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  • Gabriel Richard-Molard – FFDE PS: « Faire vivre un pacte social, écologique et humain »

    Gabriel Richard-Molard – FFDE PS: « Faire vivre un pacte social, écologique et humain »

    Élu récemment premier secrétaire fédéral de la Fédération des Français de l’étranger pour le Parti socialiste, Gabriel Richard-Molard nous a accordé sa première interview. Dans celle-ci, il trace les grandes lignes de son mandat et revient sur les enjeux politiques pour les Français établis hors de France. Expatrié à Bruxelles, le docteur en droit européen franco-allemand et collaborateur d’un eurodéputé SPD. Il défend une ligne de gauche unitaire, réaliste et tournée vers l’international. Son objectif : « Faire vivre un pacte social, écologique et humain ». Une fédération du parti socialiste au service des expatriés

    Dès l’ouverture de l’entretien, Gabriel Richard-Molard rectifie une idée reçue :
    « La FFE (Fédération des Français de l’étranger du Parti socialiste) n’est pas basée à Bruxelles. Nous ne sommes pas des jacobins politiques. Notre essence, c’est l’international.»

    Depuis sa création en 1983, la fédération a pour mission de représenter les Français de l’étranger, en s’adaptant aux contextes locaux et aux mutations géopolitiques. Il insiste sur la nécessité d’une action politique fondée sur la réalité du terrain :
    « La politique commence avec la considération de la réalité. C’est cette approche que nous valorisons au Parti socialiste.»

    Écouter le podcast avec Gabriel Richard-Molard

    Gabriel Richard-Molard au congrès du PS le 14 juin 2025
    Gabriel Richard-Molard au congrès du PS le 14 juin 2025

    Une gauche en reconstruction à l’étranger

    Dans un contexte post-élections européennes et suite à la dissolution de l’Assemblée, Gabriel Richard-Molard revendique le positionnement du PS comme acteur central à gauche. « Nous sommes devenus une alternative sociale, écologique, sérieuse pour tous les Français.»

    Ainsi, La FFE, forte d’une cinquantaine de sections, veut élargir sa base militante et se fixer des objectifs clairs pour les élections consulaires et sénatoriales de 2025 : « Un objectif atteignable est de pouvoir présenter une liste dans les 135 circonscriptions consulaires.»

    L’union de la gauche : entre responsabilité et clarté

    Sur la délicate question de l’alliance avec LFI, souvent critiquée chez les Français de l’étranger, Gabriel Richard-Molard appelle à dépasser les clivages stériles : « Pour arriver au pouvoir, il faut le faire ensemble. C’est un principe de responsabilité.»

    S’il reconnaît des tensions, il défend une union raisonnée : « La volonté de la nouvelle direction du parti, c’est celle de faire une gauche de Ruffin à Glucksmann.» Face aux accusations visant LFI, il nuance : « Que certains éléments aient eu une expression avec des relais antisémites, oui. Que cela ait été monté en épingle pour mettre la gauche sur la sellette, c’est également notre sentiment.»

    Gabriel Richard-Molard avec l'équipe de la fédération FFE et le sénateur Yan Chantrel le 15 juin au Congrés du PS
    Gabriel Richard-Molard avec l’équipe de la fédération FFE et le sénateur Yan Chantrel le 15 juin au Congrés du PS

    Défendre les Français de l’étranger dans la loi à venir

    Un projet de loi sur les Français de l’étranger est attendu à l’automne. Gabriel Richard-Molard évoque trois priorités :

    1. « Une véritable caisse de solidarité avec une contribution de l’État.»
    2. « L’arrêt de la privatisation du réseau denseignement français à l’étranger.»
    3. « L’élargissement des critères des bourses scolaires.»

    Le PS, selon lui, reste mobilisé à travers ses élus et ses sections : « Nous avons obtenu deux postes au sein du secrétariat national du PS. C’est remarquable et cela montre l’importance accordée à notre fédération.»

    Un 14 juillet tourné vers l’avenir

    À l’approche de la fête nationale, Gabriel Richard-Molard délivre un message mobilisateur :
    « Ces prédécesseurs avaient très bien compris qu’ils étaient individuellement la France et que leur action, modeste ou importante, avait un impact.»

    Dans un monde fracturé, il appelle à renouer avec l’engagement citoyen : « Il n’y a pas d’alternative en démocratie. Refuser d’améliorer la politique, c’est aller à l’encontre de ses propres intérêts.» Et de conclure : « Nous avons des idées, des valeurs à partager avec toutes et tous, pour un nouveau pacte social, écologique, humain. »

  • Petit bilan de fin de saison 2024/2025

    Petit bilan de fin de saison 2024/2025

    Quelle histoire ! Ou plutôt que d’histoires ! Si l’on se rapporte à l’été dernier, l’actualité fut celle d’une machine à laver ou encore un feu d’artifice parfois meurtrier. Regarder les articles les plus lus dans Lesfrancais.press au cours de la saison 2024/2025 permet de voir comment le monde a changé et à quel point il est resté le même. 

    Politique : le canal préféré de vos élus

    L’an dernier, vous étiez plus de 300.000 à lire la « Lettre de Macron aux Français de l’étranger » et son interview exclusive, publiée par nos soins,  à l’instar de tous les journaux de « province ». Nous étions dans la campagne législative. À rebours de l’hexagone, les Français de l’étranger se sont prononcés largement pour des députés macronistes (11 sur 12). À l’échelle du pays, une défaite pour le camp présidentiel, mais une victoire pour personne. Voilà pourquoi vous avez été plus nombreux encore à lire « Démocratie cherche gouvernement », un édito de votre serviteur, qui annonçait cette année blanche, avec trois gouvernements, et une action politique limitée aux coups de com sans lendemain.

    lettre-macron

    Vivre ensemble mais en étant loin

    Heureusement, il y eut les Jeux olympiques, avec le rayonnement exceptionnel de Paris, que vous avez suivi sur Lesfrancais.press plus encore que l’actualité politique. La consultation sur « l’influence française dans le monde » a été celle qui a recueilli le plus de réponses.

    La vie des Français de l’étranger

    Les sujets qui vous concernent sont aussi très pratiques : celui l’évasion fiscale par exemple. L’interview de Karim Ben Cheïkh : « Il faut trouver la parade efficace à l’évasion fiscale »  vous a ravi, ou inquiété. Les bourses scolaires et les subventions aux associations vous concernent directement, comme en témoigne le   Lancement de la campagne STAFE 2025. Et les témoignages sur la vie d’expat vous touchent directement :  Lettre à la France : « Anne Henry, nomade enracinée »

    Merci à vous !

    Voilà quels furent les articles publiés par Lesfrancais.press qui ont dépassé la centaine de milliers de lecteurs ; avec un must, celui d’une question simple; Êtes-vous heureux ? (360.000 lecteurs ont cherché une réponse.

    Ce temps de non-gouvernement, de guerres, de tensions géopolitiques, de retour du protectionnisme inquiète. Alors des interrogations très pratiques taraudent les Français de l’étranger, qui se tournent logiquement vers les autorités consulaires, qui sont le lien avec la France. Que se passerait-il si… ? Comment faire pour … ?

    Les Français de l’étranger suivent avec attention le projet de loi annoncé par Laurent de Saint-Martin Projet de loi St Martin aussi bien que la proposition de loi conjointe des députés Éléonore Caroit et Karim Ben Cheik sur les services proposés pour les Français de l’étranger.

    La question reste de savoir si le Parlement aura le temps de l’examiner avant que le gouvernement ne tombe. Voire qu’une nouvelle dissolution intervienne. Quoi qu’il arrive, des élections auront lieu en mai 2026, les élections consulaires. Les candidats se préparent, avec un regard sur les sénatoriales de septembre 2026 qui suivront.

    Peut-être les Français de l’étranger seront-ils plus attentifs encore aux projets de la nouvelle directrice des Français de l’étranger, Pauline Carmona, qui a annoncé beaucoup de projets utiles et innovants

    De tout cela, Lesfrancais.press vous informent.

    Vous êtes de plus en plus nombreux à le savoir et à nous suivre. Vous êtes désormais 600.000 à vous être inscrits à notre lettre hebdomadaire. Le nombre de vues sur le site a explosé, (+44%), pour atteindre 35 millions.

