BUCAREST – Le ministère roumain de la défense a découvert, à la suite d’une enquête, que des centaines de réservistes avaient signé des contrats avec des sociétés de sécurité privées opérant en République démocratique du Congo.
Certains soldats d’active, en congé parental, ont combattu au Congo sous le commandement d’Horațiu Potra. Ce dernier est un mercenaire qui s’est fait connaître pour avoir assuré la sécurité de l’ancien candidat pro-russe à la présidence, Călin Georgescu.
Selon le ministère de la défense, 466 soldats qui avaient été transférés dans les réserves – en raison de l’atteinte de la limite d’âge, de la démission ou de raisons médicales – ont participé à des activités liées à la sécurité au Congo.
En outre, sept militaires d’active ont été identifiés comme ayant travaillé « injustement » au Congo entre 2023 et début 2025 alors qu’ils bénéficiaient d’un congé parental légalement accordé pour des enfants âgés de deux ans maximum.
L’enquête a révélé que ces soldats ont violé de nombreuses dispositions légales et réglementaires. Notamment en quittant le pays sans autorisation et en s’engageant dans des activités en dehors de leurs fonctions militaires officielles.
Sur les sept soldats, trois sont toujours en congé parental, tandis que les quatre autres ont réintégré leur unité.
EPA-EFE/ROBERT GHEMENT [EPA-EFE/ROBERT GHEMENT]
Le cas d’un soldat a déjà été transmis au bureau du procureur militaire. Des actions judiciaires similaires seront entreprises à l’encontre des six autres.
Entre-temps, des procédures disciplinaires et administratives ont été engagées, dans l’attente de la décision du procureur concernant d’éventuelles poursuites pénales.
Vingt-quatre réservistes qui avaient travaillé pour des sociétés de sécurité privées au Congo ont été réintégrés dans l’armée en 2023-2024. Ils sont maintenant affectés à diverses unités au sein du ministère de la défense.
Cependant, le ministère affirme que leur réintégration ne pose pas de « risques significatifs pour la sécurité nationale ». En effet, ils occupent des postes de rang inférieur et n’ont qu’un accès minimal aux informations classifiées.
Néanmoins, des mesures supplémentaires de contrôle et de vérification ont été mises en œuvre pour chaque cas individuel. D’autres actions seront prises si nécessaire.
Le ministre de la défense, Angel Tîlvăr, a déclaré qu’il avait ordonné « un examen urgent des circonstances et des responsabilités qui ont permis à ces situations de se produire, ainsi que la mise en œuvre de mesures préventives plus strictes à l’avenir ».
La première puissance économique mondiale s’engage dans une nouvelle voie économique avec la décision de Donald Trump de majorer les droits de douane. A l’épreuve du temps, la journée de « libération » pourrait bien être celle de la fin du système économique et financier institué après la Seconde Guerre mondiale. Avec des accents populistes, le président américain a affirmé lors de sa conférence de presse du 2 avril, que les États-Unis sont depuis une quarantaine d’années les victimes du commerce international. Il oublie évidemment que le déficit commercial est avant tout la conséquence de l’éclatement des chaînes de valeur mis en œuvre par les multinationales américaines et de la localisation de leurs bénéfices dans certains pays.
Il omet également que le consommateur américain est ressorti grand gagnant de cette division du travail. Enfin, il oublie que l’économie américaine a profité de la mondialisation en se spécialisant dans le secteur des hautes technologies. « Le 2 avril 2025 sera commémoré à jamais comme le jour où l’industrie américaine a entamé sa renaissance, le jour où l’Amérique a repris en main son destin, et le jour où l’on a rendu l’Amérique prospère à nouveau », a indiqué Donald Trump. En reprenant des anathèmes classiques chez les nationalistes et les populistes, il a ajouté que les « étrangers, tricheurs et charognards ont dépouillé nos usines et mis en pièces notre rêve américain autrefois si beau ». Il a souligné que les nouveaux droits de douane constituaient une « déclaration d’indépendance économique ».
Des droits à géométrie variable
Les États-Unis imposeront des droits de douane « réciproques » individualisés, allant d’un « plancher » de 10 %, par exemple pour le Royaume-Uni, jusqu’à 50 % pour le territoire français de Saint-Pierre-et-Miquelon et le Lesotho. Les produits importés de l’Union européenne supporteront des droits de douane de 20 %. Ceux en provenance de Chine de 34 %. Les entreprises qui avaient adapté leurs chaînes d’approvisionnement sous le premier mandat de Trump en délocalisant leur production dans d’autres pays d’Asie n’échapperont pas au couperet. Le Cambodge sera taxé à hauteur de 49 %, le Vietnam à 46 %, le Bangladesh à 37 %.
Pour déterminer les tarifs douaniers, l’administration américaine déclare avoir pris en compte la TVA, les subventions, la fiscalité, la manipulation des devises par certains gouvernements, ainsi que les barrières non tarifaires. Selon la grille retenue, l’Iran est taxé à 10 % et le Liechtenstein à 73 %, soit plus que la Chine. Les droits « réciproques » s’ajouteront aux autres mesures douanières déjà annoncées. Le taux appliqué aux biens chinois pourrait atteindre 54 %.
Les droits de douane moyens appliqués par les États-Unis devraient atteindre 24 %
Des droits de douane sectoriels ont également été confirmés. Depuis le 3 avril, l’automobile est taxée à 25 %. L’exemption douanière pour les petits colis valant moins de 800 dollars, qui a largement profité aux sites chinois comme Temu et Shein, sera supprimée le 2 mai. Plus de 4 millions de ces colis chinois sont réceptionnés par les douanes américaines chaque jour. Cela mettra les services concernés sous pression. Avec l’application des mesures de Donald Trump, les droits de douane moyens appliqués par les États-Unis devraient atteindre 24 %, selon l’économiste Samuel Tombs, de Pantheon Economics.
Un degré de protectionnisme sans équivalent depuis les premières années du XXe siècle. Plusieurs catégories de produits échappent pour le moment à la majoration des droits de douane, comme le bois de construction, les produits pharmaceutiques et les semiconducteurs. Les produits énergétiques, y compris le pétrole et ses dérivés, sont exemptés, de même que certains minéraux critiques et l’or. L’acier et l’aluminium étrangers restent imposés à hauteur de 25 %. Les matières premières agricoles comme le café, le thé ou le chocolat entrent en revanche dans l’assiette de ces nouveaux droits. Le Canada et le Mexique ont également été épargnés, faisant l’objet de droits spécifiques (potentiellement 25 %).
« Prospérité à la maison, prestige à l’étranger »
Une réécriture de l’histoire Donald Trump prône un retour à la fin du XIXe siècle, considérée comme un âge d’or des États-Unis. Pour lui, cette époque était celle où l’impôt sur le revenu n’existait pas, ni celui sur les bénéfices ou sur les successions, et où le gouvernement, minuscule, se finançait principalement grâce aux droits de douane. Il oublie de rappeler que cette époque se caractérisait par un niveau d’inégalités sans précédent et par une exploitation éhontée du monde ouvrier.
Lors de son investiture, le président a loué son prédécesseur McKinley, élu en 1896, qui « a fortement enrichi notre pays grâce aux droits de douane et à son talent ». Ce président avait pour slogan : « Prospérité à la maison, prestige à l’étranger. » Sous sa présidence, les États-Unis ont renoué avec leurs visées expansionnistes. Avec l’annexion de Porto Rico, Guam, des Philippines et d’Hawaï, et l’occupation militaire de Cuba. William McKinley a gagné le surnom de « Napoléon le protectionniste ».
« les guerres commerciales ne sont pas rentables ».
À la fin du XIXe siècle, les effets des droits de douane étaient bien moindres qu’aujourd’hui, car les importations représentaient une part relativement faible du PIB — moins de 5 %, contre plus de 14 % en 2024. Avec l’éclatement des chaînes de valeur, les droits de douane risquent d’avoir un effet cumulatif extrêmement élevé. Même l’avocat du protectionnisme qu’était McKinley avait reconnu, dans son dernier discours, prononcé la veille de son assassinat en 1901, que « les guerres commerciales ne sont pas rentables ». « De 1789 à 1913, nous nous financions grâce aux droits de douane, et les États-Unis étaient plus prospères que jamais », a estimé Trump, avant de se lamenter de leur baisse graduelle mais implacable dans la foulée de la Grande Dépression.
