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  • « Le train dont je rêve » avec Frédéric Petit

    « Le train dont je rêve » avec Frédéric Petit

    Député des Français de l’étranger, Frédéric Petit sillonne notamment sa circonscription à travers l’organisation de « séminaires citoyens ». Ainsi, le parlementaire, membre du MoDem (comme le Premier Ministre François Bayrou), propose de débattre directement avec les expatriés français résidant en Europe centrale et des Balkans autour d’un sujet donné. Bien sûr, l’actualité brûlante est abordée, mais un fil conducteur anime les discussions. Lors des éditions précédentes, la fiscalité, l’Union européenne, ou bien encore de la transition écologique ou la fin de vie avaient été en première ligne. Pour cette année 2025, c’est le transport ferroviaire qui est mis à l’honneur. Le titre de ces rencontres qui se dérouleront jusqu’à mi-mai est d’ailleurs « Le train dont je rêve ».

    Frédéric Petit aux séminaires citoyens le 2 avril 2025 à Francfort
    Frédéric Petit aux séminaires citoyens le 2 avril 2025 à Francfort

    Pendant ce périple, qui le mènera dans plusieurs villes, le parlementaire sera accompagné d’une experte dans le domaine, Samuela Burzio. Cette poétesse-conférencière et cofondatrice de l’association « Once upon a train » animera également des ateliers. Le 2 avril, à Francfort, le coup d’envoi de ces « séminaires citoyens » a été donné. C’est à cette occasion que Lesfrancais.press a pu interroger directement Frédéric Petit pour mieux comprendre le sujet choisi. Nous avons également cherché à connaître les objectifs attendus de ces rencontres.

    Lesfrancais.press : « Frédéric Petit, depuis 2017, vous organisez des séminaires citoyens, pourquoi ce choix ? Et que vous ont apporté concrètement ces réunions depuis votre élection à l’Assemblée nationale ? »

    Frédéric Petit : « Dès mon élection en 2017, j’ai fait le choix de partager le plus possible mon activité de député avec les citoyens de ma circonscription et de les associer autant qu’il est possible à mes décisions. Je considère en effet que le rôle d’un citoyen ne consiste pas uniquement à participer aux rendez-vous électoraux qui scandent notre vie démocratique mais à se tenir au courant du travail parlementaire, à s’engager dans la vie associative, politique ou autre, à demander des comptes quand c’est nécessaire.

    « Je suis passionné par le train. Depuis toujours. Le train, ce sont d’abord des souvenirs d’enfance »

    Frédéric Petit, député des Français de l’étranger

    L’idée des « séminaires citoyens » est donc arrivée très vite, au début du mandat. Il s’agissait pour moi au départ de faire de la pédagogie sur le travail parlementaire que je découvrais moi-même. Par exemple, j’ai découvert en commençant mon premier mandat ce qu’était la LOLF (Loi organique des lois de finances), à l’occasion du vote du budget, et les avancées énormes qu’elle permettait dans l’organisation du budget de l’État.

    Discussions lors des séminaires citoyens "le train dont je rêve"
    Discussions lors des séminaires citoyens « le train dont je rêve »

    J’ai eu envie de partager cela avec mes concitoyens pour qu’ils comprennent mieux comment se prépare et se discute le budget qui sera voté, amendé, par leur député. Ensuite, avec mon équipe, nous avons décidé de choisir un thème nouveau chaque année (Europe, transition écologique, fin de vie…). »

    Lesfrancais.press : « Cette année, le thème est « le train dont je rêve ». On sait que vous êtes attentif à votre empreinte carbone, mais le train est-ce uniquement pour vous un transport ou bien avez-vous un attachement particulier, voire une passion pour ce moyen de déplacement ? »

    Frédéric Petit : Je suis passionné par le train. Depuis toujours. Le train, ce sont d’abord des souvenirs d’enfance : le Metz-Marseille que je prenais pour rendre visite à ma grand-mère en Provence, pendant les vacances scolaires. Ensuite, j’ai toujours préféré et privilégié le train à l’avion quand cela était possible. Par exemple, j’ai embarqué à bord du Varsovie-Vilnius de nuit, quand ce n’était pas encore l’Union européenne, avec changement d’écartement au milieu de la nuit. J’ai pris le Kaliningrad-Homel, de nuit également, chauffé au bois, avec samovar à l’entrée. J’ai même connu le Cracovie-Varsovie de 6 heures du matin, quand je travaillais en Pologne, et son… cireur de chaussures ! À chaque fois, c’est une aventure.

    « Je pense vraiment que nous devons avoir une réflexion approfondie et collective sur nos modes de déplacement »

    Frédéric Petit, député des Français de l’étranger

    Je pense vraiment que nous devons avoir une réflexion approfondie et collective sur nos modes de déplacement. Il y a là un enjeu écologique d’importance et un enjeu de solidarité également. Avec mon équipe, nous avons décidé d’engager en 2024 une démarche d’évaluation du bilan carbone de notre activité parlementaire afin de mettre en place des mesures qui permettent de réduire notre empreinte carbone. Nous avons fait appel à un organisme qualifié et habilité pour le faire.

    Séminaires citoyens "le train dont je rêve" à Francfort le 2 avril
    Séminaires citoyens « le train dont je rêve » à Francfort le 2 avril

    C’est une expérience très instructive qui a sensibilisé l’ensemble des mes collaborateurs. J’ai d’ailleurs publié les résultats de ce bilan sur mon site web. Aujourd’hui, nous poursuivons nos efforts et restons constamment vigilants sur le sujet. »

    Lesfrancais.press : « Vous aviez cette première étape le 2 avril à Francfort, d’autres suivront. Dans ce monde incertain, est-ce que nos expatriés français se sentent encore libres de s’exprimer, ou bien sont-ils devenus plus réservés pour ne pas dire, inquiets, face aux aléas du monde ? Ressentez-vous d’ailleurs une différence avec les Français vivants dans l’hexagone ? »

    Frédéric Petit : « Je ne sens pas de profonde différence entre les Français qui vivent dans l’hexagone, et ceux qui vivent dans ma circonscription. Leurs craintes, leurs espoirs concernant la défense et l’avenir de notre modèle démocratique, multilatéral, de respect des différences, sont les mêmes, y compris, d’ailleurs pour nos compatriotes qui vivent en Ukraine. Ceux-là, bien sûr, se sentent plus exposés, parfois mal compris, mais ils n’ont pas le sentiment d’être abandonnés par la Nation.

