Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Les droits à la retraite en France après une carrière internationale 

    Les droits à la retraite en France après une carrière internationale 

    Alors que le destin du gouvernement de François Bayrou se joue sur la réforme de la retraite, on s’est interrogé sur les modalités pour faire valoir ses droits à la retraite au retour en France après une carrière internationale. Ne risque-t-on pas de perdre quelques trimestres ? De voir ses droits minorés ? Et quelles sont les embûches qui jonchent ce parcours administratif ? On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Quelles règles s’appliquent à votre parcours ?

    Tout d’abord, il faut savoir qu’il n’existe pas un seul statut de travailleur à l’étranger mais plusieurs. De ce fait, le calcul de la pension de retraite sera différent selon que vous êtes travailleur détaché ou expatrié par exemple. Le (ou les) pays où vous avez travaillé aura également un rôle important à jouer dans ce calcul.

    Expatrié dans un pays qui a un accord avec la France

    Dans ce cas, les cotisations se font selon les règles du régime local de retraite.

    L’expatriation peut néanmoins donner droit à des trimestres venant s’ajouter aux trimestres validés en France. Cela dépend des accords qui existent entre la France et le pays dans lequel vous avez travaillé :

    • Union européenne, Norvège, Suisse, Islande ou Lichtenstein : Vos trimestres comptent pour la retraite. Ils s’ajoutent à ceux cotisés en France pour déterminer le nombre global de trimestres requis pour prendre votre retraite. Quant à votre pension de retraite, elle vous sera versée par chacun des régimes nationaux, au prorata du temps passé dans chaque pays.
    • Autre pays ayant passé un accord de Sécurité sociale avec la France : vos périodes travaillées à l’étranger seront prises en compte dans le calcul de vos droits à la retraite, suivant des modalités précisées dans l’accord bilatéral correspondant. Des accords sont en vigueur avec 40 pays et territoires

    Accord par totalisation-proratisation

    À savoir que dans ces pays : Bosnie-Herzégovine, Guernesey, Israël, Jersey, Kosovo, Macédoine du Nord, Mali, Mauritanie, Monténégro, Niger, Saint-Marin et Togo, c’est un accord par totalisation-proratisation qui s’applique. Ainsi, l’organisme compétent de chaque pays totalise vos périodes d’assurance accomplies en France et dans l’autre État. Il calcule votre retraite comme si toute votre carrière avait été effectuée dans un seul pays (totalisation). Le montant de la retraite versé par chaque État est réduit en proportion des périodes d’assurance respectives accomplies dans chaque État rapportées à votre durée d’assurance totale (proratisation).

    Expatrié dans un pays qui a un accord avec la France
    Expatrié dans un pays qui a un accord avec la France

    Accord de calcul séparé des retraites

    Tandis que dans ces pays : Algérie, Bénin, Cameroun, Cap-Vert, Congo, Côte d’Ivoire, États-Unis, Monaco, Philippines, Sénégal et Turquie, c’est un accord de calcul séparé des retraites. La prestation se calcule en fonction de votre carrière d’assurance dans un seul pays. Pour cela il faut remplir les conditions d’ouverture de droit prévues par la législation nationale. L’organisme compétent ne prend pas en compte les périodes d’assurance accomplies dans l’autre État. Les périodes validées dans un État signataire d’un accord de sécurité sociale avec la France peuvent être prises en compte pour déterminer le taux de la pension.

    Accord par comparaison

    Enfin, dans ces pays : Andorre, Argentine, Brésil, Canada, Chili, Corée du Sud, Gabon, Inde, Japon, Maroc, Nouvelle-Calédonie, Polynésie Francaise, Québec, Serbie, Tunisie et Uruguay, c’est un accord par comparaison entre le calcul séparé des retraites et le calcul par totalisation-proratisation. Le calcul le plus avantageux est retenu. 

    Le revenu annuel moyen représente les salaires bruts sur lesquels les cotisations ont été versées. Il correspond à la moyenne des 25 meilleures années de votre carrière. Le calcul est limité au plafond de la sécurité sociale (3 864 € mensuel en 2024). Le taux varie entre 37,5 % et 50 % en fonction du nombre de trimestres acquis dans votre carrière à l’âge légal d’ouverture de droit. La durée d’assurance est calculée en divisant le nombre de trimestres inscrits sur votre relevé de carrière par le nombre de trimestres requis pour votre année de naissance. Le calcul est plafonné à la durée d’assurance maximum.

    Expatrié dans un pays qui n’a pas d’accord avec la France

    Vos périodes travaillées dans ces pays ne sont pas prises en compte pour la retraite. À l’exception des périodes antérieures au 1er avril 1983.

    Expatrié dans un pays qui n’a pas d’accord avec la France
    Expatrié dans un pays qui n’a pas d’accord avec la France

    Vous pourrez racheter vos trimestres passés à travailler dans les pays ne bénéficiant d’aucun accord avec la France. Aussi, au cours de votre carrière, si vous souhaitez cotiser aux régimes obligatoires de retraite français, vous pouvez le faire de façon volontaire par l’intermédiaire de la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Mais cela ne vous dispense pas de vos obligations vis-à-vis du régime local. Vous cotisez alors 2 fois et percevrez donc 2 pensions de retraite.

    Vous avez des droits en France ? Attention aux blocages administratifs

    Quels que soient le ou les régimes dans lesquels ils cotisent, les assurés en France peuvent visualiser les informations relatives à l’ensemble de leur carrière en se créant un compte personnel sur le site info-retraite.fr, et y télécharger un relevé. Ce document est mis à jour chaque année, quasiment en temps réel. Il récapitule les droits (trimestres et points) acquis par les assurés dans tous les régimes de retraite de base et complémentaires français.