Les historiens et économistes estiment généralement que les droits de douane Smoot-Hawley, imposés en 1930, ont amplifié et prolongé la crise financière déclenchée en 1929. La Grande Dépression et les destructions causées par la Seconde Guerre mondiale ont ensuite convaincu les États-Unis de se réinventer en champions du libre-échange à travers le monde.
Les consommateurs américains : les premières victimes
Les Américains seront les premières victimes des droits de douane, en payant plus cher les produits importés. Or, les États-Unis dépendent des importations : elles représentent 14 % du PIB. L’augmentation des droits de douane est de nature à relancer l’inflation et à réduire le pouvoir d’achat des ménages américains. Or, Donald Trump a été élu en partie sur la question du niveau de vie.
La Maison-Blanche espère 600 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires par an. Le tarif plancher de 10 % devrait générer à lui seul 300 milliards de dollars. Ces prévisions supposent le maintien de la consommation des ménages, ce qui n’est pas garanti. Un affaiblissement de la croissance pourrait restreindre les achats. Par ailleurs, l’objectif numéro un de Donald Trump est la réduction des importations. Or il entend financer le budget fédéral avec ses fameux droits de douane. Cherchez l’erreur !
Des rentrées fiscales en trompe-l’œil, une réindustrialisation hypothétique
Ces cinquante dernières années, les États-Unis, comme la France ou le Royaume-Uni, ont connu une désindustrialisation importante. Celle-ci est la conséquence d’une spécialisation dans les services et la haute technologie. Elle est le produit d’un éclatement des chaînes de valeur décidé par les grandes entreprises américaines. Le poids de l’industrie est passé de 20 % à moins de 10 % du PIB en 2024. Les droits de douane visent à favoriser l’implantation d’usines aux États-Unis. Ils s’inscrivent dans le prolongement du plan de Joe Biden, qui accordait, à travers l’Inflation Reduction Act, des aides aux entreprises investissant sur le territoire.
Les expériences passées de hausses des droits sont peu probantes en matière de sauvegarde de l’emploi et de réindustrialisation. Celles visant à protéger la sidérurgie dans les années 1980 ont abouti à une perte de compétitivité de l’ensemble de l’industrie américaine. Celle-ci fut amenée à acheter de l’acier plus cher et de moins bonne qualité. Le secteur automobile fut alors lourdement pénalisé. Les droits de douane, avec les mesures de rétorsion qu’ils génèrent, réduiront les exportations américaines, ce qui pèsera sur les secteurs de pointe.
Des marges de négociation possibles ?
Donald Trump se dit ouvert à des négociations et en a fixé les conditions. Les États souhaitant échapper aux droits américains devront baisser les leurs, revoir leur réglementation et acheter des produits américains.
Une « folie » pour le Nobel d’économie Paul Krugman. « Pire que le pire des scénarios » pour l’analyste Dan Ives de Wedbush. La « fin du libre-échange tel qu’on l’a connu », résume plus sobrement Florian Ielpo de Lombard. Ce dernier ajoute qu’il s’agit de « la plus forte augmentation des droits de douane en 125 ans sur une période aussi courte ».
Des marges de négociation possibles ?
Tout le système actuel, imaginé et défendu par les États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, est mis à plat. Le principe de diminution des droits, base des accords du GATT, est abandonné par la première puissance économique. Autrefois dans le camp des « bons », les États-Unis pourraient dans les prochaines années basculer dans celui des « méchants ». Donald Trump, qui fait de la Chine la principale menace, pourrait par sa politique inciter de plus en plus d’États à se ranger derrière cette dernière.
Les responsables chinois pourraient en profiter pour accélérer la mise en œuvre d’un système financier parallèle à celui des États-Unis. L’Europe pourrait être amenée à devoir choisir entre accepter le diktat américain ou se concilier les grâces chinoises.
Les entreprises européennes particulièrement exposées
Les entreprises européennes sont celles qui sont les plus exposées au protectionnisme de Donald Trump. En 2024, les importations américaines en provenance de l’Union européenne représentaient 17 % de l’ensemble des importations, celles du Mexique 14 % et celles du Canada 12 %. Les importations en provenance d’Asie du Sud Est représentaient 10 % de l’ensemble des importations en 2024. Elles ont fortement augmenté ces dernières année. Les entreprises chinoises ayant délocalisé réellement ou fictivement notamment au Vietnam ou en Malaisie. L’Australie, Singapour et Taïwan sont responsables de plus de 5 % des importations américaines en 2024, contre 3 % en 2010.
L’Europe dont la balance commerciale est fortement excédentaire avec les États-Unis exporte des produits finis et des biens intermédiaires. Les deux économies sont intimement liées. Plus du quart de la valeur d’un avion Boeing est d’origine européenne et inversement un modèle d’Airbus intègre de nombreuses pièces américaines. Plus d’un million de voitures européennes (BMW, Mercedes, Audi, Porsche, Stellantis) ont, en 2024, été vendus aux États-Unis.
Pour un pays comme la France, les exportations vers les États-Unis représentent 1,5 % de son PIB. L’aéronautique représente 18 % des exportations, les produits 9,0 %, les boissons 9 % (principalement des vins et spiritueux), les machines et équipements d’usage général, 6,0 % et les parfums et cosmétiques 5,5 %.
Des opportunités pour l’Europe
L’Union européenne est le premier marché commercial au monde avec 450 millions d’habitants disposant d’un pouvoir d’achat élevé. Elle est la deuxième puissance commerciale pour les exportations et les importations. En parité de pouvoir d’achat, son PIB arrive en deuxième position mondiale, juste derrière les États-Unis. La politique de Donald Trump peut être une aubaine pour les États membres en les obligeant à relancer la construction européenne, en jachère depuis une vingtaine d’années.
L’Europe souffre de l’absence d’un marché unique des capitaux pour rivaliser avec la place de New York, ainsi que d’un manque de politiques structurelles à dimension fédérale, que ce soit dans la recherche, l’énergie ou la défense. L’Union européenne a la possibilité de revoir ses priorités commerciales en intensifiant ses liens avec la Chine et l’Inde qui représentent près de 3 milliards d’habitants. Elle a également l’opportunité d’asseoir l’euro comme monnaie mondiale.
L’euro, une potentielle monnaie de référence ?
Aujourd’hui, la devise européenne se place au deuxième rang, loin derrière le dollar. Si Donald Trump poursuit sa politique isolationniste, l’euro pourrait devenir la monnaie de référence au niveau mondial. En la matière, la Chine souhaite également imposer son système financier au reste du monde non-américain. L’euro a pour avantage de reposer sur des États démocratiques, mais pour faiblesse de ne pas bénéficier de l’appui d’un État structuré.
Pour jouer un rôle international accru, l’euro a besoin d’un marché unifié des capitaux avec une dette fédérale. Le revirement commercial des États-Unis qui pourrait être demain militaire devrait s’accompagner d’un rapprochement économique et militaire avec le Royaume-Uni. Leur départ de l’Union européenne a été une erreur funeste. Il a été la conséquence d’une initiative populiste de David Cameron. Le Royaume-Uni n’en demeure pas moins un pays européen, que ce soit sur le plan économique, culturel ou militaire. Le Royaume-Uni devrait au minimum intégrer l’Espace Économique Européen ou bénéficier d’un traité spécifique la liant à l’Union.
Diviser les Européens afin de les affaiblir.
Donald Trump essaie et essaiera de diviser les Européens afin de les affaiblir. Il est de la responsabilité des différents Etats européens de ne pas tomber dans ce piège. L’Union européenne aurait tort de se lancer elle-même dans une guerre commerciale. La réponse par la hausse des droits de douane serait contreproductive. Elle aboutirait à pénaliser les consommateurs européens. L’Europe doit rester le grand marché commercial du monde. Cela ne signifie pas qu’il doit être ouvert à toutes les pratiques illégales comme le dumping. Mais il doit demeurer attractif car c’est un des atouts de l’Europe.
