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  • La pétition Duplomb : l’avez-vous signée ? 

    La pétition Duplomb : l’avez-vous signée ? 

    C’est le succès de l’été : la pétition Duplomb. Elle a été lancée par une étudiante le 10 juillet, deux jours après l’adoption du texte du sénateur Les Républicains (LR) Laurent Duplomb, qui autorise la réintroduction sous condition d’un pesticide interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe. Avec désormais plus d’1,5 million de signataires, elle est rapidement devenue l’initiative la plus soutenue depuis la création de cette plateforme qui permet aux citoyens d’alerter leur député sur divers sujets. Mais à quoi sert-elle ? Pouvez-vous la signer en tant que Français de l’étranger ?

    Les pétitions de l’Assemblée nationale française

    La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale permet aux citoyens d’adresser des pétitions à l’Assemblée nationale et de signer des pétitions déjà déposées.

    Chaque pétition est attribuée à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale, en fonction de la thématique qu’elle aborde. Les pétitions ayant recueilli au moins 100 000 signatures sont mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour plus de visibilité.

    Pour signer une pétition, il est nécessaire de s’identifier via la plateforme FranceConnect. Vous pouvez y accéder via l’identité numérique avec un passeport français et pour ceux qui disposent de la nouvelle CNIe, ils peuvent passer utiliser France identité.  Cette identification a pour but de permettre l’Assemblée nationale de s’assurer que les auteurs ou les signataires de pétitions sont bien des personnes physiques majeures et que chaque pétition n’est signée qu’une seule fois par une même personne physique. Il faut savoir que les noms et prénoms des auteurs sont rendus publics sur la plateforme, tandis que les signataires demeurent anonymes (aucune donnée personnelle n’est conservée les concernant).

    Capture écran ©LFP
    Capture écran ©LFP

    Après attribution de la pétition à une commission, les députés de la commission désignent un député-rapporteur qui propose ensuite soit d’examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit de classer la pétition. A partir de 500 000 signatures provenant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, la conférence des présidents peut choisir soit d’« examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit [de] classer la pétition », détaille le site de dépôt de pétition de l’Assemblée. Autrement dit, ne rien faire du tout.

    « Cela pourrait être la première fois, sous la Ve République, qu’une pétition est débattue en séance publique si la conférence des présidents de l’Assemblée nationale décide de l’inscrire à l’ordre du jour »

    le service presse du Palais-Bourbon.


    Signer la pétition

    La loi Duplomb ?

    Adoptée le 8 juillet au Parlement, la loi « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », dite loi Duplomb, prévoit notamment de faciliter les projets d’élevages intensifs, de « mégabassines » et la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes. Considéré comme un « tueur d’abeilles », ce pesticide est interdit en France depuis 2018, mais autorisé en Europe jusqu’en 2033. Il est réclamé par les producteurs de betteraves ou de noisettes, qui estiment n’avoir aucune alternative contre les ravageurs et subir une concurrence déloyale face aux agriculteurs européens.

    « L’acétamipride est autorisé dans 26 pays sur 27 en Europe. Tous les scientifiques de toute l’Europe, sauf la France, ont donné leur aval pour continuer à l’utiliser jusqu’en 2033 », a de nouveau défendu le sénateur (Les Républicains) Laurent Duplomb ce dimanche à l’initiative du texte. En continuant d’interdire ce pesticide, la France « fait courir une concurrence déloyale » à ses agriculteurs. « Moins nous produirons en France, plus nous seront soumis à acheter des produits qui viennent d’ailleurs et qui ne correspondent pas du tout à nos normes », a-t-il ajouté.

    Photo illustration ©Adobestock
    Photo illustration ©Adobestock

    Le retour des néonicotinoïdes, très toxiques pour les abeilles, est décrié par les défenseurs de la nature, les apiculteurs – qui dénoncent « un tueur d’abeilles » -, la Confédération paysanne (3e syndicat agricole). Des régies publiques de l’eau et des scientifiques ont aussi alerté sur la « persistance » de ces substances dans l’environnement et les risques pour la santé. Les effets du pesticide sur l’humain sont également source de préoccupations, même si les risques restent incertains, faute d’études d’ampleur.

    La loi Duplomb vise également à faciliter le stockage de l’eau pour l’irrigation des cultures, dans un contexte de raréfaction de la ressource liée au dérèglement climatique. Des associations ont mis en garde contre « l’implantation de mégabassines », ces immenses réserves constituées l’hiver en puisant dans la nappe phréatique ou les cours d’eau, « qui accaparent » les ressources en eau « au profit de l’agriculture intensive ».

    Présentée comme l’une des réponses à la colère des agriculteurs de l’hiver 2024, en levant les « contraintes » à l’exercice de leur métier, la loi a fait l’objet de vives critiques. Cependant, les premiers syndicats agricoles – la FNSEA, Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale – sont d’ailleurs favorables à cette loi, notamment les producteurs de betteraves sucrières qui affirment n’avoir aucune solution pour protéger efficacement leurs cultures. Ils redoutent la concurrence d’importations de sucre produit avec des pesticides interdits en France.

    L’objectif de la pétition

    La pétition accuse les parlementaires de « légiférer contre l’intérêt général » et dénonce une loi « inconstitutionnelle », qui incarne, selon le texte, une « attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire, et le bon sens ».

    Car cette loi a connu un parcours expéditif au Parlement avec une motion de rejet préalable, déposée par son propre rapporteur Julien Dive (LR) pourtant favorable au texte. L’objectif étant de contourner un mur de milliers d’amendements déposés par des écologistes et des insoumis à l’Assemblée, que le rapporteur avait qualifié d’« obstruction ». Rejetée par ses propres soutiens à l’Assemblée pour s’éviter le débat sur les amendements de la gauche, la proposition de loi LR a été, de fait, renvoyée en commission mixte paritaire, où une quinzaine de sénateurs et députés, à majorité à droite, ont eu la charge de trouver un texte de compromis. Celui-ci a ensuite été adopté après un ultime vote au Sénat puis, mardi 8 juillet, par 316 voix contre 223 à l’Assemblée nationale, lors d’une dernière séance tendue. Et c’est ce parcours législatif que remet en cause la pétition.

    Vers un débat parlementaire ?

    En France, seule une loi peut abroger une autre loi. « Le droit de pétition, en France, ne mène pas à grand-chose », souligne Benjamin Morel, politologue, maître de conférences en droit public à l’université Paris-Panthéon-Assas sur FranceInfo. Cela « met une pression politique » sur les députés. Il pourrait toutefois « donner naissance à un texte, si un groupe politique souhaite le défendre dans sa niche », a-t-il ajouté

    Mais comme nous l’avons vu plus haut, à partir du seuil des 500 000 signatures, et à condition qu’elles soient issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, une pétition peut entraîner l’organisation d’un débat en séance publique à l’Assemblée nationale. C’est la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale (composée de la présidente de l’Assemblée et les présidents des groupes parlementaires) qui peut le décider. Et la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), s’est dite, dimanche, « favorable » à l’organisation d’un débat à la rentrée parlementaire.

    Un tel débat serait une première dans l’histoire de la Ve République, mais la loi ne sera pas réexaminée sur le fond et encore moins abrogée. Ce débat « ne pourra en aucun cas revenir sur la loi votée », a prévenu la présidente de l’Assemblée nationale, pour qui la loi va, selon elle, « sauver un certain nombre de nos agriculteurs ».

  • Taxe sur le tabac : l’UE peut-elle se passer des fumeurs ?

    Taxe sur le tabac : l’UE peut-elle se passer des fumeurs ?

    Dans sa proposition pour le cadre budgétaire 2028-2034, la Commission prévoit de lever environ 2 000 milliards d’euros, dont la majeure partie proviendrait encore des contributions nationales. Mais une part croissante devrait désormais venir de nouvelles « ressources propres » collectées directement à l’échelle de l’UE. Parmi celles-ci, la taxe sur le tabac figure en bonne place.

