Le programme européen d’investissement dans le domaine de la défense (EDIP) a franchi une étape importante au Parlement européen lors d’un vote jeudi 24 avril.
L’EDIP, présenté par la Commission européenne en mars 2024 avec un budget proposé de 1,5 milliards d’euros, a pour objectif d’assurer la préparation de l’industrie de la défense de l’UE de manière plus structurée et à plus long terme qu’actuellement.
Le vote, qui a eu lieu au sein des commissions de l’Industrie (ITRE) et de la Défense (SEDE) du Parlement ouvre la voie à de futures négociations avec les États membres réunis au Conseil de l’UE. Les discussions devraient débuter cet été.
L’eurodéputé polonais de centre-droit Andrzej Halicki (Parti populaire européen, PPE) avait demandé le report du vote au début du mois de juin au motif que le texte pouvait encore être amélioré « dans une mesure modeste mais importante ».
Cependant, François-Xavier Bellamy co-rapporteur du dossier et lui aussi membre du PPE, s’est opposé à cette demande. « Il est important que le Parlement ne reporte pas le processus », a-t-il insisté.
Le texte, largement soutenu par les Socialistes et Démocrates européens (S&D), les Verts et Renew (libéraux), avait de fortes chances d’être adopté. Cependant, jusqu’à la dernière minute, l’appui du PPE restait incertain.
Les eurodéputés ont eu deux mois pour débattre et amender le texte, après que le Parlement a invoqué la procédure d’urgence en mars pour accélérer l’adoption du programme.
Le vote, qui a eu lieu au sein des commissions de l’Industrie (ITRE) et de la Défense (SEDE) du Parlement ouvre la voie à de futures négociations avec les États membres réunis au sein du Conseil de l’UE. [European Union]
Un premier projet de texte avait été distribué aux législateurs il y a quelques semaines pour recueillir des amendements. Parmi ceux-ci figuraient une proposition de budget supérieur à 20 milliards d’euros et une préférence européenne marquée pour les contrats.
Ces dernières semaines, la question des critères d’éligibilité des projets pouvant bénéficier de l’enveloppe financière de 1,5 milliard d’euros de l’EDIP a suscité des débats parmi les eurodéputés de centre-droit.
Au cours des discussions sur le texte, les États membres ont fixé le seuil de contenu produit localement à 65 %. Mais dans leur version du texte, les députés européens l’ont porté à 70 %, a indiqué la Française Nathalie Loiseau (Renew) à Euractiv.
Augmenter le budget ?
Bien que le texte de l’EDIP ait été adopté, les députés européens des partis du centre s’accordent déjà sur le fait que l’enveloppe de 1,5 milliard d’euros est loin d’être suffisante.
« En fin de compte, 1,5 milliard d’euros ne suffisent à rien », affirme Ivar Ijabs (Renew).
Les législateurs tentent donc de trouver un moyen de dégager des fonds supplémentaires.
Les membres de la commission des Budgets (BUDG) du Parlement, qui se sont réunis mercredi 23 avril dans l’après-midi, ont proposé que les fonds européens non dépensés du budget à long terme actuel (le cadre financier pluriannuel, CFP) pourraient être réaffectés à l’EDIP.
La Commission européenne avait déjà proposé de rediriger des fonds destinés à des programmes existants vers l’industrie de la défense. Comme les fonds initialement prévus pour la politique de cohésion ou les technologies à double usage.
De plus, le Royaume-Uni, dont l’industrie de défense est étroitement liée à celle de l’UE, pourrait participer à l’EDIP.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer devrait signer un partenariat de sécurité avec le bloc lors d’un sommet de défense qui aura lieu à Londres le 19 mai prochain.
François a rejoint le Paradis. Croyants, infidèles, hypocrites, empathiques, tous le pleurent. Personne ne l’écoutait. Ni sur l’avortement et ses médecins « tueurs à gage », ni sur les migrants qu’il fallait tous accueillir, ni sur la guerre qu’il fallait arrêter même au bénéfice des agresseurs. Trump et Zelensky se mentent en public dans la Basilique saint Pierre. Personne n’écoutait le Pape, heureusement. Il est au-delà ! La religion est une affaire privée, croit-on. Il n’en est rien : une religion fabrique une civilisation. Même si la géopolitique des dieux est plus maline que celle des territoires.
Vue du ciel, voici la carte du monde : un tiers des humains sont chrétiens (31%), comme il y a vingt ans; comme dans vingt ans. Un peu plus que les Musulmans, parmi lesquels les « Arabes » ne sont que 18%. Les premiers pays musulmans sont l’Indonésie, l’Inde, le Pakistan. L’avenir de l’Islam est en Asie.
Croyants, infidèles, hypocrites, empathiques, tous le pleurent. Personne ne l’écoutait.
Cinq cultes seulement monopolisent la quasi-totalité des cœurs. Aux trois religions monothéistes, s’ajoutent l’Hindouisme, qui déborde de dieux sans jamais sortir de la péninsule indienne, et le Bouddhisme, qui l’a désertée pour la Chine.
La religion catholique est la seule à avoir un chef suprême, la seule à avoir un État. Le Collège cardinalice a hérité la pourpre du Sénat romain, les Papes coiffent la tiare impériale. En Occident, le pouvoir -rois, empereurs, villes, républiques- s’est construit dans les défauts de l’autorité papale. Jamais le Pape ne réussit à être le supérieur des Princes. Il fut, au mieux, un contre-pouvoir. Ces rivalités et conflits ont permis esprits critiques, autonomies, refuges et libertés. Plus la religion chrétienne s’étend, plus le Vatican se rétrécit.
Les enjeux de pouvoir se jouent à l’intérieur des murs. Les guerres de religion sont des guerres civiles. Rares furent les conflits guerriers entre religions. Les guerres de civilisation sont rhétoriques, à usage interne. Les Turcs de Lépante ne se battaient pas contre la Croix mais pour la Méditerranée. Ils croisaient plus souvent le fer avec les émirs que contre les mécréants. Comme les Européens, qui se sont surtout massacrés entre eux. L’histoire ne se fait ni sur les guerres de religion, ni de civilisation, mais sur des enjeux internes de pouvoir, avec la seule logique d’expansion du pouvoir au plus près, chez le cousin.
Les enjeux de pouvoir se jouent à l’intérieur des murs. Les guerres de religion sont des guerres civiles.
Aujourd’hui, contrairement aux cris d’alerte, l’Islam n’est pas en guerre contre l’Occident. Il vit une guerre interne, comme d’habitude. Le terrorisme frappe d’abord les pays d’Islam, l’Occident n’en est victime que par ricochet. Nul besoin de religion pour se déchirer.
La religion offre un drapeau identitaire qui aide à mobiliser, à désigner un ennemi, toujours l’autre. D’abord chez soi, dans une guerre civile. L’Hindou contre le Musulman (Modri), le Musulman face au Chrétien, au Juif (Khamenei). La bénédiction religieuse offre un permis de tuer, au nom du bien, elle exalte le sacrifice. « Le courage peut détruire une cathédrale, l’endurance réduire une ville à la famine, la pitié tuer… nous sommes piégés et trahis par nos vertus » plaide Graham Greene le catholique.
