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  • Les commémorations du 07 octobre dans le monde

    Les commémorations du 07 octobre dans le monde

    Ce 07 octobre marque la première année écoulée depuis le pogrom mené par le Hamas sur les terres d’Israël. Si cet acte en a entraîné d’autres, de part et d’autre, qui ne conduisent pas la région sur le chemin de la paix, ils ont été nombreux en Israël, en France et ailleurs dans le monde a organisé différents types d’hommages. Pour les Français de l’étranger, dans le cadre de notre dossier, on fait un point non exhaustif des évènements organisés sur la planète.

    Israël se souvient

    Il y a un an, le Hamas attaquait Israël, lors d’une offensive inédite. Les Israéliens se sont donc réunis pour commémorer la journée la plus meurtrière de l’histoire de l’Etat hébreu avec plus de 1 200 personnes tuées.

    Le chef du gouvernement israélien a rendu hommage aux morts, civils et militaires, et otages israéliens, lors d’une cérémonie à Jérusalem. Benyamin Nétanyahou y a déclaré qu’« Il est de notre devoir de ramener » les otages. Tandis que le ministre de la défense israélien Yoav Gallant a exprimé, lui, son engagement à tout faire pour « vaincre » les ennemis d’Israël, en guerre sur plusieurs fronts. « Nous sommes profondément engagés à continuer de prendre toutes les mesures nécessaires pour vaincre nos ennemis et défendre notre patrie »a-t-il déclaré dans un communiqué.

    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le maire de Jérusalem Moshe Lion allument des bougies à la mémoire des victimes du massacre du 7 octobre et des guerres qui ont suivi à Jérusalem le 7 octobre 2024. © Amos Ben Gershom/GPO
    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le maire de Jérusalem Moshe Lion allument des bougies à la mémoire des victimes du massacre du 7 octobre et des guerres qui ont suivi à Jérusalem le 7 octobre 2024. © Amos Ben Gershom/GPO

    En même temps, des sirènes d’alerte ont retenti à Tel-Aviv ; le Hamas a revendiqué des tirs de roquettes. Selon plusieurs médias israéliens, les débris n’ont pas causé de blessés graves. Tandis qu’au sud du Liban, l’armée israélienne mène « des frappes importantes sur des cibles terroristes du Hezbollah », a-t-elle fait savoir en début d’après-midi.

    Enfin, le président israélien, Isaac Herzog, a appelé le monde à « soutenir Israël dans son combat contre ses ennemis ». Pour lui,le 7 octobre 2023 a laissé « une cicatrice sur l’humanité (…) une cicatrice sur la face de la Terre », et « le monde doit se rendre compte et comprendre que pour changer le cours de l’Histoire et apporter la paix et un avenir meilleur à la région, il doit soutenir Israël dans son combat contre ses ennemis », écrit le président israélien, Isaac Herzog, dans un communiqué.

    Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot

    « Un an déjà qu’Israël vit à l’ombre de la guerre, une guerre qui touche au cœur même de la sécurité d’Israël, à laquelle la France est indéfectiblement attachée », a déclaré Jean-Noël Barrot sur le site du festival de musique Nova, où plus de 370 personnes ont été tuées par le Hamas le 7 octobre 2023, « une guerre dont le lot de souffrance s’alourdit chaque jour ».

    « Jamais la France n’abandonnera ses compatriotes, jamais la France ne cessera d’exiger du Hamas la libération inconditionnelle de tous les otages », a-t-il ajouté, alors que deux Français enlevés le 7-Octobre dans le sud d’Israël restent détenus à Gaza. « À nos quelque 180 000 compatriotes d’Israël, je le dis avec force, la France vous aime, la République sera toujours à vos côtés comme elle l’a été dans les premières heures de cette terrible épreuve », a-t-il ajouté.

    La visite de M. Barrot, ce 07 octobre, intervient sur fond de polémique entre la France et Israël après qu’Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de l’arrêt des livraisons à Israël d’armes pouvant servir dans la guerre dans l’enclave palestinienne. Des propos qui viennent renforcer la défiance des élus locaux. En effet, ces derniers lui reprochent déjà d’avoir minimisé l’impact de l’attaque iranienne. En conséquence, les 4 conseillers des Français de Tel-Aviv et de sa région n’ont pas assisté à la visite du ministre français à Ré’lm.

    En France, de nombreux hommages

    La France est un des pays qui a vu le plus de ses nationaux (hors Israel) tomber le 07 octobre. Le nombre des ressortissants français victimes des terroristes du Hamas à la suite des attentats du 7 octobre, que l’on pensait stabilisé, a en réalité était sous-estimé. Un an après les massacres et les enlèvements, l’État français revoit à la hausse le bilan des morts parmi nos compatriotes. Depuis que la dépouille du Franco-mexicain Orión Hernández-Radoux âgé de 32 ans a été retrouvée en mai dernier à Gaza, on comptait 43 morts de nationalité française. Sans ajouter à ceux-là Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi, les deux pères de famille encore aux mains du Hamas que leurs proches espèrent bien sûr en vie.

    Selon nos informations, ce sont 48 Français qui auraient été tués à la suite du « samedi noir ». Comment expliquer cette évolution ? Outre la difficulté à identifier les dépouilles, le recensement a été plus complexe du fait de la non-inscription sur les listes consulaires avant le 7 octobre. D’autres – qui n’avaient pas lancé les démarches administratives bien qu’enfants, petits-enfants de Français, mariés à des Françaises – se sont vus attribuer la nationalité française après le 7 octobre par décret présidentiel.

    Macron, les députés, le CRIF

     Afin de démontrer l’attachement du pays, le chef de l’État a reçu à l’Élysée Batsheva Yahalomi et Nissan Kalderon, l’épouse d’Ohad Yahalomi et le frère d’Ofer Kalderon, les deux otages français toujours retenus à Gaza à la suite de l’attaque du Hamas en Israël.

    Il s’agissait d’un entretien en tête-à-tête avec Emmanuel Macron d’une trentaine de minutes. « Les familles se déplacent en France essentiellement pour cette entrevue », révèle l’entourage des proches. Les familles des captifs ont exhorté le président de la République à les aider.

    Et Emmanuel Macron en cette journée du 07 octobre n’est pas le seul à se souvenir, les députés aussi. Députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France, qui comprend notamment Israël, Caroline Yadan a invité des députés de différentes tendances, à l’exclusion de la France insoumise et du Rassemblement national, à participer à son initiative. Sur la vidéo, réalisée au milieu de photos de victimes et d’otages du Hamas dans la salle Colbert du palais Bourbon, les participants récitent un texte du poète israélien Amiram Cooper, mort en captivité.

