La Chine en patronne de l’Asie

La Chine en patronne de l’Asie

Il y a quelques jours, lors du sommet virtuel de l’Asean, l’Asie créait la plus grande zone de libre échange du monde. « Cet accord est une victoire du multilatéralisme et du libre échange », annonçait le Premier ministre chinois.  Un tiers de la population mondiale,  un tiers du PIB de la planète unis dans un traité de libre échange signé par quinze pays.  

Le « Regional Comprehensive Economic Partnership » était en cours de négociation depuis huit ans. Donald Trump, en se retirant de « Traité de Libre-échange Transpacifique », en déclenchant une guerre commerciale avec la Chine, en affichant son protectionnisme, l’a renforcé. La Chine s’est engouffrée dans le vide. Elle a fait des concessions, et pour la première fois conclut un accord de libre échange avec la Corée du sud et le Japon. 

Sommet Virtuel ASEAN - 2020

Le libre échange comme réponse à la crise

L’accord rassemble donc la Chine, le Japon, la Corée du sud, l’Indonésie, le Cambodge, le Vietnam, l’Australie, la Nouvelle Zélande, la Thaïlande, les Philippines, Singapour, la Birmanie, le Laos, la Malaisie et Brunei : 2.2 Milliards d’habitants.

Au Forum Asie-Pacifique, le sommet de l’APEC, (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) qui réunit 21 pays du Pacifique, la Chine s’est présentée en majesté, opposant le libre échange au protectionnisme américain, affichant le retour de la croissance, affirmant sa solidité face aux déchirements de l’Amérique frappée par la crise.

L’accord ne prend en compte ni normes sociales ni environnementales. Il en revient aux données fondamentales de ce type d’accord international : droits de douane, propriété intellectuelle, normes industrielles. Le bloc commercial produira progressivement des normes communes qui s’étendront progressivement.

Une leçon pour les Etats-Unis et l’Europe 

C’est une leçon pour les Etats-Unis et l’Europe, piqués par une forte vague de néoprotectionnisme. Les refus du Traité transatlantique puis de l’accord avec le Mercosur en témoignent.  Comme si la Chine et l’Asie reprenaient à leur compte les éléments qui ont fait la richesse de l’Occident alors que celui-ci en doute. 

Pour les gouvernements européens, il est temps de réagir. L’UE, qui a déjà signé avec le Japon, discute actuellement avec la Chine pour lui faire ouvrir son marché. Car si les Chinois se posent en champion du libre échange, ils n’ont pas encore levé toutes leurs barrières. D’autre part, un géant n’a pas signé : l’Inde s’est retirée des discussions.

Les Etats-Unis, eux, constateront que beaucoup de leurs alliés sont signé, ce qui signifie qu’ils n’entendent pas entrer dans une guerre commerciale. On les comprend : Selon les économistes, cet accord devrait générer 200 Milliards de PIB supplémentaire dans la région.

Le déplacement du centre de gravité mondial vers l’Asie, qui ne pesait que 20% du PIB mondial il y a 25 ans, est spectaculaire. 

Si l’on se place d’un point de vue global, on ne peut que se réjouir d’un accord qui permettra d’accroitre la richesse mondiale et fera sortir des millions de personnes de la pauvreté.

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