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Séisme meurtrier en Colombie

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Séisme meurtrier en Colombie

Le 10 août dernier, la terre a tremblé en Colombie, rappelant avec une brutalité inouïe la vulnérabilité de cette région du monde face aux caprices tectoniques. Alors que le pays panse ses plaies et tente de se relever au milieu des décombres, le bilan humain et matériel ne cesse de s’alourdir. Pour la communauté française établie sur place, riche de plusieurs milliers de ressortissants, le choc est immense. Entre l’angoisse des premiers instants, la mobilisation des instances consulaires et l’impérieuse nécessité de la solidarité internationale, retour sur une tragédie qui bouleverse bien au-delà des frontières sud-américaines.

Retour sur une catastrophe d’une rare violence

Le séisme qui a frappé la Colombie le 10 août restera gravé dans les mémoires comme l’un des événements les plus destructeurs de l’histoire récente du pays. Frappant sans crier gare, les secousses ont ravagé des villes entières, détruit des infrastructures vitales et brisé des milliers de vies en l’espace de quelques secondes.

Les chiffres sont glaçants et témoignent de la violence du phénomène. Selon les dernières autorités locales et les rapports relayés par Le Courrier du Vietnam, le nombre de morts est officiellement passé à 329. À ce terrible bilan s’ajoutent des centaines de blessés, dont beaucoup se trouvent encore dans un état critique, et de nombreux disparus que les secours, colombiens et internationaux, tentent inlassablement de retrouver sous les amas de béton et de tôle. Les hôpitaux de la région, souvent saturés, travaillent à flux tendu pour prendre en charge les rescapés de cette catastrophe.

Des habitants aident les services de secours à fouiller les décombres d'un bâtiment effondré à Cali, ce 10 août.
Des habitants aident les services de secours à fouiller les décombres d’un bâtiment effondré à Cali, ce 10 août. ©AFP

Face à l’ampleur des dégâts, la communauté scientifique s’est très vite penchée sur les raisons de ce désastre. Comme le souligne une analyse détaillée publiée par Geo, si la magnitude du séisme explique en partie les dégâts, ce sont surtout les fragilités structurelles qui sont pointées du doigt. La Colombie, située sur la Ceinture de feu du Pacifique, est habituée aux secousses. Cependant, le développement urbain rapide et souvent informel a conduit à la construction de nombreux bâtiments ne respectant pas les normes parasismiques. Les quartiers populaires, accrochés aux flancs des collines ou bâtis sur des sols instables sujets à la liquéfaction, ont agi comme de véritables châteaux de cartes face aux ondes de choc. Ce drame relance de manière urgente le débat sur la prévention des risques et la nécessité de repenser l’aménagement du territoire colombien.

Le visage de la tragédie : le sacrifice de Lenny Fernandez

Au-delà des statistiques froides, ce sont les histoires individuelles qui illustrent le véritable coût de cette tragédie. Toute la Colombie a été bouleversée par l’histoire tragique de Lenny Fernandez, une femme de 38 ans. Comme le rapporte Jean-Marc Morandini, lors de l’effondrement de son immeuble, Lenny a fait le choix bouleversant de protéger son petit chien en faisant rempart de son propre corps. Si l’animal a pu être extrait vivant des décombres grâce à son acte de bravoure, Lenny, elle, n’a pas survécu. Ce sacrifice ultime, symbole poignant d’amour et d’humanité au milieu du chaos, a suscité une immense vague d’émotion sur les réseaux sociaux et dans les médias, donnant un visage à cette catastrophe aveugle.

La communauté française sur le qui-vive

La Colombie abrite une communauté française dynamique, composée d’expatriés, de binationaux, d’entrepreneurs et de personnels diplomatiques. Dès les premières heures suivant le séisme, l’inquiétude s’est emparée des familles en France, suspendues aux nouvelles de leurs proches.

