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  • Coronavirus: cacophonie et facteur temps.

    Soit les chiffres étaient sous estimés, soit la menace était exagérée.

    Les autorités chinoises ont reconnu –par un nouveau décompte -, que les chiffres n’étaient pas complets. Officiellement, il s’agit d’une nouvelle définition des cas diagnostiqués. Mais on ne peut longtemps ignorer le nombre des morts. Les autorités annoncent désormais, avec un saut brutal, plus de 1500 morts et 66.000 personnes contaminées. Tout porte à croire que de nouveaux ajustements risquent de surprendre.

    L’OMS considère que cela ne change pas la trajectoire de l’épidémie. Mais l’OMS a tout d’abord été rassurante, puis très inquiète, enfin plus prudente, ce qui traduit plus les débats internes et les pressions gouvernementales qu’une étude fiable et raisonnée. Cette épidémie pourra permettre de perfectionner son fonctionnement et son système d’information, sinon, elle risque de perdre autorité et crédibilité.

    L’OMS a été la dernière à déclarer le Coronavirus « urgence mondiale ». Juste avant que l’épidémie n’ait provoqué plus de morts que le Sras en 2002-2003.

    Les analystes diffèrent quant à considérer si le pic de l’épidémie a été atteint. L’OMS dit que oui. Les Chinois disent que non.

    L’OMS a édicté en 2005 un plan de prévention face à une épidémie de grippe. Mais peu de pays ont mis ce plan en œuvre : réserve de matériel et de médicament, formation du personnel. L’OMS considère qu’il est possible d’interrompre la propagation du virus, à condition de mettre en place des mesures énergiques pour détecter et isoler les personnes atteintes.

    En fait, si l’Oms parait un peu perdue, c’est parce que experts pensent qu’il est difficile de faire des évaluations à ce stade, tous les cas n’ayant pas été forcément décelés, et les chiffres donnés par les Chinois restent incertains. La brusque augmentation du nombre de cas diagnostiqués en Chine corroborerait cette analyse.

    Si l’épidémie devait se propager dans plusieurs pays, une pandémie mondiale pourrait survenir, hypothèse qui affole les responsables de santé publique. Si les systèmes de santé sont désormais assez efficaces, certains modèles sont catastrophiques.

    Le temps est le facteur clé. Les virus n’aiment pas la chaleur. Il pourrait donc se mettre en sommeil au printemps. Ce qui ne signifierait pas sa disparition, puisqu’il se réveillerait à l’hiver prochain. Mais cela laisserait du temps auxchercheurs, comme ceux de l’Institut Pasteur, qui est en pointe sur cette recherche, pour l’analyser et mettre au point un traitement ou un vaccin. A ceci près que sa dangerosité vient en grande partie de sa capacité à muter.

    Cette année pourrait donc n’être qu’une répétition générale. D’où l’intérêt de mettre au point des plans de prévention et des systèmes d’information fiables.

  • Macron tente de rassurer l’Allemagne sur l’Europe de la défense

    Emmanuel Macron va s’efforcer de dissiper d’« éventuels malentendus » sur sa politique de défense samedi lors d’une conférence sur la sécurité à Munich, face à un public allemand prompt à soupçonner Paris de promouvoir l’Europe pour surtout servir ses propres intérêts.

    C’est la première fois que le chef de l’État français se rend à cette grand-messe mondiale annuelle des questions de sécurité. Le dernier président français avant lui à y avoir participé est Nicolas Sarkozy en 2009.

    Il le fait dans un contexte chargé : Europe en crise avec le Brexit et le départ de ce qui fut l’une de ses deux puissances militaires aux côtés de la France, relance de la course aux armements au plan international, désintérêt de l’administration américaine de Donald Trump pour l’Europe et sa défense.

    Emmanuel Macron est engagé depuis le début de l’année dans une séquence visant « à lever des malentendus, clarifier des messages sur les questions de sécurité, de défense et de politique étrangère européennes », notamment après le sommet de l’OTAN et ses propos sur la « mort cérébrale » de l’Alliance, estime la présidence française avant Munich.

    Dans ce contexte, le président français, dont le pays est désormais au sein de l’Union européenne le seul doté de l’arme atomique, vient dans un discours devant l’École militaire à Paris de faire une petite ouverture en direction notamment de l’Allemagne.

