Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Russie: le responsable associatif Alexis Tarrade quitte Les Républicains

    La section Les Républicains de Russie traverse une zone de turbulence ! Alexis Tarrade, président de la section LR pour la Russie et la Biélorussie, a en effet annoncé son départ de la formation de droite.

    Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l’élu a annoncé que « la ligne directrice et la politique menées par le parti Les Républicains ne correspondent plus aux valeurs qui sont les miennes et pour lesquelles je me suis engagé ».

    Ne pas rester pour rester

    Contacté par notre rédaction, il a indiqué qu’il a réfléchi à cette décision à plusieurs reprises et indique ne pas vouloir «rester pour rester ». Il est notamment opposé au vote favorable à la PMA par le groupe LR au Sénat et regretter le manque de clarté du parti face à la question des relations avec la Russie. Il a notamment, sans succès, plaidé pour un dialogue avec Russie Unie, le parti soutenant Vladimir Poutine.

    Alexis Tarrade

    Concernant la réforme des retraites, il nous a également indiqué que cela ne correspondait plus, selon lui, à la société actuelle et ce malgré le fait que le candidat de la droite et du centre François Fillon proposait aussi un projet en ce sens.

    « Est-ce que tout ce que proposait François Fillon était une bonne chose ? » s’interroge-t-il.

    Un temps président de l’UFE Russie dont il a été ecarté politiquement lors d’une période de grande tensionavant, depuis, de se réconcilier avec la direction nationale, Alexis Tarrade est conscient du fait que le départ de très nombreux militants LR s’est fait dans deux directions : vers LREM pour les plus modérés, vers le Rassemblement National pour d’autres.

    Ni chez LREM, ni au RN

    L’UFE Russie procèdera ce dimanche à l’élection de son nouveau président, et M. Tarrade est candidat malgré sa décision. Une manière de dissocier associations et formations politiques. Il compte passer outre les formations politiques et en particulier Les Républicains pour se faire réélire le 17 mai .

    Dans un territoire qui a élu une députée LREM mais qui fait partie des rares pays où les Français de l’étranger accordent un nombre important de voix à Marine Le Pen, quelle est la place des républicains et quelle serait la place à l’avenir de M. Tarrade ? Ni chez LREM, ni au RN nous a-t-il indiqué. « L’OPA indolore » de son ancienne formation politique par LREM qu’il perçoit et l’exclusion de Thierry Mariani, anciennement député dans la circonscription et désormais député européen du RN, semblent l’avoir vacciné d’un étiquetage de quelque sorte que ce soit. Sans pour autant renier l’UFE, qui en Russie est relativement importante au sein de la communauté.

  • Le sort du Green Deal suspendu au vote du budget européen

    La présidente de la Commission européenne a prévenu que le « Green deal » se solderait par un échec si les États membres refusaient d’octroyer des fonds suffisants aux régions et aux travailleurs touchés par la transition climatique.

    Face aux parlementaires européens réunis en séance plénière, Ursula von der Leyen a plaidé, le 12 février, en faveur d’un cadre financier pluriannuel (CFP) ambitieux.

    En jeu, le financement des politiques traditionnelles de l’UE, comme la politique agricole commune (PAC) ou la politique de cohésion, mais aussi celui de nouvelles priorités, telles que la transformation numérique ou la défense.

    La présidente de la Commission a mis l’accent sur le Green deal, qu’elle décrit comme la nouvelle stratégie de croissance de l’Europe.

    Elle a prévenu les eurodéputés qu’elle « n’accepterait pas » une feuille de route qui ne garantirait pas l’octroi d’au moins 25 % des fonds disponibles à la lutte contre le réchauffement climatique et à la dotation du Fonds de transition juste.

    La Commission a proposé la création du Fonds de transition juste afin de soutenir les régions et les travailleurs pénalisés par la conversion à une économie plus durable et moins polluante.

    Dans le cadre de son « Green deal », l’Europe entend devenir la première région du monde à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

    « Si nous ne mettons pas de côté les fonds nécessaires pour soutenir les régions et les travailleurs les plus exposés aux conséquences économiques du changement climatique, nous allons tout bonnement échouer et l’Europe ne deviendra pas climatiquement neutre », a prévenu Ursula von der Leyen.

    Ses avertissements précèdent le Conseil européen du 20 février. À cette occasion, les dirigeants de l’UE tenteront d’aplanir leurs divergences sur le CFP, le budget à long terme de l’UE pour la période 2021-27.

    Les États membres campent sur leurs positions au sujet du volume budgétaire global et des priorités qui devront être financées.

    Des sources et des diplomates de l’UE ont fait savoir à Euractiv que le chiffre discuté entre les capitales s’approchait d’un plafond de quelque 1 087 milliards d’euros en prix constants de 2018 (soit 1,07 % du RNB européen). Cela correspond à la proposition avancée par la Finlande, lorsque celle-ci assurait la présidence tournante de l’Union.

    Mais selon certaines sources de l’UE, le président du Conseil européen, Charles Michel, n’a pas encore décidé quelle proposition il présenterait au sommet du 20 février.