    Hélas, comme ce succès d’audience ne se traduit pas dans les recettes. Nous sommes seulement soutenus par la publicité, qui dérange tant la lecture… mais bon…

    Nous préparons des outils nouveaux, des services nouveaux, comme nous l’avons fait en lançant France Pay, cette application bancaire digitale conçue pour les Français de l’étranger.

    Avec lesfrançais.press, nous préparons des informations plus ciblées, sur la politique et l’économie. À découvrir pour la prochaine saison, après le mercato organisé par notre rédacteur en chef, Fabien Ferasson de Quental, et son adjoint Jérémy Michel, qui ont réussi une belle saison avec leur équipe.

    La prochaine saison sera formidable, encore et toujours du nouveau, pour le meilleur et pour le pire.

  • Les sagas de l’été 2025 du petit écran 

    Les sagas de l’été 2025 du petit écran 

    Ceux qui ont grandi en France ou qui y vivaient dans les années 90 et 2000 se souviennent des fameuses sagas de l’été qui rythmaient les vacances. A cette époque, point de streaming ou de replay, la France suivait religieusement les aventures de leurs héros dans le poste qui trônait au cœur du salon. 25 ans plus tard, c’est le retour en force. Même si elles n’avaient pas totalement disparu, 2025 marque un tournant avec l’arrivée de Soleil noir sur Netflix qui se lance sur le créneau.

    Soleil Noir, sur Netflix

    Au total, Soleil Noir, c’est une série de 12 épisodes de 90 minutes. Autant vous dire que ce nouveau programme télévisé français va rythmer de la meilleure des façons votre été 2025. Il tombe à pic et pour cause, cette série est la digne héritière des plus belles sagas d’été des années 2000.

    Soleil Noir sur Netflix

    Dans Soleil Noir, on nous raconte l’histoire d’Aya, une mère de famille en fuite qui devient cueilleuse dans un immense et luxueux domaine en Provence. C’est l’occasion, pour elle, de se reconstruire une vie. Mais tout bascule le jour où le patriarche des lieux est assassiné. Aya est tout de suite suspectée. Elle se rend alors compte qu’elle est liée, bien malgré elle, à cette dynastie richissime quand elle apprend que ce dernier lui a justement légué le domaine… C’est donc inévitablement qu’elle va devoir faire face à la pression du reste des membres de la famille, parmi lesquelles la veuve.

    Tous les éléments sont réunis pour donner une intrigue de haute volée avec Soleil Noir. Impossible, en effet, de ne pas penser à ces sagas d’été qui ont fait les belles audiences de TF1, par exemple, dans les années 2000.

    Regardez la bande-annonce en français

    Sur TF1 : Tout pour la lumière

    On vous présente donc « Tout sur la lumière », le nouveau feuilleton de TF1, saga de l’été en 90 épisodes et premier partenariat de ce genre avec Netflix qui s’impose donc sur ce segment.

    Les trois premiers épisodes sont disponibles sur la plateforme de streaming depuis le 13 juin. Le premier a été diffusé ce lundi 16 juin à 18 heures sur TF1 et relayé sur TF1+, bien sûr. La visibilité est grande. Le pari est audacieux. Les moyens mis en œuvre sont sans précédent pour ce genre de programme. Reste à savoir si le produit en vaut la chandelle.

    Dans la veine de Fame, Glee et Un, Dos, Tres, Tout pour la lumière suit le quotidien d’une prestigieuse académie de chant et de danse dont chaque élève se donne corps et âme dans l’espoir de signer avec un gros label. Telle est du moins la promesse de l’institution. À ce détail près que Florence, la fondatrice et directrice du studio, chute gravement dans l’escalier le jour de la rentrée et plonge dans un coma dont nul ne sait quand et dans quel état elle en sortira.

    Tout pour la lumière sur TF1

    Elle a fait une overdose de morphine. Accident ? Tentative de meurtre ? Suicide ? À cet événement s’ajoute un incendie qui aurait bien pu tourner à la catastrophe et provoquer la fermeture définitive de l’école. Appelée par l’hôpital au chevet de sa mère, Victoria (Joy Esther), la fille de Florence, débarque après vingt ans d’absence et décide de jouer les intérims en attendant le retour de sa maman. Et tout s’enchaîne.

    D’un côté la vie des profs, chacun chez soi ou à l’école. De l’autre, celle des élèves, réunis dans une coloc’ 5 étoiles. Les deux groupes se croisent et s’entrecroisent au bar du coin et dans les salles de l’école, au gré d’un récit qui ne se démarque guère des feuilletons que l’on connaît déjà, de Plus belle la vie à Ici tout commence. Si ce n’est que les arches prennent ici racine dans l’univers de la musique et de la danse, façon Fame, en effet, mâtinée de «Star Academy», dont TF1 a le secret.

    Regardez la bande-annonce en français

    Séries en pagaille

    A côté de ces sagas, de nombreuses séries sont attendues cet été, comme Squid Game, Fondation ou Alien : Earth. 2025 est une année idéale pour les fans de SF.

    Squid Game – Saison 3 (Netflix)

    Alors que les fans ont pu découvrir la saison 2 en décembre dernier, voilà déjà qu’arrive la conclusion de cette production sud-coréenne qui demeure la série non-anglophone la plus populaire de l’histoire de la plateforme de streaming. La dernière saison de Squid Game est disponible sur Netflix depuis le 27 juin.

    Squid Game sur Netflix

    La troisième et dernière saison de Squid Game se concentre sur Gi-hun (Lee Jung-jae), anéanti par la perte de son meilleur ami et plongé dans un profond désespoir par le maître du jeu (Lee Byung-hun), qui avait dissimulé sa véritable identité pour infiltrer la partie. Alors que celle-ci passe à l’étape suivante et que les choix des survivants ont des conséquences de plus en plus graves à chaque épreuve, Gi-hun est déterminé à mettre un terme au jeu une bonne fois pour toutes.

    Regardez la bande-annonce en français

    Fondation – Saison 3 (Apple TV+)

    Inspiré des romans primés d’Isaac Asimov, la série Fondation relate l’histoire d’une bande d’exilés embarqués dans une quête extraordinaire : sauver l’humanité et reconstruire la civilisation alors que l’Empire Galactique se meurt.

    Fondation sur Apple TV+

    La saison 3 de cette ambitieuse série SF s’est fait attendre, son tournage ayant été victime des grèves hollywoodiennes de 2024 et de questionnement autour du budget conséquent de la série. Mais elle va finalement arriver sur Apple TV+ cet été avec des épisodes qui se déroulent 152 ans après les événements de la saison 2.

    À voir sur Apple TV+ et Canal+ à partir du 11 juillet.

    Regardez la bande-annonce en français

    Alien: Earth (Disney+)

    L’univers d’Alien s’étend sur le petit écran avec Alien: Earth, série imaginée par le créateur de Fargo, Noah Hawley. C’est aussi la première fois qu’une histoire de la franchise se déroule sur la Planète bleue, ce qui promet d’apporter une dimension nouvelle à cette saga SF lancée par Ridley Scott en 1979.La série est diffusée sur Disney+ à partir du 13 août.

    Alien : Earth sur Disney+

    L’histoire s’axe sur un mystérieux vaisseau spatial qui s’écrase sur la Terre. Une jeune femme et un groupe de soldats font une découverte terrifiante qui va les confronter à la plus grande menace pesant sur la planète. Alors que le groupe recherche des survivants dans l’épave du crash, il rencontre de mystérieuses formes de vie prédatrices plus menaçantes qu’il n’aurait pu l’imaginer. Avec cette nouvelle menace, l’équipe de recherche doit se battre pour survivre, mais ses décisions face à cette découverte pourraient bien changer la Terre.

    Regardez la bande-annonce en français

  • Stéphane Vojetta, déchu de son mandat, entre colère et incompréhension

    Stéphane Vojetta, déchu de son mandat, entre colère et incompréhension

    Le Conseil constitutionnel a prononcé, ce vendredi 11 juillet, l’inéligibilité pour un an de 3 députés dont Stéphane Vojetta, député de la 5e circonscription des Français de l’étranger (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco). En cause, des dépenses réglées avec un autre compte que celui destiné à la campagne, l’année dernière. Une décision violente, que l’élu conteste, dénonçant une situation kafkaïenne plus qu’un véritable manquement. Démissionné d’office pour 7 224 €, Stéphane Vojetta sera remplacé en septembre prochain lors d’un scrutin d’un coût d’1 M€.