    Regarder la vidéo des députés français

    « Jamais nous ne céderons à l’oubli« , promet dans la vidéo la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. La grande majorité des participants sont issus du bloc présidentiel, ainsi que du groupe Droite républicaine, avec aussi la présence d’élus du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires. Quatre députés du groupe Socialistes y apparaissent également, dont Jérôme Guejd et Isabelle Santiago.

    En parallèle, à Paris, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées sur la place de Fontenoy pour soutenir Israël et honorer les victimes de l’attaque. Dès 15 heures, des manifestants de tous âges ont afflué autour d’une scène où orateurs et artistes se sont succédé, dans le cadre d’un événement organisé par le Fonds national juif (KKL). Ce rassemblement a également permis à plusieurs parents de victimes de prendre la parole. Parmi les personnalités présentes figuraient le président du Crif, Yonathan Arfi, et des politiques tels que la députée Constance Le Grip. Avant la prestation d’artistes comme le chanteur Amir, des vidéos du 7 Octobre ont été projetées sur des écrans géants, suscitant des cris de colère dans la foule : « Bandes de terroristes, monstres, nazis, ordures ! »

    À Paris, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées sur la place de Fontenoy pour soutenir Israël et honorer les victimes de l'attaque.© Louise Delmotte/AP/SIPA / SIPA / Louise Delmotte/AP/SIPA
    À Paris, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées sur la place de Fontenoy pour soutenir Israël et honorer les victimes de l’attaque.© Louise Delmotte/AP/SIPA / SIPA / Louise Delmotte/AP/SIPA

    Pour conclure cette journée du 07 octobre, une soirée, au Dôme de Paris a été organisée par le Crif . L’objectif est bien sûr de rendre hommage, en présence de plusieurs ministres dont Michel Barnier, aux victimes françaises mais pas uniquement. Quelque 4.000 personnes étaient attendues pour cette cérémonie « en hommage aux victimes » et « en soutien aux otages toujours retenus captifs », où des vidéos et de photos d’otages seront diffusées.

    Des hommages dans tout l’Occident

    De l’autre côté de la Manche, à Londres, des milliers de personnes se sont rassemblées, sous une légère pluie, ce 07 octobre, à l’initiative de plusieurs organisations représentant la communauté juive, comme le Board of Deputies of British Jews. Regroupés à Hyde Park, les manifestants ont scandé « Libérez les otages maintenant », autour d’une grande scène. La commémoration, qui a duré plus de deux heures, a été ponctuée de discours émouvants et de musique. Des portraits des 1 205 personnes tuées lors des attaques du 7 Octobre ont été projetés sur un écran géant, tandis que des bougies étaient distribuées au public en hommage aux victimes.

    Rassemblés à Hyde Park, à Londres, des manifestants ont scandé « Libérez les otages maintenant ».© Guy Bell/Shutterstock/SIPA / SIPA / Guy Bell//SIPA
    Rassemblés à Hyde Park, à Londres, des manifestants ont scandé « Libérez les otages maintenant ».© Guy Bell/Shutterstock/SIPA / SIPA / Guy Bell//SIPA

    À Genève, environ 300 personnes se sont rassemblées devant le siège de l’ONU pour honorer les victimes du 7 Octobre. Les participants ont affiché des portraits des personnes enlevées par le Hamas, accompagnés de messages poignants. Une immense affiche posée au sol proclamait : « Nous ne nous arrêterons pas tant qu’ils ne seront pas tous revenus », tandis qu’une autre rappelait : « 101 otages sont détenus à Gaza. »

    À Genève, environ 300 personnes se sont rassemblées devant le siège de l'ONU pour honorer les victimes du 7 octobre.© Cyril Zingaro/AP/SIPA / SIPA / Cyril Zingaro/AP/SIPA
    À Genève, environ 300 personnes se sont rassemblées devant le siège de l’ONU pour honorer les victimes du 7 octobre.© Cyril Zingaro/AP/SIPA / SIPA / Cyril Zingaro/AP/SIPA

    À Berlin, environ 500 personnes se sont réunies près de la porte de Brandebourg pour exprimer leur soutien à Israël. Beaucoup brandissaient le drapeau israélien et affichaient des photos d’otages. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a profité de l’occasion pour mettre en garde contre la montée de l’antisémitisme en Allemagne, déclarant : « Les citoyens juifs ne devraient pas vivre dans la peur. Nous ne tolérerons jamais l’antisémitisme ni la haine envers Israël ». En 2023, plus de 5 000 incidents antisémites ont été signalés en Allemagne, dont une part significative a eu lieu après le 7 octobre.

    En Allemagne, les manifestants se sont rassemblés porte de Brandebourg, à Berlin. © snapshot/Future Image/Jean MW/Sh/SIPA / SIPA / snapshot/Future Image/Jean MW/Sh
    En Allemagne, les manifestants se sont rassemblés porte de Brandebourg, à Berlin. © snapshot/Future Image/Jean MW/Sh/SIPA / SIPA / snapshot/Future Image/Jean MW

    À New York, des centaines de personnes se sont réunies à Central Park pour commémorer ce 07 octobre. Le rassemblement était dirigé par la famille d’Edan Alexander, l’un des otages liés au New Jersey capturés lors des attentats. En octobre dernier, des membres de la famille d’Alexander, ainsi que des centaines d’autres personnes, s’étaient réunis à Tenafly pour prier pour le retour sain et sauf des otages.

    À New York, des centaines de personnes se sont réunies à Central Park. © Stephani Spindel / REUTERS
    À New York, des centaines de personnes se sont réunies à Central Park. © Stéphanie Spindel / REUTERS
  • « Témoignages des Français d’Israël » : l’impact sur les relations économiques avec la CCIIF

    « Témoignages des Français d’Israël » : l’impact sur les relations économiques avec la CCIIF

    L’attaque du Hamas sur Israël a apporté son lot de souffrances, qu’elles soient physiques ou bien psychologiques. Quelles conséquences ce drame a-t-il également engendrées sur le plan commercial ? Depuis ce jour, quels sont les impacts observés dans les relations économiques entre Israël et le France ? Pour y répondre, dans le cadre de sa série « Témoignages des Français d’Israël », Lesfrancais.press a interrogé le Dr Daniel Rouach. Président de la CCIIF (Chambre de Commerce et d’Industrie Israël-France) de 2012 à début 2024. Il en est aujourd’hui le Président d’honneur. Pour cet expert économique, également professeur à l’ESCP et à l’Université de Tel-Aviv, actuellement, sur certains aspects, « on retrouve une période similaire à celle du COVID ». Explications en détail dans cette interview.

