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Souvenirs de vacances : ces Français qui racontent leur Amérique

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Souvenirs de vacances : ces Français qui racontent leur Amérique

Ils sont partis aux beaux jours avec des images plein la tête, des souvenirs de séries, des idées reçues et parfois quelques réserves. De New York aux routes américaines, ils découvrent une Amérique qui se laisse moins facilement résumer qu’on ne l’imagine : bruyante et spectaculaire, chère et généreuse, parfois déroutante, souvent accueillante. De la skyline de Manhattan au fin fond de la Virginie, leurs récits racontent moins les États-Unis que la manière dont ils se découvrent lorsqu’on les regarde de près.

Delphine, New York à hauteur de rêve

Ce qui frappe Delphine à son retour de New York n’est pas ce qu’elle voit, mais ce qu’elle n’entend plus. À New York, il y a les sirènes, les klaxons, le métro, les conversations qui se croisent, les voix qui montent et descendent dans la rue. Un son continu, presque physique. Au bout de quelques jours, on ne l’écoute plus, on l’habite. Puis on rentre en France et, soudain, quelque chose s’efface. « Je pensais que les gens se disputaient parce qu’ils parlaient très fort. En fait, ils discutaient juste », dit-elle en souriant. Il faut dire que le New-Yorkais à la voix haute…

« J’avais une idée de démesure, d’agitation, d’accessibilité à tout. Et c’est exactement ce que j’ai rencontré. »

Delphine, une Française touriste à New York

Delphine vient de fêter ses 50 ans. New York est son voyage d’une vie, celui qu’elle imagine depuis qu’elle est adolescente, à une époque où l’Amérique se glisse dans les salons français par les écrans. Friends, Sex and the City : avant même d’y mettre les pieds, elle connaît déjà certaines rues, certains immeubles, dont celui d’une certaine Carrie Bradshaw, certaines silhouettes. New York est plus le décor qu’elle attend de reconnaître qu’une destination.

Delphine sur le Brooklyn Bridge
Delphine sur le Brooklyn Bridge

Le voyage devait être celui de ses 30 ans, puis de ses 40 ans. Il devient finalement celui de ses 50 : « Plus jeune, il y avait une question financière, puis après mes enfants étaient encore petits. Et puis jai un mari qui ne prend pas lavion. Il faut donc composer avec ça. » Elle part avec l’une de ses meilleures amies.

La ville, elle, ne prend pas la peine de faire les présentations. Elle s’impose directement par l’une de ses images les plus célèbres. Le Brooklyn Bridge, au petit matin. Les deux femmes sortent d’une courte nuit, le jet-lag encore accroché aux paupières. Devant elles, Manhattan. Derrière Brooklyn. Sous leurs pieds, l’East River. La lumière commence à changer.

Delphine admire : « Ça a été l’émerveillement total. Ce pont que jai vu des milliers de fois dans les films, la lumière, la skyline… Tout était là pour un premier contact avec la ville. Jen ai pleuré d’émotion. »

Elle avait imaginé l’Amérique avant de la découvrir. Un pays immense, contradictoire, fait de grandes villes mais aussi de territoires plus isolés, « des coins perdus et retranchés, hors du temps ». Ce voyage ne lui montre évidemment qu’une partie du pays. Mais New York, elle, correspond assez exactement à ce qu’elle est venue chercher : « J’avais une idée de démesure, d’agitation, d’accessibilité à tout. Et c’est exactement ce que j’ai rencontré. »

Il y a pourtant une question qu’elle et son amie se posent avant de partir : dans quel pays vont-elles arriver ? « Notre crainte, c’était l’Amérique de Trump. Avec ses déclarations, on se demandait dans quel climat nous allions arriver. »

« J’avais tellement idéalisé cette ville que j’avais peur d’être déçue. Et c’est tout le contraire qui se produit. New York est au-dessus de mes espérances. »

Delphine, une Française touriste à New York

À Manhattan, elle se surprend à chercher les signes de cette Amérique politique omniprésente dans les médias français. Elle en trouve peu. « Jai limpression que New York est complètement déconnectée de cette question politique et de limage quon peut en avoir depuis la France. À part un gars devant la Trump Tower avec un panneau anti-Trump, je n’ai rien vu de vraiment politique. »

Ce qu’elle rencontre, en revanche, ce sont les New-Yorkais. Leur manière d’aider sans cérémonie, à croire que la ville a développé son propre système de solidarité improvisée : « Ils aident pour tout et nimporte quoi. »

Elle en fait l’expérience au Summit. Une employée lui demande ce qu’elle vient faire ici. Delphine lui raconte qu’il s’agit du voyage de ses 50 ans. L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf qu’à New York, rien ne s’arrête jamais comme ça. À la fin de la visite, la femme les retrouve et leur offre deux bons pour des cocktails sur le rooftop, le soir même. « Jai trouvé ça vraiment sympa, » se réjouit encore Delphine.

