Élections consulaires 2026 Thaïlande Birmanie : Éric Miné, candidat tête de liste « Rassemblement National Thaïlande-Birmanie » insiste sur la dimension nationale de ce scrutin

Élections consulaires 2026 Thaïlande Birmanie : Éric Miné, candidat tête de liste « Rassemblement National Thaïlande-Birmanie » insiste sur la dimension nationale de ce scrutin

À l’occasion des élections consulaires de 2026, Éric Miné conduit la liste « Rassemblement National Thaïlande‑Birmanie ». Élu depuis 2014 (Rassemblement Bleu Marine), puis réélu en 2021 sous les couleurs du Rassemblement National, il assume un positionnement explicitement politique. Dans cet entretien, il insiste sur la dimension électorale nationale du mandat de conseiller des Français de l’étranger et critique ce qu’il considère comme une ambiguïté partisane chez ses concurrents. Il met également en avant deux priorités : l’avenir de l’AEFE et la réforme de la CFE.

A quoi servent les élections consulaires ?

Lesfrancais.press : Que représentent pour vous les élections consulaires et qu’est-ce qui vous distingue des autres candidatures ?

Éric Miné : « Les élections consulaires sont un scrutin politique. Le conseiller des Français de l’étranger y est élu au suffrage universel direct. Il en tire sa légitimité et le rôle politique est le seul pouvoir réel et indiscutable de son mandat.

Une fois élu, il vote :

  • Pour l’élection des sénateurs des Français de l’étranger ;
  • Pour l’élection du président du conseil consulaire ;
  • Pour l’élection des conseillers à l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger).

« Le mandat de conseiller des Français de l’étranger est d’abord un mandat politique »

Quant au président du conseil consulaire et aux conseillers qui siégeront à l’AFE, ils seront en capacité de parrainer un candidat à l’élection présidentielle. Quand on parle de l’élection présidentielle, c’est évidemment politique.

Qu’est-ce qui me distingue des autres candidatures ? Nous sommes sept listes en compétition. Si certains candidats, têtes de listes concurrentes, affichent plus ou moins clairement leurs couleurs politiques, d’autres sont beaucoup plus flous sur le sujet quand ils ne masquent pas volontairement leurs affiliations comme s’ils étaient libres de tout engagement partisan.

Mais s’ils sont élus, ces candidats « masqués » seront dès lors membres du collège électoral du sénat et ils y voteront selon la proximité politique qu’ils omettent sciemment d’afficher. Pour l’électeur, voter pour ces candidats c’est jouer son droit de vote à pile ou face. Ma candidature, elle, est claire. Elle ne saurait souffrir la moindre ambiguïté. Élu en 2014 sous les couleurs du Rassemblement Bleu Marine, réélu en 2021 sous celles du Rassemblement National, c’est dans cette fidélité que je sollicite les suffrages de mes compatriotes pour la liste que je mène, « Rassemblement National Thaïlande-Birmanie ».

Lesfrancais.press : Certains critiquent l’utilité même des conseillers des Français de l’étranger, jugés peu visibles et peu influents.Que répondez-vous à ceux qui estiment que ce mandat est inefficace ?

Éric Miné : « Je viens de le rappeler, le mandat de conseiller des Français de l’étranger est d’abord un mandat politique. Trop souvent présenté, notamment par les pouvoirs publics, comme un élu de proximité dont les principales attributions seraient d’ordre social ou associatif, le conseiller souffre de la désaffection de nombre de nos compatriotes qui s’aperçoivent vite des limites de son pouvoir dans ces domaines, surtout si l’intéressé a auparavant fait campagne sur les multiples propositions toutes plus ou moins fortes ou innovantes qu’il entendait mettre en place une fois élu. Le verdict d’inefficacité tombe alors et il est justifié.

Éric Miné, candidat tête de liste « Rassemblement National Thaïlande-Birmanie »
Éric Miné, candidat tête de liste « Rassemblement National Thaïlande-Birmanie »

Car, qu’en est-il ? Hors du champ politique où le pouvoir des élus est de plein droit, leur rôle dans ces attributions locales n’est, lui, que de pure forme. Les conseillers des Français de l’étranger votent en effet statutairement pour donner leur avis sur de nombreux sujets : bourses scolaires, aides sociales, subventions aux associations, etc. Mais, dans ce cadre et contrairement à leur fonction politique que j’ai détaillée précédemment, le rôle des conseillers des Français de l’étranger est là seulement consultatif.