    Accessible depuis leur compte personnel, le service intitulé « Corriger ma carrière » leur permet de signaler les oublis et les erreurs qu’ils constatent, pour les faire rectifier. Ce service est disponible à partir de 55 ans. Mais il est possible d’effectuer une demande de correction avant cet âge. Le tout par courrier, en s’adressant directement à sa caisse de retraite. Il paraît judicieux de corriger les erreurs au plus tôt, lorsqu’on a les justificatifs en main. Évitez d’attendre la dernière minute avec le risque de ne pas les retrouver.

    Vous avez des droits en France ? Attention aux blocages administratifs
    Vous avez des droits en France ? Attention aux blocages administratifs

    Ne pas oublier que le délai de traitement des dossiers est une cause de mécontentement largement partagée. Les services de l’Assurance retraite indiquent sur leur site que les délais de traitement avaient été ramenés de 120 à 70 jours entre 2017 et 2023. Pourtant, le rapport 2022 du médiateur de l’Assurance retraite indique que les délais de traitement des dossiers sont encore, avec le calcul de la pension, les principaux motifs de saisine du médiateur.

  • RSA et expatriation

    RSA et expatriation

    En France, il existe un revenu de solidarité qui est versé par les collectivités publiques départementales à tout Français qui n’a aucune source de revenu. C’est-à-dire que ce versement intervient lorsqu’aucune autre aide n’est possible. Le citoyen n’a plus d’emploi, a usé tous ses droits au chômage, etc. Des situations qui frappent des personnes en difficulté, usée par la vie et souvent sans attache familiale. Une des conditions c’est d’être résident en France. Mais, on le sait, certains profitent des faibles contrôles pour demander et encaisser le RSA tout en vivant loin de l’hexagone. Un état de fait régulièrement dénonçait par la Cour des comptes et de nombreux acteurs.

    Dans l’optique d’un meilleur contrôle mais aussi pour faciliter la réinsertion des bénéficiaires, depuis le 01 janvier, le versement du RSA est conditionné à la réalisation de 15 à 20 heures d’activité par semaine. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Quelles sont les conditions pour être éligible au RSA ?

    Le RSA permet aux personnes sans ressources un « niveau minimum de revenu qui varie selon la composition du foyer », rappelle le site du gouvernement. Il est ouvert, sous certaines conditions, aux personnes d’au moins 25 ans et aux jeunes actifs de 18 à 24 ans s’ils sont parents isolés ou justifient d’une certaine durée d’activité professionnelle.

    Une des conditions c’est donc d’être résident en France. Mais si vous habitez à l’étranger, vous pouvez percevoir le RSA ou la prime d’activité à condition d’avoir résidé hors de France moins de 3 mois au cours de la dernière année civile soit du 1er janvier au 31 décembre. Toutefois, si vous avez séjourné plus de 3 mois à l’étranger, vous pouvez percevoir le RSA ou la prime d’activité mais seulement pour les mois complets de présence en France.

    Actuellement, le RSA s’élève à 635,71 euros pour une personne seule, sans personne à charge.

    Une inscription automatique à France Travail

    Depuis le 1er janvier 2025, chaque personne percevant le RSA, soit 1,8 million de personnes, est « obligatoirement et automatiquement » inscrite à France Travail, ex-Pôle emploi. Avant, seuls 40 % des allocataires y étaient inscrits, selon France Info.

    Chaque bénéficiaire doit ensuite « signer un contrat d’engagement comportant un plan d’actions précisant ses objectifs d’insertion sociale et professionnelle », indique le site du gouvernement.

    Les nouveaux demandeurs d’emploi, sont alors classés dans une « catégorie d’attente », « G », créée spécifiquement pour eux. A la suite d’un entretien d’orientation, ils sont ensuite répartis dans l’une des catégories, allant de A à F.

    Quinze à vingt heures d’activités par semaine

    L’objectif de la réforme du RSA, promise lors de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2022, est de « rapprocher les bénéficiaires de l’emploi ». Dans cette optique, ces derniers signent alors « un contrat d’engagement » afin d’effectuer entre quinze et vingt heures d’activités hebdomadaires et obtenir leur allocation.

    Le site du gouvernement rappelle que cette activité n’est pas un « emploi salarié », ni un travail « bénévole ». Ces quinze à vingt heures par semaine peuvent s’illustrer par l’obtention du permis de conduire, l’immersion en entreprise pour affiner son projet professionnel ou encore, la participation à des activités dans le secteur associatif.

    Un dispositif de sanction à partir du premier semestre 2025

    Si l’allocataire n’effectue pas ces heures d’activités prévues, le versement du RSA peut être suspendu, indique France Info. L’allocation pourra être récupérée si la personne honore à nouveau ses engagements, avec un principe de rétroactivité. Cette sanction, appelée « suspension remobilisation », entrera en vigueur au premier semestre 2025. Certains bénéficiaires du RSA, comme les personnes souffrant d’un handicap ou les parents isolés avec des enfants et sans solution de garde, sont exempts de ces heures d’activités hebdomadaires. Des aménagements peuvent aussi être mis en place pour les personnes « confrontés à des difficultés dans leur vie personnelle et familiale ».

  • La Banque de France sans illusion sur la croissance 2025

    La Banque de France sans illusion sur la croissance 2025

    Le 16 décembre dernier, la Banque de France a présenté sa dernière projection économique avant l’adoption de la motion de censure. Le scénario retenu prévoit une croissance moins forte que prévu pour 2025, avec un déficit public estimé entre 5 % et 5,5 % du PIB.

    Une faible croissance attendue pour 2025

    Selon la Banque de France, la croissance resterait faible en 2025. Le PIB augmenterait d’environ un quart de point par trimestre, soit 0,9 % en moyenne annuelle. La demande intérieure serait affectée par les mesures de consolidation budgétaire ainsi que par l’incertitude qui les accompagne. Après une stagnation en 2024, la consommation devrait enregistrer une légère progression en 2025. La contribution de l’investissement privé resterait négative, mais dans une moindre mesure qu’en 2024. Le commerce extérieur contribuerait toujours positivement à la croissance. Mais dans une proportion moindre qu’en 2024, en raison de la normalisation des importations après un recul marqué.