    « J’ai toujours constaté qu’il est très difficile d’empêcher une Française ou un Français de s’exprimer »

    Frédéric Petit, député des Français de l’étranger

    À l’évidence, un citoyen français qui vit aujourd’hui à Belgrade ou à Novi Sad, là où s’intensifie le mouvement de résistance étudiante, partage sans doute les frustrations actuelles des citoyens serbes, du moins les comprend ; C’est le cas en Hongrie aussi ou en Pologne sous le précédent gouvernement. J’ai toujours constaté qu’il est très difficile d’empêcher une Française ou un Français de s’exprimer, qu’il ou elle soit en France métropolitaine ou ailleurs dans le monde. Ce 2 avril, il y avait une cinquantaine de personnes à l’école européenne de Francfort, pour la première rencontre citoyenne autour du train. Elles ont participé avec enthousiasme à l’atelier d’écriture que nous leur avons proposé. Oui, nos compatriotes ont des choses à nous dire. Écoutons-les. »

    Un atelier des séminaires citoyen "le train dont je rêve"
    Un atelier des séminaires citoyen « le train dont je rêve »

    Les prochaines dates et villes de rencontres des « séminaires citoyens » sont les suivantes :

    Cologne – Mardi 13 mai

    Berlin – Mercredi 14 mai

    Munich – Mardi 20 mai

    Vienne – Mercredi 21 mai

    Et Varsovie (date à confirmer)

    Pour plus d’informations, vous pouvez cliquer ici

  • L’exposition immersive « Éternel Mucha » s’ouvre à Varsovie

    L’exposition immersive « Éternel Mucha » s’ouvre à Varsovie

    L’exposition immersive « Éternel Mucha », initialement présentée au Grand Palais Immersif à Paris, est actuellement visible à la Fabryka Norblina à Varsovie. Cette exposition immersive rend, entre autres, hommage à Alphonse Mucha (1860–1939), une figure emblématique de l’Art Nouveau. Aussi, en vous rendant à cet événement, vous plongerez dans une expérience sensorielle et interactive unique autour de son œuvre. Elle est ouverte jusqu’au 14 septembre.

    Une expérience sensorielle unique

    Les fragrances de Guerlain accompagneront le visiteur tout au long du parcours de l’exposition. Le parfumeur avait créé pour Sarah Bernard un parfum sur mesure. La plus grande actrice de l’époque était l’égérie de Mucha qui s’était inspiré de la brune flamboyante pour illustrer ses toiles. La musique d’ambiance est quant à elle le fruit d’une composition de Radio France.

    Une expérience sensorielle unique
    Une expérience sensorielle unique

    Au final, à travers des projections en très haute définition, des univers musicaux et olfactifs originaux, ainsi que des dispositifs interactifs, les visiteurs sont invités à plonger dans l’univers de Mucha sans doute le plus célèbre des artistes Art Nouveau tant ses créations ont été reproduites et copiées jusqu’à présent. Ici on pourra zoomer sur les motifs des œuvres pour les agrandir et en étudier la finesse de trait. Là-bas on écoutera la voix chaude de l’artiste commenter lui-même son travail. On découvre aussi un artiste engagé qui se sent investi d’une mission, et on vagabonde avec lui.

    Un parcours artistique européen autour de l’Epopée Slave

    Ainsi, l’exposition retrace un parcours artistique européen entre Prague, l’Autriche Hongrie et la France, et présente ses œuvres majeures, dont « L’Épopée slave », mise en scène de manière spectaculaire. Cette œuvre, constituée de plus d’une vingtaine de toiles, a dû être cachée sous un tas de charbon pendant la période nazie. Elle met en lumière l’épopée de ce peuple d’Europe centrale et orientale, ses liens avec le christianisme et les combats pour sa survie et son affirmation politique. Mucha voyait les artistes comme des représentants de l’avant-garde dont le devoir était d’éclairer les peuples et de les guider.

    Un parcours artistique européen autour de l'Epopée Slave
    Un parcours artistique européen autour de l’Epopée Slave

    L’exposition met également en lumière l’influence durable de l’artiste tchèque, source d’inspiration pour la création contemporaine, du street art aux mangas, en passant par le cinéma et le tatouage.

    Un lieu emblématique du patrimoine industriel, la Fabryka Norblina

    La Fabryka Norblina, située à Varsovie, sert d’écrin à cette exposition magique. Ce complexe culturel et commercial est aménagé dans une ancienne usine du XIXe siècle dans le quartier dynamique de Wola en pleine expansion.

    Un lieu emblématique du patrimoine industriel, la Fabryka Norblina
    Un lieu emblématique du patrimoine industriel, la Fabryka Norblina

    Autrefois site de production de métaux précieux, la Fabryka Norblina rénovée conserve l’authenticité du passé industriel. Le tout en intégrant des espaces contemporains adaptés aux événements artistiques.

    Une exposition soutenue par l’institut français de Pologne

    L’exposition a reçu le soutien de l’institut français de Pologne. Mucha a en effet puisé une grande partie de son inspiration dans le Paris des actrices et des artistes et a connu son apogée dans la capitale française.


    Une exposition soutenue par l'institut français de Pologne


    infos sur l’exposition

    Les billets sont disponibles sous le lien suivant. Les prix vont de 55 à 75 PLN (Zloty) :


    Réservation

  • L’engagement culturel et économique de la France en Chine : Entretien avec Bertrand Lortholary

    L’engagement culturel et économique de la France en Chine : Entretien avec Bertrand Lortholary

    Ecouter le podcast avec Bertrand Lortholary

    Dans le cadre du « Museum Summit 2025 » à Hong Kong, nous avons eu l’opportunité d’interviewer Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine. Cet événement, qui a rassemblé plus de 30 personnalités et professionnels de musées et d’institutions de renommée mondiale dans 17 pays, a été l’occasion pour lui de mettre en lumière l’engagement culturel et économique de la France dans cette partie du monde.

    Des échanges culturels renforcés

    Au cours de cet échange, Bertrand Lortholary a souligné l’importance de ce genre de rencontres comme celles du Museum Summit 2025, déclarant : « Les échanges culturels entre la France et Hong Kong sont denses et nous souhaitons continuer à les renforcer. » Il a également mis en avant le rôle du West Kowloon Cultural District à Hong Kong, où la France a su s’imposer comme un acteur majeur : « Ce district aspire à devenir un hub culturel international de premier plan, et la France y occupe une place privilégiée. »

    « Entre la France et la Chine, les échanges culturels sont au cœur de la relation »

    Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine

    Il a également cité des exemples concrets, comme l’exposition photographique de la Bibliothèque nationale de France ou encore l’exposition Picasso, actuellement au Musée M+ : « J’invite vraiment vos lecteurs à visiter l’exposition « Picasso : une conversation avec l’Asie », car elle donne une perspective tout à fait nouvelle sur l’immense œuvre de Picasso. »

    Museum Summit 2025
    Museum Summit 2025

    Tout juste sorti d’une rencontre avec le Chef de l’exécutif de Hong Kong, John Lee, où il a évoqué ces sujets de coopération culturelle, Bertrand Lortholary précise : « Notre ambition est une ambition tout à fait partagée et qui s’inscrit en parfaite symbiose, en parfaite résonance même avec l’ambition que nous avons, entre la France et la Chine de façon plus large, de mettre les échanges humains et en particulier les échanges culturels, au cœur de la relation ».

    Défis et opportunités

    Interrogé sur les défis à relever, l’ambassadeur de France en Chine a souligné l’impact de la pandémie sur les échanges culturels : « Bien que la culture vît dans un environnement plus large, je constate que ces événements culturels recueillent un succès remarquable. » Il a également évoqué la nécessité d’adapter les initiatives culturelles aux réalités économiques de Hong Kong.