    « Dialogue stratégique »

    Emmanuel Macron a proposé aux partenaires européens « un dialogue stratégique » sur « le rôle de la dissuasion nucléaire française » dans la sécurité collective de l’Europe.

    Cela pourrait passer par des exercices communs de dissuasion, comme il l’a suggéré, ou l’utilisation de bases européennes par les forces stratégiques françaises.

    Un message compris comme s’adressant surtout à l’Allemagne qui compte depuis la guerre sur le parapluie nucléaire américain.

    Un proche d’Angela Merkel, Johann Wadepul, vice-président du groupe parlementaire du parti conservateur de la chancelière (CDU), a salué cette ouverture d’Emmanuel Macron et estime que « l’Allemagne doit à présent fournir une réponse ».

    Mais il a jugé mercredi à Berlin qu’il restait aussi des « zones d’ombres » et des « interrogations ».

    « Macron nous a toujours invités à penser européen », dit-il. « Mais on ne peut pas seulement européaniser ce qui est cher aux Allemands », avec par exemple le budget de la zone euro porté par le chef de l’Etat français, « il faut aussi européaniser ce qui est cher aux Français ».

    « Et c’est le cas de la force de frappe française », ajoute celui qui a récemment jeté un pavé dans la mare en estimant que Paris devrait partager ses missiles atomiques avec ses partenaires, en les plaçant sous le giron de l’UE ou de l’OTAN. Ce qui est exclu par la France.

    « Vague »

    La presse allemande a aussi réagi de manière mitigée à l’invitation au « dialogue stratégique ». « Ce que cela signifie reste vague, alors qu’en revanche il est très clair qu’une seule personne continuera à décider » sur l’arme nucléaire française, ironise l’hebdomadaire Der Spiegel.

    Le quotidien conservateur Die Welt est récemment allé plus loin en accusant la France dans un éditorial au vitriol de surtout poursuivre ses rêves de grandeur gaulliens, « à savoir placer le continent sous domination française ».

    Avec cette pique : « Paris est notre partenaire le plus étroit, Washington le plus important ».

    En retour, la France regrette régulièrement l’engagement militaire à ses yeux trop timoré de l’Allemagne sur les théâtres de conflit comme au Sahel.

    Alors que la relation entre Emmanuel Macron et Angela Merkel semble dégradée depuis des mois, Paris comptait beaucoup pour l’avenir sur l’actuelle ministre de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée « AKK », très favorable à une implication militaire plus grande de son pays.

    Mais elle est désormais politiquement hors course. Elle vient d’annoncer vouloir quitter la présidence du parti conservateur CDU de Mme Merkel et renoncer à lui succéder à la chancellerie, suite à une controverse autour de l’extrême droite.

  • Abandon de Griveaux à Paris, le rôle du député des Français de Suisse.

    Coup de tonnerre dans la campagne pour les élections municipales à Paris. Benjamin Griveaux a annoncé le retrait de sa candidature ce vendredi 14 février après la diffusion de plusieurs vidéos intimes. Marié et père de trois enfants, le député et ancien porte-parole du gouvernement a fait le choix « de ne pas exposer davantage » sa famille dénonçant, dans une déclaration à l’AFP et à BFMTV, une campagne qui « va trop loin ». Cette situation est inédite et intervient 48 heures après la publication, sur internet, de vidéos et messages qui n’ont pour l’instant pas été authentifiés.

    « Depuis plus d’un an ma famille et moi avons subi des propos diffamatoires, des mensonges, des rumeurs, des attaques anonymes, la révélation de conversations privées et des menaces de mort », a déclaré Benjamin Griveaux avant d’ajouter : « Ce torrent de boue m’a affecté mais surtout a fait du mal à ceux que j’aime. C’est comme si cela n’était pas suffisant, hier un nouveau stade a été franchi ». L’ex-candidat a également estimé que « le projet pour Paris, que nous avons construit et pour lequel nous nous sommes battus, ce projet aujourd’hui il vivra mieux sans moi ».

    Les photos mettant en cause Benjamin Griveaux Montage AFP

    C’est son ancien collègue du groupe La République en Marche, le député des Français de l’étranger Joachim Son-Forget, qui avait permis l’émergence de ces images, précise LCISi les faits ne relèvent que de la morale, ils ont été donc bien été mis sur le devant de la scène en premier lieu par le député Joachim Son-Forget et ce dès hier soir (jeudi 13 février). Tentant de s’imposer, à l’assemblée nationale, comme tête de file des déçus du marcionisme, il s’était déjà fait remarquer cette semaine en essayant d’embaucher Alexandre Benalla comme attaché parlementaire.