    Les dissensions sont telles entre les capitales que les sources consultées ne croient guère à la conclusion d’un accord lors du sommet.

    Selon un fonctionnaire de l’UE, certains évoquent déjà la possibilité d’organiser un nouveau sommet extraordinaire en avril.

    Un groupe de 17 pays, qui se présente comme « les amis de la cohésion », tente de faire barrage aux coupes drastiques que les contributeurs nets au budget, dont l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark (« les quatre frugaux »), veulent imposer pour ramener le budget à 1 % du revenu national brut (RNB) européen.

    Ursula von der Leyen a enjoint tout le monde à conclure un accord « dans un avenir proche » et a signalé aux États membres qu’ils devaient « être prêts à trouver un terrain d’entente » et à établir un juste équilibre entre les anciennes et les nouvelles priorités.

    « Les citoyens ne comprendront pas si les dirigeants ne parviennent pas à mettre à disposition les fonds nécessaires pour les politiques requises », a-t-elle ajouté.

    Les eurodéputés ont en grande majorité soutenu l’appel de la présidente de la Commission en faveur d’un budget ambitieux, qui permettra de financer la longue liste des priorités européennes.

    Il faut dire que la proposition du Parlement pour le CFP était déjà plus élevée que le projet avancé par la Commission. L’exécutif européen avait proposé de consacrer 1,11 % du RNB européen à la feuille de route, alors que les députés européens militaient pour un effort financier atteignant 1,3 % du revenu national brut.

  • Le Nigéria demande le report de la fin du Franc CFA

    Nouvelle étape dans la guerre de tranchées amorcée il y a plusieurs semaines quant à l’adoption d’une future monnaie unique par les États d’Afrique de l’Ouest.

    Après une première réaction, mi-janvier, des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMAO), qui ont dénoncé la décision “unilatérale” de renommer le CFA en “eco”, le Nigeria réitère. “La position du Nigeria sur l’eco est que les critères de convergence (entre États) n’ont pas été atteints par la majorité des pays” devant adopter cette monnaie commune, a indiqué la présidence nigériane sur son compte Twitter dans l’après-midi du lundi 10 février. Et d’ajouter : “Il doit par conséquent y avoir un report du lancement de la monnaie unique”.

    La sortie nigériane de ce lundi s’annonce comme un avant-goût de la future réunion des ministres pays anglophones qui, selon les informations de Jeune Afrique, devrait se tenir vendredi 14 février à Freetown, en Sierra Leone.

    Critères de convergence

    Les quinze pays membres de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), dont le Nigeria est membre, avaient indiqué l’an dernier qu’ils souhaitaient lancer l’eco en 2020, après bientôt quarante ans de débats. Mais fin décembre, huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest, qui utilisent le franc CFA, avaient annoncé leur décision de remplacer leur monnaie commune par l’eco et de distendre ainsi les liens très controversés avec la France, l’ancienne puissance coloniale, qui accueillait notamment la moitié de leurs réserves de changes en échange de la convertibilité du CFA avec l’euro.

    L’annonce surprise avait été faite par le président ivoirien, Alassane Ouattara, lors d’une visite de son homologue français, Emmanuel Macron, au lendemain d’un sommet de la Cedeao qui avait encouragé les efforts visant à mettre en place une monnaie unique ouest-africaine d’ici à juillet.

    Le Nigeria et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment anglophones, avaient en effet trois semaines plus tard dénoncé cette décision, affirmant qu’elle n’était “pas conforme” au programme adopté récemment par l’ensemble de la région pour mettre en place une monnaie unique. Pour ces pays non CFA, il n’est pas envisageable que le nom “eco” soit associé à une monnaie qui ne remplit pas les critères retenus par tous à Abuja en juin 2019. Ce que rappelle le tweet du 10 février.

  • La société de surveillance généralisée

    La bataille de l’information et celle du contrôle des opinions ne datent pas d’Internet. Louis XIV et Colbert créèrent l’Académie française notamment pour remercier les « bons auteurs ». Bonaparte rédigeait pendant les batailles les comptes rendus qui étaient envoyés aux quotidiens pour être publiés au plus vite. La censure a été pratiquée de tout temps.

    Avec la radio et la télévision, les moyens d’influence et de manipulation ont pris de nouvelles formes. Les pouvoirs publics ont longtemps encadré la création de ces médias et ont pesé de différentes manières sur leurs contenus. Les années 70 et 80 ont été marquées par une libéralisation de ces deux supports. Le contrôle est devenu plus indirect, moins visible, financier et moral.

    L’émergence d’Internet et des outils numériques a modifié en profondeur l’univers de la communication. Ce nouveau moyen de communication transfrontalier qui autorise en temps réel des échanges de données remettait en cause la verticalité des dictatures. De nombreux États ont mis en place des dispositifs pour empêcher l’accès à certains sites voire à Internet.

