De nombreuses associations françaises implantées à l’étranger accompagnent nos compatriotes lorsqu’ils traversent des épreuves. Pour cela, ces organismes, appelés OLES (Organismes locaux d’entraide et de solidarité), ont besoin de financement. Ils soumettent notamment leurs demandes auprès des autorités françaises, tout en justifiant de leurs actions menées et prévues. Après examen des dossiers, une commission nationale, décide des subventions accordées pour aider les Français de l’étranger. La liste des OLES bénéficiaires pour 2025 vient d’être publiée, ainsi que les montants alloués. Décryptage.
Une aide aux Français de l’étranger en difficulté
Bien souvent, lorsqu’un de nos compatriotes rencontre des difficultés à l’étranger, il se tourne vers les associations françaises locales. Or, pour être en mesure d’apporter l’aide nécessaire à nos compatriotes établis hors de France, ces organismes, appelés OLES (Organismes locaux d’entraide et de solidarité), en plus des dons qu’ils reçoivent, dépendent largement des subventions octroyées par l’État français.
Pour obtenir ce financement, plusieurs étapes sont à franchir. Au cours de ce processus, les élus, conseillers/conseillères des Français de l’étranger, les consulats et la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE) accompagnent ces associations.
OLES : du dépôt de dossier au Consulat à la subvention accordée
C’est ainsi que chaque année, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères organise un appel spécifique au cours duquel les OLES sont invités à présenter leurs besoins financiers en fonction de la situation locale des Français établis à l’étranger. Pour être recevables, ces structures doivent répondre à certains critères, notamment celui de la complémentarité de leurs actions avec celles menées par leur consulat.
Les campagnes OLES dossiers des demandes de subventions
Lors de chaque campagne annuelle, une étude particulière des demandes de subvention est donc réalisée. Dans un premier temps, elles sont examinées par les services du consulat du pays de résidence, puis soumis à l’avis des conseils consulaires compétents. Ces recommandations sont ensuite transmises à un comité national, présidé par la directrice des Français à l’étrangeret de l’administration consulaire (DFAE), Pauline Carmona, qui les consolide et les analyse. Réuni il y a quelques jours, cette instance vient de publier la liste des associations françaises à l’étranger aidées pour 2025, ainsi que le montant des subventions accordées.
Subventions 2025 aux OLES : les chiffres clés
Les chiffres clés à retenir pour la campagne de soutien 2025 aux Organismes locaux d’entraide et de solidarité (OLES) sont les suivants : 93 demandes ont été déposées. 86 associations à travers le monde recevront une aide financière pour un montant global de 1.132.411 €.
Les montants ainsi accordés varient de 450 € pour l’association de solidarité de Fianarantsoa à Madagascar à 125.000 € pour la société française de Bienfaisance située à Beyrouth, au Liban. Pour rappel, l’an dernier, en 2024, 94 dossiers avaient été étudiés, 91 organismes avaient alors pu bénéficier d’un soutien, pour une enveloppe globale de 1 160 000 €.
Des OLES présents partout dans le monde
Outre les deux associations précédemment mentionnées, des organismes implantés sur l’ensemble des continents sont inclus dans la liste publiée pour 2025. Citons, par exemple, la Société française de Bienfaisance de Valence, dont nous avons relayé l’action, notamment lors des terribles inondations d’octobre 2024, ou encore le Dispensaire français de Londres.
Partout dans le monde les Français s’entraident
Du côté de l’Asie, l’association d’entraide française située en Chine, celle présente au Cambodge bénéficieront également d’un appui pour 2025. Aux Etats-Unis, de la côte Est à la côte Ouest, plusieurs associations seront aussi soutenues. À Madagascar, des structures recevront aussi des aides spécifiques, ainsi que celles situées au Maroc, Niger, Sénégal ou Burkina Faso, à travers les dispositifs dits « d’Entraide » au niveau local.
N’oublions pas également de saluer le travail des OLES en Amérique du Sud, de l’Argentine au Brésil en passant par l’Uruguay. Enfin, les structures apportant un soutien à nos ressortissants en Israël, en Inde ou en Australie figurent également parmi les bénéficiaires de subventions pour 2025. Ce rapide tour d’horizon illustre la mobilisation de la France pour accompagner nos compatriotes confrontés à des difficultés lors de leur parcours à l’étranger.
Les OLES à la recherche de bénévoles
Mais ces aides financières resteraient sans véritable impact sans l’implication active d’une communauté de bénévoles qui s’investit sans relâche. Partout dans le monde, donner de son temps est précieux et toujours bienvenu. De nombreuses OLES lancent en effet des appels afin de renforcer leurs équipes et éviter leur déclin. Si vous en avez la possibilité et l’envie, n’hésitez pas à prendre contact avec les structures locales près de chez vous.
Nous relayons également cette requête auprès des lycéennes et lycéens du réseau AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) : le bénévolat constitue souvent un atout majeur dans les parcours individuels. Cette participation associative peut faire une différence lors de l’examen des dossiers que vous présenterez sur Parcoursup dans la perspective d’accéder à l’enseignement supérieur.
Alors, n’hésitez plus : engagez-vous dans les OLES !
La Pologne a mis en place des contrôles aléatoires à la frontière avec l’Allemagne ce lundi 7 juillet, exacerbant ainsi le conflit entre Varsovie et Berlin, les tensions aux frontière et faisant planer une menace sur les voyages d’été et la libre circulation au sein de l’espace Schengen.
Un « jeu de ping-pong »
Ces contrôles, qui ont débuté à minuit, s’appliquent à tous les points de passage entre la Pologne et l’Allemagne. Varsovie avait annoncé cette mesure la semaine dernière en représailles aux contrôles mis en place par Berlin.
L’Allemagne effectue des contrôles sporadiques à la frontière avec la Pologne depuis octobre 2023 afin de mettre un terme à l’immigration clandestine, et a renforcé ces contrôles peu après l’arrivée de la formation du nouveau gouvernement CDU/CSU-SPD de Friedrich Merz (CDU, Parti populaire européen/PPE) en mai.
Si les deux capitales ont initialement tenté d’apaiser les tensions aux frontières, l’escalade des représailles risque de transformer la frontière en un point chaud politique et économique, et devrait mettre à l’épreuve le leadership du Premier ministre polonais Donald Tusk (Plateforme civique, PO/PPE)
Donald Tusk a souligné à plusieurs reprises que Varsovie aurait préféré éviter de tels contrôles et a exhorté Berlin à renoncer à ses mesures unilatérales. Cependant, sous la pression de l’opposition d’extrême droite polonaise, le parti Droit et Justice (PiS), le gouvernement a opté pour des représailles, rejetant les propositions allemandes de patrouilles conjointes.
Le syndicat allemand de la police (GdP) a mis en garde contre un « jeu de ping-pong » à la frontière, appelant à une coordination plus étroite pour éviter le chaos.
« Nous avons besoin d’engagements clairs concernant les cas dans lesquels nous pouvons et devons refouler des personnes », a expliqué Andreas Roßkopf, président du syndicat allemand de la police, au journal Rheinische Post. « Cela doit être convenu avec les pays voisins afin que cela devienne une procédure pratique. »
Les contrôles aux frontières devraient entraîner des retards importants au moins jusqu’au début du mois d’août, ce qui portera un coup dur au commerce transfrontalier et au trafic estival en pleine saison.
Les représentants des entreprises ont exprimé leur inquiétude quant aux perturbations des flux de main-d’œuvre transfrontalière et des chaînes d’approvisionnement, tandis que les autorités locales s’inquiètent pour l’économie locale et le début de la saison estivale.
« Les contrôles aux frontières entrés en vigueur lundi touchent durement de nombreuses entreprises, en particulier dans les régions frontalières. Les retards dans la circulation des marchandises et les conditions plus difficiles pour les navetteurs pèsent lourdement sur les activités quotidiennes, en particulier dans les régions déjà confrontées à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée » – Helena Melnikov, directrice générale de la Chambre allemande de commerce et d’industrie (DIHK), à Euractiv.
Helena Melnikov a averti que ces mesures menacent non seulement la compétitivité, mais aussi la « confiance » dans le marché unique de l’UE. « L’Europe dépend de l’ouverture des frontières, tant sur le plan économique que social », a-t-elle déclaré.
«Le retour à des contrôles permanents aux frontières ne doit pas devenir la nouvelle norme. Ce serait un pas en arrière pour l’Allemagne et pour l’Europe» – Helena Melnikov, directrice générale de la Chambre allemande de commerce et d’industrie (DIHK), à Euractiv.
Les entreprises réclament désormais des solutions pragmatiques, telles que des laissez-passer pour les navetteurs et des voies réservées au trafic de marchandises, afin d’atténuer le choc économique.