    Lesfrancais.press : « Dr Daniel Rouach, tout d’abord, nous sommes 1 an après le 7 octobre 2023, quel souvenir avez-vous de ce jour, et comment aviez-vous appris l’existence de cette attaque ? »

    Dr Daniel Rouach : « J’étais au Sud de Tel-Aviv ce matin du 7 octobre 2023. J’ai couru me réfugier à perdre haleine dans mon abri. Très vite j’ai compris que cette fois-ci rien n’était comme avant. Un silence assourdissant. La télévision israélienne a décidé de se mettre en direct. L’horreur de là guerre en direct. C’est la société civile qui a sauvé le pays. Des centaines de groupes sur les réseaux de messageries connus se sont mis en route pour sauver le pays et tenter de limiter le nombre de morts et blessés. Des actes héroïques ont eu lieu. Pour ma part j’ai fait du bénévolat. »

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    Lesfrancais.press : « Quel message souhaiteriez-vous partager en ce 7 octobre 2024 ? »

    Dr Daniel Rouach : « Mon message est simple : le pays est fort, très fort. Car dans les périodes les plus sombres de son histoire une solidarité sans faille voit le jour. Il faut le voir pour le croire. »

    Lesfrancais.press : « Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre et les événements qui ont pu suivre, les entreprises françaises continuent-elles à investir en Israël ?

    Dr Daniel Rouach : « Les firmes françaises sont bien là. Aucun grand groupe n’a quitté le pays. Les investissements français en Israël n’ont jamais été très importants.

    « Depuis le 7 Octobre 2023 aucune délégation d’affaires est venue en Israël. Le tourisme est au niveau zéro. On retrouve une période similaire à celle du COVID. »

    Dr Daniel Rouach, président d’honneur de la CCIIF

    Carrefour marque les esprits des Israéliens qui découvrent, entre autres, de nouveaux produits à prix attractifs. Depuis le 7 Octobre 2023 aucune délégation d’affaires est venue en Israël. Le tourisme est au niveau zéro. On retrouve une période similaire à celle du COVID. Les Israéliens se déplacent en France pour les salons. Tous les rendez-vous qui devaient avoir lieu en Israël se font en France. Les entreprises françaises continuent-elles à investir en Israël ?  Réponse : oui, mais faiblement. »

    Lesfrancais.press : « Et du côté Israélien, les chefs d’entreprise gardent-ils leur confiance en la France ou bien se tournent-ils vers d’autres pays ? »

    Dr Daniel Rouach : « Grâce à Vivatech et aux initiatives incessantes de Maurice Levyet des actions des Ambassades et Chambres de Commerce les start-ups israéliennes ont pris conscience que la France est un grand pays d’innovation et de technologie de rupture. Les Israéliens gardent toujours une grande confiance en la France, malgré un incident notoire (en juin 2024, les exposants israéliens au salon de défense Eurosatory ont été soudainement écartés par les organisateurs. Le tribunal saisi en référé, c’est-à-dire en urgence, le tribunal a alors considéré que la décision de la société organisatrice, Coges Events d’exclure les 74 exposants israéliens était « discriminatoire.)

    « Les Israéliens gardent toujours une grande confiance en la France » – Dr Daniel Rouach, président d’honneur de la CCIIF

    Le high-tech israélien en France est florissant. Les PDG israéliens restent très discrets sur la nature des grands contrats signés. Des firmes comme Check Point continuent leur progression. Il est clair que d’autres marchés en Asie (Inde, Japon, Singapour…) sont devenus vitaux pour les Israéliens, très solides dans les technologies militaires. L’image de la France reste bonne. »

    Lesfrancais.press : « Dans une économie en proie à la guerre, quels conseils donneriez-vous à nos compatriotes sur place ? »

    Dr Daniel Rouach : « Mes conseils sont simples : l’économie du pays ne vacille pas. Il y a très peu de faillites. Aussi, il est important de ne pas prendre de décisions hâtives. Sur le plan personnel, je préconise de rester en permanence proche d’abris antimissiles, avec au moins deux téléphones cellulaires en main. Et surtout, de ne pas paniquer ! Il faut garder son sang-froid. L’Ambassade France en Israël est très efficace en cas d’urgence. Enfin, je conseillerai aussi d’éviter d’organiser des visites touristiques, même à Jérusalem. »

  • « Témoignages des Français d’Israël » : Eric Bellaiche, élu à Jérusalem

    « Témoignages des Français d’Israël » : Eric Bellaiche, élu à Jérusalem

    Le 7 octobre 2023, Israël a connu une véritable journée en enfer. 1 an après, comment vit notre communauté française à Jérusalem et dans ses alentours ? Pour y répondre dans le cadre de notre série sur les témoignages des Français d’Israël, nous recevons Eric Bellaiche, Conseiller des Françaises et des Français pour cette région. Élu sur une liste d’Union de la droite et du centre en 2021, il est aussi le président du conseil consulaire. Pour Lesfrancais.press, il partage ainsi son témoignage sur la situation.

    Depuis le 7 octobre 2023, les Français de Jérusalem sont-ils plus en sécurité qu’en France ?

    La rédaction du site Lesfrancais.press a donc pu joindre le président du conseil consulaire qui représente nos ressortissants vivant dans la circonscription de Jérusalem. Par son mandat, Eric Bellaiche est ainsi en contact direct avec notre communauté sur place. Interrogé sur le ressenti des Français, il nous informe que nos compatriotes, 1 an après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, sont effectivement « inquiets et préoccupés par la situation. » Pour autant, nous précise-t-il, ils restent « néanmoins confiants en l’avenir et en l’armée d’Israël ».