    Internet, Etats manipulateurs

    Internet donne également de nouveaux moyens de manipuler et influencer. En 2017, plus de la moitié des États se seraient dotés d’officines publiques ou privées afin de diffuser et de faire circuler des informations plus ou moins exactes sur les réseaux sociaux et sur les sites Internet. La plus connue des officines est l’Internet Research Agency d’obédience russe qui a été accusée d’avoir joué un rôle durant la campagne présidentielle américaine de 2016.

    En Turquie, le pouvoir aurait embauché 6 000 personnes afin de diffuser de l’information en ligne. Les gouvernements utilisent les automates pour surveiller et diffuser de l’information. La moitié du trafic serait dû au travail des automates. Une part non négligeable des 71,1 millions de «suiveurs» de Donald Trump sur Twitter serait des automates. Au Mexique, le Gouvernement disposerait de 75 000 comptes pour délivrer de l’information. En Chine, l’État serait, directement ou indirectement, responsable de la publication de 500 millions d’informations par an. En Thaïlande, 100 000 étudiants en ayant recours à des logiciels dédiés surveillent tous les propos jugés négatifs à l’encontre de la monarchie.

    Les informations fausses ont un pouvoir d’influence plus élevé que les vraies

    Le taux de pénétration des messages est impressionnant. Ainsi, grâce à des algorithmes pointus et de bonnes portes d’entrée, 126 millions d’Américains auraient lu au moins une fois, en 2016, un des messages émanant des officines russes sur Facebook. Twitter évalue que 1,4 million de tweets issus d’une même source ont été consultés par 288 millions d’Américains.

    L’industrie de la « fake news » est florissante. Selon une étude du MIT, les informations fausses ont un pouvoir d’influence plus élevé que les vraies. Elles seraient rediffusées 70 % plus souvent donnant raison à Talleyrand «En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai ». Entre l’information et la fiction, les frontières sont poreuses. Le terme de «docufiction » en est la preuve.

    Au-delà de l’information, les pouvoirs publics se sont dotés de moyens techniques pour assurer la sécurité intérieure et extérieure des États. L’informatique, l’intelligence artificielle ont abouti à l’élaboration d’outils de récupération et d’analyses de données sans précédent. Utilisées à des fins commerciales, ces dernières peuvent également servir à contrôler les citoyens.

    Le logiciel américain « Prism », capture toutes les données liées à un numéro de téléphone ou à une adresse électronique (adresse mail, comptes sur les réseaux). Le logiciel établit une cartographie des contacts, des liens, des sujets de discussion en explorant les boites mail, les données sur les réseaux sociaux et les échanges sur les messageries directe. Prism peut suivre des personnes ciblées. Initialement, seules des personnes situées à l’extérieur aux États-Unis pouvaient être visées.

    Le logiciel « Dishfire » permet au contraire de retrouver une personne dans une masse de données. Plus de 160 millions de SMS seraient analysés chaque jour. « Dishfire » est également capable de suivre les transactions financières et d’agréger des données en provenance des comptes bancaires.

    Le logiciel « Prefer » est capable de déterminer les passages de frontières en jouant sur les échanges de données générés par les itinérances des téléphones portables. Avec son système appelé « Mystic », la NSA, service de sécurité américain, a la capacité de capturer 100 % du trafic téléphonique d’un pays, d’une ville ou d’un quartier. L’existence de ce programme fut révélée le 18 mars 2014 par Le Washington Post, sur la base des documents divulgués par Edward Snowden. Les entreprises du Digital collaborent avec les services de sécurité en garantissant des accès à leurs bases.

    Ainsi, la NSA a reçu l’accord de Microsoft, de Yahoo, de Google ou de Facebook pour accéder à leurs clients. Les GAFA coopèrent avec la NSA sur les questions de cryptage et de décryptage.

    11 septembre 2001, une rupture en matière de traitement des données

    La guerre contre le terrorisme à partir de 2001 s’est accompagnée du développement de techniques de surveillance numérique poussées, techniques qui ont été autorisées par les Parlements et les Cours suprêmes des différents pays. Ainsi, en 2008, la Cour Suprême a autorisé la collecte de données privées aux États-Unis. L’autorisation de la Cour a été accordée sous réserve que plus de la moitié des informations collectées concernent des informations internationales pouvant mettre en danger la sécurité de la nation.

    Les documents révélés par Edward Snowden ont démontré que la NSA avaient collecté les adresses IP de dizaines de millions de personnes et l’ensemble des informations qui y sont attachées. Fin 2016, au Royaume-Uni, une loi permet aux autorités d’intercepter sur tous les supports électroniques des données. En 2015, le Parlement français a permis également à l’exécutif le recueil de données dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et afin de sortir de l’état d’urgence.

