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Export et attractivité : Nicolas Forissier prône une « volonté de conquête » pour les entreprises françaises

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Export et attractivité : Nicolas Forissier prône une « volonté de conquête » pour les entreprises françaises

Réunis au Quai d’Orsay le 24 septembre, responsables publics et dirigeants d’entreprise ont échangé sur l’exportation, l’attractivité et la souveraineté économique. Organisée sous l’égide de Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité de la France, la rencontre « Entreprises à l’international : la volonté de conquête » visait à partager des expériences et à avancer des pistes pour faciliter l’exportation des produits français. Lesfrancais.press revient sur les principaux échanges et la stratégie mise en place.

Une stratégie d’export dans un contexte de concurrence mondiale

« Il faut mouiller la chemise », c’est ainsi que Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité de France, a débuté son discours au Quai d’Orsay lors de l’événement « Entreprises à l’international. La volonté de conquête. » Il en appelle ainsi les acteurs économiques et les pouvoirs publics à s’engager davantage dans la compétition internationale. Le commerce extérieur, a-t-il rappelé, concerne d’ailleurs directement l’emploi dans notre pays : « 1 salarié sur 4 dépend de l’exportation en France. »

« Il faut mouiller la chemise. »

Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité de France

Le ministre a aussi mis en garde contre les fermetures des frontières commerciales : « La tentation du repli serait une erreur majeure » a-t-il affirmé. Il a également partagé sa feuille de route, la déroulant autour de trois verbes : « sécuriser » les approvisionnements et l’énergie, « conquérir » des nouveaux marchés, « construire » des relations solides. » Il a également plaidé pour une action publique plus engagée : « L’État lui aussi doit prendre des risques » et « doit mettre un tigre dans le moteur des entreprises », en faisant allusion à une publicité d’Esso, entreprise où travaillait son père.

Au cours de son intervention, Nicolas Forissier a également souligné que la place de la France dans la compétition mondiale serait un enjeu majeur de la prochaine campagne présidentielle. En évoquant les résultats obtenus dans ce domaine par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le ministre délégué a-t-il voulu suggérer que celui-ci pourrait faire valoir cette expérience s’il décidait de se lancer dans la course à l’Élysée ?

Export : vers un accompagnement plus lisible

La première table ronde, consacrée aux géographies de conquête, a réuni notamment Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviation, Sophie Primas, ancienne ministre et sénatrice, Christophe Lecourtier, directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Erika Le Noan, Présidente de Dammann Freres, entreprise spécialisée dans le thé, elle préside aussi Alim’Alliance qui rassemble les syndicats des métiers de l’épicerie et de la nutrition spécialisée. Louis Margueritte, directeur général de Business France est venu clore cette première partie.

Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation
Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation

Les difficultés des PME à se lancer à l’export ont été soulignées, en particulier dans le secteur agroalimentaire représenté par Erika Le Noan. La création d’un « guichet unique » a été avancée par cette dernière pour rendre les dispositifs de soutien plus faciles à identifier, notamment pour les PME qui éprouvent des difficultés à proposer leur produit en dehors des frontières nationales. La chef d’entreprise a aussi pointé la « surtransposition » de directives européennes, susceptible de peser sur la compétitivité des industries.

L’ancienne ministre des Français de l’étranger, Sophie Primas a de son côté insisté sur « l’importance du maillage des territoires » pour accompagner au plus près les entreprises tournées « vers l’international ». L’actuelle sénatrice des Yvelines souhaite ainsi relier directement les ressources locales aux stratégies à l’exportation pour faciliter l’accès aux marchés étrangers.

« Ne touchez pas au Crédit Impôt Recherche (CIR), il est fondamental. »

Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviation

Pour Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviation, la capacité à innover demeure un atout français à préserver : « la force de la France c’est de pouvoir faire de l’innovation ». Il a notamment défendu le maintien du dispositif actuel de soutien dans ce domaine : « Ne touchez pas au Crédit Impôt Recherche (CIR), il est fondamental » a-t-il déclaré en s’adressant aux élus présents. Vigilance sur les normes et les taxes, soutien des pouvoirs publics, réactivité et connaissance des clients : tels sont, selon Éric Trappier, les ingrédients de la réussite à l’export. Le dirigeant a également appelé les responsables politiques à préserver un cadre législatif qui ne pénalise pas les entreprises. « On n’a pas toujours raison, mais on n’a pas toujours tort », a-t-il lancé, plaidant ainsi pour un dialogue étroit entre acteurs publics et privés