Tensions à la frontière entre la Pologne et l’Allemagne
Ces contrôles, qui ont débuté à minuit, s’appliquent à tous les points de passage entre la Pologne et l’Allemagne. Varsovie avait annoncé cette mesure la semaine dernière en représailles aux contrôles mis en place par Berlin.
L’Allemagne effectue des contrôles sporadiques à la frontière avec la Pologne depuis octobre 2023 afin de mettre un terme à l’immigration clandestine, et a renforcé ces contrôles peu après l’arrivée de la formation du nouveau gouvernement CDU/CSU-SPD de Friedrich Merz (CDU, Parti populaire européen/PPE) en mai.
Si les deux capitales ont initialement tenté d’apaiser les tensions, l’escalade des représailles risque de transformer la frontière en un point chaud politique et économique, et devrait mettre à l’épreuve le leadership du Premier ministre polonais Donald Tusk (Plateforme civique, PO/PPE)
Donald Tusk a souligné à plusieurs reprises que Varsovie aurait préféré éviter de tels contrôles et a exhorté Berlin à renoncer à ses mesures unilatérales. Cependant, sous la pression de l’opposition d’extrême droite polonaise, le parti Droit et Justice (PiS), le gouvernement a opté pour des représailles, rejetant les propositions allemandes de patrouilles conjointes.
Le syndicat allemand de la police (GdP) a mis en garde contre un « jeu de ping-pong » à la frontière, appelant à une coordination plus étroite pour éviter le chaos.
« Nous avons besoin d’engagements clairs concernant les cas dans lesquels nous pouvons et devons refouler des personnes », a expliqué Andreas Roßkopf, président du syndicat allemand de la police, au journal Rheinische Post. « Cela doit être convenu avec les pays voisins afin que cela devienne une procédure pratique. »
Les contrôles aux frontières devraient entraîner des retards importants au moins jusqu’au début du mois d’août, ce qui portera un coup dur au commerce transfrontalier et au trafic estival en pleine saison.
Les représentants des entreprises ont exprimé leur inquiétude quant aux perturbations des flux de main-d’œuvre transfrontalière et des chaînes d’approvisionnement, tandis que les autorités locales s’inquiètent pour l’économie locale et le début de la saison estivale.
« Les contrôles aux frontières entrés en vigueur lundi touchent durement de nombreuses entreprises, en particulier dans les régions frontalières. Les retards dans la circulation des marchandises et les conditions plus difficiles pour les navetteurs pèsent lourdement sur les activités quotidiennes, en particulier dans les régions déjà confrontées à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée » – Helena Melnikov, directrice générale de la Chambre allemande de commerce et d’industrie (DIHK), à Euractiv.
Helena Melnikov a averti que ces mesures menacent non seulement la compétitivité, mais aussi la « confiance » dans le marché unique de l’UE. « L’Europe dépend de l’ouverture des frontières, tant sur le plan économique que social », a-t-elle déclaré.
«Le retour à des contrôles permanents aux frontières ne doit pas devenir la nouvelle norme. Ce serait un pas en arrière pour l’Allemagne et pour l’Europe» – Helena Melnikov, directrice générale de la Chambre allemande de commerce et d’industrie (DIHK), à Euractiv.
Les entreprises réclament désormais des solutions pragmatiques, telles que des laissez-passer pour les navetteurs et des voies réservées au trafic de marchandises, afin d’atténuer le choc économique.
L’espace Schengen menacé
La décision de Varsovie porte à onze le nombre total de pays qui ont réintroduit les contrôles, dont la France, l’Autriche, les Pays-Bas et la Belgique, portant un nouveau coup au rêve de libre circulation de l’espace Schengen, quelques jours seulement après le 40e anniversaire du pacte.
Cela signifie que près d’un tiers des membres de l’espace Schengen appliquent désormais des contrôles temporaires, malgré la promesse fondatrice du bloc de garantir la libre circulation à l’intérieur de ses frontières.
Le réchauffement climatique s’accélère et pourtant, durant tout le premier semestre, nous avons vécu au rythme des annonces de Donald Trump, de sa journée d’investiture jusqu’au cessez-le-feu irano-israélien, en passant par le « Liberation Day » du 2 avril dernier. Le monde semble gagné par un emballement économique, diplomatique, démographique et climatique. Les événements s’enchaînent rapidement les uns aux autres, avec une montée aux extrêmes médiatique, les fausses informations et les vraies se mélangeant en permanence. Si certains emballements confinent parfois à l’immobilisme — la guerre en Ukraine, au Moyen-Orient, ou encore la guerre commerciale — d’autres apparaissent plus tangibles. Le réchauffement climatique, au-delà de la canicule qui a frappé l’Europe à la fin du mois de juin, s’accélère, avec notamment une élévation rapide de la température de l’eau des mers et des océans.
Les prévisions les plus sombres du GIEC semblent se concrétiser avec, à la clé, des conséquences multiples sur le plan économique et social. Face à cette situation, les gouvernements paraissent de plus en plus paralysés, pris en étau entre les différents groupes de pression et une opinion traversée par des objectifs contradictoires. La transition écologique génère de plus en plus de résistances au sein des populations. En France, le mouvement des « gueux » a contribué à lancer le débat sur la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). Les mesures de lutte contre le réchauffement climatique sont perçues comme socialement injustes et punitives. L’action des pouvoirs publics pour modifier les comportements est considérée par un nombre important de citoyens comme attentatoire aux libertés individuelles.
La taxe carbone aux frontières assimilée à des droits de douane.
Les mesures prises par les pouvoirs publics accroissent également les tensions internationales. La taxe carbone aux frontières, que l’Union européenne entend instituer, est assimilée à des droits de douane par les pays émergents et en développement. Elle est considérée par ces derniers comme une remise en cause du libre-échange. Ils estiment que les pays occidentaux, en grande partie responsables des émissions de gaz à effet de serre de ces deux cents dernières années, ne respectent pas leurs engagements de les aider à décarboner leur économie.
L’instauration d’une bourse mondiale du carbone constituerait un moyen efficace de réguler les émissions.
Le réchauffement climatique qui ne connaît pas de frontières, fragmente de plus en plus la communauté internationale. Les États-Unis se sont ainsi retirés une nouvelle fois des Accords de Paris au mois de janvier dernier, avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Seule une solution internationale permettra de limiter le réchauffement climatique. L’instauration d’une bourse mondiale du carbone, gérée par l’ONU ou l’OMC, constituerait un moyen efficace de réguler les émissions tout en intégrant une dimension de développement pour les pays les plus pauvres.
Les émissions de CO₂ devraient être taxées, tandis que leur réduction pourrait donner lieu à l’attribution de crédits carbone. Les pays émergents et en développement pourraient se voir attribuer des crédits sous condition de réaliser, eux aussi, des efforts en matière de transition écologique.
Rien ne justifie une démission mondiale sur le sujet fondamental de l’environnement
Comme lors de la crise du Covid, des programmes mondiaux de recherche devraient être engagés afin de développer des techniques de décarbonation ou de favoriser le recours à des énergies propres dans les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Les questions environnementales devraient devenir une compétence exclusive de l’Union européenne, comme le sont celles liées aux échanges commerciaux. La production et l’acheminement de l’énergie doivent être pensés à l’échelle du continent, et non État par État.
Les difficultés de la France à relancer la construction de centrales nucléaires, ou le black-out du mois de juin en Espagne, sont autant de preuves de la nécessité de renforcer la construction européenne dans ce domaine. Face à l’emballement du réchauffement climatique, la fatalité serait de l’accepter. Cette renonciation représenterait une défaite du multilatéralisme, une condamnation du progrès technique tel que nous le concevons depuis le début de la première révolution industrielle au XVIIIe siècle. Rien ne justifie une démission mondiale sur le sujet fondamental de l’environnement. La supériorité de l’être humain repose sur sa capacité à inventer, à innover pour assurer sa pérennité. Le défi environnemental est à même de prouver que cette intelligence est toujours d’actualité.
Ça y est, vous êtes en France, vous avez survécu à la grève des contrôleurs aériens, vous avez pu rejoindre votre lieu de villégiature et vous commencez enfin à profiter. D’ailleurs, vous avez flâné(e) dans les rues de votre ville ou village et là surprise, vous constatez que, comme ailleurs, les prix ont bien augmenté dans l’hexagone. En sus, en tant que non-résidents, vous avez aussi des frais supplémentaires comme ceux pris par votre banque usuelle. Mais le saviez-vous, entre la détaxe, les comptes dédiés aux expatriés et d’autres astuces, il est possible de faire baisser la note des vacances. On fait le point pour les Français de l’étranger.
