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  • Inondations dans le Sud-Est : 11 morts en 2 semaines

    Inondations dans le Sud-Est : 11 morts en 2 semaines

    La Côte d’Azur à nouveau endeuillée. Une semaine après le précédent épisode méditerranéen qui avait fait six morts fin novembre, de nouvelles inondations ont fait des victimes ce week-end dans le Var et les Alpes-Maritimes.

    Deux morts ont ainsi été emportés par les eaux et trois secouristes sont décédés alors qu’ils partaient en hélicoptère à l’aide des sinistrés ce dimanche dans le Var. En un peu plus d’une semaine, onze personnes sont mortes dans le Sud-Est de la France lors des épisodes méditerranéens successifs qui ont engendré une alerte rouge de Météo France.

    Une enquête sur les circonstances exactes du drame

    Les trois occupants d’un hélicoptère de la Sécurité civile partis porter secours à des habitants touchés par les intempéries dans le département du Var ont été retrouvés morts près de Marseille, dans une zone qui n’était pas placée en alerte rouge météo, dans la nuit de dimanche à lundi, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

    « Alors que leur hélicoptère EC145 de la Sécurité civile se dirigeait vers Le Luc-Le Cannet (Var) afin d’assurer une mission de reconnaissance et de sauvetage, les liaisons radios et radar ont été rompues », indique le ministère

    Un hélicoptère de la sécurité civile a disparu cette nuit et emporté avec lui 3 de nos héros du quotidien, engagés dans le sud du pays.
    Avec une infinie tristesse, j’adresse le soutien de la Nation tout entière à leurs familles et leurs camarades.
    Ce drame nous bouleverse tous. (Twitter officiel)

    « Malgré l’engagement d’importants moyens de recherche […], les trois occupants de l’hélicoptère ont été retrouvés décédés à 1h30 du matin » près de la commune du Rove, dans la région de Marseille, ont expliqué dans un communiqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d’Etat Laurent Nuñez en rendant hommage aux secouristes. Une enquête devra établir les circonstances exactes du drame.

    Quelques heures plus tôt, les fortes pluies qui se sont abattues dimanche soir ont donc aussi fait deux morts dans le Var, selon la préfecture de ce département.

    A Fréjus, le propriétaire d’une pension de chevaux sorti pour veiller sur ses animaux a été emporté par les eaux. Dans la commune de Saint-Paul-en-Forêt, un berger apparemment parti dans la nuit pour faire rentrer ses bêtes, a lui été emporté dans son 4×4, alors qu’il tentait de franchir un gué. Son corps a été retrouvé dans son véhicule, encastrée contre un arbre, 300 m en aval de là où il avait été vu pour la dernière fois.

  • La guerre d’Iran commence en Israël

    La guerre d’Iran commence en Israël

    Il y a quelques temps, Trump effrayait son monde en annonçant que l’Iran pouvait être détruit. Depuis, les dirigeants iraniens ont attaqué des navires dans le golfe, puis, testant toujours plus loin les lignes rouges, abattu un drone américain, attaqué les installations pétrolières saoudiennes, bloquant un quart de la production. Parallèlement, les Iraniens ont accru l’enrichissement de l’uranium, la faisabilité de la production d’une bombe devant une question de temps. La passivité américaine -et européenne, la France ayant voulu faire croire un moment qu’elle pouvait être médiatrice, elle a vite été rabrouée- s’est illustrée plus intensément encore avec le retrait des troupes américaines de Syrie.

     

    Curieusement, ce désengagement survient alors que les peuples contestent le pouvoir religieux, notamment dans l’arc chiite. En Iran, les répressions ont fait plus de 300 morts. Comme en Irak. On imagine la violence des arrestations et des pressions. Au Liban, la rue dénonce les accords politico-religieux. Les Chiites refusent d’être enfermés dans  une représentation religieuse, ce qui menace ces régimes plus encore que la crise économique : le système politique fondé sur la religion est délégitimé.

     

    En Israël, les partis religieux, qui ont participé à tous les gouvernements depuis des décennies, sont eux aussi contestés. C’est ce qui rend le pays ingouvernable. Or Israël est en guerre. Vu d’Israël, la menace s’accentue sur trois fronts : au nord, le Hezbollah, et ses 140.000 roquettes. Au sud, à Gaza, le Hamas et les milices islamiques, avec leurs 20.000 roquettes. En Syrie, les Syriens et surtout les Iraniens. Ces derniers ont prouvé, avec leurs attaques contre les Saoudiens (25 drones et missiles de croisière en simultanée, ce dont on croyait les Iraniens incapables) qu’ils peuvent lancer une attaque sur Israël. Les Israéliens sont maintenant persuadés que les Américains ne réagiront pas, ou trop tard. Et que les Européens seront, au mieux, absents, car s’ils devaient être présents, ce serait pour céder aux Iraniens.

