Élections consulaires en Colombie : Frédérique Martiquet défend un mandat « utile et concret » pour les Français de l’étranger

Élections consulaires en Colombie : Frédérique Martiquet défend un mandat « utile et concret » pour les Français de l’étranger

Dans le cadre de notre série d’interviews consacrée aux élections consulaires des Français de l’étranger, Lesfrancais.press vous emmène aujourd’hui en Colombie à la rencontre de Frédérique Martiquet, tête de liste « La France au Cœur ». À quelques semaines du scrutin, cette candidate détaille sa vision d’un mandat « utile et concret » pour les Français de l’étranger. Elle revient également sur les enjeux clés de cette élection consulaire en Colombie : participation, priorités et lien entre terrain et institutions françaises.

À quoi servent les élections consulaires ?

Lesfrancais.press : « Que représentent pour vous les élections consulaires et qu’est-ce qui vous distingue des autres candidatures ? »

Frédérique Martiquet : « Les élections consulaires permettent de choisir les élus de proximité des Français établis hors de France. Leur rôle est concret : défendre les Français dans les instances consulaires, suivre les dossiers sociaux, participer aux commissions de bourses scolaires, faire remonter les blocages administratifs, soutenir la vie associative et maintenir le lien avec les institutions françaises. Pour moi, ce mandat n’est ni un titre, ni une décoration, ni une ligne de plus sur mon profil LinkedIn. C’est un mandat de travail, de proximité et de responsabilité. Il doit produire des résultats concrets pour les Français de Colombie. Ce qui me distingue, ce n’est pas seulement mon ancrage local, que beaucoup de candidats partagent. C’est que les sujets que nous portons, je les connais de l’intérieur.

« Pour moi, ce mandat n’est ni un titre, ni une décoration, ni une ligne de plus sur mon profil LinkedIn. C’est un mandat de travail, de proximité et de responsabilité. »

Je suis fille et petite-fille d’expatriés. Mon père travaillait pour une multinationale française. Mon mari est colombien. Mes enfants, binationaux, ont grandi sur les bancs du lycée Français de Bogota. Mon aîné fait ses études universitaires en Colombie, mon cadet hésite encore sur son futur parcours. Ma mère est retraitée en Colombie, perçoit une pension française et adhère à la CFE. Retraite, santé, protection sociale, scolarité, binationaux, retour en France, lien avec l’administration française : je ne regarde pas ces sujets de loin, je les touche de près.

Par ailleurs, depuis des années, j’aide déjà des compatriotes dans leurs démarches : bourses scolaires, retraites, certificats de vie, santé, fiscalité, orientation administrative, difficultés avec certains organismes. Je connais les rouages, les blocages, et je sais qu’une bonne information donnée au bon moment peut éviter des mois de complications. J’ai aussi connu des coups durs, ce que j’appelle des accidents de la vie. Cela m’a appris l’importance d’un conseil, d’un relais, d’un entourage au bon moment. Ces expériences ont renforcé mon empathie et ma conviction : quand on a eu la chance de se relever, on a le devoir d’aider les autres à ne pas rester seuls face aux difficultés.

Professionnellement, j’accompagne les entreprises françaises dans leur développement en Colombie. Je connais leurs réalités : financement, recrutement, coût de la santé, accès aux réseaux, compréhension du marché, isolement parfois des entrepreneurs et indépendants. Les Français qui entreprennent à l’étranger contribuent au rayonnement de la France, mais ils sont souvent trop peu accompagnés. Je ne porte pas ce projet seule. J’ai voulu m’entourer d’une équipe solide, complémentaire et réellement ancrée dans la communauté française de Colombie. Certains sont nés en Colombie avec des racines françaises, d’autres y sont installés depuis longtemps. Tous connaissent le terrain.

