En réaction à un sabotage présumé par la Russie de câbles sous-marins dans la mer Baltique, les membres de l’OTAN lancent une nouvelle opération militaire, la « Sentinelle balte ».
La 25 décembre dernier, le câble Estlink-2, qui relie la Finlande et l’Estonie, a été endommagé. La Russie est soupçonnée d’en être responsable.
En réponse à cet incident, les dirigeants des pays de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont annoncé — lors du sommet des Alliés de la mer Baltique qui s’est tenu ce 14 janvier à Helsinki — un nouveau train de mesures pour faire face à de futurs actes de sabotage. Le plan vise à déployer davantage de moyens et établir des lignes directrices juridiques adaptées. Mais également à rationaliser les efforts de réparation des câbles.
Les coupures de câbles sous-marins ont été fréquentes l’année dernière. Selon la commissaire européenne à la Sécurité, la Démocratie et la Souveraineté technologique, la Finlandaise Henna Virkkunen, ces dommages « ne peuvent pas être un accident ».
Dans le cadre de l’opération « Sentinelle balte », des frégates, des avions de patrouille maritime et une petite flotte de drones navals seront déployés dans la région. Les chiffres exacts n’ont pas été fournis. Mais il est clairement indiqué que l’OTAN intensifierait ses efforts.
Plusieurs pays de l’Alliance militaire ont déjà renforcé de manière indépendante la présence de leur marine dans la région de la mer Baltique. L’Estonie et la Suède ont notamment envoyé des navires supplémentaires pour contribuer aux patrouilles de l’OTAN.
Ces pays prévoient également de regrouper leurs activités de surveillance. Ce qui permettrait de mieux contrôler la région. Ils souhaitent également utiliser des outils alimentés par l’intelligence artificielle. Cela fluidifierait le suivi des navires afin de protéger les câbles sous-marins.
Une réaction de « référence » pour l’OTAN
Le Premier ministre estonien, Kristen Michal, a félicité cette action commune et a qualifié la réaction finlandaise à ce sabotage présumé de « référence » pour l’OTAN.
En effet, une fois que les dommages ont été signalés par l’opérateur, les autorités finlandaises ont détecté un navire suspect. Le pétrolier Eagle S, lié à la « flotte fantôme» russe. Ils l’ont immédiatement contacté. Puis, agissant en vertu de la législation finlandaise, elles l’ont arrêté. Le pétrolier a ensuite été escorté dans les eaux territoriales et de monter à bord.
Un groupe d’experts juridiques va maintenant tenter de clarifier la manière dont les navires de la flotte fantôme russe peuvent être traités. Le tout en restant dans la légalité au regard du droit de la mer des Nations unies.
Les membres de l’OTAN présents au sommet des Alliés de la mer Baltique travaillent également à l’élaboration d’un protocole d’entente. Ce dernier visant à rationaliser à l’avenir les efforts de réparation des dommages causés aux infrastructures sous-marines.
Pour le président finlandais Alexander Stubb, la résilience est essentielle.
« On ne peut pas empêcher tous les actes de sabotage, c’est pourquoi il est important de disposer de plusieurs sources d’énergie », a-t-il déclaré.
Le président finlandais a cependant ajouté que les efforts de sabotage n’ont jusqu’à présent pas eu d’impact durable sur la société dans son ensemble.
Les dirigeants ont toutefois prévenu qu’il fallait faire davantage pour assurer une défense efficace à l’avenir. Faisant écho à des déclarations antérieures, Mark Rutte a plaidé en faveur d’un financement accru de la défense : « c’est urgent, c’est urgent maintenant ».
Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le jeudi 16 janvier 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui dans nos titres : Les vœux de Laurent Saint-Martin – Motion de censure contre François Bayrou – Karim Ben Cheik quitte le groupe d’amitié parlementaire France-Maroc
3 priorités pour Laurent Saint-Martin
Après l’interview qu’il a accordée à notre média Lesfrancais.press, le ministre délégué chargé des Français de l’étranger vient de poster ses vœux aux expatriés sur le réseau LinkedlN. Dans son message, Laurent Saint Martin a rappelé que notre communauté hors de France était « une chance pour notre pays ». Il a aussi partagé ses 3 priorités à la tête de ce ministère : « Assurer la sécurité », « faciliter les démarches administratives » et « assurer son soutien à la scolarité des citoyens les plus défavorisés ».
Le gouvernement Bayrou face à sa première motion de censure
À peine 48 heures après son discours de politique générale, le Premier ministre affronte déjà une motion de censure. Sur le papier, elle n’a pour l’instant que très peu de chance de renverser le chef du gouvernement. Mais le centriste n’est pas à l’abri d’un retournement de situation qui ferait de lui le locataire de Matignon le plus éphémère de la 5e République. Les insoumis sont à l’initiative de la toute première motion de censure déposée contre lui. Premier grief invoqué : le fait que François Bayrou n’a pas sollicité un vote de confiance des députés après son discours de politique générale. À la tribune de l’Assemblée, la présidente des députés LFI a dénoncé « le déni de démocratie » de François Bayrou qu’elle a accusé de ne « rien respecter ». Les 71 députés insoumis devraient donc tous voter la censure. Si le PS et les Ecologistes ne la votent pas, Jean-Luc Mélenchon a promis de mettre fin au Nouveau Front Populaire. La suite demain !