    En 2026, la croissance pourrait atteindre 1,3 %, grâce à la baisse des taux d’intérêt, qui stimulerait l’investissement. La consommation des ménages progresserait également, soutenue par une réduction modérée du taux d’épargne. En 2027, la croissance annuelle avoisinerait celle de 2026. Avec un rythme trimestriel se normalisant pour atteindre une progression du PIB de 1,2 % sur un an fin 2027, contre 1,4 % fin 2026.

    Par rapport à sa projection de septembre, la Banque de France a repoussé d’un an la reprise de la croissance, laquelle s’avérerait, par ailleurs, plus modérée.

    Une inflation durablement inférieure à 2 %

    Selon l’estimation provisoire d’Eurostat, l’inflation IPCH atteindrait 1,7 % en novembre 2024 (glissement annuel), en légère hausse par rapport à octobre 2024 (1,6 %). L’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) serait de 2,2 % en novembre, après 2,1 % en octobre. Les Jeux olympiques et paralympiques ont entraîné une hausse temporaire des prix. L’INSEE anticipe une légère augmentation du taux d’inflation en fin d’année, liée aux effets de base des prix de l’énergie.

    Sur l’ensemble de 2024, l’inflation totale devrait diminuer, passant de 3,0 % au premier trimestre à 1,9 % au quatrième trimestre. L’inflation sous-jacente resterait cependant au-dessus de 2 %. Atteignant 2,3 % au dernier trimestre 2024, contre 2,5 % au premier. En 2025, l’inflation totale reculerait à 1,6 %, après 2,4 % en 2024. Cette baisse s’expliquerait notamment par le repli des prix de l’énergie. En lien avec la diminution des tarifs réglementés de l’électricité et la baisse du prix du baril (68 euros contre 76 euros en 2024).

    Banque de France @Adobestock
    Banque de France @Adobestock

    En 2026, l’inflation totale et l’inflation hors énergie et alimentation atteindraient respectivement 1,7 % et 1,9 %.

    Des hausses salariales supérieures à l’inflation

    En 2024, le salaire mensuel de base (SMB) progresse moins vite qu’en 2023, en raison de revalorisations plus modestes du SMIC et de hausses salariales moins importantes dans les accords de branche. Les primes de partage de la valeur (PPV) sont également en baisse. En 2025 et 2026, les salaires nominaux continueraient d’augmenter malgré la baisse de l’inflation, soutenus par le retour de gains de productivité. En 2027, la hausse des salaires convergerait vers 2,7 % en rythme annuel. L’emploi total se contracterait à partir du quatrième trimestre 2024 jusqu’au début de 2026, les entreprises ajustant leurs effectifs pour restaurer leur productivité.

    Le taux de chômage atteindrait 7,8 % en 2025 et 2026, avant de redescendre à 7,4 % en 2027, grâce à une reprise plus soutenue de l’activité.

    Un pouvoir d’achat en progression continue

    Le pouvoir d’achat de la masse salariale progresserait de manière continue de 2024 à 2027. En 2024, il augmenterait de 0,7 %, soutenu par l’emploi salarié et la progression des salaires réels. En 2025, la progression atteindrait 0,9 %, malgré un tassement de l’emploi.

    Une reprise de l’investissement des ménages et des entreprises

    Pénalisé par la hausse des taux en 2023 et 2024, l’investissement des ménages repartirait à la hausse en 2025, avec un rebond significatif attendu en 2026 et 2027. L’investissement des entreprises, atone en 2025 en raison des incertitudes budgétaires et fiscales, reprendrait à partir de 2026, porté par les besoins en équipements informatiques.

    Des déficits publics élevés et un endettement croissant

    En 2024, le déficit public atteindrait -6,1 % du PIB, après -5,5 % en 2023. L’absence d’adoption des projets de loi de finances avant la fin de l’année rend les projections difficiles. Selon la Banque de France, le ratio dette/PIB passerait de 112 % en 2024 à 117 % en 2027. Pour éviter un emballement de la dette, la France doit supprimer son déficit primaire, actuellement à 3 points de PIB.

  • Les géants américains de la technologie incriminent les règles numériques de l’UE

    Les géants américains de la technologie incriminent les règles numériques de l’UE

    PARIS – Malgré leurs mutliples remarques concernant la politique européenne la semaine dernière, les américains Elon Musk — propriétaire de X — et Mark Zuckerberg — patron de Meta — n’ont pas été confrontés à une répartie, unanime, de la part des réponses des responsables politiques de l’Union européenne (UE). Jusque là, leurs réponses sont restées plutôt timides.

    Lors d’un entretien en podcast avec Joe Rogan — partisan de Donald Trump — samedi 11 janvier, Mark Zuckerberg a qualifié le cadre réglementaire numérique de l’UE de « censure », a comparé la politique de la concurrence à « un tarif presque douanier ». Il a appelé la future administration Trump à défendre l’industrie technologique américaine contre l’application du cadre réglementaire numérique de l’Union européenne.

    Les réactions des dirigeants européens sont toutefois restées timides au cours du week-end. Ces derniers rappelant simplement que les géants américains du domaine technologique sont tenus de se conformer aux règles de l’Union en matière de numérique.

    Le ministre allemand du Numérique, Volker Wissing, et son homologue française, Clara Chappaz, ont déclaré que leurs gouvernements respectifs prenaient la question « au sérieux ». De plus, ils font confiance à la Commission européenne pour mener une enquête approfondie, évaluer et faire appliquer la loi européenne sur la modération des contenus — le règlement sur les services numériques (DSA).

    Commission européenne VS Big Tech américaines

    La législation de l’UE est solide, et les Européens peuvent être sûrs que la Commission possède désormais les outils nécessaires pour contrer efficacement les Big Tech américaines, a souligné Clara Chappaz dimanche soir sur France 5.