Pour Delphine la photo qui symbolise son voyage aux États-Unis, le Pont de Brooklyn
Pour Delphine la photo qui symbolise son voyage aux États-Unis, le Pont de Brooklyn

À New York, les rencontres ne s’annoncent pas toujours, elles surgissent parfois au coin d’une rue, ou à la sortie d’un monument. En quittant lEmpire State Building, les deux Françaises parlent entre elles lorsqu’un Afro-américain les entend. Il se mêle à la conversation, en français, et leur demande de quelle ville elles viennent.

« Marseille ! » La réponse sort en chœur. « Ah, la bouillabaisse et la tapenade ! » lance le New Yorkais en souriant tandis qu’elles restent incrédules.

Delphine est principale adjointe d’un collège près d’Aix-en-Provence. Elle a commencé sa carrière comme professeure d’espagnol. L’anglais est une autre histoire. Mais à New York, elle s’y essaie tout de même, avec cette forme de courage linguistique que donnent les vacances : on parle, on improvise, on verra bien.

Chez Macy’s, elle cherche le rayon homme pour rapporter un cadeau à son mari. Elle se tourne vers une vendeuse et lance :

« We are looking for men ! »

Elle veut simplement dire qu’elles cherchent le rayon hommes. La phrase, elle, signifie autre chose : « Nous cherchons des hommes. » La scène devient le fou rire du séjour. Et Delphine soupçonne que la vendeuse en rit peut-être encore.

Harlem. Times Square. Central Park. Lady Liberty. Stone Street. Les noms défilent, et avec eux les images d’une ville qui, jusque-là, n’existait pour elle qu’en photographie, au cinéma ou dans les séries. Il y a surtout cette inquiétude qui accompagne parfois les voyages dont on a trop rêvé : et si la réalité était moins belle que l’idée ? Delphine a précisément peur d’être déçue : « Javais tellement idéalisé cette ville que javais peur d’être déçue. Et cest tout le contraire qui se produit. New York est au-dessus de mes espérances. »

Pendant le séjour, une phrase revient entre les deux amies. Elles la répètent dans les rues, devant les monuments, pour se rappeler à elles-mêmes ce qui est en train de se passer, pour se dire que ce n’est pas un rêve mais leur réalité : « On est à New York, là. Tu te rends compte ? On est à New York ! »

Jacques, de Montréal à la Virginie, lAmérique à hauteur de route

Pour Jacques, la Virginie n’était pas vraiment une destination. C’est une histoire de liens. Depuis dix ans, sa famille est expatriée à Montréal. Cet été, ils ont pris la route vers Norfolk, où les attendaient des amis de longue date, eux aussi expatriés. Elle est la sœur d’un ami de collège de Jacques ; son mari est militaire et affecté à l’OTAN. À l’arrivée, quelque chose de familier dans ce voyage américain : des retrouvailles entre Français, à plusieurs milliers de kilomètres de la Provence.

« Quand on est enfant en France, on rêve l’Amérique. L’Hexagone est tout petit, et là-bas, il y a tellement de choses à voir, à découvrir »

Jacques un touriste Français aux Etats-Unis

Mais pour rejoindre Norfolk, il faut d’abord avaler les kilomètres. Plus de 3 000 au compteur, plusieurs États traversés, des arrêts le long de la côte Est et, au passage, Washington, ou « D.C. », comme disent simplement les Américains.

La famille de Jacques connaît déjà un peu les États-Unis. Miami, New York, Boston, le Maine, le Vermont sont inscrits au registre des souvenirs familiaux. Pourtant, chaque voyage lui confirme la même impression, celle d’un pays dont l’échelle continue de surprendre. « Quand on est enfant en France, on rêve l’Amérique. L’Hexagone est tout petit, et là-bas, il y a tellement de choses à voir, à découvrir. Quand on traverse un État, on traverse une région différente, avec ses couleurs, ses mentalités. L’Amérique est infinie, » explique Jacques.

Cette fois, ils avaient une idée assez simple de ce qu’ils venaient chercher : du soleil, du sable et la mer. Virginia Beach cochait toutes les cases. « En tant que Provençaux expatriés, cest un peu ce qui nous manque : le sable, la mer, le soleil. »

Jacques et son épouse Céline à Washington D.C
Jacques et son épouse Céline à Washington D.C

La route leur offre aussi un détour par Washington, une ville que Jacques voulait voir depuis longtemps. En France, il entendait régulièrement parler de la capitale américaine aux informations. Sur place, il retrouve les symboles observés à distance : Lincoln, Martin Luther King, la Maison-Blanche.