     

    Attaques et menaces sur trois fronts

     

    Les Israéliens considèrent qu’ils ne peuvent pas attendre les attaques iraniennes, encore moins que l’Iran ait la Bombe. Quoique disent les Iraniens, qui ont annoncé pouvoir détruire Israël en trois jours, les Israéliens gardent l’avantage militaire. Pour l’emporter vraiment, ils préconisent un engagement fort et radical, sur les trois fronts en même temps. C’est le plan qu’a soumis le chef d’Etat major de Tsahal aux deux personnalités issues des élections, Benyamin Netanyahou, et Benny Gantz. Les deux l’ont accepté. Les opérations militaires ont donc monté en puissance, à Gaza, en Syrie, et même au Liban. Les Russes sont avertis.

     

    Ce que chacun attend, c’est un raid qui tourne mal. Aussi bien les Iraniens que les Israéliens. Pour les Iraniens, le Hezbollah, le Hamas, les Syriens, ce serait le moyen de refaire l’Union sacrée contre les Israéliens, prendre de court l’alliance de fait entre l’Arabie saoudite et Israël, entériner la défaite américaine. Car le calcul iranien est plus fondamental que tactique : une défaite militaire (la destruction des sites d’enrichissement ou de missiles) ne changera pas leur position stratégique. Ils resteront les défenseurs du monde musulman, plus et mieux que les Saoudiens. Or c’est cette bataille là qui les intéresse. Et un conflit les renforcerait, au Liban, à Gaza, et en Syrie.

     

    Les gouvernements fragiles attendent la guerre

     

    Sauf si Israël réussit la totalité du plan élaboré par Tsahal : 1. Détruire les capacités iraniennes. 2. Reprendre le contrôle de Gaza, éradiquer les milices djihadistes et le Hamas. 3. Neutraliser le Hezbollah en s’appuyant sur un accord avec le Liban. Les Israéliens et les Libanais n’ont aucune raison de fond pour maintenir une frontière fermée et un conflit sans enjeu. Mais la frontière est tenue par le Hezbollah. Seule l’élimination du Hezbollah libérerait le Liban.

     

    Une guerre rapide sur les trois fronts permettrait aux Sunnites de reprendre le contrôle de Beyrouth, – et de Gaza. Alors un accord avec les Jordaniens, l’Arabie saoudite et l’Egypte reprendrait sens. Voire avec la Syrie et les Russes.

     

    Mais il faut pour cela plus qu’une victoire militaire. Il faut une politique, et un gouvernement. Et Israël n’en a pas.

     

    Normalement cela rend la guerre impossible. Aujourd’hui, cela peut être une raison de déclencher les hostilités. Netanyahou, mis en accusation, est encore Premier ministre. S’il n’a pas le temps de suivre les opérations, empêtrés qu’il est dans la politicaillerie électorale et judiciaire, il peut jouer le tout pour le tout en risquant une guerre ouverte. Ce serait le moyen pour lui d’éviter la défaite. Comme toujours, les décisions stratégiques dépendent des situations locales : les gouvernements fragiles, en Iran, en Iran, en Syrie, en Israël, ont besoin d’une guerre.

     

    Tout est prêt.

     

    Le chef d’Etat major israélien devient donc l’homme le plus important du Moyen-Orient. Il s’appelle Aviv Kokhavi. Travailliste dans sa jeunesse, nommé par Netanyahou, successeur de Beny Gantz, et vegan. Son plan s’appelle Momentum, il a été approuvé, la Knesset a voté en urgence des crédits supplémentaires. Aviv Kokhavi a rencontré cette semaine le Chef d’Etat major des Armées Américaines, Mark Milley. C’est seulement la deuxième fois que le plus haut gradé américain se rend en Israël. La dernière fois, c’était le prédécesseur de Mac Kenzie, le général Votel, il y a sept mois. Il y a un mois, Kokhavi a reçu le chef de l’US Air Force. La Défense Intelligence Agencyvient de publier il y a quelques jours un rapport sur la force militaire iranienne et ses dangers, qui présente l’Iran comme la première puissance en termes de missiles balistiques du Moyen–Orient. Comme si les militaires américains voulaient légitimer un inévitable conflit. Tout est donc prêt.

     

    Que peut-il se passer ? Le plan prévoit des frappes contre les sites iraniens, en Iran comme en Syrie, et des interventions contre le Hamas et le Hezbollah. Le but est de détruire définitivement les menaces qu’ils représentent, ce qui suppose d’entrer dans Gaza et au Liban pour détruire les réserves de roquette. Le but de Momentumest de frapper très fort pour éviter une prolongation du conflit : Plus le conflit sera long, plus les victimes seront nombreuses, plus le coût sera élevé.