    Durant la Guerre froide avec l’URSS, les pays occidentaux n’avaient pas durci leur arsenal répressif. Aux États-Unis, il y avait eu néanmoins quelques excès avec la chasse aux sorcières en particulier dans le secteur de la communication et du cinéma. La proximité de la Seconde Guerre mondiale et la réputation liberticide du régime soviétique constituaient d’utiles garde-fous. Après le 11 septembre 2001, face à un ennemi plus insaisissable, les gouvernements ont utilisé les nouveaux moyens techniques qu’offre le digital, approuvés en cela par une opinion apeurée. Par rapport aux années 70, la rupture est nette. La constitution de fichiers, les atteintes au droit d’association, l’accès aux documents publics constituaient des sujets majeurs du débat public. Ces sujets ont débouché sur de grandes lois et sur la création de plusieurs autorités administratives indépendantes en France comme dans les autres pays de l’OCDE (par exemple, la CNIL pour les fichiers et la CADA pour les documents administratifs).

    Le suivi informatique, les drones permettent des attaques chirurgicales.

    Les exécutions d’État sont de plus en plus fréquentes et cela sans déclaration de guerre. Ainsi, de 2008 à 2016, les autorités américaines ont procédé à l’assassinat de plus de 3 500 personnes jugées responsables d’actes terroristes à l’encontre des États-Unis et de ses alliés. Les armées des différents pays développent des techniques pour paralyser les communications et les liaisons informatiques afin de bloquer un pays voire de pouvoir pratiquer des dommages de grande ampleur (prise de contrôle de centrales électriques, des établissements financiers, etc.).

    Internet, le digital et l’intelligence artificielle ont des conséquences majeures sur les libertés publiques. L’aversion aux risques importante des populations et l’apparition de nouvelles menaces ont conduit les gouvernements à utiliser des techniques de renseignement qui auraient, sans nul doute, été dénoncées il y a trente ou quarante ans.

    Les réactions de l’opinion face aux différentes utilisations de données privées par les gouvernements, les sociétés du digital, ont certes été réelles mais assez temporaires et n’ont pas donné lieu à une véritable remise en cause des pratiques si l’on excepte l’adoption en Europe de la directive instituant le RGPD.

    La confirmation que les services américains écoutaient les conversations des Présidents français ou de la Chancelière allemande ne s’est pas traduit par une crise diplomatique majeure. La sensibilité des opinions sur ce sujet est pour le moment assez faible malgré quelques lanceurs d’alerte.

  • Chômage en France, retour au niveau d’avant la crise de 2008

    Selon les données diffusées, jeudi 13 février, par l’Insee, le taux de chômage a diminué de 0,4 point au dernier trimestre 2019 (de 0,7 point en douze mois), pour atteindre 8,1 % sur l’ensemble du territoire – outre-mer compris, à l’exception de Mayotte. C’est son plus bas niveau depuis fin 2008, mais il reste supérieur à la moyenne des pays occidentaux.

    Allocataires de l’assurance chômage en baisse

    Autre évolution encourageante : la proportion de personnes qui occupent un poste poursuit son ascension, se situant désormais à près de 66 % chez les 15-64 ans (+ 0,4 point en un an, avec un bond encore plus net chez les seniors). La qualité de l’emploi demeure également bonne puisque la part de titulaires d’un CDI remonte au même seuil qu’il y a douze mois (à 49,3 %). Quant aux individus en situation de sous-emploi (c’est-à-dire qui aimeraient effectuer un plus grand nombre d’heures), ils sont relativement moins nombreux (– 0,5 point en un an).

    Ces résultats sont imputables à la situation favorable qui continue de prévaloir sur le marché du travail. Au cours des trois derniers mois de 2019, l’emploi salarié dans le secteur privé s’est accru de 0,2 %.

     Sur l’ensemble de l’année 2019, le nombre de personnes employées dans les entreprises a augmenté de 210 000 (soit + 1,1 %). La dynamique fut donc bien meilleure en 2019 par rapport à l’exercice précédent (+ 163 000, en valeur absolue, en 2018), mais elle s’avère nettement moins éclatante que celle relevée en 2017 (+ 329 700). Dans ce faisceau de tendances flatteuses, deux faits, au moins, méritent d’être signalés : l’industrie, qui ne cessait de s’étioler depuis le début des années 2000, a vu ses effectifs s’étoffer légèrement, de janvier à décembre 2019, avec 7 900 créations nettes de postes, et le secteur de la construction a confirmé qu’il avait retrouvé des couleurs (+ 42 200).

    Les mesures d’allègement du coût du travail, notamment pour les personnes les moins qualifiées ; l’assouplissement des règles encadrant la relation entre travailleurs et employeurs, qui réduit la peur de l’embauche ; le développement de l’apprentissage et gros efforts en matière de formation continue pour les personnes éloignées du monde de l’entreprise, sont à mettre au crédit du gouvernement.

    Mais le nombre de personnes sans emploi augmente tout de même

    L’autre raison c’est l’exclusion des statistiques de toutes les personnes désireuses de retrouver une activité sans pour autant être considérées comme chômeuses car ne remplissant pas certaines conditions (par exemple effectuer des recherches assidues pour décrocher un poste). C’est que l’Insee appelle pudiquement le halo du chômage. Et là « Leur nombre augmente de 59.000 entre les troisième et quatrième trimestres 2019 », souligne l’Insee. Pas moins de 1,7 million de personnes étaient dans cette situation en fin d’année dernière. Pour l’ensemble des personnes entre 15 et 64 ans, il progresse de 0,2 point sur l’ensemble de l’année et atteint 4 %. « Son plus haut niveau depuis 2003 », souligne l’Insee…

  • Expatriés en Amérique du Sud : quels risques ? Panorama après l’agression d’un français sur le chemin de la Boulangerie !