Les Sionistes étaient n’étaient pas religieux, les religieux étaient antisionistes. Le conflit israélo-palestinien n’est pas un conflit religieux. Les plus grandes guerres du monde n’ont rien de religieux. Les révolutions religieuses elles-mêmes se font peu dans la guerre. Le bouddhisme n’a pas combattu l’hindouisme ou le shintoïsme. La conquête musulmane résulte de démissions collectives: les populations chrétiennes de Syrie et d’Égypte ouvrirent leurs portes à des maîtres plus tolérants que les Byzantins.
S’ajoute l’intérêt financier. La foi suit l’or.
S’ajoute l’intérêt financier. Les Musulmans taxaient moins que les Chrétiens. La foi suit l’or. La conversion de Constantin vida les trésors des temples. L’élite, la ville, change de religion ; le peuple, les paysans restent Païens (c’est le même mot).
Dans les révolutions politiques, la religion n’est motrice qu’à rebours : Les révoltes protestantes abolirent la dîme, laissant son bénéfice aux Princes et plus au Pape. Telle est l’origine du capitalisme : l’impôt plus que l’éthique protestante. La Révolution française fut financière et religieuse. Elle confisqua les terres de l’Église.
Les Bolcheviques massacrèrent des milliers de prêtres, détruisirent 40.000 églises, les armées blanches échouèrent sur cet écueil : impossible de reprendre les terres de l’Église aux paysans.
Aujourd’hui, Vance, Bolsonaro, Morales, Erdogan, Orban, Poutine, Modri, sans compter les dirigeants musulmans, invoquent le ciel, à rebours des tendances laïques et démocratiques. Si l’autorité vient du ciel, pourquoi s’occuper d’en bas ?
Si l’autorité vient du ciel, pourquoi s’occuper d’en bas ?
Les États-Unis divergent de plus en plus de l’Europe. L’Amérique colore la politique de foi ; l’Europe, de laïque, devient athée. Apparaît, en Europe, une tentative de « religion civique » autour des valeurs de la démocratie, dont la laïcité. Aux États-Unis, le vote républicain suit l’implantation évangéliste. La dérive américaine suit ces nouvelles identités religieuses. Les nouvelles Églises (Scientologie, Mormons, Témoins de Jéhovah) foisonnent. Elles gagnent l’Amérique latine et l’Afrique. Au Brésil, 30% de la population a quitté l’Église pour les Évangélistes.
Le monde musulman n’est pas le seul dans lequel la religion sert de repli identitaire au néo nationalisme. En Inde, Modri brandit l’« hindouité » contre les Musulmans. En Chine, le PCC voit l’Islam comme un concurrent. Au Japon, Le Komeïto est un parti religieux, la secte Moon tisse son réseau au sein du parti libéral. En Russie, l’agent Poutine découvre avec son complice le patriarche Cyrille, qu’ont abandonné les orthodoxes ukrainiens.
L’Europe marque son originalité, areligieuse. Même l’Italie ou l’Espagne, l’Irlande la Pologne, anciens bastions de l’Église, s’affranchissent. La preuve par l’avortement, le rôle des femmes. Les pays les plus incroyants sont la Tchéquie, la France, la Suède, mais aussi l’Allemagne. L’athéisme reste difficile à mesurer. Ainsi 61 % de Chinois se disent athées, mais 85 % déclarent observer des rites religieux.
L’Europe marque son originalité, areligieuse.
Les religions se veulent universelles. Elles ne le sont pas. Elles se réduisent lorsqu’elles sont identitaires. Rares sont celles qui ne sont pas prosélytes, comme le judaïsme ou l’Hindouisme. Universels, en revanche, les chiffres indiens, dont celui, métaphysique, du vide, le zéro. Gerbert, le Pape de l’an mil, comptait avec ces chiffres dits arabes, longtemps jugés suspects. L’Église mit longtemps avant de les accepter. Miracle : si personne n’écoute ni le Pape, chacun sait compter.
Les mathématiques sont universelles, ô combien plus que la connaissance religieuse. L’invention des chiffres, a plus changé la vie des hommes que les pèlerinages. Les révolutions technologiques, qui prennent leur source dans la quête scientifique, suspecte, changent le monde plus que les dieux. Mais les dieux font de la résistance. Tous les pouvoirs les prient, hypocrites ou sincères. 160 délégations assistent aux funérailles du Pape, un beau collège de délinquants et criminels.
Les révolutions technologiques, qui prennent leur source dans la quête scientifique, suspecte, changent le monde plus que les dieux. Mais les dieux font de la résistance.
La révolution digitale – toujours les chiffres – fera apparaître d’autres réponses spirituelles, inimaginées.
Descartes, Newton, Galilée, croyaient en Dieu. Ce n’est pas ce que l’on retient d’eux. « Je n’ai pas besoin de l’hypothèse Dieu » tranchait Laplace. Que préfère-t-on, terre ou Paradis ? Divine politique ! La religion peut-elle aider ? Peut-être. Vance, qui se dit fervent catholique, est le dernier à avoir vu le Pape. Pour lui dire, qu’il ne l’écoutait pas ? Le Pape mort, un nouveau pape viendra; on ne l’écoutera pas non plus. Jean Paul II était le dernier Pape, pas François. La Papauté, comme institution politique, n’est plus.
La révolution digitale – toujours les chiffres – fera apparaître d’autres réponses spirituelles, inimaginées. Qui sait quelles formes et quelles dévotions spirituelles est capable d’inventer l’humanité ? Les tentatives de création de religion nouvelle sont permanentes depuis des siècles. Elles trouvent toujours un complice temporel, comme en Arabie, du Prophète aux Saoud. L’idée d’un Pape aurait paru absurde aux yeux d’un Romain, mais l’intrication quantique ne l’est-elle pas ? Qu’est-ce qu’elle nous mijote comme transcendance ? Prions ! Comme le faisait le Pape François, pour rester de bonne humeur[1].
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay
En route pour le Liechtenstein, c’est en effet à Vaduz que vit notre invité du jour d’« Initiatives Expats ». Outre son métier d’avocat, Maximilien Marxer préside l’association « Bonaparte » qui s’engage pour les Français de l’étranger. Au cours de ce podcast Lesfrancais.press, vous entendrez parler de philosophie, de Céline Dion, et aussi de loterie ! Les subventions STAFE et les pistes d’amélioration pour faciliter ce processus de soutien de la France aux associations sont aussi évoquées. Une interview découverte dans un pays où il fait bon vivre.
Les trois piliers de l’association Bonaparte
Lors de notre échange « Initiatives Expats », Maximilien Marxer, avocat et notaire, nous raconte son parcours qui l’a mené au Liechtenstein il y a près de dix ans « Je suis français et liechtensteinois et après 30 ans de vie en France, je me suis dit qu’est-ce que je peux faire de mes diplômes, et il y a une opportunité qui s’est présentée de revenir dans ce pays de mes origines. » Aujourd’hui, il préside l’association Bonaparte, créée en 2016. Si vous voulez savoir pourquoi cette structure porte le nom de l’Empereur…il vous faudra écouter le podcast.
Maximilien Marxer, Président de l’association Bonaparte
Plusieurs activités sont proposées par cette association, elle tourne autour de trois axes : la langue française, la culture et les affaires. L’origine de cette association est intéressante : elle est née autour d’une dégustation de vin, et répond à un besoin que Maximilien Marxer a identifié dès ses premiers jours au Liechtenstein : « quand je suis arrivé, je n’ai pas trouvé de structure d’accueil pour retrouver des Français ou pour simplement prendre un verre et échanger sur ce qui va bien et ce qui va mal » se souvient-il. Aujourd’hui, « Bonaparte » au Liechtenstein rempli cette mission auprès de nos compatriotes expatriés.
