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  • Le dollar et les apprentis sorciers

    Le dollar et les apprentis sorciers

    De manière surprenante, au sein des équipes de Donald Trump, la thèse du caractère négatif du rôle dominant du dollar est amplement partagée. Stephen Miran, le nouveau président du Council of Economic Advisors, est l’un des partisans les plus zélés de la remise en cause du dollar comme monnaie mondiale. Il estime que le dollar, en tant qu’actif de réserve international, conduit à son appréciation, ce qui pénalise l’économie américaine en favorisant la désindustrialisation. De 2005 à 2024, le poids de l’industrie dans le PIB est, en effet, passé de 12 % à 10 %.

    L’argument n’est pas nouveau. Dès les années 1960, l’économiste belge Robert Triffin soulignait que pour fournir au monde les liquidités nécessaires au commerce international, les États-Unis devaient inévitablement enregistrer des déficits extérieurs croissants, au risque de saper la confiance dans leur propre monnaie. Valéry Giscard d’Estaing parlera plus tard du « privilège exorbitant » du dollar. Ce privilège est désormais ouvertement contesté… depuis Washington.

    Le dollar s’est globalement renforcé depuis 2008

    En observant le taux de change du dollar depuis 1995, on constate que le billet vert s’est apprécié par rapport à l’euro depuis 2008, au yen depuis 2012, et au renminbi chinois depuis 2014. Par rapport à l’ensemble des principales devises, le dollar s’est globalement renforcé depuis 2008.

    Pour endiguer ce processus, le conseiller économique de Donald Trump propose de contraindre les partenaires économiques des États-Unis à vendre une partie de leurs réserves en dollars dans le but de provoquer une dépréciation de la monnaie américaine, sous la menace d’une hausse des droits de douane.

    @Adobestock
    @Adobestock

    La corrélation entre l’évolution du taux de change du dollar et le poids de l’industrie n’est cependant pas évidente. La faiblesse du billet vert entre 2004 et 2014 n’a pas enrayé la désindustrialisation. Par ailleurs, le poids du dollar dans les réserves de change mondiales décline : il est passé de 70 % en 1999 à 58 % en 2024.

    Des flux massifs de capitaux internationaux, qui financent à la fois les administrations publiques et les entreprises.

    Le dollar demeure un formidable atout pour l’économie américaine. Il permet aux États-Unis d’afficher en permanence un déficit de leur balance courante et d’accumuler une dette extérieure nette très importante. Le déficit courant américain s’est ainsi élevé à 4 % du PIB en 2024. La dette extérieure nette du pays est passée de 10 % à 80 % du PIB entre 2006 et 2024. Le rôle de valeur refuge du dollar attire des flux massifs de capitaux internationaux, qui financent à la fois les administrations publiques et les entreprises.

    Une large part des investissements dans le secteur des technologies de l’information et de la communication est d’ailleurs financée par des capitaux étrangers. Ces investissements sont passés de 3 % à 4 % du PIB entre 1995 et 2025, un niveau nettement supérieur à celui observé dans l’Union européenne.

    La montée en gamme de l’économie américaine a été rendue possible grâce au « privilège exorbitant » du dollar. Si celui-ci venait à être remis en cause en tant qu’actif de réserve mondial, les États-Unis seraient contraints d’équilibrer leur balance courante. Un tel rééquilibrage s’accompagnerait vraisemblablement d’une récession, avec à la clé une baisse des investissements.

    La montée en gamme de l’économie américaine a été rendue possible grâce au « privilège exorbitant » du dollar.

    La critique du dollar, jadis apanage de puissances émergentes comme la Chine ou la Russie, rejoint aujourd’hui les rangs d’un nationalisme économique américain qui confond dépendance et puissance. Dans ce domaine, toute initiative unilatérale comporte un risque de retour de flamme.

    La Chine, les BRICS, voire certains pays du Golfe, travaillent déjà à contourner le dollar dans leurs échanges. Si les États-Unis eux-mêmes s’engagent dans cette direction, ils pourraient perdre plus qu’ils ne pensent gagner. En jouant avec la monnaie, les apprentis sorciers finissent souvent par se brûler les doigts.

  • Le simulateur d’imposition sur les revenus 2024 pour les non-résidents

    Le simulateur d’imposition sur les revenus 2024 pour les non-résidents

    Connaissez-vous le groupe sur Facebook des non-résidents contribuables en France ? Acteur incontournable depuis la réforme fiscale de 2018, ils ont su 7 ans réunir politiques, administration et citoyens autour d’une table, faisant évoluer peu à peu la fiscalité des Français de l’étranger. Mieux, ils ont acquis la confiance de tous les acteurs. Né à la frontière franco-belge, porté par de simples citoyens mais engagés, ce groupe Facebook compte plus de 3000 membres. Sous le contrôle de la cellule du ministère dédiée à l’imposition des Français de l’Etranger (DINR), les bénévoles du groupe, ont créé un outil complet pour les Français contribuables non-résidents. Cette année, comme à chaque printemps, Lesfrancais.press, et nouveauté de l’année l’app financière dédiée aux expatriés France Pay, s’associent à ces citoyens engagés en vous faisant découvrir ce simulateur d’imposition sur les revenus 2024.

    Et on remercie, encore une fois, ces bénévoles pour leur travail, qui a permis la création de ce simulateur des impôts 2024 que nous vous présentons aujourd’hui.

    La déclaration, une épreuve ?

    Ouverte depuis quelques jours, la campagne de collecte des déclarations de revenus 2024 bat son plein.

    Depuis plusieurs années cette période de déclarations des revenus est une épreuve pour la plupart des non-résidents. L’exercice qui devrait être simple s’avère parfois complexe. Compte tenu des multiplicités de situations particulières pour lesquelles l’administration ne répond que partiellement à celles-ci.

    Calendrier fiscal 2025
    Calendrier fiscal 2025

    Le groupe Facebook des non-résidents est dans cette séquence, très actif pour aider ses membres à remplir au mieux leurs déclarations. En effet, ils disposent d’une expérience pratique et personnelle dans cet exercice singulier.

    Trop souvent encore le recours aux services de l’administration sont insatisfaisants laissant le contribuable se débrouiller pour valider sa déclaration de revenus.

    Simuler l’impôt des revenus pour un non-résident est indispensable. Et le devoir d’information du public par les fonctionnaires de l’état est un devoir qui peine à être appliqué.


    Accéder au simulateur d’impôts

    Mode d’emploi du simulateur

    Il est très IMPORTANT de vous rappeler que pour le confort de tous, vous :

    1/ devez attendre que la personne qui est en cours d’utilisation arrête sa simulation (vous pouvez voir combien de personnes sont connectées en simultané en haut à droite). Attendez votre tour !