    Un Français a été blessé par des voyous, ce lundi matin (10), à Copacabana, dans la zone sud de Rio, lors d’une tentative de braquage. Selon la police, vers 5h30, Maurice Pacôme Valere, 47 ans, est sorti de la maison pour acheter du pain et a été attaqué par deux adolescents. Alors qu’il est installé avec sa femme et ses deux enfants depuis 15 ans à Rio, c’est la première fois selon son épouse que son mari subit une tentative de vol

    Blessé au bras gauche par une lame, notre compatriote a marché pour demander de l’aide, mais a fini par s’effondre à l’entrée de la station de métro Cardinal Arcoverde. La police a fait des recherches dans la région pour retrouver ces deux mineurs., un de 13 et 14 ans, soupçonnés d’être impliqués dans le crime ont été déférés à la 12ème DHP (Copacabana), où l’affaire sera enregistrée.

    L’ Amérique du sud a une réputation de continents de tous les dangers, presque autant que le coeur de l’Afrique. Et ce n’est pas le rapport publié par le « Latin Business Chronicle » chaque année qui le démentira. Dans cette étude qui repose sur plusieurs analyses statistiques, le Vénézuela et Haiti sont considérés comme les pays les plus dangereux pour les expatriés.

    Petits tours des risques rencontrés par nombre d’expatriés français en Amérique du sud et Caraïbes. Aujourd’hui, la population française sur ce continent flirte avec les 100 000.

    Les risques de sécurité au Vénézuela

    Types de risque : violence, délinquance.
    C’est actuellement le pays le plus « risqué » d’Amérique du sud pour les expatriés, avec 19.000 homicides recensés en 2009 sur le territoire. Le MAE appelle à la plus grande vigilance pour les déplacements dans les zones suivantes : Cumana (Paria et Araya), la péninsule de Paraguana, au nord de la ville de Coro, l’entrée de la lagune de Maracaïbo, l’île de Margarita, l’île de Los Testigos. Prudence également pour les déplacements dans les quartiers Ouest et Centre de la capitale Caracas, de loin la ville la plus dangereuse du pays.
    Contact ambassade de France à Caracas : (0212) 909.65.00.

     

    Les risques de sécurité en Colombie

    Types de risque : violence/criminalité/séisme.
    Du point de vue de la criminalité, les expatriés/voyageurs doivent être particulièrement vigilants dans les zones suivantes : quartiers est de Bogota, quartiers nord et ouest de Medellin, la ville de Cali, Carthagène, Santa Marta et Leticia. Le MAE indique que les incidents surviennent surtout la nuit tombée. Il recommande par ailleurs d’éviter tout déplacement dans les zones rurales (en raison de l’activité des mouvements de guérillas) de : Bolivar, la Guajira, Cauca, Huila, Caqueta, Guaviare, Magdalena, Valle del Cauca, Choco, Meta, Cordoba, Sucre, Cesar, Putumayo, l’Arauca, Nariño et Norte Santander, ainsi que le nord-est du Boyaca et les municipalités périphériques de l’Antioquia.
    Contact de l’ambassade de France à Bogota (urgence) : tel : (57.1) 638 15 64.

     

    Les risques de sécurité au Pérou

    Types de risques : vols, agressions, risques sismiques et climatiques
    La criminalité est assez élevée dans les villes de Lima, Arequipa (enlèvements) et Cusco, plus particulièrement la nuit. Le MAE déconseille formellement les déplacements dans la vallée de l’Ene et de l’Apurimac et dans les régions d’Ayacucho et de Junin (narcotrafic).
    Contact de l’ambassade de France à Lima. Tel : 215.84.00 (24/24)

     

    Les risques de sécurité en Bolivie

    Types de risque : enlèvement, violence, infrastructure routière, risque naturel.
    Le MAE recommande d’éviter la ville de Copacabana, située au bord du lac Titicaca à la frontière entre le Pérou et la Bolivie. Il conseille par ailleurs aux voyageurs de privilégier les voyages par des compagnies de bus régulières pour les déplacements à l’intérieur du pays (notamment pour visiter le désert du Salar d’Uyuni).
    Assistance de l’ambassade de France (La Paz) tel : 214.99.00 ou 775.93.158

     

    Les risques de sécurité au Mexique


    Types de risque : délinquance, enlèvement, cyclone, séisme
    Le MAE signale une recrudescence des faits de délinquance à l’aéroport de Mexico. Outre Mexico, il invite à la prudence dans les villes comme Tijuana (Basse-Californie du nord), Ciudad Juarez, Chihuahua (Etat de Chihuahua), dans l’Etat du Michoacan, dans l’Etat du Nuevo Leon ainsi qu’à la frontière avec l’Etat du Tamaulipas (nord-est). Il signale également une poussée de violence dans la ville de Monterrey et son agglomération (Université), dans l’Etat du Nuevo Leon.