Frédérique Martiquet, tête de liste « La France au Cœur » - circonscription Colombie
Frédérique Martiquet, tête de liste « La France au Cœur » - circonscription Colombie
  • Jorge Armando Cortés, mon numéro deux, est médecin agréé par l’Ambassade de France. Sa connaissance du système de santé colombien, de la communauté et des réalités administratives locales est précieuse pour travailler sur l’accès aux soins, la CFE, la protection sociale et les dossiers médicaux complexes.
  • Florence Planquette, enseignante, mère de deux enfants scolarisés au Lycée Louis Pasteur et membre active des instances de l’établissement, apporte une expertise concrète sur l’éducation, les frais de scolarité, les bourses, les enjeux budgétaires et la qualité de l’enseignement français.
  • Nicolas Marsiglia et Rodolphe Demaîne, chefs d’entreprise, connaissent les réalités de l’entrepreneuriat : financement, réseaux, recrutement, protection sociale, intégration économique, développement d’activité. Ils contribueront à mieux connecter les entrepreneurs français et franco-colombiens.
  • Isabelle Thiriez, psychologue, née à Medellín, ancienne consule honoraire à Medellin, et engagée de longue date dans la solidarité, apporte une dimension humaine essentielle. Son ancrage local et son expérience auprès des personnes isolées seront précieux pour maintenir le lien, notamment hors de Bogotá.

Cette équipe reflète notre méthode : partir du réel. Santé, éducation, entrepreneuriat, protection sociale, isolement, familles binationales, jeunes, retraités, vie locale : chacun apporte une expertise concrète. Une liste ne doit pas être une addition de noms ; elle doit être une équipe capable de travailler.

Nous voulons donc un mandat utile, visible et mesurable, avec des propositions concrètes portées dans la durée. Mon expérience professionnelle m’a appris une chose : une bonne intention ne suffit pas. Il faut écouter, structurer, agir, rendre compte, mais aussi anticiper. Beaucoup de problèmes deviennent presque impossibles à régler lorsqu’ils sont pris trop tard. Un mandat utile doit informer en amont, alerter avant les échéances, préparer les dossiers, orienter les personnes et éviter que les difficultés ne deviennent des impasses. »

Lesfrancais.press : « Certains critiquent l’utilité même des conseillers des Français de l’étranger, jugés peu visibles et peu influents. Que répondez-vous à ceux qui estiment que ce mandat est inefficace ? »

Frédérique Martiquet : « Je leur réponds qu’ils ont parfois de bonnes raisons de le penser. Un mandat consulaire peut paraître inefficace lorsqu’il est exercé de manière trop discrète, trop institutionnelle ou trop éloignée du terrain. Mais ce n’est pas une fatalité. Un conseiller des Français de l’étranger ne remplace ni le consulat, ni l’administration, ni les parlementaires. Mais il peut être utile s’il prend son rôle au sérieux : informer, orienter, accompagner, alerter, faire remonter les blocages, défendre les familles, créer du lien et rendre compte. C’est aussi un mandat d’initiative. Il ne s’agit pas seulement d’attendre que les problèmes remontent, mais de développer des solutions locales : espaces d’information, mises en relation, entraide, mobilisation des acteurs associatifs, économiques et institutionnels.

« Un conseiller des Français de l’étranger ne remplace ni le consulat, ni l’administration, ni les parlementaires. Mais il peut être utile s’il prend son rôle au sérieux : informer, orienter, accompagner, alerter, faire remonter les blocages, défendre les familles, créer du lien et rendre compte »

L’efficacité se mesure à des résultats concrets : des familles mieux accompagnées pour les bourses, des retraités mieux informés sur leurs pensions ou certificats de vie, des binationaux mieux guidés, des entrepreneurs mieux connectés, des Français isolés mieux identifiés, et des difficultés de terrain réellement transmises à Paris.

Il ne faut pas oublier que les conseillers des Français de l’étranger sont aussi grands électeurs des sénateurs représentant les Français établis hors de France. Voter aux consulaires, ce n’est donc pas seulement choisir un élu local : c’est aussi peser indirectement sur ceux qui défendent nos sujets au Parlement. Et cela compte. Les sénateurs des Français de l’étranger ne votent pas seulement des textes concernant nos compatriotes hors de France. Ils votent aussi les lois de la République, le budget de la Nation et les réformes qui engagent l’avenir du pays. Choisir un conseiller consulaire, c’est donc aussi choisir une vision de la France.