    « Nos compatriotes se sentent bien plus en sécurité ici en Israël qu’en France »

    Dr Eric Bellaiche, président du conseil consulaire – Français de Jérusalem

    Avec cette montée de la violence et dans un pays en guerre, la question du départ de nos compatriotes d’Israël vers Paris peut se poser. Les événements de la semaine dernière, avec le tir de missiles sur Israël depuis l’Iran, sont une nouvelle escalade dans la violence que connaît notre diaspora à Jérusalem. Aussi, Eric Bellaïche conseillerait-il à nos ressortissants habitant encore en Israël à (re)venir vivre en France ? La réponse de notre grand témoin est sans détour : « Certainement pas !!!! »

    Le consulat de france jerusalem
    Le consulat de France à Jérusalem

    Il observe aussi que « l’inverse est vrai ». Les départs de la France vers Israël s’accroissent. En effet, le nombre d’Alyah, c’est-à-dire l’acte d’immigration en Terre d’Israël depuis la France, augmente. Pour notre témoin, il y a une explication : « nos compatriotes se sentent bien plus en sécurité ici en Israël qu’en France, ou l’antisémitisme prend des proportions méconnues depuis la seconde guerre mondiale ». Selon l’élu consulaire, ce contexte antisémite en France s’explique aussi par l’attitude d’un parti politique et de leurs représentants, notamment de La France Insoumise :

    « Certains élus de LFI soufflent sur les braises (de l’antisémitisme) pour des raisons bassement électorales. »

    Dr Eric Bellaiche, président du conseil consulaire – Français de Jérusalem

    Puis, nous avons demandé à Eric Bellaiche si les demandes de notre diaspora vivant à Jérusalem ou dans sa région vis-à-vis des autorités françaises se sont intensifiées ou pas ces dernières semaines. Il n’y a « pas de grands changements » constate-t-il. Il nous a aussi informés que « les services du consulat de France à Jérusalem fonctionnent correctement. » La continuité du service public est donc, pour le moment, assurée.  

    1 an après le 7 octobre, quel message souhaite partager en ce jour de souvenir Eric Bellaiche ?

    « Malgré l’atrocité du 7 octobre 2023, et les autres agressions dont Israël a été victime, l’éternité d’Israël ne sera jamais démentie ».

    Dr Eric Bellaiche, président du conseil consulaire – Français de Jérusalem

    En conclusion de l’échange que la rédaction a pu avoir, dans le cadre de sa série de témoignages des Français d’Israël, avec Eric Bellaiche, le président du conseil consulaire a souhaité lancer l’appel suivant : « j’invite nos concitoyens à nous rejoindre ici en Israël, car c’est ici que s’écrit et se poursuit l’histoire plurielle millénaire du peuple juif ».

  • « Témoignages des Français d’Israël » : Daphna Poznanski-Benhamou, élue à Tel-Aviv

    « Témoignages des Français d’Israël » : Daphna Poznanski-Benhamou, élue à Tel-Aviv

    Daphna Poznanski-Benhamou est élue au conseil consulaire représentant les Françaises et les Français de Tel-Aviv et de sa région. Elle est également membre de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Le 7 octobre 2023 est « un jour du présent « que nous partage notre invitée. Dans cette interview réalisée dans le cadre de notre série sur les Témoignages des Français d’Israël, c’est aussi un témoignage plus large de ce que vivent et ressentent nos ressortissants français sur place.  Un an après, quelle est la situation des Français dans cette partie d’Israël ? Un entretien Lesfrancais.press

    Lesfrancais.press : « Un an après le 7 octobre, quel message souhaiteriez-vous partager en ce jour de souvenir ? »

    Daphna Poznanski-Benhamou : « Jour du souvenir, non, jour du présent. Pour nous tous ici, nous vivons depuis le 7 octobre dernier avec un grand vide en nous, comme si toutes les personnes massacrées nous manquaient intimement. Nous vivons encore sous le choc initial du plus grand pogrom commis depuis la Seconde Guerre mondiale. Près de 1200 civils, dont 48 Français, ont été massacrés. Sur les 101 otages encore aux mains du Hamas, on compte deux Français, Ofer Calderon et Ohad Yahalomi. Le 7 octobre 2023, c’était un jour de fête juive. Et là, nous atteignons un point fondamental. Pour le Hamas, choisir cette date, c’était frapper des croyants dans un moment de célébration.

    « Pour nous tous ici, nous vivons depuis le 7 octobre dernier avec un grand vide en nous ».

    Daphna Poznanski-Benhamou, élue à l’AFE et au conseil consulaire – Français de Tel-Aviv-Haïfa

    Cette attaque si symbolique nous entraîne loin du conflit israélo-palestinien. Elle nous fait entrer de plain-pied dans une guerre de religion, ce que tous ceux qui, comme moi, ont combattu pour la paix, ont toujours réfuté. Ne nous sommes-nous pas trompés ? Les pacifistes des kibboutz qui s’occupaient de faire soigner les enfants gazaouis dans les hôpitaux israéliens ont été les premiers à tomber sous les coups des terroristes du Hamas. Les voix des suppliciés nous interpellent encore.

    Daphna Poznanski-Benhamou
    Daphna Poznanski-Benhamou à Paris pour la cérémonie de la Flamme sous l’Arc de Triomphe

    Un message après le 7 octobre 2023 ? Il sera double : empêcher par tous les moyens un 7 octobre bis, comme celui que le Hezbollah avait préparé dans ses tunnels le long de la frontière israélo-libanaise sous le nez de la FINUL (La Force intérimaire des Nations unies au Liban), un plan intitulé  » Conquête de la Galilée « , et continuer de refuser tous les extrémismes. »        

    Lesfrancais.press : « Vous êtes élue dans la circonscription de Tel Aviv, depuis les attaques du Hamas, et avec cette escalade des missiles tirés depuis l’Iran de la semaine dernière, quel est le ressenti de nos compatriotes sur place ? »

    Daphna Poznanski-Benhamou : « Pour les 180 000 Français d’Israël, la première communauté française au Proche-Orient, le traumatisme du 7 octobre ne passe pas ni la colère contre tous ceux qui dénient à Israël le droit d’exister ni la détermination à ce qu’Israël existe ni l’absolue nécessité du  » Plus jamais ça « . Ils sont écœurés devant la désinformation mise en œuvre par le Hamas et ses séides en Europe et dans le monde et indignés face à l’utilisation électoraliste du conflit par l’extrême gauche française, notamment par LFI (La France Insoumise).

    « Je tiens à rendre un très chaleureux hommage aux Français d’Israël pour leur courage (…) et leur Fraternité ».