La détaxe, désormais facile et rapide
Pour les Français de l’étranger, qui résident en dehors de l’Union européenne, un petit coup de pouce, désormais simple à mettre en place, existe, c’est bien sur la détaxe ! Un dispositif qui vous permet de vous faire rembourser la TVA sur les objets que vous avez achetés en France et que vous ramenez à la maison !
Dans la jungle des app, nous avons sélectionné Skiptax. Certifiée par les Douanes françaises en 2020, l’application centralise les achats détaxés. Le système repose sur un système de QR code qui permet d’obtenir un seul bordereau digital pour tout type d’achat dans tous les magasins en France. Après avoir téléchargé (gratuitement) l’application, le voyageur étranger scanne sa facture à chaque achat.
À la fin du séjour, un clic suffit pour produire en quelques minutes son bordereau officiel de détaxe digitalisé, assure l’entreprise. Le visiteur le scanne ensuite sur l’une des bornes officielles Pablo disponibles dans les aéroports et gares françaises. Cette opération déclenche automatiquement la demande de remboursement, qui est versé sur le compte bancaire dans les 72 heures suivant la validation de la déclaration, contre 3 mois en moyenne aujourd’hui, indique skipTax.
SkipTax se rémunère en prélevant 20% du montant de la TVA remboursée. Le bénéficiaire récupère ainsi une détaxe de 80 % contre 40 à 60 % seulement lorsqu’il s’adresse aux opérateurs historiques et grâce au code LFP25 et à l’offre attachée que nous avons négociée pour vous, vous bénéficierez d’un taux de remboursement plus élevé.
Un compte en France pour zapper les frais bancaires
Pour ceux qui résident en dehors de l’espace bancaire unifié européen avec la norme SEPA, en plus de l’inflation, ils sont frappés par des frais bancaires en hausse, en moyenne, pour 500 euros de dépenses en dehors du pays de résidence (hors pays de l’UE), les banques facturent en moyenne 22,5 euros pour le change et les coûts liés aux paiements.
La solution, c’est bien sûr d’utiliser une carte bancaire française. Mais pour cela, faut-il avoir conservé son compte français. Une opportunité de plus en plus rare pour les résidents hors UE, les banques françaises étant, dans leur grande majorité, en cours de réduction de leur parc clientèle de non-résidents. Même les banques en ligne qui fournissent désormais un IBAN et des cartes émises en France, comme N26 ou Revolut, n’acceptent plus les résidents hors de l’Union européenne, de même pour Nickel et consorts.
Une discrimination que les parlementaires des Français de l’étranger tentent de résorber grâce au droit au compte des Français non-résidents, complexe et peu efficace, il est souvent boudé par les expatriés. Mais il existe désormais une app bancaire dédiée exclusivement aux Français de l’étranger, France Pay. Les fonds sont garantis par le groupe des Banques populaires et des Caisses d’Épargne (BPCE) et tous les non-résidents, quel que soit leur pays de résidence (USA, Algérie, Russie, etc.) sont éligibles à l’offre. Payante du fait de la complexité des dossiers, elle est amortie dès que vous avez dépensé 3500 euros (sur une année ou moins).
En plus, avec les cartes France Pay, vous pourrez bénéficier des offres de paiement fractionné des commerçants français, accéder au service comme Canal + Ou Winamax mais aussi Doctossimo et le paiement en flux sur les autoroutes de l’hexagone. Une vraie carte et un vrai compte français pour être un Français comme les autres en France. Et petit bonus pratique, France Pay vous indique quelles sont les dépenses éligibles à la détaxe avec la présence d’un petit drapeau français lors de paiements en France.
Se faire soigner en France
Dernier point qui peut être une large source d’économie, c’est de profiter de son passage en France pour se faire soigner aux conditions d’un résident. Mais comment faire ? En effet, il faut 3 mois de résidence permanente en France pour être de nouveau éligible à la sécurité sociale française mais la Caisse des Français de l’étranger a pensé à vous avec son produit FrancExpat Santé.
L’offre de la CFE couvre tous les frais de santé des expatriés et de leurs ayants droit quand ils rentrent en France pour des séjours de moins de 3 mois consécutifs. Un forfait disponible à partir de 46 euros par mois, soit 552 euros, une offre pas si accessible que ça mais qui peut permettre de nombreuses économies quand on vit dans un pays aux coûts de santé exorbitants.
Une solution taillée pour les Français de l’étranger soucieux d’optimiser leurs soins pendant leur passage en France.
Le ministère des Armées a officiellement lancé, ce 23 juin 2025, le Club des investisseurs de la défense, une initiative stratégique destinée à rapprocher les financeurs privés des entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD), suite à la publication du rapport sur son financement en mars 2025. Objectif affiché : mieux financer dans la durée les quelque 4 500 entreprises du secteur, dont beaucoup sont des PME, des ETI ou des startups en phase de croissance. Mais même avec un Club des investisseurs de la défense, la DGA sait-elle lever des fonds ? Et pourquoi les Français de l’étranger sont-ils aussi concernés ?
Ce Club : une solution pour financer la défense ?
Présenté comme un jalon essentiel du renforcement de la souveraineté industrielle française, ce club vient formaliser un réseau d’une centaine de fonds d’investissement appelés à signer une charte d’engagement avec la Direction générale de l’armement (DGA). L’intention est claire : créer une relation de confiance durable, arrimée à des exigences de gouvernance, de transparence, et d’alignement avec les priorités stratégiques de l’État.
Club des investisseurs de la défense
Mais au-delà du symbole, le signal envoyé interroge sur la capacité réelle de la France à combler le déficit de financement pour les entreprises en expansion, les « scale-up » qui freine l’émergence de champions industriels dans les secteurs stratégiques.
Un constat lucide : le financement d’amorçage ne suffit plus
Le lancement de ce club arrive à point nommé. Depuis le début de la guerre d’agression de la Russie sur l’Ukraine, les États européens ont pris conscience de leur dépendance technologique et industrielle. Or, l’écosystème de défense européen, s’il est riche en innovations, peine à faire émerger de nouveaux leaders mondiaux capables de rivaliser avec les géants américains ou israéliens.
“Le vrai trou d’air survient lorsqu’il faut lever 50 à 100 millions d’Euros, voire plus (…) pour industrialiser la défense ”
En cause : un modèle de financement trop fragmenté, encore trop concentré sur l’amorçage et insuffisamment armé pour accompagner le passage à l’échelle. Si les jeunes pousses de la deeptech trouvent souvent, grâce à Bpifrance ou à des fonds spécialisés, leurs premiers tickets de financement, le vrai trou d’air survient lorsqu’il faut lever 50 à 100 millions d’euros, voire plus, pour industrialiser une technologie, s’étendre à l’international ou franchir les étapes réglementaires dans les secteurs sensibles comme la défense.
L’Europe peine à lever les très gros tickets
C’est tout le paradoxe : les fonds européens sont nombreux, mais peu parviennent à mobiliser des capitaux à la hauteur des ambitions industrielles. À titre de comparaison, les entreprises de la défense ou de la cybersécurité américaines peuvent lever en une série B l’équivalent de plusieurs années de financement cumulé pour une startup française du même domaine. La série B sert à accélérer la croissance, souvent à travers une internationalisation ou des stratégies marketing ambitieuses.
« Si l’État est présent dans le financement, il reste trop absent dans l’accompagnement stratégique des dirigeants »
Cette difficulté structurelle n’est pas une fatalité, mais elle appelle une révision en profondeur des mécanismes de financement de l’innovation en Europe. Comme le souligne le rapport « Bridging the Scale-up Gap » publié par la Commission européenne, le manque d’investisseurs disposés à soutenir les scale-ups est une faiblesse chronique du vieux continent, particulièrement pénalisante dans les secteurs duals (civil-militaire) où les cycles d’innovation sont longs et risqués.
BPI, DGA… Un accompagnement à renforcer sur le terrain
L’initiative du Club est donc bienvenue. Mais pour être réellement efficace, elle devra s’accompagner d’un changement de culture dans l’accompagnement des startups. Car une autre critique revient régulièrement dans l’écosystème : si l’État est présent dans le financement, il reste trop absent dans l’accompagnement stratégique des dirigeants.
DGA lors du lancement du Club par Emmanuel Chiva_ juin 2025 credit DGA
De nombreux entrepreneurs regrettent que les investisseurs publics comme Bpifrance n’imposent ni advisory boards ni mentors expérimentés, laissant souvent les jeunes fondateurs livrés à eux-mêmes dans des décisions complexes de structuration, d’internationalisation, ou de négociation avec les grands donneurs d’ordre. À l’inverse, les modèles anglo-saxons ou israéliens intègrent quasi systématiquement des conseils d’orientation stratégique, composés d’anciens haut gradés, de dirigeants expérimentés ou de techniciens reconnus. Ces comités jouent un rôle clé pour crédibiliser l’entreprise face aux clients publics et attirer de nouveaux investisseurs.