Bonaparte soutenu par l’État français
Dans le cadre de ses programmes d’animation pour 2025, l’association « Bonaparte » a soumis deux projets au programme STAFE, un fonds de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger créé en 2018. Ce dispositif permet de financer des actions entreprises par nos expatriés français vivant hors du territoire national, à condition qu’elles soient de nature éducative, caritative, culturelle ou socio-économique.
Céline part en live, évenement de l’association Bonaparte
Lors de notre entretien, Maximilien Marxer nous a présenté les deux projets qui ont bénéficié du soutien du STAFE. Le premier, « Céline part en live », qui est un concert qui a eu lieu récemment avec l’artiste français Sébastien Costic. « On a eu l’honneur d’avoir la présence de l’ambassadrice Marion Paradas, du Consul Général Laurent ALBERTI et de la députée des Français de l’étranger Marie-Ange Rousselot », souligne notre invité. Le spectacle a connu un grand succès, avec plus de 200 personnes présentes au TAK, le Théâtre du Liechtenstein, qui affichait presque complet.
Céline part en live, un événement soutenu par le STAFE
Prochainement, place à la réflexion avec le deuxième projet qui s’appelle « Les petits philos », un cycle de cours de philosophie pour les enfants. « Ils adorent » s’enthousiasme Maximilien. D’ailleurs, pourquoi, en France, attendre la classe de Terminale pour aborder cette matière ?
Des propositions pour améliorer les événements liés au STAFE
Bien souvent, les associations françaises œuvrant à l’étranger sont confrontées à une difficulté de communication pour toucher efficacement nos compatriotes. Pour pallier ce problème, l’utilisation de la Liste électorale consulaire (LEC) pourrait être une solution pertinente. Ainsi, Maximilien propose que les « autorités consulaires et les ambassades utilisent la Liste électorale consulaire (LEC) pour communiquer sur les événements organisés par les associations soutenues par le STAFE ». Les élus représentant les Français sur ce territoire pourraient aussi faire de même.
« Les autorités consulaires et les ambassades devaient utiliser la Liste électorale consulaire (LEC) pour communiquer sur les événements organisés par les associations soutenues par le STAFE »
Maximilien Marxer, Président de « Bonaparte »
Concernant plus directement la demande des aides STAFE , notre invité remarque que « la constitution du dossier pourrait être optimisée. » Les mêmes informations sont notamment demandées à plusieurs reprises.
Une loterie pour s’installer au Liechtenstein
Enfin, Maximilien Marxer évoque la vie à Vaduz. Citant un oncle il nous dit « le monde entier rêve de la Suisse, mais tous les Suisses rêvent du Liechtenstein». Et il abonde en ce sens, « On a une qualité de vie exceptionnelle » nous confie-t-il. Cependant, pour nos compatriotes qui envisagent de s’installer dans cette principauté, la tâche n’est pas facile. « C’est très compliqué », previent-il. « Il y a une loterie qui est organisée deux fois par an, une sorte de loterie de green card américaine, où on peut participer, qui est ouverte à tous les ressortissants européens ». Découvrez tout cela, et bien plus encore, en écoutant l’intégralité de cette interview « Initiatives Expats », la série qui met en avant nos expatriés engagés.
Le saviez-vous ? sur 195 pays, 163 célèbrent les travailleurs le 1er mai. Plusieurs milliards d’êtres humains bénéficieront donc d’un jour chômé jeudi prochain. C’est une des seules fois dans l’année où tous les Français partagent un jour férié. Qu’ils soient à l’étranger ou en France. Mais pourquoi ? On remonte l’histoire pour le comprendre.
La journée des travailleurs est née au pays du capitalisme
Qui l’aurait cru, le 1er Mai glorifié dans les pays communistes en leur temps, et qui est, toujours au XXIème siècle, la journée de mobilisation des syndicats aux 4 coins de la planète est née au pays de l’Oncle Sam. Car au XIXème siècle, les syndicats ouvriers américains avaient manifesté le 1er mai 1886 pour réclamer la journée de huit heures. Ils n’avaient pas choisi ce jour par hasard, le 1er mai étant le premier jour de l’année comptable. Les ouvriers renouvelaient leur contrat annuel à cette date. Le conflit va durer, et s’envenimer. Le 4 mai 1886, une bombe explose lors d’une manifestation ouvrière sur Haymarket Square, à Chicago. Un policier est tué, ce qui provoque une fusillade meurtrière. Huit anarchistes sont poursuivis, quatre seront pendus en novembre 1887.
Et c’est deux ans plus tard, en 1889, que la IIe internationale socialiste, qui se tient à Paris, décide d’organiser une manifestation annuelle. Le but étant de réclamer la journée de huit heures. Elle choisit le 1er mai en hommages aux victimes de Haymarket. Le 1er mai était en place, prêt à se répandre dans le monde.
Mais paradoxalement, si la date du 1er mai a été choisie en hommage aux grévistes américains, elle n’est pas chômée aux États-Unis. En effet, dans la plupart des pays anglo-saxons la journée des travailleurs est fixée au 1er lundi de septembre.
Le 1er mai en Europe
En 1889, la IIe internationale socialiste, qui se tient à Paris, décide d’instaurer une journée de manifestations et de revendications salariales le 1er mai. La décision est prise à l’occasion du centenaire de la Révolution française, mais aussi en hommage aux syndicalistes américains. La première « journée internationale des travailleurs » a ainsi lieu en 1890 dans plusieurs pays du monde.
En France, la manifestation de 1891 est marquée par le drame de la fusillade de Fourmies dans le Nord, qui se solde par la mort d’une dizaine de manifestants. Après le vote de la journée de huit heures en 1919, le 1er mai devient une journée chômée. C’est aujourd’hui en France le seul jour férié également chômé, c’est à dire où le repos est obligatoire
En Europe, le 1er mai est aujourd’hui un jour férié dans 24 des 27 pays de l’Union européenne. En Irlande, le jour du Travail (May Day ou Labour Day) a lieu le premier lundi du mois de mai (donc le 1er mai en 2023). C’est également un jour férié. Le 1er mai est obligatoirement chômé dans trois pays de l’Union européenne : l’Espagne, la France et la Pologne. Aux Pays-Bas et au Danemark, le 1er mai n’est ni férié ni chômé. Cela n’empêche pas la tenue de manifestations politiques et de défilés dans de nombreuses villes.
En Pologne, durant la période de l’URSS, le 1er mai donnait lieu à de grandes fêtes populaires et défilés orchestrés par le Parti communiste. Au début des années 1980, d’importants mouvements de grève, organisés notamment par la fédération de syndicats Solidarność sur les chantiers navals de Gdańsk, ont donné une dimension nouvelle à cette journée de lutte.
En Italie, la fête du Travail se célèbre en musique. Depuis les années 1990, les principales forces syndicales italiennes organisent chaque année un concert sur la Piazza San Giovanni, à Rome.
La fête du travail, un événement international
Dans les pays scandinaves, le 1er mai coexiste avec des fêtes plus traditionnelles marquant l’arrivée du printemps. En Finlande, à côté des défilés de travailleurs, le Vappuaatto est célébré à travers tout le pays. Idem en Suède, où de grandes manifestations étudiantes ont lieu. C’est aussi le cas en Grèce, où la fête du printemps prend ses racines dans l’Antiquité.
Et ailleurs dans le monde ?
