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  • Fin de vie : une étape historique dans la législation française

    Fin de vie : une étape historique dans la législation française

    Le 12 mai, l’Assemblée nationale examinera dans l’hémicycle un projet de loi très attendu et profondément clivant. Celui sur la fin de vie. Annoncé par le président de la République et porté par la ministre de la Santé Catherine Vautrin, ce texte vise à légaliser, sous conditions strictes, une forme d’« aide à mourir ». Le tout en rénovant l’approche globale de la prise en charge des derniers instants de vie. À l’image, entre autres, de la Belgique, de la Suisse ou du Canada, la France semble prête à franchir une étape historique dans sa législation.

    Une réponse à une demande sociétale

    La réflexion française sur la fin de vie ne date pas d’hier. Le projet de loi actuel s’inscrit dans la continuité d’un processus de maturation amorcé en 2022 avec l’avis favorable du Comité consultatif national d’éthique. Celui-ci s’est prononcé pour une « aide active à mourir » strictement encadrée, à condition de renforcer parallèlement les soins palliatifs.

    Une réponse à une demande sociétale
    Une réponse à une demande sociétale

    Dans la foulée, la Convention citoyenne sur la fin de vie — composée de 184 citoyens — a, en avril 2023, appuyé cette évolution législative, en réclamant « des soins palliatifs pour toutes et tous et partout » et « l’ouverture d’un droit au suicide assisté et à l’euthanasie. Les citoyens ont estimé que « le cadre législatif actuel était insuffisant ».

    L’ADMD : Une association engagée en faveur du droit à l’aide active à mourir

    Parmi les acteurs les plus engagés dans le débat autour de la fin de vie figure en première ligne l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), fondée en 1980. Avec plus de 80 000 adhérents, elle représente aujourd’hui un véritable lobby citoyen en faveur du droit à l’aide active à mourir. L’ADMD milite depuis plus de quarante ans pour que chaque individu puisse choisir librement les conditions de sa propre fin de vie, y compris en ayant recours à l’euthanasie ou au suicide assisté, dans un cadre légal strictement encadré. L’association soutient que le droit de mourir dans la dignité est un prolongement naturel des droits fondamentaux, au même titre que le droit à la vie ou à la liberté de conscience.

    Au fil des années, l’ADMD a multiplié les campagnes de sensibilisation, les tribunes publiques, les pétitions et les interventions auprès des parlementaires pour faire évoluer la législation française, jugée trop restrictive au regard des attentes de la société. Elle a également contribué activement aux travaux de la Convention citoyenne sur la fin de vie, en apportant des éléments d’information, en relayant les témoignages de patients et de familles, et en soulignant les lacunes du dispositif actuel. Elle considère que le projet de loi actuellement débattu constitue un pas décisif, tout en restant attentive à certains points sensibles. Comme l’effectivité de l’accès à l’aide à mourir sur l’ensemble du territoire ou le respect strict de la volonté du patient, y compris lorsque celle-ci a été exprimée par anticipation.

    L’ADMD insiste aussi sur la complémentarité entre l’aide à mourir et le développement des soins palliatifs, dénonçant l’idée d’une opposition artificielle entre les deux approches. Pour l’association, la liberté de choisir sa fin de vie ne saurait être réelle que si toutes les options sont accessibles, dans des conditions de dignité, de soulagement et d’égalité. À l’heure où le Parlement débat d’une réforme historique, l’ADMD continue d’appeler les élus à inscrire ce droit dans une perspective résolument humaniste et respectueuse de l’autonomie individuelle.

    Le texte de loi en faveur de soins d’accompagnement pour une nouvelle culture de la fin de vie

    L’une des innovations majeures du texte gouvernemental réside dans l’introduction du concept de soins d’accompagnement, plus englobant que celui des soins palliatifs. Ce changement sémantique traduit une volonté d’élargir la réponse médicale et humaine aux besoins des patients. Soutien psychologique, nutritionnel, musicothérapie, massages, mais aussi accompagnement des proches aidants.

    Le texte de loi en faveur de soins d’accompagnement pour une nouvelle culture de la fin de vie
    Le texte de loi en faveur de soins d’accompagnement pour une nouvelle culture de la fin de vie

    Le texte prévoit également la création de « maisons d’accompagnement », structures médico-sociales intermédiaires entre domicile et hôpital, conçues pour accueillir les patients en fin de vie lorsque le maintien à domicile est impossible. Inspirées des modèles belges ou canadiens d’hospices communautaires, ces maisons seront cofinancées par l’Assurance maladie et les bénéficiaires via un forfait journalier.

    Directives anticipées : mieux anticiper, mieux accompagner

    Le texte ambitionne également de faciliter la rédaction et la prise en compte des directives anticipées. Désormais, si le texte est adopté tel quel, toute personne pourra intégrer ces directives dans l’espace numérique de santé, les associer à un plan personnalisé d’accompagnement, et en donner l’accès à un proche. En Suisse, ces directives sont juridiquement contraignantes depuis 2013, et le Canada a également renforcé leur portée via les lois provinciales, notamment au Québec.

    L’aide à mourir : des conditions strictes

    Le second pilier du projet porte sur l’aide à mourir, définie comme la mise à disposition, sous certaines conditions, d’une substance létale. Celle-ci pourra être administrée par le patient lui-même, ou — si ce dernier est incapable de le faire — par un médecin, un infirmier ou une personne volontaire.

    Dans le texte de loi proposé sur l’aide à mourir : « il faudra être majeur, résider de manière stable en France, être atteint d’une maladie grave et incurable avec un pronostic vital engagé à court ou moyen terme »

    Aujourd’hui, dans le texte de loi en discussion, les conditions d’accès sont strictes. Il faudra être majeur, résider de manière stable en France, être atteint d’une maladie grave et incurable avec un pronostic vital engagé à court ou moyen terme, et souffrir de douleurs réfractaires ou insupportables. La personne devra en outre être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée. Une clause de conscience est prévue pour les professionnels de santé réticents, qui devront néanmoins orienter la personne vers un confrère. Une commission nationale sera chargée de recenser les volontaires et de contrôler l’ensemble du dispositif.

    Vers une extension du droit à l’euthanasie ?

    Lors des débats en commission le 11 avril dernier, les députés ont approuvé un amendement d’Élise Leboucher (LFI) qui autorise la personne concernée à choisir entre l’auto-administration ou l’administration par un soignant, élargissant ainsi la portée du dispositif. Dans le texte initial, cette seconde option n’était envisageable que si la personne n’était « pas en mesure physiquement d’y procéder ». Le rapporteur Olivier Falorni (MoDem) a émis un « avis de sagesse », estimant que ce changement « ne bouleverserait pas l’équilibre du texte ».

    Mais pour Patrick Hetzel (LR), c’est un glissement fondamental : « On est dans un encadrement juridique qui n’est plus de même nature, avec un texte de suicide assisté et d’euthanasie, et non plus de suicide assisté et d’exception euthanasique dans un certain nombre de cas limités. ». Les députés ont en revanche rejeté les amendements permettant de recourir à l’aide à mourir via les directives anticipées lorsque le patient ne peut plus exprimer sa volonté.

    Et pour les Français vivant à l’étranger ?