Acculturation croisée : un premier pas nécessaire
Le Club prévoit justement des rencontres entre entreprises, des visites de sites, une acculturation mutuelle entre industriels et investisseurs. Cette mise en relation ciblée est essentielle: trop d’acteurs financiers méconnaissent les réalités réglementaires, économiques et politiques du secteur de la défense. De l’autre côté, beaucoup de PME de la BITD ne savent pas comment structurer une levée de fonds, ni comment dialoguer avec des fonds d’infrastructure ou de capital-développement.
Mais pour passer de la bonne volonté aux résultats tangibles, il faudra un pilotage resserré, une capacité à imposer des standards d’engagement, et surtout à combler les trous dans la raquette, notamment sur les financements intermédiaires (entre 10 et 50 M€) et les outils de cofinancement avec le privé.
Le risque d’un exode invisible des talents de la défense
Un autre point d’attention, trop souvent négligé dans les politiques d’innovation stratégique, concerne les jeunes entrepreneurs français de l’étranger. Nombre d’entre eux, formés dans les meilleures écoles européennes ou américaines, commencent à bâtir leur projet dans un environnement déjà favorable à l’innovation, que ce soit à Berlin, Londres, Tel-Aviv ou Boston. Dès lors, les incitations à rapatrier leurs projets ou à les ancrer dans l’écosystème français doivent être puissantes, visibles et compétitives.
« Seuls des dispositifs robustes (…) pourraient convaincre ces talents français de l’étranger de s’inscrire dans le cadre du Club des investisseurs de la défense »
Sans un effort soutenu en matière de financement, notamment en late stage, et sans la promesse d’un accompagnement de qualité, incluant accès aux donneurs d’ordre, advisory boards, ou mentorat stratégique, la France risque de voir ces profils rester à l’étranger, voire y faire croître des pépites technologiques dont elle aurait grand besoin dans ses chaînes de souveraineté. Seuls des dispositifs robustes, combinant capital, réseau et perspectives de marché, pourraient convaincre ces talents de s’inscrire dans le cadre du Club des investisseurs de la défense et de relocaliser durablement leur ambition industrielle.
La défense, une question de souveraineté mais aussi de méthode
L’Europe, et la France en tête, dispose d’un réservoir exceptionnel de talents, d’ingénieurs, et de technologies duales. Ce qui lui manque, ce n’est pas l’innovation, mais la capacité à l’industrialiser à grande échelle.Le Club des investisseurs de la défense peut contribuer à lever certains freins, à condition qu’il ne reste pas un cercle fermé de bonnes intentions, mais devienne un outil agile et doté de moyens puissants, aligné avec les besoins des entreprises du terrain.
S’il permet de rapprocher les mondes encore trop étanches du financement privé et de l’innovation de défense, il aura déjà rempli une part de sa mission. Mais il reste un long chemin à parcourir pour que la France cesse d’être le pays des bonnes idées… et des petites entreprises.
Des droits antidumping allant jusqu’à 34,9 % seront imposés pendant 5 ans sur les importations de brandy en provenance de l’Union européenne (UE), à compter du 5 juillet, a annoncé vendredi le ministère chinois du commerce. Les grands producteurs de cognac seront exemptés.
Dans une déclaration publiée le 4 juillet, Pékin a affirmé que certains brandys européens étaient vendus sur le marché chinois à des prix déloyalement bas, menaçant l’industrie nationale des spiritueux et justifiant de ce fait de nouvelles taxes.
Tout au long de l’enquête, les autorités de l’UE et de la France ont déployé d’intenses efforts diplomatiques pour empêcher l’imposition de droits de douane. Ces efforts n’ont pas été vains.
Allégement partiel pour l’industrie
Afin d’éviter les nouveaux droits de douane, plusieurs producteurs européens ont accepté de vendre leurs produits à un prix minimum sur le marché chinois, notamment les grandes marques de cognac telles que Pernod Ricard, Rémy Cointreau et Hennessy.
À partir du 5 juillet, ces entreprises seront autorisées à commercialiser leurs produits dans le cadre de cet arrangement tarifaire, en lieu et place des droits de douane.
En outre, le ministère chinois du commerce a confirmé que les dépôts de garantie versés depuis octobre 2024 seront remboursés, ce qui soulagera quelque peu les importateurs concernés.
La décision a néanmoins suscité des critiques de la part de Bruxelles. « L’UE regrette la décision de la Chine d’imposer des mesures antidumping définitives sur les importations de brandy européen », a déclaré un porte-parole aux journalistes.
Hervé Dumesny, directeur général de spiritsEUROPE – l’organisation européenne de l’industrie des spiritueux – a également exprimé son « profond regret » face à ce qu’il a décrit comme des mesures injustifiées, dans une déclaration publiée vendredi.
« Au-delà de son impact direct sur notre secteur, cette décision risque d’alimenter les tensions commerciales à un moment où la coopération mutuelle est plus importante que jamais » – Hervé Dumesny, directeur général de spiritsEUROPE
Alors que de nombreux producteurs de l’UE restent en dehors des accords de prix et seront soumis à la pleine force des nouveaux tarifs, « nous demandons instamment que cette option soit étendue à toutes les entreprises qui ont signé », a ajouté Hervé Dumesny.
Depuis le début de son second mandat, Donald Trump a pris des mesures susceptibles de réduire l’attractivité des États-Unis pour les non-résidents, en raison de leurs effets sur l’inflation, la valeur du dollar et l’évolution de la croissance. La politique de Donald Trump est ainsi de nature à ralentir les flux de capitaux étrangers investis aux États-Unis. Or, ces flux sont indispensables pour équilibrer le déficit de la balance des paiements courants et le déficit budgétaire.
Les besoins en capitaux des États-Unis ont tendance à augmenter.
La hausse des droits de douane, qui constitue une taxe sur la consommation des ménages américains, est par nature inflationniste. En réduisant le pouvoir d’achat des Américains, elle pèsera sur la croissance et sur la création d’emplois. La réduction des flux migratoires aura également des effets similaires. Par ailleurs, la volonté de Donald Trump d’abaisser la valeur du dollar en exerçant des pressions sur la Réserve fédérale est également susceptible d’alimenter l’inflation. Dans ce contexte, les flux de capitaux étrangers pourraient diminuer, avec une baisse de la demande d’actions, d’obligations et de parts d’entreprises américaines. Depuis le début de l’année, elle est déjà en retrait par rapport à l’année précédente.
Parallèlement, les besoins en capitaux des États-Unis ont tendance à augmenter. La politique budgétaire proposée par l’administration républicaine est expansionniste. Les baisses d’impôts (prolongation du Tax Cuts and Jobs Act, exonérations sur les pourboires et les heures supplémentaires) ne sont que faiblement compensées par des diminutions de dépenses publiques.
Les taux d’intérêt risquent d’augmenter
Le déficit public des États-Unis atteindra probablement 6,9 % du PIB pour l’exercice fiscal 2025, et plus de 7 % pour les années suivantes. Or, les États-Unis ne peuvent pas compter sur l’épargne intérieure pour corriger ces déséquilibres, d’autant que la balance courante reste fortement déficitaire : en 2025, son solde devrait rester négatif à hauteur de 4 points de PIB.
En cas de recul de la demande d’actifs américains de la part des non-résidents, les taux d’intérêt risquent d’augmenter aux États-Unis, d’autant plus que les déficits jumeaux – de la balance courante et du budget fédéral – resteront importants. Le pays ne peut pas s’appuyer sur l’épargne des ménages qui reste faible, inférieure à 5 % du revenu disponible brut.
Une hausse des taux aurait pour conséquence une accélération du ralentissement de la croissance, voire l’éventualité d’une récession. Le service de la dette publique augmenterait, réduisant les marges de manœuvre de l’État. La situation de l’emploi se dégraderait, de même que le pouvoir d’achat des ménages. S’il venait à se réaliser, ce scénario pourrait entraîner des conséquences funestes pour les Républicains à l’occasion des élections de mi-mandat prévues en novembre 2026.
Comment les services consulaires s’adaptent-ils aux besoins des Français de l’étranger ? Quel premier bilan pour 2025 ? Quelles nouvelles mesures seront introduites d’ici la fin de l’année ? Dans un contexte budgétaire français complexe, l’administration consulaire doit-elle craindre pour son avenir ? Pour répondre à ces questions, Lesfrancais.press a interrogé Pauline Carmona, la directrice de la DFAE. Entre nouvelles procédures, expérimentations et évolutions administratives, elle détaille les réalisations et les prochaines ambitions pour les Français établis hors de France.