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a rapidement réagi. Le Quai d’Orsay, via un communiqué officiel, a exprimé la solidarité de la France envers le peuple colombien tout en activant immédiatement sa cellule de crise. Les services consulaires à Bogota se sont mobilisés jour et nuit pour localiser les ressortissants français, recenser d’éventuelles victimes et apporter une assistance d’urgence à ceux ayant perdu leur logement ou leurs documents d’identité.

Parallèlement, l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) a joué un rôle de premier plan. Les établissements scolaires français en Colombie, véritables points d’ancrage pour les expatriés, ont mis en place des protocoles de sécurité stricts. Si certains bâtiments ont dû être fermés pour des inspections d’ingénierie urgentes, l’AEFE a assuré la continuité pédagogique tout en déployant des cellules de soutien psychologique pour les élèves et les personnels, traumatisés par la violence de l’événement.

Dans ces moments de crise aigüe, le rôle des Conseillers des Français de l’étranger prend tout son sens. Ces élus locaux de la diaspora sont souvent le premier relais entre les citoyens et l’administration. Cécile Lavergne, présidente du conseil consulaire, a immédiatement rappelé l’importance de ce qu’elle nomme la « solidarité citoyenne ». Fidèle à son engagement de mettre son mandat au service des Français de l’étranger, elle a activement participé à la coordination de l’entraide : hébergement d’urgence entre compatriotes, collecte de biens de première nécessité et partage d’informations fiables sur les réseaux sociaux. Pour elle, la force d’une communauté à l’étranger se mesure à sa capacité à faire bloc dans l’adversité. : à ce jour, « on peut dire que l’urgence immédiate est largement passée pour les Français de passage, mais que la crise s’installe dans la durée pour certains de nos résidents, particulièrement à Pereira ». Elle indique que « certains ont perdu leur logement ».

Également élue des Français établis en Colombie, Frédérique Martiquet souligne aussi que les « principales conséquences du séisme pour les Français de Colombie sont surtout d’ordre matériel ». Outre la perte des logements, Frédérique Martiquet informe que « plusieurs entreprises françaises ont également vu leur activité affectée (…) et le réseau français local a lui aussi été affecté, notamment les lycées français de Cali et de Pereira ainsi que plusieurs Alliances françaises de la zone

Pour faire face à ces situations, Cécile Lavergne explique que « pour les personnes les plus fragilisées, un accompagnement de proximité a été organisé avec le consulat, les consuls honoraires et la Société française de bienfaisance : relogement, paniers alimentaires, produits de première nécessité, aides exceptionnelles, mais également des besoins très concrets comme des matelas ou des filtres à eau ».

De son côté, Frédérique Martiquet, qui défend un « mandat utile et concret », a mis l’accent sur les solutions pragmatiques. Elle a plaidé auprès de l’Ambassade pour le déblocage rapide de fonds de secours exceptionnels, l’accélération des démarches administratives pour les Français ayant tout perdu, et la mise en place de permanences d’écoute. Son action rappelle que derrière les discours diplomatiques, il y a des besoins matériels et financiers immédiats auxquels il faut répondre avec efficacité. « Au-delà des dégâts et de l’inquiétude, j’ai surtout été marquée par l’élan de solidarité qui s’est exprimé très rapidement » constate t-elle.

Les décombres d'un immeuble effondré après le séisme du 10 août, à Pereira.
Les décombres d’un immeuble effondré après le séisme du 10 août, à Pereira. ©Photo Jaime Saldarriaga/AFP

L’heure est à l’action

Passée la sidération, l’heure est désormais à la reconstruction et à l’aide humanitaire. De nombreux Français, qu’ils soient résidents en Colombie, de retour en métropole, ou simples citoyens touchés par le drame, cherchent des moyens d’agir. Heureusement, des canaux fiables et structurés existent pour transformer l’empathie en aide concrète.

Dans les zones les plus touchées, la destruction des routes et des commerces fait planer le spectre d’une crise alimentaire et sanitaire. Pour une action directe et immédiate, les dons financiers aux grandes ONG internationales restent le moyen le plus efficace. Le Programme Alimentaire Mondial (WFP/PAM) a lancé une campagne d’urgence spécifique pour la Colombie. En faisant un don via leur plateforme dédiée, vous permettez l’acheminement rapide de rations alimentaires, d’eau potable et de kits de survie aux familles sinistrées qui ont tout perdu.