Comme on l’a dit plus haut, le 1er mai est la vraie fête mondiale. Petit tour des continents.
Amérique Latine
Dans les pays d’Amérique latine, le 1er mai est également largement célébré comme une journée de repos, on peut citer par exemple le Brésil, l’Argentine, le Mexique et le Venezuela. Ce jour est bel et bien férié, et souvent accompagné de défilés et d’évènements officiels. Le Pérou, le Chili fêtent eux aussi le Dia del Trabajo ou el Dia del Trabajador.
Ces nations ont souvent une forte tradition syndicale et le 1er mai est l’occasion pour les travailleurs et travailleuses de manifester pour leurs droits et de revendiquer de meilleures conditions de travail. Néanmoins, au fil du temps et notamment au Brésil, on retrouve aussi de nombreuses activités de loisirs pour se détendre ce jour là.
Asie
En Asie, des pays comme la Corée du Sud ou la Chine reconnaissent également le 1er mai comme un jour férié.
En Chine, ce jour férié est très important, car il est lié à « la semaine d’or du jour du travail » abolie en 2007 puis réadopter en 2019, qui offre la possibilité aux chinois de prendre 5 jours de congés. Ces vacances prolongées appelées « Golden Week » englobent donc le 1er mai. L’île de Hong Kong et Macao pour ne citer qu’eux, accordent également un jour férié le 1er mai à leurs salariés.
En Corée du Sud, on retrouve plusieurs appellations nationales pour cette journée de repos : Nodongjeol pour la Fête du travail, Geunroja-ui nal pour la journée du travailleur mais aussi Korean Labor Day. Cette journée est l’occasion de festoyer. Mais aussi de passer du temps en famille ou de faire des activités de loisirs organisées par les entreprises pour leurs salariés.
En Inde, bien que les jours fériés varient pour certains et soient parfois compliqués à anticiper pour d’autres, le 1er mai est reconnu comme une jour férié constant chaque année.
Le Japon quant à lieu fête le travail le 23 novembre et non le 1er mai. La fête du travail n’a pas de journée spécifique dans ce pays. Bien souvent le 1er mai tombe néanmoins durant la semaine dorée comme en Chine.
Dans ces pays, la fête du travail est souvent fusionnée à des manifestations pacifiques, des discours politiques et des événements culturels pour célébrer les contributions des travailleurs envers la société.
Afrique
De nombreux pays africains francophones ou anglophones, comme le Sénégal, le Nigéria, le Kenya, la Côte d’Ivoire, le Maroc ou l’Afrique du Sud reconnaissent le 1er mai comme férié et le célèbre avec enthousiasme et vigueur à travers des célébrations dédiées.
Bien que les traditions puissent varier d’un pays à l’autre, cette journée est souvent marquée par des défilés, des discours publics et des événements communautaires visant à honorer les travailleurs et à promouvoir les droits du travail comme d’en d’autres pays du monde.
Le cas russe, l’héritage soviétique
La Russie fête également le 1er mai, connue sous le nom de Fête du Printemps et du Travail. Il s’agit d’une belle opportunité pour les salariés de se reposer ce jour là.
Appelée « Fête internationale des travailleurs » sous le régime communiste, elle est fortement politisée. Encore aujourd’hui, cette journée est marquée par des défilés, des rassemblements publics et des festivités à travers le pays. Bien que la tradition ait évolué au fil des ans et varient d’une ville à l’autre, cette date est perçue comme un jour de repos et de rassemblement.
Les exceptions
Les États-Unis et le Canada célèbre la fête du travail le premier lundi de septembre.
L’Arabie Saoudite et le Qatar sont des pays du Golfe qui ne célèbrent pas cette journée, car leur organisation de travail est différente.
Enfin, en Australie le « Labour Day » existe mais sa date varie selon les états, cette journée peut avoir lieu en mars, mai ou octobre.
Le décès du Pape François est l’occasion pour votre média de faire un point sur la place du Catholicisme dans la communauté des Français de l’étranger. Pour cela, nous avons lancé une consultation sur notre site du lundi 21 avril au jeudi 24 avril 2025. Un sujet qui a mobilisé nos lecteurs, puisqu’en 4 jours plus de 5589 personnes ont répondu aux 4 questions. Découvrons ensemble les résultats, mais avant intéressons-nous à la France.
L’athéisme majoritaire en France
En 2019‑2020, 51 % de la population de 18 à 59 ans en France métropolitaine déclare ne pas avoir de religion. En augmentation depuis dix ans, cette désaffiliation religieuse concerne 58 % des personnes sans ascendance migratoire, 19 % des immigrés arrivés après 16 ans et 26 % des descendants de deux parents immigrés.
Si le catholicisme reste la première religion (29 % de la population se déclare catholique), l’islam est déclaré par un nombre croissant de fidèles (10 %) et confirme sa place de deuxième religion de France. Le nombre de personnes déclarant une autre religion chrétienne augmente également, pour atteindre 9 %. La fréquence et l’intensité de la pratique religieuse varient en fonction de la religion déclarée : seuls 8 % des catholiques fréquentent régulièrement un lieu de culte, contre un peu plus de 20 % des autres chrétiens, des musulmans et des bouddhistes, et 34 % des juifs.
Les processus de transmission religieuse entre générations façonnent le paysage religieux sur le long terme : 91 % des personnes élevées dans une famille musulmane suivent la religion de leurs parents. Cette transmission est très forte aussi chez les juifs (84 %), elle est moindre chez les catholiques (67 %) et chez les autres chrétiens (69 %).
Ainsi à caractéristiques identiques, le fait d’avoir grandi dans une famille d’ascendance religieuse mixte ou catholique est déterminant dans le processus de sécularisation des descendants d’immigrés.
Plus de catholiques parmi les expatriés
Parmi les personnes consultées, près de 70% se déclarent de confession catholique. C’est un large écart avec les Français de l’hexagone.
Plus de catholiques parmi les expatriés
Mais pourquoi ? La première explication pourrait être liée au fait que dans bon nombre de pays, la laïcité à la française n’existe pas. Le fait religieux est une composante de l’espace public comme on peut le voir dans les pays d’Afrique ou d’Amérique du Sud mais aussi aux USA.
Autre explication, le fait de revendiquer sa religion peut aussi être un phénomène lié à la volonté de conserver son bagage culturel lorsqu’on vit dans des pays où la religion dominante est prégnante dans la société où on vit.
Français catholiques mais laïcs avant tout
On s’est ensuite intéressé au lien que les catholiques pourraient faire avec la nationalité. Une connexion que les Français de l’étranger ne font pas.
Français catholiques mais laïcs avant tout
Révolution française oblige, les citoyens expatriés font primer les valeurs de la République et la laïcité sur la confession. Ainsi, ils ne sont qu’un tiers à intégrer le fait religieux dans la notion de citoyenneté française. Les valeurs universalistes du siècle des Lumières sont toujours le fondement de la nationalité française pour le plus grand nombre que ce soit en France ou parmi la diaspora française.
Le poids de l’histoire
En troisième question, nous avons voulu mettre aux défis nos lecteurs. Car la France qui a décapité les curés pendant la révolution est aussi le pays qui fut le premier à s’allier avec Rome et ses papes.
Souvenez-vous, on l’a tous appris à l’école, c’est Clovis, premier roi des Francs, qui fut le précurseur de l’alliance entre les seigneurs et l’Église. Une mécanique qui domina pendant des siècles notre pays et toute l’Europe, faisant ainsi de la France, la fille ainée de l’Église. Un lien que près de 80% des consultés connaissent.