Bilan de l’action consulaire pour les Français de l’étranger au premier semestre 2025
Lesfrancais.press : « Pauline Carmona, tout d’abord, quel bilan de l’action consulaire tirez-vous du premier semestre 2025 ? Quels sont les chantiers qui ont été lancés ou aboutis pour les Françaises et Français de l’Étranger ? »
Pauline Carmona : « C’est un bilan très positif que nous tirons de ce premier semestre en termes d’activité consulaire. Nos services consulaires ont su faire face à une demande toujours plus forte, tout en maintenant ou en améliorant la qualité du service. Les chantiers de modernisation que nous avons conduits, le fort engagement de nos agents consulaires et la réorganisation de certains services pour davantage d’efficacité, nous ont permis de répondre à une demande de passeports et de cartes d’identité toujours très importante. Le réseau consulaire a ainsi reçu plus de 228.000 demandes en 5 mois, un chiffre comparable avec celui de l’an dernier, avec une nette progression de la demande de cartes d’identité.
« Nous faisons tout notre possible pour proposer à nos compatriotes des services consulaires plus simples, plus efficaces et plus proches des usagers »
Pauline Carmona, Directrice de la DFAE
Nous avons en effet lancé ou poursuivi plusieurs chantiers de modernisation, qui améliorent concrètement les services rendus aux Français de l’étranger et qui leur simplifient la vie au quotidien. Le service consulaire, c’est en effet la diplomatie du quotidien. Nous faisons tout notre possible pour proposer à nos compatriotes des services consulaires plus simples, plus efficaces et plus proches des usagers, bref en leur proposant des services à la hauteur de leurs attentes.
Plusieurs exemples de ce que nous avons fait cette année :
D’abord, le Service France Consulaire, notre service de réponse téléphonique pour tous les Français de l’étranger sur les questions consulaires, continue son déploiement et a achevé l’intégration de l’ensemble des pays d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient. L’intégration des pays d’Asie sera réalisée d’ici la fin du mois de juillet, pour un total de 146 pays et plus de 76% des Français inscrits au registre mondial. La qualité du service est au rendez-vous, puisque les taux de satisfaction des usagers restent très élevés (94% de taux de satisfaction usagers).
Nous avons également généralisé la certification de l’identité numérique de niveau élevé liée à la carte d’identité électronique (format carte bancaire). Cette procédure, en place dans tous les consulats depuis le 15 mai, a déjà attiré près de 2 000 Français. L’identité numérique certifiée permet, via l’application numérique « France Identité », que j’encourage vos lecteurs à télécharger sur leur smartphone, d’accéder à des services sécurisés qui nécessitaient jusqu’à présent un déplacement en personne au consulat. Je pense en particulier à la procuration de vote, qui pourra se faire désormais 100% à distance, à l’authentification simplifiée pour voter par internet pour les élections législatives et consulaires, ou encore au renouvellement à distance des passeports au Canada, au Portugal ainsi que bientôt, en Australie et Espagne, accessible également par l’identité numérique de La Poste.
Nous avons généralisé, depuis le 2 juin dernier, la possibilité de prépayer en ligne sa demande de passeport, par timbre électronique. C’était déjà possible en France depuis plusieurs années, nous l’avons rendu possible dans les consulats à l’étranger. C’est une modalité de paiement qui suscite beaucoup d’engouement, puisque près d’un demandeur sur cinq l’utilise déjà. Nous encourageons vivement les usagers à payer en ligne leurs demandes de titres, car cela leur permet de gagner du temps lors du rendez-vous au consulat, et d’éviter toute difficulté éventuelle liée à un paiement en liquide par exemple. »`
Logo France Consulaire
Lesfrancais.press : « Une expérimentation pour renouveler son passeport à distance sans se déplacer à son consulat avait été mise en place au Canada et Portugal. Elle devait s’étendre en ce mois de juin à 10 autres pays avant une possible généralisation ? Qu’en est-il ? »
Pauline Carmona : « En effet, une expérimentation permettant le renouvellement des passeports sans comparution au consulat a été conduite pendant une durée d’un an, du 1er mars 2024 au 28 février 2025. Ce sont ainsi 2242 Françaises et Français inscrits sur les registres consulaires au Canada et au Portugal qui ont pu tester cette procédure innovante. Ce dispositif a été largement plébiscité par ceux qui y ont eu recours. Cette procédure permet en effet de limiter les déplacements de nos compatriotes qui se trouveraient géographiquement éloignés de leur consulat ou avec une mobilité réduite, et plus généralement de simplifier la vie de nos concitoyens.
Pauline Carmona en Thaïlande
Cette procédure a fait l’objet d’une évaluation et sera relancée et étendue prochainement, toujours sous forme expérimentale et pour deux ans, en Australie et en Espagne, en plus du Canada et du Portugal. La reprise de la procédure de renouvellement à distance interviendra dès que le dispositif juridique autorisant cette expérimentation aura pu être adopté. Notre objectif est que cela puisse se faire avant la fin de l’année. »
Renouveler sa carte d’identité au consulat : les conseils
Lesfrancais.press : « Cette possibilité de renouveler son passeport à distance sera-t-elle appliquée prochainement pour les cartes d’identité ? Dans l’hexagone, la démarche est désormais totalement digitalisée, les non-résidents s’impatientent. Avez-vous des conseils pour pouvoir accéder aux services désormais accessibles via France Identité sans CNIe ? »
Pauline Carmona : « La demande de carte d’identité en France, tout comme les demandes de passeport, peut faire l’objet d’une pré-demande en ligne sur le site de l’ANTS – France Titres. En revanche, une comparution en mairie ou en préfecture est toujours obligatoire pour la prise d’empreintes. En comparaison, le renouvellement des passeports 100% à distance est un service innovant et original, qui n’existe que pour les Français de l’étranger, comme l’est la possibilité de recevoir son passeport à domicile, dans une trentaine de pays, ou encore de récupérer ses titres d’identité et de voyage lors des tournées consulaires ou auprès d’un consul honoraire. Ce sont des exemples de ce que l’administration consulaire fait pour simplifier la vie des Français à l’étranger, qui peuvent se trouver très éloignés de nos consulats, pour leur éviter des déplacements. Je le souligne car les services consulaires que nous proposons n’existent pas en France, et donc d’une certaine manière, nous proposons un service public qui est plus innovant qu’en France, en termes de facilités offertes à l’usager. »
Dans ce cadre, la possibilité d’effectuer sa pré-demande en ligne sera effectivement ouverte aux Français à l’étranger d’ici la fin de l’année. Nous y avons travaillé activement avec l’ANTS-France Titres. Attention, les demandeurs devront malgré tout se déplacer au consulat pour la prise d’empreintes, que ce soit pour une demande de carte d’identité ou de passeport.
« Pour rappel, si vous disposez déjà d’une carte d’identité, toujours en cours de validité, vous ne pouvez pas à ce stade en demander le renouvellement anticipé pour obtenir la nouvelle carte d’identité »
Pauline Carmona, Directrice de la DFAE
Sur la question de pouvoir accéder aux services désormais accessibles via France Identité, sans que l’on ait une CNIe, je rappelle que la création d’un compte France Identité nécessite d’avoir une carte d’identité électronique. Toutefois, l’accès à de nombreuses démarches administratives en ligne est déjà possible en se connectant via son compte France Connect ou France connect +, qui n’est pas lié au fait d’avoir une CNIe. Concrètement, on peut déjà avoir un compte France Connect, sans avoir une CNIe, si on a un compte impots.gouv.fr, Ameli.fr, L’Identité Numérique La Poste, MSA, YRIS, France Identité, ou encore TrustMe.
Carte nationale d’identité
Si on a une on peut télécharger France Identité, et accéder plus facilement à France connect via France Identité. Et si on a une CNIe et qu’on a fait certifier son identité numérique au niveau élevé, on peut aller encore plus loin dans les démarches en ligne : pour les Français à l’étranger, ce sera donc la procuration de vote qu’on pourra faire en ligne, et bientôt l’authentification pour voter par internet, et la possibilité de demander un passeport à distance sans venir au consulat, dans les quatre pays où se sera proposé. Pour rappel, si vous disposez déjà d’une carte d’identité, toujours en cours de validité, vous ne pouvez pas à ce stade en demander le renouvellement anticipé pour obtenir la nouvelle carte d’identité. Cela sera possible dès que le système de demande à l’étranger sera rattaché au système de pré-demande sur le site de l’ANTS, ce sera le cas d’ici la fin de l’année. »
Assises de la protection sociale et Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE)
Lesfrancais.press : « L’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) a lancé une initiative inédite en mars 2025, à savoir les Assises de la protection sociale pour les Français de l’Étranger. Comment la DFAE est-elle impliquée dans cette organisation ? »
Pauline Carmona : « Les Assises de la protection sociale des Français de l’étranger ont en effet été lancées en mars 2025 par le ministre délégué Laurent Saint-Martin, à l’occasion de la dernière session de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Ces Assises portent sur un enjeu essentiel, à savoir les aides versées par le ministère aux Français de l’étranger et mises en œuvre par la Direction des Français à l’étranger (DFAE) et par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) Elles couvrent des domaines variés, qu’il s’agisse des bourses scolaires et des aides à l’accompagnement des élèves en situation de handicap, des aides sociales directes ou indirectes, ou encore de l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger.