    Daphna Poznanski-Benhamou, élue à l’AFE et au conseil consulaire – Français de Tel-Aviv – Haïfa

    Ils ont fait montre d’une extraordinaire solidarité pour venir en aide aux plus impactés par la guerre. Je tiens ici à rendre un très chaleureux hommage aux Français d’Israël pour leur courage et la façon dont ils illustrent au quotidien le mot si français de  » Fraternité « . »   

    Lesfrancais.press : « Avec la guerre qui semble durer et s’intensifier, faut-il s’attendre à un retour en masse de nos expatriés en France ? » 

    Daphna Poznanski-Benhamou : « Nous n’avons jamais constaté de retours en masse des Français d’Israël lors des autres guerres. Après le 7 octobre, le Quai d’Orsay a évacué environ 3800 Français, mais nombre d’entre eux étaient des touristes abandonnés par Air France et Transavia. Un retour en France ? Je n’ai eu aucune information en ce sens. Il faudrait poser la question autrement. Pourquoi les Français d’Israël ont-ils quitté la France ?

    « Depuis octobre 2023, près de 2000 Français juifs se sont installés en Israël ».

    Daphna Poznanski-Benhamou, élue à l’AFE et au conseil consulaire – Français de Tel-Aviv Haïfa

    Par idéalisme ou bien à cause de l’antisémitisme qui frappe en France depuis des années à tous les niveaux de la société. La guerre ne modifie pas ces motifs. Au contraire, combien de Français d’Israël souhaitent-ils se voir contraints à devenir en France des Français juifs  » transparents  » pour éviter l’antisémitisme d’atmosphère ? Depuis octobre 2023, près de 2000 Français juifs se sont installés en Israël. »  

    Lesfrancais.press : « Et qu’attendez-vous des autorités françaises pour accompagner nos ressortissants qui restent vivre en Israël ? »

    Daphna Poznanski-Benhamou : « Quelques heures avant l’attaque iranienne, l’Ambassade de France et nos Consulats avaient réuni par zoom le Comité de Sécurité avec tous les chefs d’îlots. Ce genre de réunion étant confidentiel, vous comprendrez que je n’en dirai rien. Je ne peux rien demander de plus à nos équipes consulaires qu’elles ne fassent déjà. Lors de cette réunion, j’ai tenu à saluer leur dévouement exemplaire auprès des familles d’otages et d’ex-otages, auprès des familles françaises touchées par la guerre, en particulier, des familles évacuées du Nord et du Sud d’Israël. »   

    Reçue dans le cadre de notre série de témoignages des Français d’Israël, Daphna Poznanski-Benhamou a aussi publié un livre intitulé « Les Enfants de la Guerre d’Algérie », paru aux éditions Ramsay.  Cet ouvrage vient d’ailleurs de remporter le prix littéraire « Histoire-Mémoire 2024 » de la Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie. La cérémonie aura lieu le 7 novembre prochain à Paris. L’auteure dédie ses pages « à tous les enfants de toutes les guerres ».

  • Caroline Yadan : le 7 octobre, « une douleur toujours aussi forte »

    Caroline Yadan : le 7 octobre, « une douleur toujours aussi forte »

    Écouter le podcast de Caroline Yadan

    Le 7 octobre 2023 restera à jamais un jour ensanglanté dans la mémoire de l’Histoire. L’attaque sur Israël orchestrée par le Hamas a bouleversé la vie de centaines de milliers de personnes. En ce jour anniversaire, 1 an après, et alors que la guerre continue, Lesfrancais.press donne la parole à celles et ceux qui ont vécu ce drame. Notre invitée, Caroline Yadan est députée des Français de l’étranger. Sa circonscription couvre, entre autres, nos ressortissants vivant en Israël et dans les territoires palestiniens. Pour nous, elle se souvient, elle nous confie son ressenti, « une douleur toujours aussi forte », et nous parle, sans tabou, de la situation actuelle.  

    Des massacres génocidaires et un antisémitisme exacerbé

    Comme pour le 11 septembre 2001, ils sont nombreux à se souvenir du moment où ils ont appris ce qui se passait alors en Israël. Notre invitée évoque « sa sidération face à un événement qui était inimaginable ».  Partageant son ressenti, la parlementaire poursuit ainsi :

    « le 7 octobre, ce sont des massacres sans précédent, ils s’en sont pris aux juifs, parce que juif, avec une intention génocidaire exacerbée… » Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Ce qui a également fortement marqué notre invitée, c’est « la dimension inconnue jusqu’àlors, celle d’une dimension de diffusion des images, de diffusion de cette barbarie dans une pornographie de l’horreur absolue,… ». Ce que la parlementaire partage, c’est une forme de cauchemar devenu une réalité ce 7 octobre 2023, et dans les jours qui ont suivi. 1 an après, « la douleur est toujours aussi forte » nous dit-elle.

    Français d’Israël

    Au cours de cette interview, Caroline Yadan parle aussi des otages encore détenus. Et, elle constate, avec d’autres, que ces événements ont entraîné des « couches successives de traumatismes ». Surtout,

    « Au lieu d’entraîner une empathie généralisée du monde entier, ces massacres du 7 octobre ont eu pour conséquence une exacerbation (…) de l’antisémitisme ». Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Une inversion des valeurs se serait donc opérée. À notre micro, la députée donne les étapes successives de ce cheminement pour aboutir à ce que les victimes deviennent les bourreaux, et inversement. Il y a « une volonté de négationnisme » affirme-t-elle.

    La France Insoumise, un parti antisémite ?

    La France n’est pas épargnée. Les actes antisémites se sont multipliés. Jean-Luc Mélenchon, leader du parti politique « La France Insoumise » est accusé d’avoir une part de responsabilité dans cette évolution de la situation. C’est sans ambages que notre invitée déclare :

    « LFI est devenue le premier parti antisémite de France »

    Caroline Yadan, députée de la 8eme circonscription des Français de l’étranger

    Par ses propos, LFI « reprend la rhétorique du Hamas » nous explique la parlementaire au cours de cette interview. Par ses positions constate Caroline Yadan, ce parti « renforce la haine des Juifs en France ».  En dehors de la France ce phénomène prend aussi de l’ampleur.

    Caroline Yadan députée de la 8eme circonscription des Français de l'étranger
    Caroline Yadan députée de la 8eme circonscription des Français de l’étranger

    En Belgique par exemple. Certains candidats aux élections se déclarent pro palestinien. Dès lors, faudrait-il interdire les partis politiques qui s’en revendiquent ? Dans sa réponse, notre invitée effectue une distinction entre ceux qui souhaitent la paix et les soutiens au Hamas.

    Retour en France des Français d’Israël ou Alyah ?

    Actuellement députée des Français d’Israël et des territoires palestiniens, la membre du Groupe « Ensemble pour la République » présidé par Gabriel Attal à l’Assemblée nationale partage aussi le ressenti de nos ressortissants vivant sur place. Avec la guerre qui semble s’installer, doit-on également s’attendre à un retour en masse sur le territoire national des Français d’Israël ?