    2/ devez uniquement entrer vos données dans la partie orange du simulateur (ne rien toucher aux autres parties ou onglet, vous devez rester sur l’onglet « informations » et surtout pas en ouvrir ou créer d’autres !!!). Dans la partie orange bien sélectionner votre situation et pour le nombre de parts si 1/2 part, mettre un « , » comme séparateur et PAS un « . »

    3/ devez effacer les chiffres que vous avez entrés dans la partie orange de l’outil quand vous avez fini (AUCUNE AUTRE PARTIE ne doit être touchée et renseignée) afin de laisser la place à l’utilisateur suivant.

    4/ NE DEVEZ SURTOUT PAS COUPER ou COPIER ou COLLER quoi que ce soit dans ce document. Si vous le faites ça le fera éventuellement boguer et ce n’est vraiment pas sympa pour ceux qui veulent ensuite l’utiliser donc AUCUN COUPER / COPIER / COLLER dans ce document sous aucun prétexte. 

    Vous tapez dans la partie orange vos données. Vous notez les résultats sur un papier à la main mais en aucun cas vous ne faites des COUPER OU COPIER OU COLLER

    <= ATTENTION !!!! Pour les demi-parts veillez à bien utiliser
    LA VIRGULE comme séparateur ET NON PAS un point

    Se faire accompagner

    L’utilisation du simulateur n’est pas une garantie. Dans les situations complexes, il est conseillé de se faire accompagner par un professionnel. Les cabinets dédiés aux expatriés sont nombreux, une simple recherche sur Google vous permettra d’accéder à de nombreux professionnels. Il est important de naviguer sur les forums pour prendre connaissance des avis sur ces acteurs. Car de nombreux « escrocs » pupulent aussi sur le web.

    Simulateur d'impôts 2025
    Simulateur d’impôts 2025

    Les banques aussi proposent des accompagnements. Comme la banque Transatlantique, qui est dédiée aux hauts patrimoines, prévoit une large palette de services. Pour le plus grand nombre, il existe désormais France Pay, ouverte à tous les Français de l’étranger quel que soit leurs pays de résidence et sans condition de revenus. L’application bancaire vous donnera accès directement depuis la page d’accueil au simulateur. Vous pouvez aussi demander un rendez-vous avec les conseillers. Ces derniers pourront répondre aux questions élémentaires ou vous introduire auprès de Christian Barbieux, fiscaliste basée en Espagne. Ce spécialiste de l’imposition des non-résidents pourra vous accompagner que vous soyez installé(e) en Europe ou ailleurs.

  • Emmanuel Macron avec les 40 000 Français de Madagascar 

    Emmanuel Macron avec les 40 000 Français de Madagascar 

    À l’occasion du déplacement présidentiel de ce 23 avril 2025, Lesfrancais.press a interrogé Jean-Hervé Fraslin un de nos compatriotes qui est installé sur l’île depuis plus de 35 ans. Membre du MoDem, il est conseiller des Français de l’étranger élu à Madagascar et Président du Conseil consulaire. Il est également Président de la Commission de l’enseignement, de la culture, de la Francophonie et de l’audiovisuel extérieur à l’AFE et administrateur de la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Il souhaiterait, entre autres, indiquer « au Président de la République que les orientations qu’il a annoncées à l’AFE en 2017 ne sont encore que partiellement mises en œuvre ».

    Lesfrançais.press : « Pourriez-vous nous présenter en quelques mots les Français(es) de Madagascar ? »

    Jean-Hervé Fraslin : « Nous sommes entre 35 000 et 40 000 Français établis à Madagascar, dont seulement 17 500 inscrits au consulat, sur le registre des Français établis hors de France, chiffre en légère hausse ces deux dernières années. Si une majorité possède aussi la nationalité malgache, qu’elle soit d’origine locale ou indienne ou réunionnaise, notre communauté est composée de groupes très divers : Français établis sur la Grande île depuis plusieurs générations, Français venus pour une mission professionnelle et ayant choisi de rester pour travailler dans ce beau pays où l’on se sent utile, comme c’est mon cas depuis 35 ans.

    « Les Français de Madagascar constituent le groupe le plus nombreux parmi les investisseurs étrangers directs »

    Jean-Hervé Fraslin, Président du Conseil consulaire des Français de Madagascar, membre de l’AFE

    Beaucoup deviennent de petits entrepreneurs contribuant au dynamisme économique du pays. Mais nous avons des expatriés nomades des grandes entreprises ou des organisations internationales, des aventuriers souvent adeptes du télétravail et aussi beaucoup de retraités aux revenus modestes qui s’établissent à Madagascar en raison des bonnes conditions climatiques et d’un coût de la vie attractif mais aussi de l’hospitalité de beaucoup de malgaches qui restent très majoritairement francophiles malgré les manipulations internes ou externes qui s’accroissent. Les Français de Madagascar constituent le groupe le plus nombreux parmi les investisseurs étrangers directs et nous sommes probablement plus de 4 000 français entrepreneurs ou cadres dirigeants venus de France et plus de 10 000 avec nos compatriotes binationaux. Nous sommes donc des créateurs d’emploi, des formateurs et des contributeurs significatifs aux recettes fiscales et aux exportations de Madagascar.

    Jean-Hervé Fraslin, Président du conseil consulaire à Madagascar et Président de la Commission éducation à l'AFE
    Jean-Hervé Fraslin, Président du conseil consulaire à Madagascar et Président de la Commission éducation à l’AFE

    Enfin, nous disposons d’un beau réseau scolaire auquel je suis particulièrement attaché car il a permis à mes quatre enfants d’y suivre une scolarité de qualité, à Antsirabe d’abord puis à la capitale. Avec 25 établissements homologués, nos écoles accueillent environ 14 000 élèves, et la demande progresse (+21% depuis 2018). Parmi ces élèves environ 4000 français dont plus de la moitié sont boursiers ce qui indique qu’à Madagascar résident beaucoup de familles françaises aux revenus très modestes, dont des centaines vivent dans la précarité. Elles bénéficient du soutien du service social du Consulat, très actif et bien relayé par une douzaine d’Organismes locaux d’entraide et de solidarité (OLES) que nous soutenons avec constance. »

    Lesfrancais.press : « Le président Macron, a-t-il prévu une rencontre avec les élus et la communauté française ? Qu’attendez-vous de cet échange ? »

    Jean-Hervé Fraslin : « Oui, une rencontre avec la Communauté française est prévue ce mercredi 23 avril à 18H00. Les Conseillers des Français de l’étranger sont invités et seront au premier rang, avec la possibilité d’échanger quelques mots avec le Président. Mais nous aurons surtout deux séances de travail avec des membres de la délégation qui l’accompagnent :

    • un déjeuner ce mercredi avec des parlementaires et des élus des collectivités françaises de l’océan Indien, Réunion et Mayotte, en présence du Préfet de La Réunion
    • une séance de travail le jeudi 24 au matin avec Thani Mohamed Soilihi, Ministre délégué auprès du Ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

    Nous présenterons au Président les grands traits de notre communauté et son attachement au pays qui nous accueille. Notre communauté est très diverse. En choisissant de vivre et de travailler à Madagascar, nous avons lié nos destins personnels et familiaux à celui de la plus grande île de l’océan Indien. Nos intérêts humains et économiques convergent et nous attendons des rencontres de cette semaine une plus grande fluidité dans la circulation des personnes et des marchandises avec les îles voisines, en premier lieu avec La Réunion. Cette attente est clairement exprimée par nos amis malgaches et nous souhaitons que la France y apporte des réponses pragmatiques.