    Sollicitée par Euractiv, l’équipe de la vice-présidente exécutive de la Commission européenne Henna Virkkunen — la principale responsable de l’application du DSA au sein de l’UE — a répondu en renvoyant à un post sur X qui n’abordait pas directement les affirmations de Mark Zuckerberg. Dans un entretien accordé à Politico, la responsable politique a également qualifié de « trompeuses » les allégations de censure du patron de Meta.

    Néanmoins, l’appel de Mark Zuckerberg à l’administration américaine pour protéger les grandes entreprises technologiques des règles numériques de l’UE, associé à la menace faite par Donald Trump d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 20 % sur les produits de l’UE, soulève de sérieux doutes quant à la capacité politique de la Commission à appliquer efficacement le droit communautaire.

    La législation de l’UE est solide, et les Européens peuvent être sûrs que la Commission possède désormais les outils nécessaires pour contrer efficacement les Big Tech américaines, a déclaré Clara Chappaz dimanche soir sur France 5. @Ivan Marc / Shutterstock
    La législation de l’UE est solide, et les Européens peuvent être sûrs que la Commission possède désormais les outils nécessaires pour contrer efficacement les Big Tech américaines, a déclaré Clara Chappaz dimanche soir sur France 5. @Ivan Marc / Shutterstock

    Prise en tenaille par l’instabilité politique en France et en Allemagne, la Commission se trouve en effet dans une position précaire.

    L’organe exécutif semble attendre son heure. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ayant été mise à l’écart toute la semaine dernière en raison d’une pneumonie. Le moment est cependant crucial. Et cela malgré la réflexion de l’institution à une éventuelle action en justice contre les grandes entreprises américaines, à sept jours de l’investiture de Donald Trump.

    Annonces précédentes

    Henna Virkkunen a indiqué que son équipe pourrait lancer d’autres enquêtes sur les violations des règles de modération de contenu de l’UE si les actions récentes des géants américains de la technologie, tels que Mark Zuckerberg et Elon Musk, sont jugées contraires aux règles de modération de contenu définies par le DSA.

    Le 7 janvier, Mark Zuckerberg a dévoilé des mises à jour des politiques de modération des contenus de Meta. Cela déclenchant une polémique, en particulier à propos d’une nouvelle fonctionnalité qui pourrait potentiellement étiqueter les membres de la communauté LGBTQIA+ comme des malades mentaux.

    En réponse, la Commission examine actuellement les évaluations d’impact soumises par Meta pour Facebook et Instagram. Ces derniers se concentrent sur les changements apportés aux définitions des discours et des comportements haineux sur les plateformes.

    La fin du programme de vérification sur Meta

    La décision de Meta de mettre fin à son programme de vérification des faits par des tiers aux États-Unis a également suscité des inquiétudes. D’autant plus que l’entreprise n’a pas encore fait d’annonces similaires pour l’UE. Toutefois, dans une interview sur France Info vendredi, Clara Chappaz s’est dite convaincue que Meta se conformerait aux règles de modération des contenus de l’UE dans le cadre de l’accord de libéralisation du commerce.

    La Commission a déjà ouvert une enquête formelle sur les plateformes Facebook et Instagram en mai dernier, en raison de préoccupations relatives à la protection des mineurs.

    De son côté, Elon Musk a utilisé à plusieurs reprises son réseau social X pour encourager les Allemands à soutenir l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) — un parti d’extrême droite — lors des prochaines élections. Jeudi dernier, il a également échangé avec Alice Weidel sur X, tête de liste de l’AfD, alimentant encore la controverse.

    La Commission enquête actuellement sur six violations du DSA commises par X. Notamment au sujet des exigences en matière de vérification, l’accès aux données pour les chercheurs et la transparence de la publicité. Mais également les politiques en matière de discours haineux, la modération des contenus violents et le processus de vérification des faits par les utilisateurs de la plateforme.

    En vertu du DSA, chaque violation peut entraîner des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.01.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.01.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 14 janvier 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui dans nos titres : La déchéance de l’abbé Pierre – Censuré ou non ? – La mule bancaire, une nouvelle arnaque

    Neuf nouvelles accusations de violences sexuelles

    Contre l’iconique l’abbé Pierre qui perd définitivement son aura après ces révélations qui se succèdent depuis l’année dernière. Ces plaintes sont les fruits du troisième rapport du cabinet mandaté par Emmaüs International, Emmaüs France et la Fondation Abbé Pierre pour faire la lumière sur les agissements de l’abbé Pierre, de son vrai nom Henri Grouès. En juillet 2024, la première salve de révélations basées sur 7 témoignages avait provoqué une onde de choc tant l’abbé Pierre, défenseur inlassable des mal-logés et des plus démunis, a longtemps fait figure de référence. En septembre, un second rapport contenant 17 nouveaux témoignages avait conduit la Fondation Abbé Pierre à annoncer sa décision de changer de nom et Emmaüs à fermer définitivement le lieu de mémoire dédié au prêtre situé à Esteville (Seine-Maritime).

    Neuf nouvelles accusations de violences sexuelles contre l'abbé Pierre
    Neuf nouvelles accusations de violences sexuelles contre l’abbé Pierre

    François Bayrou présente son programme

    Ces derniers jours, députés et sénateurs ont été nombreux à organiser les cérémonies de vœux dans leurs circonscriptions. Mais, ils reprenaient hier le chemin de Paris et de leurs activités législatives. Et les premières séances s’annoncent particulièrement animées. C’est en effet dans un contexte politique tendu que s’ouvre cette session de travaux parlementaires. Avec comme premier grand rendez-vous, le discours de politique générale du Premier Ministre, François Bayrou, prévu ce 14 janvier. La coupure de Noël a ainsi permis de laisser du temps entre le moment de sa désignation et la présentation, plus solennelle, des orientations politiques du Premier Ministre devant les députés et les sénateurs. Pour autant, le risque de la censure est toujours présent. Jusqu’aux dernières heures, le locataire de Matignon négocie avec le PS qui désire une suspension de la réforme des retraites pour ne pas voter la censure promise par LFI mais si ce dernier cède aux exigences du parti à la rose, ce sont Les Républicains, alors, qui pourraient voter la censure. Réponse à 15h (heure de Paris).