    Permanences consulaires : Tel: 00.52.55.91.71.97.07, Cellulaire: 00.52.1.55.54.06.86.64.

     

    Les risques de sécurité au Honduras

    Types de risque : enlèvement, violence, cyclones
    Le MAE signale une recrudescence de faits de violence (agression, enlèvement, extorsion) dans différentes régions et villes du Honduras, et notamment : les départements du nord (Cortès, Atlantida et Colon), notamment la ville de San Pedro Sula et le département de Copán ainsi que Tegucigalpa.
    Ambassade de France à Tegucigalpa, Numéro d’urgence (24h/24) : (504) 999.261.56

  • En plein Paris, l’agriculture bio s’empare des parkings en jachère

    À Paris comme dans beaucoup de villes européennes, le nombre de voitures recule, laissant vides d’immenses parkings souterrains. Cycloponics reconquiert ces territoires urbains à grand renfort de légumes bio.

    Faire pousser 200 kilos de légumes bio tous les jours pour livrer les épiceries locales dans Paris intra-muros est un sacré défi. C’est ce que font Jean-Noël Gertz et Théo Champagnat à « La Caverne », une ferme urbaine de 3500 m2 installée à la porte de la Chapelle depuis 2017. Mais sous terre, dans un ancien parking.

    C’est à Strasbourg que le jeune homme a eu l’idée d’utiliser les sous-sols. « Il y a des bunkers partout, j’ai commencé avec un local de 150 m2 là-bas. Mais les Strasbourgeois  étaient un peu réticents à l’idée d’abandonner leurs parkings ! » explique Jean-Noël Gertz, un des deux fondateurs de Cycloponics. Avec son associé, ils ont donc répondu à un appel d’offres parisien : celui d’une cité, dont les parkings vides étaient squattés par consommateurs et dealers de cracks. Voici maintenant plus de deux ans que le bio a remplacé le crack, avec à la clé une quinzaine d’emplois.

    Un climat d’automne toute l’année

    Un projet rendu possible par les compétences bien spécifiques des deux fondateurs : Jean-Noël Gertz est thermicien de formation, tandis que son associé est ingénieur agronome. « Il faut des conditions de températures très précises pour contrôler les maladies et faire pousser  des légumes bio. Donc dans un parking,  c’est surtout du génie climatique. Il faut reproduire l’automne en permanence : beaucoup d’humidité, mais aussi une ventilation renforcée », explique le jeune homme en montrant des séries de tuyaux d’aération ajoutés au deuxième sous-sol de la « caverne », où s’épanouissent pleurotes et shiitake, en hauteur et en rang d’oignons.

    Des petits paquets de paille hydrosoluble, stérilisés et emballés sont accrochés du sol au plafond, et les champignons poussent au travers de petits trous. Tout est calculé pour que les légumes aient une croissance optimale : l’air est saturé d’humidité, les endives poussent dans le noir, les champignons ont droit à quelques lumières LED. Mais le parking présente des avantages certains par rapport aux cavités calcaires habituellement utilisées pour faire pousser les champignons : celle du contrôle permanent et précis de la météo, et d’une meilleure stabilité thermique. C’est d’ailleurs pour cela que les légumes poussent non pas au premier, mais au deuxième sous-sol du parking, où la température est stable, en cas de canicule ou de grand froid.

    L’agriculture en parking permet aussi de mieux résister à la crise climatique : les parasites et autres insectes sont plutôt rares en sous-sol, même si les tubercules des endives et la paille achetés à l’extérieur peuvent aussi être des vecteurs de maladies, comme la sclérotinia qui a détruit une partie de la récolte d’endives cette année. Autre avantage des légumes cultivés en ville : ne respirant pas de la même façon, ils ne sont pas sensibles aux micro-particules comme les animaux.

    Des parkings inutilisés partout en Europe

    La société Cycloponics est aussi une des rares start-up parisienne à avoir plutôt trop de place que pas assez. Elle accueille donc d’autres structures dans ses immenses locaux, comme ce poissonnier norvégien et ses aquariums d’oursins péchés à la main en Arctique, ou d’autres projets qui font aussi pousser des végétaux en hydroponie.

    Elle vient aussi de remporter des appels à projets pour deux autres grands parkings dans le XIXe. « Dans Paris, comme dans beaucoup de capitales européennes, les gens n’ont plus de voiture, il y a trop de parkings, surtout dans les arrondissements les plus pauvres. Mais on a aussi visité des parkings inutilisés sur les Champs-Elysée, ce serait possible d’y faire quelque chose ! » assure l’entrepreneur.

    Son projet a de fait déjà suscité de l’intérêt d’autres capitales européennes, mais pour l’instant Cycloponics, qui est en train de lever 500 000 euros sur la plate-forme d’investissement responsable Lita, vise plutôt Bordeaux et Lyon pour son expansion, toujours pour faire des champignons et des endives bio.