    La taxation du tabac rapporterait 11,2 milliards d’euros par an, soit près de 20 % des 58,3 milliards d’euros de ressources propres que l’UE prévoit de percevoir chaque année. Pour mettre cela en perspective, le premier chiffre représente le montant annuel perçu par l’Italie en 2023.

    Sur sept ans, cela représente 78,4 milliards d’euros, soit suffisamment pour financer une part importante des dépenses de défense prévues par l’Union.

    Un mécanisme de prélèvement uniforme

    Concrètement, la Commission propose que 15 % des recettes fiscales liées au tabac perçues par chaque État membre soient versées directement dans le budget européen. Un taux fixe, quel que soit le niveau des taxes nationales. Ainsi, les contributions varieront selon les pays : la France, par exemple, taxe fortement le tabac, tandis que la Bulgarie applique des taux bien plus faibles.

    La taxe serait prélevée quel que soit le niveau des taxes nationales sur le tabac.

    Il est important de noter que cette taxe de 15 %, appelée « ressource propre provenant des droits d’accise sur le tabac » (TEDOR), n’est pas liée à la révision en cours de la directive sur la taxation du tabac (DTT), que la Commission a proposée jeudi 17 juillet et qui fera bientôt l’objet de négociations séparées.

    Présentée le 17 juillet, la révision de la DTT vise à augmenter considérablement les taux de taxation du tabac dans toute l’UE. Elle suggère une augmentation de 139 % sur les cigarettes, de 258 % sur le tabac à rouler et, pour la première fois, des taxes élevées sur les nouveaux produits tels que les cigarettes électroniques, le tabac chauffé et les sachets de nicotine.

    Auparavant, des sources de la Commission à Bruxelles avaient évoqué la possibilité d’utiliser les recettes supplémentaires générées par la révision de la DTT pour financer le budget de l’UE. Mais ce projet a été abandonné, la proposition de budget 2028-2034 introduisant la TEDOR comme une ressource propre autonome fondée sur le tabac.

    taxe sur le tabac ©Getty Images/Jens Kalaene_picture alliance
    ©Getty Images/Jens Kalaene_picture alliance

    Toutefois, si la révision de la DTT est adoptée, elle augmenterait indirectement encore davantage les recettes de l’UE. Ainsi, même si le taux de 15 % reste inchangé, le budget de l’UE augmenterait parallèlement aux recettes fiscales nationales.

    Concrètement, dans le cadre de la DTT actuelle ou de sa version révisée, les États membres seront toujours tenus de contribuer à hauteur de 15 % de leurs recettes fiscales totales sur le tabac. Cela s’applique même à des pays comme la France, qui impose déjà des taxes sur le tabac supérieures à la moyenne actuelle de l’UE, ce qui signifie que les nouvelles hausses fiscales prévues dans le cadre de la révision de la DTT n’auront pas d’incidence sur les niveaux actuels.

    Commerce illicite

    L’un des principaux défis liés à la perception de la taxe de 15 % sera de lutter contre la croissance des marchés noirs.

    Bruxelles, faisant écho à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rejette les affirmations selon lesquelles une augmentation des taxes entraînerait une augmentation du commerce illicite. Les responsables européens affirment au contraire que c’est l’absence de convergence fiscale au sein de l’Union qui alimente le commerce illicite du tabac.

    Toutefois, reconnaissant ce risque, la Commission a proposé un taux d’imposition plus faible pour le tabac à narguilé (shisha), dont le marché noir s’est développé dans de nombreux pays de l’UE, en particulier en Allemagne.

    Selon un rapport d’Europol de 2025, les pays où les taux d’accise et de TVA sont élevés sont plus vulnérables à la vente illicite de produits soumis à accise.

    Et si l’objectif d’une génération « sans tabac » se concrétisait ?

    L’argument selon lequel une augmentation des taxes sur le tabac entraînerait une recrudescence du marché noir est l’un des arguments souvent avancés par l’industrie du tabac.

    Cependant, la crédibilité de cet argument est limitée. Les groupes antitabac y voient une tentative de saper les efforts en matière de santé publique. Et cela renvoie aux antécédents de l’industrie.

    Dans les années 1980, les fabricants de tabac ont commercialisé les cigarettes à filtre et « légères » en les présentant comme « moins nocives », une affirmation aujourd’hui largement réfutée. Les organisations de santé affirment que la même erreur est en train de se reproduire aujourd’hui, l’industrie vantant les mérites des cigarettes électroniques et autres alternatives comme étant « moins nocives ».

    L’Association des ligues européennes contre le cancer a salué la proposition de hausse des taxes de la Commission, la qualifiant d’étape vers la création d’une génération sans tabac.

    Toutefois, cela soulève une question pratique : que se passera-t-il si l’augmentation des taxes est couronnée de succès et que les gens arrêtent complètement de fumer ? Cela creuserait-il un trou dans le budget de l’UE ?

    La Commission répond par la négative. Elle fait valoir que les 11,2 milliards d’euros de recettes annuelles prévues tiennent déjà compte d’une baisse de la consommation de tabac au fil du temps.

    En outre, l’UE estime que les pays de l’UE économiseraient 6 milliards d’euros supplémentaires par an en coûts de santé liés au tabac.

  • Trump : le choc sur l’économie mondiale 

    Trump : le choc sur l’économie mondiale 

    Le mois de janvier 2025, et l’investiture de Donald Trump comme Président des USA, ont marqué la saison sur le plan de la politique internationale mais surtout sur le volet économique. Le chef du service Économie du site Lesfrancais.press, Philippe Crevel ne s’y est pas trompé.  Fondateur de la société d’études et de stratégies économiques, Lorello Ecodata, et président du Cercle de l’Épargne qui est un centre d’études et d’information consacré à l’épargne et à la retraite, Philippe Crevel partage avec vous depuis 5 ans ses analyses sur l’économie mondiale. On profite de la pause estivale pour revenir sur ces mois « fous » qui ont changé le monde des échanges commerciaux pour de nombreuses années.

    Les racines de la crise

    Pour la première fois depuis 2022, le PIB américain a reculé de 0,3 %, selon une estimation publiée en mai par le ministère du Commerce des USA.  Celui-ci s’explique en grande partie par la règle de calcul selon laquelle les importations sont déduites de la production de richesse nationale. Or les achats à l’étranger ont bondi au début de l’année, entreprises et consommateurs se pressant d’acquérir certains biens avant qu’ils ne coûtent plus cher avec les nouveaux droits de douane. Revers de la médaille : les achats anticipés sont autant de dépenses en moins pour la suite, ce qui risque d’entraîner d’autres violents mouvements dans les prochaines publications.

    Car jusqu’ici, les marchandises étaient très peu taxées en passant les frontières : entre 1 et 4% de taxe en général. Des droits de douane de 10 à plus de 50% représentent un total basculement par rapport à la manière dont le commerce est organisé depuis la Seconde Guerre mondiale. En taxant plus les marchandises que les Américains achètent à l’Europe, au Canada ou en Asie, notamment, le but du président américain Donald Trump est de produire ces biens aux Etats-Unis, de relocaliser l’économie et de moins dépendre de l’étranger.

    Free Trade Zone
    Photo d’illustration ©️Stockadobe

    C’est pour cela que le président américain présente sa décision comme une « libération » qui doit rendre les Etats-Unis plus indépendants. C’est un retour à ce que l’on appelle le « protectionnisme« , car on « protège » la production nationale.

    Changement de paradigme

    Les États-Unis d’Amérique ont toujours entretenu une relation complexe avec la question de l’ouverture aux échanges économiques extérieurs. Cependant, l’augmentation des droits de douane décidée par l’administration américaine actuelle ne s’inscrit pas dans la tradition des USA. Elle s’apparente même, avec des droits de douane importants dans la sidérurgie (passés de 25 % initialement à 50 %), à une forme de protection d’une industrie en fin de vie qui a par ailleurs la particularité d’être localisée dans des États dont les électeurs balancent entre les républicains et les démocrates (swing states).