    « Ces événements culturels recueillent un succès remarquable »

    Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine

    Sport et coopération

    Le sport est un autre domaine où la France et Hong Kong collaborent. L’ambassadeur a exprimé sa fierté face aux performances des équipes de rugby à 7 où l’équipe masculine s’est retrouvée en finale : « Nous étions très heureux que notre équipe féminine et masculine aient eu un parcours aussi brillant. »

    Avec l'équipe de France de rugby à 7
    Avec l’équipe de France de rugby à 7

    En outre, il a annoncé des projets de coopération en matière de formation d’athlètes, affirmant que « le sport à l’évidence est un sujet sur lequel nous allons continuer à travailler. »

    Promotion de la langue française

    La langue française reste également une priorité pour Bertrand Lortholary, qui a fait référence au succès du festival de la francophonie organisé à Hong Kong. Ce dernier a déclaré : « Nous avons organisé près de 30 événements dans des domaines variés, et cette année, nous avons eu trois fois plus de participants que l’année dernière. »

    Perspectives économiques

    Sur le plan économique, l’ambassadeur a noté que Hong Kong demeure un marché important pour la France, malgré des défis dans le secteur du luxe. Il a expliqué : « le secteur aéronautique a un impact très important, et nous avons des commandes significatives d’Airbus. » Il a également évoqué les projets de développement économique qui offrent des perspectives prometteuses pour les entreprises françaises. Ce dernier a tenu à rappeler que Hong Kong reste aujourd’hui le troisième excèdent commercial de la France « c’est tout à fait considérable », a-t-il précisé.

    « Nous sommes heureux de répondre à la soif de culture française ici à Hong Kong »

    Bertrand Lortholary, ambassadeur de France en Chine

    Faisant référence à l’échange qu’il a eu avec le dirigeant de Hong Kong, il précise : « Nous avons parlé, là aussi avec le chef de l’exécutif de Hong Kong, des projets de développement économique de la région de Hong Kong qui sont des projets dans lesquels les entreprises françaises ont une vraie valeur ajoutée, que ce soit dans le domaine de la transition écologique qui est depuis un moment déjà mais peut-être encore plus aujourd’hui, au cœur de l’ambition du gouvernement de Hong Kong, tout comme les questions de haute technologie ou encore d’industrie pharmaceutique. Il y a donc de très belles perspectives pour les entreprises françaises ».

    Avec la Consule générale de France à HK et Macao
    Avec la Consule générale de France à HK et Macao

    En conclusion, l’ambassadeur de France en Chine, Bertrand Lortholary, se montre optimiste quant à l’avenir des relations culturelles, sportives et économiques entre la France et Hong Kong. Il a conclu en affirmant : « Nous sommes heureux de répondre à la soif de culture française ici à Hong Kong. » Cette interview révèle un ambassadeur engagé, prêt à relever les défis tout en célébrant les réalisations des échanges franco-hongkongais.

  • Le virage à 392 milliards d’euros de l’UE pour la défense au détriment des régions

    Le virage à 392 milliards d’euros de l’UE pour la défense au détriment des régions

    L’Europe redéfinit les priorités de son fonds de développement régional pluriannuel de 392 milliards d’euros afin de stimuler son secteur de la défense et de préparer l’UE à la guerre, selon un document consulté par Euractiv.

    Connus sous le nom de fonds de cohésion, un tiers du budget de l’UE est actuellement consacré aux régions dont le PIB est inférieur à la moyenne de l’Union depuis les années 1990. Mais face au risque d’invasion russe, Bruxelles cherche à exploiter cet argent.

    Une « rupture significative »

    Une révision à mi-parcours du programme de 392 milliards d’euros, qui s’étend de 2021 à 2027, « offre l’occasion […] de réorienter les programmes vers les nouveaux défis urgents », peut-on lire dans le document consulté par Euractiv.

    En pratique, il s’agit d’une rupture significative avec les pratiques habituelles, après un an de consultations. Au lieu de financer de petites entreprises dans des régions économiquement peu performantes, l’argent devrait plutôt aller à de grands acteurs partout en Europe. De préférence dans le secteur de la défense.

    Plus de 90 % des 392 milliards d’euros devraient être alloués au secteur de la défense « sans restriction en termes de géographie ou de taille de l’entreprise », déclare la Commission, ajoutant que les règles de l’Union en matière de subventions resteront en vigueur.

    Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission Européenne chargé de la cohésion et des réformes, au Parlement Européen à Strasbourg, France, le 12 février 2025. EPA-EFE/RONALD WITTEK
    Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission Européenne chargé de la cohésion et des réformes, au Parlement Européen à Strasbourg, France, le 12 février 2025. EPA-EFE/RONALD WITTEK

    En réponse à la pression exercée par l’exécutif européen pour encourager les entreprises à « se développer », la Commission exhortera également les capitales de l’UE à « être plus sélectives dans l’octroi d’aides aux entreprises » et à « reconnaître et renforcer le rôle des grandes entreprises dans le développement régional ».

    Améliorer l’évolution des PME

    Ces grandes entreprises « orientent la recherche, l’innovation, les connaissances et le transfert de technologie vers d’autres entreprises de leur chaîne de valeur », note le document.

    Il est ajouté que les pays de l’UE devraient « soutenir la croissance des petites et moyennes entreprises (PME) innovantes » pour en faire des « petites entreprises à capitalisation moyenne », c’est-à-dire des entreprises comptant entre 250 et 3 000 employés.

    La Commission permettra également aux États membres de réaffecter des ressources du fonds de cohésion vers InvestEU. Un fonds de 26 milliards d’euros qui vise à attirer des financements du secteur privé dans des secteurs stratégiques.

    Notamment, le logement est un domaine dans lequel l’UE a récemment nommé son tout premier commissaire. La Commission proposera de « doubler les investissements prévus dans le cadre de la politique de cohésion en faveur du logement abordable », qui s’élèvent actuellement à 7,5 milliards d’euros, selon le projet.

    L’examen à mi-parcours du financement de la cohésion devrait être dévoilé mardi après-midi par Raffaele Fitto, le vice-président de la Commission.

  • La hantise d’un monde fini

    La hantise d’un monde fini

    Au XIXe siècle, et surtout dans l’Entre-deux-guerres, la crainte de manquer d’espace, de matières premières et d’énergie conditionnait la politique internationale de certains pays. Cette peur a conduit au protectionnisme, puis à la colonisation, débouchant sur la Seconde Guerre mondiale. Après celle-ci, sous l’impulsion des États-Unis, les Alliés occidentaux ont opté pour la libéralisation des échanges, la libre circulation des capitaux, la décolonisation — parfois dans la douleur — et le règlement des différends par le droit. Plusieurs organisations internationales — l’ONU, le FMI, l’Organisation mondiale de la santé — ont été créées afin de réguler la vie des États, tant sur le plan diplomatique qu’économique. Malgré le rideau de fer, ces institutions ont contribué à pacifier les relations internationales.