Notre implication dans ces travaux se situe à plusieurs niveaux. Le secrétariat général de l’Assemblée des Français de l’étranger tout d’abord, qui apporte un soutien organisationnel et logistique aux Assises. Le secrétariat général travaille en étroite collaboration avec les élus pour organiser les évènements, tant en présentiel qu’en ligne, mais aussi pour faire le lien entre tous les acteurs impliqués. Il est également chargé du traitement des diverses contributions reçues et de l’animation du site internet et du blog dédiés aux Assises sur le site de l’AFE. Il a également participé à la mise en place d’une plateforme d’intelligence artificielle qui répond aux questions des usagers sur les Assises, accessible depuis le site internet de l’AFE.
Toutes les équipes de la DFAE sont pleinement mobilisées pour répondre aux nombreuses questions de fond qui sont évoquées dans le cadre de ces Assises sur l’ensemble des sujets relevant de notre compétence. Plusieurs agents de la DFAE ont participé activement à des tables rondes et webinaires, qui sont disponibles en ligne sur le site de l’AFE. J’ai moi-même été auditionnée, le jour de l’ouverture des Assises le 10 mars, sur le sujet des aides sociales. Le ministre délégué en charge des Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, a lui-même participé à un webinaire sur les AESH le 2 juin dernier, ainsi qu’à une séquence de présentation des conclusions du rapport d’audit conjoint des inspections générales des finances et des affaires sociales sur la CFE, destinée aux parlementaires, le 12 juin.
Assises de la protection sociale des Français de l’étranger
Enfin, nous nous employons à faire connaître largement cette démarche auprès des Français établis à l’étranger, afin de permettre la participation la plus large possible à ces réflexions qui intéressent directement nos compatriotes. Cela passe notamment par la diffusion régulière d’une lettre d’informations, à laquelle j’encourage vos lecteurs à s’inscrire. Nous communiquons également sur nos réseaux sociaux France consulaire et sur différentes plateformes. Nous avons également sensibilisé nos postes à l’étranger pour qu’ils puissent relayer l’initiative localement et faciliter l’organisation de conseils consulaires dédiés pour faire remonter les analyses et les besoins du terrain. »
L’AVENIR DU STAFE (Dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger)
Lesfrancais.press : « Le STAFE évolue. Des dispositions viennent d’être arrêtées. Certains accusaient l’administration de décider quasi seule de la répartition des fonds dédiés aux associations et de ne pas prendre en compte les avis des conseils consulaires. Avec le recul quelle est votre analyse de l’utilisation du STAFE dans sa version initiale ? »
Pauline Carmona : « Conformément aux orientations du Ministre délégué en charge des Français de l’étranger lors de la 42ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger, un groupe de travail comprenant les membres de la commission nationale consultative du STAFE s’est réuni afin de revoir le dispositif en vue d’une plus grande déconcentration, dans l’objectif de renforcer le rôle de l’échelon local, à savoir les services consulaires et les conseils consulaires, mais aussi de favoriser le consensus lors de l’examen des projets. Ce nouveau dispositif, qui sera mis en œuvre à titre expérimental lors de la prochaine campagne 2026, permettra donc aux conseils consulaires de sélectionner des projets et de les classer par ordre de priorité. L’administration n’interviendra ensuite qu’à deux niveaux : d’abord, pour s’assurer du respect des critères d’éligibilité objectifs des projets retenus par les conseils consulaires, ensuite pour mettre en œuvre un mécanisme de régulation budgétaire en cas de dépassement de l’enveloppe allouée au STAFE dans le budget du programme 151. L’ensemble des projets retenus sera ensuite présenté à la commission nationale consultative, qui se réunira au mois de mars. Il a été convenu qu’une évaluation de ce nouveau dispositif serait faite à l’issue de la campagne 2026 et que des ajustements éventuels pourront éventuellement être décidés, en fonction du résultat. »
Les nouveautés consulaires pour les Français de l’étranger
Lesfrancais.press : « Dans la seconde partie de l’interview, nous aimerions découvrir avec vous les autres projets programmés par la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire à destination de nos compatriotes hors de France pour cette fin d’année 2025 ? Quels sont-ils ? »
Pauline Carmona : « Comme je l’évoquais précédemment, nous allons travailler à plusieurs grands chantiers d’ici la fin de l’année :
D’abord, nous sommes pleinement engagés en vue d’une couverture mondiale du Service de réponse téléphonique France Consulaire d’ici la fin de l’année. Cela permettra à 100% des Françaisrésidant à l’étranger de trouver une réponse à leurs questions sur leurs démarches consulaires par téléphone ;
Nous allons également reprendre et étendre l’expérimentation du renouvellement des passeports à distance dans les conditions que je viens de rappeler ;
En lien avec l’ANTS-France Titres, nous allons aussi mettre en place la pré-demande en ligne des passeports et des cartes d’identité à l’étranger ;
Enfin, nous travaillons à la mise en place du vote par internet dans le cadre des prochaines élections des conseillers des Français de l’étranger, qui se tiendront en mai 2026. A cet égard, un test grandeur nature de la nouvelle solution de vote est programmé du 19 au 22 septembre 2025, sur la base d’un scrutin fictif avec des électeurs-testeurs volontaires. Ceux-ci devront être inscrits sur la LEC en vigueur à la date du 11 juillet 2025 et vérifier que leurs coordonnées téléphoniques (téléphone portable) et électroniques (adresse courriel) renseignées sur le Registre des Français établis hors de France sont à jour. Cette vérification peut se faire en ligne en se rendant sur le portail service-public.fr.
Appel à volontaires pour le vote par internet Français de l’étranger
Cette nouvelle solution de vote par internet permettra à l’électeur de s’authentifier directement grâce à l’identité numérique certifiée, sans passer par la procédure habituelle qui nécessite un identifiant reçu par courriel et un mot de passe reçu par SMS. Ce sera ainsi beaucoup plus facile d’utilisation. Les électeurs qui détiennent une carte nationale d’identité électronique (CNIe) sont donc invités à faire certifier leur identité numérique auprès de leur consulat, afin de pouvoir tester ce nouveau dispositif.
Les électeurs ne disposant pas de carte nationale d’identité électronique (CNIe) ou d’identité numérique certifiée devront s’authentifier sur le portail de vote selon la procédure habituelle, en utilisant l’identifiant qu’ils recevront par courriel et le mot de passe qu’ils recevront par SMS. Les électeurs-testeurs ont jusqu’au 11 juillet 2025 pour se porter volontaires en se rapprochant de leur consulat de rattachement, par courriel. Je saisis cette occasion pour lancer un appel aux volontaires et les invite à se faire connaître de leur consulat pour participer à ce test. »
Lesfrancais.press : « Toutefois, pour réaliser ces déploiements, il faut un budget identifié mais la situation nationale et internationale contraint le gouvernement à chercher des économies. De nombreuses personnalités politiques représentant les Français établis hors de France ont indiqué qu’en 2025 les crédits liés aux Français de l’étranger étaient, déjà, en baisse. Comment préparez-vous le budget 2026 ? Quelles sont les demandes de Bercy ? »
Pauline Carmona : « Dans le contexte budgétaire difficile que nous connaissons, tous les ministères sont appelés à contribuer à l’effort collectif. Ainsi, les taux de base, qui servent au calcul des aides sociales, ont dû être revus à la baisse en 2025 par rapport à 2024, à hauteur de 5,5%, afin de respecter l’enveloppe allouée.
« Il ne faut pas perdre de vue que la France est le pays au monde offrant le plus de services à ses ressortissants de l’étranger »
Pauline Carmona, Directrice de la DFAE
Je précise toutefois que le niveau de soutien aux Français de l’étranger a pu être globalement préservé. Les moyens alloués à l’aide à la scolarité (bourses + AESH) sont en baisse mais ils permettront d’assurer l’accompagnement des familles avec une enveloppe pour les bourses scolaires correspondant au montant versé en 2024 à l’AEFE et une dotation en hausse pour l’accompagnement scolaire des élèves en situation de handicap afin de répondre aux besoins exprimés. Il ne faut pas perdre de vue que la France est le pays au monde offrant le plus de services à ses ressortissants de l’étranger.