    « Contre toute attente (…) les Français d’Israël ne partent pas, et il y a une Alyah massive »

    Caroline Yadan, députée de la 8eme circonscription des Français de l’étranger

    Autre point, l’ancien député LR Meyer Habib était réputé très proche du parti au pouvoir en Israël et de son Premier Ministre Benyamin Netanyahou.

    @adobestock
    @adobestock

    Aussi, quel accueil les autorités israéliennes ont-elles donc réservé à la nouvelle parlementaire ? Sans détour, l’avocate de profession nous répond « je suis députée des Français qui habitent en Israël » et continue son propos en indiquant ;

    « Je n’ai aucun contact avec le gouvernement Israélien. » Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Quant à la position de la France sur ce qui se passe actuellement, notre interlocutrice du jour explique, au cours de ce podcast, les raisons de sa « prise de distance » avec notre pays et sur sa stratégie au Moyen-Orient.

    Une vidéo transpartisane réalisée en hommage aux victimes du 7 octobre

    Cependant, sous l’impulsion de Caroline Yadan, une vidéo rassemblant plusieurs députés a été tournée. Il s’agit de rendre hommage aux victimes du 7 octobre. Un poème y est notamment lu. Il s’agit d’un écrit d’Amiram Cooper, israélien et fondateur du Kibboutz Nir Oz. Il a été un otage du Hamas et il est mort en captivité à Gaza.

    « C’est notre humanité qui a parlé (dans cette vidéo) en dépassant toutes les clivages politiques »

    Caroline Yadan, députée des Français établis hors de France

    Ni le RN ni LFI n’ont été conviés à ce tournage. C’était le choix de notre la députée à l’origine de ce clip.

    Enfin, pour conclure, y a-t-il encore une chance de revoir les derniers otages en vie ? Et, au-delà des événements de ces derniers jours, la paix est-elle encore possible ? Mais, pour la députée, « on ne fait pas la paix avec ceux qui veulent vous détruire ». Pour autant, « rien n’est impossible » !

    Ecoutez l’intégralité du témoignage de Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger, sur le massacre du 7 octobre et la situation actuelle de nos compatriotes en Israël et dans les territoires palestiniens. Un an après l’attaque du Hamas, un podcast Lesfrancais.press

  • Le 07 octobre 2023 : un an après !

    Le 07 octobre 2023 : un an après !

    Un an jour pour jour après le 7 octobre, Israël commémore la journée la plus dure de son histoire, alors que la société reste plongée dans un traumatisme collectif. Il est paradoxal de penser à tout ce qui s’est passé en Israël et au Moyen-Orient depuis ce samedi fatidique, alors que dans les communautés attaquées, le temps s’est arrêté, comme si ce jour ne s’était jamais terminé. Retour sur une journée fatidique.

    Pour rappel, le 07 octobre 2023, au cours de son invasion terrestre, aérienne et maritime, le Hamas a tué 1 200 personnes – pour la plupart des civils – et en a enlevé 240 autres, dont 101 sont toujours détenues dans la bande de Gaza dont 2 Français.

    Déluge d’Al-Aqsa VS Glaives de fer 

    Cinquante ans et un jour après le début de la guerre du Kippour, le Hamas a attaqué Israël, samedi 7 octobre. À l’aube, des milliers de roquettes ont été lancées de la bande de Gaza et des membres des Brigades Ezzedine Al-Qassam – la branche armée du mouvement islamiste – ont pénétré le territoire israélien en franchissant une frontière considérée comme l’une des plus sécurisées du monde et en déjouant le Dôme de fer, le dispositif de défense antiaérienne de l’Etat hébreu.

    Le 10 octobre, des soldats israéliens à Kfar Aza. © JACK GUEZ / AFP
    Le 10 octobre, des soldats israéliens à Kfar Aza. © JACK GUEZ / AFP

    C’est l’opération « Déluge d’Al-Aqsa », à laquelle Israël répond quelques heures plus tard par l’opération « Glaives de fer ». L’attaque surprise du Hamas est sans précédent depuis la création d’Israël, en 1948.

    En ce shabbat marquant le dernier jour des fêtes juives de Souccot, des centaines d’hommes armés du mouvement islamiste palestinien Hamas s’infiltrent au petit matin dans le sud du pays à partir de la bande de Gaza. Ils tuent à l’aveugle dans la rue, dans les maisons de plusieurs villes et kibboutz, ou en pleine rave-party. Aux 767 civils recensés par le Bitouah Léoumi s’ajoutent 20 civils (19 Israéliens et un Tanzanien) emmenés comme otages dans la bande de Gaza et dont l’armée israélienne a confirmé qu’ils étaient morts. S’ajoutent également 60 policiers, 10 membres du Shin Bet, et 306 soldats tués le 7 octobre et dans les trois jours qui ont suivi. Une personne reste portée disparue.

    Les données du Bitouah Léoumi ne permettent pas de distinguer le nombre des victimes du Hamas de celui des civils tués par les forces israéliennes dans les combats lors de la reprise des kibboutz et des villes attaquées, opération pendant laquelle l’armée a eu recours à des tirs nourris d’obus et de roquettes sur des zones habitées pour déloger les assaillants, selon des témoignages recueillis par l’AFP et des médias israéliens.

    La plus jeune victime officiellement reconnue est un nouveau-né mort 14 heures après sa naissance à l’issue d’une césarienne pratiquée en urgence sur sa mère enceinte de 9 mois et blessée par balles. La plus âgée est une vieille dame de 94 ans.

    En représailles à l’attaque, le gouvernement israélien a juré d’anéantir le Hamas. Depuis le 7 octobre, plus de 27.000 Palestiniens, en grande majorité des femmes et des mineurs, ont été tués dans la bande de Gaza par les bombardements et les opérations militaires israéliennes, selon le ministère de la Santé du Hamas.

    2 Français encore captifs

    Deux des 8 Français pris en otage le 7 octobre 2023 seraient encore en vie : Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi, deux habitants du kibboutz Nir Oz, frontalier de la bande de Gaza, que certains médias ont décrit comme un village pastoral, « symbole d’un socialisme à visage humain » et d‘une gauche israélienne pacifiste.

    Les deux quinquagénaires exerçaient le même métier de menuisier et faisaient partie, semble-t-il, de familles tournées vers l’espoir de paix avec leurs voisins palestiniens. Bien loin du comportement des colons israéliens en Cisjordanie, les habitants de ce kibboutz organisaient ainsi régulièrement des transports de malades palestiniens vers les hôpitaux israéliens.