    François Bayrou
    François Bayrou

    Une nouvelle arnaque bancaire

    Les Français de l’étranger ont de nombreuses difficultés à conserver un compte en France. Il serait dommage de compliquer les relations avec son établissement bancaire en étant victime d’une arnaque. La méthode de la « mule bancaire » est encore méconnue mais elle se popularise dans l’Hexagone. Ces derniers mois, un nombre croissant de plaintes liées à cette arnaque ont été recensées en France. Cette dernière a pour objectif de blanchir l’argent souvent issu de la drogue. Elle consiste pour les malfaiteurs à réaliser un virement bancaire sur le compte d’un particulier en prétextant avoir commis une erreur via un SMS envoyé à la victime afin que celle-ci renvoie la somme versée à son expéditeur. Il ne faut surtout pas répondre et contacter votre banque qui se chargera des contrôles et effectuera le renvoi des fonds elle-même, vous dédouanant de toute responsabilité.

    Et voilà c’est ainsi que s’achève ce flash quotidien des expatriés. On se retrouve demain mercredi 15 janvier pour une nouvelle édition, d’ici là passez un beau mardi où que vous soyez.

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger

  • Frédéric Varin, le notaire spécialisé pour les Français de l’étranger (Ep 2)

    Frédéric Varin, le notaire spécialisé pour les Français de l’étranger (Ep 2)

    Écouter le podcast avec Frédéric Varin

    Aujourd’hui, c’est le deuxième volet des entretiens Lesfrancais.press avec Frédéric Varin, notaire, que nous vous proposons. Depuis l’étranger, il est en effet parfois complexe de régler certains dossiers juridiques. Aussi, notre invité est un spécialiste reconnu des questions notariales liées aux Français de l’étranger. Il vous partage ses conseils. C’est d’ailleurs au sein du regroupement des « Notaires de France » que Me Varin développe cette expertise pour les expatriés. Et au cours du podcast du jour, la fiscalité et l’immobilier sont inclus au menu. Alors que se passent-ils lors des transactions ? Quid de la plus-value ? Et en cette période, quelle position adopter : celle de vendre, d’acheter ou d’attendre ? Alors qu’une augmentation des frais de notaire était prévue, qu’en-est-il exactement ? Les réponses à ces questions, et d’autres encore, vous les retrouvez dans cette interview.

    Expatrié et exonérations fiscales lors de vente immobilière

    Alors que le statut de la résidence d’attache ou de repli avec la France n’est pas encore effectif pour les expatriés, certains de nos compatriotes vivant à l’étranger sont tentés de vendre leurs biens immobiliers situés sur le territoire national.

    Vendre un bien en france
    Vendre un bien en france

    Mais que se passe-t-il quand une plus-value est enregistrée par un non-résident au cours de ce type de transaction ? Des exonérations, notamment de prélèvements sociaux sont, en outre, possibles. Comment ? C’est ce que nous explique Me Varin au cours de cette interview.

    « Quand on est non-résident et qu’on vend un bien immobilier situé en France (…) Depuis le 1er janvier 2019, les personnes affiliées à un régime obligatoire de sécurité sociale autre que Français au sein d’un pays de l’espace économique européen (…) bénéficient d’une exonération de prélèvements sociaux ».

    Me Varin, notaire

    Cependant, afin de bien identifier les situations et connaître les critères à respecter et les démarches à suivre dans le cas de transactions immobilières, nous vous invitons à écouter l’intégralité de ce podcast. Vous trouverez également des exemples pour lesquels une exonération sur la plus-value est possible.

    Marché de l’immobilier en France : faut-il vendre, acheter ou attendre ?

    Le prix de vente d’appartements et de maisons en France connaît une certaine fluctuation. Situation de crise ou d’opportunité ? Comment s’y retrouver ? Au cours de notre échange, Me Varin partage quelques conseils.

    « 2024, c’est une année difficile pour l’immobilier en France (…) Cependant, on note quand même une remontée des intentions d’achat »

    Me Varin, notaire

    L’an dernier, en France, 800 000 transactions de moins ont été enregistrées, selon les chiffres évoqués par notre invité : « 2024 a donc été une année difficile pour l’immobilier ». Toutefois, poursuit notre interlocuteur, « on note quand même une remontée des intentions d’achat ».

    « Mais les incertitudes gouvernementales et budgétaires rendent les prévisions actuelles difficiles »

    Frédéric Varin, notaire

    Cela peut, entre autres, s’expliquer par la « baisse des taux d’emprunt » observée ces derniers temps, qui est elle-même « consécutive à la baisse des taux de la Banque Centrale Européenne, qui ont eu lieu en juin et en septembre ».

    contrainte budgetaire

    contrainte budgetaire

    En 2025, il est même espéré des taux d’intérêt inférieurs à 3%. Mais, nous indique Me Varin, il convient cependant de rester prudent. En effet, « les incertitudes gouvernementales et budgétaires rendent les prévisions actuelles difficiles ». Toutefois, comme nous l’a énoncé précédemment notre invité, il existe encore certaines niches possibles. Cependant, les prochains débats gouvernementaux et parlementaires sur le budget de la nation pourraient les faire disparaître. 

    Les frais de notaires : que couvrent-t-ils ?

    Si les niches existantes peuvent pour le moment rester un avantage, les frais de notaires vont augmenter de 8% en France en juin prochain. Comment ces frais sont-ils calculés ? Et sont-ils destinés en totalité aux études notariales ? Me Varin nous donne des explications.

    « On parle de frais de notaire, mais en fait ce n’est pas la bonne terminologie. On devrait parler de frais d’actes ».

    Me Varin, notaire

    Pour notre invité les mots « frais de notaire » ne sont pas utilisés à bon escients. Il conviendrait des lors de parler de « frais d’actes. C’est-à-dire la provision sur frais qu’on annonce aux clients lors d’une transaction ».