Le groupe d’amitié parlementaire France-Maroc présidé par le RN
Par principe, le député des Français du Maghreb, Karim Ben Cheik a démissionné du groupe réunissant les députés français. La raison ? La prise de la présidence par un élu du Rassemblement national. Le député NFP a déclaré qu’« en raison des idées xénophobes défendues par ce parti que j’ai toujours combattu, par respect pour les Marocains de France et leurs familles, je n’entends pas siéger dans un groupe présidé par l’extrême droite. » Du côté du RN, cette prise est considérée comme un « signal fort ». L’entourage de Marine Le Pen avait expliqué avant l’élection du nouveau président du groupe que le Maroc était « un grand pays de diplomatie et de développement économique » et un acteur « important dans la lutte contre l’immigration », avec une « forte diaspora », rapporte le quotidien Le Parisien.
Karim Ben Cheïkh
Et voilà c’est ainsi que s’achève ce flash quotidien des expatriés. On se retrouve demain vendredi 17 janvier pour la dernière édition de la semaine. Toute la rédaction se joint à moi pour vous souhaiter une belle journée où que vous soyez !
Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger
Depuis plusieurs jours déjà Los Angeles est la proie des flammes. Les images qui nous parviennent de LA sont pour la plupart apocalyptiques. Comment, entre autres, nos compatriotes sur place font-ils face à la situation ? Pour faire le point, Lesfrancais.press a pu joindre Patrick Caraco, conseiller des Français pour cette zone en Californie.
À Los Angeles, une situation apocalyptique
Alors que les incendies se poursuivent à Los Angeles, le bilan des dégâts ne cesse de croître. D’ores et déjà nous avons tous l’image de ces maisons qui, une à une, partent en fumée. Avec ces logements qui disparaissent sous les flammes, ce sont aussi l’ensemble des biens, des uns et des autres, qui sont réduits en cendres. Bien sûr, nos expatriés ne sont pas les seuls touchés. Mais nous avons demandé à notre invité quel était le moral de nos Français actuellement sur place ?
Concernant le nombre de décès, le chiffre évolue sans cesse. À la vue de ce qui se passe, le bilan aurait être plus lourd que celui qui est partagé actuellement. Toutefois, leur nombre pourrait s’accroître une fois les incendies éteints. En effet, des corps sont, peut-être, à l’heure actuelle coincés dans les décombres.
« La situation à L.A. est apocalyptique, mais les pertes humaines ont été relativement limitées par rapport à l’étendue des feux »
Patrick Caraco, conseiller des Français de Los Angeles
Toutefois, pour l’élu consulaire, si « la situation est apocalyptique, les pertes humaines restent relativement limitées. ». En effet, les pompiers ont avant tout voulu protéger les vies humaines, et pas forcément, en priorité, les biens. Pour le moment, « 25 Français ont perdu leur maison » indique notre invité.
À Los Angeles, aucun secteur n’est à l’abris des flammes
Au cours de cette interview, Patrick Caraco partage aussi avec nous la difficulté rencontrée pour l’évacuation des familles. « C’est compliqué de faire évacuer les gens qui décident de défendre leur maison avec l’eau de la piscine» déclare à notre micro. Or, rappelle aussi notre invité, il convient de suivre les instructions des autorités américaines.
« Pour le moment à Los Angeles, il n’y a pas de secteur en sécurité, ça peut arriver n’importe où »
Patrick Caraco, conseiller des Français de Los Angeles
Et, l’avis d’alerte reste de vigueur, notamment du côté de Pacific Palisades, ou le feu continue à faire rage. Le danger est également lié aux vents qui peuvent aussi tourner, et donc modifier le sens des incendies. Si bien que personne n’est réellement à l’abris. « Il n’y a pas de secteur en sécurité, ça peut arriver n’importe où » nous dit Patrick Caraco.
Quels conseils pour les Français de Los Angeles ?
Un Français vivant à LA a médiatiquement critiqué les autorités françaises et l’ambassade de France aux Etats-Unis. Selon lui, elles ne feraient rien pour nos compatriotes sur place. Qu’en est-il réellement ? Et quelles recommandations notre invité, conseiller des Français de Los Angeles, souhaite-t-il partager avec nos ressortissants ?
« Les conseils sont simples, il faut suivre ce que disent les autorités américaines »
Patrick Caraco, conseiller des Français de Los Angeles
Patrick Caraco explique aussi que « le consulat est en contact permanent avec les autorités américaines. Et il suit les orientations données par les autorités ». Les associations sont aussi toutes mobilisées.
Consulat France Los Angeles
Pour lui, la personne qui s’est donc exprimée devant les caméras de télévision en ne faisant que de la critique a « dit n’importe quoi ». Pour argumenter son propos, notre invité nous donne des exemples d’actions menées, en concertation entre le consulat, les élu(e)s et la communauté française.
Et l’après ? Quelles conséquences ?
Les flammes ne sont pas éteintes que d’ores et déjà, les pensées vont aussi vers les conséquences de ces incendies. Celles-ci ne peuvent pas encore être mesurées, mais elles seront gigantesques.