    Rappelons que le jeune médecin installé en suisse a déjà été exclu de son parti après des propos sexistes contre la sénatrice EELV Esther Benbassa et des messages nocturnes sur Twitter insultant Donald Trump. Elu sur la vague macroniste, il ne facilite pas l’implantation de LREM pour les élections consulaires. La droite devrait rester enracinée en Suisse au printemps.

  • La Saint-Valentin, tradition ancienne aujourd’hui mondiale

    La Saint-Valentin est de retour ! comme chaque 14 février, l’insupportable cupidon est de retour avec ses flèches pour favoriser les rencontres et perpétuer leur amour.

    Comme nous l’indiquions dans un précédent article, la fête est célébrée de manière variable selon les pays. Totalement prohibée en Arabie-Saoudite, elle est au contraire très largement célébrée aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons en général.

    Un moine du IIIème siècle à l’origine de la tradition moderne

    Mais d’où vient-il ce Valentin ? Il remonte à très loin ! La Rome antique, parfaitement adaptée pour la plus romantique des traditions.

    Plus précisément la tradition vient des Lupercales. Il s’agissait alors d’une célébration entre le 13 et le 15 février. Ce n’était pas Valentin, Rome n’était pas chrétienne alors, qui était célébré mais Faunus, dieu des forêts. Il s’agissait surtout pour quelques jeunes hommes sélectionnés de fouetter les femmes rencontrées avec des lanières pour les rendre fécondes dans l’année. La tradition a depuis bien évolué…

    Valentin, lui était un moine qui vécut au IIIème siècle. C’est pour en finir avec les Lupercales et pour célébrer les martyrs dont Valentin, il fut torturé, que la fête du 14 février fut initiée.

    Valentin, alors emprisonné dans le contexte de persécution des chrétiens aurait, selon la légende, entamé une relation avec une jeune femme aveugle qui aurait miraculeusement retrouvé la vue. Voici le début de la légende pour le saint patron des amoureux.

    Depuis, la fête de la Saint-Valentin a très largement dépassés les sphères du monde catholique et chrétien. Les célébrations sont très largement présentes dans les pays anglo-saxons, en particulier les Etats-Unis, où il s’agit d’une véritable tradition largement soutenue par le monde du commerce : chocolatiers, fleuristes et bijoutiers en particulier.

    Qui pense à Valentin de Terni quand il célèbre la fête des amoureux ? Sans doute pas grand monde de nos jours. Sa légende, toute théorique, est en tout état de cause très éloignée de la célébration moderne de la Saint-Valentin.

    Pour autant cette fête est cruciale pour certains couples. N’est-ce pas, au fond, le plus important ?

  • « Requiem for a dream » le PS et les élections consulaires en Belgique. – Tribune de Boris Faure

    Boris Faure – ancien secrétaire général de la fédération des Français de l’étranger du Parti socialiste – Conseiller consulaire en Belgique 

    J’ai un attachement sentimental et parfois irrationnel au PS. Comme Highlander je me rêve parfois présent dans le dernier carré des socialistes vivants- « parce qu’il ne doit en rester qu’un ou que quelques-uns ».

    L’union a pris un coup de canif

    Dernièrement nous avons eu une vigoureuse polémique politique sur la préparation des consulaires en Belgique. Les allies écologistes et France Insoumise proposaient la troisième place au PS sur la liste d’union, une place éligible. La discussion restait ouverte sur les places suivantes aussi. Un autre choix a été fait à la hache. Le PS préfère y aller seul. La messe est dite. Amen. L’union a pris un coup de canif. Dommage.

    Cette proposition faite par les partenaires j’étais prêt à l’accepter à titre personnel. Elle me semblait honorable et porteuse d’avenir. Car je sens le PS très affaibli, l’ombre malade de ce qu’il a été jadis. Je rends justice aux efforts d’Olivier Faure mais en réalité ça ne décolle pas dans l’opinion nationale. Cela ne signifie pas que les réseaux du « socialisme municipal » sont morts. Mais l’élection municipale va neutraliser l’enjeu idéologique et si des victoires sont enregistrées, dans les grandes villes et à Paris on l’espère, ce seront la victoire de personnalités plus que du parti.