    « On ferait bien d’autres choses, mais le règlement bio est strict. Et certains pays le défendent, comme l’Espagne qui ne veut absolument pas que les Pays-Bas puissent cultiver des fraises par exemple » souligne l’entrepreneur.

    À l’exception d’une aide au lancement pour jeunes agriculteurs, l’exploitation agricole ne reçoit aucune aide de la Politique agricole commune, qu’elle ringardise singulièrement, tout en appliquant à la lettre sa nouvelle stratégie « de la ferme à la fourchette » : difficile de faire plus près des consommateurs qu’en s’installant sous leurs pieds. L’entreprise livre chaque jour les épiceries bio, notamment grâce à une flotte de 20 vélos cargos.

    Un marché qui lui permet aussi de bénéficier de prix supérieurs, notamment grâce au réseau Biocoop qui propose une prime aux productions locales. Une prime qui est aussi le secret alors que la France a vu le nombre d’endiviers passer de 4000 endiviers à moins de 500 en vingt ans, et de 300 champignonnières à moins de 30.

  • L’économie n’est pas soluble dans le social

    La forte tension sociale en France a aussi des causes économiques : le coût croissant du logement, la faiblesse de la mobilité sociale, la dégradation de la structure des emplois, ainsi que la pression sur les systèmes de protection sociale due au vieillissement démographique. Ces tensions ne doivent cependant pas faire oublier que, en réalité, la situation économique de la France s’améliore.

    Le maintien de tensions sociales et d’un climat de défiance

    La France se caractérise par le maintien d’un fort niveau de tension sociale. La réforme des retraites contestée par une part importante de la population en est une des manifestations. Un des éléments clefs du malaise français provient des difficultés que rencontre la population pour se loger au sein des grandes agglomérations. L’augmentation des prix de l’immobilier favorisé par la baisse des taux d’intérêt s’explique également par le manque de logements. Depuis deux ans, le nombre de logements construits baisse. L’insuffisance de foncier constructible, la multiplication des contentieux sur les permis de construire, les règles d’urbanisme très contraignantes sont autant d’éléments qui pèsent sur la construction.

    D’un côté la population française augmente et se concentre, de l’autre côté les villes avec le soutien des électeurs refusent les immeubles de grande hauteur et privilégient les espaces verts ou de loisirs. La conséquence est que depuis 1999, le ratio du prix des maisons par rapport au salaire nominal a augmenté de plus de 40 points.

    Les transports constituent une autre source de tensions sociales. Avec la tertiarisation des activités, les emplois se sont concentrés au cœur des agglomérations quand la population est contrainte pour des raisons de coûts d’habiter en périphérie. Il en résulte un allongement des temps de transports. Les infrastructures n’ont pas suivi l’évolution de la population d’où un engorgement des routes et des transports publics. Le budget transport tend à augmenter surtout pour les habitants des périphéries éloignées du cœur des agglomérations.

    Depuis la fin des années 80, la mobilité sociale tend à se ralentir. Si près de 90% des candidats sont admis au bac, l’accès aux meilleurs établissements de l’enseignement supérieur reste réservé aux enfants des catégories les plus aisées. Certains établissements comme Sciences Po Paris ont créé des filières pour recruter au sein des établissements scolaires des zones d’éducation prioritaire mais cette pratique reste assez marginale. Le nombre de places dans les grandes écoles n’a pas augmenté à due concurrence de celui des bacheliers. Il en résulte une sélection plus forte. La réduction des effectifs industriels et des emplois dits intermédiaires complique l’ascension sociale. Dans les années 60 et 70, les salariés de l’industrie accédaient par leur travail et leurs compétences à des postes d’encadrement et de direction. La formation professionnelle est, par ailleurs, plus développée que dans les services où les entreprises sont de plus petite taille.

    La mobilité sociale en panne

    Moins de 10 % des enfants de parents agriculteurs ou ouvriers appartiennent à la catégorie des cadres ou des professions intellectuelles. En revanche, 50 % des enfants dont les parents sont cadres le deviennent également. En vingt ans, l’emploi industriel a diminué de 25 % quand celui dans les services domestiques a progressé de 20 %. Les emplois intermédiaires tendent à disparaître, Les emplois à faible salaire sont, en revanche, de plus en plus nombreux. L’écart de rémunération entre les salaires dans l’industrie et dans les services domestiques tend à s’accroître. En 2019, l’écart de rémunération était de 12 000 euros par an (salaire par tête dans l’industrie manufacturière de 41 0000 euros par an contre 29 000 euros dans les services domestiques) contre 7 000 euros par an en 1999 (salaire par tête dans l’industrie manufacturière de 25 0000 euros par an contre 18 000 euros dans les services domestiques).