« Nous sommes dans une situation qui va avoir beaucoup de conséquences économiques (…) les maisons sont par terre, il n’y a plus rien. »
Patrick Caraco, conseiller des Français de Los Angeles
Pour notre interlocuteur, les questions de l’après se posent. Il se souvient avoir vécu le « tremblement de terre de 1994 », mais « ça n’avait rien à voir avec ça » constate-t-il. « Nous sommes dans une situation un peu particulière et qui va avoir beaucoup de conséquences économiques » poursuit-il. « On ne sait pas si les gens vont pouvoir reconstruire ou vont vouloir reconstruire, parce qu’il ne s’agit pas d’un bout de toit qui a brûlé, les maisons sont par terre, il n’y a plus rien. »
Sans aucun doute, les décombres viendront alourdir le bilan. Aussi, pour la phase qui suivra cette catastrophe, les aides administratives et financières seront une des clés. D’ailleurs comment la France pourra-t-elle soutenir directement ses ressortissants victimes de ces incendies ? Nous ne le savons pas encore. Sans oublier, le soutien psychologique qui sera également déterminant pour reconstruire les femmes et les hommes qui auront vécu l’enfer des flammes.
Depuis le 1er janvier 2025, la Roumanie fait pleinement partie de l’espace Schengen. Cette avancée historique, qui supprime les contrôles aux frontières terrestres, marque notamment une étape importante pour ce pays membre de l’Union européenne depuis 2007. Pour en parler, Lesfrancais.press reçoit Benoit Mayrand, conseiller des Français de Roumanie et de la Moldavie, et également membre de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) pour la zone Europe centrale et orientale. Il revient pour nous sur les conséquences de cette intégration, et l’opportunité pour ce pays et nos compatriotes sur place.
Une décision longuement attendue en Roumanie
La nouvelle a été accueillie avec enthousiasme en Roumanie. « Cela fait 18 ans que les Roumains attendent de pouvoir circuler librement dans l’Union Européenne, conformément à l’un des principes fondateurs de l’Union» rappelle Benoit Mayrand tout en soulignant la force de l’espace Schengen qui favorise les échanges et la liberté de pouvoir étudier, travailler ou résider dans d’autres pays européens.
Benoit Mayrand
« Cela fait 18 ans que les Roumains attendent de pouvoir circuler librement dans l’Union Européenne »
Benoit Mayrand, Conseiller des Français de Roumanie – Membre de l’AFE
Les Français installés en Roumanie, particulièrement les frontaliers proches de la Hongrie, voient également cette décision comme une avancée majeure. « Certains vivent en Hongrie où l’immobilier est plus abordable, tout en travaillant en Roumanie.C’est donc une bonne nouvelle pour eux », constate également notre invité.
Des obstacles surmontés après des années de résistance, notamment de l’Autriche
Cette intégration a fait l’objet de résistance au sein même de l’Union Européenne durant de nombreuses années. Et jusqu’à tout récemment, les raisons invoquées par les opposants pour justifier ce retard étaient liées essentiellement à la gestion des frontières extérieures de l’UE, des flux migratoires, à la lutte contre la corruption.
« Ce sont surtout les Autrichiens qui depuis des années refusaient l’accès à la Bulgarie et la Roumanie. »
Benoit Mayrand, Conseiller des Français de Roumanie – Membre de l’AFE
Finalement, la Roumanie a su rassurer ses partenaires européens. « Ce sont surtout les Autrichiens qui depuis des années refusaient l’accès à la Bulgarie et la Roumanie. Le destin des deux pays était lié. Un changement de gouvernement en Autriche et le renforcement des contrôles aux frontières avec la Moldavie ont permis de lever les doutes » explique Benoit Mayrand qui ne voit pas dans cette intégration une conséquence de la guerre en Ukraine.
Quelles opportunités pour la Roumanie et nos compatriotes ?
La suppression des contrôles terrestres ouvre de nombreuses opportunités économiques et touristiques.
« L’entrée de la Roumanie dans Schengen va accélérer la logistique pour les produits frais français importés, réduisant les délais d’attente aux frontières. »
Benoit Mayrand, Conseiller des Français de Roumanie – Membre de l’AFE
Benoit Mayrand s’attend à une augmentation des flux touristiques, notamment vers les côtes bulgares de la mer Noire ou la Grèce, désormais accessibles en moins de 6 heures depuis la Roumanie. « Cela va également accélérer la logistique pour les produits frais français importés notamment, réduisant les délais d’attente aux frontières.» Cependant, cette nouvelle configuration soulève aussi des défis, comme la gestion du trafic routier accru, particulièrement pour le transit des poids lourds à travers le pays.
Un enjeu démocratique et sécuritaire : une élection annulée
Concernant les élections en Roumaine, la Russie aurait donc influencé le scrutin présidentiel via le réseau social Tik Tok. L’interférence russe aurait permis au candidat d’extrême droite Calin Georgescu d’arriver en tête du premier tour.
Un enjeu démocratique et sécuritaire
Après l’ouverture d’une enquête de la Commission européenne contre la plateforme sociale chinoise, la justice roumaine a également réagi. Le 10 janvier dernier, la Cour constitutionnelle a tout simplement annulé l’élection. « C’est une première autant qu’un exercice démocratique qui montre que la justice fonctionne en Roumanie. »
La Moldavie : un signal positif pour l’adhésion à l’UE ?