    « J’aborderai aussi la vive préoccupation des Français de Madagascar qui se voient trop souvent refuser l’accès aux hôpitaux réunionnais, même lorsqu’ils disposent d’assurances maladies françaises comme la CFE »

    Jean-Hervé Fraslin, Président du Conseil consulaire des Français de Madagascar, membre de l’AFE

    L’enregistrement des demandes de visas dans les villes de province dotées d’aéroports internationaux, la réduction des délais, la délivrance de visas de circulation à tous ceux qui respectent les règles et ont des liens familiaux ou économiques avec notre pays ainsi que la facilitation de la mobilité professionnelle attendue par les entreprises françaises.

    Jean-Hervé Fraslin, Président du conseil consulaire à Madagascar et Président de la Commission éducation à l'AFE
    Jean-Hervé Fraslin, Président du conseil consulaire à Madagascar et Président de la Commission éducation à l’AFE

    Avec le Préfet de La Réunion, j’aborderai aussi la vive préoccupation des Français de Madagascar qui se voient trop souvent refuser l’accès aux hôpitaux réunionnais, même lorsqu’ils disposent d’assurances maladies françaises comme la CFE (Caisse des Français de l’étranger). En 35 ans de présence à Madagascar, j’ai vu les délais d’obtention des autorisations des EVASAN (évacuation sanitaire) passer de quelques heures à plusieurs jours, ce qui a provoqué de nombreux décès de compatriotes qui auraient pu être sauvés et des pertes de chances dans beaucoup de cas de problèmes cardiaques, vasculaires ou rénaux. Nous sommes passés d’une seule autorisation préalable, celle de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) à une dizaine dont certaines attendues pendant des jours de services qui ne répondent pas au téléphone. Je demande clairement que dans l’esprit de simplification de la bureaucratie annoncé par le Premier ministre François Bayrou le 21 mars, nous revenions rapidement à des EVASAN réalisables en quelques heures. »

    Lesfrancais.press « Concrètement Jean Hervé Fraslin, quels sont les sujets sur lesquels vous souhaiteriez attirer l’attention du Président de la République ?

    Jean-Hervé Fraslin : « Les services consulaires s’étaient effondrés pendant la période de la crise sanitaire. Depuis 2022, l’accessibilité et la qualité se sont améliorées mais pour certaines démarches les délais sont encore beaucoup trop longs. À Madagascar, les Français subissent des délais qui peuvent être de 6 mois à 5 ans pour des services qui ailleurs sont fournis en quelques semaines.

    « Si la France maintient ses exigences elle doit mettre les moyens humains au niveau requis par les particularités locales »

    Jean-Hervé Fraslin, Président du Conseil consulaire des Français de Madagascar, membre de l’AFE

    Nous attirerons l’attention du Président sur la nécessité de renforcer les équipes du Consulat général de France à Tananarive pour tenir compte des difficultés particulières du traitement de certaines démarches, notamment en raison des exigences de vérification des actes d’état-civil pour des transcriptions ou l’octroi de visas long séjour.  Si la France maintient ses exigences elle doit mettre les moyens humains au niveau requis par les particularités locales pour que les délais de délivrance des actes transcrits ou des visas redeviennent humainement acceptables.

    « J’indiquerai au Président de la République que les orientations qu’il a annoncées à l’AFE en 2017 ne sont encore que partiellement mises en œuvre »

    Jean-Hervé Fraslin, Président du Conseil consulaire des Français de Madagascar, membre de l’AFE

    Pour le réseau de l’enseignement français à Madagascar, je soulignerai la forte attente d’un enseignement français accessible et de qualité. Une grave erreur a été commise dans les années 2010 à 2017 en réduisant le soutien à nos écoles, notamment en province : 5 écoles ont été déconventionnées, 2 sections de lycées ont été fermées, 4 homologations ont été retirées, les effectifs d’enseignants détachés ont été excessivement réduits.

    Depuis 2017 la tendance s’est inversée mais le soutien reste insuffisant et trop concentré sur la capitale, alors que près de la moitié de la population française vit hors de Tana et que les élites régionales souhaiteraient scolariser leurs enfants dans le système français pour des raisons d’ouverture, de multilinguisme et d’accès à l’enseignement supérieur. Les écoles, collège et lycées à gestion associative parentale sont particulièrement mal traités par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) qui dialogue insuffisamment avec les parents d’élèves gestionnaire et ne prend pas assez en considération leurs observations notamment sur les coûts et sur la qualité de l’enseignement. J’indiquerai donc au Président de la République que les orientations qu’il a annoncées à l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) en 2017 ne sont encore que partiellement mises en œuvre et que des progrès significatifs doivent encore être réalisés. »

  • Après le dollar, l’heure de l’euro.

    Après le dollar, l’heure de l’euro.

    Ancien ministre de l’Économie et des Finances, aujourd’hui professeur à l’Université de Lausanne, Bruno Le Maire a récemment partagé dans le journal suisse Le Temps une tribune sur l’avenir de l’Euro. Afin de s’adresser aux Français de l’étranger, il a choisi Lesfrancais.press.

    Le roi dollar vacille. Il reste la première monnaie de réserve au monde. La plus grande part des échanges de matières premières comme le pétrole ou le gaz restent libellés en dollars. Et pourtant : le roi dollar vacille sur son trône, sous les coups de ses propres sujets, le président des Etats-Unis et son administration en tête. Le dollar baisse, les autres monnaies montent, on parle de retraits massifs des investisseurs chinois et japonais sur les bons du Trésor américain.

    Il faut dire que les coups sont rudes : augmentation brutale des tarifs douaniers, embargo sur les produits chinois, menaces contre ses propres alliés, reculs tactiques qui ne parviennent pas à effacer l’impression croissante que l’anarchie règne à Washington. Wall Street n’aime pas l’anarchie. Le reste du monde non plus. Résultat : une perte de confiance généralisée.

    Pour les Européens, la question devient de plus en plus pressante : que faire ?