    Ecouter le podcast avec Stéphane Vojetta

    « Je suis en colère »

    D’entrée de jeu, Stéphane Vojetta ne cache pas son émotion : « Je ne suis pas triste, je ne suis pas déçu, je ne suis pas déprimé, je suis en colère. » Il reproche au Conseil constitutionnel d’avoir sanctionné un non-respect purement formel de la loi électorale, alors même que « les dépenses et les recettes de campagne étaient totalement transparentes et connues. »

    La faute, selon lui, revient à la Banque Postale, qui aurait mis cinq semaines à ouvrir son compte de campagne. « Quand mon compte de campagne a été enfin ouvert […] la campagne était déjà finie. » Résultat : plus d’un tiers des dépenses (7 224 euros) ont été réglées directement par ses soins, en dehors du compte officiel, ce que la loi tolère partiellement, mais pas dans de telles proportions.

    conseil constitutionnel
    conseil constitutionnel

    Une loi inadaptée pour les Français de l’étranger ?

    Pour Vojetta, cette rigidité de la législation électorale est d’autant plus problématique qu’elle se heurte à la réalité logistique des candidats hors de France. Il insiste : « Tous les candidats, de toutes les étiquettes, nous l’ont dit. Il faut pouvoir engager des dépenses tout de suite, mais on a tous du mal à ouvrir des comptes. »

    Il rappelle que la loi exige un refus écrit d’une première banque avant de pouvoir en solliciter une autre. Or, la Banque Postale, dit-il, « nous a toujours dit que c’est bon, dans quelques jours, ça sera débloqué. » Une attente sans fin qui l’aurait placé dans une impasse juridique.

    Une décision sans recours… et sans réponse

    Le Conseil constitutionnel ayant statué, aucune voie de recours n’est possible. Pourtant, Vojetta reste amer : « Si vous décidez que je suis coupable, alors dites-moi ce que j’aurais dû faire. […] Un an après, je ne sais toujours pas ce que j’aurais pu faire de différent. » Il aurait plaidé sa bonne foi devant les sages, invoquant une maxime juridique : « À l’impossible, nul n’est tenu. »

    Télécharger la décision du Conseil constitutionnel


    Victimes collatérales : ses collaborateurs

    Au-delà de sa propre situation, l’ancien député se désole surtout pour ses collaborateurs, brutalement privés d’emploi et sans aucune protection sociale : « Ce sont peut-être eux qui me mettent le plus en colère. » Il dénonce un système qui, pour les assistants parlementaires en circonscription à l’étranger, « ne permet pas d’avoir un contrat de travail », les plaçant dans une précarité extrême en cas de rupture.

    Une décision politique ?

    Face à cette exclusion, certains s’interrogent sur une possible motivation politique. Vojetta, connu pour ses prises de position tranchées, tempère, mais reste lucide. 

    « J’ai sans aucun doute des ennemis puissants. […] Est-ce qu’ils ont eu un rôle dans cette décision ? Je n’en ai aucune idée. »

    Stéphane Vojetta, député de la 5e circonscription des Français de l’étranger

    Et maintenant ?

    Quant à son avenir, il n’écarte pas l’idée de soutenir un candidat aux élections partielles qui vont suivre, mais avec prudence : « Je verrai qui se présente. […] Si personne ne me paraît capable, je ne soutiendrai personne. »

    En attendant, il prépare la publication de l’intégralité des échanges avec la banque, pour permettre à chacun de juger. Et reste marqué par les soutiens reçus, notamment « de nombreux ministres et ex-ministres », ainsi que de députés, y compris d’opposition. Une solidarité qu’il oppose à « la moquerie systématique » de certains députés insoumis.

    Pour Stéphane Vojetta, l’essentiel est ailleurs : « Tout ce que je demande au système, c’est au moins d’aider mes collaborateurs. »

  • Droits des voyageurs : que faire en cas de retard ou d’annulation ?

    Droits des voyageurs : que faire en cas de retard ou d’annulation ?

    Les Français de l’étranger sont très nombreux à profiter de la période estivale pour rejoindre la France. Mais cette année, en plus des habituelles grèves, les incendies complexifient, un peu plus, les déplacements dans l’hexagone, entrainant des retards et des annulations tant en avion qu’en train. La bonne nouvelle, c’est que l’Union européenne vous garantit des droits en tant que voyageur. Alors quels sont-ils et comment pouvez-vous les faire valoir ? On fait le point pour les expatriés.

    Retard et annulation de vols

    Sauf circonstances extraordinaires (comme l’incendie qui a frappé Marseille), si les voyageurs en avion subissent un retard de plus de trois heures à l’arrivée, ils profitent des mêmes droits qu’en cas d’annulation, comme l’explique le ministère de l’Économie sur son site. Les voyageurs peuvent réclamer :

    · 250€ pour les vols de moins de 1500 km ;

    · 400€ pour les vols intracommunautaires ou les vols de 1500 à 3500 km ;

    · 600€ pour les autres vols de plus de 3500km.

    En cas de retard supérieur à cinq heures, les voyageurs sont en droit de se faire rembourser leur billet d’avion, et de demander la prise en charge du vol retour vers le point de départ initial, dans le cas d’un vol au départ d’une escale de correspondance.

    Et que se passe-t-il si le vol est carrément annulé ? Que le vol soit européen ou non, les voyageurs ont droit à un remboursement minimum du billet en cas d’annulation. Pour les vols européens, la compagnie aérienne doit :

    · Proposer soit un réacheminement sur un autre vol vers la destination finale dans des conditions de transport comparables, soit rembourser le billet dans un délai de sept jours ;

    · Verser une indemnité forfaitaire de 250€ pour les vols de moins de 1.500 km, 400€ pour les vols intracommunautaires ou les vols de 1.500 à 3.500 km, 600€ pour les autres vols de plus de 3.500 km.

    Enfin, en cas de surréservation, les compagnies aériennes doivent rechercher des volontaires qui acceptent de renoncer à leur réservation en échange de certaines prestations. Vous pouvez accepter, ou non, les conditions proposées par la compagnie. Si vous n’êtes pas volontaire ou que vous ne pouvez pas embarquer dans l’avion, et si la réglementation européenne s’applique, vous avez droit à une indemnisation entre 250 et 600€ en fonction de la distance du vol et des retards subis avant le réacheminement.

    Grève en juin France - AFP
    Grève en juin France – AFP

    Sur les rails, quelles sont les règles de dédommagement

    La SNCF est bien connue pour ses retards, un phénomène qui n’épargne pas non plus les compagnies ferroviaires privées qui commencent à se déployer cette année. Et pire, les annulations sont aussi possibles. Alors quels sont les règles sur les rails ?

    Le retard dédommagé dès 30 minutes

    Dans le cas d’un train TGV ou Intercités qui subit un retard d’au moins 30 minutes, les voyageurs bénéficient d’un remboursement indexé sur la durée du retard. Une fourchette de 30 à 59 minutes de retard équivaut à un avoir SNCF d’une valeur de 25% du prix du trajet, valable 12 mois. Un retard compris entre 1h et 2h est indemnisé à hauteur de 25% du prix du trajet. Entre 2h et 3h, le remboursement est cette fois d’une valeur de 50% du prix du trajet. Enfin, les retards supérieurs à 3h sont remboursés à hauteur de 75% du prix du billet. Mais si le mécanisme est simple, faut-il pouvoir y accéder. Car la SNCF nous complique bien la vie, il faut passer par des pages dédiées à la garantie 30 minutes de retard et qui sont différentes selon la marque de la SNCF avec laquelle vous avez circulée.

    Du côté de OuiGo, les voyageurs des trains dont les retards excèdent 60 minutes ont eux aussi la possibilité de demander une indemnisation, cette fois encore en bon d’achat. Pour les compagnies privées comme Trenitalia  sur Paris, Lyon, Marseille, il faut regarder les conditions générales de vente sur leur site, toutes ont des programmes similaires.

    Gare SNCF à Paris © SNCF
    Gare SNCF à Paris © SNCF

    Annulé, remboursé

    Selon l’AQST (Autorité de la Qualité de Service dans les Transports), un train est considéré comme annulé s’il est déprogrammé par la compagnie ferroviaire, mis en place au départ sans quitter le quai, ou encore si après avoir quitté la gare, le train doit stopper sa course et faire demi-tour.