    Nombreux sont les Français résidant dans des pays qui ont déjà légalisé l’aide à mourir. Mais peuvent-ils y accéder au même titre que les citoyens locaux ? La réponse varie selon les pays ; ici trois exemples :

     

    Pays Résidence requise ? Euthanasie ou suicide assisté ? Français résidents éligibles ? Français non-résidents éligibles ?
    Belgique Oui Euthanasie (et suicide assisté) ✅ Oui ❌ Non
    Canada Oui (résidence ou citoyenneté + couverture santé publique) Euthanasie et suicide assisté ✅ Oui (sous conditions strictes) ❌ Non
    Suisse Non Suicide assisté uniquement ✅ Oui ✅ Oui

    Une avancée historique en suspens

    Plusieurs points ne sont pas encore tranchés, et le débat parlementaire devra y répondre. Il y a notamment la question de la définition exacte du « moyen terme » dans l’évaluation du pronostic vital. Catherine Vautrin a annoncé l’avis imminent de la Haute Autorité de Santé sur ce sujet sensible.

    « Dans une démocratie moderne, qui peut légitimement décider du moment et des conditions de sa propre mort ? »

    Derrière les débats techniques, juridiques et médicaux, c’est une interrogation éminemment existentielle qui traverse le projet de loi. Dans une démocratie moderne, qui peut légitimement décider du moment et des conditions de sa propre mort ? En apportant sa voix au débat, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) rappelle que la fin de vie n’est pas uniquement une affaire de soins. Mais aussi une question de liberté fondamentale, d’égalité d’accès aux droits, et de reconnaissance de la dignité humaine jusqu’au dernier souffle.

    Ce projet de loi, s’il venait à être adopté, constituerait une avancée historique pour la France, la rapprochant des législations de pays comme la Belgique, le Canada ou la Suisse. Mais pour qu’il ne demeure pas une réforme de papier, les regards se tournent aussi vers la mise en œuvre de ce futur texte et les demandes. Notamment en termes de formation des soignants, de maillage territorial en soins palliatifs et de structures d’accompagnement, respect scrupuleux du libre arbitre des personnes concernées, ainsi que de l’encadrement rigoureux des procédures.

    L’ADMD et d’autres acteurs de la société civile soulignent également le risque d’un droit théorique inapplicable pour des raisons budgétaires, culturelles ou idéologiques. Ils insistent sur le fait que la liberté de choisir sa fin de vie ne saurait se réduire à une option offerte à quelques-uns, dans certains territoires, mais qu’elle doit être garantie pour toutes et tous, dans le respect des convictions de chacun. Alors, ce texte deviendra un droit réel et accessible à tous.

    Comment la fin de vie est-elle abordée dans votre pays de résidence? Partagez vos expériences ou vos attentes dans les commentaires.

  • Consommation : stop ou encore ?

    Consommation : stop ou encore ?

    Malgré une légère amélioration de leur pouvoir d’achat et la baisse des prix de l’énergie, les Français ne renouent pas avec la consommation. Derrière ce repli se cache une double réalité : un climat d’incertitudes durables et une transformation en profondeur des modes de vie et de consommation.

    Moins de biens, plus de services : la mutation est autant culturelle qu’économique. Au mois de mars 2025, la consommation de biens en France est revenue à son niveau de 2014. Pourtant, au cours des dix dernières années, la population a augmenté de 2,5 millions de personnes, passant de 66,1 à 68,6 millions d’habitants, ce qui implique une baisse de 3 % de la consommation par habitant.

    Les produits alimentaires sont en première ligne de ce mouvement inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : leur consommation s’est contractée de 8 % entre 2021 et 2025. Les ménages réduisent leurs achats ou se détournent de certains biens — vêtements, alimentation, équipements de la maison — et, en contrepartie, augmentent leurs dépenses de services.

    Les achats de biens matériels ne font plus rêver. 

    Les dépenses liées à l’hébergement-restauration ont progressé de 17 % en quatre ans, celles liées à la santé de plus de 4 %. Les comportements de consommation changent. La priorité est donnée aux loisirs, qu’il s’agisse de voyages ou d’abonnements à des plateformes de vidéos à la demande. Les achats de biens matériels ne font plus rêver.

    Durant les Trente Glorieuses, l’acquisition d’une voiture représentait un symbole d’indépendance et un marqueur social. La concentration de la population dans les grandes agglomérations, les incertitudes liées aux normes écologiques et les coûts croissants liés à la possession d’un véhicule ont conduit de nombreux ménages à y renoncer. À Paris, moins d’un ménage sur trois possède une voiture, contre plus de 80 % dans l’ensemble de la France métropolitaine. Pour l’habillement, les ménages n’hésitent plus à acheter des articles d’occasion sur des plateformes spécialisées.

    Les Français sont aujourd’hui plus mobiles qu’autrefois. Ils changent plus fréquemment de logement, souvent des petites surfaces en milieu urbain. Le recours à la location meublée se généralise. Dès lors, les achats de biens d’équipement se réduisent au strict nécessaire. Autrefois regardée sur l’écran familial, la télévision se consomme désormais sur tablette, voire sur smartphone. En matière d’alimentation, les repas à l’extérieur se multiplient, comme en témoigne l’essor de la restauration rapide. Boulangeries et enseignes de grande distribution s’adaptent en proposant des espaces de restauration.

    Les dépenses pré-engagées ont fortement augmenté

    Le vieillissement démographique s’accompagne d’une hausse des dépenses de services à la personne et d’un recul des achats de produits. Les ménages sont contraints de faire des arbitrages budgétaires constants, d’autant que leur niveau de vie progresse faiblement et que les dépenses pré-engagées (loyers ou remboursements de prêts immobiliers, assurances, énergie, télécommunications, cantines ou crèches) ont fortement augmenté. Par nature, celles-ci sont difficilement compressibles à court terme. Selon l’INSEE, leur poids est passé de 18 % du revenu des ménages en 1980 à plus de 32 % en 2023.

    Les dépenses pré-engagées ont fortement augmenté
    Les dépenses pré-engagées ont fortement augmenté

    La crainte de l’avenir pèse également sur les comportements de consommation. La succession des chocs récents — pandémie de Covid, guerre en Ukraine, inflation persistante, incertitudes autour du financement des retraites, instabilité politique en France, retour de Donald Trump au pouvoir — a provoqué une remontée du taux d’épargne passé de 15 % à 18 % du revenu disponible brut entre 2018 et 2025. Par définition, plus d’épargne, c’est moins de consommation. Les Français renforcent leur épargne de précaution pour faire face aux aléas, tout en augmentant leur effort d’épargne longue en vue de la retraite.

    Les Français renforcent leur épargne.

    Contrairement à leurs homologues étrangers qui, après la pandémie, ont retrouvé le chemin des magasins, réels ou virtuels, les Français peinent à renouer avec la consommation. Cette réticence est alimentée par un climat d’inquiétude persistant. Depuis octobre 2021, l’indicateur de confiance des ménages de l’INSEE demeure nettement inférieur à sa moyenne de long terme. L’instabilité politique, la prise de conscience de l’ampleur de la dette publique, la crainte de nouvelles réformes fiscales, l’anxiété générée par le changement climatique et les tensions commerciales mondiales sont autant de freins à la reprise de la consommation. Et ce, malgré une amélioration du pouvoir d’achat et la baisse des prix des carburants.

    La restauration de la confiance apparaît comme la condition sine qua non d’un retour de la consommation. Laquelle demeure la clé de voûte de la croissance économique. Le pessimisme ambiant est auto-réalisateur. Faute de consommation, il n’y a pas d’investissement. Faute d’investissement, les recettes publiques s’érodent. Et sans recettes, la croissance de demain est compromise.

    Sans désir, il n’est pas de reprise durable. 

    La consommation des ménages français traverse une double réalité. Un marasme conjoncturel nourri par l’inflation, les incertitudes politiques et les angoisses collectives, mais aussi une mutation structurelle profonde. Désormais, l’achat d’un bien ne suffit plus à traduire le désir ou le progrès social. Ce rôle revient aux expériences, aux services, aux formes de mobilité ou de sobriété choisies. Moins quantitative, plus sélective, la consommation s’adapte à un monde contraint, vieilli, urbanisé et numérisé.