    L’essor du commerce international a permis à la fois la croissance et la réduction des contraintes d’approvisionnement. En générant d’importants gains de productivité, le progrès technique, a prouvé que l’économie n’était pas un gâteau de taille fixe à se partager. Malgré la forte augmentation de la population mondiale — passée de 2,5 à 8 milliards d’habitants entre 1950 et 2025 — le niveau de vie moyen a été multiplié par plus de cinq. En 1950, plus de 60 % de la population mondiale vivait dans l’extrême pauvreté. En 2025, selon la Banque mondiale, ce ratio est tombé à moins de 8 %.

    La hantise d’un monde fini et de rareté des ressources

    Pourtant, depuis quelques années, la hantise d’un monde fini et de rareté des ressources, retrouve une inquiétante acuité. La course aux terres rares menée par les Russes, les Chinois et les Américains, en est l’un des symboles. La guerre en Ukraine sous-tend une bataille pour la maîtrise de ces fameux minerais, indispensables aux énergies renouvelables. Leur quête est également l’une des raisons des troubles qui agitent la République démocratique du Congo. Elle n’est, par ailleurs, pas sans lien avec la volonté du président américain de faire main basse sur le Groenland ou le Canada.

    La hantise d’un monde fini et de rareté des ressources
    La hantise d’un monde fini et de rareté des ressources

    Autrefois, les États-Unis étaient les avocats du libre-échange et de la décolonisation, au nom des principes fondateurs de leur démocratie. Aujourd’hui, ils en viennent à défendre des thèses opposées, au nom d’un souverainisme et d’un malthusianisme économique.

    Le côté obscur de la force

    Ce revirement est d’autant plus étonnant que les États-Unis demeurent, de loin, la première puissance économique et technologique au monde. En se comportant en prédateurs, en récusant l’impérieuse nécessité de la transition écologique, ils tournent le dos aux principes d’universalisme et de progrès. En semblant faire le choix de Vladimir Poutine, le président américain opte pour le côté obscur de la force.

    La primauté donnée aux relations bilatérales, empreintes de violence, semble clore une période de 80 ans durant laquelle le droit et le multilatéralisme l’avaient emporté. Une période où la coopération était perçue comme un deal gagnant-gagnant, source de croissance.

    Le monde selon Donald Trump repose sur l’idée que l’amélioration du niveau de vie américain passe par la dégradation de celui des autres. Cette vision est malheureusement partagée par un nombre croissant de personnes qui ne croient plus aux bienfaits des échanges. La succession des chocs économiques et sociétaux peut expliquer en partie ce désenchantement qui transcende les pays occidentaux.

    Chacun évolue dans un espace d’idées de plus en plus atrophié.  

    La stagnation du pouvoir d’achat, la multiplication des menaces, le sentiment d’impuissance des dirigeants contribuent sans nul doute à la résurgence des comportements les plus vils. Le système de communication, avec des informations de plus en plus en silos et perméables aux ingérences de toute nature, favorise la montée d’un populisme grégaire. L’altérité devient de plus en plus conflictuelle car chacun évolue dans un espace d’idées de plus en plus atrophié.

    La sortie de cette spirale maléfique dans laquelle sont entrés les pays nécessite des remises en cause profondes. Le contrôle des réseaux sociaux, la vérification des sources d’information, la responsabilisation des acteurs des technologies de l’information et de la communication sont une impérieuse nécessité.

  • Et si la France réintroduisait l’enregistrement domiciliaire ?

    Et si la France réintroduisait l’enregistrement domiciliaire ?

    On le dit souvent : les Français de l’étranger seraient entre deux et trois millions. Mais combien sommes-nous réellement ? Où vivons-nous ? Et quelles sont nos attentes vis-à-vis de la République ? L’administration n’a pas de réponse précise. Elle s’appuie uniquement sur les inscriptions volontaires au registre consulaire — 1,7 million à ce jour. Un chiffre partiel, souvent obsolète, qui reflète un système devenu inadapté aux réalités contemporaines. Pour obtenir des informations plus précises, il pourrait y avoir une solution : Et si la France réintroduisait l’enregistrement domiciliaire pour ?

    Ce flou n’est pas une fatalité. En effet, il résulte d’un choix politique hérité du XXe siècle : depuis 1945, la France ne tient plus de registre de domiciliation obligatoire. Là où l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, l’Autriche ou les pays nordiques exigent de chaque citoyen une déclaration de résidence, la France fait figure d’exception. Elle gère sa population sans connaître précisément sa répartition géographique. Dans une démocratie moderne, c’est un paradoxe.

    Or, le rétablissement d’un enregistrement domiciliaire — modernisé, numérique, interconnecté — pourrait non seulement résoudre des problèmes de gestion publique, mais aussi renforcer le lien entre l’État et ses citoyens. Il ne s’agirait pas d’un retour au contrôle, mais d’un outil de confiance, d’efficacité et d’équité.  Explications !

    Un oubli administratif qui devient un handicap

    Jusqu’en 1945, la France tenait un registre local des habitants à travers le livret de famille communal, géré par les mairies. Il permettait d’avoir une vision administrative de la composition et des déplacements des foyers. Cependant, supprimé à la Libération dans un souci de simplification, ce système n’a jamais été remplacé.

    Une multitude d’inscriptions différentes

    Depuis lors, l’État français ne dispose plus d’un fichier central recensant la domiciliation de ses citoyens. Les seules données disponibles sont éparpillées : fichiers fiscaux, sécurité sociale, carte électorale, CAF, etc. Ces bases ne sont ni synchronisées ni systématiquement mises à jour. Résultat : il est possible, et fréquent, d’être déclaré à plusieurs adresses différentes selon les administrations — ou à aucune.

    @adobestock
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    Un vide administratif

    Ce vide administratif est gérable à l’échelle d’un territoire sédentaire. Mais dans une société mobile, où les déménagements, les séparations familiales, les études, les mobilités professionnelles, les départs à l’étranger se multiplient, il devient un facteur de désorganisation massive. Cela se traduit par une action publique moins efficace, moins juste, et parfois aveugle.

    Les autres pays européens ne fonctionnent pas ainsi

    La France est l’un des rares pays de l’Union européenne à ne pas disposer d’un enregistrement domiciliaire obligatoire.

    En Allemagne, le Melderegister oblige chaque résident à déclarer tout changement d’adresse dans un délai de 14 jours auprès de la commune. Ces informations sont intégrées dans une base interconnectée, utilisée par les administrations pour envoyer des courriers, appliquer l’impôt local, gérer les listes électorales ou organiser les recensements.

    En Belgique, le registre national est une base de données complète contenant l’ensemble des informations personnelles et domiciliaires des citoyens. Il sert de référence à toutes les administrations, locales et fédérales. Les Belges qui s’installent à l’étranger sont transférés dans un registre spécifique géré par les consulats, avec une obligation de déclaration.

    Les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande, le Danemark, la Suède disposent tous de systèmes comparables. La déclaration de domicile y est considérée comme un devoir civique, parfois associée à des sanctions en cas d’oubli. C’est pourquoi elle est perçue non comme un instrument de surveillance, mais comme la base d’un contrat de confiance entre l’administration et les citoyens.