    Alors que les droits de douane et la plupart des mesures protectionnistes restaient établis sur une base multilatérale et non discriminatoires, identiques quels que soient les partenaires commerciaux des États-Unis, Donald Trump les utilises comme des armes. C’est ce principe de base, inscrit à l’OMC, qui est brutalement remis en question par l’administration actuelle.    

    Congrès Américain
    Photo d’illustration ©️Stockadobe

    Selon la loi, un certain nombre d’articles (notamment le 232 et 301) permettent à l’exécutif de prendre des mesures de rétorsions douanières envers les pays dont les pratiques commerciales sont jugées déloyales. Toutefois, son utilisation est soumise à un certain nombre de contrôles et les mesures sont généralement temporaires. Mais Donald Trump a décidé de faire autrement, pariant sur sa réussite quelles que soient les conséquences pour l’économie mondiale.

    Les conséquences mondiales

    À la tête de la première puissance économique, financière et militaire mondiale, les revendications territoriales du président américain sur le Canada, le Panama et le Groenland, son chantage aux taxes douanières sur les échanges commerciaux avec ses partenaires et alliés les plus proches (Mexique, Canada, Union européenne…) et la Chine comme ses premières décisions laissent augurer d’un mandat où le comportement fantasque du Président, le règne de la loi du plus fort et de l’unilatéralisme, une attitude impérialiste et néocolonialiste débridée et des initiatives à l’emporte-pièce vont façonner et fracturer la scène internationale et l’ordre mondial imposé après la Seconde guerre mondiale, souvent par la force, par les États-Unis eux-mêmes.

    Photo d’illustration ©️Stockadobe

    Et ce choc a des répercussions sur le dollar, qui est de plus en plus contesté comme monnaie de référence. Pourquoi ? Car Stephen Miran, président du Council of Economic Adviser, propose notamment d’imposer les flux de capitaux qui entrent aux Etats-Unis. Cela reviendrait à restaurer un contrôle des capitaux. Or toute l’architecture monétaire mondiale depuis des décennies repose sur un flux libre entre les économies avancées. Le socle du système, c’est la possibilité d’investir aux Etats-Unis en dollars, de retirer ses avoirs en dollars, sans friction.

    Les investisseurs du monde entier investissent en dollars car ils ont confiance dans le système, pas parce qu’ils y sont contraints. Et les Etats-Unis ne peuvent se prévaloir d’une capacité de coercition sans limites. Ils sont du reste en train d’abîmer à grande vitesse leurs alliances et ils ne peuvent à l’évidence pas appliquer une pression militaire sur l’ensemble du monde.

    Ce qui s’est passé ces dernières semaines avec les droits de douane a clairement montré les limites de la capacité de coercition américaine, avec les allers-retours chaotiques des positions américaines impulsées par Donald Trump. Cette instabilité grève la croissance mondiale et inquiète le FMI, qui anticipe un risque de crise majeure.

  • Nathalie Coggia veut succéder à Stéphane Vojetta

    Nathalie Coggia veut succéder à Stéphane Vojetta

    Suppléante de Stéphane Vojetta depuis 2022, Nathalie Coggia se lance dans la course à l’Assemblée nationale pour représenter les Français de la péninsule Ibérique et de Monaco. En effet, une élection législative partielle sera organisée à la rentrée de septembre. Pour rappel, le titulaire du poste, qui était membre rattaché au groupe « Ensemble pour la République » au Palais Bourbon, a été contraint de quitter de son siège dans l’hémicycle il y a quelques jours. Le Conseil constitutionnel a ainsi décidé de déchoir Stéphane Vojetta de son mandat de parlementaire, en raison d’un compte bancaire de campagne non ouvert dans les délais.

    Pour faire face à cette situation, c’est donc Nathalie Coggia qui reprend le flambeau. Au cours de cette interview, notre invitée explique entre autres, qu’elle souhaite s’inscrire dans la continuité du député démissionnaire.

    Écouter le podcast avec Nathalie Coggia

    Une décision rapide mais assumée

    C’est avec un enthousiasme certain que Nathalie Coggia a accepté de porter la candidature à l’élection législative partielle. Une décision prise dans l’urgence, à la suite de la décision du Conseil constitutionnel, mais poussée par la volonté de poursuivre le travail engagé par le député démissionnaire : « Prête à relever le défi, tout à fait. Et je le fais avec beaucoup d’enthousiasme, même si la décision n’a pas été facile à prendre pour des raisons familiales et professionnelles. »

    Cependant, elle reconnaît que tout n’est pas encore en place d’un point de vue logistique : « Organisée, non, pas encore, puisque la décision a été prise entre avant-hier et hier. »

    Une candidature indépendante, soutenue par Renaissance

    À la différence de la précédente élection où Manuel Valls avait été officiellement investi par le parti d’Emmanuel Macron, Renaissance, Nathalie Coggia annonce une approche plus souple : « Ma candidature sera une candidature indépendante avec le soutien de Renaissance. » Elle précise toutefois qu’elle attend l’issue d’une commission nationale d’investiture prévue dans les prochains jours, mais affirme que « non, il y aura une candidate soutenue par Renaissance en ma personne. »

    Elle espère fédérer plus largement : « L’idée c’est de porter les couleurs du Bloc Central et d’avoir leur soutien même si nous continuons dans notre idée de porter une candidature indépendante. »

    Nathalie Coggia
    Nathalie Coggia

    Un binôme avec Stéphane Vojetta

    Dans une publication récente, Stéphane Vojetta a annoncé son soutien actif à sa suppléante. Il y évoque la poursuite d’un travail en tandem, y compris sur le terrain : « Si les électeurs nous renouvellent leur confiance, alors ils éliront un binôme. Nathalie Coggia poursuivra dans l’hémicycle le travail que j’avais entamé depuis 2021 et je serai à ses côtés à Paris comme en circonscription. » Stéphane Vojetta sera-t-il l’assistant parlementaire de Nathalie Coggia « Oui, probablement. C’est probablement comme ça qu’on s’organisera. »

    Anticiper pour éviter les erreurs du passé

    Consciente de l’ironie de la situation, Nathalie Coggia tient à rassurer sur les démarches administratives, notamment l’ouverture du compte de campagne : « Le compte bancaire n’est pas encore ouvert, mais il le sera à l’heure. […] Je pense qu’il n’y aura aucun souci à ce sujet-là. » Quant à la Banque Postale, mise en cause par Stéphane Vojetta, elle confirme : « Oui, je pense », qu’elle ne sera pas sollicitée cette fois.

    Des priorités claires : diversité, inclusion et transparence

    Si la candidate affirme vouloir « poursuivre le travail de Stéphane », elle compte aussi porter ses propres combats. Elle cite en particulier « le sujet de la diversité et de l’inclusion dans le monde de l’entreprise […] comme facteur de compétitivité. » Un engagement qu’elle veut étendre au monde éducatif et à la société dans son ensemble.

    Sur les questions budgétaires, elle se montre alignée avec les positions de Stéphane Vojetta, notamment sur la transparence des comptes publics. Le député démissionnaire avait même parlé de « mensonges d’état » dans une interview publiée par Lesfrancais.press.

    Pour celle qui s’inscrit dans cette continuité, Nathalie Coggia déclare : « je m’identifie totalement à ce combat et je le poursuivrai. » Son expérience professionnelle en finance d’entreprise l’ancre dans une approche rigoureuse : « C’est important pour le débat démocratique d’avoir une base, que les données […] soient fiables et fidèles à la réalité. »

    Nathalie Coggia
    Nathalie Coggia

    Vers un automne parlementaire chargé

    Interrogée sur le plan d’économies annoncé par François Bayrou, elle se dit en phase avec l’objectif, tout en restant prudente sur les détails : « Je suis d’accord avec l’objectif général […] il faudra l’étudier et probablement proposer des pistes d’amélioration. » Elle assure vouloir prendre « toute [sa] part dans ces débats », tout en rappelant qu’il est « un peu prématuré de [s’avancer] sur des idées détaillées concernant le budget. »

    Un vote local, au-delà des clivages nationaux ?