    Pour que cette transformation ne se réduise pas à un repli, encore faut-il qu’elle soit accompagnée, comprise, et portée par un regain de confiance collective. Car sans désir, il n’est pas de reprise durable.

  • Financement de la défense : les règles du programme SAFE divisent États membres et industriels

    Financement de la défense : les règles du programme SAFE divisent États membres et industriels

    Les États membres de l’Union européenne peinent à s’entendre sur l’étendue de la clause d’achat européen dans le cadre du programme SAFE (Security Action for Europe), le nouvel instrument de financement commun de la défense doté d’un budget de 150 milliards d’euros. Toutefois, pour les industriels du secteur, la priorité est claire.

    L’instrument SAFE permettra aux Vingt-Sept de financer leurs investissements de défense via des achats en commun.

    Toutefois, deux questions majeures restent à trancher : d’une part, dans quelles conditions certains pays tiers pourraient être autorisés à participer à ces achats communs ; d’autre part, jusqu’où doit aller la clause de préférence européenne ?

    Le dernier texte de compromis sur le programme, rédigé par la présidence polonaise du Conseil de l’UE et présenté mercredi 30 avril, tente de définir les conditions des achats « en commun ».

    Ce texte prévoit que des industriels situés hors de l’UE pourront prétendre à participer au programme SAFE uniquement si leur pays d’origine a conclu à la fois un accord commercial et un pacte de défense avec l’Union. En outre, plusieurs conditions techniques s’appliquent : les sites de production doivent être clairement définis, une part minimale des composants doit être fabriquée dans l’UE, et la part des éléments provenant de pays tiers devra être explicitement déclarée.

    Certains États membres jugent ces critères trop restrictifs et plaident pour une plus grande ouverture aux partenaires extérieurs. À ce jour, des pays comme le Royaume-Uni, la Turquie et la Corée du Sud sont considérés comme des candidats potentiels à une participation au programme.

    En plus de ces règles, la Grèce et les Pays-Bas souhaitent introduire des critères supplémentaires d’éligibilité. Selon des sources diplomatiques, ils militent pour exclure les pays tiers qui ne respectent pas les principes de l’État de droit et interdire les achats auprès de leurs industries.

    L’industrie monte au créneau

    Alors que les États membres s’écharpent sur les règles à adopter, les géants européens de la défense font passer un message clair à Bruxelles : les fonds du programme SAFE doivent d’abord bénéficier aux acteurs européens.

    Deux questions majeures restent à trancher : d’une part, dans quelles conditions certains pays tiers pourraient être autorisés à participer aux achats communs ; d’autre part, jusqu’où doit aller la clause de préférence européenne ? [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]
    Deux questions majeures restent à trancher : d’une part, dans quelles conditions certains pays tiers pourraient être autorisés à participer aux achats communs ; d’autre part, jusqu’où doit aller la clause de préférence européenne ? [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

    Dans un document de position consulté par Euractiv, des géants de l’industrie tels qu’Airbus, Saab ou MBDA, représentés par l’Association européenne des industries de sécurité et de défense (ASD), appellent à réserver en priorité les financements du programme aux entreprises établies dans l’UE.

    Selon l’ASD, les industriels européens ont déjà engagé des efforts pour accroître leurs capacités de production, dans un contexte où les stocks mondiaux diminuent. Il serait donc logique, selon eux, de privilégier les fournisseurs européens.

    L’association plaide également pour une application stricte de la préférence européenne en ce qui concerne « les missiles, la protection des infrastructures critiques et le cyber ». En outre, ces équipements devraient être reclassés comme « complexes », contrairement à leur statut actuel dans les textes de la Commission et du Conseil.

    S’agissant de la collaboration avec des pays tiers, l’ASD considère que le Royaume-Uni pourrait faire figure d’exception. En effet, plusieurs grands groupes européens, comme MBDA ou Leonardo, possèdent des filiales dans le pays ou y sourcent certains composants. Le fait que Londres soit en négociation pour un pacte de défense avec l’UE est perçu comme un signal positif par l’industrie.

    Les négociations entre les États membres sur le texte se poursuivent, son adoption étant toujours prévue pour le 13 mai.

  • Le protectionnisme et les leçons du passé

    Le protectionnisme et les leçons du passé

    Le Smoot-Hawley Tariff Act de 1930, initiative du sénateur Reed Smoot et du représentant Willis C. Hawley, constitue la dernière grande période protectionniste des États-Unis avant les annonces de relèvement des droits de douane faites par Donald Trump le 2 avril dernier. En cas d’application de ces mesures, la taxation des importations américaines pourrait atteindre entre 22 % et 25 %. Même en cas de prolongation du moratoire de 90 jours, les droits de douane seraient néanmoins relevés en moyenne de 12,5 points. Avant 2019, les droits de douane aux États-Unis étaient inférieurs à 4 %. Le Smoot-Hawley Tariff Act avait, pour sa part, porté les droits de douane à 20 % en 1930. Par conséquent, cette mesure entraîna une réduction significative — de 15 % à 32 % — des importations américaines.

    Dans les années 1930, il fallut quatre ans pour que les États-Unis changent de cap.  

    En réaction à cette hausse, 25 pays adoptèrent à leur tour des mesures de rétorsion, ce qui provoqua une baisse du commerce mondial et accentua une croissance déjà déprimée. En 1934, le président Franklin D. Roosevelt décida de faire marche arrière et opta pour une politique favorable au libre-échange.

    Les différences structurelles entre l’économie américaine de 1930 et celle d’aujourd’hui sont importantes, ce qui laisse présager des effets différents de la hausse des droits de douane. Le taux de chômage était bien plus élevé lors de la crise de 1929 : 8 % en 1930, 16 % en 1931 et 23 % en 1932, contre environ 4 % depuis le début de l’année 2025. L’économie américaine de l’époque souffrait d’une insuffisance de la demande et d’une surcapacité de l’offre. Elle était entrée en récession après l’éclatement de la bulle boursière. En 2025, les États-Unis sont en situation de plein-emploi, ce qui complique la relocalisation d’emplois industriels. Par conséquent, l’effet positif des nouveaux droits de douane sur l’investissement devrait être limité, tandis que leur effet inflationniste pourrait être important. Celui-ci pourrait être renforcé par la politique anti-immigration du président.

    Le retour en force du protectionnisme
    Le retour en force du protectionnisme

    Le poids des importations dans le PIB est aujourd’hui bien plus élevé qu’en 1930. En 1931, elles représentaient 6 % du PIB. Actuellement, les importations de biens dépassent 11 %. Mais si l’on inclut les services, ce taux est supérieur à 14 %.

    En 2024, les importations des États-Unis se sont élevées à 3 296 milliards de dollars, dont une grande partie provient de pays à faibles coûts de production. De plus, les possibilités de substitution sont limitées et s’accompagnent généralement de hausses de prix.

    En 1930, les principaux partenaires commerciaux des États-Unis étaient l’Europe, l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, avec des coûts de production relativement proches.

    Les entreprises des pays avancés ont organisé leur production en chaînes de valeur mondiales.

    Depuis une trentaine d’années, les entreprises des pays avancés ont organisé leur production en chaînes de valeur mondiales. La production d’un bien est désormais segmentée entre plusieurs pays en fonction des coûts, de la main-d’œuvre et des ressources. Modifier ces chaînes suppose de détruire des capacités de production dans certains pays pour en créer dans d’autres — aux États-Unis en cas de relocalisation. C’est pourquoi cette transition s’accompagnera presque inévitablement de hausses de prix.