    À l’inverse, la France considère la liberté de circulation comme un principe supérieur à l’obligation déclarative. Si cela peut paraître respectueux des libertés, cela crée une dissonance profonde dans la gestion de la population, notamment à l’heure du numérique.

    Les Français de l’étranger, grands oubliés du système

    La situation des Français établis hors de France illustre les conséquences concrètes de cette carence administrative.

    @adobestock
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    Le seul outil de suivi existant est le Registre des Français établis hors de France, tenu par les consulats. Mais cette inscription est facultative. En pratique, de nombreux expatriés — étudiants, jeunes actifs, binationaux, retraités, familles nomades — ne s’enregistrent pas. Par méconnaissance, par désintérêt, par méfiance ou par lassitude face aux démarches.

    Conséquence : les chiffres officiels sont largement sous-estimés. À cela s’ajoute un impact direct sur les élections, dont l’organisation repose sur les listes consulaires. Certaines circonscriptions législatives sont surreprésentées, d’autres sous-représentées. Des milliers de bulletins électoraux n’arrivent jamais à destination, faute d’adresse correcte. L’enjeu démocratique est réel.

    Un outil moderne, pas un retour au fichage

    La réintroduction d’un enregistrement domiciliaire ne signifierait pas un retour au livret de famille des années 30. Il s’agirait plutôt d’un dispositif numérique, interconnecté, encadré, respectueux du RGPD et supervisé par la CNIL.

    Un tel registre permettrait à chaque citoyen de déclarer son adresse, d’actualiser ses informations en quelques clics, et d’autoriser leur utilisation par les services concernés : impôts, CAF, CPAM, écoles, préfecture, consulats. Le tout, de manière sécurisée, transparente, avec des droits d’accès et de rectification clairs.

    Le but n’est pas de contrôler, mais de simplifier la vie administrative des citoyens. Et d’améliorer la capacité de l’État à connaître, protéger et servir sa population.

    Les bénéfices attendus : efficacité, équité, lisibilité

    Voici quelques-uns des bénéfices qu’apporterait un système d’enregistrement domiciliaire moderne :

    1. Une connaissance précise de la population

    L’État disposerait d’une vision claire des mouvements de population, des dynamiques territoriales, des flux migratoires internes et externes. Cela permettrait de mieux adapter les politiques publiques : santé, logement, transports, éducation, sécurité.

    2. Une administration simplifiée

    Un changement d’adresse serait automatiquement répercuté sur tous les services publics : plus besoin de déclarer séparément son déménagement aux impôts, à la sécurité sociale, à la CAF ou à la préfecture. Moins d’erreurs, moins de retards, moins de paperasse.

    3. Une fiscalité plus juste

    En matière fiscale, la résidence est un critère déterminant. Elle permet de savoir dans quel pays un contribuable doit payer l’impôt sur ses revenus, son patrimoine ou ses successions. Or, dans les situations d’expatriation, la réalité de la résidence est parfois difficile à établir — et l’absence de registre domiciliaire fiable en France contribue à entretenir cette incertitude.

    4. Une meilleure protection des expatriés

    Les Français de l’étranger bénéficieraient d’un suivi plus efficace. L’organisation des élections serait facilitée, les services consulaires mieux dimensionnés, et la réponse en cas de crise (catastrophe naturelle, conflit, pandémie) plus rapide et mieux coordonnée.

    5. Une démocratie renforcée

    Une bonne connaissance des résidences permettrait de garantir l’égalité devant le vote, d’éviter les doublons sur les listes électorales, de mieux répartir les circonscriptions législatives, et de favoriser la participation civique.

    Quels risques ? Quelles garanties ?

    Les critiques les plus fréquentes contre un tel système portent sur les risques de surveillance et de fichage. En effet, craintes sont compréhensibles, mais elles peuvent être apaisées par :

    • Un usage strictement limité aux missions de service public.
    • Une transparence totale sur les finalités des traitements.
    • Un droit de consultation, de rectification et d’effacement.
    • Un encadrement par la CNIL et les juridictions administratives.
    • Un accès restreint aux agents habilités.
    • Une interconnexion respectant les standards européens de sécurité.

    Le succès des modèles nordiques repose sur un équilibre entre efficacité et confiance. C’est ce modèle qu’il convient d’adapter à la culture citoyenne française, dans laquelle la confiance envers l’administration reste un terrain en friche.

    Un débat nécessaire, un projet d’avenir

    Le moment est peut-être venu de rouvrir ce débat. Pas pour ressusciter un modèle administratif dépassé, mais pour construire une administration publique moderne, fluide, interopérable, au service des citoyens et de la démocratie. Un enregistrement domiciliaire bien conçu serait un levier de transformation majeur pour la fonction publique, les collectivités, les services consulaires, et l’ensemble des citoyens — y compris les plus mobiles d’entre eux.

    Dans une République qui aspire à être numérique, transparente, inclusive et réactive, il est temps de se doter d’un outil aussi fondamental qu’une adresse fiable et reconnue. La confiance dans l’État passe aussi par sa capacité à nous accompagner, à nous localiser, à nous protéger, où que nous soyons. Et vous, qu’en pensez-vous ?

  • L’ETA, un nouveau contrôle britannique : obstacle pour les voyageurs ?

    L’ETA, un nouveau contrôle britannique : obstacle pour les voyageurs ?

    À compter de ce mercredi 2 avril 2025, les citoyens français, y compris les bébés et les mineurs, doivent obtenir une Autorisation électronique de voyage (ETA) pour se rendre au Royaume-Uni. Passage obligatoire, sauf si vous possédez déjà un visa ou le statut de résident permanent (settled status) ou temporaire (pre-settled status). L’ETA, au tarif de 10 £ (environ 13 €), sera valable pour plusieurs séjours de 6 mois maximum, pendant deux ans, ou bien jusqu’à l’expiration du passeport du titulaire. La demande pourra être effectuée sur le site du gouvernement britannique ou via une application dédiée. Ce nouveau contrôle britannique sera-t-il un obstacle pour les voyageurs ? Lesfrançais.press a recueilli les réactions de nos compatriotes français.

    Qu’est-ce que l’ETA ?

    L’ETA (Electronic Travel Authorization) est un dispositif électronique permettant à certains pays d’autoriser les voyageurs à entrer sur leur territoire, à condition de remplir certaines conditions préalables. L’autorisation de voyage instaurée par les Britanniques fonctionne de manière similaire à l’ESTA pour les États-Unis.

    Londres

    Destinée aux séjours courts (tourisme, affaires), elle est obtenue après une demande en ligne et un règlement des frais. Une fois approuvée, elle est liée électroniquement au passeport du voyageur, lui permettant ainsi d’entrer sur le territoire pendant son séjour.

    Les premiers retours des voyageurs

    Corinne, résidente en France, part à Londres avec sa fille fin avril. « Nous avons dû nous acquitter de l’ETA. C’était rapide, et cela nous a coûté 13 €/personne » constate-t-elle.