Et tout au long de l’Ancien régime, ces liens se sont renforcés jusqu’à faire des souverains français des « Rex christianissimus ». D’abord utilisé pour les empereurs chrétiens de l’Antiquité tardive, le titre de « Roi Très Chrétien » devient au cours du Moyen Âge une exclusivité du souverain français, qui souligne son lien avec la papauté. Une formule dont François Ier use afin d’asseoir sa légitimité politique.
Mais ces titres religieux ont perduré, et ça peu de Français, que ce soit en France, ou parmi les répondants à la consultation, le savent. Pour exemple, nous avons soumis le titre de « Chanoine de Latran », qui fait partie des attributions officielles de tous les Présidents de la « si laïque » République française. Moins de 20% des participants le connaissaient.
Mais d’où vient ce titre de « premier et unique chanoine honoraire de l’archibasilique du Latran » ? Il remonte à la royauté et à Louis XI. Puis il fut réactivé par le roi Henri IV, qui, après avoir abjuré sa religion protestante et reçu l’absolution du pape, a fait don au Latran de l’abbaye bénédictine de Clairac, dans le Lot-et-Garonne. En échange, il a reçu ce titre canonial, décerné par la suite aux rois de France.
Depuis, une messe est célébrée chaque année le 13 décembre en la basilique Saint-Jean-de-Latran, à Rome, en l’honneur de la France. Tous les rois de France, puis les chefs d’État, étaient chanoines honoraires, mais ce n’est qu’en 1957 que le président René Coty s’est déplacé à Rome pour prendre réellement possession de ce titre. Le président Emmanuel Macron l’a reçu le mardi 26 juin, par le pape François lors d’un Vatican.
Le poids de l’histoire
Un Pape français ?
Depuis 1378, aucun pape ne fut français. Pourtant sur les médias nationaux, 2 cardinaux français sont promus comme potentiel futur souverain pontifical. Mais est-ce vraiment important ? C’est la dernière question qu’on a posée à nos lecteurs.
Et pour la majorité des consultés, la réponse non.
Un Pape français ?
Même si un tiers pense qu’un pape français serait un atout pour notre diplomatie et notre rayonnement. Réponse dans quelques semaines lorsque la fumée blanche apparaitra au-dessus du Vatican.
New York, Antananarivo, Buenos Aires… Cette année encore, la langue française s’invite sous toutes les latitudes grâce au Concours de Poésie francophone 2025. Un événement culturel et littéraire qui, au-delà de l’art du vers, célèbre l’attachement à la francophonie, où qu’on se trouve sur le globe.
Un pont entre les continents
Créés pour renforcer les liens culturels entre la France, les États-Unis et le reste du monde, le Concours, ainsi que Culture Without Border, l’organisation partenaire du Concours cette année, avec les fondateurs historiques de la French Heritage Society et de la Fondation Gabadito, œuvrent à faire rayonner la langue et la culture françaises outre-Atlantique.
Un pont entre les continents
Avec ce concours, elle élargit son horizon. Ce sont désormais tous les amoureux du français qui sont invités à partager leur voix poétique. Expatriés comme francophiles. L’édition précédente était réservée aux élèves francophones des USA, du Canada, de Madagascar, de Maurice ou des Territoires outre-mer. Cette année les élèves et apprenants de tous horizons seront donc invités à composer dans une forme libre ou de vers classique et une attention particulière sera mise sur l’Amérique Centrale et du Sud.
Mais au-delà de l’élargissement géographique, le concours devient également intergénérationnel en ouvrant un catégorie “adultes” qui invite les participants à soumettre leurs œuvres, moyennant une participation financière de 5$ USD par poème, destinée au soutien du Concours, aux prix pour les jeunes participant (leurs soumissions restent et resteront gratuites), ainsi qu’à l’édition d’un recueil de poésie Adultes en lien avec l’Association Luna Rossa, pour tous les participants au Concours qui souhaitent voir leurs œuvres publiées, ceci en plus du recueil pour les jeunes. Les fonds collectés permettront de soutenir le concours et ses actions auprès des francophones du monde entier. Si vous considérer une donation, voici d’ailleurs le lien à utiliser.
Un concours qui fait vibrer les mots
Le Concours de poésie francophone 2025 s’adresse donc à tous : poètes amateurs ou confirmés, jeunes plumes ou auteurs établis.
« Tous les amoureux du français – expatriés et francophiles – sont invités à partager leur voix poétique »
Thomas Célérier, fondateur du concours
Le thème de cette année, “L’Hermione et La Fayette”, invite à se ré-approprier et à réinventer l’épopée mythique du plus célèbre français aux États-Unis.
Un concours qui fait vibrer les mots
Une thématique qui résonnera particulièrement chez les expatriés, pour qui la poésie et le voyage sont souvent mêlés et pour qui notre langue constitue un fil invisible vers la terre natale.
Les participants peuvent soumettre un poème inédit. Dans la langue de leur choix mais avec une traduction impérative en français, avant le 13 juin 2025. Le jury, composé de personnalités et d’enseignants francophones dévoilera les lauréats à une date ultérieure, en septembre 2025, sur notre plateforme.
Une opportunité pour les expatriés français
Pour les Français vivant à l’étranger, ce concours est bien plus qu’un jeu littéraire. C’est une façon de retrouver un lien intime avec leur langue, de partager leur regard sur le monde, et de tisser une communauté poétique sans frontières. Que vous soyez à Tokyo, à Buenos Aires ou à Dakar, vos mots ont leur place.
Inspirez, écrivez, partagez : la poésie vous attend.
Alors que la certification de l’identité numérique se généralise sur l’ensemble du territoire national, qu’en est-il pour les Français résidant à l’étranger ? Lors de son intervention devant les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), le ministre délégué, Laurent Saint-Martin, avait annoncé le lancement d’une expérimentation à destination des expatriés. Où en est ce projet et quels bénéfices apportera-t-il ? Pour faire le point, Lesfrancais.press a interrogé directement la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE). Bonne nouvelle : on nous confirme que « l’identité numérique certifiée de niveau élevé » devrait être accessible à l’ensemble des Français de l’étranger « d’ici la fin du premier semestre 2025 ».
Lesfrancais.press : « Pouvez-vous tout d’abord rappeler ce qu’est l’identité numérique ? »
Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE) : « Les détenteurs d’une carte nationale d’identité électronique (CNIe) peuvent, en utilisant l’application France Identité depuis un smartphone compatible, bénéficier d’un certain nombre de fonctionnalités permises par l’identité numérique.
