À Budapest, l’association Les Petits Mousquetaires accompagne les familles qui souhaitent transmettre le français à leurs enfants tout en les ancrant dans la vie hongroise. À l’occasion du podcast « Initiatives Expats », sa présidente Marion Viranyi-Fontan raconte une aventure associative née d’un besoin familial et devenue, en dix ans, un lieu de rencontres, d’apprentissage et de partage.
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Initiatives Expats : À Budapest, Les Petits Mousquetaires font vivre le français
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D’Erasmus au coup de cœur pour Budapest : le parcours d’une expatriée
Rien ne prédestinait Marion Viranyi-Fontan à présider une association à Budapest. C’est son histoire personnelle qui l’a conduite en Hongrie : elle a rencontré son mari lors d’un séjour Erasmus au Danemark. Il lui a ensuite fait découvrir la capitale hongroise. La ville et le pays ont rapidement conquis la jeune femme. « C’était un vrai coup de cœur pour moi. » Le couple a choisi de s’y installer il y a quinze ans.
« La question est comment je garde un lien avec la langue maternelle ou paternelle d’un des parents, tout en pouvant aussi être scolarisé dans l’école de quartier, pour avoir aussi un lien avec la vie ici hongroise. »
Marion Viranyi-Fontan, Présidente « Les petits mousquetaires » à Budapest
À Budapest, Marion a pu poursuivre son activité professionnelle. Elle travaille dans un lycée international et, en parallèle, s’investit dans le monde associatif. Depuis sa création, il y a dix ans, elle préside « Les Petits Mousquetaires », une structure destinée aux familles francophones et à celles qui souhaitent faire découvrir le français à leurs enfants.
Les Petits Mousquetaires : Un pour tous, tous pour le français. »
Les Petits Mousquetaires accueillent environ une centaine d’enfants. Sa devise résume l’ambition de l’association : « Un pour tous, tous pour le français. » Une formule qui va au-delà des cours de langue. L’enjeu est aussi de créer des occasions de se retrouver, de transmettre des références culturelles et de faire une place au français dans le quotidien des enfants.

L’objectif est de permettre aux plus jeunes de grandir dans les deux langues, sans devoir renoncer à la vie scolaire et sociale de leur quartier. « La question est comment je garde un lien avec la langue maternelle ou paternelle d’un des parents, tout en pouvant aussi être scolarisé dans l’école de quartier, pour avoir aussi un lien avec la vie ici hongroise. » Cette formule répond au besoin de familles binationales qui vivent dans le centre de Budapest.
Pour certaines, le lycée français Gustave Eiffel est une excellente option, mais sa localisation, dans les collines de Buda, implique des trajets importants. D’autres souhaitent que leurs enfants fréquentent une école hongroise, tout en conservant une pratique régulière du français. Les « Petits Mousquetaires » proposent donc une solution de proximité, en complément de leur scolarité, notamment via le programme Flam. Et les parents peuvent ainsi se retrouver, échanger et partager leurs expériences.
« Francophonie en action » : sensibiliser en famille
Soutenue par le dispositif STAFE, (soutien au tissu associatif des Français à l’étranger), l’association a également développé le projet « Francophonie en action, agir pour la planète, les autres et soi-même ». Cette initiative propose des activités à partager entre parents et enfants. Au programme notamment, un jeu de piste à travers Budapest, à la découverte de parcs et d’espaces verts, ainsi qu’une représentation théâtrale participative.
« C’est vraiment important pour nous aussi de pouvoir bénéficier de ce type de reconnaissance (STAFE), de savoir qu’on est entendu, de savoir que nos initiatives sont valorisées aussi. »
Marion Viranyi-Fontan, Présidente « Les petits mousquetaires » à Budapest
Les Petits Mousquetaires travaillent notamment avec Cargonomia, un partenaire engagé dans la mobilité douce et le partage de vélos cargos. Les familles ont pu découvrir ces véhicules et les essayer. Le partenariat se prolonge aussi autour d’une colonie de vacances organisée dans une ferme biologique située à une soixantaine de kilomètres de Budapest. L’idée mêle découverte, activité collective et sensibilisation à d’autres formes de mobilité.
Pour Marion Viranyi-Fontan, l’aide du STAFE ne représente pas seulement un soutien financier. Elle constitue aussi une marque de reconnaissance pour le travail accompli par les bénévoles et les équipes de l’association. « C’est vraiment important pour nous aussi de pouvoir bénéficier de ce type de reconnaissance, de savoir qu’on est entendu, de savoir que nos initiatives sont valorisées aussi. »
Car même lorsque les frais sont réduits, certaines familles n’ont pas les moyens de participer. Proposer davantage d’activités gratuites ou moins chères permettrait de toucher un public plus large parmi les Français de Budapest.
Le rêve d’un voyage en train avec les adolescents
Mais derrière la reconnaissance, les besoins restent très concrets. Parmi les souhaits de la présidente : mieux rémunérer les personnes qui travaillent pour l’association et rendre les activités plus accessibles. « Ce qu’on aimerait vraiment, c’est pouvoir mieux payer les personnes qui travaillent à l’association. »

En lui demandant aussi de partager pour le podcast « Initiatives Expats » un des projets rêvés pour l’association, Marion imagine un voyage Interrail avec les adolescents de l’association. Une manière de leur faire découvrir une autre façon de voyager, alors que, pour leurs vacances, beaucoup prennent l’avion.
Cette année marque les dix ans des « Petits Mousquetaires ». Un anniversaire qui nourrit un souhait tout simple : poursuivre l’aventure et rester, dans dix ans encore, un lieu vivant pour les familles francophones de Budapest.
Aux Français qui envisagent de s’installer en Hongrie, notre invitée recommande de se familiariser avec quelques mots de hongrois, une langue qu’elle décrit comme « assez spéciale ». Mais elle insiste surtout sur l’accueil de la ville de Budapest et la qualité du quotidien. « Je dirais vraiment, venez et faites l’expérience de la vie hongroise douce et conviviale. » Et pour les familles qui arrivent avec des jeunes, son conseil tient en quelques mots : «surtout, si vous avez des enfants, pensez aux petits mousquetaires. »






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