    Ils peuvent venir à la rescousse du dollar, dans un effort désespéré pour sauver l’ordre international de 1945, en ruines. La demande vient directement de la Maison Blanche, qui a inventé cette idée fumeuse de bons du Trésor à 100 ans et sans intérêt. Le deal est clair : vous financez notre dette en achetant ces bons du Trésor, en échange de quoi vous échapperez aux tarifs douaniers. Étonnant cette nouvelle manie des Américains de mettre le pistolet sur la tempe de leurs alliés. Étonnant et révoltant.

    Autre possibilité : devenir adultes.

    Car en réalité, l’affaiblissement du dollar est structurel. La confiance a été sapée, les investisseurs cherchent de nouveaux refuges, chacun voit la dérive des trois grands continents économiques et financiers – Etats-Unis, Chine, Europe – prendre de vitesse les prévisions les plus radicales. Derrière le monde unipolaire du dollar pointe déjà le monde tripolaire. Pour la première fois depuis 1945, les Européens ont entre les mains une opportunité unique de faire de l’euro une monnaie de référence mondiale – une opportunité unique de devenir adultes.

    Quel intérêt ?

    Un intérêt politique : plus les échanges seront libellés en euro, plus les États européens disposeront de leviers de négociation avec leurs partenaires commerciaux, Etats-Unis compris. Nous pourrons enfin importer du gaz et du pétrole, dont nous avons encore besoin pour des décennies, sans risque de change. Nous étions une grande puissance commerciale mais une petite puissance financière, nous pouvons être une grande puissance commerciale et une grande puissance financière. Autrement dit : une grande puissance politique, capable de faire respecter ses intérêts économiques trop souvent bafoués, en Chine notamment.

    Un intérêt financier : nous pourrons lever de la dette en commun à des taux bas, nous pourrons donc financer nos investissements à un prix abordable. Pour avoir négocié avec mon homologue allemand Olaf SCHOLZ en 2020 la première dette en commun de notre histoire européenne, avec le soutien résolu d’Angela MERKEL et d’Emmanuel MACRON, je peux témoigner que cette solution autrefois taboue a changé la donne en Europe. Elle a sauvé nos économies. Elle a accéléré leur redressement. Pourquoi ce que nous avons su faire en défensif, nous ne le ferions pas en offensif ? Car devant nous se dresse un mur d’investissements que nous ne pourrons financer que collectivement et dont dépend notre avenir au 21ème siècle.

    @Adobestock
    @Adobestock

    Les Européens se trouvent devant une alternative simple : investir ou mourir. Investir dans l’IA pour améliorer notre productivité et donc offrir enfin de meilleurs salaires à ceux qui travaillent, investir dans la défense pour garantir notre sécurité, investir dans une constellation satellitaire pour que demain nos communications ne dépendent pas du réseau Starlink et de l’humeur de son propriétaire Elon MUSK, investir pour préserver notre indépendance dans les semi-conducteurs qui sont le nouveau pétrole de l’économie mondiale et sans lesquels rien, absolument rien, ne peut plus fonctionner dans nos vies quotidiennes.

    Investir ou mourir, par dépérissement de nos économies et affaiblissement de notre sécurité, qui conduiront inéluctablement à des explosions sociales et à des catastrophes politiques.

    Alors comment avancer rapidement et résolument vers un euro de référence ?

    Trois étapes.

    La première : donner de la profondeur et de la liquidité au marché de la dette européenne. Pour cela, une décision immédiate pourrait être de fondre en un seul titre les titres de dette de la Banque européenne d’investissement (BEI) et les titres de la première dette en commun déjà mentionnée (NGEU). Le Conseil pourrait aussi demander à la Commission d’étudier la mise en commun de toutes les dettes nationales au-dessus d’un plafond de 50% d’endettement. Une nouvelle émission de dette en commun pourrait enfin être discutée. Autant de décisions qui accélèreront la création d’un marché attractif de la dette européenne, en complément des marchés de dette nationaux.

    Deuxième étape : l’union des marchés de capitaux. En 7 ans de travail acharné sur ce sujet, je reconnais n’avoir enregistré que des avancées modestes. Et pourtant : sans cette union financière, nous pouvons oublier la diversification de notre industrie, le financement des investissements les plus risqués, le soutien à nos start-up les plus innovantes, le développement de nos laboratoires de recherche. Un jeune entrepreneur de la biotech me disait récemment : « 100 millions, on les trouve en Europe, 1 milliard, on les cherche à l’étranger ». Voulons-nous vraiment rester les incubateurs de technologies dont le développement industriel se fera hors de nos frontières ? Fin 2025, un groupe d’États volontaires emmenés par la France et par l’Allemagne devra avoir mis en place cette union financière. Les autres suivront. Un allègement des règles prudentielles sur les assureurs (Solvency 2) et sur les banques (Bâle 3) devra accompagner ce mouvement – faute de quoi un large part de notre épargne européenne continuera de financer le développement économique américain.

    Troisième étape : de nouveaux moyens de paiement. Comment pouvons-nous avoir la moindre prétention à l’indépendance quand 80% de nos paiements sont effectués par Visa, Mastercard ou PayPal – soit des cartes ou des terminaux américains ? Il est temps de nous doter de moyens de paiement européens. Dans la foulée, comme le suggère la BCE, nous devons accélérer la mise en place d’un euro numérique, qui participera lui aussi de la nouvelle puissance de notre monnaie commune.

    Hier le monde tournait en orbite autour du dollar. Demain trois pôles d’attraction financiers pourraient voir le jour : le dollar, le Yuan et l’euro. Si les Européens saisissent leur chance, ils disposeront d’une monnaie de référence qui sera une arme décisive pour défendre leurs intérêts et leur vision du monde. Dans ce monde qui naît, nous pouvons envisager des partenariats alternatifs forts, notamment avec l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud. Mais pour le faire d’égal à égal, nous devons gagner en puissance : une monnaie de référence en est le meilleur instrument.

    Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie et des Finances, professeur à l’Université de Lausanne

  • Les compagnies aériennes les plus sûres en 2025

    Les compagnies aériennes les plus sûres en 2025

    Alors qu’on se rapproche de la saison estivale, synonyme de grande transhumance pour les Français qu’ils soient des résidents ou non, on a décidé de partager avec vous, les expatriés et autres Français de l’étranger, le classement d’AirlineRatings, dédié compagnies aériennes les plus sûres. Car dans un contexte, où la sécurité aérienne demeure une préoccupation majeure pour les voyageurs, ce classement mondial tombe à pic.

    Quelle méthodologie ?

    AirlineRatings utilise une méthodologie détaillée pour établir son classement, prenant en compte l’âge des avions, les audits de sécurité comme l’IOSA, le nombre d’incidents signalés et la formation des pilotes. Un autre élément clé est la rentabilité des compagnies, car une bonne santé financière favorise les investissements dans la maintenance et la modernisation des appareils.