    Dans le cas d’une annulation, c’est votre billet (qu’il soit papier ou électronique) qui fait office de “contrat de transport” avec la compagnie ferroviaire et qui détermine vos droits. Ainsi, les voyageurs dont le train a été annulé peuvent demander le remboursement du transport non effectué et le retour gratuit au lieu de départ, si l’annulation intervient en cours de voyage.

    Du côté de la société ferroviaire low-cost OuiGo, les conditions sont légèrement différentes. En cas d’annulation, les voyageurs d’un train OuiGo ont le choix entre renoncer au voyage et demander le remboursement du prix du transport correspondant au voyage, ou un réacheminement vers la destination finale dans des conditions de transport comparables, dans les meilleurs délais ou à une date ultérieure, à leur convenance. Pour la première option, le remboursement se fait sous la forme d’un bon d’achat, envoyé à l’adresse électronique saisie lors de la commande, dans un délai maximum de 15 jours.

  • Emmanuel Macron à Londres : une nouvelle ère franco-britannique ?

    Emmanuel Macron à Londres : une nouvelle ère franco-britannique ?

    Depuis plusieurs années, les relations entre la France et le Royaume-Uni ont été marquées par des périodes de tension, notamment à la suite du Brexit. Cependant, un élan nouveau semble aujourd’hui souffler de part et d’autre de la Manche ; avec une volonté commune de réinventer le partenariat franco-britannique. C’est dans cet esprit qu’a pu s’organiser la visite d’État du président Emmanuel Macron à Londres. Si plusieurs initiatives ont été mises en avant afin de resserrer les liens historiques et stratégiques entre les deux pays, c’est bien le retour de l’Entente cordiale qui se trouvait en filigranes de ce déplacement. Lesfrancais.press a pu suivre ce déplacement présidentiel.

    Vers des nouvelles relations France – Royaume-Uni ?

    C’est ainsi que le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont été accueillis mardi avec faste par le roi Charles III et la reine Camilla, donnant le coup d’envoi d’une visite d’État de trois jours placée sous le signe du renouveau des relations franco-britanniques.

    Les honneurs militaires ont alors débuté dès l’arrivée du couple présidentiel à la base aérienne de Northolt, à l’ouest de Londres, où les attendaient le prince et la princesse de Galles. Le cortège s’est ensuite dirigé vers le château de Windsor pour une cérémonie solennelle, prélude d’une séquence hautement symbolique : Emmanuel Macron devait prendre la parole au cœur même de la démocratie parlementaire britannique.

    Une relation franco-britannique en reconstruction

    S’exprimer à Westminster, c’est fouler un sol chargé d’histoire, s’inscrire dans une tradition séculaire où très peu de chefs d’État étrangers ont eu le privilège de s’exprimer. Soixante-cinq ans après le discours fondateur du général de Gaulle, le président français a choisi, lui aussi, d’élever la voix pour raviver une flamme. Au cours de son allocution, il a défendu l’idéal d’une Europe forte, démocratique et solidaire, tout en appelant à une relation franco-britannique « réinventée, sans nostalgie, mais avec ambition ».

    C’est aussi le souhait exprimé par une des opposantes au Président, Charlotte Minvielle Co-Secrétaire des Écologistes au Royaume-Uni. La candidate aux législatives de 2024 indique que « Le rapprochement entre la France et le Royaume-Uni après le Brexit est un signal positif, mais il doit s’accompagner de mesures concrètes, notamment pour faciliter la mobilité et garantir les droits des Européens ».

    Le président Emmanuel Macron arrive à Downing Street ce matin pour le sommet franco-britannique. Il est accueilli par le premier ministre Keir Starmer.
    Le président Emmanuel Macron arrive à Downing Street ce matin pour le sommet franco-britannique. Il est accueilli par le premier ministre Keir Starmer.
    Le couple Macron sortant de Downing Street mercredi.
    Le couple Macron sortant de Downing Street mercredi.
    Les Starmer et le couple Macron sortant de Downing Street mercredi.
    Les Starmer et le couple Macron sortant de Downing Street mercredi.

    Au cœur des discussions avec le Premier ministre Keir Starmer : le dossier sensible de l’immigration clandestine, notamment les traversées de la Manche à bord d’embarcations de fortune. Downing Street a rappelé que la coopération franco-britannique était « essentielle pour affronter ce défi commun ». Si les divergences d’approche subsistent, une volonté politique nouvelle souffle des deux côtés du Channel.

    Ainsi, Paris envisage pour la première fois un ajustement de sa doctrine maritime, jusque-là rigide, à condition de garanties juridiques solides. L’idée d’un mécanisme de dissuasion, sur le modèle d’un échange « un pour un » — renvoi vers la France contre accueil en retour de demandeurs d’asile — est évoquée, même si ses contours restent flous. « Nous devons aller plus loin, avec des solutions innovantes pour briser le modèle économique des passeurs », affirme un communiqué conjoint.

    Du côté des Écologistes français, la réaction à cette ambition est ma suivante : « Sur la politique migratoire, il est temps de rompre avec les logiques répressives et de créer des voies sûres et un accueil digne ». Charlotte Minvielle ajoutant également : « sur la Palestine, les déclarations du président Macron manquent de cohérence : il peut agir pour reconnaître un État palestinien mais choisit de ne pas le faire. »

    Au cours de son discours, et dans un anglais précis, teinté d’un humour tout français, Emmanuel Macron a raillé « l’amour ambigu des Français pour la monarchie, à condition qu’elle ne soit pas chez eux », déclenchant les rires des parlementaires. Mais très vite, le ton s’est fait grave. Le président a plaidé pour un cessez-le-feu immédiat à Gaza, réaffirmé un soutien indéfectible à l’Ukraine et souligné l’urgence de défendre le multilatéralisme face aux vents mauvais du temps.

    Une émotion partagée

    De la solennité à l’émotion, il n’y a eu qu’un pas. Le recueillement du couple présidentiel devant les statues de Churchill et de De Gaulle, dans le quartier de Westminster, a cristallisé cette mémoire partagée, faite de luttes communes, de respect mutuel et de grandeur passée.

    Recueillement du couple présidentiel devant les statues de Churchill et de De Gaulle, dans le quartier de Westminster.
    Recueillement du couple présidentiel devant les statues de Churchill et de De Gaulle, dans le quartier de Westminster.
    Recueillement des Starmer devant les statues de Churchill et de De Gaulle, dans le quartier de Westminster
    Recueillement des Starmer devant les statues de Churchill et de De Gaulle, dans le quartier de Westminster
    Le président Emmanuel Macron et Keir Starmer lors du recueillement du couple présidentiel devant les statues de Churchill et de De Gaulle, dans le quartier de Westminster
    Le président Emmanuel Macron et Keir Starmer lors du recueillement du couple présidentiel devant les statues de Churchill et de De Gaulle, dans le quartier de Westminster

    Pour Patricia Connell, présidente du Conseil consulaire à Londres, elle y voit « un tournant majeur » : la dernière visite d’État d’un président français au Royaume-Uni remonte à 2008. « C’est la première depuis le Brexit, ce n’est pas un hasard », souligne-t-elle.

    Une communauté française oubliée ?

    Mais tout n’a pas été harmonieux. La communauté française installée outre-Manche regrette de ne pas avoir été associée à cette séquence diplomatique. Le député Vincent Caure a exprimé une certaine déception : « J’aurais aimé une grande rencontre avec les Français du Royaume-Uni. Mais je comprends que l’agenda ait privilégié les enjeux stratégiques. »

    « J’aurais aimé une grande rencontre avec les Français du Royaume-Uni. Mais je comprends que l’agenda ait privilégié les enjeux stratégiques »

    Vincent Caure, député des Français d’Europe du Nord

    Toutefois, l’association CIPL, regroupant des parents d’élèves du Lycée français Charles-de-Gaulle à Londres, a profité de l’occasion pour alerter le chef de l’Etat sur les effets de la TVA britannique sur les écoles privées, un sujet très concret qui touche directement les familles expatriées.

    Un « National Trust à la française »

    Parmi les annonces culturelles, la ministre Rachida Dati a dévoilé un projet structurant : la création d’un « National Trust à la française », inspiré du modèle britannique. Ce nouvel organisme, à but non lucratif, viserait à préserver les 45 000 monuments historiques français grâce à un modèle de financement autonome et de bénévolat. Un protocole a été signé avec les institutions patrimoniales britanniques, scellant une coopération culturelle inédite.