    « J’ai tenté de faire la demande dimanche, mais je n’ai pas pu passer l’étape de la photo ».

    Karine, une compatriote française en partance pour Londres

    Quant à Karine, accompagnée de ses deux enfants et de son neveu pour un voyage du 21 au 24 avril, elle raconte sa mésaventure : « J’ai tenté de faire la demande dimanche, mais je n’ai pas pu passer l’étape de la photo. J’ai abandonné et vais réessayer cette semaine » partage-t-elle.  Un peu dubitative quant à la mise en place du nouveau dispositif elle poursuit : « je suis déjà venue plusieurs fois à Londres, mais je trouve que cela complique le voyage. »

    Le Brexit : un facteur crucial

    Conséquence du Brexit, les ressortissants d’une trentaine de pays européens, dont tous les membres de l’Union européenne à l’exception de l’Irlande, devront donc désormais obtenir l’ETA pour entrer au Royaume-Uni.

    Londres Eta obligatoire
    Royaume-Uni ETA obligatoire

    À l’instar de l’ESTA pour les États-Unis, l’ETA a pour objectif de renforcer la sécurité aux frontières, selon les autorités britanniques. Pour Delphine, une de nos ressortissantes vivant en Allemagne et souhaitant se rendre en Angleterre prochainement, la procédure a pu aboutir, malgré quatre tentatives infructueuses : « Je n’arrivais pas à payer. Finalement, nous avons utilisé l’iPhone de ma fille, et tout a été parfait. 10 £, soit 12,59 €. À ce tarif, je pense retourner au Royaume-Uni dans les deux ans pour rentabiliser. ».

    « Il faudra acheter l’ETA à l’avance si on veut aller à Anfield ou voir jouer Arsenal. Je vais prévenir le groupe, sinon certains risquent de ne pas pouvoir venir. »

    Xavier, expatrié français à Bruxellles

    Autre effet de l’ETA, fini les voyages de dernière minute : Xavier, expatrié à Bruxelles, et fan de football constate ainsi : « Avec Raphaël et d’autres copains, nous avons l’habitude d’acheter des billets au dernier moment pour aller à Anfield ou voir jouer Arsenal. Maintenant, il faudra acheter l’ETA à l’avance. Je vais prévenir le groupe, sinon certains risquent de ne pas pouvoir venir. »

    ETA : un manque d’information aux voyageurs ?

    Du côté des élus consulaires, Patricia Connell, conseillère des Français de l’étranger pour l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord, nous indique que :
    « Les autorités britanniques cherchent à améliorer la sécurité et l’efficacité des voyages. Cependant, les Européens risquent de rencontrer des difficultés avec ces nouvelles procédures, sans parler des coûts supplémentaires et des risques de fraude ».

    « Le vrai problème réside dans le manque d’information. Beaucoup d’Européens se retrouveront coincés aux frontières. »

    Patricia Connell, conseillère des Français de l’étranger

    Et elle craint que beaucoup ne repartent sans mettre les pieds sur le sol britannique, en raison d’un manque de communication. Pour elle, « le vrai problème réside dans le manque d’information. Beaucoup d’Européens se retrouveront coincés aux frontières. »

    Délais de réponse rapide, mais prudence recommandée

    Sur le papier, la demande d’ETA paraît rapide et simple à effectuer via l’application UK ETA. Les voyageurs sans smartphone peuvent également faire une demande sur GOV.UK. Ils devront remplir un questionnaire en ligne avec leurs informations biographiques, biométriques et leur casier judiciaire pour obtenir l’autorisation. Une fois approuvée, l’ETA est liée numériquement au passeport du voyageur.

    autorisation voyage ETA obligatoire UK
    La tamise

    En quelques minutes, la décision est normalement reçue, permettant ainsi des voyages de dernière minute vers le Royaume-Uni. Mais un délai de plusieurs heures entre la demande et le retour des autorités est toujours possible. Aussi, il est conseillé de prévoir jusqu’à trois jours ouvrables pour les demandes nécessitant un examen supplémentaire, afin d’éviter tout retard.

    Le coût de l’ETA est de 10 £, valable pour plusieurs séjours jusqu’à 6 mois par voyage, pendant deux ans ou jusqu’à l’expiration du passeport, selon la première échéance. L’ETA n’est pas un visa, mais une simple autorisation numérique de voyage. Le gouvernement britannique collabore étroitement avec l’industrie du voyage pour garantir la mise en œuvre de ces mesures, notamment avec les transporteurs aériens, maritimes et ferroviaires. Le Royaume-Uni semble vouloir se protéger tout en facilitant les voyages, mais au prix de nouvelles démarches administratives.

    Pour les Européens, cette mesure marquerait ainsi un nouveau chapitre de l’après-Brexit avec un passage de frontières plus strictes et administrativement plus complexes.

  • Bruxelles se prépare à des droits de douane américains sur le vin, la Californie espère en récolter les fruits

    Bruxelles se prépare à des droits de douane américains sur le vin, la Californie espère en récolter les fruits

    Alors que les viticulteurs européens s’inquiètent du risque de potentiels droits de douane imposés par Washington cette semaine, les américains se demandent si cette guerre commerciale sauvera la viticulture californienne ou aggravera sa situation de crise.

    Les Américains sont de grands amateurs de vin, ils en boivent plus que toute autre nation, soit plus de 4,3 milliards de bouteilles par an, dont 30 à 40 % proviennent de l’importation. Pour les Européens, perdre un marché de près de 5 milliards d’euros, leur première destination d’exportation, serait un coup dur.

    Avant même que les droits de douane n’entrent en vigueur ou non mercredi, l’industrie viticole de l’UE affirme que la fermeture du marché américain est « déjà une réalité », car les importateurs gèlent les expéditions, ce qui coûte aux entreprises européennes environ 100 millions d’euros par semaine.

    Après la menace du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane de 200 % sur « tous les vins, champagnes et produits alcoolisés [de l’UE] » en réponse aux droits de douane prévus sur le bourbon américain, l’US Wine Trade Alliance (USWTA), qui représente la chaîne d’approvisionnement du vin, a rapidement condamné la guerre commerciale qui se profile.

    Mais le groupe a également envoyé un message à ses membres les exhortant à « ARRÊTER TOUTES LES EXPÉDITIONS DE VINS, SPIRITUEUX ET BIÈRES EN PROVENANCE DE L’UNION EUROPÉENNE ».

    « La triste réalité est qu’il n’y a actuellement aucune garantie d’exception pour les marchandises en transit au moment de l’entrée en vigueur d’un tarif », poursuit la déclaration, signée par le président de l’USWTA, Ben Aneff.

    Drink, baby, drink

    Malgré les bouleversements potentiels, les viticulteurs de Californie, le cœur de la viticulture américaine, espèrent pouvoir convaincre davantage de consommateurs de choisir des options locales si des droits de douane sont finalement imposés, découragés par le prix des bouteilles françaises et italiennes.

    Natalie Collins, présidente de la California Association of Winegrape Growers (CAWG), considère les droits de douane à la fois comme « un défi et une opportunité », puisque le Golden State produit environ 80 % du vin américain.