    En 1930, l’économie américaine était en pleine déflation ; en 2025, la principale menace est l’inflation. La hausse des droits de douane décidée par Donald Trump aura des effets pervers. Comme ce fut le cas en 1930, mais selon des modalités différentes. Le principal risque en 2025 est l’inflation. Ces droits de douane risquent également d’entraîner un ralentissement de la croissance en pesant sur la consommation des ménages. Par effet de rétorsion, ils freineront aussi le commerce international et la croissance mondiale. Dans les années 1930, il fallut quatre ans pour que les États-Unis changent de cap. Combien en faudra-t-il dans les années 2020 ?

  • Quatre stratégies bancales pour des stratèges planétaires

    Quatre stratégies bancales pour des stratèges planétaires

    « Je dirige le monde » Trump n’a pas tort, le chaos du monde se gonfle de mégalomanie aléatoire. Il n’est pas seul frappé de cette épidémie. Xi Jinping et Poutine se pensent aussi stratèges planétaires. Xi a pensé les « nouvelles routes de la soie », toile quadrillant la terre au bénéfice d’une universelle aragne.  Le vrai dessein s’appelle le « Rêve chinois », depuis 2012. Cet idéal, sous la direction du PCC, doit placer la Chine au centre du monde en 2049, centenaire de la République populaire.

    La stratégie chinoise serait de circonvenir le Rimland, la ceinture des côtes de l’Europe à l’Extrême Orient, en passant par le Moyen-Orient. « Qui contrôle le Rimland dirige l’Eurasie, qui dirige l’Eurasie contrôle les destinées du monde » pontifiait un universitaire écouté par Roosevelt. Inutile d’être bien savant pour deviner que le contrôle d’un tel foisonnement de peuples, mers et richesses, possèderait un avantage certain. Plus subtile, moins théorique, la stratégie chinoise pénètre en Asie centrale, l’ancien empire russe (Kazakhstan et Turkménistan), s’appuie, face à l’Inde, aussi bien sur l’Afghanistan que sur le Pakistan, pousse son avantage au Moyen-Orient, avec une base à Djibouti, une alliance avec l’Iran, un soutien aux Houthis du Yémen.  Comme l’eau, elle s’insinue partout où elle le peut, selon les circonstances. Elle assure son imperium régional à travers le crédit, les infrastructures, sa marine, au Vietnam, en Birmanie, au Cambodge, au Sri Lanka.

    Une vraie propagande : la Chine défend un commerce équitable, l’anti-impérialisme, la paix.

    Elle conclut un partenariat avec l’Afrique du Sud pour des infrastructures reliant toutes les capitales africaines, domine déjà le commerce africain. Premier partenaire du continent sud-américain, elle se pose en Afrique du Nord comme en Europe (Algérie, Bulgarie, Roumanie, Grèce, Serbie). La guerre d’Ukraine lui offre la Russie. Routes et relais maritimes et terrestres deviennent spatiaux, technologiques, financiers. Sans oublier une vraie stratégie de propagande : la Chine défend un commerce équitable, l’anti-impérialisme, la paix. Face à elle, le méchant, l’américain, dispose d’atouts puissants.

    Alliances, monnaie, technologie, idéologie, science, armée, soft power, les États-Unis ont tout. Trump le wokiste les déconstruit un à un. Trump rejette les amis de la liberté, soutient les « illibéraux », caricature le « rêve américain » en « business ». Si Wall Street et quelques autres l’ont fait reculer, le mal est fait.

    Quelle est la stratégie de Trump ? Contrer la Chine ! Pour cela, donner à Poutine ce qui lui plaît en Ukraine, l’arrimer aux intérêts américains, régler le sort de l’Iran par l’argent ou la force ; imposer la paix au Moyen-Orient dans une nouvelle alliance regroupant Israël, l’Arabie, l’Égypte.  l’Union Européenne divisée, les Européens s’aligneront sur les intérêts américains, payeront la protection américaine. L’accès au marché américain se monnaie. Ainsi la Chine sera bien obligée, seule contre le monde entier, de plier.

    Les États-Unis ont tous les atouts. Trump le wokiste les déconstruit un à un.  

    Trump se trompe, il ne dirige pas plus le monde que le coq n’ordonne au soleil de se lever. Trump déchante, renonce, varie, fol qui s’y fie. Au moins il n’est pas obtus. Tout ce qui brille comme l’or l’attire.  Une promesse de minerais, plus ou moins rares, lui fait enfin reconnaître la Russie comme agresseur.  Qu’importe : que vaut sa parole, sa signature ? Le « Rêve américain » est fissuré par un immense doute, dont profite évidemment la Chine, et la Russie.

    Poutine a compris : Les États-Unis ne défendront pas l’Europe. Déjà, Biden avait annoncé qu’il ne défendrait pas l’Ukraine. Poutine avait vu un feu vert, comme Saddam lors de l’invasion du Koweït. Cette fois, c’est un vert fluo : Trump se moque de l’Ukraine, de la Pologne, de l’Allemagne, comme de la Suède et de la Finlande. Ces naïfs ont adhéré à l’OTAN pour bénéficier du parapluie américain au moment où Trump passe à l’Est. Poutine construit des installations aux frontières finlandaises et norvégiennes. Qu’un cessez-le-feu s’impose en Ukraine, ces installations accueilleront armes et soldats.

    L’économie russe est devenue une économie de guerre, il faudra qu’elle tourne. Le pays s’appauvrit, l’armée tient. Alors il sera possible de faire pression sur ces pays; non pour les attaquer – inutile- mais pour les faire revenir dans l’aire russe, comme la Biélorussie. Les États baltes n’ont aucune raison d’être. Qui les défendra ? La Pologne ? l’Allemagne, la France ? Il les absorbera sous la forme d’un traité, ce qui disloquera l’Union Européenne. Alors la Russie naviguera en maître entre les intérêts redevenus contraires des petits européens désunis. Après le rêve chinois, le bonheur russe.

    Toute critique devient trahison morale.  

    Pourquoi ce désir d’expansion ? Pour consolider son pouvoir interne. Affirmer rêve et puissance justifie censure, prison, assassinats. Toute critique devient trahison morale. C’est le processus de tout pouvoir autocratique, en Algérie, en Tunisie, en Iran, au Venezuela en Chine, et désormais pour une partie de l’administration américaine.

    Poutine ne cherche pas au Donbass des terres rares. Il veut casser le « Rêve européen ». Cet horrible modèle occidental de la paix a brisé l’URSS, absorbé l’Europe de l’Est, provoqué la révolution de Maïdan, bouleversé la Géorgie, tenté la démocratie en Biélorussie. La fièvre démocratique a failli contaminer la Russie. Eltsine avait harangué la foule sur un char, s’opposant au coup d’État. Le peuple russe est comme les autres peuples; il aimerait plutôt la paix et la liberté. Poutine resserre les garrots, tue, emprisonne, avec pour justification la patrie. «Tout l’art de gouverner est d’avilir son peuple. On renforce ses états en faisant faire à ses armées ce qu’aucune n’ose faire ; on tire du profit en perpétrant des actes dont rougiraient les autres princes », le rêve de l’Ordre absolu du Prince Shang, débarrassé de l’idéologie communiste, est celui de Poutine. Dans son salon d’apparat, le portrait de Nicolas II rembobine le fil de « la Russie éternelle ».

    Poutine veut casser le « rêve européen ». La fièvre démocratique a failli contaminer la Russie.