Le libre échange est porteur de croissance et de progrès technique. Il est propice aux gains de productivité. Une Europe refermée serait perdante. La proposition du Président Emmanuel Macron de suspendre les investissements aux États-Unis n’est pas dénué d’intérêt. Aujourd’hui, une part importante de l’épargne européenne s’investit outre-Atlantique contribuant au financement des entreprises et de l’État fédéral. Or, l’Europe a besoin de cette épargne tant pour la défense, la transition écologique que pour la modernisation de ses entreprises.
La situation à Gaza était au cœur du discours d’Emmanuel Macron, ce lundi 7 avril 2025. Le président de la République, en déplacement en Égypte pour deux jours, a tenu un discours aux côtés de son homologue égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi.
Emmanuel Macron s’oppose « à toute annexion de Gaza »
« Nous condamnons la reprise des frappes israéliennes à Gaza, qui constitue un recul dramatique pour la population civile, les otages, leurs familles et l’ensemble de la région », a affirmé le chef d’État français, qui a demandé la reprise de négociations entre Israël et le Hamas, « sans délai et de manière constructive ».
Poignée de main entre le président de la République Emmanuel Macron et le président Egyptien Abdel Fattah el-Sisi
Emmanuel Macron a également déclaré qu’il s’opposait « fermement aux déplacements de populations et à toute annexion de Gaza comme de la Cisjordanie ». « Il s’agirait d’une violation du droit international, d’une menace grave pour la sécurité de toute la région, y compris celle d’Israël », a-t-il poursuivi.
Le président de la République a enfin réaffirmé son « plein soutien au plan reconstruction de Gaza endossé par la Ligue arabe en mars », qu’il estime être « une voix réaliste à la reconstruction de Gaza ». Pour Emmanuel Macron, ce plan « doit aussi ouvrir la voie à une nouvelle gouvernance palestinienne dans l’enclave dirigée par l’Autorité palestinienne ». « Le Hamas ne doit avoir aucune part » dans la gouvernance de Gaza et « ne doit plus constituer une menace pour Israël », a-t-il ajouté.
« La France soutient la transition vers une Syrie unie »
Emmanuel Macron a ensuite évoqué la situation en Syrie, soulignant que « la France soutient la transition vers une Syrie unie, stable, souveraine et inclusive, dans le respect de toutes les composantes de la société syrienne ».
Le président Egyptien Abdel Fattah el-Sisi et le président Français Emmanuel Macron
La situation à Gaza était au cœur du discours d’Emmanuel Macron, ce lundi 7 avril 2025. Le président de la République, en déplacement en Égypte pour deux jours, a tenu un discours aux côtés de son homologue égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi.
Emmanuel Macron a-t-il été convaincant lors de sa visite à la Maison-Blanche ?
Pour la diplomatie française, c’est une manière d’afficher sa solidarité avec deux pays voisins de la bande de Gaza ébranlés par le projet du président américain, et de montrer que Paris et ses partenaires arabes « travaillent sur des solutions concrètes ». D’autant plus que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, partisan de ce plan encore dans les limbes, sera reçu le même jour à la Maison-Blanche.
« Il est urgent que la Russie cesse les faux-semblants »
Après avoir abordé les conflits au Soudan, en Éthiopie et au Liban, le président de la République discuté de la guerre en Ukraine. Il a jugé « urgent que la Russie cesse les faux-semblants et les tactiques dilatoires et accepte le cessez-le-feu sans condition » proposé par Donald Trump.
Même à l’étranger, la France continue de soutenir certains projets associatifs proposés par nos compatriotes. C’est notamment l’objectif du dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger (STAFE) crée en 2018. Après une procédure d’examens des dossiers, la commission nationale en charge de ce financement vient de publier les résultats et les aides accordées pour 2025. Mais quelles sont les associations françaises retenues pour cette année ? Et pour quel montant ? Lesfrancais.press vous partage ces informations.
Le STAFE : une aide aux associations françaises à l’étranger
Lancé en 2018, le dispositif de Soutien au Tissu Associatif des Français à l’Étranger (STAFE) est une initiative portée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Son objectif principal est d’accompagner financièrement des projets associatifs présentés par des Français établis hors de France. Initialement doté d’une enveloppe de deux millions d’euros, ce dispositif a été mis en place à la suite de à la suppression du mécanisme de la « réserve parlementaire ».
Les Gascons de Belgique – trophée pétanque
Cette dernière permettait aux députés et sénateurs d’attribuer annuellement des fonds à des projets locaux de leurs circonscriptions. Cependant, ce mécanisme avait fait l’objet de critiques, certains y voyant une source potentielle de clientélisme. Pour répondre à ces préoccupations, il a donc été abandonné. En réponse, le STAFE est venu prendre le relais pour les Français de l’étranger, réorganisant le processus de soutien aux associations.
STAFE : les critères pour l’attribution financière
Afin de garantir l’équité dans l’attribution des subventions, un certain nombre de critères ont été définis pour la soumission et l’examen des dossiers. Les projets présentés doivent ainsi impérativement être de nature éducative, caritative, culturelle ou viser l’insertion socio-économique, tout en bénéficiant directement aux Français établis à l’étranger. L’association doit aussi exister depuis plus d’un an, et l’initiative présentée au financement ne peut se répéter annuellement.
L’équipe de l’Arbre du Voyageur
Pour la campagne de financement 2025, une attention particulière a également été accordée aux initiatives portant sur des thématiques en liant avec la lutte contre les risques climatiques, la promotion de l’égalité femmes-hommes, ou encore la pratique sportive.
« En 2025, 227 projets seront soutenus par le STAFE »
Une fois soumis, les dossiers passent par un premier examen au niveau des consulats. En se basant sur les critères établis, l’administration et les élus des Français de l’étranger formulent des recommandations. Ces propositions sont ensuite transmises à une commission nationale, chargée d’évaluer les avis reçus et de décider de l’attribution des montants des aides. Cette instance vient de publier les résultats pour 2025.
STAFE : les résultats pour l’année 2025
Initialement doté de 2.000.000 d’€, cette année, le budget global d’engagement du STAFE s’établit à près de 1.400.000 d’€. Malgré le contexte financier semble-t-il contraint, et le fait que certaines associations ne remplissent pas les critères requis, 227 projets vont être pour autant soutenus à travers le monde.
L’Équipe d’Accueil Abidjan
Parmi les événements qui bénéficieront de ce soutien financier en 2025, on peut citer, en Angola, un projet consacré à l’organisation d’ateliers autour de l’œuvre « Le Petit Prince ». Ce type d’initiative illustre ainsi l’engagement du STAFE à promouvoir la culture et l’éducation à l’international. Autre exemple, en Argentine avec un soutien apporté à « La France en scène : Art et culture à Rosario ».
Au Vietnam, le projet « Un pas vers l’inclusion », porté par l’association Français du Monde – ADFE, bénéficiera également d’un soutien financier de la France pour sa mise en œuvre. De même, le programme « Pour une meilleure parité », organisé par l’Union des Français de l’Étranger (UFE) au Maroc, recevra une contribution pour concrétiser ses objectifs. L’accueil des Français de New-York, membre la FIAFE sera également soutenu pour son « Back To Work ».
« Le dispositif STAFE représente également une reconnaissance officielle, de la part des autorités administratives et politiques, de l’engagement des associations françaises à l’étranger »
Ou bien encore, aux États-Unis, la Chambre de Commerce bénéficiera d’un soutien financier pour l’organisation de son événement « The French Market Experience: Bringing France to San Diego ». Cette initiative revêt une importance sans doute pertinente dans le contexte des récentes annonces de Donald Trump concernant les importations de produits français aux États-Unis.
« Une reconnaissance officielle »
En Europe, plusieurs autres projets ont également reçu un avis favorable. Par exemple, l’association Emploi-Allemagne a obtenu un soutien pour organiser des « Rencontres professionnelles à Munich ». Tandis qu’un festival de théâtre français à Barcelone bénéficiera également de l’engagement de l’État français.