    Alors que l’étiquette présidentielle liée à Emmanuel Macron pourrait devenir un handicap électoral pour l’élection législative partielle, Nathalie Coggia reste confiante : « Quelle que soit la couleur politique ou l’étiquette […] on est là pour défendre les intérêts de nos concitoyens. » Elle mise ainsi sur le travail de terrain mené par Stéphane Vojetta pour convaincre les électeurs : « Je pense qu’on est protégé par le travail qu’a mené Stéphane et qui a été utile indépendamment du contexte politique général. »

    Lesfrancais.press suivra avec attention cette élection législative partielle prévue en septembre pour nos ressortissants établis dans la 5e circonscription des Français établis hors de France, comprenant nos compatriotes d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco. Notre media interrogera ainsi l’ensemble des candidats et candidates qui concourront à ce scrutin électoral pour rejoindre l’Assemblée nationale afin d’y représenter les Français de l’étranger

  • Le budget 2026, François Bayrou et les Français de l’étranger

    Le budget 2026, François Bayrou et les Français de l’étranger

    Le Premier ministre François Bayrou a présenté mardi, 15 juillet 2025, son plan pour le budget 2026 visant 40 milliards d’euros d’économies. Année blanche, simplification, soutien aux entreprises… que fallait-il retenir de cette conférence de presse ? Quel impact pour les Français de l’étranger ou les expatriés ? Comment vos élus ont réagi ? 

    « Le moment de vérité »

    Le Premier ministre a, donc, annoncé un projet de budget pour l’exercice 2026 mais aussi un plan pluriannuel de retour à l’équilibre de la dette sur quatre ans, 2026, 2027, 2028 et 2029.

    François Bayrou veut ramener le déficit de l’État de 5,4 % du PIB en 2025 à 4,6 % en 2026 (puis 4,1 % en 2027, 3,4 % en 2028 et enfin 2,8 % en 2029). Pour cela, il a présenté une ordonnance corsée : 43,8 Mds€ d’économies portés en partie par un gel des dépenses.  L’État se fixe, donc, comme première règle de ne pas dépenser davantage à l’euro près en 2026 qu’en 2025, à l’exception de l’augmentation de la charge de la dette et des dépenses supplémentaires pour le budget des armées.

     Parmi les mesures qui en découlent, on découvre, donc, un gel du barème des impôts, des prestations sociales et des retraites en 2026, afin de contenir la progression des dépenses à hauteur de « sept milliards d’euros ».

    Image de la conférence de presse "Le moment de vérité" de François Bayrou le 15/07/25 ©AFP
    Image de la conférence de presse « Le moment de vérité » de François Bayrou le 15/07/25 ©AFP

    Le Premier ministre a prévenu, au cours de sa conférence de presse, que « tout le monde devra participer à l’effort face à l’ampleur de l’enjeu », jugeant « illusoire de penser qu’une catégorie ou une autre puisse seule porter le fardeau ». Dans cet esprit, il a proposé la suppression de « deux jours fériés », citant « comme exemple  » le « lundi de Pâques » et « le 8 Mai », tout en se disant « prêt à en accepter ou en examiner d’autres ».

    Aussi, François Bayrou souhaite ouvrir un nouveau chantier sur l’assurance chômage, qu’il estime en partie responsable du manque d’offres d’emploi. Il proposera aux partenaires sociaux d’engager des négociations sur ce sujet, ainsi que sur le droit du travail, avec pour objectif de faciliter les recrutements et d’améliorer les conditions de travail pour tous. Il veut aussi établir une règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite pour les années qui viennent.

    « L’effort de la nation se doit d’être équitable »

    François Bayrou – Premier ministre

    Enfin, une « contribution de solidarité » destinée « aux plus fortunés » sera instaurée et dans un souci d’équité, il a également exprimé sa volonté d’agir sur les « niches fiscales et sociales qui profitent d’abord aux ménages les plus aisés et aux grandes entreprises« . Un projet de loi « contre la fraude sociale et fiscale » sera ainsi déposé « à l’automne », afin de « mieux la détecter, la sanctionner et recouvrer l’argent perdu ».

    Austérité

    François Bayrou instaure donc un régime d’austérité avec un cap clair : ramener le déficit public sous contrôle, même si cela signifie geler les salaires, rogner sur les soins de santé et remettre en cause des symboles nationaux. L’exercice est périlleux. Et pour cela, il choisit une stratégie de choc : 43,8 milliards d’euros d’économies sur quatre ans. Chiffre net, calendrier précis. Sur le papier, c’est presque séduisant dans sa rigueur. Dans les faits, c’est une équation politique redoutable pour un gouvernement qui n’a pas de majorité à l’Assemblée nationale.

    Une situation que n’a pas manqué de lui rappeler les oppositions depuis 2 jours. Et la première d’entre-deux en tête. Ainsi dans une interview au Parisien, Marine Le Pen indique qu’ »en l’état, il est impossible pour le RN de ne pas censurer » le gouvernement de François Bayrou. Le président de l’UDR Éric Ciotti, estime de son côté que le Premier ministre promet « du sang et des larmes » pour les Français, et « la dolce vita » à ce qu’il tient pour « l’État obèse ».

    Marine Le Pen et François Bayrou ©AFP
    Marine Le Pen et François Bayrou ©AFP

    De l’autre côté de l’échiquier politique, La France Insoumise a réagi très vite contre l’idée de supprimer le 8 mai, qui commémore la fin de la Seconde Guerre mondiale. La députée Clémence Guetté a ainsi fustigé sur X l’annonce de la suppression de la « célébration de la victoire des peuples libres face au nazisme », estimant que cela revenait à « prendre dans nos poches pour donner aux riches ». Une analyse partagée par le sénateur PCF Pierre Ouzoulias, ou le député socialiste du Calvados, Arthur Delaporte. Même mécontentement du côté de la cheffe de file des Écologistes, Marine Tondelier : « François Bayrou propose donc que le 8 mai, qui commémore la victoire contre le nazisme, ne soit plus férié. On doit le comprendre comment exactement ? », s’est-elle interrogée sur X également. Jean-Luc Mélenchon n’oublie pas d’associer le Premier ministre au président Emmanuel Macron.  » Bayrou durcit encore l’absurdité de la politique macroniste « , écrit-il sur X, résumant le projet de budget au souhait de « faire payer le grand nombre pour épargner les très riches ». Lui aussi menace d’une censure en appelant à « faire partir Bayrou ».

    Vous l’avez compris toute la classe politique est vent debout contre ce projet même les soutiens à François Bayrou comme les fidèles du Président de la République ne débordent pas d’enthousiasme. Alors que le Premier ministre conviait à l’hôtel de Ségur, les chefs des formations politiques censées le soutenir, Gabriel Attal, patron de Renaissance, Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale et Édouard Philippe, fondateur d’Horizons, n’étaient même pas présents. Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur et poids lourd, s’il en est, de ce gouvernement, est arrivé à la dernière minute.

    Ainsi, alors qu’il a sans doute plus que jamais besoin de ses troupes, le Béarnais se retrouve seul en plein désert. Seul le président de la République lui a publiquement apporté son soutien, saluant un plan qui a « la vertu du courage, de l’audace et de la lucidité ». « Le fait d’envoyer des seconds couteaux à un rendez-vous si important pour la France envoie un mauvais signal », déclare un député MoDem sous couvert d’anonymat au Point. Il pointe, aussi, le « manque de courage » des représentants du socle commun. Mais parmi les bons soldats, on notera l’application de Marc Ferracci, député des Français de Suisse et actuel ministre de l’Industrie, qui court de plateau en plateau en portant un message d’apaisement.

    « Nous avons en France un déficit de travail qui explique nos difficultés économiques, budgétaires et aussi en matière de compétitivité industrielle » .

    Le ministre de l’Industrie Marc Ferracci sur BFMTV.