    Le sondage présenté par BFMTV ce matin, affirmant que les Français ne voient plus d’avenir pour le PS, est sans doute bidonné. Mais il dit en creux la chose suivante

    Le PS ? Les français n’y croient plus vraiment ou plus beaucoup.

    Alors requiem for a dream ?

    Je souhaite loyalement bonne chance et mes vœux de réussite à la liste PS aux consulaires. C’est ça être sentimental.

  • Russie: le responsable associatif Alexis Tarrade quitte Les Républicains

    La section Les Républicains de Russie traverse une zone de turbulence ! Alexis Tarrade, président de la section LR pour la Russie et la Biélorussie, a en effet annoncé son départ de la formation de droite.

    Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l’élu a annoncé que « la ligne directrice et la politique menées par le parti Les Républicains ne correspondent plus aux valeurs qui sont les miennes et pour lesquelles je me suis engagé ».

    Ne pas rester pour rester

    Contacté par notre rédaction, il a indiqué qu’il a réfléchi à cette décision à plusieurs reprises et indique ne pas vouloir «rester pour rester ». Il est notamment opposé au vote favorable à la PMA par le groupe LR au Sénat et regretter le manque de clarté du parti face à la question des relations avec la Russie. Il a notamment, sans succès, plaidé pour un dialogue avec Russie Unie, le parti soutenant Vladimir Poutine.

    Alexis Tarrade

    Concernant la réforme des retraites, il nous a également indiqué que cela ne correspondait plus, selon lui, à la société actuelle et ce malgré le fait que le candidat de la droite et du centre François Fillon proposait aussi un projet en ce sens.

    « Est-ce que tout ce que proposait François Fillon était une bonne chose ? » s’interroge-t-il.

    Un temps président de l’UFE Russie dont il a été ecarté politiquement lors d’une période de grande tensionavant, depuis, de se réconcilier avec la direction nationale, Alexis Tarrade est conscient du fait que le départ de très nombreux militants LR s’est fait dans deux directions : vers LREM pour les plus modérés, vers le Rassemblement National pour d’autres.

    Ni chez LREM, ni au RN

    L’UFE Russie procèdera ce dimanche à l’élection de son nouveau président, et M. Tarrade est candidat malgré sa décision. Une manière de dissocier associations et formations politiques. Il compte passer outre les formations politiques et en particulier Les Républicains pour se faire réélire le 17 mai .

    Dans un territoire qui a élu une députée LREM mais qui fait partie des rares pays où les Français de l’étranger accordent un nombre important de voix à Marine Le Pen, quelle est la place des républicains et quelle serait la place à l’avenir de M. Tarrade ? Ni chez LREM, ni au RN nous a-t-il indiqué. « L’OPA indolore » de son ancienne formation politique par LREM qu’il perçoit et l’exclusion de Thierry Mariani, anciennement député dans la circonscription et désormais député européen du RN, semblent l’avoir vacciné d’un étiquetage de quelque sorte que ce soit. Sans pour autant renier l’UFE, qui en Russie est relativement importante au sein de la communauté.

  • Le sort du Green Deal suspendu au vote du budget européen

    La présidente de la Commission européenne a prévenu que le « Green deal » se solderait par un échec si les États membres refusaient d’octroyer des fonds suffisants aux régions et aux travailleurs touchés par la transition climatique.

    Face aux parlementaires européens réunis en séance plénière, Ursula von der Leyen a plaidé, le 12 février, en faveur d’un cadre financier pluriannuel (CFP) ambitieux.

    En jeu, le financement des politiques traditionnelles de l’UE, comme la politique agricole commune (PAC) ou la politique de cohésion, mais aussi celui de nouvelles priorités, telles que la transformation numérique ou la défense.

    La présidente de la Commission a mis l’accent sur le Green deal, qu’elle décrit comme la nouvelle stratégie de croissance de l’Europe.

    Elle a prévenu les eurodéputés qu’elle « n’accepterait pas » une feuille de route qui ne garantirait pas l’octroi d’au moins 25 % des fonds disponibles à la lutte contre le réchauffement climatique et à la dotation du Fonds de transition juste.

    La Commission a proposé la création du Fonds de transition juste afin de soutenir les régions et les travailleurs pénalisés par la conversion à une économie plus durable et moins polluante.