    Défense, IA : une alliance d’avenir

    Sur le plan stratégique, les ministres de la Défense, Sébastien Lecornu et John Healey, ont évoqué une actualisation des accords de Lancaster House, socle de la coopération militaire franco-britannique. Objectif : mieux faire face aux menaces hybrides, du Donbass à la mer Rouge.

    Le Prince et la Princesse de Galles avec les ministres Rachida Dati et Sébastien Lecornu dans la 3e carrosse à Windsor le 8 juillet 2025
    Le Prince et la Princesse de Galles avec les ministres Rachida Dati et Sébastien Lecornu dans la 3e carrosse à Windsor le 8 juillet 2025
    Le président Emmanuel Macron et le Roi Charles en carrosse à Windsor
    Le président Emmanuel Macron et le Roi Charles en carrosse à Windsor
    Le couple Macron, le Lord Mayor de la City de Londres et le duc et la duchesse de Gloucester mercredi soir à Guildhall.
    Le couple Macron, le Lord Mayor de la City de Londres et le duc et la duchesse de Gloucester mercredi soir à Guildhall.
    La Reine Camilla et Brigitte Macron dans la 2e carosse à Windsor le 8 juillet 2025
    La Reine Camilla et Brigitte Macron dans la 2e carosse à Windsor le 8 juillet 2025

    Côté innovation, Emmanuel Macron a insisté sur l’urgence d’unir les forces dans le domaine de l’intelligence artificielle. Lors d’un échange à l’Imperial College de Londres, il a reconnu : « L’Europe est en retard. Mais si deux pays peuvent combler cet écart, ce sont la France et le Royaume-Uni. » Un laboratoire commun avec le CNRS et plusieurs accords de recherche ont ainsi été signés dans cette optique.

    Banquet à la City, clin d’œil européen

    Le banquet organisé mercredi soir à Guildhall, en présence du gratin financier londonien, a donné à Emmanuel Macron l’occasion d’exprimer une vision plus audacieuse encore.

    « L’avenir ne s’écrit pas dans la nostalgie, mais dans l’ouverture »

    Emmanuel Macron, président de la République française

    Évoquant le Brexit comme une page tournée, il a tendu une perche à peine voilée : « L’avenir ne s’écrit pas dans la nostalgie, mais dans l’ouverture. » Le maire de la City a lui aussi plaidé pour un renforcement des liens économiques entre les deux capitales.

    Royaume-Uni – France : une saison culturelle bilatérale

    Clin d’œil historique, l’un des joyaux du patrimoine français s’apprête à faire le voyage inverse : la tapisserie de Bayeux sera exceptionnellement exposée au British Museum entre 2026 et 2027. En échange, des trésors du site de Sutton Hoo traverseront la Manche pour rejoindre la France. Le millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant servira aussi de toile de fond à une vaste saison culturelle bilatérale.

    Une nouvelle entente cordiale ?

    Jeudi 10 juillet, le 37e sommet franco-britannique marquera le point culminant de cette visite d’État. Aux côtés de Keir Starmer, Emmanuel Macron y retrouvera plusieurs partenaires européens, dont Volodymyr Zelensky, Friedrich Merz et Giorgia Meloni. Défense, économie, intelligence artificielle, climat, migrations : les dossiers sont nombreux, les attentes élevées.

    Mais au-delà des mots, des poignées de main et des sourires, c’est un changement de ton qui s’est imposé. Une volonté commune de dépasser les crispations post-Brexit, de bâtir une relation moins défensive, plus confiante, tournée vers l’action. Comme si l’histoire, lassée des faux départs, offrait aux deux nations une page blanche — à remplir non de promesses, mais de projets.

  • Bourses scolaires AEFE 2025 : chiffres clés et retours d’expérience

    Bourses scolaires AEFE 2025 : chiffres clés et retours d’expérience

    Au sein du réseau de l’AEFE, la scolarité est payante. Les frais d’écolage augmentent d’ailleurs quasiment chaque année. Cependant, il existe un système pour aider les familles françaises dans le financement de l’école de leurs enfants. Après un processus d’étude des dossiers, c’est la Commission nationale des bourses scolaires (CNB) qui statue sur chaque demande. Celle-ci a eu lieu il y a quelques jours. Chiffres clés et témoignages.

    Bourses scolaires : un système d’aides pour les familles françaises

    En 2024, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) regroupe, sous différents statuts, 600 établissements homologués répartis dans 138 pays, accueillant plus de 398 000 élèves, dont 30 % sont de nationalité française.

    C’est à ces derniers que s’adresse le système de bourses scolaires. Bien entendu, tous ne peuvent en bénéficier : l’attribution des aides est soumise à plusieurs critères précis. Ceux-ci font d’ailleurs actuellement l’objet de débats dans le cadre des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger, qui se poursuivent jusqu’en octobre 2025. Si vous souhaitez proposer des évolutions pour ce dispositif, il vous est d’ailleurs possible d’apporter votre contribution en ligne en cliquant ici

    Scolaide par l'AEFE
    Scolaide par l’AEFE

    Cette année une nouvelle plateforme digitale avait été mise en place pour aider les familles à déposer leur demande de bourses scolaires. Mais cet espace numérique, appelé Scolaide, a connu quelques soubresauts, ce qui a pu retarder l’étude des dossiers. Cependant, la Commission nationale des bourses s’est finalement tenue il y a quelques jours, et a rendu son verdict.

    Bourses scolaires : des montants à la baisse

    Dans un contexte budgétaire tendu, le montant global alloué aux bourses scolaires s’élève en 2025 à un peu plus de 105 millions d’euros, contre plus de 107 millions en 2024. Les bourses dédiées aux AESH (Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap) sont également revues à la baisse, passant de 2,41 millions d’euros en 2024 à 1,89 million d’euros en 2025.

     

    « Concernant les bourses scolaires, le manque de visibilité et l’instabilité des critères conduisent les familles à s’autoexclure »

    FAPEE

    Ainsi, face à la hausse continue des frais de scolarité, à la diminution des enveloppes allouées aux bourses et à des critères d’attribution jugés instables, le mécontentement grandit notamment parmi les représentants des parents d’élèves.

    Bourses scolaires : la position des parents d’élèves et des syndicats de professeurs

    Du côté de la FAPEE (Fédération des associations de parents d’élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger), le compte n’y est donc pas : Après avoir rappelé « le contexte manifestement douloureux de la mise en œuvre du logiciel Scolaide », cette fédération a, au cours de Commission nationale des bourses souligné « le manque de visibilité et l’instabilité des critères (qui) conduit les familles à s’autoexclure. » 

    Analyse que rejoignent également les syndicats de professeurs SNES – FSU qui ont aussi demandé au cours de cette même réunion qu’une étude fine soit menée pour en déterminer les causes liées à la baisse du nombre de familles – et donc d’élèves – bénéficiaires de l’aide à la scolarité, tout en craignant que, dans certains cas, il s’agisse d’ « autocensure » de la part de familles qui ne font pas de dossier. »

    Ecole du réseau AEFE - © Alvaro Portillos
    Ecole du réseau AEFE © Alvaro Portillos

    Outre ce point, la FAPEE, après avoir « salué le travail des équipes de l’Agence pour préparer la CNB » a insisté sur un autre point : « l’État français a le devoir de garantir une information claire et complète des citoyens sur leurs droits ou toutes décisions administratives (…) Dans cet esprit, (nous) rappelons notre opposition totale à l’application, dès cette année, du critère d’un taux de handicap de minimum 50% pour bénéficier de la bourse AESH quand cette information n’était pas connue des familles. » Ajoutant : « cela a pu conduire des familles à avancer le salaire d’une AESH pour laquelle elles ne seront jamais remboursées. »

    « Le réseau AEFE se transforme en écoles de riches. La hausse continue des frais de scolarité, couplée à l’insuffisance chronique des enveloppes budgétaires pour les bourses scolaires, éloigne de plus en plus de familles de classe moyenne ou modeste »