    Le 07 octobre 2023 : un an après !
    Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi ©AFP

    Depuis, aucune nouvelle n’a été rapportée concernant le sort des deux otages. Emmanuel Macron a déclaré, lors du premier Conseil des ministres du gouvernement Barnier, le 21 septembre, qu’il comptait recevoir leur famille ce 7 octobre 2024.

    Mais, tout comme pour les 62 autres personnes enlevées, qui n’ont ni été libérées ni comptabilisées parmi les morts, il n’existe aujourd’hui aucune information précise sur leur état de santé. Dans une récente déclaration, lors d’une réunion de la Knesset, dimanche 22 septembre, Benyamin Netanyahou aurait toutefois affirmé qu’une cinquantaine d’otages encore captifs à Gaza seraient en vie.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.10.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.10.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le 07 octobre. Ce flash quotidien des expatriés sera consacré, en hommage aux victimes de l’attaque du Hamas, au dossier spécial publié ce lundi par la rédaction du site Lesfrancais.press. Dans nos titres : Hommage en France – Annulation possible en Israël – Ces Français qui témoignent

    En France, le rendez-vous est donné à 20h, au Dôme de Paris

    Alors qu’il n’y aura finalement pas de « temps de recueillement» à l’école, comme cela avait été évoqué, une cérémonie d’hommage aux victimes du 7 octobre se tiendra bien à 20h, au Dôme de Paris, ce lundi. Organisée par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), elle se déroulera en présence du Premier ministre, Michel Barnier, et devrait s’articuler autour de la diffusion de vidéos et de photos d’otages. Le président du Crif, Yonathan Arfi, prendra la parole en présence de plusieurs personnalités, notamment des élus et des intellectuels. 

    Le Palais des Sports Dôme de Paris
    Le Palais des Sports Dôme de Paris

    Des hommages sous haute sécurité en Israël

    L’armée israélienne redouble de vigilance à l’approche du premier anniversaire de l’attaque du Hamas. Les forces de sécurité sont en état d’alerte maximale, craignant de possibles attentats visant à marquer à l’année du 7 octobre, tout en préparant une riposte aux récents tirs de missiles iraniens. Le général Herzi Halevi, chef d’état-major, a réaffirmé la détermination d’Israël à poursuivre ses opérations contre le Hezbollah « sans relâche ». Cependant, suite à l’attentat de ce dimanche, des voix s’élèvent dans le pays pour demander l’annulation des cérémonies prévues. Réponse ce lundi.

    1400 bougies ont été allumées lundi 6 novembre 2023 à Jérusalem, devant le mur des Lamentations. AFP/Fadel Senna
    1400 bougies ont été allumées lundi 6 novembre 2023 à Jérusalem, devant le mur des Lamentations. AFP/Fadel Senna

    Les Français d’Israël toujours marqués

    Dans un dossier spécial à retrouver sur le site Lesfrancais.press, les Français d’Israël témoignent. Parmi eux, Caroline Yadan, Meyer Habib, mais aussi les élus consulaires de Tel-Aviv et de Jérusalem, et le président de la Chambre de commerce France-Israël. Tous témoignent de la douleur toujours présente, de la tension palpable dans les rues des Paris, ils s’inquiètent de l’antisémitisme en France mais ils portent aussi des messages d’espoir et rappellent, en pleine crise diplomatique entre Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahou, l’amitié qui lie nos deux pays. 7 articles à retrouver sur Lesfrancais.press.

    C’est ainsi qu’on termine le premier bulletin des Français de l’étranger de cette semaine. Toute la rédaction se joint à moi pour déclarer notre solidarité aux familles des deux otages français encore détenus à Gaza. Bon lundi à toutes et à tous !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • L’impôt ne paie pas les dettes. Les pauvres, oui.

    L’impôt ne paie pas les dettes. Les pauvres, oui.

    Fisc était le nom modeste panier d’osier, devenu synonyme du trésor public, lui-même panier percé. Le fisc est censé remplir le panier, ce qui n’arrive jamais. Plus l’impôt rentre, plus l’Etat se réjouit, anticipe, dépense, s’endette. La capacité de lever l’impôt est une garantie pour les prêteurs, d’où, longtemps, la bonne note de la France. D’où, surtout, sa dette impressionnante.

    L’administration fiscale a le génie de l’impôt, elle en a inventé entre 400 et 1000, nul ne sait exactement, parce qu’elle ne sait pas compter. En témoigne l’erreur budgétaire des mathématiciens de Bercy de seulement 1,5 % du PIB, quelque 60 milliards.

    Pierre le Grand avait inventé un impôt sur la barbe, le fisc a créé des impôts sur la possibilité d’avoir une barbe. Cela s’appelle les plus values « latentes ». Vous n’avez pas gagné cet argent, mais vous pourriez le gagner, petit malin ! Aussi La France a-t-elle, hors Corée du Nord et Cuba, le record mondial des prélèvements, et, comme les deux sont liés, une dette mirobolante. Aujourd’hui, bêtement, les préteurs s’inquiètent.

    Pour la première fois depuis toujours, la France emprunte à des taux supérieurs à ceux de la Grèce, de l’Italie, du Portugal, de l’Espagne. Ces mal notés ont fait des efforts, à commencer par les pauvres.

    La solution à la dette ? Toujours l’impôt. À condition qu’il soit populaire. Seuls les riches paieront. Vraiment ?

    Qui paie l’impôt des riches ? Tout le monde. Les riches et les grandes entreprises paient un peu moins.

    Qui paie l’impôt des riches ? Tout le monde. Avec un petit bémol : les riches et les grandes entreprises paient un peu moins que les autres : ils profitent de l’écrasement des salaires et de la concurrence.

    L’impôt sur les barbes n’est pas payé par les barbes. Celui sur les fenêtres n’était pas payé par les fenêtres, celui sur les riches ne l’est pas par les riches. L’impôt est prélevé sur l’ensemble de la création de richesse. Raison pour laquelle, le fisc, dans sa sagesse, intervient à tous les étages de la création de valeur.

    Quand une entreprise paie l’impôt, ce n’est pas elle qui paie ; mais les fournisseurs, sous traitants, clients, actionnaires,  salariés, ceux qu’elle n’embauche pas, chômeurs. Voilà la pression sur les salaires. C’est l’ensemble de la chaîne qui paie.

