Invitée Lesfrancais.press, Nathalie Coggia, députée des Français établis hors de France (5ème circonscription), revient sur la reprise des écoles de la Mission laïque française par l’AFLEC en Espagne, la faible participation aux élections consulaires et les grands chantiers à venir pour les expatriés avant l’élection présidentielle de 2027. Entre vigilance sur l’éducation française à l’étranger, besoin de médiatisation des dossiers touchant nos compatriotes hors de France et modernisation des services consulaires, la parlementaire trace sa feuille de route.
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Reprise des écoles MLF en Espagne par l’AFLEC : un soulagement prudent
Le dossier de la cession des établissements de la Mission laïque française (MLF) en Espagne a longtemps suscité inquiétudes et interrogations. Désormais actée, la reprise de neuf écoles par le tandem AFLEC-GEE (Association franco-libanaise pour l’éducation et la culture – Groupe des Établissements Elite) semblerait rassurer les communautés éducatives.
Au cours de ce podcast, Nathalie Coggia, députée et membre du groupe présidé par Gabriel Attal, Ensemble pour la république, à l’Assemblée nationale se veut mesurée mais optimiste : « Je pense que le niveau d’incertitude a baissé significativement. J’ai l’impression que c’est vécu comme un certain soulagement par les communautés éducatives des neuf établissements espagnols. »
« L’engagement pris (…) c’est de maintenir l’homologation avec l’AEFE »
Nathalie Coggia, députée des Français établis hors de France – 5ème circonscription, Espagne, Portugal, Andorre et Monaco
Après s’être rendue sur place, notamment à Alicante, la députée estime que le choix du repreneur est solide : « C’est probablement le meilleur candidat qu’on pouvait espérer avoir. », souligne-t-elle. Si la transparence initiale de la MLF a été critiquée, la parlementaire souligne les efforts réalisés en cours de processus : « Ils ont quand même mis sur place un comité de pilotage (…) qui me semble avoir été plutôt rigoureux et non discriminatoire. »
AEFE, homologation et frais de scolarité : les points de vigilance
Les questions d’une éventuelle privatisation avec la sortie du réseau AEFE et celle des frais de scolarité restent toutefois au cœur des préoccupations des familles. Sur ce point, Nathalie Coggia se veut rassurante, tout en appelant à la prudence : « Le statut ne va pas changer puisqu’ils vont continuer à être des établissements partenaires. » Elle insiste également sur l’engagement du nouveau tandem : « L’engagement pris (…) c’est de maintenir l’homologation. »

Mais notre invitée refuse pour autant tout blanc-seing, elle indique : « je resterai très vigilante et il faudra juger sur pièce au cours des prochaines années. » Concernant l’évolution pédagogique, notamment l’introduction accrue de l’apprentissage de la langue de Shakespeare, elle adopte une position pragmatique : « Introduire une plus grosse dose d’anglais (…) peut être un facteur d’attractivité de ces établissements. »
Élections consulaires : une participation trop faible, un problème médiatique ?
Autre sujet majeur abordé lors de cette interview, celui des élections consulaires, de la suite de ce scrutin, et de la participation globale autour de 14 %. Un chiffre jugé insuffisant et révélateur d’un déficit de visibilité. Pour Nathalie Coggia, le problème est avant tout médiatique : « Ces élections consulaires n’obtiennent absolument aucune couverture par des médias nationaux. » Soulignant cependant l’apport important des médias comme Lesfrançais.press, elle pointe un manque de relais dans les grands titres nationaux français : « On aimerait quand même un minimum de couverture de nos sujets propres. »
« Ces élections n’obtiennent absolument aucune couverture par des médias nationaux. »
Nathalie Coggia, députée des Français établis hors de France – 5ème circonscription, Espagne, Portugal, Andorre et Monaco
L’élue appelle ainsi à une meilleure reconnaissance des Français de l’étranger dans le débat public, évoquant même des pistes d’actions pour sensibiliser les rédactions nationales. La question est également soulevée au cours de cet entretien : l’absence de couverture médiatique nationale s’explique-t-elle aussi par le peu de prises de parole des leaders politiques nationaux sur les enjeux des Français établis hors de France ? Vous aurez la réponse de notre invitée en écoutant ce podcast.
Français de l’étranger : lutter contre les clichés persistants et élection présidentielle
Au-delà des élections consulaires, Nathalie Coggia insiste sur un enjeu plus profond, celui de la perception des expatriés en France. Elle déplore des idées reçues tenaces : « Certains préjugés ont la vie dure. » Et rappelle une réalité souvent ignorée : « On n’est pas des expatriés fiscaux (…) pour la majorité d’entre nous. » Un travail de pédagogie permanent est nécessaire, y compris à l’Assemblée nationale : « Il faut sans cesse nous rappeler aux bons souvenirs de nos compatriotes en métropole. »

À moins d’un an de l’élection présidentielle (prévue en avril 2027), la députée détaille aussi ses priorités. L’éducation reste centrale, avec un suivi attentif des réformes de l’AEFE et des frais de scolarité : « J’attends avec impatience les conclusions » des missions parlementaires « pour voir comment on peut éviter des hausses de frais de scolarité excessives. » Elle insiste aussi sur le travail mené concernant les pensions civiles des enseignants dont les conséquences sur le budget global de l’agence sont importantes. Autre axe fort soutenu par la parlementaire, celui du soutien aux associations FLAM (Français langue maternelle), pour lesquelles elle se bat pour obtenir le financement adéquat. La modernisation des services consulaires figure aussi parmi ses priorités.
« Concernant les Français de l’étranger, certains préjugés ont la vie dure. »
Nathalie Coggia, députée des Français établis hors de France – 5ème circonscription, Espagne, Portugal, Andorre et Monaco
Enfin, la députée met en lumière un enjeu souvent négligé, l’emploi des Français à l’étranger, notamment en Espagne et au Portugal. Elle dénonce un paradoxe dans les pratiques des entreprises françaises : « Ils vont avoir tendance à expatrier quelqu’un de France (…) plutôt que de penser à un Français (…) établi ici durablement. ». Elle esquisse ainsi des premières pistes d’un « France Travail » adapté aux réalités des Français de l’étranger, afin de mieux connecter les entreprises aux talents expatriés.
À travers cet entretien, la députée de la 5ème circonscription des Français établis hors de France, Nathalie Coggia, met en lumière des dossiers structurants pour les Français de l’étranger : l’avenir du réseau éducatif français à l’étranger, la participation démocratique aux élections consulaires, la médiatisation des dossiers concernant les expatriés, la lutte contre les clichés, ou bien encore la modernisation des services publics, l’accès à l’emploi, …
Entre vigilance sur la reprise des établissements de la MLF en Espagne par l’association AFLEC, suivi des réformes de l’AEFE et volonté de mieux intégrer les Français établis hors de France dans les politiques nationales, la députée esquisse, au cours de ce podcast, sa feuille de route. Reste désormais à savoir si ces sujets parviendront aussi à s’imposer dans la campagne présidentielle de 2027 et à mobiliser davantage.







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