    Adobestock

    Adobestock

    Ces frais regroupent à la fois la rémunération du notaire, mais aussi les frais engendrés par le travail de celui-ci (les débours), et également les taxes dues à l’Etat. Ces dernières « sont encaissées par le notaire et reversées au trésor public ». Leur montant est variable.

    « À la fin, le notaire doit obligatoirement remettre à ses clients un compte détaillé lorsqu’il a terminé sa mission »

    Me Varin, notaire

    Au cours de ce podcast, notre interlocuteur donne un exemple précis, sur la base d’une vente immobilière d’un montant de 300 000 euros. Et concernant l’augmentation prévue en juin prochain, elle ne semble pas encore arrêtée nous explique Frédéric Varin. « On ne sait pas trop si cette disposition sera maintenue ». En effet, elle serait liée à des évolutions de taxes. Mais le gouvernement de François Bayrou n’a pas encore pu tenir sa discussion budgétaire.

    C’est donc sur cette discussion portant sur l’évolution de la facture à payer chez le notaire que s’achève ce deuxième épisode. On retrouvera très prochainement Frédéric Varin dans un nouveau et dernier podcast Lesfrancais.press. On abordera alors avec notre invité la question des successions, ainsi que l’évolution du statut des notaires d’ici 2050.

  • Après les vœux, reprise des travaux parlementaires

    Après les vœux, reprise des travaux parlementaires

    Ces derniers jours, députés et sénateurs ont été nombreux à organiser les cérémonies de vœux dans leurs circonscriptions. Mais, ils reprennent aujourd’hui le chemin de Paris et de leurs activités législatives. C’est effectivement l’heure de la reprise en ce 13 janvier. Et les premières séances, entre autres à l’Assemblée nationale, s’annoncent particulièrement animées. C’est en effet dans un contexte politique tendu que s’ouvre cette session de travaux parlementaires. Avec comme premier grand rendez-vous, le discours de politique générale du Premier Ministre, François Bayrou, prévu ce 14 janvier. D’ailleurs à quoi sert cet exercice ? Et quelle place le locataire de Matignon accordera-t-il aux Français de l’étranger ?  

    Discours de politique générale : obligation ou symbole ?

    Si la nomination du maire de Pau à Matignon a été officialisée le 13 décembre 2024, François Bayrou ne s’est pas encore plié à l’exercice du discours de politique générale devant le Parlement. La coupure de Noël a ainsi permis de laisser du temps entre le moment de sa désignation et la présentation, plus solennelle, des orientations politiques du Premier Ministre devant les députés et les sénateurs.

    Devenu un passage incontournable, le discours de politique générale du Premier ministre n’est pourtant pas une obligation. Toutefois, il paraît impossible d’y échapper, surtout dans le contexte politique actuel que connaît la France. Depuis la réélection d’Emmanuel Macron et le début de son second mandat en 2022, le président du MoDem, François Bayrou, sera d’ailleurs le quatrième chef de gouvernement à présenter ainsi ses orientations à la tribune de l’Assemblée nationale.

    François Bayrou répondait aux questions des chefs de groupes à l'Assemblée nationale mardi 17 décembre 2024. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
    François Bayrou répondait aux questions des chefs de groupes à l’Assemblée nationale mardi 17 décembre 2024. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

    Davantage symbolique et médiatique, le discours de politique générale du nouveau locataire de Matignon devrait surtout partager sa méthode de travail à venir avec les parlementaires. François Bayrou aurait pour volonté d’indiquer, à cette occasion, ses intentions. Et non pas de détailler, à ce stade, des mesures concrètes. D’ores et déjà affirmer des réformes précises au cours de cette allocution serait, sans doute, perçu par certaines formations politiques comme le signe d’un manque de dialogue entre les nouveaux ministres et les parlementaires. François Bayrou ne devrait donc pas s’y risquer. D’autant plus que la menace d’une motion de censure plane. Et qu’il n’a, à ce moment, aucune obligation de solliciter un vote de confiance de son gouvernement.

    Quelle place pour les Français de l’étranger ?

    Bien évidemment, la question budgétaire devrait s’intégrer dans le cap que proposera le Premier Ministre devant la représentation nationale. Dans un contexte financier complexe, quelles seront donc les directions proposées par François Bayrou ? Et, vous concernant, de quelle manière les expatriés participeront-ils à cet effort national ?

    D’ailleurs, dans les prochains débats parlementaires sur la fiscalité, de nouvelles tentatives de taxations de nos compatriotes établis hors de France ressurgiront-elles ? Dans une interview accordée à notre media Lesfrancais.press, le nouveau ministre délégué aux Français de l’étranger (et ancien ministre du Budget), Laurent Saint-Martin a affirmé s’opposer à tout impôt lié à la nationalité. Mais qu’en sera-t-il de la position des parlementaires ?

    Français de l’étranger
    Français de l’étranger

    En effet, après cet exercice du discours de politique générale de François Bayrou, le budget de l’Etat reviendra en discussion à l’Assemblée nationale et au Sénat. Les 11 députés des Français de l’étranger et les 12 sénateurs représentants nos compatriotes établis hors de France devraient jouer un rôle important dans les futures discussions. Ils devront aussi porter, auprès de ce nouveau gouvernement, la voix des Français vivant hors de France.  Afin que les sujets qui vous concernent soient aussi pris en compte par la nouvelle équipe ministérielle : résidence de repli ou d’attache, caisse des Français de l’étranger (CFE) et protection sociale. Mais aussi l’éducation et le réseau des écoles AEFE, sans oublier la sécurité, la relation avec l’administration consulaire, et bien d’autres sujets.

    Or, bien que symbolique, le discours de politique générale de François Bayrou donnera des indications sur la place que le Premier Ministre souhaite accorder aux expatriés. Espérons, que le sujet « Français de l’étranger », le quotidien de 3.000.000 de personnes, ne soit pas oublié ! 