    Air New Zealand, la référence mondiale

    Pour 2025, Air New Zealand décroche une nouvelle fois la première place du classement mondial. La compagnie néo-zélandaise est saluée pour son engagement exemplaire en matière de sécurité, soutenu par des innovations constantes dans la gestion des risques et la modernisation de sa flotte.

    Air New Zealand, la référence mondiale
    Air New Zealand, la référence mondiale

    Cette compagnie est suivie par Qatar Airways en seconde position, puis de Etihad Airways, Korean Air et Singapore Airlines en 3ᵉ, 4ᵉ et 5ᵉ position respectivement.

    Air France au-delà de la 25ème place

    Les transporteurs européens se distinguent également en occupant 7 places dans le classement des compagnies régulières et 8 places parmi les compagnies à bas coûts les plus sûres. À noter qu’Air France n’apparait pas dans ce classement.

    Voici leur classement détaillé :

    Compagnies régulières européennes : des valeurs sûres


    Classement mondial Compagnie aérienne Points forts
    10e Turkish Airlines (Turquie) Leader européen, aucun accident mortel depuis 2009, services à bord primés
    11e TAP Portugal (Portugal) Historique de sécurité exemplaire depuis 1977, programmes d’aide pour la peur de l’avion
    14e SAS (Suède, Danemark, Norvège) Fiabilité et tradition scandinave
    15e British Airways (Royaume-Uni) Excellence opérationnelle et gestion proactive des risques
    16e Iberia (Espagne) Améliorations notables en ponctualité et services à bord, première apparition dans le top 25
    17e Finnair (Finlande) Flotte modernisée, standards élevés de formation des équipages
    18e Lufthansa Group (SWISS)
    (Allemagne, Suisse)
    Expertise reconnue, gestion méthodique des risques
    Compagnies européennes à bas coûts : performances remarquables


    Classement mondial Compagnie aérienne Points forts
    3e Ryanair (Irlande) Aucun accident mortel en 40 ans, leader européen du low cost
    4e EasyJet (Royaume-Uni) Sécurité et modernisation régulière de la flotte
    7e Wizz Air (Hongrie) Flotte jeune et fiable, excellente gestion de la sécurité
    12e Norwegian (Norvège) Gestion exemplaire de la sécurité et des opérations
    13e Vueling (Espagne) Fiabilité renforcée, réputation croissante
    14e Jet 2 (Royaume-Uni) Excellent service client, absence d’accidents mortels
    20e Eurowings (Allemagne) Standards élevés dans le segment low cost, filiale de Lufthansa
    25e AirBaltic (Lettonie) Entrée remarquée grâce à une flotte récente et une gestion rigoureuse
  • Le PIFL : l’entraide à la française à Londres pour créer, réseauter, réussir

    Le PIFL : l’entraide à la française à Londres pour créer, réseauter, réussir

    Fondé en 2014, le PIFL (Professionnels Indépendants Francophones de Londres) est un réseaux professionnels leaders à Londres avec comme triptyque : créer, réseauter, réussir. Aujourd’hui, le groupe compte plus de 2 200 membres. Celui-ci prône l’entraide à la française dans la capitale britannique, et a pour objectif de faciliter la création, la mise en relation et le succès des projets. Pour cela chacun au PIFL partage son expérience, favorise les échanges et les collaborations pour soutenir des projets entrepreneuriaux, et les faire grandir.

    Cylia Rousset-Carpentier, entrepreneure indépendante et déléguée consulaire à Londres, a repris les rênes de cette structure en 2018. Pour Lesfrancais.press, elle nous présente ce réseau et le prochain événement prévu le 28 avril.

    Le moteur du PIFL, c’est l’entraide, concrète et bienveillante

    Chaque mois, le réseau PIFL (Professionnels Indépendants Francophones de Londres) organise régulièrement des événements variés, notamment des soirées spécifiques et des ateliers pratiques animés par des experts d’un domaine, tels que des spécialistes du marketing, de la législation, de la communication ou des ressources humaines.

    Cylia Rousset-Carpentier, entrepreneure indépendante et déléguée consulaire à Londres
    Cylia Rousset-Carpentier, entrepreneure indépendante et déléguée consulaire à Londres

    Ces rendez-vous se passent aussi sur les réseaux sociaux, notamment Facebook – qui demeure le cœur de la communauté – et désormais LinkedIn, où les membres échangent activement : ils posent des questions, partagent leurs recommandations et s’entraident pour faire progresser les différents projets de la communauté.

    « Nous avons décidé d’unir nos forces et nos réseaux pour créer une dynamique plus forte, ensemble »

    Cylia Rousset-Carpentier, PIFL

    Depuis 2018, Cylia Rousset-Carpentier, une entrepreneure française installée à Londres, a pris les rênes du PIFL, initialement lancé par une autre personne qui a depuis regagné Paris. Nous avons rencontré notre compatriote française alors qu’elle préparait le prochain événement de son groupe, prévu le lundi 28 avril à 18 h 30 au Holmes Hotel à Londres.

    « Nos secteurs sont variés, mais nous sommes tous à la fois prestataires et clients potentiels »

    Cylia Rousset-Carpentier, PIFL

    Fidèles à l’esprit du groupe, les événements visent avant tout à rassembler les entrepreneurs pour créer des synergies. Cylia Rousset-Carpentier nous explique ainsi, « récemment, j’ai rencontré Véronique Rapetti, qui animait de son côté la Jeune Chambre de Commerce franco-britannique. Ce groupe, très actif depuis une trentaine d’années, avait été mis en pause après la pandémie. Nous avons décidé d’unir nos forces et nos réseaux pour créer une dynamique plus forte, ensemble. »

    Une entraide vivante et pragmatique

    En effet, le moteur du PIFL, c’est l’entraide, concrète et bienveillante. « Le groupe Facebook compte aujourd’hui près de 25 000 membres. Même si tous ne sont pas actifs, cela constitue une base solide pour poser des questions, trouver des contacts, et échanger au quotidien », explique Cylia. Les événements mensuels, eux, permettent de passer du virtuel au réel. Dans une ambiance conviviale, freelances, auto-entrepreneurs ou dirigeants francophones se retrouvent pour réseauter, se recommander et collaborer.

    Une entraide vivante et pragmatique
    Une entraide vivante et pragmatique

    Au cours de ces rencontres, la diversité est au rendez-vous : coiffeurs, avocats, boulangers, graphistes, thérapeutes, restaurateurs ou créateurs d’objets, pour ne prendre que ces exemples, s’y croisent. « Nos secteurs sont variés, mais nous sommes tous à la fois prestataires et clients potentiels. L’idée, c’est de se soutenir, de se recommander, et d’avancer ensemble. »

    Un écosystème ouvert et pluriel

    Ouvert à toutes les générations et à tous les parcours, le réseau accueille aussi bien les jeunes qui se lancent que les professionnels expérimentés. « Certains quittent un emploi salarié pour devenir freelance, d’autres sont installés depuis des années », souligne Cylia.