Pour le budget 2026, nos priorités sont les suivantes :
Poursuivre les projets de modernisation, qui permettent de rendre un service public plus efficace et plus proche du citoyen. Un projet tel que Service France Consulaire permet aussi de décharger de la réponse téléphonique les équipes en consulat, qui peuvent ainsi consacrer davantage de temps à l’accueil et à l’accompagnement des usagers, au suivi des dossiers individuels, à la protection consulaire et aux urgences. Ce sont ces projets qui permettent au service public de se transformer et qui sont plébiscités par les usagers (plus de 90% d’avis favorables sur le délai d’attente et la qualité de la réponse) ;
Préparer les prochaines échéances électorales, à savoir les élections consulaires qui se tiendront en mai 2026, lors desquelles une nouvelle solution de vote par internet sera proposée, qui permettra à l’électeur de s’authentifier en utilisant l’identité numérique certifiée de niveau élevé) ;
Pauline Carmona à San Francisco
Maintenir le meilleur niveau de soutien en matière d’aide à la scolarité et d’aides sociales, en s’assurant qu’elles s’adressent à ceux de nos compatriotes qui en ont le plus besoin. Les services consulaires travaillent notamment avec des organismes locaux d’entraide et de solidarité (OLES) que le ministère subventionne, afin d’identifier nos compatriotes les plus vulnérables et assurer un suivi de proximité des situations personnelles.
Enfin, notre diplomatie féministeau service de nos ressortissants et ressortissantes est également une priorité du réseau consulaire. Où qu’elles soient dans le monde, les Françaises victimes de violences doivent pouvoir compter sur une protection efficace et immédiate. Nos postes consulaires sont en première ligne pour sécuriser les victimes, les orienter et les accompagner dans leurs démarches pour garantir un soutien adapté à chaque situation. Les contextes locaux, souvent complexes, allient différences juridiques, administratives et culturelles, ce qui accentue la vulnérabilité des victimes. C’est pourquoi les dispositifs d’assistance consulaire à nos ressortissantes à l’étranger ne cessent de se renforcer. La feuille de route que le Ministre a annoncée le 7 mars dernier, résultat d’une vaste concertation avec les institutions et professionnels concernés, ainsi qu’avec les élus et les associations, permet désormais de proposer à chaque victime des solutions concrètes adaptées à sa situation individuelle et d’assurer un continuum dans la prise en charge en cas de retour en France. »
Lesfrancais.press : « Cette situation budgétaire a-t-elle déjà un impact au quotidien dans les différents consulats ? Doit-on craindre de nouvelles fermetures ? »
Pauline Carmona : « Au niveau des consulats, nous avons au contraire mis en œuvre ces dernières années, conformément aux orientations du président de la République, un réarmement de nos postes sur le terrain : depuis 2023, le réseau consulaire à l’étranger a bénéficié de plus de 90 nouveaux postes de travail, dont 50 créations nettes. En administration centrale, pour la seule année 2025, 18 ETP ont été redéployés dont 8 gestionnaires au profit du Service France consulaire. Je rappellerai également que nous avons ouvert en 2024 trois nouveaux consulats généraux à Athènes, à Séville et à Melbourne. »
Retour en France et registre des Français établis à l’étranger
Lesfrancais.press : « En parallèle, les acteurs de la vie associative et citoyenne imaginent aussi des innovations comme la création d’un guichet unique pour centraliser les informations et les formalités nécessaires aux Français de l’étranger qui envisagent de rentrer en France. Ces derniers, après plusieurs années hors de France, se trouvent parfois désorientés face au nombre de démarches administratives à entreprendre. Soutenez-vous de telles initiatives ? »
Pauline Carmona : « Le retour en France est effectivement un sujet de préoccupation majeure pour de nombreux Français qui ont été expatriés plus ou moins longtemps ou qui, pour certains, n’ont même jamais vécu en France. L’ensemble des administrations concernées se sont penchées il y a quelque temps déjà sur cette problématique et ont travaillé conjointement à la mise en place d’un simulateur disponible sur le site service-public.fr, sous l’égide de la direction de l’information légale et administrative placée auprès du Premier ministre (DILA).
« Le retour en France est effectivement un sujet de préoccupation majeure pour de nombreux Français »
Pauline Carmona, Directrice de la DFAE
Cet outil permet, en fonction de sa situation, de bénéficier d’informations précises sur les démarches à effectuer au moment de son départ ou de son arrivée en France. Une évaluation faite par la Direction Interministérielle de la Transformation Publique auprès des usagers a permis de confirmer l’utilité de ce simulateur, avec 86% des répondants qui indiquent que cette fiche les a aidés efficacement à préparer leur retour. La DFAE a contribué en particulier à l’élaboration des 3 fiches « moments de vie » intitulées « Je pars vivre à l’étranger », « Je vis à l’étranger » et « Je rentre en France après avoir vécu à l’étranger », fiches qui sont évolutives afin de les perfectionner en fonction des retours qui sont faits.
Enfin, la DFAE entretient un dialogue permanent avec les autres administrations, pour qu’elles puissent prendre en compte les situations particulières des Français de l’étranger dans leurs démarches. A titre d’exemple, je citerai le travail initié au printemps de mise aux normes des formulaires CERFA. Sensibilisée par l’assemblée des Français de l’étranger et sur la base d’un travail de grande qualité des élus, la DFAE a lancé un chantier visant à la refonte des formulaires CERFA utilisées par les Français de l’étranger avec l’aide de la Direction Interministérielle de la Transformation Publique. Nous avons bon espoir que ce travail de réécriture aboutisse avant la fin de l’année, pour enfin permettre à nos compatriotes de l’étranger d’utiliser ces formulaires sans entrave dans leurs démarches avec les administrations. »
Lesfrancais.press : « Enfin pour conclure, nous voulions rappeler que pour adapter les services de la DFAE aux besoins de nos ressortissants vivant à l’étranger, il est essentiel de disposer d’une estimation précise de leur nombre. Or, cette donnée fait actuellement défaut ; l’estimation est portée à 3.000.000 mais aucun chiffre global n’est officiel. Pauline Carmona, pourriez-vous alors rappeler à nos lectrices et lecteurs quels sont les avantages à être inscrit au registre des Français établis de France ? »
Pauline Carmona : « Comme vous le savez, on compte officiellement 1,7 million de Françaises et Français inscrits au Registre des Français établis hors de France. Ce chiffre ne reflète en effet pas tout à fait la réalité de la situation, puisque l’inscription au Registre n’est pas obligatoire mais seulement recommandée, dès que le séjour dépasse 6 mois. Nombre de Français – on estime à plus de 3 millions le nombre de résidents total – résident à l’étranger sans être inscrits, que ce soit par négligence ou par méconnaissance de la démarche.
« L’inscription au registre n’est pas encore un réflexe pour l’ensemble de nos concitoyens résidant à l’étranger, malgré les avantages que cette démarche procure »
Armand Meimand, président du conseil consulaire, Français d’Iran
Malgré les nombreuses campagnes de communication que nous conduisons et les messages rappelés régulièrement par les consulats, force est de constater que l’inscription au registre n’est pas encore un réflexe pour l’ensemble de nos concitoyens résidant à l’étranger, malgré les avantages que cette démarche procure :
Tout d’abord, l’inscription est obligatoire pour pouvoir bénéficier d’un certain nombre de services, comme la réception à domicile du passeport, active dans 28 pays aujourd’hui, ou la possibilité de bénéficier d’aides sociales ou de bourses scolaires pour ses enfants, en fonction de sa situation financière ;
Par ailleurs, elle facilite le retour en France, vous en parliez, car le certificat de radiation du registre permet de justifier de sa résidence à l’étranger auprès des douanes et des autres administrations ;
Pour les mineurs, l’inscription au registre vaut recensement automatique et permet également de bénéficier de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) si le consulat l’organise, ou si ce n’est pas le cas, de bénéficier d’une attestation de report permettant de participer aux examens nationaux ou de passer le permis de conduire par exemple ;
Etre inscrit au Registre permet également de recevoir les messages et les consignes du consulat sur des questions diverses, comme les démarches administratives ou les élections, ou encore sur l’évolution de la situation ou de la règlementation locales dans le pays de résidence qui intéressent nos compatriotes ;
Enfin, et c’est peut-être le plus important au regard de l’instabilité internationale que nous connaissons, l’inscription au registre permet au consulat d’être informé de votre présence dans le pays. Cela est essentiel pour bien calibrer notre dispositif à l’étranger, mais aussi indispensable, en cas de crise notamment, pour s’assurer de la sécurité de l’ensemble de nos compatriotes, pouvoir les joindre et diffuser les éventuelles consignes de sécurité mais aussi pour organiser correctement un rapatriement de nos ressortissants par les services consulaires quand cela est nécessaire.