    Dans le cadre de son « Green deal », l’Europe entend devenir la première région du monde à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

    « Si nous ne mettons pas de côté les fonds nécessaires pour soutenir les régions et les travailleurs les plus exposés aux conséquences économiques du changement climatique, nous allons tout bonnement échouer et l’Europe ne deviendra pas climatiquement neutre », a prévenu Ursula von der Leyen.

    Ses avertissements précèdent le Conseil européen du 20 février. À cette occasion, les dirigeants de l’UE tenteront d’aplanir leurs divergences sur le CFP, le budget à long terme de l’UE pour la période 2021-27.

    Les États membres campent sur leurs positions au sujet du volume budgétaire global et des priorités qui devront être financées.

    Des sources et des diplomates de l’UE ont fait savoir à Euractiv que le chiffre discuté entre les capitales s’approchait d’un plafond de quelque 1 087 milliards d’euros en prix constants de 2018 (soit 1,07 % du RNB européen). Cela correspond à la proposition avancée par la Finlande, lorsque celle-ci assurait la présidence tournante de l’Union.

    Mais selon certaines sources de l’UE, le président du Conseil européen, Charles Michel, n’a pas encore décidé quelle proposition il présenterait au sommet du 20 février.

    Les dissensions sont telles entre les capitales que les sources consultées ne croient guère à la conclusion d’un accord lors du sommet.

    Selon un fonctionnaire de l’UE, certains évoquent déjà la possibilité d’organiser un nouveau sommet extraordinaire en avril.

    Un groupe de 17 pays, qui se présente comme « les amis de la cohésion », tente de faire barrage aux coupes drastiques que les contributeurs nets au budget, dont l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark (« les quatre frugaux »), veulent imposer pour ramener le budget à 1 % du revenu national brut (RNB) européen.

    Ursula von der Leyen a enjoint tout le monde à conclure un accord « dans un avenir proche » et a signalé aux États membres qu’ils devaient « être prêts à trouver un terrain d’entente » et à établir un juste équilibre entre les anciennes et les nouvelles priorités.

    « Les citoyens ne comprendront pas si les dirigeants ne parviennent pas à mettre à disposition les fonds nécessaires pour les politiques requises », a-t-elle ajouté.

    Les eurodéputés ont en grande majorité soutenu l’appel de la présidente de la Commission en faveur d’un budget ambitieux, qui permettra de financer la longue liste des priorités européennes.

    Il faut dire que la proposition du Parlement pour le CFP était déjà plus élevée que le projet avancé par la Commission. L’exécutif européen avait proposé de consacrer 1,11 % du RNB européen à la feuille de route, alors que les députés européens militaient pour un effort financier atteignant 1,3 % du revenu national brut.

  • Le Nigéria demande le report de la fin du Franc CFA

    Nouvelle étape dans la guerre de tranchées amorcée il y a plusieurs semaines quant à l’adoption d’une future monnaie unique par les États d’Afrique de l’Ouest.

    Après une première réaction, mi-janvier, des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMAO), qui ont dénoncé la décision “unilatérale” de renommer le CFA en “eco”, le Nigeria réitère. “La position du Nigeria sur l’eco est que les critères de convergence (entre États) n’ont pas été atteints par la majorité des pays” devant adopter cette monnaie commune, a indiqué la présidence nigériane sur son compte Twitter dans l’après-midi du lundi 10 février. Et d’ajouter : “Il doit par conséquent y avoir un report du lancement de la monnaie unique”.

    La sortie nigériane de ce lundi s’annonce comme un avant-goût de la future réunion des ministres pays anglophones qui, selon les informations de Jeune Afrique, devrait se tenir vendredi 14 février à Freetown, en Sierra Leone.

    Critères de convergence

    Les quinze pays membres de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), dont le Nigeria est membre, avaient indiqué l’an dernier qu’ils souhaitaient lancer l’eco en 2020, après bientôt quarante ans de débats. Mais fin décembre, huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest, qui utilisent le franc CFA, avaient annoncé leur décision de remplacer leur monnaie commune par l’eco et de distendre ainsi les liens très controversés avec la France, l’ancienne puissance coloniale, qui accueillait notamment la moitié de leurs réserves de changes en échange de la convertibilité du CFA avec l’euro.

    L’annonce surprise avait été faite par le président ivoirien, Alassane Ouattara, lors d’une visite de son homologue français, Emmanuel Macron, au lendemain d’un sommet de la Cedeao qui avait encouragé les efforts visant à mettre en place une monnaie unique ouest-africaine d’ici à juillet.