Leur vote au consulat en conseil consulaire est transmis aux commissions compétentes au niveau national qui tranchent ensuite et prennent une décision finale discrétionnaire sur les différents dossiers, qui tient ou ne tient pas compte des avis exprimés par les élus. J’ai l’exemple déjà ancien d’un conseil consulaire en format « STAFE » (mode d’attribution des subventions aux associations qui a remplacé en 2017 la réserve parlementaire) qui avait réuni à Bangkok les quatre conseillers élus du poste. Nous votâmes à trois contre un pour nous opposer à une demande nous paraissant totalement injustifiée. Nous reçûmes quelques mois après la réponse du ministère qui attribuait le plus gros montant à l’association que nous avions précisément recalée. Que voulez-vous que la communauté française pense ensuite de notre utilité ?

Elle est bien sûr ailleurs. Le conseiller des Français de l’étranger est avant tout un élu de la République. Il est un grand électeur engagé pour une cause, un camp, des convictions qui guideront son action et l’idée qu’il a de la France et de sa projection au-delà des frontières. Voilà son utilité, son influence. Et là où son mandat est efficace. »

Quelles propositions pour les expatriés ?

Lesfrancais.press : Qu’elles sont alors vos deux ou trois priorités principales pour les Françaises et Français de votre circonscription ?

Éric Miné : « Pour les compatriotes de notre circonscription, je retiendrais deux priorités : elles touchent à l’enseignement et à la protection sociale.Le cas de l’enseignement n’est pas propre à notre circonscription, mais elle est concernée par la hausse des frais d’inscription des établissements scolaires français : que faire de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger) et de son déficit qui semble s’accroître irrépressiblement, entraînant ces hausses ?

Pour cela, je rappellerai deux principes bien connus du Rassemblement National : la fin du mille-feuille des agences gouvernementales au profit de la réintégration de leurs missions dans les services ministériels d’une part, et la priorité nationale d’autre part.

Dans le cas de l’AEFE, son statut hybride d’agence sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères, mais censée être autonome financièrement, la rend particulièrement vulnérable au désengagement budgétaire de l’État tout en la maintenant dans une impuissance structurelle, et ce en dépit des hautes ambitions d’ouverture au monde que nourrit pour elle le Chef de l’État.

« Que faire de l’AEFE et de son déficit qui semble s’accroître irrépressiblement, entraînant ces hausses ? »

La question du maintien ou non de cette agence devra ainsi être posée le moment venu. Pourquoi, par exemple, ne pas créer un rectorat propre aux Français de l’étranger placé sous la double autorité des ministères de l’Éducation nationale et des Affaires étrangères ? Le principe de la priorité nationale pourrait parallèlement alléger plus fortement les coûts de scolarité pour les familles françaises.

Sur le plan de la protection sociale, le cas le plus prégnant aujourd’hui pour nos compatriotes en Thaïlande est la dérive continue de la CFE (Caisse des Français de l’Étranger) qui n’a plus du slogan « la sécurité sociale des Français de l’étranger » que l’accroche publicitaire. Depuis la réforme macroniste de 2018, portée, rappelons-le, par la députée de notre circonscription, Mme Genetet, la CFE a changé de paradigme. D’une institution investie d’une mission de service public qui se voulait effectivement le prolongement volontaire de la sécurité sociale à destination de nos compatriotes établis hors de France, la CFE est devenue, ou est en voie de devenir, une assurance mondialisée comme les autres, le gouvernement ayant en cela parfaitement suivi le principe de « la concurrence libre et non faussée », principe cher à l’Union Européenne.

La progressivité des cotisations selon les revenus, logique de couverture sociale propre à notre « sécu » nationale, fut en effet abandonnée au profit de cotisations forfaitaires établies selon les risques courus, et donc par tranches d’âge, le coût devenant dès lors insupportable pour nos anciens, obligés de demander l’aumône de la «catégorie aidée » au consulat. Comme si ça ne suffisait pas, un zonage géographique intempestif, objet de toutes les suspicions, vient imposer en parallèle une baisse drastique des garanties pour les adhérents résidant en Thaïlande.

C’est légitimement perçu comme une injustice par nos compatriotes.