Un Café-emploi d’Allemagne- Emploi
Au-delà de l’aide financière, le dispositif STAFE représente également une reconnaissance officielle. De la part des autorités administratives et politiques, de l’engagement des associations françaises établies à l’étranger, où qu’elles se trouvent dans le monde. Ces actions sont également mises en lumière dans une émission proposée par Lesfrancais.press : « Initiatives expats », le podcast dédié aux expatrié(e)s engagé(e)s. Tout au long de l’année, nous donnons la parole à différents porteurs de projets, qui partagent leurs expériences. Mais aussi leurs conseils sur le dispositif STAFE, ainsi que les motivations de leur engagement associatif. Alors, on se donne RDV prochainement sur nos antennes.
Le tableau complet des projets pays par pays soutenus en 2025 par le STAFE : ici
À la résidence de France à Londres, lors d’une cérémonie émouvante, Patricia Connell a reçu la légion d’honneur. Entrepreneure engagée, conseillère des Français de l’étranger et figure discrète, mais incontournable de la communauté au Royaume-Uni, notre compatriote a été distinguée par l’Ambassadrice Hélène Tréheux-Duchêne. Lesfrancais.press était présent.
Patricia Connell : une femme engagée dans la culture
Entrepreneure, conseillère consulaire, épouse d’un Britannique d’origine irlandaise et mère de trois enfants, Patricia Connell est à la tête, depuis près de deux décennies, d’une entreprise engagée dans la promotion de la culture, des associations caritatives et des produits français.
« Je suis arrivée en 1981. J’ai d’abord travaillé dans le marketing et la communication. Mais ce sont les écoles et les associations qui m’ont reconnectée aux Français d’ici. »
Patricia Connell, Présidente du Conseil consulaire
Née d’un père belge devenu Français en 1938, engagé aux côtés du général de Gaulle dans les Forces françaises libres, et d’une mère d’origine grecque, Patricia Connell grandit dans un environnement cosmopolite, profondément ancré dans les valeurs françaises. « C’est un parcours un peu atypique », confie-t-elle. « Je suis arrivée en 1981. J’ai d’abord travaillé dans le marketing et la communication. Mais ce sont les écoles et les associations qui m’ont reconnectée aux Français d’ici. »
Patricia Connell, élue AFE et conseillère des Français de l’étranger
De cette reconnexion naîtra une vie d’initiatives : en 1998, elle cofonde France in London, puis crée Design to Yield, FranceToYourDoor.com et FrenchFair.Net. Entre 2004 et 2018, elle dirige French Film & Fair, qui fait rayonner le cinéma français outre-Manche. En 2015, elle lance aussi le Free Parks Challenge, militant pour l’accessibilité dans les espaces publics.
« Je n’ai jamais fait tout cela pour une récompense. On agit pour les autres, pas pour être reconnue »
Patricia Connell, Présidente du Conseil consulaire
Son engagement prend une dimension plus sociale avec la création d’associations caritatives, et elle s’implique également au sein de l’organisation The 3 Million, en défense des citoyens européens fragilisés par le Brexit. Élue à l’Assemblée des Français de l’étranger en 2021, elle préside également le Conseil consulaire.
La Légion d’honneur : un ordre historique de deux siècles
Créée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte, la légion d’honneur est la plus haute distinction française. Dès son origine, son objectif est clair : « récompenser les citoyens les plus méritants dans tous les domaines d’activité », selon les mots de la Grande Chancellerie. Elle distingue aussi bien les militaires que les civils. Chaque année, environ 3 000 personnes la reçoivent dans des domaines aussi variés que l’enseignement, la science, la culture ou l’action sociale.
Qui peut recevoir la Légion d’honneur ?
En principe, tout citoyen français ayant un casier judiciaire vierge et au moins vingt ans de services ou d’activités émérites peut recevoir la Légion d’honneur. Les étrangers peuvent également être décorés, mais ne deviennent pas membres de l’ordre.
L’Ambassadrice de France au Royaume-Uni, Hélène Tréheux-Duchêne avec Patricia Connell
« L’Ordre national du Mérite m’a contactée », raconte Patricia Connell. « Ils croyaient que j’avais déjà été décorée. Ce n’était pas le cas. Et franchement, je n’ai jamais fait tout cela pour une récompense. On agit pour les autres, pas pour être reconnue. » confie-t-elle.
Une distinction décernée par la République
La Légion d’honneur ne se demande pas. Elle est attribuée par le président de la République, Grand maître de l’ordre. Le processus est long : une proposition ministérielle, un examen par le Conseil de l’ordre, puis une signature présidentielle. Il est cependant possible, pour tout citoyen, de proposer un nom à travers l’initiative citoyenne (nécessitant 50 signatures et un dossier biographique). Trois promotions civiles sont publiées chaque année : le 1er janvier, à Pâques et le 14 juillet.
La légion d’honneur : une institution en constante évolution
En 1958, le général de Gaulle réforme l’ordre pour limiter le nombre de membres à 125 000. 5 ans plus tard, en 1963, il crée l’Ordre national du Mérite pour alléger les promotions. En 2007, trois mesures renforcent l’exemplarité : parité femmes-hommes, valorisation du bénévolat, initiation citoyenne. La Légion d’honneur évolue, mais demeure un symbole vivant de la reconnaissance républicaine.
Une remise de distinction, un écho à l’histoire commune
« Je reçois cette distinction avec humilité, mais aussi avec une conviction renouvelée », a déclaré Patricia Connell lors de la cérémonie. « Servir, même modestement, est un acte essentiel. Notre communauté ici au Royaume-Uni est un trésor de diversité, de solidarité et de vitalité. »
Une remise de distinction, un écho à l’histoire commune
Cette remise de décorations résonne d’autant plus fort qu’elle s’inscrit dans une histoire commune entre la France et Londres, celle de la Résistance, de l’exil, mais aussi de la fidélité. Le 18 juin 2020, à l’occasion du 80e anniversaire de l’appel du général de Gaulle, le président de la République a remis la Légion d’honneur à la ville de Londres, en présence du prince de Galles. Un hommage rare, rendu à une ville qui a su incarner l’accueil, le courage et l’espérance, des valeurs importantes pour Patricia Connell. « Grâce à l’accueil du gouvernement britannique, c’est d’Angleterre que le général de Gaulle entreprit, en juin 1940, de sauver l’honneur de la France. » (Extrait de la citation de la ville de Londres à l’ordre de la Légion d’honneur).
Et comme un clin d’œil de l’histoire, cette remise de décoration, à Londres, en dehors de nos frontières nationales, a donc une valeur symbolique supplémentaire. Recevant cette plus haute distinction de la République française, Patricia Connell mesure le chemin parcouru. Elle se projette déjà vers ses actions futures. De nature discrète, l’élue consulaire a, le temps d’une cérémonie, bien voulu se mettre en lumière. Et c’est aussi la France qui, via cette légion d’honneur, a souhaité éclairer son parcours.
La Grèce va ces douze prochaines années investir 25 milliards d’euros pour renforcer son armée, a déclaré mardi le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. Notamment grâce à des partenariats avec Israël.
Athènes consacre déjà 3,5 % de son PIB à la défense, un chiffre bien supérieur aux 2% demandés par l’OTAN.
Dans un discours au Parlement, Kyriakos Mitsotakis a souligné la nécessité de disposer de drones et a fait remarquer que l’Europe était actuellement confrontée à un « déficit de production » dans le domaine de la défense.
Il a en outre insisté sur la participation de l’industrie grecque de la défense aux programmes d’armement. La semaine dernière, le ministre de la défense, Nikos Dendias, a déclaré que désormais, tout contrat relatif à des programmes d’armement conclu avec des entreprises étrangères devra prévoir une participation grecque de 25 %.
Le « Bouclier d’Achille »
Mitsotakis a annoncé la création d’un parapluie antimissile similaire au Dôme de fer israélien et qui devrait s’appeler le « Bouclier d’Achille ». Ce dernier devrait permettre de se protéger des drones, des missiles, des attaques aériennes, ainsi que d’attaques navales et sous-marines.
Il a indiqué que la Grèce disposait déjà d’un système de missiles Patriot, produit par les sociétés américaines Raytheon et Lockheed Martin. Mais il faudrait quatre ou cinq ans pour en obtenir de nouveaux, faute d’une production qui suive la demande.