    Le Nigeria et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment anglophones, avaient en effet trois semaines plus tard dénoncé cette décision, affirmant qu’elle n’était “pas conforme” au programme adopté récemment par l’ensemble de la région pour mettre en place une monnaie unique. Pour ces pays non CFA, il n’est pas envisageable que le nom “eco” soit associé à une monnaie qui ne remplit pas les critères retenus par tous à Abuja en juin 2019. Ce que rappelle le tweet du 10 février.

  • La société de surveillance généralisée

    La bataille de l’information et celle du contrôle des opinions ne datent pas d’Internet. Louis XIV et Colbert créèrent l’Académie française notamment pour remercier les « bons auteurs ». Bonaparte rédigeait pendant les batailles les comptes rendus qui étaient envoyés aux quotidiens pour être publiés au plus vite. La censure a été pratiquée de tout temps.

    Avec la radio et la télévision, les moyens d’influence et de manipulation ont pris de nouvelles formes. Les pouvoirs publics ont longtemps encadré la création de ces médias et ont pesé de différentes manières sur leurs contenus. Les années 70 et 80 ont été marquées par une libéralisation de ces deux supports. Le contrôle est devenu plus indirect, moins visible, financier et moral.

    L’émergence d’Internet et des outils numériques a modifié en profondeur l’univers de la communication. Ce nouveau moyen de communication transfrontalier qui autorise en temps réel des échanges de données remettait en cause la verticalité des dictatures. De nombreux États ont mis en place des dispositifs pour empêcher l’accès à certains sites voire à Internet.

    Internet, Etats manipulateurs

    Internet donne également de nouveaux moyens de manipuler et influencer. En 2017, plus de la moitié des États se seraient dotés d’officines publiques ou privées afin de diffuser et de faire circuler des informations plus ou moins exactes sur les réseaux sociaux et sur les sites Internet. La plus connue des officines est l’Internet Research Agency d’obédience russe qui a été accusée d’avoir joué un rôle durant la campagne présidentielle américaine de 2016.

    En Turquie, le pouvoir aurait embauché 6 000 personnes afin de diffuser de l’information en ligne. Les gouvernements utilisent les automates pour surveiller et diffuser de l’information. La moitié du trafic serait dû au travail des automates. Une part non négligeable des 71,1 millions de «suiveurs» de Donald Trump sur Twitter serait des automates. Au Mexique, le Gouvernement disposerait de 75 000 comptes pour délivrer de l’information. En Chine, l’État serait, directement ou indirectement, responsable de la publication de 500 millions d’informations par an. En Thaïlande, 100 000 étudiants en ayant recours à des logiciels dédiés surveillent tous les propos jugés négatifs à l’encontre de la monarchie.

    Les informations fausses ont un pouvoir d’influence plus élevé que les vraies

    Le taux de pénétration des messages est impressionnant. Ainsi, grâce à des algorithmes pointus et de bonnes portes d’entrée, 126 millions d’Américains auraient lu au moins une fois, en 2016, un des messages émanant des officines russes sur Facebook. Twitter évalue que 1,4 million de tweets issus d’une même source ont été consultés par 288 millions d’Américains.

    L’industrie de la « fake news » est florissante. Selon une étude du MIT, les informations fausses ont un pouvoir d’influence plus élevé que les vraies. Elles seraient rediffusées 70 % plus souvent donnant raison à Talleyrand «En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai ». Entre l’information et la fiction, les frontières sont poreuses. Le terme de «docufiction » en est la preuve.

    Au-delà de l’information, les pouvoirs publics se sont dotés de moyens techniques pour assurer la sécurité intérieure et extérieure des États. L’informatique, l’intelligence artificielle ont abouti à l’élaboration d’outils de récupération et d’analyses de données sans précédent. Utilisées à des fins commerciales, ces dernières peuvent également servir à contrôler les citoyens.

    Le logiciel américain « Prism », capture toutes les données liées à un numéro de téléphone ou à une adresse électronique (adresse mail, comptes sur les réseaux). Le logiciel établit une cartographie des contacts, des liens, des sujets de discussion en explorant les boites mail, les données sur les réseaux sociaux et les échanges sur les messageries directe. Prism peut suivre des personnes ciblées. Initialement, seules des personnes situées à l’extérieur aux États-Unis pouvaient être visées.