France Identité
Il existe deux niveaux d’identité numérique régalienne :
L’identité numérique simple, qui peut être utilisée avec une CNIe et l’application France Identité sans certification de l’identité numérique. Cette identité numérique simple permet d’accéder, via France Connect, à de nombreux services en ligne (impôts, santé, retraite, etc.), de générer et d’envoyer à un organisme un justificatif d’identité à usage unique, d’importer son permis de conduire dans l’application France Identité ;
« Avec l’identité numérique certifiée de niveau élevé (…) les Français de l’étranger pourront accéder à de nouvelles démarches à distance, sans avoir à se déplacer au consulat »
Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE)
L’identité numérique certifiée, de niveau élevé, qui nécessite de faire certifier son identité numérique dans le cadre d’une comparution personnelle et qui permet de réaliser à distance des démarches sensibles qui nécessitaient jusqu’à présent de se déplacer devant une autorité habilitée pour prouver son identité. »
Lesfrancais.press : « Actuellement en phase de développement en France, la certification de l’identité numérique arrive aussi pour les Français de l’étranger. Pourriez-vous nous rappeler l’utilité de cette certification ? »
DFAE : « Les possibilités offertes par l’identité numérique certifiée de niveau élevé France Identité présentent un intérêt particulier pour les Français de l’étranger. Ceux-ci pourront en effet accéder à de nouvelles démarches à distance, sans avoir à se déplacer au consulat dont ils sont souvent éloignés, parmi lesquelles :
La dématérialisation complète des procurations de vote, évitant ainsi à l’usager d’avoir à se déplacer au consulat ou auprès d’un consul honoraire de nationalité française pour prouver son identité ;
L’identification de l’électeur pour le vote par Internet,
L’identification dans le cadre de l’expérimentation du renouvellement à distance des passeports au Canada et au Portugal, avec une extension prévue de cette expérimentation à l’Australie et à l’Espagne ;
La connexion à FranceConnect +, qui pose souvent difficulté aux usagers qui résident à l’étranger. »
Lesfrancais.press : « Pour les Français de l’étranger, une phase d’expérimentation est prévue, est-ce bien cela ? Combien de temps durera-t-elle ? »
DFAE : « En effet, une phase pilote a débuté le 3 mars dernier dans six postes consulaires : Bucarest, Barcelone, Madrid, New York, San Francisco et Singapour.
« Il est prévu de proposer l’identité numérique certifiée de niveau élevé dans l’ensemble du réseau consulaire d’ici la fin du premier semestre 2025 »
Certification de l’identité numérique pour tous les Français de l’étranger d’ici fin juin 2025
Compte tenu des tests et des retours très positifs, il est prévu de proposer l’identité numérique certifiée de niveau élevé dans l’ensemble du réseau consulaire d’ici la fin du premier semestre 2025. »
Lesfrancais.press : « Concrètement, pour les Français rattachés à ces six consulats, quelles démarches doivent-ils entreprendre pour faire certifier leur identité numérique ? »
DFAE : « Pour obtenir une identité numérique certifiée, il faut disposer d’une carte nationale d’identité électronique (CNIe) au format carte bancaire et d’un smartphone. Les usagers qui ont déjà une CNIe peuvent à tout moment installer l’application « France Identité » sur leur smartphone et se connecter via France Connect.
Illustration d’un permis de conduire et d’une carte d’identité française numérique, sur un téléphone, le 22 mai 2023 à Paris, France. Photo by Victor Joly/ABACAPRESS.COM
Ils peuvent alors créer leur identité numérique, puis demander sa certification depuis l’application « France Identité ». Ils sont invités à suivre les étapes jusqu’à obtenir le Code QR à présenter au consulat.
Lesusagers peuvent aussi demander la certification de leur identité numérique au moment de la remise de leur nouvelle CNIe :
Lors de l’arrivée de leur nouvelle CNIe au consulat, les usagers reçoivent un SMS ou un courriel contenant un lien d’activation pour installer l’application « France Identité ». Ils sont invités à suivre les étapes indiquées jusqu’à obtenir un Code QR
Lors de leur rendez-vous, ils présentent ce Code QR.
Ils reçoivent ensuite dans les deux jours une notification avec un lien d’activation valable 72h. »
Lesfrancais.press : « Est-on obligé d’être inscrit au registre des Français de l’étranger pour effectuer cette certification de l’identité numérique au consulat ? Si ce n’est pas le cas, est-ce tout de même recommandé ?
DFAE : « L’inscription au Registre des Français établis hors de France n’est pas obligatoire pour faire certifier son identité numérique. Elle reste néanmoins vivement recommandée de façon générale. Elle permet en effet aux services consulaires de communiquer aux usagers des informations importantes (sur les élections, la sécurité, ou en cas d’événements particuliers) et de contacter leurs proches en cas d’urgence. En outre, elle facilite les démarches auprès des consulats. »
Le 9 avril dernier, Apple a reconquis sa couronne d’entreprise la plus valorisée au monde après l’annonce du président Donald Trump de suspendre pendant 90 jours les hausses des droits de douane « réciproques » avec la plupart des pays, à l’exception notable de la Chine. Sa décision d’exonérer de ces droits les ordinateurs et les smartphones a contribué à restaurer la valorisation boursière d’Apple. Mais cette dernière reste, plus que toute autre grande entreprise américaine, exposée à la guerre commerciale. Elle demeure sous la menace constante d’une décision unilatérale de Donald Trump et des mesures de rétorsion potentielles qu’elle pourrait entraîner.
Apple est sans doute l’entreprise américaine la plus dépendante de la Chine. Jusqu’à neuf iPhone sur dix y sont assemblés. Certes, depuis le premier mandat de Donald Trump, la firme à la pomme a diversifié ses centres de production, notamment au Vietnam et en Inde. Toutefois, elle reste vulnérable à toute montée des tensions commerciales avec Pékin. Les nouveaux sites de production ne sont d’ailleurs pas totalement à l’abri de droits de douane majorés. Même si les taux projetés sont inférieurs à ceux appliqués à la Chine. De plus, le transfert des chaînes de production vers ces nouveaux pays est coûteux et nécessite du temps, notamment pour former la main-d’œuvre locale.
Neuf IPhone sur dix sont assemblés en Chine
Plus les droits de douane sur la Chine sont élevés, plus le coût des quelque 70 millions d’iPhone assemblés en Chine puis vendus aux États-Unis augmente. Même à un niveau réduit – estimé à 60 % des niveaux actuels – ces droits pourraient ajouter environ 330 dollars au coût brut de 550 dollars d’un iPhone. Or, les ventes d’iPhone ont représenté plus de la moitié du chiffre d’affaires d’Apple l’an dernier. Ces ventes stagnent depuis deux ans, faute de fonctionnalités d’intelligence artificielle suffisamment attractives. Toute hausse des prix risque donc de peser sur la demande.
Apple pourrait-elle relocaliser sa production aux États-Unis ?
Les revirements de Donald Trump offrent un répit à Apple. Comme en témoigne le rebond de la valeur de son action. Les investisseurs veulent croire qu’un accord entre les États-Unis et la Chine sur un tarif douanier acceptable finira par émerger. La suspension des droits pour les ordinateurs et les smartphones va dans ce sens. Les lobbyistes d’Apple ont d’ailleurs fortement œuvré pour infléchir la position du président américain. Mais face à une possible remontée des droits de douane, Apple pourrait voir ses marges historiquement élevées (46 % de son chiffre d’affaires en 2024) se réduire. Cette crainte contribue à la volatilité du titre.
Des possibles représailles chinoises ?
En pratique, l’entreprise pourrait absorber une partie des droits de douane sans répercuter la totalité sur les prix de vente. Elle pourrait aussi solliciter des concessions tarifaires de ses fournisseurs afin de préserver ses marges. Elle reste néanmoins exposée aux représailles chinoises. Comme l’instauration de contre-droits de douane sur certains composants (par exemple, le verre) ou des restrictions sur l’exportation de terres rares, susceptibles d’affecter ses sous-traitants.