Cécile Lavergne nous a aussi informés que la « bonne nouvelle est qu’à ce jour, nous n’avons connaissance d’aucun Français décédé ou blessé ». Mais selon Cécile Lavergne, également élue à l’AFE, (Assemblée des Français de l’étranger) « l‘urgence est en train de changer de nature : pour les touristes, elle est pratiquement derrière nous ; pour certains Français qui vivent ici, c’est maintenant une crise de moyen et long terme qui commence. Il faut reconstruire, se reloger et surtout entrer dans le parcours parfois très complexe des indemnisations. »

Quant à la présence de la France, « dès les premiers jours, il y a eu un important travail de vérification et de contact de la communauté française. Les listes de victimes et de personnes disparues ont été examinées et les Français des zones les plus affectées ont été contactés individuellement ». Pour notre interlocutrice, « dans une crise comme celle-ci, on voit toute l’importance d’avoir un réseau consulaire de proximité. Il ne suffit pas d’avoir une ambassade dans la capitale. »

« Pour notre communauté de Français de l’étranger, cette épreuve souligne l’importance vitale des réseaux consulaires, de l’AEFE et de nos élus de proximité« 

Pour ceux qui souhaitent s’investir ou s’informer sur les actions durables, le Réseau France-Colombie Solidarités (RFCS) est un acteur incontournable. Ce collectif regroupe des associations, des ONG et des citoyens engagés dans la coopération entre les deux pays. En cette période de crise, le RFCS réoriente ses efforts pour évaluer les besoins sur le terrain, coordonner les actions de reconstruction et soutenir les initiatives de la société civile colombienne. Leur connaissance pointue des enjeux locaux garantit que l’aide apportée est pertinente et respectueuse des dynamiques locales.

Le séisme du 10 août a laissé des cicatrices profondes en Colombie. Face au deuil de 329 victimes, dont l’émouvante Lenny Fernandez, et face aux défis immenses de la reconstruction, le peuple colombien fait preuve d’une résilience admirable. Pour notre communauté de Français de l’étranger, cette épreuve souligne l’importance vitale des réseaux consulaires, de l’AEFE et de nos élus de proximité. Surtout, elle nous appelle à la solidarité. Que ce soit par un don au Programme Alimentaire Mondial, par un engagement auprès du Réseau France-Colombie, ou en enfilant ses baskets pour courir au Parc de la Tête d’Or, chaque geste compte. C’est dans ces moments de grande fragilité que l’amitié franco-colombienne prend tout son sens.

Enfin, comme Cécile Lavergne le rappelle à nos ressortissants, il est l’importannt de bien s’inscrire au « registre des Français établis hors de France et d’actualiser ses coordonnées » au besoin. Elle souligne aussi que « la Colombie est un pays exposé aux risques naturels. Il faut connaître les consignes en cas de séisme, identifier les zones sûres et les voies d’évacuation, disposer d’eau, d’une lampe, d’une batterie externe, des médicaments indispensables et de copies de ses documents importants. » Conseil partagé par sa collègue élue Frédérique Martiquet, :« ce séisme rappelle l’importance de la préparation individuelle dans un pays exposé au risque sismique : connaître les consignes des autorités locales, disposer d’un kit d’urgence, anticiper les moyens de communication avec ses proches et, surtout, être inscrit au registre des Français établis hors de France (…) C’est un réflexe essentiel » adresse t-elle à nos compatriotes établis en Colombie.

Nous conseillons aussi vivement à tous nos ressortissants établis hors de France de se faire répertorier auprès des autorités françaises via ce registre, cette démarche, partout dans le monde, peut être utile à chacun.

Auteur/Autrice

  • Paul Herikso est franco-norvégien né à Paris d'une maman française et d'un papa norvégien. Après des études de tourisme, il retrouva sa famille paternelle en Norvège où il participa au développement des croisières. Il est aussi correspondant pour lesfrancais.press

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