    « Au PIFL, l’idée est que chacun puisse repartir enrichi — d’un outil, d’un conseil, ou d’une rencontre décisive »

    Cylia Rousset-Carpentier, PIFL

    Et loin d’être un club fermé réservé aux Français, le PIFL revendique son identité francophone et pluriculturelle : « Nous accueillons des membres venus du Canada, de Belgique, de Suisse, d’Afrique francophone… mais aussi des Britanniques francophiles, curieux du marché français. Cela permet des synergies inédites, et une ouverture naturelle vers le marché local. »

    Pitchs, partages et ateliers inspirants

    Au fil des soirées, le programme varie. « Nous avons récemment organisé un atelier « How to pitch », où trois entrepreneurs ont présenté leur projet devant les autres, avec des retours pour les aider à affiner leur discours. C’était un vrai moment d’apprentissage collectif. » C’est pourquoi, chaque rencontre s’ouvre notamment avec une intervention thématique : optimisation de profil LinkedIn, gestion des obligations fiscales en self-employed, stratégie de communication… L’idée ? Que chacun reparte enrichi — d’un outil, d’un conseil, ou d’une rencontre décisive

    Penser au-delà des frontières : rendez-vous le 28 avril

    Le prochain événement, prévu le lundi 28 avril à 18 h 30 au Holmes Hotel, s’annonce particulièrement inspirant. Le PIFL accueillera Noreen Burroughes Cesareo, fondatrice d’OWIT UK (Organisation of Women in International Trade) et directrice de l’agence Market Accents. Entrepreneure aguerrie et experte en stratégie, marketing et commerce international, elle viendra partager sa vision : « penser au-delà des frontières ». Son parcours, riche d’expériences entre grandes entreprises et projets entrepreneuriaux, offrira un éclairage précieux à celles et ceux qui souhaitent donner une nouvelle dimension à leur activité.

    Un réseau comme une ruche

    À l’image d’une ruche bourdonnante, le PIFL est donc un espace vivant, fait de talents variés, de projets en effervescence et de solidarité spontanée. Chaque événement, chaque échange sont de nouvelles alvéoles qui se construisent. Car à Londres, loin des siens, mais unis par la langue et les ambitions, les indépendants francophones ont compris une chose : seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin.

    Informations pratiques : 

    Networking for Francophone Entrepreneurs
    Holmes Hotel London, 83 Chiltern St, London W1U 6NF


    PIFL
    PIFL


    S’inscrire ici

  • Un choc de croissance contre le déficit public.

    Un choc de croissance contre le déficit public.

    Depuis 1973, en France, aucun budget n’a été exécuté à l’équilibre. Depuis les accords de Maastricht, les gouvernements successifs ne cherchent plus, à dégager un excédent, mais à maintenir le déficit juste en dessous de la barre des 3 % du PIB. En vingt ans, cet objectif n’a été atteint, par ailleurs, qu’à trois reprises. Nul n’imagine que la France puisse réitérer cet exploit relatif d’ici la fin de la décennie.

    Malgré l’absence de choc majeur, le pays connaît, en effet, une inquiétante dérive de ses comptes, de 2022 à 2024, le déficit étant passé de 4,7 % à 5,8 % du PIB. Pourtant, autour de nous, des pays autrefois considérés comme laxistes ont réussi à maîtriser leurs finances publiques. L’Italie a ramené son déficit de 7,2 % à 3,4 % du PIB entre 2023 et 2024. L’année dernière, l’Espagne a placé son déficit sous la barre des 3 %. Depuis deux ans, le Portugal dégage un excédent budgétaire.

    En France, la simple annonce d’une réduction des dépenses publiques de 40 milliards d’euros, sur un total de plus de 1 600 milliards d’euros, a provoqué une levée de boucliers générale. Personne ne se sent responsable de l’envolée des dépenses, ni du déficit. Les collectivités territoriales se déchargent sur l’État, et les citoyens trouvent des boucs émissaires faciles du côté de l’Europe, des riches, des étrangers ou des élus.

    Sur tous les grands postes budgétaires, la France dépense plus que ses voisins.

    La réalité est plus prosaïque qu’il n’y paraît. Sur tous les grands postes budgétaires, la France dépense plus que ses voisins, pour des résultats bien souvent décevants. C’est surtout sur le terrain des dépenses sociales que la France se démarque. Celles-ci représentent plus de la moitié des dépenses publiques. Celles liées à la retraite et à la santé sont à l’origine de la moitié des 1 000 milliards d’euros de progression de la dette publique entre 2017 et 2024. Leur hausse s’explique par le vieillissement démographique, phénomène qui n’épargne pas nos voisins, et qui est même parfois plus marqué chez eux.

    François Bayrou
    François Bayrou

    Non seulement la France dépense plus qu’ailleurs, mais travaille moins que ses voisins, un cocktail explosif… Le taux d’emploi y est inférieur de 7 points à celui de l’Allemagne. Moins d’emplois, c’est moins de création de richesse, donc moins de cotisations sociales et de recettes fiscales. Le volume de travail par salarié est également plus faible que dans de nombreux autres pays européens.

    Lors d’une conférence de presse le 15 avril dernier, le Premier ministre, François Bayrou, a pointé du doigt ce problème. S’il n’a pas osé remettre en cause les 35 heures ou certains jours de congé, il a néanmoins essuyé une volée de critiques. En France, c’est bien connu, chacun considère qu’il travaille davantage que son voisin… Or, sans réduction des dépenses, sans effort pour accroître le volume de travail, le déclin de la France ne peut que se poursuivre, avec à la clé un appauvrissement généralisé qui touche avant tout les plus modestes.

    Une part croissante de la population française est tirée vers le bas

    Au niveau mondial, la France ne figure plus parmi les 20 premières nations pour le PIB par habitant, alors qu’elle occupait la 7e place au début des années 1980. Au sein de l’Union, elle se situe tout juste dans la moyenne. Une part croissante de la population française est tirée vers le bas, en raison de la faiblesse des rémunérations, de la hausse du coût du logement et de celui des transports.

    En 2023, en France, 50 % de la population disposait d’un revenu médian inférieur à 2 100 euros. La fragmentation de la société rend tout assainissement en profondeur des comptes publics quasi impossible. La menace permanente d’une prochaine dissolution n’incite aucun parti politique à prendre des positions courageuses, par crainte de l’impopularité et d’une sanction dans les urnes. Le gouvernement évoque comme piste l’antienne des niches fiscales, mais leur suppression est reportée d’année en année.