Apple pourrait également perdre des parts de marché en Chine. Son chiffre d’affaires y a déjà reculé de 8 % l’an dernier, en raison d’une demande en baisse pour les iPhones et les iPads. Sensibles au climat politique, les consommateurs chinois pourraient accélérer cette tendance en faisant d’Apple le bouc émissaire des initiatives américaines. D’autant que les marques locales telles que Huawei, Oppo ou Xiaomi montent en puissance.
Apple pourrait-elle relocaliser sa production aux États-Unis ?
Apple est aussi dans le viseur des autorités chinoises. L’autorité de la concurrence envisage une enquête sur les frais imposés par Apple aux développeurs d’applications.
Pourrait-elle relocaliser sa production aux États-Unis ? Peu après l’investiture de M. Trump, ses dirigeants avaient annoncé un plan d’investissement de 500 milliards de dollars sur quatre ans. Une telle somme impliquerait de dépenser plus que son flux de trésorerie disponible qui s’élève à environ 100 milliards de dollars par an. Lors du premier mandat Trump, Apple avait déjà promis 350 milliards sur cinq ans. Un engagement réitéré sous l’administration Biden — sans être tenu. De sérieux obstacles technologiques freinent toute relocalisation à grande échelle.
Sans subventions massives, les coûts d’implantation de nouvelles chaînes de production sont prohibitifs. La relocalisation suppose également que les fournisseurs de composants s’installent aux États-Unis. L’exemple de TSMC, producteur de semi-conducteurs pour Apple, illustre ces difficultés. Plusieurs années et d’importantes aides publiques ont été nécessaires pour lancer une production en Arizona.
Le coût de fabrication d’un iPhone aux USA serait environ trois fois plus élevé qu’en Chine ou au Vietnam.
Selon Wamsi Mohan, analyste chez Bank of America, transférer l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement de l’iPhone aux États-Unis prendrait de nombreuses années, voire serait tout simplement irréalisable à ce jour. Le coût de fabrication d’un iPhone y serait environ trois fois plus élevé qu’en Chine ou au Vietnam. Le recours accru à la robotisation ne compenserait pas entièrement les surcoûts liés au foncier et à la fiscalité.
En raison de son modèle industriel et de sa dépendance à la Chine, Apple se trouve dans une situation plus précaire que la majorité des grandes entreprises américaines. Mais elle n’est pas la seule : d’autres firmes sont elles aussi exposées au risque chinois. Beaucoup exportent depuis des pays désormais contraints de négocier dans l’urgence un compromis douanier avec un président Trump toujours imprévisible.
Malgré ce sursis, les entreprises américaines ne sont pas encore tirées d’affaire. Apple est plus qu’une entreprise : c’est un thermomètre de la mondialisation. Sa dépendance à la Chine illustre les fragilités d’un modèle économique bâti sur l’optimisation des coûts et l’interdépendance des chaînes de valeur.
Apple est plus qu’une entreprise : c’est un thermomètre de la mondialisation.
La guerre commerciale, dans ses revirements et ses emballements, agit comme un révélateur des limites de cette stratégie. Entre volonté politique de relocalisation et réalité industrielle, le fossé reste béant. Donald Trump, par ses décisions souvent erratiques mais toujours spectaculaires, remet au cœur du jeu économique la souveraineté industrielle, le rapport de force diplomatique et la pression électorale. Apple, comme bien d’autres entreprises américaines, se retrouve à devoir arbitrer entre rentabilité immédiate et repositionnement stratégique.
En déplacement à Honk-Kong, la parlementaire Sophie Briante-Guillemont s’est entretenue avec notre correspondante Lesfrançais.press. Sénatrice représentant les Français établis hors de France, notre invitée a rejoint le Sénat en août 2024, en remplacement de Jean-Pierre Bansard, décédé. Elle nous parle de son parcours et de son ambition de modifier l’image au Parlement français de notre diaspora hors de France : « on a encore une vision assez dépassée de ce qu’est un Français de l’étranger. On est resté dans des clichés sur l’expat ».
Représenter une nouvelle génération au Sénat
Rattachée au groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE), membre active de l’ASFE (Alliance solidaire des Français de l’étranger), Sophie Briante-Guillemont est à ce jour la plus jeune sénatrice siégeant à la Commission des lois.
Sophie Briante-Guillemont, Sénatrice des Français établis hors de France
Née à Buenos Aires en Argentine, binationale, elle est « française de l’étranger depuis toujours », nous dit-elle. Et, elle nous confie que « c’est une de (mes) motivations pour être sénatrice des Français de l’étranger », et aussi de « porter une nouvelle génération de Français de l’étranger au Sénat. », explique l’élue.
Les vieux clichés sur les Français de l’étranger
Au cours de cette interview, Sophie Briante-Guillemont affirme vouloir changer la vision souvent dépassée des Français de l’étranger au Parlement, notamment en rappelant la diversité des profils (binationaux, Français nés à l’étranger, etc.). Elle le constate, « on a encore une vision assez dépassée de ce qu’est un Français de l’étranger. On est resté dans des clichés sur l’expat ».
Projet de loi pour les Français de l’étranger
Et le dépôt prochain d’un projet de loi sur les expatriés comme annoncé par Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, est une occasion pour faire évoluer l’image de nos ressortissants vivant hors de France.
« Ce qu’on sait pour l’instant de Laurent Saint-Martin (…) c’est qu’effectivement, il avait l’ambition de faire un projet de loi consacré aux Français de l’étranger à la rentrée »
Sophie Briante-Guillemont, Sénatrice des Français établis hors de France
À cette occasion, la parlementaire souhaite, entre autres, que le sujet des entrepreneurs français à l’étranger soit inclus. Elle soutient également l’idée de la création fonds d’urgence, notamment pour les situations de violences conjugales à l’étranger.
Sophie Briante-Guillemont
Sur ce sujet, l’élue ASFE soutient la plateforme « Save You » et appelle à une mobilisation de tous les partis pour lutter contre les violences conjugales. Elle insiste notamment sur la nécessité de formations pour les agents consulaires et l’utilisation de tous les acteurs de la société civile française à l’étranger pour libérer la parole. « Il faut que ce soit apolitique et transpartisan, c’est-à-dire que tout le monde doit s’en saisir, indépendamment de son étiquette politique, de son association. […] Il faut utiliser tous les acteurs de la société civile française à l’étranger pour en parler le plus possible », précise-t-elle.
Inscription au registre des Français de l’étranger
Outre ce projet de loi, la sénatrice Sophie Briante-Guillemont se montre favorable à un système incitatif pour l’inscription au registre des Français établis hors de France, plutôt qu’une obligation perçue comme du « flicage ». Elle évoque l’ambition du gouvernement sur ce point.
Aux Français de l’étranger, « vous avez des représentants, faites en sorte qu’ils soient encore mieux élus, et donc que notre voix puisse porter le plus possible au sein du Sénat »
Sophie Briante-Guillemont, Sénatrice des Français établis hors de France
Il est toutefois conseillé de s’inscrire à partir du moment où on est plus de 6 mois quelque part, ce qui, en réalité, pose aussi la question de tous les étudiants français qui sont à l’étranger.
Consultation des expatriés et débat public
Pour changer l’image des expatriés, la jeune parlementaire est favorable à une consultation large des Français de l’étranger, au-delà des assises de la protection sociale actuellement en cours. « Ce qui est important aussi, c’est d’avoir quelque chose qui soit vraiment représentatif de ce que pense la communauté française », argumente-t-elle.