Enfin, voisine de la Roumanie, la Moldavie est également engagée dans un processus d’adhésion à l’Union européenne. Benoit Mayrand, également élu pour les Français de Moldavie, estime que l’intégration roumaine envoie un signal encourageant. « Avec l’élection de Maia Sandu, la Moldavie s’oriente clairement vers une voie pro-européenne. Mais le pays reste confronté à des défis majeurs dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine : un faible niveau de vie, des infrastructures défaillantes et les visées de la Russie sur la Transnistrie. »
Non, les Français expatriés ne sont pas de riches nantis ! C’est d’ailleurs pour cela qu’un réseau associatif soutenant notre communauté hors de France existe pour les aider lorsqu’il se trouve en difficulté. Ces structures sont communément appelées « OLES ». L’État français apporte son concours financier. Celui-ci permet, en outre, à ce tissu associatif de répondre aux besoins d’urgence des Français de l’étranger. Toutefois, il y a un processus à suivre pour accéder à ces subventions et des critères à respecter. Le compte à rebours est d’ailleurs lancé. En effet, vous n’avez que quelques jours pour déposer votre dossier dans le cadre de cette campagne 2025 pour les OLES. Lesfrancais.press vous en rappelle les démarches.
Venir en aide à nos expatriés en difficulté
Bien souvent quand un de nos compatriotes se trouve en difficulté à l’étranger, il se tourne vers les autorités françaises ou bien les associations locales. Mais ces dernières, pour pouvoir apporter les secours nécessaires, ont, en plus des dons reçus, besoin de subventions de l’Etat. Aussi, dans ce cadre la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE) ouvre des possibilités de crédits en faveur des organismes qui « engagent des actions en faveur des Français de l’étranger ».
Quelles associations peuvent bénéficier de ces aides OLES ?
Ces aides financières sont destinées en partie aux organismes locaux d’entraide et de solidarité, appelés les « OLES ». Ce sont notamment les Bienfaisances que l’on retrouve dans de nombreux pays. La plupart d’entre elles sont notamment membre de la Fibre, la Fédération Internationale des Bienfaisances et Entraides des Français Résidant à l’Étranger.
Mais, depuis la crise sanitaire liée au Covid, d’autres structures peuvent aussi être éligibles à ces fonds. Ainsi, comme l’indique le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères : « au titre de cette campagne OLES 2025, toute association venant en aide d’une manière ou d’une autre à nos compatriotes à l’étranger peut présenter une demande de subvention dans le cadre de son action en faveur des Français de la circonscription. »
Quel est alors le chemin à suivre pour constituer son dossier, le déposer et obtenir un soutien ? Nous partageons ainsi avec vous les critères à suivre, puis la façon de déposer votre demande. Nous vous informons également sur le lieu de dépôts de vos dossiers et la date limite, ainsi que sur le cheminement que votre dossier va connaître avant, nous vous le souhaitons, d’obtenir une subvention.
Quels sont les critères à respecter ?
Principalement, votre structure associative devra répondre aux trois critères suivants pour déposer un dossier, à savoir :
La complémentarité de votre association avec les actions déployées par le Consulat. C’est-à-dire qu’il ne peut y avoir de redondance entre le soutien financier apporté par votre structure, et celle dont bénéficient les personnes dans le cadre des aides sociales du CCPAS (Conseil consulaire pour la Protection et l’Action Sociale).
Le dynamisme de l’organisme dans sa recherche d’autres financements ; en effet, il vous sera demandé de présenter les actions entreprises dans la recherche de fonds pour soutenir vos activités associatives. Il est donc recommandé de présenter un bilan financier pour 2024, ainsi que les prévisions budgétaires pour 2025.
La transparence et la qualité du dialogue avec le Consulat.
Quels sont les documents à fournir ?
Dans la plupart des cas, le poste consulaire vous donnera la liste des documents à remplir et à fournir. Bien évidemment l’objet de votre demande et le montant souhaité sont à partager avec les autorités. La liste des membres du bureau de votre association et des salariés le cas échéant, ainsi que le rapport d’activité, le rapport financier et la liste des bénéficiaires sont le plus souvent également réclamés. Les statuts de votre association figurent aussi le plus généralement dans les informations à fournir.
Ou déposer son dossier de demande OLES et quand ?
Les dossiers sont à déposer auprès de votre consulat.
C’est en ce mois de janvier qu’il convient de faire votre demande. Elles sont à renouveler chaque année.
Même si la date de délais de dépôts varie en fonction des postes, celle-ci dépasse rarement le 31 janvier. Pour être certains de respecter la date, nous vous invitons à contacter directement le consulat de France situé dans votre pays d’accueil.
Comment sont décidées les aides OLES ?
Si votre organisme répond aux trois critères précités, que vous avez fourni les documents demandés et que vous avez respecté le délai de dépôt, alors votre dossier sera examiné comme suit :
Tout d’abord, celui-ci est étudié par les services du consulat de votre pays de résidence. Après examen des demandes par le poste, celles-ci sont soumises à avis des conseils consulaires qui se réunissent dans votre circonscription électorale. Les conclusions de ces réunions sont alors envoyées à un comité national de subvention.
Ce « comité » est notamment des représentants du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE), et il est présidé par la Directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE). Pour prendre les décisions finales, il s’appuie donc sur les avis formulés par les conseils consulaires et les chefs de poste. Mais il peut aussi avoir une position contraire.
Quelques chiffres sur la campagne OLES 2024
Pour l’année 2024, 94 demandes de subventions ont été déposées et 91 organismes ont pu bénéficier d’un soutien après l’examen des dossiers par ce comité national présidé par la DFAE. Une enveloppe de 1.160.000 € a ainsi été débloquée pour répondre au besoin, alors que les crédits étaient fixés à 1.4000.000 €. En 2023, 101 dossiers avaient fait l’objet d’une étude par les services compétents.
