Chers expatriés et acteurs du rayonnement français à l’international, l’horizon 2030 se dessine déjà. Événements fondateurs de la diplomatie culturelle et économique, les Expositions universelles sont des moments privilégiés où les nations dévoilent leur vision de l’avenir. Dans cette course à l’innovation, la France vient de marquer un grand coup. En devenant la première nation à officialiser sa présence pour la future l’Expo 2030 Riyadh (Exposition universelle de Riyadh), notre pays réaffirme sa position de leader sur la scène internationale. Retour sur un héritage historique, les ambitions saoudiennes et les contours du futur Pavillon France.
Les Expositions Universelles, un siècle et demi d’histoire et de progrès
Avant de nous projeter vers Riyadh, il convient de comprendre l’ADN de ces méga-événements. Nées au XIXe siècle, les Expositions universelles ont été conçues pour célébrer les avancées technologiques et industrielles au service de l’humanité. Tout commence véritablement en 1851 à Londres, avec la Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations. Abritée dans le célèbre Crystal Palace, cette première édition avait pour but d’éduquer le public aux progrès de l’industrie, tout en promouvant le libre-échange et la paix mondiale.
Par la suite, ces expositions sont devenues le théâtre de démonstrations spectaculaires. En 1893, Chicago célébrait le 400e anniversaire de la découverte de l’Amérique en y dévoilant la première grande roue et en démocratisant l’électricité à grande échelle. Mais c’est sans doute l’Exposition de Paris en 1900 qui reste l’une des plus emblématiques. Visant à dresser le bilan d’un siècle d’innovations pour révéler le génie de la civilisation, elle a légué à la capitale française des joyaux intemporels comme le Grand et le Petit Palais ou le pont Alexandre III, et a coïncidé avec l’inauguration de la première ligne du métro. Avec près de 50 millions de visiteurs, l’événement fut un triomphe absolu.

Aujourd’hui, les Expositions ont évolué. Elles ne se contentent plus d’exhiber des machines industrielles, mais s’attaquent aux grands défis contemporains. Que ce soit à Milan en 2015 avec le thème de l’alimentation de demain, ou à Dubaï récemment avec une réflexion sur la mobilité, les technologies connectées et la durabilité, elles offrent une plateforme unique de coopération. Pour la diaspora, ces rassemblements sont autant d’occasions de voir briller l’ingéniosité de son pays d’origine dans sa région d’adoption.
Riyadh 2030, la démesure d’un projet tourné vers l’avenir
C’est dans cette lignée prestigieuse que s’inscrit l’Expo 2030. Le 28 novembre 2023, la capitale de l’Arabie saoudite, Riyadh, a remporté l’organisation de cet événement face à Rome et Busan, récoltant 119 voix dès le premier tour de scrutin de l’Assemblée générale du Bureau International des Expositions (BIE). Ce triomphe n’est pas anodin : l’événement coïncide avec l’aboutissement de la « Vision 2030 », le vaste plan de transformation économique et de diversification du Royaume saoudien. Riyadh voit grand, très grand, le site de l’Exposition, qui s’étendra sur 6 millions de mètres carrés dans le nord de la ville près de l’aéroport, a été pensé comme une immense planète. Au cœur de ce projet se dressera un monument futuriste doté de 195 piliers, symbolisant l’égalité stricte entre les nations. Avec la promesse solennelle « une nation, un pavillon », le Royaume s’engage à offrir une vitrine dédiée à chaque État, en finançant même une partie des installations.

Les objectifs sont colossaux, l’événement espère attirer plus de 40 millions de visites. Mais au-delà des chiffres, c’est l’engagement environnemental qui frappe. Riyadh ambitionne de créer la première Exposition universelle à empreinte carbone négative. Préservation de la nature, ruelles ombragées inspirées du patrimoine local et technologies de pointe se côtoieront pendant six mois. Une fois l’événement terminé, les infrastructures ne seront pas abandonnées mais transformées en un village mondial permanent, laissant un héritage pérenne à cette métropole en pleine mutation.
L’avant-garde française et le Pavillon « Sous un même ciel »
Dans ce contexte d’émulation internationale, la diplomatie et le savoir-faire français n’ont pas tardé à se positionner. La France est le premier pays à signer officiellement son contrat de participation à l’Expo 2030 Riyadh. Cet engagement constitue une étape majeure dans la préparation et la montée en puissance internationale de la France.
Cette officialisation symbolise un rapprochement stratégique fort. La signature est intervenue en marge de la visite en France de Son Altesse Royale le Prince Mohammed bin Salman bin Abdulaziz Al Saud, Prince héritier et Premier ministre. La cérémonie s’est déroulée à Paris en présence de Son Altesse le Prince Faisal bin Farhan Al Saud, ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite, et de Dimitri S. Kerkentzes, secrétaire général du BIE. Ce contrat de participation a été signé par Talal Al-Marri, directeur général de l’Expo 2030 Riyadh, et Jacques Maire, président de la Compagnie française des expositions (Cofrex).
L’Expo 2030 Riyadh se tiendra du 1er octobre 2030 au 31 mars 2031 sous le thème « Imaginer demain ». Cet événement de six mois devrait réunir plus de 200 participants officiels et accueillir 42 millions de visites. Comme l’a souligné le directeur général de l’Expo 2030, la France s’appuie sur une longue tradition de participation aux Expositions universelles, ainsi que sur une expertise reconnue dans les domaines de la culture, de l’innovation et de la création d’expériences visiteurs de premier plan.
Une opportunité pour les expatriés au Moyen-Orient
Pour les Français de l’étranger, et tout particulièrement ceux résidant au Moyen-Orient, cette position de « Premier Participant Officiel » est un motif de fierté. Elle promet une vitrine exceptionnelle pour l’innovation tricolore et ouvre d’immenses perspectives de collaborations. Le rendez-vous mondial est pris, et la France y sera plus que jamais présente pour façonner le monde de demain.







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