain à Dakar, au Sénégal. 

    Décembre 2022 ©Chanel

    Le secteur du luxe se mondialise et essaie de contourner les problèmes géopolitiques. L’essor du secteur du luxe constitue une aubaine pour la France qui dispose, avec l’Italie, du plus grand portefeuille de marques dans ce domaine. Plus d’un million d’emplois directs et indirects dépendent de ce secteur. Plusieurs milliers d’emplois devraient y être créés en 2023. Les exportations de produits de luxe représentent plus de 50 milliards d’euros et contribuent à atténuer l’important déficit commercial, plus de 150 milliards d’euros en 2022.

  • En régulant les cryptoactifs, l’Europe prend une longueur d’avance sur les États-Unis

    En régulant les cryptoactifs, l’Europe prend une longueur d’avance sur les États-Unis

    Le monde des cryptoactifs a longtemps été allergique à toute forme de contrôle. Pourtant, les règles fixées récemment par l’UE sont aujourd’hui saluées par certains de ses acteurs comme « un argument de vente pour l’Europe », qui a pris une longueur d’avance sur les États-Unis.

    En avril, les députés européens ont adopté à une large majorité un règlement appelé Mica (Markets in Crypto-assets) afin de lutter contre les activités illicites et le blanchiment d’argent et protéger les consommateurs qui ont perdu beaucoup d’argent dans les faillites qui ont secoué le secteur.

    « Mica amène de la clarté », se félicite Jérôme Bailly, le vice-président de l’Association de la crypto-vallée, un organisme qui représente les intérêts du secteur en Suisse.

    « On n’est plus à cette époque où c’était le Far West. Ce que tout le monde veut dans le secteur, c’est des règles du jeu », assure-t-il lors d’un entretien avec l’AFP en marge d’une conférence dans le canton suisse de Zoug, surnommé la crypto-vallée tant les start-up du secteur ont été nombreuses à s’y installer.

    « Tout le monde a hurlé contre Mica au début », reconnaît-il, « et finalement, cela devient un argument de vente pour l’Europe », car ces règles fixent un cadre « clair » pour les entreprises, qui leur permet d’organiser leurs activités.

    Selon lui, ces règles vont faire émerger un « bloc européen »« qui va se renforcer très vite », entraînant avec lui le Royaume Uni et la Suisse, qui va cesser d’être « un îlot » réglementé.

    Close,Up,Golden,Coin,With,Bitcoin,Symbol,,Bitcoin,Is,One [Nor Gal / Shutterstock]

    Mauvais signal

    En revanche, « les signaux venant des États-Unis sont clairement négatifs », prévient-il.

    Les entreprises américaines du secteur sont fragilisées par les faillites bancaires de Signature Bank, de Silvergate et de la Silicon Valley Bank, auprès desquelles beaucoup se finançaient.

    De plus, les États-Unis ont durci le ton depuis la faillite des plateformes FTX et Genesis, assignant en justice Binance, la plus importante plateforme d’échanges de cryptomonnaies au monde, ainsi que sa concurrente Coinbase.

    En février, l’entreprise californienne Kraken s’était déjà vu infliger une lourde amende pour ne pas avoir enregistré un de ses services auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine.

    Le « flou » réglementaire ajoute une difficulté supplémentaire, note M. Bailly. Un vaste débat agite les États-Unis quant à savoir quelle autorité doit superviser les cryptoactifs.

    « Nous voyons beaucoup d’entreprises fuir les États-Unis », observe Thomas Nägeli, avocat à Vaduz, au Liechtenstein, qui a fondé son propre cabinet. Et celles basées en Europe se tiennent de plus en plus à l’écart, faute de savoir à quel régulateur s’en remettre tant que le débat n’est pas tranché.

    « Elles n’obtiennent pas de réponses claires et ont peur d’être poursuivies en justice », explique cet avocat qui épaule les entreprises de cryptoactifs. Or « un entrepreneur » ne se lance pas « en commençant par calculer des décennies de litiges potentiels dans son budget », argumente-t-il, les start-up préférant donc éviter ce marché dans l’immédiat.

    « Même si l’Europe marque des points pour l’instant, l’Amérique reste le plus gros marché », nuance cet avocat qui espère que les États-Unis prennent rapidement une décision.

    Fin mai, Peter Smith, le patron de la plateforme luxembourgeoise BlockChain.com a fustigé l’attitude « ouvertement négative » des régulateurs américains, prévenant que des « milliers de personnes incroyablement talentueuses » risquaient de s’installer dans des pays plus ouverts aux cryptoactifs, comme la France, le Portugal, le Royaume Uni, les Emirats arabes unis, Singapour ou Hong Kong.

    Les critiques se sont multipliées, mais Martin Hiesboeck, directeur de la recherche de la plateforme d’échange Uphold, y voit surtout une façon de « mettre la pression » sur les régulateurs américains. « Personne ne veut vraiment quitter l’Amérique », a-t-il déclaré à l’AFP, tant ce marché est incontournable.

    Le 2 juin, des élus Républicains ont publié une proposition de loi de 160 pages, ce qui, espère-t-il, va ouvrir le débat avec les Démocrates pour réguler le secteur.

    « L’Amérique prend parfois plus longtemps, mais lorsqu’elle se décide à réguler, elle revient à pleine vapeur », assure-t-il.

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