    Marc Ferracci sur BFMTV le 16 juillet 2025 ©BFMTV
    Marc Ferracci sur BFMTV le 16 juillet 2025 ©BFMTV

    Dans la même interview, il précise que « tout est négociable » et que « le gouvernement est évidemment prêt à discuter des modalités ». Une porte qui s’ouvre pour tenter d’empêcher une censure du gouvernement de François Bayrou. Il reste plusieurs semaines avant l’arrivée du texte à l’Assemblée nationale, un délai précieux durant lequel, malgré leurs congés, les élus vont discuter de la position à adopter et trancher quant au dépôt et au soutien ou non d’une motion de censure.

    Les réactions de vos élus

    Du côté des élus des Français de l’étranger, la césure est rapide, les pro-macron et les anti-macron comme Hélène Conway-Mouret, sénatrice PS des Français de l’étranger qui avec Yan Chantrel, lui aussi sénateur PS, furent les seuls à s’exprimer.  

    « À l’occasion du débat budgétaire nous proposerons un projet de contre-budget permet le redressement de nos comptes publics dans la justice, une réorientation des dépenses vers nos services publics et une véritable bifurcation écologique. La censure est aujourd’hui la seule issue responsable. »

    Yan Chantrel, sénateur des Français de l’étranger

    Tandis qu’à droite, seul le centriste Olivier Cadic s’est exprimé se contentant de reprendre les éléments de langage de son parti. Du côté des LR, dont le potentiel candidat à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau, est aussi un poids lourd du gouvernement, c’est l’embarras qui s’est traduit pas un passage sous silence de la séquence par le sénateur Ronan Le Gleut et son compère Christophe Frassa.

    Penchons-nous maintenant sur les réactions des élus du bloc central réunissant Renaisssance, le Modem, etc ? Le seul député Modem des Français de l’étranger, Frédéric Petit, a évidemment salué le courage de François Bayrou sur X qui « met les partis politiques devant leur responsabilité politique. » L’autre grand soutien, c’est le député élu des Français de Suisse, et ami proche d’Emmanuel Macron, c’est Marc Ferracci, comme nous l’évoquions plus haut dans cet article.

    Enfin, chez les parlementaires en poste et membre du bloc central, la discrétion fut de mise, anticipant peut-être les conséquences pour les budgets dédiés aux Français de l’étranger. Une exception est à noter, la fidèle militante, éphémère ministre de l’Éducation, Anne Genetet, qui ne cache pas son enthousiasme sur les réseaux sociaux.

    « Maîtriser nos dépenses aujourd’hui, c’est rendre possibles les investissements de demain dans les secteurs prioritaires et d’avenir. C’est possible ! En 2024, pour la première fois depuis 15 ans, l’État a dépensé moins que l’année précédente. Parce que nous avons fait des choix difficiles. Et si le déficit a augmenté l’an dernier, c’est parce qu’il faut réformer notre modèle social. »

    Anne Genetet, députée de la Xième circonscription des Français de l’étranger

    Quelles conséquences pour les Français de l’étranger ?

    Les conséquences pour les expatriés sont encore floues, à l’exception de celle liée au gel du barème des impôts. Concrètement, les Français de l’étranger, qui sont toujours imposés en France, partiellement ou complètement, doivent s’attendre à voir augmenter leur impôt en 2026 en cas de hausse même minime de leurs revenus assujettis par Bercy. Les fonctionnaires détachés seront aussi mis à la diète, même si on ne sait pas si les indemnités liées au détachement hors de France (IRE, etc) seront concernées.

    Photo de recrutement de l'AEFE ©AEFE
    Photo de recrutement de l’AEFE ©AEFE

    Aussi, il faut surement s’attendre à ce que les bénéficiaires de bourses scolaires, les allocataires, les associations de solidarité, les programmes d’accompagnement, soient aussi victimes des mesures annoncées. Les enveloppes ne seront pas revalorisées en 2025 et ce malgré l’inflation. La tension est déjà palpable du côté du réseau des Lycées français à l’étranger chapotés par l’AEFE.  Et plus globalement, il est sûr que les négociations de cet automne seront difficiles comme l’annonce déjà Hélène Conway-Mouret sur les réseaux sociaux.

    « La rentrée en septembre s’annonce difficile avec un débat budgétaire très violent. Il sera question de l’avenir de notre modèle social que certains souhaitent mettre à mal. Pour ma part, je suis et serai résolue à le défendre. Quoi qu’il en coûte ! »

    Hélène Conway-Mouret – sénatrice des Français de l’étranger

  • Comment sauver un pays ?

    Comment sauver un pays ?

    Sonnez le tocsin ! « Nous sommes en guerre », depuis l’appel aux armes lancé contre le Covid, le « Quoi qu’il en coûte » s’est installé. À vrai dire, nous sommes en guerre avec l’économie. Le Premier ministre a martialement présenté un plan de bataille, tous les bataillons se sont unis. Contre lui. En fait d’économies, il ne s’agit que de réduire l’augmentation prévisible des dépenses. Le pays est-il au bord du gouffre ? Faut-il sonner la mobilisation ? Et comment sauver le pays ? Facile, il suffit de regarder les autres.

    Nos voisins les « PIGS » (Portugal, Italie, Grèce, Espagne,) affectueusement dénommés « pays du Club Med » par les pays nordiques, font désormais la course en tête de la croissance et du redressement des comptes. L’une va avec l’autre, question de confiance.

    La Grèce, failli en 2010, en proie à la démagogie et aux émeutes, finalement contrainte d’appliquer le plan de sauvetage du FMI et de l’UE, affiche aujourd’hui un excédent budgétaire de 1.3%. L’austérité a été douloureuse, moins que la banqueroute et sa chaîne de misère. Sa dette publique a fondu de 197% à 153% du PIB. Les taux d’intérêt grecs à dix ans sont aujourd’hui inférieurs aux taux français. Double leçon : la première, l’économie réelle se venge. La deuxième, l’effort paie.

    Croissance et redressement des comptes vont ensemble, question de confiance

    En 2011, le Portugal appelle lui aussi au secours. Son déficit atteint 10% du PIB. Les dépenses publiques sont réduites de 20%… Aujourd’hui son budget est excédentaire, la croissance dépasse 2,5%. Moins qu’en Espagne, 3%. Le déficit atteignait 10% en 2020, il est tombé à 2.8% en quatre ans. Comme en Italie, où le déficit a été ramené de -9% à -4% en trois ans. Le taux d’emploi y atteint son maximum.

    Les recettes sont partout les mêmes : réformes du marché du travail, des retraites, de la fonction publique, privatisations, concurrence. Avec un soutien financier européen. L’Irlande a suivi le même schéma lors de la crise de 2008, avec une originalité : le refus d’augmenter les impôts. L’Irlande a aujourd’hui un PIB par habitant parmi les plus élevés de l’Europe.

    D’autres exemples confirment. La Suède des années 90, la Corée du Sud de la crise asiatique, l’Allemagne malade de 2000, ou encore l’Australie, la Nouvelle-Zélande en 2008, tous ont réformé l’État, renforcé la discipline budgétaire, desserré l’économie.

    La recette argentine se veut plus brutale. Après deux banqueroutes, l’inflation à 200% ruinait à nouveau le pays. Elle est retombée à 1.5% par mois. Le taux de pauvreté, qui avait grimpé avec la purge, est redescendu plus bas qu’à l’arrivée de Mileï au pouvoir. L’Argentine a un taux de croissance de 7,6 %, le pouvoir d’achat réel a augmenté de 18 %. L’Unicef, qui n’est pas une assemblée libertarienne, a félicité le gouvernement d’avoir sorti 1,7 million d’enfants de la pauvreté. Cela ne va pas sans cris et grincements de dents.

    Toute inflation est un impôt déguisé sur le grand nombre. Toute obésité de la fonction publique conduit à une smicardisation.

    Est-ce transposable en France ? Mieux vaut éviter le choc frontal et agir bien avant. La Grèce, l’Argentine, le Portugal ont perdu des années au détriment des plus pauvres, des non-initiés, ceux qui n’ont pas d’emploi sûr, ceux qui n’ont pas accès aux dollars. Toute inflation est un impôt déguisé sur le grand nombre. Toute obésité de la fonction publique conduit à une smicardisation. Sans parler des mécanismes de corruption et des abus de pouvoir.