Bien sûr, venir en aide à nos compatriotes à l’étranger en difficulté demande de disposer d’une trésorerie. Mais pas seulement ! En effet, ces associations, « OLES », sont pour la plupart composées de bénévoles. Et leur nombre baisse d’années en années. Or, sans eux pas d’action, ni de soutien ! Alors si vous voulez donner un peu de votre temps, n’hésitez pas à contacter vos structures locales. Tout le monde est le bienvenu. Vous participerez ainsi à la qualité de ce réseau hors de France. Et vous ferez également perdurer l’engagement citoyen auprès de vos compatriotes à l’étranger.
Donald Trump souhaite limiter le recours à l’immigration afin d’accroître le pouvoir d’achat des Américains. Toutefois, cette politique pourrait avoir un effet inverse à celui escompté en provoquant une hausse des prix. Le poids des immigrants (nés dans un autre pays que les États-Unis) représente, en 2024, 14,5 % de la population américaine, contre 11,5 % en 2010. Depuis 2022, cette proportion est en forte augmentation. Parmi les 47,8 millions d’immigrants présents aux États-Unis à la fin de 2023, 49 % ont obtenu la nationalité américaine. 24 % sont des résidents permanents autorisés. 4 % des résidents temporaires autorisés. Et enfin 23 % (11 millions) sont des immigrants non autorisés, dont 3 millions sont néanmoins protégés (principalement par une demande de droit d’asile). Ces immigrants peuvent légalement travailler. En 2022, 39 % des immigrants venaient d’Amérique latine et 29 % d’Asie.
Les immigrés ont, ces dernières années, largement contribué à la forte croissance de l’économie américaine. Aux États-Unis, les immigrés ont un niveau de formation équivalent à celui de l’ensemble de la population active. Toutefois, ils se situent aux deux extrêmes de la distribution des niveaux d’éducation : 25 % d’entre eux n’ont pas terminé leur cycle secondaire d’études, contre 8 % des Américains. Mais un nombre significatif sont hautement qualifiés. La proportion d’immigrés détenteurs d’un « bachelor » (licence) est de 35 %, contre 36 % pour les personnes nées aux États-Unis. La part de « graduates » (détenteurs d’un master) est de 15,6 % chez les immigrés, contre 13,8 % chez les natifs.
En réduisant le nombre d’immigrés, des tensions sur le marché du travail
La proportion d’immigrés dans les secteurs employant des salariés peu qualifiés (aides à domicile, agriculture, construction, logistique et transports, services aux personnes) est élevée, allant de 20 % à 28 %. Cependant, la proportion d’immigrés parmi les scientifiques, les ingénieurs et les mathématiciens est également significative (23 %). En réduisant le nombre d’immigrés, les États-Unis risquent de faire face à des tensions sur le marché du travail.
En réduisant le nombre d’immigrés, des tensions sur le marché du travail
Depuis 2022, ce marché s’est détendu. La proportion d’entreprises rencontrant des difficultés de recrutement est passée de 52 % à 38 % au cours des deux dernières années. Le ratio du nombre d’emplois vacants au nombre de chômeurs (ratio de Beveridge) est passé de 2,2 à 1,1 entre 2022 et 2024. Cette détente a permis un ralentissement de la hausse des salaires. Cette dernière est passée de 5,2 % à 3,8 % en rythme annuel entre 2022 et 2024, dans un contexte de forte croissance économique (5,8 % en 2021, 1,9 % en 2022, 2,5 % en 2023 et 2,8 % au troisième trimestre 2024).
Une augmentation de l’inflation
La légère augmentation du taux de chômage constatée depuis 2023 n’est pas due à une réelle dégradation du marché de l’emploi. Elle s’explique par le retour à l’emploi de personnes auparavant inactives. Donald Trump, élu notamment sur le thème de la lutte contre l’inflation, pourrait provoquer une augmentation de cette dernière avec sa politique de limitation de l’immigration. L’expulsion des immigrés illégaux et la réduction du nombre d’immigrants légaux pourraient entraîner une hausse des salaires, et donc des prix. Cela pèserait sur le pouvoir d’achat des Américains.
Une politique anti-immigration pourrait également pénaliser la recherche et l’innovation, compte tenu du nombre important de chercheurs étrangers travaillant aux États-Unis. Depuis son élection, le futur président semble atténuer certaines de ses promesses. En particulier concernant les immigrants légaux. Les représentants de divers secteurs d’activité, notamment ceux des services et du bâtiment, exercent une pression significative pour modifier ses positions.
Les États devraient réaffecter l’argent de la protection sociale et la santé à la défense, a répété lundi 13 janvier le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui a également appelé l’industrie européenne à coopérer plus étroitement avec ses homologues américains.
Avec des entrepôts vidés, des objectifs de stockage plus élevés et des besoins ukrainiens persistants, les gouvernements en Europe et aux États-Unis se demandent comment trouver l’argent nécessaire pour augmenter leurs dépenses de défense et de sécurité.
Mark Rutte a une réponse : si ce n’est pas avec des impôts, ce sera en réaffectant l’argent de la protection sociale à la défense, ce qui permettra à l’économie européenne d’être davantage sur le pied de guerre.