    Des propositions de loi à surveiller

    Car pour l’instant, si on pense aux expatriés, c’est surtout pour des raisons fiscales. Comme cette proposition de loi, visant à instituer un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des ultra-riches, qui a été déposée la semaine dernière par les Ecologistes. Mais qu’est-ce qu’un ultra-riche ? Aussi, on suivra le texte qui vise à instaurer une loi organique imposant aux futurs candidats de se positionner pour le second tour des élections législatives dès l’acte de candidature. Une disposition qui transformerait en profondeur le jeu politique empêchant des ligues de « front républicain » de se constituer en cas de triangulaire, etc. 

    Lesfrancais.press suivront toutes les évolutions de cette législature qui s’annonce, encore une fois, houleuse. 

  • Retour en France ? Quelles démarches pour son chien ou son chat ?

    Retour en France ? Quelles démarches pour son chien ou son chat ?

    L’engouement des Français pour les animaux de compagnie ne se dément pas. Près de 6 Français sur 10 déclarent posséder un chien ou un chat, un chiffre en nette augmentation par rapport aux 47% observés en 2021. Un phénomène qui suit les Français de l’étranger, en effet, ils sont très nombreux à avoir amené avec eux leur fidèle compagnon ou parfois ils en ont adopté un dans leur pays de résidence. Mais que faire si on décide de rentrer en France ? L’abandonner, si cela est possible, beaucoup d’entre nous s’y refuse. Car comme 97% des « maîtres » installés dans l’hexagone qui déclarent ressentir un attachement profond envers leur animal, allant jusqu’à le considérer comme un membre à part entière de leur famille (68%), les familles de Français de l’étranger ont aussi un cœur. On fait le point sur les dispositions en vigueur lors d’un retour en France avec son chien ou son chat !

    La loi Dombreval

    Mais avant de se pencher sur les méthodes afin de permettre à votre animal de vous suivre lors de votre retour en France. Il est bon de faire un point juridique. En effet, depuis 2021, la loi Dombreval s’applique, son objectif : lutter contre la maltraitance.

    Ainsi, pour mettre fin aux achats irréfléchis, et de favoriser l’adoption au détriment de la logique commerciale, les députés ont souhaité encadrer la vente. Malgré les réserves du gouvernement (qui avait émis un avis défavorable), l’Assemblée a voté un amendement du rapporteur pour l’interdiction de la vente de chiens et de chats en animalerie, invoquant notamment des normes sanitaires souvent insuffisantes.

    Aussi, l’identification de son animal de compagnie, étant le seul moyen qui permette de faire un lien officiel entre un propriétaire et son animal, est obligatoire pour tous les chiens de plus de 4 mois et tous les chats de plus de 7 mois, et avant toute cession, et elle peut être réalisé dès le plus jeune âge.

    En ce qui concerne les maltraitances, le code civil stipule que « Le fait par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements, d’occasionner la mort ou la blessure d’un animal domestique ou apprivoisé ou tenu en captivité est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 3e classe. En cas de condamnation du propriétaire de l’animal ou si le propriétaire est inconnu, le tribunal peut décider de remettre l’animal à une œuvre de protection animale reconnue d’utilité publique ou déclarée, laquelle pourra librement en disposer. » L’auteur de cette infraction encourt une peine d’amende de 450 euros prévue pour les contraventions de la 3ème classe.

    Quant à l’abandon, la réglementation concerne les sanctions encourues, soit 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, d’après l’article 521-1 du code pénal : « Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. […] Est également puni des mêmes peines l’abandon d’un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité ». Ces sanctions peuvent monter jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende si l’abandon a entrainé la mort de l’animal. Ces peines peuvent être complétées par l’interdiction temporaire ou définitive de détenir un animal ainsi que par l’interdiction, pour 5 ans maximum, d’exercer l’activité professionnelle qui a permis de préparer ou d’effectuer l’abandon.

    Retour en France, les démarches

    Comme souvent, nous allons distinguer les Français de retour d’un pays de l’Union européenne et les autres. Vous l’aurez compris, si vous êtes dans l’UE, les démarches seront très simples mais pour les autres.

    Animaux en provenance d’un État membre de l’Union européenne

    Les règles applicables aux mouvements entre États membres s’appliquent également aux mouvements à partir des États tiers européens suivants : Andorre, Islande, Liechtenstein, Monaco, Norvège, Saint-Marin, Suisse et Vatican.

    Pour être introduits sur le territoire français (France métropolitaine, Corse et départements d’Outre-Mer), les chats, les chiens et les furets doivent satisfaire aux conditions suivantes :

    • être identifiés par puce électronique (transpondeur) implantée sous la peau (norme ISO 11784 ou annexe A de la norme ISO 11785). Si la puce n’est pas conforme à une de ces normes, vous devrez vous munir des moyens nécessaires à la lecture de la puce.

    NB : Depuis le 3 juillet 2011, pour venir en France avec son animal de compagnie à partir d’un pays de l’UE ou pour voyager au sein de l’Union européenne, l’animal identifié à partir de cette date doit obligatoirement disposer d’une identification par puce électronique.

    Attention : Les animaux identifiés par tatouage avant le 03 juillet 2011 pourront continuer à voyager au sein de l’UE pourvu qu’il soit clairement lisible ;

    • avoir été soumis à une vaccination contre la rage en cours de validité (primo-vaccination et rappels). La reconnaissance de la validité de la vaccination contre la rage est fonction du protocole en vigueur dans l’État où a été pratiquée l’injection. En cas de primo-vaccination, celle-ci est considérée en cours de validité après un délai d’au moins 21 jours. Mais ce délai peut-être plus important dans certains pays. N’attendez donc pas le dernier moment pour faire vacciner votre animal ;
    • être munis d’un passeport européen délivré par un vétérinaire habilité par l’autorité compétente attestant de l’identification et de la vaccination contre la rage. Attention : les carnivores domestiques âgés de moins de trois mois ET non vaccinés contre la rage ne peuvent pas être introduits en France.