AFD et Business France : coordonner les soutiens

Le directeur général de l’AFD (Agence française de développement), Christophe Lecourtier, a décrit l’évolution du rapport de la France au monde comme un changement des règles du jeu. Il a appelé à une meilleure coordination entre les acteurs publics : « L’Union sacrée » est clé », a-t-il déclaré, en précisant que « l’AFD a rejoint l’équipe de France ». Il a indiqué que les dossiers soutenus par l’agence devraient désormais s’inscrire dans deux objectifs : « l’aide au développement et aussi répondre aux intérêts français. »

Louis Margueritte DG de Business France
Louis Margueritte DG de Business France

Du côté de Business France, son directeur général, Louis Margueritte a insisté sur la nécessité de cibler les démarches commerciales là où elles peuvent avoir le plus d’effet : « allez là où il y a le plus d’impact ». Il a résumé l’accompagnement à l’export par la préparation de rendez-vous utiles et la mise en relation avec les bons interlocuteurs. Partager « les bons 06 », pour les entreprises à la recherche de marchés. Il a aussi défendu le rôle des volontaires internationaux en entreprise (VIE) et la valorisation de ces expériences.

Attractivité et souveraineté : produire, financer et retenir les talents

La seconde table ronde, consacrée à l’attractivité et à la souveraineté économique, a rassemblé Anne Genetet, ancienne ministre et députée des Français de l’étranger, Étienne Tichit, directeur général de Novo Nordisk France, Valerian Giesz, cofondateur de Quandela, Alice de Bazin, directrice générale de CPR Asset Management, et Anne Grillo, directrice générale de la mondialisation au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

« Travailler avec les écosystèmes locaux, disposer d’une technologie souveraine capable de s’inscrire dans la compétition mondiale et coopérer avec les clients dans le respect de leurs règles. »

Valerian Giesz, cofondateur de Quandela

Au cours de son intervention, Étienne Tichi a souligné le travail de son entreprise avec « les territoires », de ses actions en faveur de l’énergie verte. Il aussi souligné l’importance pour le laboratoire pharmaceutique de pouvoir s’appuyer sur les « compétences » présentes « en France.» Il a toutefois appelé à la vigilance dans le domaine réglementaire. Il demande notamment que « normes et lois » soient plus simples et aussi aillent parfois « plus vite » dans certaines circonstances qui permettraient de faire « gagner la France. »

Pour Valerian Giesz, cofondateur de Quandela, start-up française spécialisée dans la photonique quantique, la « maîtrise de la chaîne de valeur » est déterminante. Pour lui, trois pilliers sont essentiels dans la compétition internationale : « travailler avec les écosystèmes locaux, disposer d’une technologie souveraine capable de s’inscrire dans la compétition mondiale et coopérer avec les clients dans le respect de leurs règles », notamment dans le domaine des centres de données (data center).

Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité de France
Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité de France

Quant à Anne Genetet, ancienne ministre et députée des Français établis hors de France, elle a mis l’accent sur l’importance de continuer « à former nos talents ». Elle a toutefois signalé un enjeu de retour des compétences : « Nos VIE, quand ils partent hors de France ne reviennent pas. » Pour les Français de l’étranger, la question est donc concrète : l’expérience acquise à l’international peut bénéficier aux entreprises françaises, à condition que des passerelles existent pour permettre aux talents de revenir ou de poursuivre une collaboration avec la France.

Alice de Bazin a, de son côté, cité le rapport de Mario Draghi sur l’avenir de la compétitivité européenne comme une base de travail et souligné le besoin important de financement pour soutenir les ambitions économiques françaises.

Au fil des échanges, une même question a donc traversé les interventions : comment faire de l’international un levier durable pour les entreprises françaises, sans dissocier exportation, production, innovation et souveraineté ? Les réponses avancées au Quai d’Orsay portent autant sur l’action publique que sur les moyens disponibles pour les entreprises : financement, accompagnement, simplification des règles, technologies maîtrisées et accès aux réseaux locaux.

Pour les Français de l’étranger, ces enjeux dépassent le seul commerce extérieur. Leur connaissance des marchés, des usages et des interlocuteurs locaux peut contribuer au développement des entreprises françaises. Encore faut-il que les dispositifs de soutien et la stratégie de la France associent directement nos compatriotes établis hors de France. Ce sera peut-être aussi un débat de l’élection présidentielle à venir.

Auteur/Autrice

  • Jérémy michel

    Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.

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