     

    Ce n’est pas la première fois qu’Israël laisse entendre qu’il va attaquer l’Iran. Ni la première fois qu’Israël lance des opérations militaires contre le Hezbollah, le Hamas et l’Iran. C’est la première fois que les Américains ont trop perdu de crédit pour empêcher les Israéliens d’agir. C’est aussi la première fois que le gouvernement israélien est si faible, le gouvernement iranien si contesté. Et la menace de construction d’une bombe si avancée.

     

    Ceux qui sont pour la paix ? Les Européens sont hors jeu. Les Russes aussi : ils ont bombardé des milices pro-turques qui attaquaient leurs alliés syriens. Ils veulent surtout éviter de s’impliquer dans un tel conflit, car ils savent qu’ils ne pourraient qu’y perdre.

     

    Provocations iraniennes et initiative israélienne, toutes les conditions sont réunies pour que la guerre d’Iran ait lieu.

     

    Sauf que : Les Israéliens sont des légalistes. Il n’est pas sûr que Tsahal enclenche une opération sans gouvernement légitimé par les urnes. Et puis, l’effet de surprise est déjà inopérant. Enfin, comme le disait Chirac, « la guerre, c’est toujours un ultime recours, un constat d’échec, la pire des solutions ».  

     

    Mais la guerre a déjà lieu tous les jours, en « basse intensité ». La question est de savoir si le déclenchement d’une guerre directe sur trois fronts simultanés serait une bonne ou une mauvaise nouvelle, pour Israël, le Moyen Orient, et accessoirement pour nous, Européens.

     

    Or la réponse est, tristement : vraisemblablement. Les guerres qui durent sont les pires. Peut-être Israël pourrait-il vaincre l’Iran, le Hezbollah et le Hamas. Peut-être cela provoquerait-il une nouvelle donne au Moyen-Orient, au Liban, en Syrie, en Irak, en Jordanie, au Yémen, en Iran. Bien sûr, tout le monde dénoncera Israël et dira que la guerre est horrible. Mais Israël fera ce que les Américains, Européens, Egyptiens et Saoudiens ont été incapables de faire : détruire des organisations terroristes, empêcher l’Iran de nuire, notamment avec la « Bombe ».

     

    Avec un programme atomique, une capacité balistique, des relais en Syrie, Yémen, Liban, Irak et Syrie, Gaza, Palestine, personne ne peut ignorer la menace des Ayatollahs.

     

    Cela mérite qu’on s’interroge sur nos intérêts, nos responsabilités et notre propre engagement. Et si Israël était, dans la région, le meilleur allié possible ? On ne peut pas le dire. Pour une raison simple : il n’est pas sûr qu’Israël gagne. Il avait échoué face au Hezbollah, le renforçant par cet échec. Les dirigeants iraniens, comme ceux du Hamas ou du Hezbollah, ont prouvé qu’ils étaient prêts à sacrifier des milliers de vies pour rester au pouvoir et incarner la « Résistance  à l’Occident ». C’est ce piège que dénoncent les manifestants de Téhéran, de Bagdad et de Beyrouth.

     

    De Ron Dermer, Ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis: « Si l’Iran ne quitte pas la Syrie, les chances d’une confrontation militaire augmenteront. Je ne parle pas d’année ou de mois, je vous parle de semaines. » L’Iran estime que rien ne lui fera quitter la Syrie. L’Iran encourage le Djihad islamique à tirer des roquettes. L’Iran est persuadé qu’une attaque d’Israël échouerait sinon militairement, en tout cas politiquement. Faut-il une guerre pour mettre fin à la guerre ? Ou ne serait-elle qu’un épisode dans les longs conflits du Moyen–Orient ?

     

    Momentum, « c’est le moment », semble indiquer le nom du plan de l’Etat-major israélien. Message qui signifie qu’après il sera trop tard. Si c’est vrai, c’est grave. Si c’est vrai et qu’une attaque échoue, ce serait encore plus grave. Si c’est faux, une attaque réussie ou non n’aurait pas d’importance. Sauf pour ceux qui seront sous les bombes.

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  • Brexit: les Français du Royaume-Uni entre inquiétude et attente

    David Lusseau élu des Français d’Ecosse

    Le Brexit aurait dû avoir lieu ce 31 octobre. Ce ne sera pas le cas. Le feuilleton, sans fin, déconcerte et ils sont peu encore à pouvoir prétendre y comprendre quelque chose.

    L’opposition « officielle », le parti travailliste et comme les désignent les règles de Westminster concernant le principal parti d’opposition, a accepté ce que Boris Johnson demandait depuis des jours: une nouvelle élection. Elle aura lieu le 12 décembre prochain.

    Comme nous l’a indiqué David Lusseau, élu consulaire sur la liste « Français d’Ecosse, « les conservateurs sont très unis, et en face les autres partis vont s’opposer les uns aux autres ». Le système électoral britannique, par circonscription et à un seul tour, devrait favoriser les grandes formations, conservateurs en tête en Angleterre et au Pays de Galles et alors que les indépendantistes du Scottish National Party pourraient à nouveau raffler la mise en Ecosse. C’est en tout cas ce que les sondages, à 42 jours du scrutin, prédisent?