    Imperceptiblement, l’idée que la France ne se réformera que sous la contrainte du FMI ou de la Commission européenne est de plus en plus partagée. Cette humiliation ne serait pas une première. Ce fut déjà le cas au début des années 1980, période durant laquelle la France fut contrainte de demander l’appui du FMI ou des États du Golfe pour régler ses problèmes de réserves de change — des problèmes depuis résolus avec la création de l’euro. Mais celui-ci ne pourra pas indéfiniment éviter à la France de se retrouver au bord du précipice.

    La solution passe par un choc de croissance.

    Comme le prouvent l’Espagne, le Portugal et la Grèce, la solution passe par un choc de croissance. À condition de lever certains blocages et de casser certaines rentes, la France dispose de nombreux atouts.

    Il est incompréhensible que la première destination touristique du monde n’en retire pas davantage de revenus. Dotée d’un vaste territoire peu densifié, d’un climat favorable et d’une large façade maritime, la France devrait accueillir un volume bien plus important d’investissements internationaux. La désescalade des dépenses publiques suppose un système gagnant. L’augmentation du volume de travail passe par une amélioration du salaire direct, accompagnée d’une diminution de certaines prestations sociales. Un vaste plan de construction et de réhabilitation de logements devrait viser une baisse significative du prix de l’immobilier.

    Les dérapages bugétaires
    Les dérapages bugétaires

    En matière de retraites, la généralisation du pilier d’épargne retraite à tous les actifs serait un moyen de limiter les déficits sociaux et d’orienter l’épargne nationale. Face à une dette croissante, un marché du travail sous tension et des dépenses sociales en hausse constante, les Français sont entre déni et inquiétude, entre résignation et colère. Le redressement des comptes publics et de l’économie vont pourtant de pair. Les difficultés des finances publiques sont en grande partie la conséquence de décisions publiques prises lors de ces quarante dernières années et qui bien souvent font l’objet d’un large consensus. La France ne pourra s’en sortir qu’en retrouvant le chemin de l’expansion.

  • Italie : la grande illusion fiscale

    Italie : la grande illusion fiscale

    Écouter le podcast avec Gaëlle Barré

    Alors que l’idée d’un « paradis fiscal » italien séduit de plus en plus de Français, les élus consulaires tirent la sonnette d’alarme. Dans une tribune transpartisane, les conseillers des Français d’Italie ont souhaité nuancer cette image idéalisée. La grande illusion fiscale colportée par certain est donc loin de la réalité. À notre micro, Gaëlle Barré, conseillère pour l’Italie du Sud et présidente du Conseil consulaire de Rome, alerte sur les vérités de l’imposition transalpine.

    Des Français confrontés au fisc italien

    « Lobjectif de cette prise de parole collective est avant tout dinformer nos compatriotes attirés par lItalie. explique Gaëlle Barré

    « Nous sommes régulièrement saisis par des Français installés en Italie (…) qui rencontrent de grandes difficultés avec l’administration fiscale italienne »

    Gaëlle Barré, présidente du Conseil consulaire de Rome

    En effet, ajoute notre invitée, « nous sommes régulièrement saisis par des Français installés ici, souvent des retraités, qui rencontrent de grandes difficultés avec ladministration fiscale italienne ». L’élue consulaire souhaite, comme l’ensemble des Conseillers des Français de l’étranger, partager son expérience du terrain en Italie et compléter ainsi le travail de sensibilisation mené par les institutions.

    Des Français confrontés au fisc italien
    Des Français confrontés au fisc italien

    « L’ambassade et les consulats se sont déjà saisis de ce souci et organisent régulièrement des réunions d’information très suivies par nos compatriotes, preuve de l’intérêt porté à ce sujet. »

    Des régimes attractifs… mais réservés à une élite

    Italie, eldorado fiscal : mythe ou réalité ? Un peu des deux. L’image d’un système fiscal avantageux repose sur l’existence de régimes spécifiques mis en place pour attirer une population bien ciblée. Les dirigeants, personnalités qualifiées ou contribuables fortunés. « Il ne sagit pas de pièges fiscaux », précise Gaëlle Barré, « mais dune politique dattractivité logique, qui offre des avantages à une minorité de personnes. »

    « Oui il existe une politique fiscale avantageuse pour des personnes très très fortunées et un régime fiscal ordinaire nettement moins avantageux pour les autres. »

    Gaëlle Barré, présidente du Conseil consulaire de Rome

    Pour les autres, le choc fiscal peut être brutal. « Ce serait plus juste de dire, oui il existe une politique fiscale avantageuse pour des personnes très très fortunées et un régime fiscal ordinaire nettement moins avantageux pour les autres. » En effet, pour Gaëlle Barré il est essentiel de rappeler que la grande majorité des personnes qui s’installent en Italie peuvent être imposées dans les deux pays. « Par exemple, elles vont payer des impôts sur leur retraite en France et en Italie. Ce nest pas une double imposition au sens strict, mais comme le taux est plus élevé en Italie, il y a un différentiel à régler », détaille Gaëlle Barré.

    Des régimes attractifs… mais réservés à une élite
    Des régimes attractifs… mais réservés à une élite

    Même chose pour le patrimoine immobilier ou les autres sources de revenus. Dès lors que l’Italie vous considère comme résident fiscal, les règles strictes de la fiscalité transalpine s’appliquent.

    Se préparer pour anticiper les difficultés

    Une reconnaissance qui peut avoir de lourdes conséquences. « Certains retraités se sont retrouvés contraints de vendre leur maison pour régler des dettes fiscales, d’autres ont cumulé plus de 50 000 euros d’arriérés parce qu’ils ont omis de déclarer certains revenus de source étrangère. Dans ce cas, l’administration fiscale peut être très pénalisante. »

    « Certains retraités se sont retrouvés contraints de vendre leur maison pour régler des dettes fiscales »

    Gaëlle Barré, présidente du Conseil consulaire de Rome

    Face à ces risques, Gaëlle Barré n’a qu’un seul conseil : ne pas partir sans se renseigner. « Beaucoup de gens ne contactent ni le consulat, ni les élus, encore moins un expert-comptable. Pourtant, il est crucial de bien évaluer le montant des impôts futurs quelle que soit leur nature », insiste-t-elle.

    Vers une meilleure coopération franco-italienne

    Par ailleurs, l’élue rappelle que différentes démarches ont été engagées auprès des autorités françaisesNous avons saisi de nombreuses personnalités politiques dont le Ministre délégué aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, qui a organisé, le 2 avril dernier, une réunion sur ce sujet avec la députée de notre circonscription Caroline Yadan. »

    Par ailleurs, précise aussi Gaëlle Barré « la sénatrice Hélène Conway a par ailleurs posé une question au gouvernement et les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger sont pleinement mobilisés. L’idée est de clarifier la convention fiscale bilatérale entre la France et lItalie et de trouver des accords avec l’administration italienne pour accompagner au mieux les personnes qui actuellement se trouvent en situation de redressement. »

    En somme, une meilleure information et une bonne préparation sont les petits prix à payer pour que la dolce vita ne tourne pas au cauchemar fiscal.