    Cible de ces trois stratégies, l’Europe pourrait en avoir une. Elle prend conscience de sa faiblesse, s’organise pour résister à la pression russe, aux diktats américains. Elle est même prête à s’accommoder de la Chine. Tactiques de circonstances, l’Europe – la France- peut positionner des soldats en Roumanie, dans les États baltes, c’est nécessaire, mais ce n’est qu’en réaction.

    L’Europe peut avoir ses propres objectifs. Lesquels ? La grande stratégie européenne devrait être le partenariat euro-russe. Ce qui fut tenté. L’Europe comme la Russie sont des partenaires naturels. Aucune puissance ne pourrait dominer le monde si existait un tel accord. Indépendance, sécurité, énergie,  technologies, un tel partenariat, multiplierait les bénéfices de tout ordre. Hélas, c’est impossible. Poutine ne veut pas. Le poison démocratique européen ruinerait son système. Les démocraties libérales sont un poison, elles sont l’ennemi.

    À l’inverse, les démocraties européennes devraient comprendre que pour atteindre leur objectif : un partenariat avec la Russie – il faut miner le pouvoir de Poutine. Seule une Russie libre, démocratique, serait l’alliée fiable de l’Europe. Le peuple russe y est prêt, comme l’ont prouvé les Ukrainiens, les Polonais, les Baltes.  

    La grande stratégie européenne devrait être le partenariat euro-russe.  Avec une Russie Libre.

    Le pouvoir poutinien est si fragile qu’il emprisonne plus que la Russie soviétique en son temps. Le rêve chinois ne sera jamais celui de l’humanité. Les régimes policiers sont des châteaux de cartes. Les guerres ne se gagnent pas que par les armes.

    Si l’Europe, suivant ce que la France dit seule depuis longtemps, croit en elle, en un message universel, alors tous ces stratèges dans leurs bureaux de plâtre verront leurs chimères tomber en poussière. Les Ukrainiens se battent donc aussi pour la liberté du peuple russe. Ils ne seront en paix, libres, qu’avec pour voisins des Russes libérées. C’est à cela, par mille moyens, que les Européens doivent travailler. « Qui libérera l’Eurasie (la Russie)  libérera le monde ». Et si ça ne marche pas, ce sera un ferment utile pour tous, à commencer par nous-mêmes.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France Pay

  • Alexy Large, l’autodidacte nomade pose ses valises musicales à Miami

    Alexy Large, l’autodidacte nomade pose ses valises musicales à Miami

    Écouter le podcast avec Alexy Large

    Après un parcours mélodique riche d’une quinzaine d’années de compositions et de collaborations réussies, Alexy Large, l’autodidacte nomade, pose ses valises musicales à Miami. Loin d’un simple changement de décor, cette arrivée marque un tournant dans le parcours d’un artiste chanteur à la voix mélodieuse de soprano. « Vagabondage » avec un serial lover à la signature sonore singulière.

    Une trajectoire sans frontières

    Franco-canadien d’origine, Alexy Large a grandi dans un monde en mouvement. Fils de militaire, il a vu son enfance rythmée par les déménagements, passant d’un pays à l’autre sans jamais vraiment s’installer. Il a vécu ainsi au Sénégal ou à la Réunion mais c’est en Bretagne qu’il s’épanouira et rencontrera ses premiers succès musicaux.

    Alexy Large au studio
    Alexy Large au studio

    Loin de la culture bretonne c’est sur le Web qu’Alexy Large fait ses premières armes et est d’abord remarqué d’un public sensible à ses odes sentimentales RnB. En 2015 sa carrière musicale franchit un pallier en termes d’audience avec les chansons « Tu es la seule » et « She Hates Love ».

    « Peu importe les frontières, ce qui nous rallie tous, c’est l’amour »

    Alexy Large

    Ainsi, il affirme son style de serial lover doué pour des mélodies universelles qui disent la difficulté d’aimer comme le sublime des sentiments partagés. D’ailleurs pour notre invité « peu importe les frontières, ce qui nous rallie tous c’est peut-être l’amour ». En 2016 il enchaînera avec les singles « Je t’aime » et « Ailleurs ». Ce dernier titre lui donne l’occasion de travailler aux côtés de Serge Beynaud et de s’ouvrir à d’autres artistes.

    Un artiste solo qui sait la jouer collectif

    Plus engagé dans le travail en collectif, il concrétise en 2019 deux nouveaux projets collaboratifs : « Rosalina » avec Sez et « Tranquila » avec Kelyan Muller. Ces trois dernières années il enrichira son CV de compositeur pou Keen’V avec la chanson « Tout donner » (2022).  2023 verra enfin le lancement des singles « Pas ma faute » et « Dingue de toi (Turn me on) », en collaboration avec la chanteuse Dana.

    Alexy Large : autodidacte assumé

    À la différence de beaucoup d’artistes, Alexy n’a jamais suivi de formation académique classique en musique ou en composition. Il a tout appris seul, à l’oreille, en expérimentant. D’abord le clavier puis la guitare mais aussi les logiciels de production qui sont incontournables pour tous les artistes qui comme lui ont dû d’abord se faire un nom en ligne. Le chant viendra plus naturellement grâce à une belle tessiture de soprano et une capacité à accrocher des octaves haut perchées.

    « Ne jamais abandonner, et ne pas se trouver d’excuse »

    Alexy Large

    Au cours de ce podcast, on demande à l’artiste de partager des conseils à celles et ceux qui souhaitent se lancer : « Ne jamais abandonner, y aller, avoir la faim apprendre, le vouloir et ne pas se trouver d’excuse, travailler (…) et ne pas avoir la soif du succès », nous dit-il notamment. 

    Une signature sonore singulière

    Son phrasé actuel est devenu avec le temps plus onctueux à l’image de compositions qui mêlent douceur et sensualité, questionnement existentiel et affirmation des émotions d’un homme d’aujourd’hui, ouvert à la rencontre, enflammé dans ses sentiments, déçu par les réalités des amours en relatif mais jamais lassé d’aimer.

    Alexy Large
    Alexy Large

    Sa liberté musicale revendiquée a forgé une signature sonore personnelle, hybride, entre pop, RnB et textures organiques. Le travail musical de l’artiste sera synthétisé en un album nommé « Dopamine » publié voilà un an et demi.

    « J’ai préféré discuter derrière un micro et beaucoup de gens se sont retrouvés dans ma musique. Au final on n’est jamais seul »

    Alexy Large

    On y retrouve sept titres qui s’adressent au cœur et qui charrient avec eux une grande et belle sincérité. Son public de fans composé de 198.000 abonnés sur YouTube et de plus de 94.000 sur Instagram ne s’y trompe pas et salue généralement cette capacité immédiate à communiquer une émotion. Comme notre invité l’évoque au cours de ce podcast Vagabondage, « j’ai préféré discuter derrière un micro et beaucoup de gens se sont retrouvés dans ma musique. Au final on n’est jamais seul. »

    Alexy Large
    Alexy Large

    « Mes chansons ce sont toutes des expériences personnelles », précise-t-il aussi. Son dernier clip est un must à cet égard, une véritable ballade du tendre intitulée, simplement, « Nous ». « J’ai fermé les yeux et j’ai imaginé ce que je pourrais dire à cette personne si je l’avais en face de moi » confie Alexy.

    Miami, aventure introspective

    C’est à Miami qu’Alexy Large a choisi de poser ses valises pour trouver de nouvelles inspirations et enregistrer de nouveaux titres. Il remercie d’ailleurs Franck Bondrille pour sa confiance et de pouvoir vivre cette expérience dans une ville à l’énergie solaire, cosmopolite, qui semble taillée pour un artiste sensible et moderne comme lui. Il le dit lui-même en introduisant son nouveau single sorti ce 2 mai « Si J’pouvais », (à écouter d’urgence) : « j’ai compris mes erreurs et j’ai compris mes torts ». Une aventure américaine qui s’annonce introspective et qui pourrait annoncer une véritable maturité musicale outre-Atlantique. 