Éric Miné, candidat tête de liste « Rassemblement National Thaïlande-Birmanie »
Éric Miné, candidat tête de liste « Rassemblement National Thaïlande-Birmanie »

Depuis la réforme qui fut fatale au modèle social de la caisse, les conseillers des Français de l’étranger, en dépit d’une communication publique abondante sur le sujet au cours de leur mandat, n’ont pu qu’en faire le constat et en dénoncer éventuellement les conséquences. Mais en se gardant bien, pour la plupart d’entre eux, d’en dévoiler la cause principale. Qu’attendre en effet d’élus quasiment tous affiliés jusqu’à présent aux partis qui soutiennent au Parlement Européen la Commission de Bruxelles, laquelle, précisément, met en œuvre cette politique de démantèlement de la spécificité sociale française ? Cette question de l’avenir de la CFE, comme d’ailleurs la précédente concernant l’AEFE, ne relève pas de la compétence des futurs élus du scrutin dont nous parlons. Leur règlement ressortira en son temps du choix que les Français feront à l’élection présidentielle prochaine. Celui-ci seulement décidera des grandes orientations futures de la nation. Répondre à ces enjeux aujourd’hui c’est expliquer à tous ceux qui veulent la préservation de notre modèle  pourquoi le seul vote possible à ces élections est celui en faveur du Rassemblement National. »

Lesfrancais.press : La France, ses institutions et son administration vous semblent-elles bien appréhender la réalité vécue aujourd’hui par les Français de l’étranger ?

Éric Miné : « La France dispose d’un réseau diplomatique, consulaire et d’enseignement parmi les tout premiers au monde. La Francophonie est un atout majeur de notre rayonnement et les 2,5 millions de Français estimés vivant à l’étranger pourraient être autant d’acteurs de notre projection au-delà de nos frontières. Préserver, pérenniser et, le cas échéant, restaurer les grandes institutions qui soutiennent cet ensemble unique doit donc être pour le parti politique que je représente une priorité.

« La France dispose d’un réseau diplomatique, consulaire et d’enseignement parmi les tout premiers au monde »

Mais, plutôt que de laisser cette réalité forte se heurter à des concepts incertains et mondialisés, comme on peut malheureusement en faire trop souvent le constat devant la programmation orientée du service public télévisuel incarné par TV5 Monde, le Rassemblement National (RN) se propose de refonder la grande et belle idée de la France dans le monde sur le rappel des apports qu’elle y a fournis à ses confins au cours de son histoire, des ramifications positives qu’elle y a engendrées parmi les grandes civilisations qu’elle a pu alors rencontrer et sur sa spécificité traditionnelle. Sans prétendre interférer dans les choix libres des Français qui s’établissent hors de France, le Rassemblement National leur proposera un cap clair qui les soutiendra dans leur quotidien tout en promouvant une politique culturelle qui fasse rayonner la France et respecter les valeurs de nos pays d’accueil. »

Comment éviter une forte abstention ?

Lesfrancais.press : Malgré la possibilité de voter par internet pour les élections consulaires, l’abstention reste très élevée. Est-ce selon vous un problème d’information, de confiance… ou un désintérêt pour ces élections ? Quelles actions concrètes envisagez-vous pour changer cette situation dans votre circonscription ?

Éric Miné : « Les absents ont toujours tort, dit l’adage. L’abstention pour ce type de scrutins reste effectivement très élevée et on ne peut que le regretter.

« Les absents ont toujours tort, dit l’adage »

Peut-être la participation serait-elle plus grande si tous les intervenants dans ces élections, à commencer par les pouvoirs publics, en donnaient les vrais enjeux, sans tenter de les dissimuler derrière une vocation de proximité marginale. Ma candidature très politique est en soi une action concrète pour combattre ce désintérêt. Je répondrai donc par une formule : ne vous laissez pas voler votre voix, participez. Votez pour vos idées ! »

* Liste : « Rassemblement National Thailande-Birmanie »

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Pour les élections consulaires concernant les Français de la circonscription de Thaïlande, Birmanie, 4 Conseillers des Français de l’étranger sont à élire. Le scrutin se tiendra du 22 au 27 mai (12h heure de Paris) par Internet, et le 31 mai à l’urne.

 7 listes ont été déposées, dont voici l’ordre de présentation après le tirage au sort : (cliquez ici)  

  1. Agir ici – Liste citoyenne indépendant et de proximité pour les Français de Thaïlande et du Myanmar / Thibaut Girard
  2. ASFE – Alliance Solidaire des Français de Thaïlande et de Birmanie / Thibaud Sarrazin-Boespflug
  3. Rassemblement National Thailande-Birmanie / Éric Miné
  4. AFI Thaïlande avec Jean-Michel Perroy / Jean-Michel Perroy
  5. Écologie et Solidarité / Charlotte Le Layo
  6. Représenter – Relayer – Accompagner / Marc Laval
  7. L’Avenir en commun – Thaïlande/Myanmar / Romain Liard

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