  • L’assurance retraite à l’étranger : continuez à cotiser comme en France

    L’assurance retraite à l’étranger : continuez à cotiser comme en France

    S’expatrier ne signifie pas renoncer à ses droits à la retraite en France. La Caisse des Français de l’Étranger (CFE) permet aux expatriés de continuer à cotiser à la retraite de base comme s’ils étaient toujours en France. Une solution simple et efficace pour préserver vos droits et anticiper votre retour.

    Pourquoi souscrire à l’assurance retraite de la CFE ?

    Lorsque vous partez vivre à l’étranger, vous n’êtes plus automatiquement affilié au système de Sécurité sociale français. Cela signifie que vous ne cotisez plus, sauf si vous prenez une initiative volontaire pour le faire.

    Caisse des Français de l'étranger
    Caisse des Français de l’étranger

    Grâce à l’assurance vieillesse volontaire proposée par la CFE, vous pouvez maintenir le lien avec le régime général. Vos cotisations sont directement transférées à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV). Ainsi, vous continuez à acquérir des trimestres de retraite et à valider des droits.

    L’avantage ? Vous évitez toute interruption de carrière dans vos relevés de retraite, ce qui peut impacter le montant de votre future pension.

    Qui peut en bénéficier ?

    L’assurance vieillesse volontaire s’adresse à plusieurs profils :

    1. Les salariés expatriés : vous travaillez à l’étranger pour une entreprise locale ou êtes détaché hors Union européenne ? Vous pouvez adhérer à la CFE et continuer à cotiser pour votre retraite française.
    2. Les personnes sans activité à l’étranger : si vous ne travaillez pas mais avez été affilié au régime de retraite français pendant au moins 6 mois avant votre départ, et que vous en êtes sorti depuis moins de 6 mois, vous êtes éligible.
    3. Le chargé de famille : vous avez à charge au moins un enfant de moins de 20 ans et avez été affilié pendant au moins 5 ans à un régime de Sécurité sociale en France ? Vous pouvez également cotiser volontairement via la CFE.

    Combien coûte l’assurance retraite de la CFE ?

    Le montant de la cotisation dépend de votre revenu annuel et du plafond de la Sécurité sociale. Le barème est disponible sur notre site.

    Quelle différence entre retraite de base et retraite complémentaire ?

    • La CFE vous permet de cotiser uniquement à la retraite de base (CNAV).
    Dossiers expatriés
    Dossiers expatriés
    • Pour cotiser à la retraite complémentaire, vous pouvez vous tourner vers des organismes partenaires comme Malakoff Humanis, avec lequel la CFE a noué un partenariat.

    Pour une retraite plus complète, l’idéal est de combiner les deux.

    Pour plus d’informations :


    Contacter la CFE


    Site web de la CFE

  • Quels scenarios économiques après le coup de Donald Trump ?

    Quels scenarios économiques après le coup de Donald Trump ?

    Le 2 avril 2025 pourrait devenir non pas le « libération day » mais le « disruption day », le jour où l’économie mondiale est entrée dans un nouveau cycle sur fond de fragmentation et de protectionnisme. Ce cycle pourrait mettre un terme à celui ouvert en 1989 avec la chute du Mur de Berlin qui marqué l’entrée dans l’ère de la mondialisation. Ce dernier cycle était ébréché depuis la crise financière de 2008 et la guerre en Ukraine. L’augmentation des droits de douane aux États-Unis et les mesures de représailles ont et auront des incidences sur le cours de la conjoncture. Celles-ci seront plus ou moins importantes en fonction du résultat des négociations entre les États-Unis et leurs partenaires.

    La spirale protectionniste, un scenario catastrophe

    Plusieurs scénarios peuvent être ainsi envisagés. Scénario A : la spirale protectionniste Le scénario catastrophe repose sur une absence d’accords entre les États-Unis et leurs partenaires économiques et l’enclenchement d’une spirale de droits. Le commerce international pourrait alors connaître un recul marqué. L’inflation augmenterait aux États-Unis mais aussi dans les autres pays. Une récession mondiale serait fortement probable.

    La décision de la Chine d’appliquer des droits de douane de 34 % en représailles de ceux des États-Unis a amené ces derniers à surenchérir en portant le taux à 104 % pour les importations chinoises. Compte tenu de l’éclatement des chaînes de valeurs, ces taux peuvent entraîner des conséquences majeures au niveau mondial sur de nombreux produits qui incorporent des éléments venant d’un grand nombre de pays. L’Europe s’est interdite, pour le moment, de répliquer en recourant à un relèvement massif des droits de douane. Dès le départ, elle a opté pour la voie de la négociation et a laissé le temps au temps. Les évènements semblent lui donner raison.

    Scénario B : le protectionnisme régulé

    50 pays auraient engagé des négociations avec les États-Unis afin d’obtenir des aménagements des droits de douane contre des concessions. Donald Trump entend, de la sorte, rééquilibrer la balance commerciale des États-Unis en optant pour un système de quasi-troc niant la théorie des avantages comparatifs et de la spécialisation internationale. Les droits pourraient se situer, après négociation, autour de 16/20 %. Ces accords pourraient néanmoins permettre une moindre attrition du commerce international.

    @Adobestock
    @Adobestock

    Cette voie a pris forme avec la décision, le 9 avril dernier, de Donald Trump de sursoir à l’application de son plan de majoration des droits de douane sauf pour la Chine. L’application des droits de douane dits réciproques semble vouloir jouer la carte de la négociation. C’est le scénario le plus probable.

    Un retour à bonne fortune

    Sur pression du Congrès et du monde des affaires, Donald Trump pourrait infléchir progressivement sa politique commerciale. En cas de tensions inflationnistes et de perte de pouvoir d’achat pour les ménages américains, il pourrait réduire de manière ciblée les droits de douane. Progressivement, les échanges reprendraient et les effets sur la croissance seraient amortis d’ici le milieu de l’année 2026.

    Au Congrès, des démarches bipartisanes ont été engagées afin de reprendre la main sur la politique commerciale. Cependant pour mettre un veto sur les décrets du Président, un vote des deux tiers des membres est nécessaire. En l’état, cette hypothèse ne semble pas crédible. Les parlementaires restent pour le moment tétanisés face à Donald Trump. Leur crainte est que ce dernier favorise des candidats contre des élus qui ne suivraient pas sa politique. Le scénario à bonne fortune n’est donc pas, actuellement, dominant.

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