Coronavirus: cacophonie et facteur temps.

Soit les chiffres étaient sous estimés, soit la menace était exagérée.

Les autorités chinoises ont reconnu -par un nouveau décompte -, que les chiffres n’étaient pas complets. Officiellement, il s’agit d’une nouvelle définition des cas diagnostiqués. Mais on ne peut longtemps ignorer le nombre des morts. Les autorités annoncent désormais, avec un saut brutal, plus de 1500 morts et 66.000 personnes contaminées. Tout porte à croire que de nouveaux ajustements risquent de surprendre.

L’OMS considère que cela ne change pas la trajectoire de l’épidémie. Mais l’OMS a tout d’abord été rassurante, puis très inquiète, enfin plus prudente, ce qui traduit plus les débats internes et les pressions gouvernementales qu’une étude fiable et raisonnée. Cette épidémie pourra permettre de perfectionner son fonctionnement et son système d’information, sinon, elle risque de perdre autorité et crédibilité.

L’OMS a été la dernière à déclarer le Coronavirus « urgence mondiale ». Juste avant que l’épidémie n’ait provoqué plus de morts que le Sras en 2002-2003.

Les analystes diffèrent quant à considérer si le pic de l’épidémie a été atteint. L’OMS dit que oui. Les Chinois disent que non.

L’OMS a édicté en 2005 un plan de prévention face à une épidémie de grippe. Mais peu de pays ont mis ce plan en œuvre : réserve de matériel et de médicament, formation du personnel. L’OMS considère qu’il est possible d’interrompre la propagation du virus, à condition de mettre en place des mesures énergiques pour détecter et isoler les personnes atteintes.

En fait, si l’Oms parait un peu perdue, c’est parce que experts pensent qu’il est difficile de faire des évaluations à ce stade, tous les cas n’ayant pas été forcément décelés, et les chiffres donnés par les Chinois restent incertains. La brusque augmentation du nombre de cas diagnostiqués en Chine corroborerait cette analyse.

Si l’épidémie devait se propager dans plusieurs pays, une pandémie mondiale pourrait survenir, hypothèse qui affole les responsables de santé publique. Si les systèmes de santé sont désormais assez efficaces, certains modèles sont catastrophiques.

Le temps est le facteur clé. Les virus n’aiment pas la chaleur. Il pourrait donc se mettre en sommeil au printemps. Ce qui ne signifierait pas sa disparition, puisqu’il se réveillerait à l’hiver prochain. Mais cela laisserait du temps auxchercheurs, comme ceux de l’Institut Pasteur, qui est en pointe sur cette recherche, pour l’analyser et mettre au point un traitement ou un vaccin. A ceci près que sa dangerosité vient en grande partie de sa capacité à muter.

Cette année pourrait donc n’être qu’une répétition générale. D’où l’intérêt de mettre au point des plans de prévention et des systèmes d’information fiables.

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