Greece Prime Minister Kyriakos Mitsotakis arrives at the European Council Summit in Brussels, Belgium, on March 20, 2025. (Photo by Jonathan Raa/NurPhoto via Getty Images) [Getty Images/NurPhoto / Contributor]
« Israël peut nous fournir plus rapidement », a ajouté Kyriakos Mitsotakis.
L’Allemagne et la Finlande font partie des autres pays européens qui ont commandé des systèmes de défense aérienne israéliens.
La Turquie rapproche Israël et la Grèce
En début de semaine, Kyriakos Mitsotakis a rencontré son homologue israélien Benjamin Netanyahu à Tel Aviv. Les deux dirigeants auraient discuté du Great Sea Interconnector, un câble électrique sous-marin visant à relier la Grèce, Chypre et Israël.
Ce projet a reçu une importante subvention de l’Union européenne (UE). Il est considéré comme un projet européen d’intérêt commun. Toutefois, le programme a été temporairement gelé en raison d’objections soulevées par la Turquie voisine.
« La Commission est consciente de la situation […] nous échangeons avec les gouvernements grec et chypriote sur les actions futures possibles », a déclaré un porte-parole de l’UE à Euractiv.
Athènes et Tel-Aviv se sont récemment rapprochés en raison de leurs relations tendues avec la Turquie.
Les relations entre la Grèce et la Turquie sont pour l’heure relativement calmes. Cela s’explique par le dialogue diplomatique de haut niveau établi entre les deux pays. Ce dialogue se concentre sur ce que l’on appelle la « politique douce ». Les questions majeures liées aux différends maritimes devant être discutées ultérieurement.
Cependant, les navires Ievoli Relume et NG Worker, qui menaient des activités de recherche sur le câble électrique, ont été contraints de s’arrêter en mars, après l’intervention de batiments de la marine turque.
Deux salles, deux ambiances
Le gouvernement grec ne semble pas vouloir secouer les eaux calmes avec la Turquie. Il évalue toujours les équilibres géopolitiques qui découlent du retour de Donald Trump. Ainsi que le rôle que pourrait prendre Ankara dans les nouvelles dépenses de défense que prévoit l’Europe.
Les relations turco-israéliennes ne sont pas faciles non plus. En effet, le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’en est pris à Israël dimanche lors d’un discours prononcé après la fin des prières du Ramadan.
« Nous avons vécu un merveilleux ramadan. Que Dieu nous accorde le droit de vivre d’autres ramadans. Qu’il ne nous sépare pas. Bien sûr, nous savons et voyons ce qui se passe en Israël. Que Dieu détruise, détruise l’Israël sioniste », a déclaré Erdoğan.
Le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a immédiatement répondu : « Le dictateur Erdoğan a révélé son visage antisémite. Il est dangereux pour la région, mais aussi pour son propre peuple, comme cela a été prouvé ces derniers jours. Espérons que les membres de l’OTAN le comprendront au plus vite ».
Mitsotakis sous pression
Les annonces sur la défense de Kyriakos Mitsotakis interviennent alors que son parti, la Nouvelle Démocratie, est en chute libre dans les sondages.
Les critiques à Athènes suggèrent qu’en se concentrant sur la défense, le Premier ministre grec veut flatter l’électorat conservateur, dans le même temps courtisé par l’extrême droite.
De récents sondages montrent que Nouvelle Démocratie n’est plus en mesure de former seule un gouvernement. Tandis que la popularité personnelle de Kyriakos Mitsotakis a atteint un niveau historiquement bas.
Par ailleurs, le Premier ministre est confronté à une opposition interne.
Le ministre de la défense Nikos Dendias – considéré comme le successeur de Kyriakos Mitsotakis – a récemment organisé un événement réunissant les barons de la Nouvelle Démocratie. Ces derniers ont critiqué l’approche « libérale » du premier ministre à l’égard de la Turquie.
Parmi eux se trouvaient les anciens premiers ministres Antonis Samaras et Kostas Karamanlis.
Les États-Unis sont souvent associés aux technologies de l’information et de la communication ou à l’industrie de la défense. Or, le secteur économique le plus important est celui de la santé, au sens large du terme, qui représente près d’un cinquième du PIB du pays, soit deux fois plus que la moyenne des pays de l’O`CDE. Cette hypertrophie ne se traduit pas en termes de résultats.
L’espérance de vie des Américains recule depuis plusieurs années. Ceux ayant moins de 70 ans ont presque deux fois plus de risques de mourir de maladies cardiovasculaires que leurs homologues européens. Les taux de mortalité dus à d’autres maladies comme le diabète et les maladies rénales sont également beaucoup plus élevés. De plus en plus d’Américains estiment que le système de santé est de mauvaise qualité. Ils pointent du doigt les fabricants de médicaments, les assureurs ou les intermédiaires. Cette hostilité croissante de la population s’est traduite par l’assassinat du directeur général d’United Healthcare, le plus grand assureur santé américain. L’accusé, Luigi Mangione, dont le procès s’est ouvert en février, a reçu 740 000 dollars de dons de la part de citoyens américains.
Depuis 2000, les prix hospitaliers ont augmenté outre-Atlantique de plus de 250 %.
Comme en Europe, les hôpitaux américains sont confrontés à des problèmes budgétaires chroniques. En 2023, leur budget a dépassé 1 500 milliards de dollars, soit l’équivalent de la moitié du PIB de la France. Ils absorbent un tiers des dépenses de santé américaines, soit trois fois plus que celles liées aux médicaments. Depuis 2000, les prix hospitaliers ont augmenté outre-Atlantique de plus de 250 %. Ils progressent deux fois plus vite que le coût global des soins médicaux et trois fois plus vite que l’inflation.
Le mode de fonctionnement du système de santé américain est de nature inflationniste. Le financement des hôpitaux repose principalement sur la tarification à l’acte, avec une prise en charge par les assureurs pour chaque examen ou traitement, quelle que soit leur nécessité. Les hôpitaux sont ainsi incités à multiplier les actes.
Le gouvernement américain cherche depuis des années à modifier ce système. Les pouvoirs publics souhaitent développer une rémunération des établissements en fonction de l’atteinte d’objectifs prédéterminés, en mettant l’accent sur la prévention. En 2023, 70 % des paiements aux prestataires relevaient encore de l’approche traditionnelle.
Le prix affiché d’une coloscopie varie de 435 à plus de 7 000 dollars
L’opacité de la tarification hospitalière contribue également à la dérive des coûts. Le prix des interventions varie considérablement d’un hôpital à l’autre. Une étude réalisée en 2023 par le groupe de réflexion spécialisé dans les politiques de santé, KFF, souligne que le prix affiché d’une coloscopie dans la région d’Atlanta variait de 435 à plus de 7 000 dollars.
La complexité de la facturation médicale et des règles de remboursement rendent difficile une comparaison efficace des services.
La concentration du système de santé a aggravé la situation. Plus de 1 600 fusions d’hôpitaux ont eu lieu entre 2000 et 2020. La part du total des lits d’hôpitaux contrôlés par des chaînes est passée de 58 % à 81 % au cours de cette période. Un ou deux prestataires hospitaliers dominent désormais le marché dans de nombreuses villes américaines. HCA Healthcare, la plus grande chaîne du pays, exploite plus de 180 hôpitaux aux États-Unis, pour une capacité totale de près de 50 000 lits.
La France connaît une évolution comparable avec la concentration des cliniques, désormais détenues par quelques grands groupes (Ramsay Générale Santé, Elsan, Vivalto Santé, Almaviva). Cette concentration favorise l’augmentation des prix alors que des rendements d’échelle étaient logiquement attendus. Le rendement du capital investi par HCA, par exemple, est passé de 10 % en 2004 à 15 % en 2024.
Les fusions d’hôpitaux ont tendance à augmenter les prix.
Des études montrent que les fusions d’hôpitaux ont tendance à augmenter les prix pour les patients bénéficiant d’une assurance privée, sans pour autant offrir de meilleurs soins. Les grandes chaînes hospitalières utilisent souvent leur pouvoir de marché pour obtenir des prix plus élevés auprès des assureurs.