Dans le contexte budgétaire actuel, cette vision doit être lucide et responsable. La France ne peut pas continuer à creuser indéfiniment son déficit. Défendre les Français de l’étranger, ce n’est pas promettre toujours plus sans financement : c’est protéger les dispositifs essentiels tout en refusant les mesures fiscales punitives.

On l’a vu avec le débat autour de l’impôt universel ciblé, souvent présenté comme un “impôt sur la nationalité” ou une “taxation au passeport”. Ce type de proposition, soutenue notamment par LFI et une partie du RN, montre que les Français de l’étranger peuvent vite devenir une cible fiscale commode. Pour moi, ce n’est pas la bonne réponse à la crise budgétaire. C’est pourquoi l’équilibre du Sénat est important. Sa majorité de droite et du centre porte une ligne à laquelle je suis attachée : responsabilité budgétaire, sécurité, maîtrise de l’immigration, lutte contre les fraudes, protection de la nationalité française, respect de l’autorité de l’État, mais aussi défense de ceux qui respectent les règles et contribuent à la communauté nationale.

Des sénateurs comme Ronan Le Gleut et Christophe-André Frassa jouent un rôle important dans ces combats : fiscalité des non-résidents, simplification administrative, défense des moyens consulaires, lutte contre les fraudes, nationalité, état civil et accès au compte bancaire. L’accès au compte bancaire en France est un exemple très concret. Pour un Français de l’étranger, pouvoir ouvrir ou conserver un compte n’est pas un confort : c’est souvent indispensable pour percevoir une retraite, payer ses impôts, gérer un bien, financer les études d’un enfant ou préparer un retour. Christophe-André Frassa a été l’un des parlementaires à alerter et agir de longue date sur ce sujet.

Le mandat consulaire relie donc deux niveaux : le terrain et le Parlement. Sur le terrain, nous voyons les difficultés ; au Parlement, elles peuvent devenir des amendements, des propositions de loi, des questions au Gouvernement ou des combats budgétaires. Non, ce mandat n’est pas inefficace par nature. Il le devient seulement si on le laisse dormir. Mon engagement, c’est l’inverse : en faire un mandat utile, visible, actif, exigeant et capable de porter des solutions concrètes.»

Quelles propositions pour les expatriés ?

Lesfrancais.press : « Quelles sont alors vos deux ou trois priorités principales pour les Françaises et Français de votre circonscription ? »

Frédérique Martiquet : « Il est difficile de réduire les besoins des Français de Colombie à deux ou trois priorités. Une famille avec des enfants scolarisés, un retraité isolé, un jeune binational, un entrepreneur, une personne confrontée à un problème de santé ou un Français qui prépare son retour n’ont pas les mêmes attentes. Je préfère parler de trois objectifs : protéger, simplifier, relier.

Protéger, d’abord. Dans le contexte budgétaire actuel, maintenir les budgets existants pour les Français de l’étranger serait déjà une avancée importante. Je veux défendre les dispositifs essentiels : bourses scolaires, action sociale, aides aux plus fragiles, moyens consulaires et accompagnement des familles. Sur l’éducation, cela signifie mieux accompagner les demandes de bourses, défendre la transparence sur les frais de scolarité, encourager la mutualisation des coûts entre établissements et soutenir, lorsque c’est possible, des mécanismes locaux de solidarité.

Françaises et Français échangeant sur les élections consulaires - illustration
Françaises et Français échangeant sur les élections consulaires - Image d'illustration

Cela signifie aussi mieux accompagner les jeunes binationaux qui souhaitent étudier en France. Il n’est pas acceptable qu’un jeune franco-colombien renonce à ce projet faute de moyens ou d’information. Des mécanismes existent, sans nécessairement créer de dépense publique supplémentaire ; encore faut-il les connaître, anticiper les délais et être bien orienté. Sur la santé et la protection sociale, protéger veut dire mieux informer sur les options existantes : CFE, assurances privées, retraite, retour en France, réactivation des droits, sécurité sociale, prise en charge en cas de situation difficile. Beaucoup de problèmes deviennent très compliqués lorsqu’ils sont découverts trop tard.

