Partir étudier en Chine : Entre paperasse, grandeur et émerveillement

Partir étudier en Chine : Entre paperasse, grandeur et émerveillement

mars 26, 2019 0 Par Quentin Dussart

A l’occasion de la visite d’Etat de Xi Jinping, retour d’expérience de Quentin Dussart, ancien étudiant Français en Chine.

Partir en Chine est déjà une aventure en soit, mais y partir pour étudier peut s’avérer parfois kafkaïen. Petit retour en arrière : après avoir terminé mon stage de fin d’étude, je voulais me confronter à une nouvelle culture. Si durant mes études j’avais déjà pu vivre en Belgique et en Espagne, mon souhait était cette fois de découvrir l’Asie, et la Chine en particulier.

Il y a, dans l’imaginaire collectif, plus d’aspects de la Chine qui peuvent vous rebuter que vous attirer et pourtant, par sa place dans le monde et son histoire, je voulais voir et juger par moi-même ce pays mystérieux. J’ai ainsi décidé de partir étudier le mandarin pendant 6 mois, non pas dans l’une des grandes villes prisées des touristes mais bien dans une ville moyenne, côtière et face à Taiwan, Xiamen dans le Fujian.

Xiamen, une des plus belles villes de Chine

Xiamen est réputée pour être l’une des plus belles villes de Chine, sa côte est aménagée pour laisser place à de magnifiques plages et la qualité de vie y est très bonne. Sa position centrale entre Canton et Hong Kong d’un côté et Shanghai de l’autre en fait une ville particulièrement stratégique malgré sa petite taille, de « seulement » 4 millions d’habitants. Xiamen dispose également de l’une des meilleures universités du pays et ses cours de mandarin pour étrangers sont très réputés.

C’est avec ces informations, et sans beaucoup plus, que je me suis lancé dans les démarches pour étudier en Chine. Tout d’abord, il faut savoir que la Chine garde une politique très restrictive dans l’accueil des étrangers et qu’il est particulièrement difficile de rester en Chine plus d’un mois sans raison valable. C’est ainsi, qu’après avoir trouvé une école de mandarin et avoir été accepté, je me suis rendu au consulat pour faire valider mon visa. Raté ! La Chine n’autorise que les écoles publiques à vous délivrer le formulaire JW202, véritable sésame pour étudier en Chine. Rebelotte donc pour trouver une université publique cette fois, à moins d’un mois de la rentrée afin d’obtenir les papiers nécessaires pour étudier en Chine.

Des campus au milieu de nul part

Mon choix se tourne donc finalement vers l’université de Xiamen qui m’offre l’opportunité de venir apprendre le mandarin durant 1 semestre. A moi l’université historique et somptueuse en bord de mer. Enfin, pas tout à fait. En effet, depuis des années, le gouvernement chinois a décidé de resserrer un peu les boulons sur ses étudiants. Exit donc les universités en centre-ville et place maintenant à de gigantesques complexes universitaires à 20 km de la ville. La raison : éviter toute distraction pour les étudiants chinois. Contrairement à ce que nous pourrions penser, beaucoup de jeunes Chinois aiment faire la fête et se retrouvent régulièrement en boite de nuit en pleine semaine. Conscient de ce « problème », les autorités ont donc fait construire ces immenses complexes au milieu de nulle part avec peu de logements aux alentours obligeant donc les étudiants à dormir et manger sur le campus.

Etudier 6 mois en Chine c’est aussi accepter de n’avoir qu’une seule entrée sur son visa. Il vous est impossible de sortir de Chine et ce y compris pour Hong Kong, Taiwan et Macao. Un tampon de votre université validé par la police locale peut vous accorder exceptionnellement une sortie mais pas plus.

Les universités chinoises compétitives sur le marché international

Parmi les étudiants étrangers sur le campus, peu sont européens, et on trouve régulièrement des nationalités des pays limitrophes plus pauvres en quête de réussite chez le voisin chinois. Mais c’est aussi surtout une présence très forte d’étudiants africains. La raison est triple : Premièrement, les universités y sont réputées de très bonne qualité et beaucoup moins chères que leurs homologues occidentales. Deuxièmement, le marché de l’emploi en Chine ne connaît pas la crise et un apprentissage accéléré du mandarin vous ouvre les portes d’une réussite professionnelle encore particulièrement difficile à atteindre en Afrique. Enfin, la présence chinoise en Afrique offre également des opportunités pour les locaux ayant appréhendés la culture et la langue chinoise.

La vie sur le campus est très agréable, les campus bénéficient d’installations sportives absolument époustouflantes, terrains de baskets, de football, courts de tennis et même piscine. Le sport est un vrai vecteur social et il suffit de se balader dans le campus après les cours pour s’en rendre compte. Dans le cas de Xiamen, le campus disposait en plus de ces installations sportives son propre parcours de golf et son lac lui permettant la pratique du kayak ou du paddle. Gigantesque.

Un matériel dernier cri

Mais au-delà du sport, ce qui frappe le plus, c’est la modernité des universités chinoises. Le matériel est ici de dernier cri avec des ordinateurs et du matériel pédagogique mis à disposition, de quoi faire pâlir nombre d’universités publiques en France. Les universités chinoises disposent d’un budget très conséquent permettant l’animation des campus de façon régulière et impressionnante avec des jeux, des sorties scolaires, des tournois sportifs ou même des concerts avec les stars locales.

Partir étudier en Chine est in fine une aventure en soit mais à partir du moment où vous rentrez dans les cases, la Chine vous accueille les bras grands ouverts. Il est important de ne pas se décourager par les différentes étapes vous permettant enfin d’étudier en Chine. Le pays est effectivement hyper bureaucratisé mais est également paradoxalement hyper moderne. Il est évident que comme pour une bonne partie des aspects du développement d’un pays, au niveau des études, la Chine est a minima au niveau au mieux largement en avance sur nos universités.

Quentin Dussart

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