    Animaux en provenance de pays situés hors de l’Union européenne

    Le nombre d’animaux que vous pouvez importer est limité à 5. Si leur nombre est supérieur à cinq, les conditions et les contrôles sont ceux applicables aux mouvements commerciaux d’animaux.

    Pour être introduits sur le territoire français, les chats, les chiens et les furets doivent satisfaire aux conditions suivantes :

    • être identifiés par tatouage ou par puce électronique (transpondeur) implantée sous la peau (norme ISO 11784 ou annexe A de la norme ISO 11785). Si la puce n’est pas conforme à une de ces normes, vous devrez vous munir des moyens nécessaires à la lecture de la puce. À partir du 3 juillet 2011, le transpondeur sera le seul moyen d’identification autorisé ;
    • avoir leur vaccination contre la rage en cours de validité (primo-vaccination et rappels) ;
    • avoir subi un titrage sérique des anticorps antirabiques (examen de laboratoire effectué sur un prélèvement sanguin et permettant de s’assurer de l’efficacité de la vaccination de l’animal contre la rage) effectué dans un laboratoire agréé par l’Union européenne au moins 30 jours après la vaccination de l’animal et au moins trois mois avant son importation. Le résultat du titrage sérique devra être supérieur ou égal à 0,5UI/ml.

    Compte tenu de ces délais, il est recommandé de commencer les formalités au moins quatre mois avant la date de retour en France et d’importation de l’animal. La liste des laboratoires agréés (en anglais) est consultable sur le site Internet de la Commission européenne.

    Il existe en France des conditions d’importation pour les prélèvements sanguins d’origine animale. Informez en votre vétérinaire traitant. De même, le pays d’origine de l’animal peut poser des conditions à l’exportation de prélèvements biologiques. Renseignez-vous auprès des autorités compétentes de votre pays de résidence.

    Exceptions à la règle

    Le délai de trois mois ne s’applique pas en cas de réintroduction d’un animal de compagnie sur le territoire de l’Union européenne (donc lors d’un retour en France) si le titrage a été réalisé avec un résultat favorable avant qu’il n’ait quitté le territoire de l’Union européenne. Le résultat du titrage sérique sera valide durant toute la vie de l’animal, sous réserve que la vaccination contre la rage soit constamment maintenue en cours de validité (rappels de vaccination effectués dans les délais requis).

    Certains pays sont dispensés de titrage sérique. Il s’agit de : Andorre, Antigua-et-Barbuda, Antilles néerlandaises, Argentine, Aruba, Australie, Bahreïn, Barbade, Bermudes, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Canada, Chili, Croatie, Émirats arabes unis, États-Unis d’Amérique (y compris Guam), Fidji, Hong Kong, Ile de l’Ascension, Iles Caïman, Iles Falkland, Iles vierges britanniques, Iles Wallis et Futuna, Islande, Jamaïque, Japon, Liechtenstein, Malaisie, Maurice, Mayotte, Mexique, Monaco, Montserrat, Norvège, Nouvelle Calédonie, Nouvelle Zélande, Polynésie Française, Fédération de Russie, Saint Christophe-et-Niévès, Sainte-Hélène, Saint-Marin, Saint Pierre et Miquelon, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Singapour, Suisse, Taiwan, Trinité-et-Tobago, Vatican et Vanuatu.

    Attention : cette liste est revue périodiquement. Renseignez-vous avant de commencer les formalités.

    Il est aussi impératif, pour le retour en France, d’être accompagné du certificat sanitaire original valide établi par un vétérinaire officiel du pays d’origine. Ce certificat doit être accompagné des justificatifs relatifs à la vaccination contre la rage, à l’identification de l’animal et au résultat du titrage sérique. Dans le cas d’une réintroduction sur le territoire de l’Union européenne, le certificat peut être remplacé par le passeport européen de l’animal. Ce certificat est valable quatre mois après la date de sa signature. Le modèle de certificat est disponible sur le site Internet de la Commission européenne.

    Les chiens des 1ère et 2ème catégories

    Des dispositions complémentaires s’appliquent aux chiens destinés à l’importation en France, quelle que soit leur provenance. Le retour en France est donc plus compliqué pour eux.

    Ainsi, l’importation des chiens de 1ère catégorie (chiens d’attaque), assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux chiens de race Staffordshire terrier, American Staffordshire terrier (pitbulls), Mastiff (boer bulls) ou Tosa, sans être inscrits à un livre généalogique reconnu, est interdite sur le territoire français.

    L’importation des chiens de 2ème catégorie (chiens de garde ou de défense) que constituent les chiens de races Staffordshire terrier, American Staffordshire terrier, Rottweiler, Tosa et les chiens assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux chiens de race Rottweiler est possible.

    Des règles de circulation et de détention des chiens des 1ère et 2ème catégories s’appliquent en France. Depuis la loi n°2008-582 du 20 juin 2008, la détention de ces chiens est en effet soumise à la délivrance d’un permis de détention par le maire de la commune de résidence du propriétaire.

    Pour obtenir ce permis, le propriétaire de l’animal doit justifier :

    • de l’identification du chien par tatouage ou puce électronique ;
    • de la vaccination de l’animal contre la rage en cours de validité ;
    • de la souscription d’une assurance responsabilité pour les dommages causés aux tiers par l’animal ;
    • de l’obtention par le propriétaire d’une attestation d’aptitude à la détention de ces animaux. Cette attestation s’obtient à l’issue d’une formation, auprès d’un organisme agréé, portant sur l’éducation et le comportement canins, ainsi que sur la prévention des accidents ;
    • d’une évaluation comportementale pour les chiens âgés de plus de huit mois et de moins de 12 mois. À noter que la formation et l’évaluation comportementale sont aux frais du propriétaire.

    Les chiens de 2e catégorie doivent, dans les lieux publics, être toujours muselés et tenus en laisse par une personne majeure.

    Pour en savoir plus sur ces règles sur le retour en France, vous pouvez consulter les sites Internet suivants :

● Radio en direct
En pause