Pour les entrepreneurs et indépendants, cela signifie aussi les aider à mieux maîtriser leurs coûts de santé. Beaucoup ne bénéficient pas de la protection d’un grand groupe. Nous pouvons comparer les solutions existantes, favoriser les échanges d’expérience et explorer des approches collectives lorsque c’est possible. Simplifier, ensuite. Trop de Français renoncent à leurs droits parce que l’information est dispersée, technique ou difficile à comprendre. C’est encore plus vrai pour les familles binationales, les conjoints colombiens, les jeunes franco-colombiens ou les parents peu à l’aise avec le français administratif, notamment depuis la disparition des pages consulaires en espagnol.

« Choisir un conseiller consulaire, c’est donc aussi choisir une vision de la France. »

Je veux donc porter un projet concret : un site d’information bilingue français-espagnol, clair, pratique, indépendant de l’administration mais fondé sur des sources fiables. Il ne remplacera pas le consulat ; il aidera chacun à comprendre les démarches, préparer les documents, respecter les délais et savoir vers qui se tourner. Ce site couvrira les démarches françaises, mais aussi les réalités colombiennes du quotidien : visas, régularité du séjour, obligations locales, assurances, logement, banque, santé, transports, sécurité et informations pratiques pour mieux vivre en Colombie.

L’idée est simple : éviter que chacun reconstruise seul son parcours administratif, souvent dans deux langues et deux systèmes différents. Une information claire, bilingue et fiable peut éviter des erreurs, des retards, des coûts inutiles et parfois de vrais blocages.

Pour les entrepreneurs, cette logique vaut aussi : mieux les orienter sur les obligations administratives et fiscales, les réseaux d’accompagnement, les financements possibles et les contacts utiles. Relier, enfin. Beaucoup de Français de Colombie, notamment des retraités, se sentent isolés. Certains vivent loin des grands centres urbains, d’autres n’osent pas demander de l’aide, d’autres ont simplement besoin de retrouver un lien social. Un élu des Français de l’étranger n’est pas seulement un relais administratif : il doit aussi retisser du lien humain.

Relier, c’est encourager les rencontres, soutenir les initiatives associatives, faire circuler l’information, créer des passerelles entre générations, villes, familles, binationaux, entrepreneurs et jeunes Français de Colombie. C’est aussi mieux valoriser les entrepreneurs français et franco-colombiens. Ils créent de l’emploi, prennent des risques, participent au rayonnement de la France, mais restent parfois isolés.

Nous voulons faciliter les mises en relation avec les réseaux de financement, les acteurs économiques, les étudiants, les jeunes actifs, les entreprises françaises et les institutions utiles. Notre ligne est claire : ne pas promettre l’impossible, mais mettre tous les moyens du mandat pour améliorer concrètement le quotidien du plus grand nombre. Si nous parvenons à mieux informer les familles, préserver les dispositifs essentiels, orienter les dossiers, rompre l’isolement de certains retraités, soutenir les binationaux et mieux connecter les entrepreneurs, alors nous aurons réellement avancé.»

Lesfrancais.press : « La France, ses institutions et son administration vous semblent-elles bien appréhender la réalité vécue aujourd’hui par les Français de l’étranger ? »

Frédérique Martiquet : « Pas toujours. Et c’est l’un des grands décalages. Je veux d’abord reconnaître une avancée : France Consulaire est un progrès réel. Obtenir une réponse centralisée, sans dépendre uniquement du standard d’un consulat, est utile. Pour beaucoup de démarches, c’est déjà une amélioration. Mais France Consulaire ne répond pas à tous les besoins. Les échanges se font exclusivement en français, ce qui limite l’accès pour certaines familles binationales. Et certaines situations complexes exigent un suivi plus personnalisé, un interlocuteur identifié, ou une compréhension fine des réalités locales.