J’invite donc tous nos compatriotes qui n’auraient pas encore finalisé leur inscription au registre à se rendre sur le site service-public.fr pour effectuer cette démarche simple et gratuite, directement depuis chez eux. En cas de difficulté, des tutoriels vidéo ont été mis en ligne pour accompagner les usagers dans cette démarche. »
Depuis plusieurs années, les retraités français qui veulent s’expatrier hésitent entre le Maroc, le Portugal et la lointaine Thaïlande. Depuis les années 80, la royaume du Siam a attiré pour les pensionnés occidentaux à la recherche d’un cadre de vie agréable et plus abordable que les côtes européennes. Ainsi le « pays du sourire, avec ses plages de sable blanc, sa cuisine qui est l’équivalent de la gastronomie française en Asie et sa population réputée accueillante, accueille plus de 1000 retraités français. Mais entre une fiscalité, pas toujours respectueuse des conventions internationales, et une nouvelle politique de visas, l’accès au pays se complexifie. On vous explique tout.
Visa LTR et assurance-santé pour les autres
Depuis 2023, la Thaïlande a modifié ses critères pour l’établissement d’un visa dit de résident de long terme (LTR). Ce nouveau programme cible explicitement les citoyens fortunés du monde. Les nouveaux critères imposent de démontrer la fiscalisation d’un revenu annuel d’au moins 80 000 dollars sur les deux dernières années, et un patrimoine d’un million de dollars. De fait, ce dernier critère exclut de fait de nombreux candidats à l’immigration.
A ces conditions s’ajoutent des exigences en matière d’assurance santé pour les visas de retraite traditionnels. Elles ont été renforcées à la suite de la pandémie de Covid-19. Des rumeurs courent sur une possible augmentation des seuils financiers requis, à ce jour, la CFE est qualifiée pour répondre aux critères thaïlandais.
visa dit de résident de long terme (LTR)
Une fiscalité désavantageuse pour les retraités pauvres
Pour des raisons économiques, la Thaïlande a longtemps cherché à attirer ces retraités occidentaux, notamment grâce à ce visa spécial, mais aussi des conditions fiscales avantageuses. Mais les règles ont changé depuis quelques mois.
Alors que longtemps, les pensionnés ont pu bénéficier d’une exonération dans le pays qui verse la retraite et en Thaïlande, il faut désormais investir au moins 250 000 euros pour bénéficier de ce régime. Pour rappel, la réforme fiscale élaborée par le gouvernement thaïlandais prévoit qu’à partir du 1er janvier 2024, les personnes étrangères résidentes, c’est-à-dire celles qui séjournent au moins 180 jours par an en Thaïlande, devront désormais payer des impôts sur les revenus étrangers transférés dans le pays.
Par exemple, une personne retraitée française, célibataire et sans enfants à charge, qui gagnerait la rente de vieillesse maximale de l’APSA de 1035 euros par mois, serait exonérée d’impôts sur le revenu en France. En Thaïlande, elle sera faiblement taxée mais le sera tout de même. L’écart s’intensifie au plus les revenus sont importants, cependant le plafond maximal de 35% est réservé aux très hauts revenus.
Illustration investissement en Thaïlande
Et si vous avez investi le montant exigé alors vous serez exempté(e) d’imposition thaïlandaise. En effet, le royaume du Siam a prévu d’exempter certaines catégories de retraitées et retraités étrangers, notamment celles et ceux qui disposent d’un visa LTR («longterm visa»), valable dix ans. Pour l’obtenir, il faut bénéficiaire d’une pension d’au moins 80’000 dollars par an, ou 40’000 dollars annuels et investir 250’000 dollars en Thaïlande, dans l’immobilier par exemple.
Le rapport 2025 sur la situation et les perspectives des finances publiques de la Cour des comptes souligne une fois de plus que la trajectoire des comptes publics est préoccupante et que des mesures de correction doivent être rapidement prises pour éviter un emballement de la dette publique. Les magistrats de la rue Cambon estiment que les prévisions de croissance sont optimistes, ce qui pourrait compliquer le respect de la trajectoire budgétaire décidée par le gouvernement. Ils pointent également des évaluations peu réalistes des dépenses et des recettes. Malgré l’absence de choc économique majeur, le déficit public a augmenté en France, alors qu’il baissait chez ses partenaires européens. La France est le seul pays dans cette situation, incapable de maîtriser sa dette publique.
Le besoin de financement de l’ensemble des administrations publiques s’est élevé à 169,6 milliards d’euros en 2024, soit 5,8 points de PIB, contre 5,4 en 2023 et 4,7 en 2022. Parmi les cinq autres principales économies de la zone euro, seule la Belgique affiche un déficit encore éloigné de l’objectif de 3 % du PIB, celui-ci restant toutefois inférieur de 1,3 point à celui de la France.
La dépense publique a augmenté en 2024 deux fois plus vite que la croissance économique.
La dérive du déficit public en 2024 est imputable aux collectivités locales et aux régimes sociaux. L’an dernier, le besoin de financement des collectivités territoriales a atteint 11,4 milliards d’euros, soit 0,4 % du PIB. Selon la loi de programmation budgétaire, les collectivités locales étaient censées contribuer au redressement. La dépense publique, hors charge de la dette et hors mesures exceptionnelles, a augmenté en 2024 de 2,7 % en volume, soit deux fois plus vite que la croissance économique. Elle a contribué à hauteur de 0,8 point de PIB à l’augmentation du déficit.
Les dépenses des administrations locales ont progressé de 2,7 % en volume, et celles des administrations de sécurité sociale de 3,3 %. Les seules prestations sociales ont augmenté de 4 %, en raison notamment de la revalorisation différée des pensions de retraite. La charge de la dette a également augmenté sous l’effet du déficit 2023 et du refinancement progressif de l’encours à des taux plus élevés, contribuant à creuser le déficit de 0,2 point de PIB. Ce service de la dette devrait passer de 60 à 100 milliards d’euros d’ici la fin de la décennie.
Les prélèvements obligatoires sont peu dynamiques depuis plusieurs années. Ils progressent moins vite que le PIB, en raison notamment de la baisse des droits de mutation liée au recul des transactions immobilières et de l’atonie de la consommation. Le manque à gagner par rapport aux prévisions initiales a entraîné une majoration du déficit public de 0,4 point de PIB.
Pour compenser la stagnation des recettes, le gouvernement a été contraint d’augmenter les impôts. Certaines hausses prévues pour 2025 sont censées être temporaires, mais la Cour des comptes doute de la capacité des pouvoirs publics à les remettre en cause. Le retour du déficit public sous les 3 points de PIB en 2029, tel que la France s’y est engagée, ne suffira pas à garantir la soutenabilité de la dette. La Cour des comptes souligne que les pouvoirs publics devront dégager un solde primaire (c’est-à-dire avant paiement des intérêts de la dette) positif de 1,1 point de PIB de manière durable, alors qu’il est aujourd’hui négatif de 3,7 points.
Un effort de 105 milliards d’euros à l’horizon 2029 pour ramener le déficit sous le seuil des 3 %
En cas de persistance d’un déficit primaire, la dette publique continuera de dériver, pouvant à terme poser un problème de soutenabilité. Cette dette pourrait dépasser 120 % du PIB en 2029, contre 113 % fin 2024. La trajectoire pluriannuelle publiée en avril 2025 suppose un effort de 105 milliards d’euros à l’horizon 2029 pour ramener le déficit sous le seuil des 3 % du PIB, alors même que certaines dépenses (santé, retraites, défense) sont appelées à augmenter. La Cour des comptes s’inquiète des retards pris dans cet ajustement et de la timidité des mesures annoncées. Elle suggère l’instauration d’un mécanisme contraignant à l’encontre des collectivités locales.
Le Portugal, l’Espagne et la Grèce ont réussi à redresser leurs comptes grâce au retour de la croissance.
Le rapport 2025 s’inscrit dans la continuité des précédents, mais adopte un ton plus alarmiste. Le président de la Cour, Pierre Moscovici, appelle à l’adoption de mesures courageuses.
Ce rapport ignore toutefois les effets négatifs qu’un ajustement budgétaire pourrait avoir sur la croissance. Il ne retient pas l’idée qu’un surcroît d’activité économique est nécessaire pour améliorer durablement les finances publiques. Le Portugal, l’Espagne et la Grèce ont réussi à redresser leurs comptes notamment grâce au retour de la croissance. Une stratégie d’attrition budgétaire, reposant sur des hausses d’impôts et des économies, risque de s’avérer malthusienne.