Un objectif : dépenser plus
« D’une manière générale, dépenser plus pour la défense signifie dépenser moins pour d’autres priorités, mais cela peut faire une grande différence pour notre sécurité future », a souligné le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
Mark Rutte n’a pas hésité à s’immiscer dans le débat politiquement tendu sur le financement de la défense en Europe, en délivrant un message clair et cohérent : dépenser plus.
« En moyenne, les pays européens dépensent facilement jusqu’à un quart de leur revenu national pour les retraites, la santé et les systèmes de sécurité sociale, et nous n’avons besoin que d’une petite fraction de cet argent pour renforcer la défense », a-t-il ajouté, reprenant les mêmes arguments que ceux qu’il avait avancés le mois dernier.
En dépit de l’augmentation considérable des dépenses de défense des pays de l’OTAN, l’« économie de guerre », qui consiste à mobiliser autant de ressources que possible pour la sécurité et la défense, attendue depuis le début de la guerre en Ukraine à l’hiver 2022, ne s’est pas encore concrétisée.
L’industrie de la défense, surtout en Europe, a expliqué qu’elle ne disposait toujours pas des contrats à long terme nécessaires pour justifier les investissements dans de nouvelles lignes et pour augmenter suffisamment la production afin de répondre aux besoins potentiels en temps de guerre.
D’autres alternatives ?
La réaffectation de fonds de la protection sociale à la sécurité a toutefois déjà fait sourciller les anciens commissaires européens chargés de la Politique de cohésion et du Développement, qui ont mis en garde contre cette mesure.
Mais selon Mark Rutte, il s’agit de la seule option dont disposent les gouvernements, s’ils « n’aiment pas augmenter les impôts ».
Le dirigeant de l’OTAN, connu pour sa position contre les emprunts conjoints, n’a toutefois pas mentionné l’idée, souvent évoquée, d’émettre des euro-obligations afin de lever des fonds pour des projets de défense, alors que l’exécutif européen compte examiner cette idée soutenue par des pays comme l’Estonie et la France.
Les États membres de l’UE prévoient de se réunir le 3 février à Limont, en Belgique, pour tenter de répondre à la question controversée du financement. Les solutions potentielles d’augmentations d’impôts et d’emprunts au niveau de l’UE n’ont jusqu’à présent pas obtenu un soutien suffisant.
Pour Mark Rutte, l’augmentation promise des dépenses de défense des pays européens à hauteur d’au moins 2 % de leur PIB n’est pas suffisante. Le secrétaire général de l’OTAN estime qu’une utilisation non coordonnée des fonds pourrait entraîner des dépenses encore plus importantes.
Un avis partagé par les hauts gradés de l’armée qui conçoivent les plans de défense et de dissuasion de l’OTAN.
Des fonds de l’UE aux entreprises américaines
Selon Mark Rutte, le plan proposé par l’exécutif européen pour stimuler la production, le programme européen d’investissement dans le domaine de la défense (EDIP), devrait laisser la porte ouverte aux entreprises de défense américaines pour qu’elles puissent accéder aux fonds de l’UE.
« L’implication des alliés non européens dans les efforts de l’UE en matière d’industrie de la défense est vitale » pour la sécurité européenne, a-t-il affirmé.
Pour le secrétaire général de l’OTAN, « à l’heure où la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran augmentent leur coopération industrielle en matière de défense à des niveaux sans précédent, ériger de nouvelles barrières entre les alliés au sein de l’OTAN serait un acte d’autodestruction ».
Ses commentaires vont à l’encontre de la position de la France, qui souhaite que les fonds de l’UE aillent principalement au complexe militaro-industriel européen, dans le but de réformer le marché.
De son côté, Mark Rutte reproche à l’industrie de défense de l’UE de ne pas livrer assez rapidement et d’attendre des contrats à long terme avant d’investir dans des capacités de production, ce qui explique pourquoi la Corée du Sud occupe une partie du marché dans les États d’Europe de l’Est.
Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mercredi 15 janvier 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui dans nos titres : 3 mois pour refaire la réforme des retraites ? – Olivier Grondeau, otage en Iran – 74% des Français pour la révocation des accords de 1968 signés avec l’Algérie
Une remise en chantier de la réforme des retraites.
Depuis plusieurs jours, les socialistes menaient des discussions avec le gouvernement pour un accord de non-censure, en échange d’une renégociation rapide de la réforme des retraites et de concessions budgétaires. Au centre des tensions, la révision de l’âge de départ, fixé à 64 ans par la loi de 2023. François Bayrou a défendu mardi une réforme « vitale » en raison du « lourd problème de financement de notre système de retraites ». Mais face aux contestations, le Premier ministre a décidé d’adopter une « méthode inédite et quelque peu radicale ». Ainsi, le chef du gouvernement va demander « une mission flash à la Cour des comptes, de quelques semaines » pour obtenir des « chiffres indiscutables » sur les retraites. Une « délégation permanente » sera créée, avec les « partenaires sociaux », dans les mêmes bureaux, « pendant trois mois à dater du rapport de la Cour des comptes ». À suivre
La sortie de l’anonymat d’Olivier Grondeau
Olivier Grondeau, 34 ans, que ses proches présentent comme un voyageur amateur de poésie, a été arrêté à Chiraz (au sud de l’Iran) en octobre 2022. Il a été condamné à cinq ans de prison pour « complot contre la République islamique », a expliqué sa mère, Thérèse Grondeau, sur la radio publique France Inter. Révéler son identité, « c’est une grosse prise de risque, beaucoup de stress. Il avait très peur de revenir à l’isolement », a souligné Tristan, un de ses amis. Mais « sa santé déclinant chaque jour, il a pris sur lui de prendre cette décision de médiatiser son cas ». Le ministère des Affaires étrangères français a salué lundi le « courage » des trois Français détenus et de leurs proches « dans l’épreuve qui leur est infligée par l’Iran ». Vendredi dernier, il avait convoqué l’ambassadeur iranien à Paris pour dénoncer leur situation « insupportable, avec des conditions de détention indignes qui, pour certaines, relèvent en droit international de la torture ».