J’ai déjà abordé ce point, mais il est essentiel : la disparition de la version espagnole des pages consulaires du site de l’Ambassade de France est un vrai recul pour une communauté comme la nôtre. Le problème, c’est que beaucoup de procédures restent pensées comme si nous vivions en France. Premier exemple : le courrier postal. En Colombie, un courrier envoyé par l’administration française ou par une banque peut mettre entre deux et six mois à arriver, parfois trop tard pour respecter un délai. Il faut donc cesser de considérer le courrier postal comme une solution normale. Les Français de l’étranger ont besoin d’échanges dématérialisés fiables, d’échanges par mail, de dépôts de documents en ligne, d’accusés de réception, de suivis clairs et de contacts humains. Poser une question uniquement via une plateforme impersonnelle, sans adresse mail ni interlocuteur identifié, n’est pas adapté aux situations complexes.

Je pense aussi aux dossiers lourds, par exemple certaines déclarations de maladie professionnelle. Même lorsqu’un médecin agréé par l’ambassade confirme les symptômes ou la pathologie, l’administration peut continuer à exiger que l’ensemble des documents médicaux colombiens soit traduit par un traducteur assermenté en France. Dans les dossiers complexes, avec examens, comptes rendus, certificats et historiques médicaux, on peut rapidement atteindre plusieurs milliers d’euros. Je comprends la nécessité de contrôler les dossiers. Mais lorsqu’un médecin agréé par la France confirme les éléments essentiels, il faudrait davantage de pragmatisme : accepter des synthèses certifiées, limiter les traductions aux pièces indispensables, ou prévoir une procédure adaptée aux Français vivant hors de France. Sinon, le coût administratif devient un obstacle à l’accès aux droits.

« Les Français de l’étranger ne demandent pas des privilèges. Ils demandent que leur réalité soit prise en compte. »

Même chose pour les jeunes binationaux. Ils ont un lien réel avec la France, mais doivent naviguer entre nationalité, état civil, recensement, JDC, Parcoursup, logement, aides et délais. Certains peuvent renoncer à étudier en France faute d’information ou d’anticipation. Le cas de la Journée Défense et Citoyenneté est révélateur. Les JDC ne se réalisent plus en Colombie, alors qu’elles restent une étape importante du parcours citoyen. Une version virtuelle accessible aux jeunes Français de Colombie devient urgente. Il n’est pas normal qu’un jeune vivant à l’étranger soit pénalisé parce que le dispositif n’est plus adapté à sa réalité géographique.

Donc non, la France ne comprend pas toujours assez bien notre réalité. Pas par mauvaise volonté, mais parce que trop de politiques publiques restent pensées depuis le territoire français. Les Français de l’étranger ne demandent pas des privilèges. Ils demandent que leur réalité soit prise en compte. Ils ne sont pas une périphérie de la République : ils sont une part vivante de la France dans le monde. »

Comment éviter une forte abstention ?

Lesfrancais.press : « Malgré la possibilité de voter par internet pour les élections consulaires, l’abstention reste très élevée. Est-ce selon vous un problème d’information, de confiance… Ou un désintérêt pour ces élections ? Quelles actions concrètes envisagez-vous pour changer cette situation dans votre circonscription ? »

Frédérique Martiquet : « Je ne crois pas que ce soit d’abord un désintérêt. Je crois surtout que beaucoup de Français ne voient pas clairement à quoi servent ces élections, ni ce que font réellement les conseillers des Français de l’étranger une fois élus.

Il y a un problème d’information : certains ne savent pas qu’ils peuvent voter, d’autres découvrent trop tard les dates, le vote internet, les procurations ou l’importance de mettre à jour leurs coordonnées consulaires. Beaucoup changent d’adresse, de téléphone ou d’email, et ne reçoivent plus les messages. Le vote par internet est pratique, mais encore faut-il recevoir les codes, comprendre la procédure et ne pas découvrir l’élection le lendemain du scrutin. Mais il y a aussi un problème de confiance. Certains élus ne réapparaissent qu’au moment des élections. Certains candidats découvrent à peine ce qu’est un conseiller des Français de l’étranger. Beaucoup parlent de démarches consulaires sans avoir jamais accompagné un dossier de bourse, de retraite, de certificat de vie, de nationalité, de protection sociale ou de retour en France. Les Français ne sont pas dupes : ils voient vite la différence entre un engagement de terrain et une candidature de circonstance.