    FCPE

    Du côté de la FCPE, (Fédération nationale des conseils des parents d’élèves des écoles laïques) la position est également en opposition avec les montants proposés : « Nous insistons également sur le fait que la mixité sociale, valeur essentielle du réseau AEFE, est aujourd’hui gravement menacée dans nombreux établissements en gestion directe,» a indiqué son représentant. Tout en poursuivant : «  Le réseau se transforme en écoles de riches. La hausse continue des frais de scolarité, couplée à l’insuffisance chronique des enveloppes budgétaires pour les bourses scolaires, éloigne de plus en plus de familles de classe moyenne ou modeste des établissements français à l’étranger. »

    Bourses scolaires - Crédit : Lycée Chateaubriand Rome
    Bourses scolaires © Lycée Chateaubriand Rome

    Cette même fédération souhaite « un recalibrage sérieux et ambitieux du dispositif des bourses, pour qu’aucun élève français à l’étranger ne soit privé de sa scolarité dans le réseau public pour des raisons financières. » Cette évolution du système des bourses scolaires pourrait alors s’effectuer au sein d’un groupe de travail annoncé « sur les aides à la scolarité » qui se constituera prochainement et que la FAPEE appelle de ses « vœux depuis plusieurs années. »

    Bourses scolaires : une évolution nécessaire

    C’est donc tout un système qui semble à revoir, tout en préservant l’esprit de ce dispositif. Pour la sénatrice des Français établis hors de France Hélène Conway-Mouret souligne que « les bourses scolaires sont un rempart contre la reproduction des inégalités. Elles ont été conçues pour garantir que l’école républicaine reste accessible à toutes les familles françaises, où qu’elles vivent et quel que soit leur profil socio-économique. Il faut renforcer ce dispositif, pas l’affaiblir. »

    Entre hausse des frais de scolarité et baisse des bourses : l’équation devient intenable pour trop de familles qui doivent s’engager pour plusieurs années »

    Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français établis hors de France

    Entre « hausse des frais de scolarité et baisse des bourses : l’équation devient intenable pour trop de familles qui doivent s’engager pour plusieurs années ». L’ancienne ministre PS est ainsi préoccupée : « Nous risquons de les perdre, notamment les classes moyennes, et ainsi de faillir à notre promesse républicaine. Ce sont les besoins sur le terrain qui doivent dicter les budgets, et non pas des arbitrages à Paris. »

    Outre la nécessaire évolution demandée par de nombreux acteurs pour ce dispositif d’aides au sein du réseau AEFE, cette année plus de 13.000 familles et près de 20.000 élèves français seront soutenus par le système des bourses scolaires.  Un chiffre que beaucoup souhaitaient toutefois voir augmenter. »

  • Royaume-Uni : Macron propose un nouveau partenariat

    Royaume-Uni : Macron propose un nouveau partenariat

    En visite d’État au Royaume-Uni, le président Emmanuel Macron a proposé mardi 8 juillet aux parlementaires britanniques de marcher « épaule contre épaule » avec l’Union européenne (UE), pour s’affranchir des dépendances vis-à-vis de la Chine et des États-Unis.

    Il y a d’abord eu les plumeaux, les trompettes et les coups de canon, à l’arrivée en milieu de journée d’Emmanuel Macron et de sa femme Brigitte au château de Windsor, le palais du Roi Charles III où le couple présidentiel a passé la nuit.

    Et puis est venu le discours du chef de l’État français au Palais de Westminster, devant les membres de la Chambre des lords et de la Chambre des communes, tout comme Nicolas Sarkozy l’avait fait en 2008 et avant que Donald Trump ne le fasse en septembre prochain.

    Après les passages convenus sur la fraternité forgée sur les champs de bataille des deux Guerres mondiales, Emmanuel Macron s’est voulu très politique. Il a appelé Paris et Londres « à défendre l’ordre mondial », en Ukraine, au Moyen-Orient, en Afrique et dans le Pacifique.

    Charles III et Emmanuel Macron, le 8 juillet 2025. ©Getty Images/Wiktor Szymanowicz_Future Publishing
    Charles III et Emmanuel Macron, le 8 juillet 2025. ©Getty Images/Wiktor Szymanowicz_Future Publishing

    Le président français a aussi milité pour que la France et le Royaume-Uni se libèrent des dépendances qui les entravent, aux niveaux militaire, économique et technologique, face à des superpuissances comme la Chine et les États-Unis.

    « Le Royaume-Uni ne peut pas rester sur le côté, nous devons avancer épaule contre épaule », a lancé le président français, expliquant respecter le choix du peuple britannique d’avoir quitté l’UE, mais rappelant la « responsabilité » de Paris et Londres pour la sécurité du continent européen.

    « Nous sommes confrontés à de nouvelles menaces, à des puissances nucléaires agressives, à des alliances parfois hésitantes », a expliqué le président de la République, plaidant pour « la construction d’un pilier européen fort au sein de l’OTAN ».

    Des mots qui renvoient étrangement à ceux prononcés au même endroit par Jacques Chirac en 1996, qui militait déjà pour que l’Europe se dote « des moyens d’assumer une plus grande part de responsabilités dans sa propre défense », en développant au sein de l’Alliance atlantique « une identité européenne de défense ».

    Progrès sur la migration attendus

    Sur le volet migratoire, Emmanuel Macron a souligné que des « décisions » seraient prises lors du sommet franco-britannique qui se tiendra jeudi. Cependant, cette question ne pourra être réglée qu’en coordination avec l’Union européenne et ses États membres, a-t-il précisé.

    Les négociations sur un accord (qui pourrait voir le Royaume-Uni renvoyer les migrants arrivés de France en échange de l’accueil par l’île de migrants souhaitant rejoindre des proches déjà installés au Royaume-Uni) ont été compliquées par l’opposition de certaines capitales européennes.

    Le président français a également annoncé que la tapisserie de Bayeux, un chef-d’œuvre du XIe siècle illustrant la conquête de l’Angleterre, serait exposée au Royaume-Uni pour la première fois depuis 1000 ans entre l’été 2026 et l’été 2027. Une nouvelle qui n’a pas manqué de soulever un brouhaha enthousiaste chez les parlementaires britanniques.

    Tapisserie de Bayeux

    Tapisserie de Bayeux

    S’adresser aux deux chambres du parlement britannique est un honneur rare. Nelson Mandela, Barack Obama ou encore Volodymyr Zelensky ont eu ce privilège, prononçant leur discours à Westminster Hall — un lieu solennel habituellement réservé aux interventions royales, choisi pour accueillir l’affluence exceptionnelle suscitée par ces figures historiques.

    Emmanuel Macron, lui, n’a pas attiré une telle foule. Son discours s’est tenu dans un cadre plus restreint, mais aussi plus fastueux : la Galerie royale.

    Mercredi, le président français a participé avec le Premier ministre Keir Starmer à un évènement sur l’intelligence artificielle, avant le sommet bilatéral de ce jeudi qui acte le renforcement de la coopération de Paris et de Londres en matière de défense, et dévoiler un plan de lutte contre l’immigration illégale à travers la Manche.

    Les deux chefs d’État vont aussi jeudi coprésider une réunion en visioconférence des pays de la « coalition des volontaires », mise sur pied pour garantir la sécurité de l’Ukraine, dans la perspective d’un futur cessez-le-feu.

  • Les services premium : une nouvelle passion en France 

    Les services premium : une nouvelle passion en France 

    Les dépenses de consommation en biens des ménages ont tendance à stagner en France depuis 2022, voire à diminuer. En revanche, celles liées aux services poursuivent leur hausse. Les dépenses de loisirs récréatifs et sportifs des ménages ont ainsi progressé de 17 % en volume par rapport à 2019, dans un contexte de croissance générale des dépenses de services. Dans le même temps, les dépenses en biens diminuaient de 4 %. En outre, les Français sont de plus en plus attirés par des formules premium, étant prêts à accepter des tarifs élevés afin de bénéficier d’un traitement haut de gamme. Les formules de loisirs premium comme les concerts, les festivals, les événements sportifs, les parcs à thème, les voyages, les restaurants ou l’hôtellerie rencontrent un succès croissant, en particulier depuis la crise sanitaire de 2020. Le CRÉDOC a publié au mois de juin une enquête détaillée sur les motivations des Français pour ce type de loisirs.