    La dette elle-même n’est pas le problème. Tout dépend de la capacité de remboursement. Si la dette correspond à des investissements, elle est bénéfique.

    La moitié des dépenses publiques concerne les retraites et la santé. C’est donc le système d’assurance et de pension qu’il faut revoir. En s’inspirant de ce qu’ont fait les autres, les Pays-Bas pour la sécurité sociale, la Suède pour les retraites. Les fonds de pensions existent presque partout dans le monde. S’ils avaient été créés au moment des privatisations de 1986; il n’y aurait pas de problèmes de financement de retraite… Ne serait-il pas temps de supprimer la notion même d’âge légal ? En cas d’hésitation, renoncer à la règle uniforme, donner le choix, faire confiance.

    Dépenses par politique publique en 2025
    Dépenses par politique publique en 2025

    La dette se rembourse par un taux de croissance supérieur au taux d’intérêt et à la part de remboursement du capital. Elle ne s’éteindra pas par l’inflation. C’est plutôt la déflation qui s’avance, avec le vieillissement de la population et le développement technologique qui baisse divise les coûts. Celui du travail va devenir de plus en plus marginal dans l’industrie. Recette Coréenne : d’un côté réduire les dépenses publiques, de l’autre investir dans la nouvelle économie. Cette année, l’incertitude a ruiné les investissements dans les start-ups : moins 60%. L’épargne mobilisée pour payer le déficit public ne va pas dans l’investissement.

    Ce n’est pas le nombre d’heures qui compte, plutôt le nombre de robots.

    La dette est un symptôme. L’Allemagne a cassé le « frein à l’endettement » inscrit dans sa constitution pour lever 850 milliards d’euros et financer défense, infrastructures, santé. Revenir sur les 35 heures ou les jours fériés est presque symbolique.  Selon l’OCDE, un actif français, en 2024, travaille 1494 heures, un Allemand 1340 heures. Ce n’est pas le nombre d’heures qui compte, plutôt le nombre de robots.

    La masse salariale représente 34% des dépenses du « budget général » (150 Md€ en 2024). Réduire le poids des fonctions publiques est sans doute nécessaire. L’essentiel est ailleurs : leur rôle dans l’économie. Il n’y a presque pas d’hôpitaux publics en Allemagne. Sont-ils plus malades ? Moins, si l’on en juge par le taux d’absentéisme : 21 jours en France, 15 en Allemagne. Alors un jour férié… qui compte ?

    Usine en Allemagne robotisée ©AFP
    Usine en Allemagne robotisée ©AFP

    Pour sortir du capitalisme de connivence, échanger la fin des subventions contre une baisse générale des impôts.

    L’ensemble du système administratif, ses ressources, sa fiscalité, est à repenser, des collectivités locales à la sécurité sociale. 643 milliards d’euros sont versés par la Sécurité sociale, soit l’équivalent de 25% de la richesse nationale. Les dépenses de l’État, elles, ne représentent « que » 450 milliards. L’urgence commande donc de redéfinir le périmètre de l’État, la part des prélèvements obligatoires, la légitimité des subventions. 210 milliards d’aides aux entreprises, le montant de la TVA. Sur ces 210 milliards, 110 viennent du budget de l’État : sortir du capitalisme de connivence revient à échanger la fin des subventions contre une baisse générale des impôts, des normes et donc des contrôles. Des règles, des impôts simples, impliquent des contrôles simples et moins de contrôleurs.  

    La querelle de la dette prend le visage du passé. À titre de comparaison, la valorisation de Nvidia, en un an, a grimpé de 1000 à 4000 milliards. Plus que la dette française. Veut-on rester dans l’ancien monde ?

    Quel État au XXIe siècle ?

    Que doit privilégier le nouvel État du XXIe siècle ? La compétitivité, la formation, la sécurité, la transition écologique, la santé ? Tout est prioritaire, d’où la difficulté à « couper » dans les budgets. Le domaine qui ne relève que de l’État, est celui de la justice, malade. Une société de confiance ne peut survivre sans confiance dans la justice. La Justice est submergée par l’à-peu-près du droit, l’avalanche des lois.

    Image illustration ©Thomas Samson / AFP
    Image illustration ©Thomas Samson / AFP

    La France doit revoir toute sa codification, l’Europe cesser sa dérive normative, elle aura alors plus de chance d’imposer ses standards dans le monde. Dans la nouvelle économie, la pagaille américaine et la menace chinoise, sont des handicaps structurels. Les Européens ont toutes leurs chances.

    Sauver un pays d’une menace de banqueroute, commence par la justice. Le reste viendra naturellement, en fixant les priorités de l’action de l’État, ce qui libérera les forces créatrices. Sinon ce sera la purge.

    Penser l’avenir du pays en termes de chances plutôt qu’en punitions. Personne ne fait crédit aux grincheux qui craignent l’avenir ou qui jouent la montre.

    Laurent Dominati

    a.Ambassadeur de France

    a.Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire des non-résidents France Pay

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati
  • FC Expat 2025 : le meilleur des footballeurs expatriés

    FC Expat 2025 : le meilleur des footballeurs expatriés

    La trêve estivale est arrivée, mais le FC Expat ne s’arrête pas ! Revivez les meilleurs moments de nos interviews avec des footballeurs expatriés aux quatre coins du monde. De l’Espagne au Royaume-Uni, en passant par l’Afrique et la Grèce, ils nous confient leur quotidien, sur le terrain comme en dehors. Certains ont surmonté la barrière de la langue, d’autres analysent leurs championnats respectifs, mais tous partagent une conviction : vivre une expérience hors de France est une réelle opportunité.  Entre défis et découvertes, leurs témoignages inspirants vous dévoilent également une autre facette des joueurs de football, bien loin clichés sur le milieu du ballon rond.

    De notre côté, on se retrouve à la rentrée pour une nouvelle saison du FC Expat, qui, nous vous le promettons, sera toujours aussi riche en rencontres. En attendant, passez un magnifique été 2025 !

    Ecouter les meilleurs moments de la saison 2024/2025 de FC EXPAT

    S’expatrier : des premiers pas à une installation réfléchie

    Souvent épiques, les premiers pas de nos invités à l’étranger sont truffés d’anecdotes. Dans cette compilation été 2025 du podcast sur nos footballeurs expatriés, vous (re)découvrirez notamment l’histoire du taxi de Mathis Lachuer. Malgré cela, il a bien porté le maillot du CD Mirandes pour réaliser une formidable saison.

    Mathis Lachuer sous le maillot du Club Deportivo Mirandés
    Mathis Lachuer sous le maillot du Club Deportivo Mirandés
    Anthony Mounier en Grèce
    Anthony Mounier en Grèce
    Mathis Lachuer le Français du Club Deportivo Mirandes
    Mathis Lachuer le Français du Club Deportivo Mirandes

    En effet, une fois les premiers doutes dissipés, de belles opportunités s’offrent généralement à nos invités. Pour beaucoup, la vie hors de France ne s’arrête d’ailleurs pas à la fin de leur carrière sportive : notre compatriote Anthony Mounier, par exemple, a choisi de poursuivre l’aventure. Il nous en dévoile les raisons au micro Lesfrancais.press.

    L’expérience hors de France : raisons et analyses

    Mais qu’est-ce qui pousse un footballeur français à tenter l’aventure à l’étranger ? Pour Enzo Loiodice, il s’agit avant tout de « sortir de (son) cocon ». Ce n’est donc pas uniquement sa passion de l’aviation qui l’a mené des Wolves, au Royaume-Uni, jusqu’à Las Palmas, sur les îles Canaries.

    Julien Mette entouré par ses joueurs
    Julien Mette entouré par ses joueurs
    Julien Mette
    Julien Mette
    Enzo Loiodice, un Français sous les couleurs de IUD
    Enzo Loiodice, un Français sous les couleurs de IUD

    De son côté, Julien Mette, partage avec nous la manière dont la France est perçue sur le continent africain à travers ses expériences à l’étranger. Là où le football flirte parfois avec la géopolitique, il arrive que le ballon rond devienne un véritable outil de rapprochement diplomatique.