La participation ne se décrète pas. Elle se reconstruit par la présence, la compétence et la preuve. Pour changer cela, il faut agir avant, pendant et surtout après l’élection.

  • Avant l’élection, il faut expliquer simplement qui vote, pourquoi, quand et comment : dates, vote par internet, vote à l’urne, procurations, mise à jour des coordonnées consulaires. Il faut aussi expliquer à quoi sert concrètement un conseiller consulaire. On ne mobilise pas avec du jargon institutionnel ; on mobilise en montrant ce que le vote peut changer.
  • Pendant l’élection, il faut accompagner les électeurs de manière pratique : rappeler les étapes, répondre aux questions, orienter ceux qui rencontrent un problème technique, mobiliser les relais locaux et encourager chacun à faire voter autour de lui. C’est de l’organisation, pas de l’improvisation.
  • Après l’élection, tout se joue. Pour que les Français votent davantage la fois suivante, il faut prouver que leur vote a servi.

Je veux que les Français de Colombie puissent faire remonter leurs difficultés tout au long du mandat, pas seulement pendant la campagne. Une communauté ne se consulte pas une fois tous les six ans. Elle s’écoute en continu. C’est ce que j’ai fait ces vingt dernières années, sans mandat. Il est temps de passer à la vitesse supérieure pour pouvoir toucher et aider davantage de compatriotes.

Enfin, voter aux consulaires, ce n’est pas seulement choisir une personne disponible ou sympathique. C’est choisir une méthode, une expérience, une capacité de travail, une connaissance réelle des dossiers, et aussi des grands électeurs qui participeront à l’élection des sénateurs des Français de l’étranger. Le vote consulaire a donc une portée locale et nationale. Il faut aussi que nos sénateurs puissent présenter des résultats concrets. Le lien entre conseillers consulaires, grands électeurs et sénateurs des Français de l’étranger doit produire des avancées visibles. Des sénateurs comme Ronan Le Gleut et Christophe-André Frassa ont montré qu’il était possible de porter de véritables combats utiles au bénéfice des Français de l’étranger.

La lutte contre l’abstention passe par une idée simple : redonner du sens au vote. Si les Français voient des élus présents, compétents, utiles, accessibles, capables d’agir localement et de faire remonter les vrais sujets à Paris, alors ils auront davantage de raisons de voter. L’abstention n’est pas une fatalité. Elle se combat par la preuve, pas par les slogans. »

Pour en savoir plus sur la liste « La France au Cœur » menée par Frédérique Martiquet, visitez le site internet en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Les listes présentées aux élections consulaires – Colombie

Pour les élections consulaires concernant les Français de Colombie, 3 Conseillers des Français de l’étranger sont à élire. Le scrutin se tiendra du 22 au 27 mai (12h heure de Paris) par Internet, et le 30 mai à l’urne.

7 listes ont été déposées, en voici la présentation après tirage au sort

  1. La France au Cœur / MARTIQUET Frédérique
  2. Union populaire LFI et écologistes, juntos vamos por mas (ensemble pour plus de droits) / VIERA VIVIANA
  3. Joël Doglioni, Candidat indépendant, Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, Officier de l’Ordre national du Mérite / DOGLIONI JOEL
  4. Debout ! La sociale-écologie à votre service, à votre écoute vers la transition écologique de nos sociétés, dans le respect de toutes et tous. Liste soutenue par le mouvement Debout ! / HALAL Sara Camila
  5. RASSEMBLEMENT DES PATRIOTES DE COLOMBIE / ANASTAZE Caroline
  6. Solidarité Citoyenne à Gauche / LAVERGNE Cécile
  7. ASFE – Proche de tous les Français de Colombie / TRAVECEDO lla

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