Cette concentration s’étend à d’autres champs d’activités de la médecine. Entre 2012 et 2022, la part des médecins affiliés aux hôpitaux est passée de 29 % à 41 %. En théorie, regrouper différents aspects du traitement d’un patient au sein d’un seul système permet d’améliorer les soins fournis. En pratique, cependant, les prix augmentent fréquemment après l’acquisition de cabinets médicaux par des hôpitaux privés, tandis que la qualité stagne.
De plus, Medicare et les assureurs privés ont tendance à payer davantage pour les services fournis en milieu hospitalier plutôt que dans des cabinets médicaux indépendants, ce qui incite les prestataires de soins intégrés à prescrire des soins hospitaliers plus coûteux.
La prise de contrôle croissante des hôpitaux par des sociétés de capital-investissement (PE) s’accompagne d’une dégradation de la qualité des soins. Selon une étude publiée en 2023, Sneha Kannan, de la Harvard Medical School, et ses coauteurs ont démontré que les patients courent un risque accru de chutes, de nouvelles infections et d’autres problèmes lors de leur séjour à l’hôpital après le rachat de l’établissement par des fonds financiers.
Les chaînes d’hôpitaux privés ne sont pas à l’abri de problèmes financiers majeurs. En mai dernier, la chaîne américaine Steward Health Care a déposé son bilan et mis en vente ses 31 hôpitaux. En janvier, Prospect Medical Holdings, une autre chaîne comptant 16 hôpitaux, a fait de même. Dans les deux cas, les commissions compétentes du Congrès ont indiqué que les directions de ces chaînes avaient pris des décisions financières ayant compromis les soins aux patients.
Aux États-Unis, la propriété à but non lucratif n’est pas synonyme de maîtrise des coûts.
Aux États-Unis, les sociétés de capital-investissement détiennent moins d’un dixième des quelque 6 000 hôpitaux du pays. Près de la moitié appartiennent à des organismes à but non lucratif. En France, les quatre premiers groupes de cliniques gèrent plus de 40 % du parc total. Aux États-Unis, des congrégations religieuses continuent de diriger de nombreux établissements. CommonSpirit Health compte 142 hôpitaux, ce qui en fait la troisième plus grande chaîne du pays après HCA et la Veterans Health Administration, gérée par le gouvernement fédéral.
Aux États-Unis, la propriété à but non lucratif n’est pas synonyme de maîtrise des coûts.
Aux États-Unis, la propriété à but non lucratif n’est pas synonyme de maîtrise des coûts. Leur gestion est proche de celle de leurs homologues à but lucratif. Le système hospitalier universitaire en est la meilleure preuve. Pour les universités, les frais d’hospitalisation représentent souvent une part importante de leurs revenus. À l’Université Stanford, 63 % des revenus d’exploitation pour l’exercice 2024 provenaient des services de santé fournis au public. À l’Université de Chicago, les services aux patients ont contribué à hauteur de 56 %. L’UPMC, affiliée à l’Université de Pittsburgh, possède un assureur à but lucratif, un fonds de capital-risque et cinq hôpitaux à but lucratif à l’étranger. Aussi étrange que cela puisse paraître, les hôpitaux à but non lucratif dépensent moins en soins caritatifs pour les patients nécessiteux que les hôpitaux à but lucratif.
Les hôpitaux à but non lucratif les mieux dotés participent à moins d’actions caritatives, en volume, que les hôpitaux les plus pauvres des États-Unis. Pour 100 dollars de dépenses engagées, les hôpitaux à but non lucratif ont dépensé en moyenne 2,30 dollars en soins caritatifs, contre 3,80 dollars pour les hôpitaux à but lucratif. Le secteur non lucratif est pourtant fiscalement favorisé et bénéficie de la possibilité d’émettre des obligations à des taux préférentiels.
Améliorer la transparence des tarifs
Des signes indiquent que l’administration de Donald Trump a l’intention de prendre quelques mesures pour réformer le système hospitalier américain en difficulté. Le mois dernier, le président a publié un décret ordonnant aux agences fédérales de « mettre en œuvre et d’appliquer rapidement » les règles introduites sous sa première administration, qui obligeraient les hôpitaux à améliorer la transparence de leurs tarifs. Les analystes du secteur s’attendent également à ce que les législateurs républicains prônent la « neutralité géographique ». Ce qui obligerait Medicare à payer le même tarif pour les services, qu’ils soient dispensés à l’hôpital ou dans un cabinet médical. Des gains de productivité pourraient être obtenus, selon les services d’Elon Musk, en recourant à l’intelligence artificielle.
À l’heure où les États-Unis consacrent près d’un cinquième de leur PIB à la santé, la crise de leur système hospitalier soulève une question centrale : comment un tel niveau de dépense peut-il coexister avec des résultats sanitaires si médiocres et une telle défiance de la population ? La combinaison d’une tarification inflationniste, d’une concentration excessive, d’une financiarisation croissante et d’une fragmentation des soins a conduit à un modèle coûteux, opaque et inégalitaire.
Vus des États-Unis, le systèmes de santé canadien ou français apparaissent plus vertueux même s’ils tendent également à s’américaniser. Ces deux derniers systèmes ont réussi à garantir une couverture universelle et des performances sanitaires globalement supérieures à celles des États-Unis.
En effet, le modèle canadien, à financement public se caractérise par sa gestion décentralisée, quand le système français associant hôpitaux publics et cliniques privées se démarque par son caractère hautement régulé. Ces modèles ne sont pas exempts de défauts, mais incarnent une volonté politique de maîtrise des coûts et d’équité dans l’accès aux soins. Ils peuvent aboutir, comme en France, à certaines pénuries en raison de prix trop faibles ou à des déserts médicaux. Faute de médecins en nombre suffisant ou souhaitant s’installer dans des zones à faible pouvoir d’achat.
La digitalisation, l’intelligence artificielle, la télémédecine, la prévention et la rémunération à la qualité plutôt qu’à l’acte offrent des leviers de transformation puissants aux États-Unis comme ailleurs. Mais aucune innovation technologique ne remplacera une réforme structurelle alignant les incitations économiques sur les besoins réels de santé publique.
Si les États-Unis ne parviennent pas à réconcilier efficacité, soutenabilité et justice, ils risquent de voir se creuser encore davantage la fracture entre une médecine d’élite, performante mais inaccessible, et un accès dégradé aux soins pour des millions de personnes.
Il y eut cette première catastrophe, la trahison de l’Ukraine. Cette guerre sans intérêt empêche de grands desseins, celui de faire des affaires avec la Russie, habile manœuvre pour contrer la Chine. Il y eut cet autre lâchage, celui de l’Europe, de l’Alliance atlantique, parce que composée de profiteurs lâches et ingrats. Qu’ils paient, qu’ils applaudissent, qu’ils disent « Merci », comme Zelenski, sinon leur tour viendra.
Ainsi Trump passa à l’Est. Aucun agent du FSB n’aurait accompli de tels tours de force. Plus simple, plus évident, plus radical encore : détruire le droit et les organisations internationales, se moquer des traités et des frontières. Tout ce qu’a construit l’Amérique depuis la seconde guerre mondiale, à l’eau. L’OMS, l’OMC, les accords de Paris, la Cour Pénale Internationale, l’USAid, Radio free Europe, ne valent pas un décret signé par Trump, avec son gros stylo bâton.
Il y a maintenant, pour tous les pays du monde, y compris des îles inhabitées, cette hausse des droits de douane, cri de guerre annoncé, proclamé, glorifié. Comme dans toute guerre, chacun y perdra, l’essentiel est de perdre moins que l’autre. Telle est la « stratégie » de Trump : les Américains vont souffrir, mais moins que les Européens et les Chinois, sans parler du reste du monde, les pauvres.
Le monde redécouvre les bienfaits de la mondialisation.