Ils restent deux jours à D.C. L’atmosphère leur paraît détendue, même si la ville porte les traces du contexte géopolitique du moment. « En juillet, après les derniers événements survenus entre les États-Unis et lIran, la sécurité est renforcée autour de certains sites stratégiques. Le cordon autour de la Maison-Blanche est notamment doublé, empêchant les visiteurs de sen approcher autant que nous laurions souhaité. »

« Un séjour fantastique »

Jacques un touriste Français aux Etats-Unis

Puis le voyage prend une autre direction : celle de l’histoire. Jacques en est féru, et la Virginie lui offre un condensé de ce que les États-Unis racontent de leurs origines. Williamsburg, notamment, lui donne l’impression d’entrer dans une autre époque. Dans les rues, les habitants jouent le jeu des reconstitutions historiques. Les employés des magasins portent des costumes d’époque, des troupes militaires sont reconstituées, des scènes politiques sont rejouées. Ce qui frappe Jacques, davantage que les costumes, c’est la manière dont cette histoire continue d’être vécue et racontée. « Les colons étaient des expatriés eux aussi à leur manière, » explique-t-il en souriant.

Un jour, lui et Céline, son épouse, sont assis sur un banc et parlent français. Un Américain les entend. Il s’approche et engage la conversation. Puis il leur dit, en substance, que cette histoire est aussi la leur : « Si les États-Unis existent, cest notamment grâce aux Français. Donc merci ! », leur lance-t-il. La scène résume peut-être mieux le voyage que les monuments ou les kilomètres : une rencontre imprévue, née d’une langue française entendue au milieu d’une ville historique américaine.

Car Jacques repart surtout avec la sensation d’avoir traversé plusieurs Amériques. « Les Américains sont chaleureux », dit-il, mais il a aussi été frappé par les différences de mentalités d’un État à l’autre. New York, la Pennsylvanie, le Maryland, le Delaware, le New Jersey : quelques heures de route suffisent parfois à changer d’atmosphère.

Pour lui qui a toujours été attiré par l’Amérique du Nord, ce road trip a aussi permis de confronter le pays réel à celui qu’il connaissait à travers les médias. « On l’a vécu plus en profondeur », résume-t-il. Il a senti les tensions politiques, évidemment, mais elles n’ont pas empêché la famille de passer « un séjour fantastique ». Ils étaient aux États-Unis alors que les relations avec l’Iran étaient particulièrement tendues et que des menaces pesaient sur Donald Trump. Pourtant, Jacques dit ne pas avoir ressenti d’insécurité particulière.

Pour Jacques, la photo qui symbolise son voyage aux États-Unis est celle prise à Williamsburg, Virginia
Pour Jacques, la photo qui symbolise son voyage aux États-Unis est celle prise à Williamsburg, Virginia

Il y avait aussi, cet été-là, un pays en pleine célébration de ses 250 ans et une Coupe du monde qui occupait les conversations. En remontant vers Montréal, la famille est d’ailleurs repassée par New York le jour de la finale. La ville leur a réservé un dernier embouteillage, à la mesure du voyage : « On a mis un peu de temps à traverser la ville, » dit-il, amusé.

Les prix, eux aussi, avaient changé d’un État à l’autre. Jacques ne s’en étonne pas vraiment. Il y voit une logique qu’il connaît déjà au Canada, avec ses provinces et leurs compétences propres, sous l’autorité du fédéral. Une autre manière, finalement, de comprendre que les États-Unis ne constituent pas tout à fait un pays uniforme.

Alors, après plus de 3 000 kilomètres, quelle prochaine étape ? Jacques et Céline hésitent entre Tampa, La Nouvelle-Orléans ou San Diego. La route américaine n’est manifestement pas terminée.

Lysiane, une autre idée des États-Unis

New York est longtemps restée pour Lysiane une destination à part. Celle qu’on se promet de faire au moins une fois dans sa vie. Il y a la taille de la ville, les images familières, les clichés accumulés depuis l’adolescence et ce qu’ils représentent alors, l’idée d’une Amérique immense, spectaculaire, presque irréelle. Puis un jour, les circonstances s’alignent et certains choix de vie rendent le voyage possible. Alors Lysiane part accompagnée d’une amie.

« Pour être honnête, aller consommer à New York me posait un peu question. De même que toute la paperasse actuelle pour pouvoir rentrer tranquillement aux États-Unis » 

Lysiane, une touriste française aux Etats-Unis

Elle part pourtant avec une réserve que n’ont pas forcément ceux qui viennent découvrir New York avec les yeux du premier rêve américain. Depuis le changement de présidence, son regard sur les États-Unis s’est assombri. La perspective de venir y dépenser son argent l’incommode presque. Les nouvelles formalités pour entrer dans le pays ajoutent à cette hésitation. « Pour être honnête, aller consommer à New York me posait un peu question. De même que toute la paperasse actuelle pour pouvoir rentrer tranquillement aux États-Unis », explique la Savoyarde.