  • Moins de dédommagements  en cas de retard aérien dans l’UE ?

    Moins de dédommagements en cas de retard aérien dans l’UE ?

    Dix associations de consommateurs tirent le signal d’alarme alors que s’ouvre la révision du règlement européen traitant des droits des passagers aériens sous la pression du lobby des compagnies aériennes. Une information qui ne peut échapper aux Français de l’étranger qui sont plus souvent que les autres dans les cieux et donc susceptibles d’être frappés d’un retard.

    « Des reculs majeurs »

    Voilà comment sont qualifiées les intentions des compagnies aériennes à l’occasion de la révision du règlement européen traitant des droits des passagers aériens.

    Rappelons que la présidence polonaise du Conseil de l’Union européenne, avec l’amicale pression des grandes compagnies aériennes à travers Airlines for Europe, un de ses principaux lobby, plaide en effet pour une révision des seuils d’indemnisations en cas d’annulation ou de retard d’un vol, qui se fera au détriment du consommateur.

    Aujourd’hui, le consommateur européen peut être indemnisé grâce au règlement 261/2004 adopté il y a plus de 20 ans par l’Union européenne « pour tout voyageur au départ d’un pays de l’Union européenne qui voit son vol annulé pour des conditions non extraordinaires, ou retardé de plus de trois heures ».

    20% des départs en retard en France l’an passé

    Ce dernier prévoit un dédommagement de 250 euros pour les vols de moins de 1.500 kilomètres, de 400 euros pour les vols compris entre 1.500 et 3.500 kilomètres et de 600 euros pour les vols de plus de 3.500 kilomètres.

    L’an passé, les passagers aériens au départ de la France ont cumulé plus de 7 millions de minutes de retard sur leurs vols, selon le site Flightright. 20% des départs ont subi un retard supérieur à 15 minutes et 1% des vols ont été annulés.

    20% des départs en retard en France l'an passé
    20% des départs en retard en France l’an passé

    C’est dire l’importance d’une telle protection même si peu de consommateurs en profitent dans les faits par méconnaissance (un passager sur deux en France en moyenne, un sur trois au niveau européen).

    Cette politique d’indemnisation pourrait prochainement être bien moins favorable. Les seuils de déclenchement et les montants seraient réorganisés:

    • 250 euros pour les vols de moins de 3.500 kilomètres,
    • 400 euros pour un retard de neuf heures sur un vol au sein de l’UE de moins de 3.500 kilomètres et sur les vols extracommunautaires de 3.500 à 6.000 kilomètres
    • 600 euros lors d’un retard de 12 heures sur un vol extracommunautaire de plus de 6.000 kilomètres.

    Le lobby des compagnies pousse également pour préciser davantage « les circonstances non extraordinaires » ouvrant le droit à une indemnisation.

    Enfin, il s’agirait d’imposer une démarche proactive de la part des consommateurs, dans les six mois à compter de l’incident subi, alors que les textes et la jurisprudence soulignent que l’indemnisation du consommateur et son remboursement le cas échéant sont dus automatiquement et sans que le consommateur n’ait à se signaler expressément (en théorie dans les faits).

    « Prime à la piètre qualité »

    Face à cette perspective, dix associations de consommateurs dont l’UFC Que Choisir ou encore le CLCV tirent le signal d’alarme.

    Pour elles, avec ce texte, « 75% des passagers seraient exclus du droit à indemnisation ».

    « Les études soulignent que l’essentiel des retards de vols se situent entre 2 et 4h, l’adoption d’un tel texte aboutirait de facto à exclure les trois quarts des passagers victimes de retard de toute compensation, et à mettre en place une forme de prime à la piètre qualité pour les compagnies aériennes ».

    « Ces reculs majeurs sont d’autant plus inacceptables et incompréhensibles que les compagnies aériennes réalisent actuellement des bénéfices records », ajoutent les associations. Un tel bond en arrière serait assurément un très mauvais signal adressé aux consommateurs alors même que leur confiance est essentielle au secteur », concluent-elles.

    Elles appellent « les Etats membres et les parlementaires européens à préserver les acquis de la jurisprudence européenne et du dispositif réglementaire actuel ».

    « Augmenter les montants, pas les baisser »

    Pour les spécialistes de l’aérien, une telle révision serait par ailleurs paradoxale. « Les montants ne sont pas actualisés depuis plus de 20 ans alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter », commente à l’AFP, Anaïs Escudié, fondatrice du site RetardVol, un service en ligne qui permet justement de faire jouer son droit à l’indemnisation.

    « La convention de Montréal, prévoit une actualisation des montants tous les cinq ans, il convient de s’y référer et de prévoir une réactualisation des montants des indemnisations en lieu et place de vouloir les diminuer », poursuit-elle.

    Ces évolutions sont néanmoins loin d’être acquises. Le Parlement, la Commission et le Conseil européen doivent tomber d’accord et certains députés ont déjà affiché leur hostilité à ce projet porté par les compagnies aériennes.

    D’autant plus que la Commission dénonce régulièrement la mauvaise volonté des opérateurs à rembourser les passagers lésés dans les temps.

  • La revanche de l’euro

    La revanche de l’euro

    La première monnaie de réserve européenne fut le tétradrachme, orné d’un hibou. Ce symbole de sagesse était destiné à inspirer confiance aux habitants de l’Athènes antique. Cet oiseau figure aujourd’hui sur la version grecque de la pièce de 1 euro. Les monnaies dominantes à travers l’histoire présentent des caractéristiques communes : elles sont l’apanage d’États politiquement stables et puissants, tant sur le plan économique que militaire. La transparence des institutions, notamment monétaires, constitue également un atout, donnant un avantage aux monnaies des pays démocratiques par rapport à celles des régimes autoritaires.

    Depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis réunissaient toutes les conditions pour imposer le dollar comme monnaie dominante. Toutefois, les tensions politiques internes, le retour du protectionnisme et la tentation de remettre en cause l’indépendance de la banque centrale américaine sont autant de facteurs susceptibles d’éroder ce leadership. Avec les difficultés du billet vert, l’euro pourrait-il connaître son heure de gloire ?

    Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), et Paschal Donohoe, président de l’Eurogroupe, ont récemment évoqué les moyens de renforcer le rôle international de l’euro. Pour l’heure, la devise européenne occupe la place de brillant second dans le classement des monnaies. Selon les données du FMI, 59 % des réserves mondiales de change sont libellées en dollars, contre 20 % en euros.

    Le dollar représente environ 42 % des paiements internationaux, contre 35 % pour l’euro.

    En 2024, le dollar reste la monnaie dominante dans les transactions commerciales mondiales, bien que sa part ait légèrement reculé au profit d’autres devises, notamment l’euro. D’après les chiffres de SWIFT, le dollar représente environ 42 % des paiements internationaux, contre 35 % pour l’euro. En troisième position, le yen ne représente que 5 % des réserves et 6 % des transactions commerciales, devançant la livre sterling et le yuan. Depuis sa création en 1999, l’euro s’est positionné comme un prétendant au statut de monnaie mondiale, sans jamais parvenir à l’obtenir pleinement. À la veille de la crise financière de 2007-2009, les responsables européens espéraient qu’il pourrait, à terme, rivaliser avec le dollar. Mais la crise de la zone euro dans les années 2010, marquée par les problèmes d’endettement des pays d’Europe du Sud, a mis un coup d’arrêt à ces ambitions.