Effet immédiat : Le monde redécouvre les bienfaits de la mondialisation. Ceux qui hier, fustigeaient ses excès, en découvrent les vertus. Les « altermondialistes » comprennent que les pays pauvres sortent de la pauvreté grâce aux échanges. La « démondialisation » que les « Indignés » appelaient de leurs vœux va les plonger à nouveau dans la misère. Et la guerre. Les « souverainistes » s’aperçoivent que derrière les mots pompeux et les rodomontades (« souveraineté » alimentaire, industrielle, technologique, sanitaire, monétaire, sentimentale et psychiatrique), il y a des réalités : l’interdépendance permet renforce l’indépendance. Personne ne peut s’abstraire de ses voisins, surtout en Europe. Les alliances évitent les guerres, renforcent la sécurité et l’économie. Et les « souverainistes » d’appeler l’Europe au secours après avoir méprisé les « Eurolâtres ». Sans l’Europe chaque pays supplierait pour devenir le 51ème État américain, pour éviter de devenir un oblast.
Le plan Trump ne s’arrête pas aux droits de douane, à la destruction des échanges. L’idée simple est que, les produits étrangers devenant plus chers, les consommateurs américains, achèteront les produits locaux. À supposer qu’ils existent. Ce qui mettra bien du temps. D’autant que les produits américains sont composés d’éléments produits venus ailleurs.
La taxation des produits étrangers revient simplement à taxer les Américains. C’est une large augmentation d’impôts, un choc fiscal qui entraînera les États-Unis dans la récession, et le monde avec lui. Faut-il y répondre avec des mêmes mesures, aussi stupides et néfastes ? Faut-il augmenter les impôts des consommateurs européens? Évidemment non. Les réponses sont ailleurs : taxer ce qui compense le déficit commercial américain, c’est-à-dire les services, les revenus.
La balance commerciale d’un pays, qui n’est qu’un agrégat comptable des achats et ventes des entreprises, est, par définition équilibrée. Le déficit commercial américain est compensé par les flux de capitaux, flux financiers qui se dirigent vers les États-Unis. Réduire le déficit commercial reviendrait à les diminuer. Difficile, puisque les dollars circulant dans le monde ne sont pas émis seulement par la Réserve Fédérale, mais aussi par les grandes banques mondiales, qui se couvrent en achetant des obligations d’État américain.
Trump et ses conseillers ont la bonne idée : le racket, par la manipulation monétaire.
Alors Trump et ses conseillers ont la bonne idée : le racket. Obliger entreprises et banques étrangères à acheter des obligations à un taux d’intérêt fixé par le gouvernement. D’une pierre deux coups : financer le déficit public, faire baisser le dollar en imposant un taux d’intérêt bas. Un dollar bas doperait la compétitivité américaine et renforcerait les exportations. Quel cercle vertueux ! Quel embrouillamini économique ! Du génie: taxer les Américains, appauvrir l’Amérique en diminuant la valeur de la monnaie, réduire les investissements étrangers aux États-Unis. Non, Trump n’est pas un agent du FSB : un agent du FSB comprend que le racket, légal ou illégal, consiste à ponctionner une part du circuit, pas à détruire le système.
Une catastrophe en annonce d’autres. Le Plan de manipulation monétaire de Trump pour faire payer le monde ne peut pas marcher. Mais il peut saper la confiance dans le dollar, provoquer une crise monétaire à l’échelle de la planète. Les bourses plongent, à cause de la guerre commerciale. Elles paniqueront plus encore si Trump joue avec le dollar, les taux d’intérêt, la Réserve fédérale.
Provoquer une crise monétaire à l’échelle de la planète. Ce n’est pas l’inflation qu’il faut craindre, mais la déflation
Ce n’est pas l’inflation qu’il faut craindre, mais la déflation. C’est une erreur de dire que les taxes, en augmentant le prix de produits, va alimenter l’inflation. Hausse des prix n’est pas inflation. Une augmentation des impôts n’alimente pas la masse monétaire. Au contraire, si elle résorbe le déficit, elle la réduit. C’est la déflation qu’il faut craindre. Après le choc fiscal (les impôts), les prix vont chuter en même temps que l’activité économique et les échanges.
Le prix du pétrole baisse déjà. Excellente nouvelle, mais signe d’une récession mondiale. Quand la déflation s’installe, les investissements se bloquent. Le poids de la dette, sans croissance enfle mécaniquement.
S’enchaîneront alors pour les gouvernements les plus mal assurés, des crises internes. Le populisme guerrier a un bel avenir.
Des États feront faillite. S’enchaîneront alors pour les gouvernements les plus mal assurés, des crises internes. Pour sortir des crises internes, les gouvernements faibles iront chercher des boucs émissaires et des aventures extérieures. Cela commencera dans les pays les plus pauvres et les plus mal dirigés. Le populisme guerrier a un bel avenir.
Comment faire face à cette avancée des catastrophes ? Renforcer les alliances. Inutile d’attendre de la Commission des initiatives : il suffirait que le Président français et le chancelier décident de tout faire ensemble, d’un commun accord : défense, industrie, spatial, emprunt, migrations, commerce, investissements, industrie, union des capitaux et cela donnera et le signal et l’élan. Petits et moyens États rejoindront ce pôle de stabilité européen, du Canada à l’Indonésie, du Brésil à la Corée. Mieux qu’agiter les menaces, rassembler ses forces, c’est-à-dire ses alliances.
Tout cela va aller très vite. Avec trois vagues géantes : la révolution digitale, le bouleversement géopolitique, les guerres informationnelles.
Il y aura des bouleversements et des places à prendre. Des gagnants et des perdants. Une nouvelle donne mondiale, avec un distributeur de cartes biaisées. Tout cela va aller très vite, parce que les services, l’énergie, l’ingénierie financière, le marketing, la formation, la sécurité, la médecine, les transports vont être bouleversées par trois vagues géantes : la révolution digitale, le bouleversement géopolitique, les guerres informationnelles. Seule certitude pour l’avenir : ça va bouger. Benjamin Franklin, scientifique, diplomate, écrivain et politique américain, un contre-modèle pour Trump, disait, amusé : « L’humanité se divise en trois catégories : ceux qui ne peuvent pas bouger, ceux qui peuvent bouger, et ceux qui bougent. » Dans quelle catégorie les Français veulent-ils être? La question se pose pour (presque) tous les peuples. Et pour chacun, individuellement, qui peut bouger dans une toute petite et fragile planète. Nouvelle donne, nouvelles cartes, nouveaux chemins.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay
Le sénateur Yan Chantrel, élu des Français de l’étranger, est au micro d’« en toute confidence ». Pour Lesfrançais.press, le parlementaire revient, entre autres, sur les réformes législatives à venir concernant les expatriés français. Il aborde également les questions budgétaires, « sans moyen financier, les vœux sont pieux », et l’avenir des retraites. Il partage aussi sa position sur les relations diplomatiques de notre pays avec le Canada et les États-Unis. Enfin, observant la législation canadienne sur la « fin de vie », il propose que la France puisse s’en inspirer.
La réforme des Français de l’étranger : une priorité budgétaire
Lors de la dernière session plénière de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) en mars dernier, Laurent Saint-Martin, le ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, a annoncé la présentation au Premier Ministre, pour le second semestre 2025, d’un projet de loi sur les Français de l’étranger. Mais que devrait comporter ce texte ? Selon, Yan Chantrel, les réformes qui s’imposent ne peuvent être que budgétaires. Lors de son interview, le sénateur a insisté sur la nécessité de renforcer les moyens financiers alloués aux services consulaires, à l’enseignement français à l’étranger, ainsi qu’aux bourses scolaires.
« Le cœur du problème est la politique budgétaire. On peut mettre en place toutes les politiques que l’on souhaite, mais si les moyens diminuent, ce sont alors des vœux pieux et creux. »
Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France
Pour le parlementaire membre du Parti Socialiste (PS) : « le cœur du problème est la politique budgétaire. On peut mettre en place toutes les politiques que l’on souhaite, mais si les moyens diminuent, ce sont alors des vœux pieux et creux ». Les bourses scolaires, les aides sociales, et surtout le financement de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) doivent être des priorités, défend notre interlocuteur du jour.