     » les gens en ont marre du Brexit, ils ne comprennent plus rien » – Marie-Claire Sparrow, élue consulaire

    Les Français du Royaume-Uni inquiets mais dans l’attente

    La très importante communauté française du Royaume-Uni, 150 000 inscrits aux consulats de Londres et Edimbourg et sans doute au moins le double en réalité, est inquiète. Les conseillers consulaires Lusseau, Fournier, et Sparrow que nous avons consulté sont d’accords sur ce point.

    Marie-Claire Sparrow, élue au Royaume-Uni

    Pour Marie-Claire Sparrow, élue consulaire,  » les gens en ont marre du Brexit, ils ne comprennent plus rien ». Beaucoup de Français du Royaume-Uni semblent paniqués par ce qui se passe. Beaucoup, cependant, ne prennent pas la mesure de ce qui peut se passer.

    Les consulats et l’Ambassade invitent très fortement les citoyens français à s’enregistrer. 70 000 auraient fait la démarche pour un visa permanent. Combien attendent encore?

    Si les demandes de résidence sont en baisse, la panique n’est pas générale. Beaucoup attendent.

    Frédéric Fournier, élu consulaire, nous a confié: « il y a une angoisse générale, certains sont partis, d’autres pensent le faire ».

    Il témoigne: « une de mes amies a vécu 30 ans au Royaume-Uni et a demandé sa naturalisation, d’autres ne voient pas cela envisageable ». M. Fournier aurait aimé que la période de transition envisagée par l’UE et son représentant Michel Barnier soit plus longue.

    Les consulats impliqués

    Frédéric Fournier élu consulaire

    Les différents interlocuteurs que nous avons contacté, de droite, de gauche et indépendants, sont tous formels: les consulats de Londres et d’Edimbourgh sont pleinement mobilisés en vue de l’échéance. Mais le pays est très divisé. Comme cela nous a été témoigné, l’Ecosse, qui bénéficie en la matière de prérogatives, a annoncé des droits en matière de santé bien plus généreux pour les non-résidents que le reste du pays. Une Manière de mettre en avant l’attachement à l’Europe de l’Ecosse et laisser flotter un parfum d’indépendance.

    Pour Mme Sparrow, les choses sont claires: ‘ personne ne comprend plus rien mais c’est parce que tout est vague ».

    La présence française au Royaume-Uni est toujours en croissance mais les conditions de résidence sont de plus en plus complexes. Quelles seront les règles demain?  Comment appliquer les critères de résidence? Tant de questions que se posent les Français de Grande Bretagne

  • La transition écologique, l’Histoire du XXIe siècle ?

    Le risque de collapse écologique est aujourd’hui une des rares histoires racontées aux peuples. Mobiliser et fédérer au nom de la défense de la planète et de notre civilisation constituent les objectifs des dirigeants politiques de nombreux Etats. Depuis quelques années, la menace de destruction de la planète du fait de nos comportements, de nos choix économiques, soude un nombre de plus en plus important de citoyens. Les mouvements de jeunes et le rôle de Greta Thunberg semblent prouver l’existence d’une prise de conscience internationale sur la question environnementale.

    Au cours du premier semestre 2019, plus de 2000 manifestations de jeunes se sont déroulées dans 128 pays. Elles ont réuni plus d’un million de personnes. Aux États-Unis, pays qui a dénoncé les accords de Paris de 2015, les mouvements de défense de l’environnement sont de plus en plus puissants et démonstratifs. Ainsi, au mois de novembre 2018, des jeunes se réclamant du mouvement « Sunrise » ont envahi le Congrès et ont effectué un sit-in dans le bureau de Nancy Pelosi, la Présidente de la Chambre des Représentants afin qu’un calendrier d’actions précises soit adopté pour réorienter le cours de l’économie. Des élus démocrates, élus en 2018, ont pris fait et cause pour l’instauration d’un « New Deal Vert » reprenant les solutions mises en œuvre par le Président Roosevelt à la fin des années 30.

    La difficile fabrication d’un consensus

    La transition énergétique et la protection de l’environnement sont considérées par une large partie de la population comme indispensables pour la survie de l’espèce. Ce consensus n’en demeure pas moins fragile et relatif. La répartition des charges liées à la transition n’est pas sans poser des problèmes. Les positions des Présidents américain et brésilien ont prouvé dernièrement que la communauté internationale était loin d’être unie sur ce sujet. Les tergiversations des gouvernements face à des populations traversés par des sentiments contradictoires rendent délicates l’affichage et surtout l’atteinte d’objectifs ambitieux.