    Des footballeurs expatriés

    Sur le plan sportif, jouer hors de France permet la comparaison avec notre championnat national. Jérémy Mellot nous partage son analyse, et l’ambiance frissonnante qu’il ressent de l’autre côté des Pyrénées lors de chaque match. Pour lui, « la Liga 2 espagnole est digne de la Ligue 1 française ».

    Jérémy Mellot sous le maillot du Club Deportivo Tenerife
    Jérémy Mellot sous le maillot du Club Deportivo Tenerife
    Jérémy Mellot, Club Deportivo Tenerife
    Jérémy Mellot, Club Deportivo Tenerife
    Paul Nardi devant les fans des Queens Park Rangers ®Queens Park Rangers Football Club
    Paul Nardi devant les fans des Queens Park Rangers ®Queens Park Rangers Football Club
    Paul Nardi au Loftus Road ® Queens Park Rangers Football Club
    Paul Nardi au Loftus Road ® Queens Park Rangers Football Club

    Nos épisodes de FC Expat se concluent toujours par une question décalée lors des «arrêts de jeu». L’interview de Paul Nardi n’a pas fait exception à la règle. Ce gardien de but, aussi talentueux sur le terrain qu’humainement incroyable, nous révèle alors un trait… redoutable de sa personnalité : Paul est un véritable spoiler professionnel ! Sa passion pour la divulgation n’épargne personne franchit même toutes les frontières. Depuis, ses nouveaux coéquipiers de QPR sont donc prévenus.

    Bonne écoute de ces meilleurs moments de nos interviews avec nos footballeurs français à l’étranger. Et rendez-vous à la rentrée pour une nouvelle saison de FC Expat, toujours sur Lesfrancais.press .

  • Une réforme de fond à l’AEFE pour l’automne ?

    Une réforme de fond à l’AEFE pour l’automne ?

    La convocation du Conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) un 17 juillet augurait d’annonces importantes ne pouvant attendre la rentrée. Au cœur de l’été c’est donc Anne Grillo, la directrice générale de la mondialisation au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), qui a annoncé une réforme de fond de l’AEFE pour l’automne !

    L’AEFE : bientôt des grands changements !

    C’est le prétexte du déficit record de cette année qui a été saisi pour ouvrir la voie à de grands changements pour l’opérateur public et son réseau au sein de l’AEFE. Si tous les tenants et aboutissants de la réforme à venir ne sont pas connus à ce jour, la méthode a été posée. Le contexte budgétaire de l’État a notamment été rappelé. Et une détermination institutionnelle affirmée.

    C’est ainsi que prenant la parole lors du Conseil d’administration de l’AEFE qui s’est réuni ce 17 juillet la directrice générale de la mondialisation au MEAE Anne Grillo a notamment déclaré : « nous avons un réseau en développement. Il y aura ainsi quinze nouveaux établissements homologués à la rentrée. Mais l’agence doit composer avec la nouvelle dynamique de 40 milliards d’économie à faire et de son déficit structurel » a indiqué au cours du

    Outre cela, elle a également ajouté : « nous devons réfléchir à une véritable refondation du modèle. Même avec les paramètres actuels on aurait dû réformer dans tous les cas. Mais la suppression des -24 millions d’euros par le parlement (baisse de la subvention publique versée à l’agence) nous oblige à nous pencher sur l’avenir de l’agence de façon accélérée ».

    L'enseignement français à l'étranger © AEFE
    L’enseignement français à l’étranger © AEFE

    Quelle concertation avant la réforme ?

    Devant des représentants des familles, des personnels et des élus qui découvraient le cadre politique ainsi posé, Anne Grillo a précisé que ce serait d’abord dans un groupe de travail avec les services de l’État et la direction de l’AEFE qu’un diagnostic sera partagé et des propositions seront formulées. Les familles et les syndicats seront visiblement consultés a posteriori au même titre que tous les acteurs de l’enseignement français à l’étranger.

    S’il n’était pas question de développer les propositions de fond à ce stade, certaines indications ne trompent pas « les réponses différeront nécessairement de celles de 1990 (date de création de l’AEFE). On opère dans un contexte politique et budgétaire totalement différent ».

    Un conseil d’administration de l’AEFE extraordinaire à l’automne

    La liste des sujets de réforme évoqués par la directrice qui assume la tutelle de l’agence pour les affaires étrangères est longue : « nous examinerons, entre autres, le changement de statuts des établissements, le changement des modèles de convention, la mise à disposition des personnels dans le réseau, rien ne sera décidé sans consultation ».

    La représentante du ministère de l’Europe et des affaires étrangères désire travailler avec responsabilité et courage et annonce « un conseil d’administration extraordinaire à l’automne pour poser un nouveau modèle pour l’agence »

    Quelles premières réactions des partenaires ?

    Les administrateurs présents à ce CA ont accueilli ces annonces entre stoïcisme et scepticisme. Représentants des parents, des personnels ou des élus sentent bien que la rentrée va donner lieu à un intense moment de débat et de mobilisation. Les craintes existent que les jeux ne soient déjà faits en amont et que l’autorité ait déjà en tête un détricotage de l’opérateur public et une priorité donnée aux établissements partenaires.

    Jeux Internationaux de la Jeunesse les JIJ Athenes 2024 ©AEFE
    Jeux Internationaux de la Jeunesse les JIJ Athenes 2024 ©AEFE

    Notamment, le sujet des détachements pour plus de 5000 fonctionnaires français travaillant dans ce réseau extérieur est crucial. Jusqu’à présent c’est l’AEFE qui est coordinateur de ces mobilités à l’international et qui pose un cadre de recrutement commun. C’était d’ailleurs un des acquis de gestion lié à la mise en place d’une agence unique voilà 35 ans.

    La sénatrice Samantha Cazebonne veut lancer à la fin août une grande consultation pour faire des propositions collectives en pointant, dans un document largement diffusé, le poids de la prise en charge des personnels différant selon qu’on soit en établissement à gestion directe ou conventionné.

    Du côté des tenants de la simplification, ils feront valoir que les établissements partenaires sont moins coûteux pour les familles mais les défenseurs de la scolarisation française à l’étranger feront valoir cette mission comme devant reposer sur des établissements gérés par une agence. Avec un système de bourses scolaires pour les plus modestes et des mécanismes de répartition des aides publiques en matière d’immobilier ou de pédagogie. Les représentants des personnels ne voudront pas laisser certaines catégories de personnel sur le bord du chemin et voudront préserver l’opérateur dans ses missions fondamentales.

    Ainsi, derrière ces positions se dissimulent des choix stratégiques différents : organiser la coopération éducative d’enfants étrangers ou faciliter d’abord la scolarisation d’enfants français sur tous les points du globe ? Avoir des enseignants formés en France ou à l’étranger. Les gérer localement ou de façon centralisée. Les interrogations sont nombreuses et l’automne sera agité à n’en pas douter !

  • Le cinéma en plein air en France cet été

    Le cinéma en plein air en France cet été

    Ça y est vous êtes en France, l’avion, les galère de transport sont derrière vous. C’est enfin l’heure pour les Français de l’étranger de gouter à la « farniente » en mode hexagonale. Plage, montage, sports, restaurants, le programme est déjà chargé. Mais l’été, c’est aussi l’occasion de se plonger dans le 7ème art ! Mais aller s’enfermer dans une salle, ce n’est pas forcément engageant quand on vient en France quelques semaines. Mais savez-vous qu’au fil des ans, le cinéma en plein air est de nouveau en vogue. On a sélectionné pour vous 4 spots pour profiter d’une toile dans un cadre exceptionnel.