Olivier Grondeau lors d’un voyage au Pakistan en septembre 2022, avant de se rendre en Iran. – Credit:DR
L’immigration en France, un problème algérien ?
Dans un contexte de tensions entre la France et l’Algérie, les accords de 1968, qui organisent la circulation, l’emploi et le séjour en France des ressortissants algériens et de leur famille sont de plus en plus pointés du doigt. De Gabriel Attal à Marine Le Pen en passant par Élisabeth Borne, Édouard Philippe ou encore Éric Ciotti, la classe politique entend s’emparer du sujet. Un point de vue partagé par les Français qui plaident à 74% pour la suppression des accords de 1968, selon un sondage* CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD publié ce lundi 13 janvier. En parallèle, 25% des interrogés s’y opposent et 1% ne se prononce pas.
Sondage CNEWS 14/01/2025
Et voilà c’est ainsi que s’achève ce bulletin quotidien des Français de l’étranger. On se retrouve demain jeudi 16 janvier pour une nouvelle édition, d’ici là passez un beau mercredi où que vous soyez !
Écoutez le bulletin quotidien des Français de l’étranger
Ce discours de politique général de François Bayrou marque-t-il déjà la fin d’un vœu pieux : celui de faire de nos expatriés des Français comme les autres ! En effet, en 85 minutes de prise de parole, à aucun moment, le Premier Ministre n’a prononcé les mots de « Français de l’étranger ». Est-ce un oubli de sa part ? Doit-on d’ores et déjà s’inquiéter de la façon dont les Français de l’étranger seront traités dans les futurs travaux du gouvernement ? La question se pose. En attendant, on fait le point sur les expatriés sur ce qu’il fallait retenir du discours de politique générale de François Bayrou !
La réforme des retraites « remise en chantier »
Le Premier ministre a déclaré vouloir faire face à « l’urgence » que présente la « précarité budgétaire » entraînée par le rejet du budget en fin d’année 2024. Pour « trouver des voies de passage », « la première urgence » est de « répondre à la question des retraites qui occupe le débat public », a estimé François Bayrou, qui a annoncé une « remise en chantier » de la réforme.
Au centre des tensions, la révision de l’âge de départ, fixé à 64 ans par la loi de 2023. François Bayrou a défendu mardi une réforme « vitale » en raison du « lourd problème de financement de notre système de retraites ». Mais face aux contestations, François Bayrou a décidé d’adopter une « méthode inédite et quelque peu radicale ».
Le chef du gouvernement va demander « une mission flash à la Cour des comptes, de quelques semaines » pour obtenir des « chiffres indiscutables » sur les retraites. Une « délégation permanente » sera créée, avec les « partenaires sociaux », dans les mêmes bureaux, « pendant trois mois à dater du rapport de la Cour des comptes ».
« Nous pouvons rechercher une voie de réforme nouvelle, sans aucun totem et sans aucun tabou, pas même l’âge de la retraite, à condition qu’elle réponde à l’exigence fixée », a déclaré François Bayrou. En l’absence d’accord à l’automne, la réforme actuelle continuera de s’appliquer, a-t-il précisé.
Des budgets « repensés »
Soulignant le « surendettement » de la France, François Bayrou a estimé que « tous les partis de gouvernement, sans exception, ont une responsabilité » dans cette situation. « Cette dette est une épée de Damoclès au-dessus de notre pays et de notre modèle social », a ajouté le Premier ministre, en accusant « tous les partis d’opposition » de demander « sans cesse des dépenses supplémentaires », ce qui produit un « tango fatal qui nous a conduits au bord du précipice ».
La France vise un déficit public à hauteur de 5,4% de son PIB en 2025, supérieur à la projection du précédent gouvernement (5%), et abaisse sa prévision de croissance à 0,9% cette année contre 1,1% avant que Michel Barnier ne soit renversé, a annoncé le nouveau Premier ministre, François Bayrou.
Face à ces données, le président du Modem a estimé qu’il fallait « repenser tous nos budgets » et annoncé « la création d’un fonds spécial entièrement dédié à la réforme de l’État » et à sa réorganisation. François Bayrou a notamment estimé que les « 1.000 agences ou organes de l’État » actuels constituent « un labyrinthe dont un pays rigoureux peut difficilement se satisfaire ».
Ce fonds sera financé par des actifs « en particulier immobiliers, qui appartiennent à la puissance publique de façon à pouvoir investir, par exemple dans le déploiement de l’intelligence artificielle dans nos services publics », a-t-il déclaré dans sa déclaration de politique générale.
Vers une dose de proportionnelle ?