    Le défi environnemental est une source de crispations et de divisions. Les jeunes reprochent aux anciennes générations d’avoir contribué à cette situation. Il en est de même pour les habitants des pays sous-développés ou émergents à l’encontre de ceux des pays avancés. Les anticapitalistes rejettent la responsabilité de dégradation de l’environnement sur les capitalistes, les multinationales, les gouvernements. Les ruraux et les urbains s’opposent de plus en plus vertement sur l’usage de la voiture. Les agriculteurs sont montrés du doigt pour l’usage des produits phytosanitaires, etc. La transition énergétique ne fédère pas comme la crise des « gilets jaunes » l’a prouvé. Les utilisateurs de voiture en milieu rural ou en grande banlieue se sont révoltés face à l’augmentation des taxes sur les carburants.

    L’histoire de la transition énergétique est perçue pour le moment non pas comme une belle aventure mais comme une somme de contraintes pour une partie de la population. L’instauration de la taxe carbone sur les carburants rencontre une forte hostilité en France comme dans de nombreux pays. Si les comportements changent, la tentation est de reporter la responsabilité sur les États et les entreprises. Les thèses relatives à la décroissance, à la culpabilisation des activités polluantes des derniers siècles ont le vent en poupe.

    Le défi environnemental

    Le réchauffement climatique et ses conséquences constituent un défi sans précédent. Pour assurer la pérennité de l’espèce humaine ou du moins d’une grande partie de la civilisation qui s’est construite au cours de ces derniers siècles, à l’échelle mondiale, une décarbonisation de l’économie doit être réalisée et cela dans des délais extrêmement courts afin de limiter la montée des températures et des eaux.

    Les taux faibles devraient également favoriser l’investissement et donc, potentiellement, contribuer à faciliter la transition énergétique à travers le renouvellement des équipements et des infrastructures. Depuis 2015, une remontée de l’investissement est constatée mais elle reste modeste au regard du retard accumulé depuis la crise de 2008. Les entreprises renouvellent leurs équipements mais restructurent leurs dettes et se lancent dans des rachats d’actions grâce à des emprunts à bon marché. L’absence de visibilité économique, le manque de certitudes sur les gains potentiels de la décarbonisation de la production économique ne concourent pas à l’engagement d’un cycle d’investissement en la matière. En outre, les infrastructures utilisant les énergies carbones ne sont pas amorties ce qui n’incite à leur mise au rebus.

    La transition énergétique est une véritable révolution.

    La décarbonisation de l’économie suppose la mise à plat des modes de production, de transports et certainement de consommation. Cette révolution est plurielle. Elle concernera en premier lieu le secteur énergétique. En 2018, plus de 80 % de la production mondiale d’énergie consommée est d’origine fossile. En lieu et place des centrales thermiques, une multitude de centres de production sera nécessaire. Tant que des progrès substantiels n’auront pas été réalisés au niveau des batteries, la réalisation de surcapacités de production électriques sera indispensable. Les redondances sont justifiées par le caractère aléatoire de la production de certaines énergies renouvelables. Les réseaux d’acheminement de l’électricité devront s’adapter.

    Au niveau des transports, la révolution touchera les véhicules terrestres, les bateaux et plus tardivement les avions. Cette transformation du parc des moyens de transports aura tout à la fois des conséquences sur les constructeurs mais sur l’ensemble des chaines amont et avales (métallurgie, motoristes, constructeurs, garagistes, station essence). La lutte contre les émissions des gaz à effet de serre suppose également une modification des infrastructures en matière de chauffage et de climatisation. L’adaptation des bâtiments pour être moins énergivores est longue et coûteuse.

    Le coût de la transition énergétique donne lieu à des évaluations très disparates selon les études. Son coût se chiffre quoi qu’il en soit en dizaines de milliers de milliards de dollars sachant que le PIB mondial annuel est de 85 000 milliards de dollars. Tel qu’il est, le montant des investissements à réaliser est une source d’attentisme pour nombre d’acteurs.

    Entre la nécessité de stabiliser les émissions des gaz à effet de serre puis de les retreindre pour les ramener à un niveau comparable à celui du début du décollage industriel avec une population qui aura été multipliée par onze (de 1800 à 2100), ce défi apparaît, ainsi présenté, inatteignable pour nombre de commentateurs.

    Les États en voie de développement et les pays émergents à l’exception de la Chine sont réticents à s’engager dans un processus de transition énergétique qui pourrait freiner leur croissance. Le problème du réchauffement climatique est imputable aux pays avancés qui ont été à l’origine depuis le XVIIIe siècle de la grande partie des émissions. Pour certains pays dont la Russie, le réchauffement peut être même une aubaine en rendant exploitable des parties de leur territoire qui étaient jusqu’à maintenant hostiles. La révolution énergétique pour être un succès suppose qu’elle soit menée au niveau mondial. Dans le passé, les révolutions économiques ont été menées à des vitesses différentes selon les États. Elles se sont étalées sur deux siècles. Certains pays d’Afrique entament seulement leur transition économique. Le succès de la lutte contre les émissions des gaz à effet de serre passe par une convergence forte des politiques économiques des différents États.