    La montée en puissance des services premium

    Selon cette étude, un tiers des Français aurait, au cours des derniers mois, souscrit à un service premium. La pratique la plus courante concerne l’achat de billets de concerts, d’événements sportifs ou d’expositions à des prix jugés élevés (23 % des Français). Le prix moyen des places de concert des cent plus importantes tournées américaines aurait ainsi crû de 37 % entre 2020 et le premier trimestre 2024. Les organisateurs de concerts proposent des packages ouvrant droit à des accès privilégiés à des prix élevés. Certaines places de concert peuvent désormais dépasser 1 000 euros, offrant en contrepartie la possibilité d’être dans les premiers rangs et de bénéficier d’avantages (cocktail, cadeaux, etc.). Les Rolling Stones furent parmi les premiers à initier ce type de pratique dans les années 1990 (tournée Voodoo Lounge en 1994, avec un bar dédié aux acheteurs de package). Depuis, cette pratique s’est généralisée.

    Une partie des consommateurs est également séduite par des formes d’hébergement et de restauration de luxe. Ainsi, 11 % déclarent avoir fréquenté un restaurant étoilé dans l’année, et 8 % avoir loué un hébergement d’exception, une croisière ou un trajet en train de luxe.

    Les expériences immersives ou en réalité virtuelle attirent également un nombre croissant de consommateurs. En 2024, 6 % des Français auraient participé à de tels événements, situés à la frontière du loisir et de la culture. Le Musée d’Orsay a ainsi proposé l’an dernier, en complément de l’exposition « Paris 1874, inventer l’impressionnisme », une expérience permettant de revivre l’inauguration de la première exposition impressionniste.

    Le Collège des Bernardins, à Paris, propose avec « Le Mystère Mozart » une expérience immersive unique mêlant musique, danse et théâtre autour des chefs-d’œuvre du compositeur.

    Le sport est également un domaine où le premium se développe. Tous les grands stades disposent de loges ou d’espaces de restauration. Le PSG propose aux supporters, la possibilité de dormir les soirs de match au Parc des Princes, avec vue sur la pelouse. Que ce soit pour les concerts, les expositions ou les matchs de football, de rugby ou de tennis, l’achat de billets coupe-file se développe. De plus en plus de consommateurs sont prêts à payer des billets à des prix élevés afin de pouvoir rencontrer directement leurs vedettes préférées.

    Les jeunes et les ménages aisés, adeptes du premium

    Les personnes aux revenus élevés constituent un premier groupe d’acheteurs intéressés par ces formules. 45 % des individus disposant de revenus mensuels supérieurs à 3 100 euros ont réalisé ce type de dépenses. Au-delà de la question des revenus, l’achat de formules premium est aussi une question d’âge : 50 % des 18-24 ans et 39 % des 25-34 ans y ont succombé. Les diplômés du supérieur et les Franciliens sont également surreprésentés. Les services premium sont plus abondants à Paris qu’en région, et les revenus y sont plus élevés. Ainsi, 9 % des Français ont expérimenté au moins trois offres culturelles ou de loisirs haut de gamme, un ratio qui atteint 19 % chez les Franciliens et 16 % chez les moins de 35 ans.

    Les consommateurs de services premium sont aussi des acheteurs digitaux : 67 % d’entre eux ont acheté au moins une formule de loisirs premium au cours des douze derniers mois, soit deux fois plus que la moyenne des Français.

    Économiser pour se payer des services haut de gamme

    Pour financer les packages premium, 61 % des Français sont prêts à réduire leurs dépenses du quotidien. Ces restrictions concernent plus souvent l’alimentation et les assurances, mais rarement les équipements informatiques et high-tech, utilisés pour consommer des loisirs et se mettre en scène auprès de communautés d’intérêt.

    Les acheteurs de formules exclusives passent plus de temps que la moyenne à rechercher des promotions en ligne. Ils utilisent des comparateurs d’achat ou l’intelligence artificielle pour économiser de l’argent. La recherche d’une expérience unique et la volonté de s’échapper du quotidien constituent les principales motivations des consommateurs de services premium.

    Deux tiers des personnes ayant opté pour de telles offres mettent en avant l’accès à des prestations plus agréables et confortables que les formules de base. Cet argument est cité notamment par un grand nombre de retraités : 85 % des 65-74 ans ayant acheté des formules exclusives invoquent cette motivation.

    Le vieillissement de la population devrait ainsi renforcer l’attractivité des formules premium misant sur le confort. Les groupes de rock des années 1960-1970 utilisent d’ailleurs cette motivation pour proposer des billets de concert avec prestations haut de gamme, sachant que leur public est âgé et dispose de revenus plus élevés que la moyenne.

    Chez les jeunes et les Franciliens, l’expérience unique est davantage synonyme d’un moment d’exception, tant par son intensité (par exemple rencontrer une star) que par sa rareté (vivre un moment difficilement accessible au plus grand nombre à travers une formule VIP). Ces expériences sont ensuite relayées sur les réseaux sociaux.

    Un basculement structurel dans les comportements de consommation

    La montée en puissance des formules premium dans les loisirs, la culture, le sport ou le tourisme révèle un basculement structurel dans les comportements de consommation. Portée par des ménages jeunes, urbains, connectés, mais aussi par des seniors disposant de temps et de moyens, cette dynamique illustre la recherche croissante de sens, d’émotion et de distinction dans l’acte d’achat. Loin d’être un simple effet de mode, elle traduit une mutation profonde : le bien-être, le confort, l’accès privilégié deviennent des valeurs centrales dans l’économie post-Covid.

    Dans un contexte de stagnation des achats de biens, la disposition à dépenser davantage pour des expériences uniques marque le glissement d’une économie de la possession vers une économie de l’émotion. Si cette tendance reste inégalement répartie selon les revenus et les territoires, elle ouvre néanmoins de nouvelles perspectives de croissance pour les entreprises capables d’innover dans l’offre servicielle haut de gamme. À l’heure où les arbitrages budgétaires se tendent, l’investissement affectif dans le « moment exceptionnel » devient l’un des moteurs les plus puissants de la consommation.

  • Retraite des expatriés : quelles démarches ?

    Retraite des expatriés : quelles démarches ?

    Près de 1,2 million de retraités français résident à l’étranger, soit 8,2 % du nombre de pensionnés français et près de la moitié des expatriés. La retraite est donc un sujet majeur pour les Français de l’étranger. Les Assises de la Protection Sociale des Français de l’Étranger, qui se déroulent actuellement un peu partout dans le monde sous l’égide de l’Assemblée des Français de l’étranger, ne pouvaient pas faire l’impasse. Ce 8 juillet, un webinaire avec la CNAV pour tout savoir sur les démarches à réaliser quand on part réaliser sa retraite à l’étranger était organisé. Vous pouvez visionner le replay en fin d’article !

    Amélioration constante des services pour les pensionnés expatriés

    De plus en plus rapide, avec de moins en moins de justificatifs à fournir. Voilà comment, depuis de nombreuses années, les démarches pour demander votre retraite s’améliorent.

    Cependant, les règles et les exigences restent nombreuses. Alors comment faire pour s’y retrouver dans ce dédale. Tout d’abord pour connaître vos droits à la retraite en tant qu’expatrié, il faut faire le point sur certains éléments :

    • Carrière nationale ou internationale
    • Pays de résidence actuel et pays de résidence ciblé
    • Maitrise des outils digitaux

    Une carrière nationale

    Si vous avez fait l’ensemble de votre carrière en France, la démarche pour obtenir sa pension s’aligne totalement sur la démarche usuelle car les pensions de retraite françaises (pension de base, complémentaires, etc.) sont versées sans condition de résidence, à condition de remplir les critères habituels d’obtention (âge, nombre de trimestres validés, etc.).

    Autrement dit, même si vous décidez de vivre hors du territoire français plus de 6 mois par an, vous continuerez à recevoir votre pension de retraite, à l’exception de certaines allocations particulières. Deux prestations spécifiques exigent de résider en France de manière stable et permanente soit l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA) et l’Allocation Supplémentaire d’Invalidité (ASI).

