À Londres, Marine Tondelier à la rencontre des Français de l’étranger

À Londres, Marine Tondelier à la rencontre des Français de l’étranger

En déplacement à Londres en ce mois d’avril 2026, Marine Tondelier n’est pas venue par hasard. Officiellement présente pour soutenir Charlotte Minvielle, tête de liste aux élections consulaires au Royaume-Uni, la secrétaire nationale des Écologistes a aussi profité de ce déplacement pour aller à la rencontre des Français établis outre-Manche.

Des Français de l’étranger encore trop peu entendus

Réunion publique, échanges avec les étudiants de King’s College, dédicace en librairie : le programme a été dense. « C’est la première fois que je fais un déplacement politique à Londres », Marine Tondelier, presque en préambule. Une visite qui s’inscrit dans un contexte particulier, celui du post-Brexit, qu’elle observe « de très près » depuis sa région des Hauts-de-France, directement concernée par les questions migratoires et de pêche. Mais derrière l’agenda, un objectif plus politique se dessine, celui de renouer le lien avec une communauté française souvent perçue comme éloignée du débat national.

« C’est la première fois que je fais un déplacement politique à Londres. »

Très vite, le constat est d’ailleurs posé au sujet du scrutin des consulaires. « Ce sont des élections dont on ne parle pas assez », regrette Marine Tondelier, la secrétaire nationale du parti Les Écologistes. Elles sont « peu médiatisées », malgré l’importance pour des centaines de milliers de Français établis hors de France. Face à ce sentiment d’invisibilité, elle met en avant le travail de ses élues. « Les Français de l’étranger ont de la chance d’être représentés », assure-t-elle, citant notamment les sénatrices Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier, qu’elle décrit comme « très engagées ».

Parler des sujets du quotidien avec les expatriés

Au-delà des discours, elle insiste sur des préoccupations concrètes. Elle a notamment évoqué l’enseignement français à l’étranger, les difficultés d’accès à un compte bancaire en France, ou encore les obstacles administratifs au retour : « Ce sont des sujets du quotidien, mais qui comptent énormément pour les gens », résume-t-elle.

Marine Tondelier lors d'une séance dédicace de son livre "Demain, si tout va bien..."
Marine Tondelier lors d'une séance dédicace de son livre "Demain, si tout va bien..."

À Londres, la démarche se veut aussi méthodologique. Consultation des électeurs, questionnaire participatif ayant recueilli plusieurs centaines de réponses, présence locale : « On veut être des élus de proximité », explique-t-elle. Une manière de répondre à un défi bien identifié : toucher un électorat dispersé, parfois difficile à mobiliser.

L’expatriation n’est pas un problème

Loin d’une vision défensive, Marine Tondelier revendique une approche apaisée de l’expatriation. « Je n’ai jamais vu ça comme un problème », affirme-t-elle. Elle préfère y voir une richesse, nourrie par les allers-retours et les expériences de vie à l’étranger. Elle parle d’expérience. « Je sais ce que c’est que la vie d’expatriée », rappelle-t-elle, évoquant son année passée à Stockholm. Une expérience qui, selon elle, donne tout son sens à ces déplacements et à ces rencontres avec les communautés françaises.

« Je sais ce que c’est que la vie d’expatriée »

Dans son discours, les Français de l’étranger deviennent ainsi des relais. Des témoins aussi. « Il y a plein de choses dont on peut s’inspirer », explique-t-elle, citant les politiques d’égalité en Scandinavie ou les modèles énergétiques européens. Son déplacement à Londres s’inscrit aussi dans cette logique. Entre rencontres avec les écologistes britanniques et échanges sur des sujets internationaux comme l’intelligence artificielle, la dirigeante écologiste cherche à croiser les expériences. « On regarde ça avec beaucoup d’attention », dit-elle à propos de la montée des Verts au Royaume-Uni.

Une campagne des consulaires entre numérique et terrain

Reste une réalité : faire campagne auprès des Français de l’étranger est un exercice complexe. « Toucher les Français de l’étranger, c’est compliqué », reconnaît-elle sans détour. Pour y répondre, elle mise sur des formats « décarbonés » : webinaires, campagnes numériques, vidéos. « On fait la campagne avec nos moyens », explique-t-elle, en revendiquant une cohérence avec les engagements écologistes.

Marine Tondelier, secrétaire nationale Les Écologistes
Marine Tondelier, secrétaire nationale Les Écologistes

Mais le contact direct reste irremplaçable. « C’est bien de pouvoir toucher les gens en vrai », insiste-t-elle. D’où ce déplacement à Londres, pensé comme un moment de rencontre plus que comme une simple étape de campagne. Au-delà des enjeux consulaires, Marine Tondelier inscrit son déplacement dans une vision plus large. Dans un monde qu’elle décrit comme « de plus en plus brutal », elle défend une autre approche : celle de la coopération et des échanges internationaux.

Les Français de l’étranger, dans cette perspective, occupent une place particulière. Ni périphériques, ni secondaires, mais au cœur d’une France ouverte sur le monde. À Londres, où vit l’une des plus importantes communautés françaises hors de France, le message est clair. Reste à savoir s’il sera entendu. Mais en venant sur place, Marine Tondelier aura tenté, au moins, de réduire une distance qui, selon elle, est bien réelle : celle entre la France politique et ses citoyens de l’étranger.

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