    Les États peuvent-ils les moteurs du changement énergétique ou doivent-ils laisser la place à l’initiative privée ?

    Depuis 1750, trois révolutions économiques peuvent être distinguées. Elles reposent toutes sur une ou des énergies, un mode de transformation de l’énergie et un moyen de communication. La première révolution est celle du charbon, du moteur à la vapeur, des chemins de fer et de la diffusion dans le grand public de la presse papier ; la deuxième est celle de l’électricité, du pétrole, des voitures propulsées par des moteurs à explosion, avec comme moyen de communication la radio et la télévision. La troisième est celle des énergies renouvelables, du moteur électrique ou hydrogène et d’Internet.

    Les deux premières révolutions reposaient sur la verticalité et la concentration, la troisième est plus horizontale, plus décentralisée tout en donnant lieu à d’impressionnantes concentrations (GAFAM). A la différence des deux premières, la troisième révolution, se déroule sous la pression de la contrainte environnementale. Les deux premières révolutions industrielles ont reposé, même dans des États à dominante libérale, sur des partenariats publics/privés. Les grandes infrastructures ont souvent été réalisées à la demande des États en ayant recours à des concessions avec le soutien normatif et financier de la puissance publique. Il en a été ainsi pour les chemins de fer, les réseaux électriques, d’assainissement ou de gaz ainsi que pour les autoroutes. La construction des aéroports et des ports s’est bien souvent effectuée avec l’appui des pouvoirs publics. Lors des crises, les États ont souvent été contraints de venir en aide en entreprises chargées de ces infrastructures.

    Le succès des deux précédentes révolutions industrielles repose sur l’augmentation du niveau d’éducation et de formation des actifs. Cela a été rendu possible par la généralisation de l’école obligatoire et par l’augmentation rapide du nombre de diplômés de l’enseignement supérieur. La répartition plus égalitaire au fil du temps des gains de productivité a permis également une autoalimentation de la croissance. Le partage plus équitable de la valeur ajoutée est également passé par le développement de l’État providence à travers la montée en puissance des prestations sociales.

    Les États, bénéficiant de l’avantage d’être considérés comme perpétuels, doivent-ils s’endetter pour financer les dépenses d’investissement nécessaires à la mutation énergétique ? Une des motivations des taux maintenus bas sur longue période pourrait être justement cette nécessité d’endettement. Pour le moment, les administrations publiques doivent faire face à l’augmentation des dépenses de fonctionnement, en particulier en relation avec le vieillissement de la population (dépenses de santé, retraite, dépendance). L’entretien des infrastructures existantes que ce soit aux États-Unis et en Europe pose des problèmes.

    Le nationalisme ambiant freine la mise en place d’initiatives multilatérales.

    La création de fonds d’intervention publics au niveau de l’ONU, du FMI ou de l’Union européenne reste pour le moment embryonnaire. Le recours aux États est estimé pour certains experts comme une mauvaise solution. Il pourrait conduire à un gaspillage des ressources et cela d’autant plus que les taux d’intérêt sont faibles. En perdant de vue la rentabilité, entre clientélisme et effet de communication, les politiques pourraient avoir des effets contreproductifs voire générer des bulles spéculatives. Les réalisations d’infrastructures comme le Canal de Suez, la construction des lignes ferrées ou les travaux d’Haussmann ont débouché dans le passé sur des scandales financiers et à des crises financières.

    L’association public/privé n’est pas un gage total d’efficience. Certains considèrent que les États devraient avant tout instituer des cadres, des normes stables dans le temps pour favoriser la réalisation des investissements. L’idée serait alors de mobiliser l’épargne et de l’orienter vers des placements compatibles avec le développement durable. Pour de nombreuses ONG, cela passe par des actions contre les secteurs responsables des émissions des gaz à effet de serre. Plusieurs campagnes ont ainsi abouti à ce que plus de 1 000 investisseurs institutionnels issus de 37 pays se désengagent à hauteur de 7200 milliards d’euros des entreprises liées aux combustibles fossiles. La ville de New York a décidé en 2018 que les fonds de pension gérant les retraites de ses agents sortiront de toutes les entreprises reposant sur les énergies fossiles d’ici 2023. Le maire de Londres a fait de même. De son côté, le Gouverneur de Californie a annoncé que la politique d’investissement des fonds de pension de ses fonctionnaires devrait intégrer les risques climatiques. Cette prise en compte a été fixée par la loi avec en cas de non-respect l’application d’éventuelles sanctions.