    Tout impôt glisse, entraîné par une force de gravité qui l’amène à être payé par la masse centrale, la classe moyenne. L’impôt dont le rendement est le plus important en France est la TVA (210 milliards), près de la moitié des recettes fiscales. Impôt des riches ? Quant aux cotisations sociales, qui tuent le travail, elles pèsent un tiers des prélèvements obligatoires (environ 410 milliards en 2023), 14,7% du PIB. Tous les paient, elles bloquent les salaires, la smicardisation gagne. Tels sont les vrais impôts payés par tous. Le reste est de l’esbroufe.

    Faire payer les riches ? Déjà fait. « Avec un taux de 64%, la France est au deuxième rang de l’OCDE pour la taxation des salaires des personnes gagnant 20 fois le salaire moyen, derrière la Belgique (67%). Le taux allemand est de 47% » (Fipeco). Le taux marginal excède 75%. Les vrais riches regardent ailleurs, comparent ce qui leur reste, net. Comme les pauvres.  

    L’art de l’impôt est de faire croire que c’est l’autre qui paie.

    À partir de quand est-on riche ? Ceux qui gagnent plus de 4417 euros net par mois font partie des 5% les plus riches. Vus d’ailleurs, ils sont pauvres, ( États-Unis, Suisse, Allemagne, Pays Bas, Irlande… )

    L’art de l’impôt est de faire croire que c’est l’autre qui paie. Pendant que le gouvernement prétend concentrer l’impôt sur les riches, la revalorisation des retraites est reportée (4 milliards),  la taxe sur l’électricité est augmentée, celle sur les billets d’avion est triplée. 

    Le fisc est le visage de l’Etat. Ubi fiscus, ibi imperium : où est le fisc, là est l’empire. Le plus haut dignitaire fiscal de l’empire s’appelait « Comte des largesses sacrées ». Sacrées largesses, qui débordent les recettes. Fisc et trésor, c’est tout un. Ou plutôt fisc et dette. Les dépenses publiques justifient l’impôt. C’est l’addiction française à la dépense publique qui génère l’impôt. Elle représente 56% en France. Encore un record. Le troisième avec celui de la dette et des prélèvements. Qui ne voit qu’ils sont liés ?

    Échange subvention pour certains contre baisse d’impôts pour tous. Simplification en prime. 

    Diminuer les dépenses, mais comment ? Facile. Les aides aux entreprises (plus de 3000), représentent, selon la Cour des Comptes, entre 92 milliards et 260 milliards d’euros. 10% du PIB. Plutôt qu’augmenter les impôts, supprimer les aides et les guichets. Échange subvention pour certains contre baisse d’impôts pour tous. Simplification en prime.  

    Les dépenses excédant les recettes, l’Etat a recours à l’emprunt. Hier, les Fermiers généraux avançaient les sommes au Prince, à charge pour eux de prélever l’impôt. Les Pharaons embaumés d’or faisaient de même. Aujourd’hui, l’Etat émet des Bons du trésor. Ceux qui veulent lutter contre la finance internationale devraient proposer des budgets de l’Etat en équilibre. Quels sont ces pays révolutionnaires, dont les budgets sont en équilibre ?

    L’Irlande, pauvre petit pays, a des taux d’impôts parmi les plus bas d’Europe. Elle accumule les excédents budgétaires. Cette année, 8.6 milliards. Lors de la crise de l’euro, l’Union européenne et le FMI lui avaient octroyé un prêt de 67.5Md€ et demandé d’augmenter les impôts. Digne refus : l’Irlande ne voulait pas sacrifier le ressort de la richesse. La Suisse réduit ses dépenses. Serait-elle en déficit excessif ? Non, elle ne veut pas de déficit depuis trente ans. À cette époque, les Suisses avaient le même niveau de vie que les Français, ils en ont maintenant le double. Irlande, Suisse, Norvège, Chypre, Danemark, Portugal, et quelques autres, ont des budgets en excédent. Et plus de pauvres ?

    Diminuer les taux d’imposition ne diminue pas les recettes fiscales.

    Ces pays ont-ils moins de rentrées fiscales, des hôpitaux en lambeaux, des écoles à l’abandon, une justice en ruine ? Moins de logements ? Pourquoi en construire ? Au-delà d’un IFI supérieur à 0,7%, la rentabilité d’un investissement immobilier est négative. On compte moins de moyennes entreprises en France qu’en Italie parce que l’intérêt à investir dans une entreprise est faible, mieux vaut placer son argent en bons du trésor. D’où la fameuse « désindustrialisation » de la France.

    Diminuer les taux d’imposition ne signifie pas diminuer les recettes fiscales. Plus la création de richesse est élevée, plus les recettes augmentent.

    Idem pour les salaires. Ils suivent le montant de la richesse globale. Les dockers américains, en grève, ont obtenu une augmentation de … 62% ! Ils ne gagnaient « que » 150.000 $, en moyenne. Un docker américain serait très riche en France, surtaxé.

    Depuis 2017, le taux de l’impôt sur les sociétés est passé de 33,3% à 25%, les recettes ont augmenté de 56 Md€ en 2016 à 82 MD€ en 2023 : +46% ! Les recettes fiscales dépendent de la richesse, pas des taux. 

    Aucun pays n’a remboursé ses dettes en augmentant les impôts.

    Si la France veut diminuer sa dette, il faut donc … diminuer les impôts. Que ce soit sur les riches, les pauvres, les fenêtres, les barbes, les barbiers, les entreprises petites et grandes, cela n’a que peu d’importance, à la fin, tout le monde paie. Aucun pays n’a remboursé ses dettes en augmentant les impôts. Aucun pays n’a accru sa productivité par les exploits du fisc.

    Là est la clé : pour rembourser la dette, faciliter la croissance. La dette est un problème quand son coût dépasse le taux de croissance. La croissance de la France est faible, là est le danger. Là est la raison pour laquelle les taux d’intérêt augmentent.

    La France a besoin de « surcroissance ». Bonne nouvelle : le monde est en pleine révolution, avec des poches de croissance inédites. À condition de s’y ouvrir, de s’y investir. Pendant que le fisc cherche quelques milliards, Open AI a opéré une levée de fonds de 6,5 milliards, ce qui porte sa valorisation à 160 milliards. Elle en valait la moitié il y a six mois.

    Les impôts nouveaux ne paieront pas la dette. À défaut de création de richesse, à défaut de croissance, à défaut de penser différemment les besoins, fonctions, prélèvements et périmètres de l’Etat, les pauvres paieront.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et France Pay.

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