    Une fois les démarches réalisées en France, vous pourrez vous atteler à votre projet d’expatriation. Dès lors que vous déménagez hors de France, il est impératif de prévenir la caisse de retraite dont vous dépendez (Carsat en région, CNAV en Île-de-France). Plusieurs options possibles :

    • Via votre espace personnel en ligne
    • Par courrier postal, en indiquant clairement votre nouvelle adresse et vos coordonnées bancaires
    • Par téléphone : 3960 depuis la France, ou +33 9 71 10 39 60 depuis l’étranger

    Si vous recevez votre pension sur un compte français, assurez-vous que vos relevés bancaires et vos coordonnées soient valides même depuis l’étranger (RIS, IBAN, etc.), de nombreuses banques (Société Général, Crédit Agricole, Nickel, Revolut) n’acceptent plus les clients non-résidents (parfois ils acceptent ceux qui restent dans l’UE). Si votre banque refuse de vous accompagner dans votre expatriation, vous pouvez faire valoir le droit au compte ou faire appel à l’app bancaire dédiée aux Français de l’étranger, France Pay, adossée au groupe des Banques populaires et des Caisses d’Épargne.

    Aussi, il faudra penser à définir votre résidence fiscale, si vous passez plus de 183 jours par an en France ou si votre foyer/centre d’intérêts économiques est en France, vous restez “résident fiscal” et déclarez vos revenus en France. C’est aussi le cas pour les retraités du public dans la grande majorité des cas comme pour les anciens salariés du privé. Nous y reviendrons plus bas dans l’article.

    Photo illustration Adobe

    Une carrière internationale

    Si vous avez eu une carrière avec des cotisations dans plusieurs pays, alors ça devient plus complexe, le calcul de votre retraite sera effectué accord par accord et si un pays dans lequel vous avez travaillé n’a pas d’accord avec la France, il faudra vous tourner vers les autorités locales.

    Si vous avez travaillé à la fois dans un pays de l’Union européenne (UE), en Suisse et dans un pays de l’Espace économique européen (EEE), soit l’Islande, la Norvège ou le Liechtenstein, le calcul de votre retraite française tiendra compte, soit des périodes Union européenne + Suisse, ou Union européenne + Espace économique européen. Il ne peut y avoir de totalisation des périodes validées en UE + EEE + Suisse. Le montant le plus avantageux vous sera versé. Le pays qui n’aura pas été retenu pour le calcul pourra verser la part de sa retraite selon ses propres règles.

    Si vous avez travaillé dans un pays qui n’a pas signé d’accord de sécurité sociale avec la France, votre retraite sera calculée dans chacun des pays, sans tenir compte des périodes validées dans l’autre pays.

    En tant qu’expatriés vous avez également la possibilité de procéder à des rachats de cotisations. Une fois de retour en France après vos activités à l’étranger, important pour la gestion de votre retraite d’expatriés, vous disposez cette fois d’un délai de 10 ans pour en faire la demande. Vous pouvez faire la requête auprès de votre régime de base. Le coût du rachat est aligné sur celui du VPLR (versement pour la retraite au titre des années d’études ou des périodes incomplètes) en fonction du revenu de la dernière activité à l’étranger.

    Pour effectuer une demande de retraite internationale, vous devez télécharger le formulaire de demande de retraite et le retourner complété à l’organisme de retraite compétent. Si vous résidez dans un pays de la zone d’application des règlements européens, déposez votre demande soit :

    • auprès de la caisse de retraite de votre pays de résidence ;
    • auprès de la caisse de retraite de votre dernier lieu de travail en France.

    Si vous résidez dans un pays signataire d’un accord de sécurité sociale, déposez votre demande auprès de la caisse de retraite de votre pays de résidence.

    Si vous résidez dans un pays qui n’a pas signé d’accord de sécurité sociale avec la France, vous pouvez demander votre retraite en ligne via votre espace personnel.

    Si vous résidez en France, adressez-vous à la caisse régionale de votre lieu de résidence pour récupérer le formulaire adéquat, spécifique en fonction de votre pays. Votre caisse régionale se chargera de transmettre votre demande à l’ensemble des caisses de retraite des pays dans lesquels vous avez travaillé.

    Dernier cas, les indépendants français

    Si vous avez eu uniquement le statut d’indépendant en France, comme de nombreux nomades digitaux, votre retraite sera calculée en coordination avec les 27 pays de l’Union européenne ainsi que Andorre, Argentine, Brésil, Canada, Chili, Corée du Sud, Etats-Unis, Inde, Islande, Japon, Lichtenstein, Maroc, Nouvelle Calédonie, Norvège, Polynésie, Québec, Saint-Pierre-et-Miquelon, Suisse, Uruguay. Si vous résidez dans un autre pays que ceux mentionnés, déposez votre demande de retraite en ligne ou par courrier auprès de la caisse régionale de votre dernier lieu de cotisation en France.

    Nous vous conseillons de contacter la caisse compétente 4 mois avant la date que vous choisissez comme point de départ de votre retraite.

    Quelle fiscalité ?

    Quel que soit votre situation actuelle, il faudra anticiper la fiscalisation de vos revenus de pensionné(e).

    En France

    Si vous déclarez vos revenus en France, votre montant imposable au titre de la retraite de la Sécurité sociale sera directement transmis à l’administration fiscale. Avec le prélèvement à la source, vous payez directement votre impôt sur le revenu au montant où vous percevez votre retraite.

    Pour plus d’informations, consultez la page « Retraite et déclaration de revenus ».

    À l’étranger

    Si vous êtes domicilié fiscalement hors de France mais dans l’Union européenne, votre retraite ne sera pas soumise à la contribution sociale généralisée (CSG), à la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), ni à la contribution de solidarité pour l’autonomie (Casa). En revanche, une cotisation d’assurance maladie pourra être prélevée sur votre retraite payée à l’étranger. Pour ceux résidant hors de l’UE, alors la CSG sera du.

    Dans d’autres cas et dans le cadre de la coordination internationale, la cotisation d’assurance maladie sera aussi prélevée si :

    • vous relevez d’un régime français d’assurance maladie à titre obligatoire ;
    • ou si vous êtes de nationalité étrangère et totalisez au moins 15 ans d’assurance vieillesse en France.

    Le taux de prélèvement de la cotisation d’assurance maladie sera de 3,20%.

    Photo illustration Adobe

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    Le certificat de vie

    Autre obligation commune à tous les retraités non-résidents, le certificat de vie. Tous les ans, vos régimes de retraite vous demanderont de fournir un certificat de vie chaque année (et éventuellement une attestation de situation maritale) pour continuer à percevoir votre retraite française.

    Vos régimes de retraite vous proposent des services pour effectuer cette démarche annuelle en une seule fois et facilement.

    Vous pouvez effectuer cette démarche :

    • sur votre téléphone en quelques minutes grâce à la reconnaissance biométrique – Nouveau !
    • ou avec le service « Ma retraite à l’étranger », soit depuis votre compte retraite sur info-retraite.fr, soit depuis l’application mobile « Mon compte retraite ».

    Pour utiliser la reconnaissance biométrique

    Pour employer la nouvelle solution d’authentification biométrique (reconnaissance faciale statique et dynamique), il faut être en possession :

    • d’un smartphone ;
    • et d’un document d’identité compatible (passeport valide ou une carte d’identité délivrée par un État européen (sauf exception), l’Algérie ou le Maroc).

    Vous validez ainsi votre existence en 4 étapes simples :

    • Installez l’application Mon certificat de vie avec le QR code que vous avez reçu, par courrier ou par e-mail
    • Photographiez votre document d’identité
    • Suivez les instructions pour valider votre certificat de vie

    Une fois le certificat validé et automatiquement transmis à vos régimes de retraite, vous pouvez le télécharger si vous le souhaitez

    Le certificat est transmis automatiquement aux régimes de retraite : vous n’avez aucun autre envoi à faire.

    ©AFP 2023

    La protection sociale

    En tant que retraité d’un régime français même si vous vivez à l’étranger, vous pouvez demander la prise en charge de vos soins par votre pays de résidence, vous devez pour cal :

    • être titulaire d’une retraite du régime général ; 
    • vivre à long terme dans un pays de l’Union européenne ou dans un pays ayant signé une convention comportant des dispositions en matière de droit aux soins de santé* avec la France.

    Si un tel accord n’existe pas dans le pays de résidence ciblé, il faudra alors se tourner vers la Caisse des Français de l’étranger soit la CFE.

    Aller plus loin avec les Assises

    Voilà un rapide tour d’horizon des piliers de la retraite des futurs ou actuels Français de l’étranger. Ci-dessous, vous pouvez aller plus loin en regardant le replay du webinaire organisé dans le cadre des Assises de la Protection Sociale des Français de l’Étranger de l’AFE ce mardi 08 juillet.

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