Une fois sur place, la politique américaine reste finalement assez discrète dans son expérience du voyage. Mais Lysiane ne prétend pas pouvoir mesurer ce qui a changé : elle découvre New York pour la première fois. « Nous n’avons pas ressenti de vrai changement lié notamment à Trump, mais nous n’avions aucun point de comparaison. »

La ville, belle, intense, magique, lui réserve toutefois une série de contradictions. Certaines tiennent à ses règles, d’autres à ses habitudes. Ce décalage l’interpelle : « Nous avons vu quelques paradoxes, comme cette interdiction de fumer dans de nombreux lieux, alors que la consommation de haschisch semblait, elle, largement tolérée. Nous avons vu aussi la misère américaine, des personnes complètement défoncées, et dans un état physique plus que déplorable »

Lysiane et son amie lors de leur footing à Central Park
Lysiane et son amie lors de leur footing à Central Park

Dans la rue, Lysiane découvre aussi une autre facette du pays. Une adresse à retrouver, un chemin à demander : il suffit parfois d’arrêter quelqu’un pour que la conversation s’installe. On leur indique la direction, on vérifie qu’elles ont bien compris, parfois même on les accompagne quelques mètres. Une disponibilité qui les surprend : « Nous avons eu un accueil énorme des Américains. Tous ceux que nous avons sollicités dans la rue pour des renseignements ont été dune gentillesse énorme. Rien à voir avec la France ! »

Dans les commerces, le sentiment est différent : « Nous avons bien senti que nous étions surtout un porte-monnaie, » regrette-t-elle.  New York réserve quelques surprises moins agréables, notamment au moment de sortir la carte bancaire. Au restaurant comme au supermarché, l’addition grimpe vite, y compris lorsque le repas n’a rien d’exceptionnel. Pour Lysiane, le décalage est d’autant plus frappant qu’elle vient d’un pays où manger reste, au-delà du simple besoin, une vraie affaire de plaisir et de qualité. « Tout était assez cher, que lon parle des visites, mais surtout des courses alimentaires et des restos. La restauration rapide a encore de beaux jours là-bas. »

New York la surprend aussi par son rapport à l’énergie. Elle remarque les immeubles éclairés toute la nuit, les climatiseurs poussés à fond, une abondance qui tranche avec les petits gestes de sobriété devenus familiers en France. Ce n’est pas tant une leçon qu’elle en tire qu’un décalage qu’elle constate, au fil des rues : « Dans le contexte actuel, là-bas, on a vraiment limpression quils nen ont rien à faire de la transition écologique et des efforts quon nous demande de faire en France. »

« Nous avons été reçues comme des reines, avec des présents, et il se dégageait une telle ferveur que cela était très, très émouvant. »

Lysiane, une touriste française à New York

Mais parfois, le paradoxe new-yorkais s’efface pour laisser place à sa magie, où le voyage prend une toute autre direction. Lysiane et son amie cherchent une messe gospel. Elles se perdent dans un quartier et arrêtent une Américaine dans la rue pour lui demander leur chemin. Dans cet état d’esprit si new-yorkais, la femme les y conduit. C’est celle où elle-même va. À l’intérieur, les deux voyageuses sont accueillies à bras ouverts : « Nous étions les seules blanches”. Nous avons été reçues comme des reines, avec des présents, et il se dégageait une telle ferveur que cela était très, très émouvant. »

Pour Lysiane, la photo qui symbolise son voyage aux États-Unis est celle de la Statue de la Liberté au coucher de soleil
Pour Lysiane, la photo qui symbolise son voyage aux États-Unis est celle de la Statue de la Liberté au coucher de soleil

C’est une scène différente de celles que Lysiane imaginait peut-être lorsqu’elle rêvait de New York. Pas de skyline, pas de monument, pas de grande avenue. Une femme rencontrée par hasard, une église trouvée en se perdant, et une attention qui transforme soudain deux touristes en invitées.

Et c’est peut-être dans cette église, loin des images les plus connues de New York, que Lysiane trouve l’un de ses souvenirs les plus forts : une ville qui, au détour d’un chemin, cesse pendant quelques instants d’être une destination touristique pour devenir une rencontre.

Parce que c’est surtout ça New York !

Auteur/Autrice

  • Rachel Brunet est une journaliste française installée à New York depuis 13 ans.

    Après un début de carrière dans la presse économique à Paris, elle a rejoint la presse francophone aux États-Unis.

    Elle défend une information rigoureuse et une analyse exigeante de l’actualité.

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