    Le logiciel « Dishfire » permet au contraire de retrouver une personne dans une masse de données. Plus de 160 millions de SMS seraient analysés chaque jour. « Dishfire » est également capable de suivre les transactions financières et d’agréger des données en provenance des comptes bancaires.

    Le logiciel « Prefer » est capable de déterminer les passages de frontières en jouant sur les échanges de données générés par les itinérances des téléphones portables. Avec son système appelé « Mystic », la NSA, service de sécurité américain, a la capacité de capturer 100 % du trafic téléphonique d’un pays, d’une ville ou d’un quartier. L’existence de ce programme fut révélée le 18 mars 2014 par Le Washington Post, sur la base des documents divulgués par Edward Snowden. Les entreprises du Digital collaborent avec les services de sécurité en garantissant des accès à leurs bases.

    Ainsi, la NSA a reçu l’accord de Microsoft, de Yahoo, de Google ou de Facebook pour accéder à leurs clients. Les GAFA coopèrent avec la NSA sur les questions de cryptage et de décryptage.

    11 septembre 2001, une rupture en matière de traitement des données

    La guerre contre le terrorisme à partir de 2001 s’est accompagnée du développement de techniques de surveillance numérique poussées, techniques qui ont été autorisées par les Parlements et les Cours suprêmes des différents pays. Ainsi, en 2008, la Cour Suprême a autorisé la collecte de données privées aux États-Unis. L’autorisation de la Cour a été accordée sous réserve que plus de la moitié des informations collectées concernent des informations internationales pouvant mettre en danger la sécurité de la nation.

    Les documents révélés par Edward Snowden ont démontré que la NSA avaient collecté les adresses IP de dizaines de millions de personnes et l’ensemble des informations qui y sont attachées. Fin 2016, au Royaume-Uni, une loi permet aux autorités d’intercepter sur tous les supports électroniques des données. En 2015, le Parlement français a permis également à l’exécutif le recueil de données dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et afin de sortir de l’état d’urgence.

    Durant la Guerre froide avec l’URSS, les pays occidentaux n’avaient pas durci leur arsenal répressif. Aux États-Unis, il y avait eu néanmoins quelques excès avec la chasse aux sorcières en particulier dans le secteur de la communication et du cinéma. La proximité de la Seconde Guerre mondiale et la réputation liberticide du régime soviétique constituaient d’utiles garde-fous. Après le 11 septembre 2001, face à un ennemi plus insaisissable, les gouvernements ont utilisé les nouveaux moyens techniques qu’offre le digital, approuvés en cela par une opinion apeurée. Par rapport aux années 70, la rupture est nette. La constitution de fichiers, les atteintes au droit d’association, l’accès aux documents publics constituaient des sujets majeurs du débat public. Ces sujets ont débouché sur de grandes lois et sur la création de plusieurs autorités administratives indépendantes en France comme dans les autres pays de l’OCDE (par exemple, la CNIL pour les fichiers et la CADA pour les documents administratifs).

    Le suivi informatique, les drones permettent des attaques chirurgicales.

    Les exécutions d’État sont de plus en plus fréquentes et cela sans déclaration de guerre. Ainsi, de 2008 à 2016, les autorités américaines ont procédé à l’assassinat de plus de 3 500 personnes jugées responsables d’actes terroristes à l’encontre des États-Unis et de ses alliés. Les armées des différents pays développent des techniques pour paralyser les communications et les liaisons informatiques afin de bloquer un pays voire de pouvoir pratiquer des dommages de grande ampleur (prise de contrôle de centrales électriques, des établissements financiers, etc.).

    Internet, le digital et l’intelligence artificielle ont des conséquences majeures sur les libertés publiques. L’aversion aux risques importante des populations et l’apparition de nouvelles menaces ont conduit les gouvernements à utiliser des techniques de renseignement qui auraient, sans nul doute, été dénoncées il y a trente ou quarante ans.

    Les réactions de l’opinion face aux différentes utilisations de données privées par les gouvernements, les sociétés du digital, ont certes été réelles mais assez temporaires et n’ont pas donné lieu à une véritable remise en cause des pratiques si l’on excepte l’adoption en Europe de la directive instituant le RGPD.

    La confirmation que les services américains écoutaient les conversations des Présidents français ou de la Chancelière allemande ne s’est pas traduit par une crise diplomatique majeure. La sensibilité des opinions sur ce sujet est pour le moment assez faible malgré quelques lanceurs d’alerte.

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