Yan Chantrel, sénateur des Français de l’étranger @Sénat
D’ailleurs, concernant cette caisse d’assurance sociale pour les expatriés, la participation de l’État français à la CFE est à revoir à la hausse pour notre invité : « pour l’instant elle est peanuts » constate ainsi le sénateur, tout en précisant : « la CFE vit des difficultés, il est indispensable d’opérer des réformes législatives et de prévoir un amendement financier plus conséquent pour en faire une véritable caisse de solidarité pour nos compatriotes établis hors de France. »
Les retraites des Français de l’étranger : un groupe de travail toujours attendu
Un autre grand sujet de préoccupation pour Yan Chantrel est la question des retraites des expatriés français. Il y a des « ruptures d’égalités et des vraies difficultés » dans certains cas, indique le parlementaire. Aussi, lors des débats sur ce texte au Palais du Luxembourg, le sénateur avait demandé la création d’un groupe de travail spécifique aux Français de l’étranger. Bien que le gouvernement ait donné son accord en 2023, aucune avancée n’a été faite depuis, en partie à cause des changements politiques.
« Il y a des spécificités liées à la carrière des expatriés, et des inégalités de traitement. Ce groupe de travail transpartisan permettrait de mettre tout sur la table. »
Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France
Toutefois, Yan Chantrel a « espoir » que ce groupe puisse se former. Il explique qu’ « il y a des spécificités liées à la carrière des expatriés, et des inégalités de traitement. Ce groupe de travail transpartisan permettrait de mettre tout sur la table. (…) Le gouvernement s’était engagé ».
Yan Chantrel, sénateur des Français de l’étranger @Sénat
Et il ajoute : « il faut véritablement prendre à bras-le-corps les spécificités des Français de l’étranger pour mettre fin aux injustices qu’ils peuvent subir au niveau de leurs retraites. »
Services consulaires : des économies qui affectent la qualité des services
Autre point abordé par le sénateur, celui des services consulaires. Il exprime notamment son inquiétude face à la diminution du budget alloué à l’administration des Français à l’étranger. Selon lui, cette baisse a un impact direct sur la qualité rendue aux expatriés. Pour l’ancien élu consulaire du Canada, les moyens alloués à nos consulats sont en baisse constante et cela se ressent sur le terrain. Il faudrait « mettre un coup d’arrêt à cette politique d’austérité du gouvernement » exprime-t-il.
« La numérisation est une bonne chose, mais tout le monde n’y a pas accès. Il est essentiel de maintenir le lien humain pour répondre aux problématiques spécifiques. »
Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France
Bien que des initiatives comme la numérisation des démarches administratives soient saluées par Yan Chantrel, il reste cependant critique : cela ne doit pas remplacer la relation humaine avec le service public : « la numérisation est une bonne chose, mais tout le monde n’y a pas accès. Il est essentiel de maintenir le lien humain pour répondre aux problématiques spécifiques. »
Relations franco-canadiennes : un partenariat à renforcer
Note invité se confie aussi sur les relations diplomatiques entre la France et le Canada, notamment avec la récente visite officielle du Premier ministre canadien, Mark Carney, à Paris. Yan Chantrel, qui préside le groupe d’amitiés au Sénat France-Canada, voit dans cette visite un signal fort de rapprochement.
Yan Chantrel, sénateur des Français de l’étranger @Sénat
D’ailleurs, notre interlocuteur souligne un point : « Le fait que le Premier ministre canadien ait choisi la France pour sa première visite officielle témoigne d’un acte majeur. C’est d’ailleurs la première fois qu’un Premier Ministre canadien ne se rend pas aux États-Unis pour sa première visite officielle »
« Le Canada a pris de l’avance sur des sujets de société, comme la question de la fin de vie. La France pourrait s’en inspirer »,
Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France
Et face à Donald Trump, Yan Chantrel déplore une France trop timide : « La France doit parler fort. Donald Trump est arrivé mieux préparé que la première fois. Il a un plan. Il essaie de détruire tout ce qui a été construit depuis la fin de la seconde guerre mondiale au niveau des relations internationales ». Or, dans cette situation il estime aussi que le Président Macron commet une faute : « Il faut arrêter de croire que les relations interpersonnelles pourraient faire entendre raison à Donald Trump. Celui-ci ne connaît que le rapport de force », constate-t-il.
S’inspirer du Canada pour la législation française
Puis, lorsqu’on demande à notre invité quel dispositif canadien pourrait inspirer la législation française, Yan Chantrel cite la législation sur la fin de vie, que le Canada a adoptée bien avant la France. « Le Canada a pris de l’avance sur des sujets de société, comme la question de la fin de vie. La France pourrait s’en inspirer », conclut notre invité, en soulignant que ce débat est un sujet crucial qui tarde à avancer en France.
Enfin, le sénateur partage sa position sur la décision de justice rendue à l’égard de Marine Le Pen. Yan Chantrel dit, entre autres, « la loi est la même pour toutes et toussans exception ».
Au micro Lesfrancais.press, Cécile Debray, présidente du Musée national Picasso à Paris depuis novembre 2021. Au cours de cette interview, elle partage notamment avec nous sa vision de l’art de Picasso et son impact culturel à travers l’exposition « Picasso for Asia – A Conversation ». Celle-ci est d’ailleurs présentée jusqu’au 13 juillet au M+ à Hong Kong. Cette initiative s’inscrit, entre autres, dans le cadre du French May, qui vise à établir un dialogue entre les œuvres de Picasso et l’art asiatique.
Une exposition innovante
L’exposition a été conçue en collaboration avec Suhanya Raffel, directrice du M+, et repose sur une rétrospective novatrice. Cécile Debray explique que l’objectif est de rendre hommage à Picasso tout en intégrant des chefs-d’œuvre asiatiques, afin de créer une expérience inclusive pour le public de Hong Kong. Les commissaires des deux musées ont travaillé ensemble pour sélectionner des œuvres qui soulignent des thématiques universelles comme le génie, la radicalité et l’étranger.
Rapprochements visuels et historiques
Au cours de cet entretien, Cécile Debray met l’accent sur l’importance du dialogue visuel entre les œuvres. Ce premier contact permet de rapprocher Picasso et les artistes asiatiques à travers des éléments iconographiques et émotionnels. Le catalogue de l’exposition propose également une réflexion sur la réception de Picasso en Asie, offrant ainsi une dimension historique à l’événement.
Renouveler la vision de Picasso
Arrivée à la tête du musée au moment des débats « Me too » et donc dans un contexte de questionnements autour de la figure de l’artiste et de ses relations aux femmes, la présidente du Musée Picasso souligne la nécessité de prendre en compte les débats contemporains liés à la sexualité et aux relations de Picasso. Elle souhaite repositionner l’œuvre de Picasso dans un cadre contextuel, montrant comment sa réception a évolué au fil des décennies, notamment durant les années 30 et la période du nazisme.
Renouveler la vision de Picasso
Un dialogue culturel
Outre la réalisation en elle-même, Cécile Debray voit l’art, et donc cette exposition, comme un moyen de favoriser le dialogue culturel entre l’Occident et l’Asie, surtout dans le contexte géopolitique actuel. Elle souligne que l’art a le pouvoir d’aborder des sujets complexes et d’évoquer des histoires partagées, ce qui est crucial dans le climat actuel.
Impact sur les artistes contemporains
De surcroît, l’exposition a le potentiel d’influencer les artistes contemporains asiatiques et leur relation à l’héritage de Picasso. Elle note que l’exposition précédente à Dakar a déjà prouvé que l’œuvre de Picasso inspire et fascine, et elle s’attend à ce que cette exposition à Hong Kong ait un impact similaire.
Son message aux visiteurs
Enfin, Cécile Debray insiste sur l’approche humble de cette exposition. Il ne s’agit pas simplement de présenter des chefs-d’œuvre, mais de créer un espace d’échange et d’apprentissage. Elle espère notamment que les visiteurs quitteront l’exposition avec une meilleure compréhension de Picasso et un désir de découvrir davantage son œuvre au musée de Paris. L’exposition « Picasso for Asia – A Conversation » s’annonce donc comme une plateforme d’échanges enrichissants entre cultures, offrant une nouvelle perspective sur l’art de Picasso et son rayonnement à l’échelle mondiale. Avec un autre projet pour le Musée Picasso en Chine…