    L’augmentation de la précarité avec le développement des emplois en CDD, intérim, temps partiel ou sous la forme de mico-entreprise contribue à accroître les tensions sociales. L’absence de perspectives rend très sensible tout projet de réforme concernant la protection sociale. Lors de ces trente dernières années, les prestations sociales ont rempli un rôle d’amortisseur des crises. Elles ont permis le maintien du niveau de vie d’une partie de la population. Le vieillissement de la population constitue un défi collectif et une source de craintes majeures pour la population et source de tension entre générations.

    La proportion des plus de 65 ans devrait passer de 16 % en 1999 à 27 % en 2040, le taux actuel étant de 20 %. Ce vieillissement occasionne une progression rapide des dépenses santé et de retraite qui ont atteint 20 % du PIB en 2019 contre 17 % en 1999.

    Le système de retraite occupe une place très particulière en France. Il vise à assurer un niveau de vie décent aux anciens travailleurs mais il est aussi perçu comme un outil d’indemnisation des souffrances endurées durant la vie professionnelle. La sacralisation de la retraite rend, par ricochet, très difficile, toute réforme.

  • La Belgique, pays où réside plus de 250 000 français, manque de préparation pour assumer le Brexit

    La Belgique, quatrième plus gros partenaire commercial du Royaume-Uni, pourrait souffrir des conséquences économiques du Brexit.

    Après l’Irlande et Malte, la Belgique est le quatrième État membre qui sera le plus touché économiquement par le Brexit. Les emplois dans les secteurs alimentaire, administratif et textile sont les plus menacés.

    Un « Brexit dur », qui régulerait le commerce entre le Royaume-Uni et l’UE selon les normes de l’OMC, entraînerait la perte d’environ 42 000 emplois en Belgique, explique Hylke Vandenbussche, professeure d’économie à la KU Leuven.

    Même si les négociateurs parvenaient à un « Brexit doux » avec un accord à la clé avant le 31 décembre 2020, date butoir de la période de transition de 11 mois, les recherches d’Hylke Vandenbussche laissent entendre que 10 000 emplois disparaîtraient quand même.

    La Région flamande, qui compte actuellement à peu près 16 000 entreprises qui exportent vers le Royaume-Uni, connaîtrait le plus de difficultés économiques, en particulier entre Bruges et Courtrai, mais aussi à Anvers et à Gand. La production risque de baisser de 1,8 % et il est à craindre que les petites entreprises soient les plus durement touchées.

    Du côté wallon, c’est à Wavre, où se trouve le siège du géant pharmaceutique britannique Glaxo Smith Kline, que l’avenir demeure incertain.

    Hylke Vandenbussche explique que même si des taxes douanières, imposées dans le cas d’un scénario sans accord, venaient à hausser les prix et à faire baisser la demande des deux côtés de la Manche, 70 % de l’impact négatif du Brexit résiderait en fait dans les effets indirects de celui-ci.

    « Il faut considérer la chaine de valeur dans son entièreté, et pas uniquement le commerce de marchandises », indique la professeure d’économie.

    Alors, à quel point les autorités belges sont-elles prêtes à faire face au Brexit ?

    « [Elles ne le sont] pas vraiment », affirme Hylke Vandenbussche. Elle renvoie à une enquête réalisée par le gouvernement belge en 2018, qui révèle que seuls 25 % des firmes de Belgique étaient prêtes à affronter le Brexit. « Et je suppose qu’il s’agissait surtout de grandes entreprises… Il en va donc de l’intérêt commun de prolonger [le plus possible] les délais », souligne-t-elle.

    Les recherches de la KU Leuven avancent aussi qu’un « Brexit dur » augmenterait les inégalités régionales au Royaume-Uni, dont la concurrence internationale serait la plus entravée avec celle de l’Allemagne.

    Mais Hylke Vandenbussche pense qu’une rupture brutale sera évitée.

    Selon la professeure, « une sorte de “mini accord” sera conclu à la fin de l’année ». Il couvrira probablement les secteurs que l’UE considère comme étant les plus vulnérables à un « Brexit dur ».

    « Mathématiquement, il est presque impossible de [finaliser le nouvel accord commercial] en un an », ajoute-t-elle.

    Il y a fort à parier que l’UE, à l’instar du Royaume-Uni, mettra en place ses propres instruments de financement en soutien aux régions les plus touchées par le Brexit.

    À terme, des fonds européens seront débloqués pour compenser les pertes causées par le Brexit. Tout dépend de la manière dont ce dernier se concrétisera. Mais même si l’UE parvient à un plein accord avec le Royaume-Uni, il se traduira toujours par quelques pertes — que le Brexit soit « doux » ou « dur ».

    Selon Hylke Vandenbussche, l’interrogation fondamentale porte sur la direction que prendra le Royaume-Uni en ce qui concerne ses accords commerciaux futurs.

    D’après elle, le Royaume-Uni considère le Brexit comme l’occasion de s’éloigner pour de bon de l’Europe en matière commerciale pour s’intégrer à la « coalition gagnante » qui comprend les États-Unis, le Canada, le Japon et la Chine.

    Cette nouvelle situation économique demanderait à son tour une réévaluation complète des politiques industrielle, militaire et de sécurité de l’UE.