    Ces campagnes peuvent avoir des effets contreproductifs. Les entreprises par exemple pétrolières par leur savoir-faire, leur rôle en matière de recherche et par le poids de leurs réseaux de distribution sont bien placées pour faciliter la transition énergétique. En France, à partir de 2020, tous les contrats devront offrir la possibilité de souscrire au moins un fonds labellisé Investissement Socialement Responsable (ISR), obligation qui sera étendue en 2022 aux fonds labellisés « transition énergétique et écologique pour le climat » (TEEC) et aux fonds solidaires visés par Finansol. Les placements ISR détenus par les ménages représenteraient 3 % de leur patrimoine financier (51 milliards d’euros). 197 fonds labellisés sont labellisés ISR.

    Selon la Fédération Française de l’Assurance, le poids des fonds gérés en tenant compte des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise) atteindrait 1.325 milliards d’euros.

    La mobilisation financière en faveur de la transition énergétique n’en est qu’à ses débuts. Les questions de l’appui aux pays en développement, de l’interdiction de l’importation des biens de pays ne respectant pas la limitation des émissions de CO2, de la reconversion des secteurs d’activité qui seront touchés par cette transition, etc. soulignent bien l’importance de la tâche. Même si avec l’essor de l’intelligence artificielle, la tentation est à la centralisation, la sagesse dans cette affaire de mutation économique ne serait-elle pas d’en revenir au principe de subsidiarité ?

  • Brexit ou non : la coopération militaire avec les Britanniques continue et continuera

    Quel que soit le sort du Brexit, la coopération militaire entre la France et le Royaume-Uni continue. Des exercices conjoints ont eu lieu récemment au large de l’Ecosse, comme l’a fait savoir le Ministère.

    Du 1er au 18 octobre 2019, l’exercice franco-britannique Griffin Strike 2019,  a réuni quatorze bâtiments de surface, trois sous-marins, une quinzaine d’aéronefs ainsi qu’une centaine de troupes terrestres de la Marine nationale, de l’armée de Terre, de la Royal Navy et de la Royal Air Force.

    Près de dix ans après la signature des accords de Lancaster House qui unissaient la France et le Royaume-Uni dans le domaine de la coopération militaire, cet exercice, dans la lignée de Flandres (2011), Corsican Lion (2012), Joint Warrior 13.2/Capable Eagle (2013), Rochambeau (2014), cet exercice nommé Griffin Strike (2016) marque une étape décisive dans le processus interarmées.

    Il a commencé le 1er octobre dernier, avec une soixantaine de marins britanniques embarquant à bord du porte-hélicoptère amphibie Tonnerre, aux côtés de quarante français.

    Pendant plus de quinze jours, 2000 marins français et britanniques ont ont participé aux exercices selon des scénarios réalistes. Une Task Force disposant de capacités françaises et britanniques s’est mise en ordre de bataille, opérant sur de nombreux exercices tels que des luttes antisurface, anti-sous-marine ou anti-aérienne.

    L’enjeu de Griffin Strike 2019 résidait dans la capacité à travailler en interopérabilité. La totale complémentarité des moyens et des hommes a permis d’atteindre dans l’exercice un niveau inédit. Cette capacité à conduire des actions décisives depuis la mer, grâce à la combinaison de moyens français et britanniques, permettra de disposer d’un outil adapté aux menaces, dans le contexte stratégique actuel.

    Politiquement, il s’agit de maintenir une coopération tactique avec les Britanniques qui se veut tactique et stratégique à la fois.

    Alain Stéphane avec le service de communication du Ministère de La Défense

  • Macron à Rouen : Rassurer et Informer

    Le chef de l’État s’est rendu ce mercredi en fin de journée à Rouen, un mois après l’incendie de l’usine chimique Lubrizol. Alors qu’on lui a beaucoup reproché de ne pas s’être déplacé après le sinistre, Emmanuel Macron a été accueilli par des Rouennais en colère, ou marqués par la peur.

  • Visas, accord de libre échange: tensions entre la France et la Tunisie?

    C’est un étrange texte qui vient d’être publié par l’antenne française de l’agence de presse russe Sputnik concernant les relations franco-tunisiennes. Tout d’abord car le conseiller consulaire des Français de Tunisie et de Libye Laurent Caizergues y est présenté comme un diplomate, ce que les conseillers consulaires ne sont pas, ils n’ont aucune fonction de représentation de la diplomatie française, mais également par le ton particulièrement anxiogène des relations entre les deux pays.

    La cause? Un article sur le site de l’article d’information Tunis Webdo dans lequel l’élu affirme que «Le taux de refus de visa à des citoyens tunisiens a plus que doublé en 2019 par rapport à 2018, passant de 11,5% à plus de 25%». Autre point, les relations UE – Tunisie qui seraient selon cette analyse particulièrement défavorables à cette dernière. Déséquilibrées les relations entre le vieux continent et la Tunisie? Il est temps de faire le point.