    À l’époque, la BCE n’était pas conçue pour être un prêteur en dernier ressort, ce qui rendait les obligations d’État vulnérables aux turbulences financières. Contrairement au dollar, l’euro ne peut pas s’appuyer sur des titres publics massivement émis par l’Union européenne. Le marché financier européen manque de profondeur : il reste fragmenté et les volumes d’actifs sûrs sont limités, d’autant plus que la première économie de la zone, l’Allemagne, a longtemps été un émetteur parcimonieux d’obligations.

    La BCE est devenue un prêteur en dernier ressort de fait.

    Les perspectives de croissance économique peu enthousiasmantes se traduisent par des rendements faibles pour les obligations européennes, qui ont été, entre 2015 et 2022, souvent inférieurs à zéro. Ces dernières années, des avancées notables ont été réalisées pour consolider le rôle international de l’euro. La BCE est devenue un prêteur en dernier ressort de fait, dans un processus amorcé sous la présidence de Mario Draghi lors de la crise de l’euro. Pendant la pandémie de Covid-19, elle a lancé un programme d’achat d’obligations doté d’un budget de plus de 1 800 milliards d’euros. En 2022, face à la montée des écarts de taux sur les obligations souveraines dans un contexte inflationniste, les autorités ont mis en place un mécanisme d’achats illimités afin d’éviter une fragmentation de la zone.

    Cette action a été épaulée par l’Union européenne qui, pour la première fois, a lancé un plan de relance de 807 milliards d’euros, financé par une dette commune. Fait inédit, les fonds ont été répartis non selon le poids économique des pays, mais en tenant compte de leurs besoins.

    euros vs dollars
    euros vs dollars

    La BCE s’est également affirmée comme le superviseur des 114 plus grandes banques de la zone euro, représentant 82 % des actifs bancaires. Le plan de relance européen a certes généré une dette commune encore insuffisante pour rivaliser avec celle émise par l’État fédéral américain, mais il marque un tournant.

    L’Allemagne, sous l’impulsion du nouveau chancelier Friedrich Merz, s’apprête à accroître ses dépenses publiques, avec un déficit qui pourrait passer de 2 % à 3,5 % du PIB dans les prochaines années.

    L’absence d’un État fédéral européen est vue comme un gage d’indépendance pour la BCE.

    L’euro bénéficie désormais d’institutions plus attractives, surtout comparées à celles des États-Unis. Si l’absence d’un État fédéral européen a longtemps été perçue comme un handicap, elle est aujourd’hui vue comme un gage d’indépendance pour la BCE, à l’heure où Donald Trump menace de limoger Jerome Powell, président de la Fed. En Europe, tout changement du statut de la BCE nécessite l’unanimité des États membres, garantissant ainsi sa stabilité. En un quart de siècle, la BCE a su se forger une forte légitimité, au point que les partis extrémistes sont de moins en moins nombreux à remettre en question l’existence de la monnaie commune.

    L’euro pourrait tirer avantage du poids économique de l’Union européenne dans le commerce international. Déjà premier espace commercial mondial, l’UE pourrait bénéficier de l’isolationnisme américain. Une utilisation accrue de l’euro permettrait l’émergence de marchés auxiliaires dans cette devise : financement du commerce, assurance, produits dérivés sur les taux d’intérêt et les devises. Bien que les produits dérivés de change de gré à gré restent dominés par le dollar, ceux liés aux taux d’intérêt en euros ont récemment dépassé ceux en dollars.

    De nouveaux circuits commerciaux entraîneront la création de comptes libellés en euros.

    De nouveaux circuits commerciaux entraîneront la création de comptes libellés en euros dans le monde entier. Ce qui va alimenter la demande d’actifs en euros et, in fine, les réserves détenues par les banques centrales. De nombreux pays se tournent vers l’euro pour facturer leurs échanges, contribuant à son ascension, qui ne pourra toutefois se poursuivre que sous certaines conditions.

    Pour éviter une nouvelle crise de la dette souveraine, les pays fortement endettés — notamment la France et l’Italie — devront assainir leurs finances publiques et renouer avec une croissance plus dynamique. À l’inverse, l’Allemagne, les Pays-Bas et les pays scandinaves devront utiliser leurs marges de manœuvre budgétaires pour investir, générant ainsi des actifs sûrs et stimulant la croissance européenne. Celle-ci rendra les actifs financiers de la zone euro plus attractifs. Enfin, l’Europe devra se doter de marchés de capitaux plus vastes et plus intégrés pour offrir aux investisseurs une gamme complète d’instruments financiers.

    Un euro plus international permettrait aux États membres d’emprunter à moindre coût.

    Les dirigeants européens souhaitent réduire la dépendance du continent à l’égard des États-Unis et de la Chine. Un euro plus international permettrait aux États membres d’emprunter à moindre coût — un atout précieux dans un contexte de hausse des dépenses de défense. L’internationalisation de l’euro ne se décrète pas, elle se construit. Elle dépend d’un enchaînement vertueux mêlant crédibilité monétaire, profondeur des marchés financiers, stabilité politique et cohésion économique. Si l’euro n’est pas encore en mesure de détrôner le dollar, il n’en reste pas moins un acteur majeur du système monétaire international.

    Dans un monde marqué par la fragmentation géopolitique et l’incertitude économique, sa montée en puissance pourrait offrir à l’Europe non seulement une meilleure autonomie stratégique, mais aussi une influence accrue dans la gouvernance économique mondiale. L’heure de l’euro n’a peut-être pas encore sonné, mais elle pourrait bientôt arriver.

  • Le Bleuet de France : faire fleurir la mémoire, ici comme ailleurs

    Le Bleuet de France : faire fleurir la mémoire, ici comme ailleurs

    Alors que l’Europe connaît un regain de tensions géopolitiques, et que l’ordre mondial chancelle, il est une date symbolique qui cette année rappelle l’essentiel, celle du 8 mai. Il y a 80 ans, l’Allemagne nazie capitulait. Ce jour marque bien plus qu’une fin de guerre. C’est un repère, un appel à la vigilance. Un hymne aux millions de vies brisées par la folie totalitaire. C’est un moment pour faire fleurir la mémoire, ici comme ailleurs. Un moment ou le Bleuet de France, que vous pouvez arborer, incarne le symbole d’une génération qui s’est sacrifiée pour la liberté et la paix.

    Une fleur dans les tranchées : le Bleuet de France

    Dans la boue des tranchées de la Grande Guerre, là où toute couleur semblait avoir déserté le monde, une fleur bleue persistait : le bleuet. Il est devenu le symbole français du souvenir, moins connu que le coquelicot rouge anglo-saxon, mais tout aussi chargé de sens.

    Bleuet de France
    Bleuet de France

    En 1925, deux femmes engagées – Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt – créent un atelier à l’Institution nationale des Invalides. Des anciens combattants y confectionnent des bleuets en tissu, vendus dans la rue : un geste simple, à la fois thérapeutique et solidaire.

    Dix ans plus tard, la vente est officialisée chaque 11 novembre, et un second jour de collecte est ajouté en 1957, le 8 mai. Le bleuet, fleur modeste mais tenace, incarne alors une triple mémoire :

    • celle des jeunes recrues, surnommées « bleuets », rejoignant le front en uniforme bleu horizon ;
    • celle des combattants blessés, veuves, orphelins, auxquels sont reversés les dons ;
    • celle d’une France fidèle à ses valeurs, même dans le silence du souvenir.