    « Si les droits de douane augmentent le prix des vins européens, nous pourrions voir une opportunité pour les vins californiens d’être favorisés », a déclaré Natalie Collins. Elle a ajouté que les producteurs de l’UE bénéficient d’un soutien public dont ne bénéficient pas les producteurs américains.

    La Californie connaît les mêmes problèmes que l’industrie mondiale du vin : baisse de la consommation et offre excédentaire. Natalie Collins affirme que les droits de douane ne seraient qu’un remède temporaire aux maux de l’industrie. Et que les « véritables causes de ces enjeux » nécessitent de véritables solutions.

    La récolte de raisins cabernet sauvignon près de Napa, en Californie, le 3 septembre 2013. (Photo de George Rose/Getty Images)
    La récolte de raisins cabernet sauvignon près de Napa, en Californie, le 3 septembre 2013. (Photo de George Rose/Getty Images)

    En 45 ans de carrière, Rob McMillan, vice-président exécutif et fondateur de la division vin de la Silicon Valley Bank, a rarement vu les emblématiques vallées de Sonoma et de Napa remplies de raisins invendus, comme cela s’est produit l’année dernière.

    « C’est une situation inhabituelle », a déclaré Rob McMillan, selon laquelle les producteurs de certains des meilleurs vins américains ont été pris au dépourvu. « C’est regrettable, car nous savions que cela allait arriver depuis un certain temps », a-t-il ajouté.

    Les personnes dans la vingtaine boivent moins de vin que « toutes les générations précédentes », a déclaré Rob McMillan, ce qui ne fait qu’aggraver la situation. Les raisons vont de la popularité des cocktails à la mode à l’augmentation de la consommation de cannabis en passant par la tendance à la modération pour raisons de santé ou de mode de vie.

    Depuis 2022, les viticulteurs californiens ont arraché plus de 26 000 hectares de vignes, selon le CAWG, et les experts estiment que 20 000 hectares supplémentaires doivent être supprimés pour équilibrer l’offre. L’UE est confrontée au même problème et autorise les gouvernements à payer les producteurs pour arracher les vignes.

    « C’est une tendance inquiétante, d’autant plus que les États-Unis consomment encore plus de vin qu’ils n’en produisent », a déclaré Natalie Collins.

    Rob McMillan note que, théoriquement, les droits de douane sur le vin de l’UE pourraient aider les viticulteurs américains à écouler leurs stocks excédentaires et décourager les producteurs de profiter de la faille qui leur permet de mélanger jusqu’à 25 % de raisins étrangers dans leurs bouteilles tout en les étiquetant comme « vin américain ».

    Le contrecoup de la guerre commerciale

    Mais les taxes à l’importation sur les vins européens auront un prix. Les producteurs californiens ressentent déjà les effets du boycott du Canada contre les vins américains. Alors que les relations entre Washington et Ottawa se détériorent.

    « L’industrie viticole américaine subit de plein fouet les conséquences de ce boycott, nos vins étant retirés des rayons », a déclaré Natalie Collins.

    Rob McMillan affirme que les droits de douane « se sont avérés inflationnistes » et affecteraient d’autres emplois américains, notamment les importateurs.

    « Dans le passé, on aurait dit que l’alcool était résistant à la récession », a-t-il ajouté. Mais alors que la consommation diminue, les droits de douane pourraient finir par « augmenter les prix ou tuer des catégories, ce qui est la grande crainte ».

    Les homologues européens partagent cette inquiétude. Nicola Tinelli, de l’association italienne de l’industrie viticole Unione Italiana Vini (UIV), affirme que les États-Unis représentent 25 % des exportations de vin italien, soit environ 2 milliards d’euros par an.

    Presque toutes ces bouteilles – 98 % – appartiennent à la catégorie des « vins populaires », dont le prix est inférieur à 15 dollars (13,80 euros). Si les droits de douane font flamber les prix, M. Tinelli craint que les acheteurs arrêtent simplement d’acheter du vin au lieu de le remplacer, ce qui accélérerait la tendance mondiale à la baisse de la consommation de vin.

    Il n’est donc pas surprenant que la priorité absolue de l’industrie soit de maintenir le vin à l’écart de la guerre commerciale. Les viticulteurs européens, ainsi que les producteurs de spiritueux, font pression contre les droits de douane de rétorsion sur l’alcool américain. Le tout dans l’espoir d’empêcher une nouvelle escalade.

    M. Tinelli voit « une fenêtre d’opportunité » dans les jours à venir. Alors que l’Italie, la France et l’Irlande font pression pour exclure le vin de la guerre commerciale.

    « L’UE, qui vise le vin américain d’une valeur de 250 millions d’euros arrivant en Europe, ne sera pas assez forte pour riposter à Trump », a déclaré Ignacio Sanchez Recarte, secrétaire général du Comité européen des entreprises vitivinicoles (CEEV), en notant que la plupart des vins américains proviennent de Californie, un bastion démocrate.

    De l’autre côté de l’Atlantique, Natalie Collins insiste sur le fait qu’il y a de la place pour « tous les vins » sur le marché américain. Mais que la production nationale devrait avoir une « chance équitable de rivaliser ».

    « C’est une question de survie pour les familles américaines, les communautés locales, les travailleurs agricoles, le tourisme et les industries connexes », a-t-elle déclaré.

  • Les Américains et la fin de l’effet richesse

    Les Américains et la fin de l’effet richesse

    Au cours de son premier mandat, Donald Trump avait porté chance au marché « actions ». Les investisseurs avaient salué son retour espérant de nouvelles baisses d’impôts et de nombreuses mesures de déréglementation. Depuis quelques semaines, face aux annonces concernant les droits de douane, ils déchantent avec, à la clef, une baisse des principaux indices américains.

    En la matière, l’administration Trump s’est montrée d’une sincérité totale face à la chute du cours des actions. « Je peux vous dire que les corrections sont saines, elles sont normales » a déclaré Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, le 16 mars dernier. Cette affirmation décomplexée signifie pour les investisseurs que le pouvoir n’entend pas changer de ligne en matière de politique économique. Or, aux États-Unis, les marchés jouent un rôle important au niveau des comportements des ménages américains.

    L’euphorie post élection a laissé la place à un grand doute.  

    Depuis la crise financière de 2008, ces derniers ont acquis un volume important d’actions. Fin 2016, les ménages et les organisations à but non lucratif détenaient 38 000 milliards de dollars d’actions de sociétés cotées. La valeur de leurs avoirs a explosé, progressant de 128 % au cours des six dernières années. Au total, ces avoirs valent désormais 1,7 fois le revenu disponible des ménages américains. Soit plus du double de la moyenne historique et proche du niveau le plus élevé depuis 1947.

    L’euphorie post élection a laissé la place à un grand doute. Selon une enquête de l’Université du Michigan, au cours des deux premières semaines de mars, la confiance des consommateurs américains a atteint son plus bas niveau en près de deux ans et demi. Or, le consommateur est roi aux États-Unis et fait ou défait la croissance. Cette situation pèse sur les cours boursiers.