    700 000 Tunisiens en France, plusieurs dizaines de milliers de Français en Tunisie

    Les deux pays se connaissent bien. Ancienne colonie française, de 1869 à 1956, la Tunisie a toujours gardé des liens étroits avec l’Hexagone. Liens des peuples d’abord avec une importante communauté tunisienne en France et plusieurs dizaines de millers de Français en Tunisie, dont de nombreux bi-nationaux et quelques personnes célèbres comme l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë.

    Bertrand Delanoë, Français de Tunisie

    Les liens touristiques et culturels sont forts: consulat de Tunisie en France, consulat de France en Tunisie, Institut Français, Lycée français et écoles françaises à Tunis et dans tout le pays…Par ailleurs, près de 600 000 Français se rendent chaque année en visite en Tunisie.

    Une relation économique particulièrement riche

    Sur le plan économique, la France est le 1er investisseur étranger en Tunisie et le 1er partenaire commercial. 1 300 entreprises françaises sont implantées en Tunisie et 30% des exportations tunisiennes sont destinées à la France. Le français est la première langue étrangère apprise.

    Sur la question des visas, l’ambassade à Tunis annonce le chiffre de 136 000 visas délivrés. La question est actuellement sensible: la Tunisie, fer de lance du printemps arabe, fait face à des troubles récurrents, et les pays voisins, Algérie et surtout Libye, sont en proie à des situations bien plus problématiques encore.

    Une relation très importante donc, pour les deux pays, mais également rendue compliquée par le contexte spécifique de la Tunisie depuis le déclenchement du printemps arabe. Pour autant, faut-il crier au loup? Plusieurs collègues élus consulaires de M. Caizergues n’ont pas souhaité faire de commentaires, soulignant que la question des visas n’est en aucune manière une compétence légale de tels élus.

  • Francophobie dans le monde #2 en Belgique

    Le match France-Belgique lors de la coupe du monde 2018

    Ce n’est pas peu dire que la Belgique a mal vécu le match qui opposa son équipe nationale, les diables rouges,  à notre équipe lors de la demi-finale de la coupe du monde de football en 2018. « Tricheurs », ayant forcément « acheté l’arbitre », pratiquant « l’anti-jeu », les bleus ont évidemment volé leur victoire et ne méritent ni la victoire, ni le sacre face à la Croatie quelques jours plus tard.

    Bien entendu ce sentiment ne fut pas unanime dans le royaume mais il fut assez largement partagé. Apothéose d’une relation ambigue de nos voisins du nord vis-à-vis de l’Hexagone. Paradoxale en effet que cette Belgique qui fait ses courses à Carrefour, regarde TF1, téléphone via Orange et paye avec sa carte BNP Paribas et qui pourtant accumule les exemples de sentiments anti-français. De nombreux lecteurs nous ont fait part de situations de racisme notamment dans les propos qui, si ils avaient concerné une autre communauté, auraient fait l’objet de poursuites judiciaires. Pis, les fonctionnaires, policiers ou autres représentants de l’Etat ont une attitude discriminatoire envers les Français et d’autres nationalités. Derrière un esprit communautaire qui semble accueillant, les fractures entre les communautés sont entretenus. Par delà les Français, c’est tout le savoir vivre ensemble belge qui semble s’effriter, et cela commence déjà par eux-même, la Flandre ne comprenant plus sa soeur wallonne.

    La Grand Place de Bruxelles bombardée par Louis XIV

    Le 14 juillet à Liège

    Longtemps territoire des Pays-Bas Espagnols, terre de naissance de Charles Quint, la Belgique eut longtemps une histoire mouvementée avec le Royaume de France. Bombardée par Louis XIV, Bruxelles et sa célèbre Grand Place en garderont des stigmates. A l’inverse, Liège, qui fut une principauté pendant 8 siècles, vécue en parallèle de la France la révolution de 1789 et vota quasi unanimement le rattachement à notre pays. Aujourd’hui encore y est célébré le 14 juillet! La chambre de commerce franco-wallonne et les Franco-belges ainsi que les Français de liège y veillent.

     

    Simenon, Brel, Hergé parmi les légendes francophones

    Jacques Brel à l’Olympia

    Si certains citoyens outre-Quiévrain reprochent, à juste titre, à de nombreux Français un dédain arrogant pour leur pays et leur culture, il est cependant indéniable que cette dernière est largement représentée dans l’Hexagone. Simenon avec son inspecteur Maigret est le troisième auteur francophone le plus lu, Hergé le plus célèbre auteur de bandes dessinées, et Brel une légende de la musique.

    Alors pourquoi tant de ressentiments de la part de certains? Une incompréhension réciproque sans doute. Les stupides « blagues belges », qui ont tant fait rire pendant les récréations en France, n’ont pas aidé… Alors que la Belgique en est à plus de 300 jours sans majorité pour un gouvernement et que la question de son avenir se pose une fois de plus, ne peut-on pas se dire que tout est pardonné?