    Le Festival de Lama

    Le Festival du film de Lama, du 26 juillet au 1er août 2025, à Lama, en Haute-Balagne, Corse.
    le Festival de Lama
    le Festival de Lama

    Depuis plus de trente ans, sur les hauteurs de la Haute-Balagne, au cœur de Lama, un village qui se veut monde, se projette un cinéma international et local sur ciel étoilé, la vue dégagée. Là, les places du village deviennent des allées à cinéphiles où des réunions ciblées s’articulent en quatre écrins de projections. Les grandes projections s’installent au bord de La Piscine, puis, le cinéma d’auteur à sa petite placette, un site plus intimiste dédié aux films d’art, aux essais et aux courts-métrages corses. L’Umbria, quant à elle, accueille un public plus jeune pour découvrir notamment, l’animation oscarisée cette année Flow. Cet été, la programmation choisit Classe Moyenne d’Antony Cordier (Quinzaine des cinéastes) en film d’ouverture, et Dîtes-lui que je l’aime de Romane Bohringer en clôture. Une sélection cannoise qui s’étend jusqu’aux révélations du 78ème Festival de Cannes, de sa Palme d’or, Un simple accident de Jafar Panahi, à Sirat d’Olivier Laxe. Lama introduira également en avant-première le nouveau drame signé Stéphane Demoustiers, L’Inconnu De La Grande Arche… Cette année encore, ce rendez-vous au sommet se veut une fête partagée.

    Le Ciné Plein-Air à Marseille

    Le Ciné Plein-Air, du 30 juin au 26 septembre 2025, aux quatre coins de Marseille et à La Ciotat.
    Le Ciné Plein-Air à Marseille
    Le Ciné Plein-Air à Marseille

    D’une fierté qui passe par trois décennies gratuites sous les étoiles, le festival Ciné Plein-Air de Marseille réunit enthousiastes et fadas de cinéma, partout dans la ville et, pour la première fois, jusqu’à la Ciotat. De fin juin à fin septembre, les tombées de la nuit sont attendues, non seulement pour gagner en fraîcheur, mais aussi pour nourrir sa culture cinématographique tout un été. Les séances sont plurielles, l’exigence est mise sur les vibrations et l’ouverture, elle, demeure sans frontières. Des courts-métrages d’Agnès Varda projetés au musée d’art contemporain, à 2001 l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick sur la place du Mucem, en passant par Les Merveilles d’Alice Rohrwacher depuis le parc Longchamp, la programmation est aussi éclectique que la ville qui l’accueille.

    Le Cinéma en plein air à La Villette

    Le Cinéma en plein air fait son grand retour à La Villette cet été, du 23 juillet au 17 août 2025, Prairie du triangle.

    L’été dernier, le parc de La Villette accueillait les sportifs et enthousiastes du Club France pour des célébrations épiques, au rythme des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Désormais, la flamme s’est éteinte, mais son cinéma en plein air, lui, rallume les lumières. Curieux, connaisseurs, familles et troupes de cinéphiles s’installent dans la vaste étendue du plus grand parc intra‑muros de la capitale, les pieds dans l’herbe et la tête dans les étoiles. S’y articule une sélection de films intergénérationnels, de La La Land à Chicago, en passant par Le Magicien d’Oz.

    Le Cinéma en plein air à La Villette
    Le Cinéma en plein air à La Villette

    Les Instants d’été à Aix en Provence

    Les Instants d’été à Aix-en-Provence, du 6 juillet au 31 août 2025, au Parc Vendôme, à La Duranne, au Parc Saint-Mitre Ciam et au Parc du Château de l’Horloge.
    Les Instants d'été 2025
    Les Instants d’été

    Pour revoir ses classiques sous les étoiles, la Ville d’Aix-en-Provence et l’Institut de l’Image orchestrent la 22ème édition de son cinéma en plein air, Les Instants d’été. Niché en plein cœur du parc de Vendôme ou bien à celui du Château de l’Horloge, jusqu’à la dernière soirée d’août, les séances à ciel ouvert affichent une programmation variée, propice à l’émotion collective, entre Les Moissons du ciel et À bout de souffle, en passant par la projection du film Cézanne et moi, présenté par sa réalisatrice Danièle Thompson, et son interprète, Guillaume Gallienne, en écho à l’Année Cézanne 2025, dont l’atelier réside dans les hauteurs de la colline des lauves, face à la Saint-Victoire.

  • Un budget historique de 2 000 milliards d’euros dévoilé par l’UE

    Un budget historique de 2 000 milliards d’euros dévoilé par l’UE

    La Commission européenne a proposé mercredi 16 juillet le plus important budget à long terme de l’histoire de l’Union européenne, fusionnant les programmes de dépenses agricoles et régionales, jusqu’alors distincts en des plans nationaux spécifiques à chaque pays et créant un fonds de plus de 400 milliards d’euros pour relancer les industries européennes à la peine.

    Le cadre financier pluriannuel

    Le cadre financier pluriannuel (CFP) proposé par la Commission pour la période 2028-2034 s’élèvera à un peu moins de 2000 milliards d’euros, soit 1,26 % du revenu national brut (RNB) du bloc, a indiqué Ursula von der Leyen aux journalistes. Ce montant est bien supérieur au budget actuel, qui représente 1,13 % du RNB de l’Union.

    « Le prochain CFP sera le plus ambitieux jamais proposé. Il est plus stratégique, plus flexible, plus transparent, et nous investissons davantage dans notre capacité de réaction et dans notre indépendance » – Déclaration de l’exécutif européen.

    À titre de comparaison, le CFP précédent (2021 à 2027) était doté de 1 200 milliards d’euros, auxquels avaient été ajoutés 800 milliards supplémentaires provenant d’emprunts communs pendant la crise Covid.

    Le prochain cadre financier pluriannuel

    Répartition du budget 2028-2034 présenté le 16 juillet (chiffres en prix courants, exprimés en milliards d’euros).

    Les priorités

    Dans le contexte géopolitique actuel (tensions commerciales avec Washington et Pékin notamment), l’accent est mis sur la compétitivité et l’innovation, avec 450,5 milliards d’euros.

    La Politique agricole commune (PAC) et la politique de cohésion, qui, pendant des décennies, ont chacune représenté un tiers du budget de l’Union en accordant des subventions aux agriculteurs et des fonds de développement aux régions les plus pauvres d’Europe par le biais de quelque 500 programmes de financement distincts, devraient être regroupées en 27 «plans de partenariat nationaux et régionaux» — un par État membre —, a expliqué le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin. Ces plans représentent au total 865 milliards d’euros, soit moins de la moitié du budget total.

    « L’objectif du prochain CFP est un budget moderne et plus flexible qui s’appuie sur les succès passés et répond aux défis d’aujourd’hui, mais aussi de demain. Vous le verrez reflété dans les chiffres globaux, dans les nouvelles catégories de dépenses et dans les changements que nous avons apportés à la structure et aux principes du budget.» – le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin

    Un «Fonds pour la compétitivité», très médiatisé ces dernières semaines, visera également à «mobiliser» des centaines de milliards d’euros d’investissements privés dans des secteurs stratégiques, fusionnera jusqu’à douze initiatives distinctes afin de soutenir l’industrie européenne en difficulté et d’empêcher le bloc de prendre encore plus de retard sur la Chine et les États-Unis, a-t-il ajouté.

    Le troisième pilier du budget proposé par la Commission est un «Fonds pour une Europe mondiale» tout aussi novateur, doté de 200 milliards d’euros, qui regroupera des programmes auparavant distincts et allouera des fonds à six enveloppes régionales, notamment pour l’élargissement et les initiatives en matière de politique étrangère.

    En outre, Piotr Serafin a également confirmé que le projet de budget inclura le fonds hors budget de 100 milliards d’euros précédemment annoncé pour ancrer l’aide à long terme à l’Ukraine de 2028 à 2034.

    Les principaux piliers

    Répartition du Fonds (pilier I) et de la compétitivité (pilier II) du prochain CFP (chiffres en prix courants, exprimés en milliards d’euros).

    Répartition du Fonds - par Miriam Sáenz de Tejada • Source : Commission européenne
    Répartition du Fonds – par Miriam Sáenz de Tejada • Source : Commission européenne
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