    Par le biais de l’« effet de richesse », la chute des cours boursiers pèse elle-même sur les bilans des ménages, et donc sur leurs dépenses. En 2019, Gabriel Chodorow-Reich de l’Université Harvard, Alp Simsek, du Massachusetts Institute of Technology, et Plamen Nenov de la BI Norwegian Business School estimaient qu’un dollar de richesse supplémentaire augmentait les dépenses de consommation d’un peu plus de trois cents.

    La chute des cours boursiers pèse sur les dépenses des ménages.

    La société de services financiers, Visa, estime que la répercussion a considérablement augmenté ces dernières années. Elle évalue l’effet à 24 cents en 2024. Même en utilisant l’estimation la plus basse de l’effet de richesse, la chute de 4 500 milliards de dollars de la valeur boursière depuis le récent sommet du S&P 500 entraînerait plusieurs milliards de dollars de pertes de dépenses de consommation.

    La chute des cours boursiers pèse sur les dépenses des ménages.
    La chute des cours boursiers pèse sur les dépenses des ménages.

    Contrairement à l’immobilier, qui demeure le principal actif détenu par les ménages américains, le cours des actions peut être observé, minute par minute. Et l’évolution du sentiment qui en résulte se répercute immédiatement sur les habitudes d’achat.

    Plus de 25 millions d’Américains possèdent un compte chez Robinhood, l’une des applications de trading en temps réel. Certains investisseurs sont particulièrement exposés, s’étant endettés en espérant bénéficier de plus-values avec la hausse du marché « actions ». Interactive Brokers, une société de courtage en valeurs mobilières, a constaté la montée en puissance des prêts sur marge, utilisés par les investisseurs pour acheter des actions. Fin 2018, ses clients avaient emprunté 54 milliards de dollars à cette fin. Une hausse de près d’un tiers par rapport à l’année précédente. Leurs positions se sont renforcées. Non seulement en négociant des actions sur marge, mais aussi en adoptant des positions agressives sur les produits dérivés.

    Les électeurs démocrates premières victimes de la bourse.  

    Les électeurs démocrates sont les premières victimes de la bourse. Plus aisés, plus urbains que les Républicains, ils sont les principaux détenteurs d’actions quand dans les années 1980/1990, c’était l’inverse.

    David Zavarelli, conseiller financier à Milford, dans le Connecticut, affirme que ses clients de gauche sont plus préoccupés par la crise que ceux de droite. « C’est la première fois que je constate cela en 18 ans de carrière », rapporte-t-il. « La réaction des clients dépend moins du niveau de risque qu’ils prennent que de leur vote lors des dernières élections », explique Brian Schmehil, du cabinet de gestion de patrimoine The Mather Group. Ces anecdotes se reflètent dans les données sur la confiance des consommateurs, qui, en plus d’être en baisse en moyenne, sont plus que jamais divisées selon les clivages partisans. Depuis les élections, les démocrates sont devenus extrêmement pessimistes quant à l’économie, tandis que les républicains restent optimistes.

    La richesse boursière américaine est concentrée parmi les hauts revenus. Environ 87 % des actions et des parts de fonds communs de placement sont détenues par les 20 % des plus riches, contre seulement 57 % du patrimoine immobilier. Les Américains qui gagnent moins de 50 000 dollars par an sont désormais plus susceptibles d’être républicains que démocrates.

    Contrarier les Américains les plus riches entraînera des conséquences, même si les répercussions politiques seront moins graves. Depuis fin 2019, la consommation du cinquième le plus riche des Américains a augmenté de plus de 50 %, contre 20 % pour le reste du pays. En 2024, le cinquième le plus riche a représenté la quasi-totalité de la croissance des dépenses de consommation. S’ils arrêtent de consommer en raison de pertes en bourse importantes, la croissance risque de s’arrêter.

  • Laurent Saint Martin et les conseillers du commerce extérieur à l’assaut de l’Amérique latine

    Laurent Saint Martin et les conseillers du commerce extérieur à l’assaut de l’Amérique latine

    Le dernier Forum des Amériques organisé par les Conseillers du commerce extérieur de la France (CCE) s’est tenu pour la première fois à Mexico du 26 au 28 mars. Le partenaire de votre site Lesfrancais.press y était, comme le ministre délégué au commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin.  Décryptage. La députée des Français de la IIème circonscription (Amérique latine et Caraïbe), Eléonore Caroit était aussi présente sur place, elle s’est même exprimée au cours de la conférence.

    Au-delà des USA

    C’est à guichets fermés, dans une ambiance marquée par de fortes incertitudes sur l’orientation que va prendre la politique protectionniste agressive de Donald Trump et sa stratégie « America First » que s’est déroulée cette rencontre. Pour les conseillers, ce fut l’occasion de remettre le Canada, mais aussi les marchés d’Amérique du Sud, dans les radars des entreprises françaises.

    Eléonore Caroit au Forum des Amériques
    Eléonore Caroit au Forum des Amériques

    Le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a saisi l’opportunité de sa participation au Forum des Amériques 2025 des CCE, pour effectuer une tournée dans différents pays d’Amérique latine : Pérou, République dominicaine et bien évidemment Mexique.

    Des marchés à défricher

    Si aucun de ces pays ne figure dans le Top 20 des principaux clients de la France (ce top 20 qui absorbe près de 80 % de ses exportations), et que les échanges commerciaux sont souvent en dents de scie sur longue période, en fonction des grands contrats, ils sont dans plusieurs cas, à l’instar de nombreux autres marchés des Amériques, sources d’excédents commerciaux précieux pour la France, à quelques exceptions près (États-Unis, Pérou, Équateur…).

    Les entreprises françaises y poussent leur avantage car ils sont en croissance : d’après la Banque mondiale, l’Amérique latine et les Caraïbes devraient afficher un taux de croissance moyen de 2,5 % en 2025, puis 2,6 % en 2026. Certains pays sont bien au-dessus à l’instar de l’Argentine, qui sort d’une longue période d’hyper-inflation (+ 5 % en 2025 selon le FMI). En outre, les signes d’ouvertures aux entreprises européennes se multiplient : après le Chili, l’Union européenne vient de conclure des accords commerciaux avec le Mercosur et le Mexique.

    Le Mercosur

    C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle le patronat français a affiché son soutien à l’accord commercial conclu par la Commission européenne avec le bloc du Mercosur, à contre-courant de la position défendue par le gouvernement français.

    Forum des Amériques 2025
    Forum des Amériques 2025

    D’autant plus que pour certains dirigeants d’entreprises, le chaos géopolitique et commercial créé par le président Donald Trump est un appel d’air pour accélérer la diversification des partenaires : c’est « une opportunité phénoménale de construire de nouvelles relations avec les pays tiers », avait ainsi lancé Fabrice Le Saché, vice-président et porte-parole du Medef, le 12 mars, lors d’un événement des professionnels du conseil export. « Il y a des pays qui ne veulent pas, comme nous, se retrouver entre le marteau américain et l’enclume chinoise ».

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