    Bleuet et coquelicot : deux fleurs pour une mémoire partagée

    Chez nos voisins britanniques, canadiens, australiens ou néo-zélandais, c’est le coquelicot rouge qui est devenu l’emblème du souvenir. Inspiré du célèbre poème In Flanders Fields, il rappelle le sang versé sur les terres de France et de Belgique durant la Grande Guerre. Chaque année, des millions de coquelicots sont distribués et fièrement portés à la boutonnière dans tout le Commonwealth.

    Le coquelicot à la mémoire des soldats
    Le coquelicot à la mémoire des soldats

    Ces deux fleurs – le bleuet et le coquelicot – partagent une même vocation : faire vivre tombés au combat, quelle que soit leur nationalité. À travers elles, c’est un même message de paix, de reconnaissance et d’unité qui s’exprime.

    Un geste de solidarité accessible à tous, en France comme à l’étranger

    Depuis 2012, sous l’impulsion du président Sarkozy, le 11 novembre est devenu le « Jour du Souvenir », englobant tous les morts pour la France. Une façon d’universaliser l’hommage, sans jamais en diluer l’intensité.

    « Chaque bleuet est une étincelle de mémoire vivante »

    Mais au-delà des cérémonies, c’est le geste individuel qui fait vivre cette mémoire. Porter un bleuet, c’est dire je n’oublie pas. C’est aussi, concrètement, soutenir ceux qui ont porté les armes au nom de notre liberté. Chaque achat est un don au profit des anciens combattants, victimes de guerre et pupilles de la Nation, coordonné par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG).

    Soutenir, c’est agir

    Et grâce la boutique en ligne du Bleuet de France, ce geste est désormais accessible où que l’on vive : à Paris comme à Montréal, à Berlin, Bruxelles, Londres ou Tokyo. Les Français de l’étranger peuvent eux aussi arborer le Bleuet, participer aux campagnes de soutien, même loin de l’Hexagone. Si chaque bleuet est une étincelle de mémoire vivante, sachez que chaque achat sur ce site officiel est aussi une contribution directe qui permet de perpétuer ce devoir de mémoire.

    Livret militaire
    Livret militaire

    Depuis le 13 juillet 2023, le président de la République, Emmanuel Macron, sur proposition de la secrétaire d’État chargée des Anciens combattants et de la Mémoire, Patricia Miralles, a validé une doctrine de port du Bleuet de France.

    La population est désormais invitée à arborer le Bleuet de France pour montrer son soutien aux victimes et blessés de guerre, d’attentat et à leurs proches aux dates suivantes :

    • du début du mois de mai au 8 mai, jour de la Victoire de 1945 ;
    • du début du mois de novembre au 11 novembre, jour de l’Armistice de 1918 ;
    • le 11 mars journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme ;
    • le 14 juillet, jour de la fête nationale.
  • Un été sans voiture en France ?  Les destinations

    Un été sans voiture en France ?  Les destinations

    Qui n’a pas déjà été accusé comme Français de l’étranger de détenir le record du pire bilan carbone de la famille ou de la bande d’amis qu’on retrouve l’été lors du voyage, pour certains annuels en France. La raison ? L’avion que la plupart des expatriés doivent prendre pour rentrer au pays.  Mais, il est possible d’équilibrer son impact en n’utilisant pas de voitures une fois dans l’hexagone. Mais où aller en été sans voiture en France ?

    Car les raisons de partir en vacances sans voiture sont diverses et intègrent aussi bien le prix de l’essence que le besoin d’un comportement écoresponsable. Entre le développement des transports en communs dans les zones touristiques et l’arrivée des mobilités douces en libre-service dans de nombreuses petites villes, les vacances sans véhicule deviennent une réalité pour toujours plus de vacanciers. On vous fait découvrir quelques spots adaptés.

    La Roche-Guyon

    Unique «Plus Beau Village de France» de la région parisienne, La Roche-Guyon se situe sur un méandre de la Seine, aux portes de la Normandie et du Parc naturel régional du Vexin. Non loin des jardins de Giverny et de la Fondation Claude Monet, il se distingue par son château médiéval adossé à une falaise de craie blanche. 

    La Roche-Guyon
    La Roche-Guyon

    Aujourd’hui propriété de la famille La Rochefoucauld, l’édifice fut fréquenté par les rois de France et les philosophes des Lumières. En contrebas, le jardin-potager de 3,5 hectares, restauré en 2004, reprend les plans originels datant du XVIIIe siècle.

    L’Ile de Bréhat

    Les yeux dans les yeux de Paimpol, l’Île de Bréhat est un spot de vacances intimiste, qui rassemble chaque année une poignée d’habitués. Ultra préservé, exclusivement piéton, l’îlot de granit rose a le mérite de posséder une constellation de criques et une campagne verdoyante peuplée de palmiers, de camélias, de figuiers, d’hortensias…

    L'Ile de Bréhat
    L’Ile de Bréhat

    Sans compter quelques commerces, approvisionnés chaque jour selon l’arrivage. Soit un petit éden breton, fouetté par le vent et la mer, qui permet de vivre au plus près des éléments.

    Les-Baux-de-Provence

    Bâti sur un éperon rocheux, le village des Baux-de-Provence domine le Parc naturel régional des Alpilles et ses paysages de calcaire, de vignes et d’oliviers. Les Carrières de Lumières sont, en plus du château médiéval en ruines, un lieu de visite incontournable.

    Les-Baux-de-Provence
    Les-Baux-de-Provence

    Cet espace d’expositions numériques immersives, aménagé dans une véritable cathédrale de pierre, met Dalí et Gaudi à l’honneur cette année.

    L’Île d’Aix

    Située au sud de La Rochelle, cette île paisible, cerclée de plages sauvages, renferme un joli petit village. Avec des maisons aux murs blancs et aux volets colorés, les visiteurs y déambulent en vélos.

    L'Ile d'Aix
    L’Ile d’Aix

    Dernier lieu de vie de Napoléon, on y découvre également des traces de son histoire au Fort Liédot, sur la place d’Austerlitz, la rue Napoléon ou encore en contemplant le Fort Boyard au loin.

    Villefranche-de-Conflent

    Situé dans la chaîne des Pyrénées, Villefranche-de-Conflent, en plus d’être «Plus Beau Village de France», est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des fortifications de Vauban.

    Villefranche-de-Conflent
    Villefranche-de-Conflent

    Outre ses remparts, on n’oubliera pas de visiter le fort Liberia et les grottes des Grandes Canalettes, surnommées le «Versailles souterrain». Le village est le point de départ du «Train jaune», une ligne touristique qui parcourt les Pyrénées catalanes sur 63 km jusqu’à Latour-de-Carol, à la frontière espagnole.

    L’Île d’Houat

    Dans le morbihan, à quelques encablures de l’île Hoëdic, ce petit éden breton ne compte que 250 habitants à l’année. Avec à l’est, une grande plage de sable fin, qui s’étire sur 2 km, le lieu n’a pas grand chose à envier aux îles des tropiques avec ses vagues turquoise.

    Lîle d'Houat
    Lîle d’Houat

    Fourmillant de falaises et de criques, les visiteurs y séjournent en connexion avec la nature et l’Océan.

    Yvoire

    Ses maisons en pierre se reflètent dans les eaux claires du lac Léman. Fondé en 1306, Yvoire garde les traces d’un passé militaire important, comme en témoignent ses remparts et ses portes fortifiées.

    Yvoire
    Yvoire

    Principal lieu de visite : le Jardin des cinq sens. Son labyrinthe se divise en quatre parties évoquant la vue, le toucher, le goût et l’odorat, l’ouïe étant représentée par le bruit de l’eau et le chant des oiseaux.

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