Message aux Français de l’étranger
Enfin, notre invitée recommande aux Français de l’étranger de s’inscrire au registre et à voter aux élections consulaires pour mieux représenter leurs intérêts au Sénat. « Mon message, c’est vous avez des représentants, faites en sorte qu’ils soient encore mieux élus, et donc que notre voix puisse porter le plus possible au sein du Sénat. »
Le décès du Pape et les obsèques prévues ce samedi 26 avril ont contraint le Président de la République à écourter sa tournée dans l’océan Indien. Ainsi la visite du chef d’État français à l’île Maurice, initialement prévue pour ce vendredi 25 avril, a été reportée. Une déception pour nos compatriotes expatriés sur place, qui avaient des messages à partager avec le Président de la République. Ainsi, ils souhaitent qu’Emmanuel Macron reprogramme rapidement sa venue. Lesfrancais.press a d’ailleurs pu échanger avec deux des élus représentant la diaspora française à l’île Maurice. Dans le but de recueillir leurs réactions et leurs attentes d’une future visite présidentielle. Mais quand aura-t-elle lieu ? Pour le moment aucune nouvelle date n’a été fixée.
Les messages des élus des Français de l’Île Maurice à Emmanuel Macron
C’est par un communiqué de l’Élysée que la nouvelle a été annoncée : « Le président de la République est contraint de reporter sa visite officielle à Maurice afin de pouvoir assister aux obsèques du pape ». Les circonstances sont comprises, mais du côté des expatriés, on espère que ce n’est que partie remise. En effet, outre certains aspects liés à l’organisation de ce déplacement qui ont posé question, nos compatriotes avaient plusieurs messages à transmettre avec Emmanuel Macron. Ces préoccupations et attentes, ce sont deux des élus consulaires qui les ont partagés avec Lesfrancais.press.
Ainsi, Michèle Giraud-Malivel, l’une des doyennes des élus des Français de l’étranger, présidente du conseil consulaire Maurice-Seychelles et membre de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger), s’interroge. Certes, la visite d’Emmanuel Macron a été annulée en raison du décès du Pape. Mais, même avant l’annonce officielle de ce changement de programme, pourquoi l’Ambassade de France avait-elle si peu communiqué avec les élus concernant la venue du chef de l’État à l’Île Maurice ?
Michèle Giraud-Malivel, Présidente du conseil consulaire île Maurice-Seychelles, membre de l’AFE
Pour l’élue consulaire, cette visite était « destinée à resserrer les liens commerciaux », indique-t-elle. Et elle ajoute « c’était une opportunité pour développer le commerce extérieur de la France à travers notamment le réseau des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) présents sur l’île Maurice ».
« À budget constant, l’Aide Médicale de l’État devrait être repensée (…) pour soutenir la 3eme catégorie aidée de la CFE »
Michèle Giraud-Malivel, Présidente du conseil consulaire Maurice-Seychelles, membre de l’AFE
Aussi, elle aurait souhaité interpeller le chef de l’État sur les aides sociales destinées aux Français de l’étranger. Pour Michèle Giraud-Malivel, « à budget constant, l’Aide Médicale de l’État (AME – programme d’aide médicale en France destiné aux étrangers en situation irrégulière) devrait être repensée. Elle devrait ainsi se limiter à une visite complète dans les 6 premiers mois, et, avec les économies réalisées, la somme restante pourrait alors être destinée à la 3eme catégorie aidée de la CFE(personne à faible ressource) » nous a-t-elle indiqué, dans un échange que la rédaction a pu avoir avec notre compatriote.
La France devrait mieux reconnaître le talent de ses expatriés
Pour Charles de Loppinot, Conseiller des Français pour l’île Maurice-Seychelles et administrateur de l’UFE monde, « cette visite aurait pu être historique » nous a-t-il indiqué. En effet « c’était la première visite officielle à Maurice d’un Président de la République française depuis celle de François Mitterrand en 1990 ». « Cela fait des années que je milite pour cela auprès des autorités françaises », nous a-t-il informés. Selon ce Français installé sur l’île depuis plus de 25 ans, « sur le plan géostratégique, Maurice joue un rôle essentiel dans la région en raison de sa position géographique et de sa stabilité politique ».
Charles de Loppinot, conseiller des Francais de l’étranger, Administrateur de l’UFE Monde
Aussi, « en tant qu’élu des Français de l’étranger », il attendait que cette venue d’Emmanuel Macron « ne soit pas simplement symbolique ». En effet, des engagements concrets et durables » auraient pu être actés. Pour l’administrateur de l’UFE-Monde, « nous devons renforcer nos coopérations dans des domaines clés comme la diplomatie, l’économie, la transition écologique, et bien sûr la culture. »
« Le rayonnement de la France passe aussi par ses talents à l’étranger »
Charles de Loppinot, conseiller des Français pour l’île Maurice/ Seychelles, administrateur UFE-Monde
Et concernant nos expatriés, Charles de Loppinot, estime que si des avancées ont été enregistrées ces dernières années, « trop souvent, les Français de l’étranger sont perçus à Paris comme un groupe homogène, alors qu’ils sont en réalité extrêmement divers, dans leurs profils, leurs parcours, leurs attentes et leurs besoins ». Aussi, aurait-il souhaité demander au Président Macron et à son gouvernement « un renforcement des moyens des consulats, une meilleure reconnaissance du rôle des élus de terrain, mais aussi un soutien accru aux initiatives locales qui valorisent l’expertise française dans les pays d’accueil ».
Le président Macron
Sur le plan économique, l’élu consulaire rappelle que « le rayonnement de la France passe aussi par ses talents à l’étranger ». Pour notre interlocuteur, « il est urgent que la France reconnaisse enfin la contribution réelle des Français de l’étranger à sa balance commerciale extérieure. Aujourd’hui, cette contribution n’apparaît dans aucune statistique officielle, alors même que nombre d’entrepreneurs français installés à l’étranger agissent comme des ambassadeurs économiques de la France, créant des passerelles durables avec les écosystèmes locaux. »
« Il est urgent que la France reconnaisse enfin la contribution réelle des Français de l’étranger à sa balance commerciale extérieure »
Charles de Loppinot, conseiller des Français pour l’île Maurice/ Seychelles, administrateur UFE-Monde
Toutefois, il « reconnait que la création d’EFE International (Entreprise Française de l’Étranger), portée par le Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur de la France et le réseau des CCI françaises à l’international et j’espère bientôt par l’UFE, est un pas dans la bonne direction ». Ce dispositif « apporte enfin un soutien structuré et une reconnaissance institutionnelle aux entrepreneurs français de l’étranger ». Cependant, poursuit-il, « Il faudra poursuivre dans ce sens, en renforçant la coordination avec les réseaux diplomatiques et consulaires. »
Il y avait donc tant à échanger de la part de nos Français expatriés sur l’île Maurice avec Emmanuel Macron. Est-ce partie remise après l’annulation du déplacement du Président de la République à l’île Maurice ? Un autre déplacement sera-t-il reprogrammé ? En attendant, les entretiens que Michèle Giraud-Malivel et Charles de Loppinot, élus représentant la diaspora française, ont accordés à Lesfrancais.press constituent un message clair adressé au Président de la République et à son Ministre délégué au commerce extérieur et des Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin. Les expatriés français sont de plus en plus désireux de participer au débat public. Ils souhaitent également apporter des idées nouvelles et des solutions concrètes pour répondre à leurs besoins spécifiques. Et c’est plutôt une bonne nouvelle, reste à savoir comment ces propositions seront réceptionnées.