Dénonçant la « stratégie » de Jean-Luc Mélenchon de « faire de tout sujet un conflit », il a jugé que le « pluralisme » politique est « légitime » mais qu’il doit être « organisé ». François Bayrou souhaite la création d’une « banque de la démocratie », pour que les partis ne dépendent plus de « banques privées » mais que le financement puisse relever « d’organismes publics, placés sous le contrôle du Parlement ».
Il a également évoqué la question de la proportionnelle, disant vouloir « avancer sur la réforme du mode de scrutin » législatif. Cette réforme, « probablement », « nous obligera à reposer en même temps la question de l’exercice simultané d’une responsabilité locale et nationale », a ajouté le Premier ministre, suscitant la protestation de nombreux députés à gauche, plus de dix ans après la suppression du cumul des mandats lors de la présidence de François Hollande.
Réguler l’immigration
Le Premier ministre a affirmé sa « conviction profonde » que l’immigration est « une question de proportion ». « L’installation d’une famille étrangère dans un village pyrénéen ou cévenol, c’est un mouvement de générosité qui est suscité et qui se déploie, des enfants fêtés et entourés à l’école, des parents qui reçoivent tous les signes de l’entraide. Mais que trente familles s’installent et le village se sent menacé », a déclaré François Bayrou.
Celui-ci a donc insisté pour une « politique de contrôle, de régulation et de retour dans leur pays de ceux dont la présence met en péril, par leur nombre, la cohésion de la nation ». Il souhaite, pour cela, « réactiver » le comité interministériel de contrôle de l’immigration et « mieux user de notre aide au développement, en retrouvant dès 2026 une trajectoire dynamique ».
Le retour des gilets jaunes
François Bayrou a souhaité « reprendre l’étude des cahiers de doléances » rédigés à l’issue des débats qui avaient suivi les manifestations des « gilets jaunes », un mouvement « négligé » selon lui.
Les « gilets jaunes » ont « dénoncé l’état qu’ils ressentaient de notre société », « la division du pays entre ceux qui comptent et ceux qui ne comptent pas », mais « la promesse française suppose que nous puissions abattre le mur qui existe entre les uns et les autres », a affirmé le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale.
Parcoursup ? La fin
« Parcoursup est une question« , a déclaré François Bayrou, en estimant nécessaire d’ »ouvrir les portes » et d’ »inventer la période de l’année d’articulation entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur ».
« Vouloir sélectionner précocement, sans qu’aient mûri l’esprit et les attentes, je pense que c’est une erreur, en tout cas une faiblesse », a estimé devant l’Assemblée nationale le chef du gouvernement, critiquant en creux la plateforme post-bac d’orientation lancée en 2018.
Les normes agricoles remises en question
Le Premier ministre a mené une charge contre les contrôles et les normes environnementales auxquels les agriculteurs sont soumis, allant jusqu’à qualifier de « faute » les inspections « avec une arme » de l’Office français de la biodiversité.
« Je m’engage (…) à ce que nous remettions en question les pyramides de normes en donnant l’initiative aux usagers. Ceux que l’on contrôle doivent avoir leur mot à dire sur les contrôles », a-t-il déclaré au lendemain d’une rencontre avec les principaux syndicats agricoles, remontés après un an de mobilisation.
La santé mentale : grande cause nationale en 2025
François Bayrou a par ailleurs confirmé que la santé mentale sera la grande cause nationale en 2025, comme l’avait annoncé son prédécesseur Michel Barnier. Face aux « crises » que connaît le système de santé, le gouvernement proposera « une hausse notable » de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) pour « améliorer les conditions de travail des soignants et de protéger les plus fragiles ».
Alors que le précédent gouvernement avait annoncé une baisse du remboursement des médicaments, avant de revenir dessus à la demande du Rassemblement national, « la mesure de déremboursement de certains médicaments et des consultations ne sera pas reprise », a fait savoir François Bayrou.
Et les Français de l’étranger
Comme on l’a dit au début de cet article, le nouveau locataire de Matignon n’a pas eu un mot pour les Français de l’étranger. Il faut dire que son discours marqué par les idées du XXème siècle démontre que François Bayrou n’a pas pris conscience du changement d’époque. Les Français quittent le pays mais le lien avec ces derniers ne sera pas une priorité de ce gouvernement. Mais dans les annonces faites, certaines auront des conséquences pour les Français de l’étranger. Comme la retraite, pour ceux qui ont une partie de leur carrière en France et le reste à l’international, le maintien ou non de la réforme aura un impact. Autre point, Parcoursup, que les familles trouvaient peu adapté à leurs situations, parfois, pénalisant même les candidats.
Pour le reste, Lesfrancais.press a pu vous partager une interview de Laurent Saint-Martin, le ministre délégué aux Français de l’étranger dans laquelle il présentait ses priorités. Si ce dernier a déclaré dans nos colonnes son opposition à tout impôt lié à la nationalité,il devra sans doute, rapidement, réaffirmer la cause de nos compatriotes vivant hors de France auprès de Matignon et des parlementaires. Car ce ne sont pas les dossiers qui manquent, tant au niveau scolaire, social, culturel, mais sécuritaire, fiscal, … et aussi ceux liés au retour dans l’hexagone. Il serait incompréhensible de laisser de côté près de 3.000.000 de nos ressortissants qui restent attachés à leur pays. Et pourtant, François Bayrou n’en a aujourd’hui pas parlé dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.