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COP17 Biodiversité et crise du GIEC : Ce que les Français de l’étranger doivent savoir

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Alors que l’urgence écologique globale franchit un seuil critique, l’agenda diplomatique mondial d’octobre 2026 est marqué par deux événements majeurs pour la gouvernance environnementale : le coup d’envoi de la COP17 sur la biodiversité en Arménie et l’impasse politique majeure dans laquelle se trouve le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).Pour les 2,5 millions de Français établis hors de France, ces négociations multilatérales ne sont pas de simples débats abstraits. Elles façonnent directement les politiques publiques de leurs pays d’accueil, le cadre éducatif de leurs enfants dans les lycées français du monde et la préservation des écosystèmes où ils résident. Décryptage d’un moment charnière pour le vivant et la science.

COP17 à Erevan : L’heure du premier bilan mondial pour la biodiversité

Organisée du 18 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, la 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) rassemble les représentants de près de 200 pays. Située au cœur de la région du Caucase, l’un des 36 « points chauds » (hotspots) de biodiversité mondiale, l’Arménie accueille ce sommet international clé avec une feuille de route exigeante : réaliser le premier examen mondial des progrès accomplis depuis la signature, en 2022, du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.

Erevan (Arménie), le 15 octobre 2026. De gauche à droite : Astrid Schomaker, secrétaire exécutive de la Convention sur la
Erevan (Arménie), le 15 octobre 2026. De gauche à droite : Astrid Schomaker, secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique, Hambardzum Matevosyan, président de la COP17, António Guterres, secrétaire général de l’ONU, et Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l’environnement. — © Karen Minasyan/AFP

Les objectifs majeurs du cadre mondial 2030

L’enjeu n’est plus seulement de signer des déclarations d’intention, mais de mesurer l’application concrète des 23 cibles internationales fixées pour 2030 :

L’objectif « 30×30 » : Placer sous protection effective au moins 30 % des zones terrestres, côtières et marines de la planète.

La restauration des écosystèmes : Remettre en état au moins 30 % des écosystèmes dégradés (forêts, zones humides, milieux montagnards) pour renforcer la résilience face aux sécheresses et aux inondations.

La réduction des pollutions : Diviser par deux le risque lié aux pesticides et réduire drastiquement les rejets de plastiques et de nutriments préjudiciables.

La réorientation des flux financiers : Réduire d’au moins 500 milliards de dollars par an les subventions publiques nocives pour la nature et mobiliser 200 milliards de dollars annuels pour la conservation, notamment via la solidarité avec les pays du Sud et le partage équitable des avantages découlant du séquençage numérique des ressources génétiques (DSI).

Une charnière obligatoire avec le climat

À Erevan, les délégations internationales soulignent l’interdépendance indissociable entre déclin de la biodiversité et dérèglement climatique. La COP17 prépare le terrain de la COP31 Climat, organisée quelques jours plus tard à Antalya (Turquie). Sans écosystèmes marins et forestiers préservés, aucun objectif de neutralité carbone ne pourra être atteint à l’échelle globale.

Le GIEC en crise : blocages géopolitiques et menaces sur le financement scientifique

Alors que la COP17 tente de faire avancer l’action pour le vivant, l’organe scientifique central du climat mondial traverse une zone de turbulences sans précédent. Réunis mi-octobre 2026 à Addis-Abeba, les 195 États membres du GIEC ont échoué à s’entendre sur le calendrier de publication de leur 7ᵉ rapport d’évaluation (AR7).

Un blocage politique aux conséquences lourdes

D’un côté, la France, la Commission européenne et de nombreux pays vulnérables plaident pour une publication finalisée en 2028. Cette date est capitale : elle doit alimenter scientifiquement le deuxième Bilan mondial de l’Accord de Paris prévu lors de la COP33. De l’autre côté, une coalition de pays incluant la Chine, l’Inde et l’Arabie saoudite exige un report à 2029, arguant du besoin de temps supplémentaire pour intégrer les travaux de chercheurs du Sud global.

Cette impasse risque de paralyser la prise de décision internationale à un moment où chaque dixième de degré compte.

Le 15 août 2022, des incendies dévastateurs dans le nord du Maroc
Le 15 août 2022, des incendies dévastateurs dans le nord du Maroc. — © Crédit photo : FADEL SENNA/AFP

Retrait américain et financement du GIEC

Au blocage du calendrier s’ajoute une vulnérabilité financière inquiétante. Le retrait récent des États-Unis des instances climatiques internationales a privé le GIEC de l’un de ses contributeurs budgétaires historiques majeurs.

Face à ce risque de désengagement, le gouvernement français et le ministère de la Transition Écologique ont publiquement appelé la communauté internationale à préserver l’indépendance scientifique et la pérennité du GIEC. Sans consensus ni soutien financier pérenne, la diplomatie environnementale mondiale avance à aveugle.

Français de l’étranger, acteurs concrets de la préservation de la biodiversité

Face aux lenteurs de la diplomatie internationale, la mobilisation citoyenne et communautaire constitue un levier d’action direct. À travers le globe, les expatriés français disposent de multiples moyens de s’engager au quotidien.

Le réseau AEFE et les écoles françaises : Pépinières de l’Éducation au développement Durable (EDD)

Le réseau des 580 établissements français à l’étranger (AEFE) joue un rôle moteur dans la sensibilisation des futures générations. Grâce au dispositif national du ministère de l’Éducation nationale et au programme d’homologation, l’éducation au développement durable est intégrée au cœur des cursus scolaires :

La labellisation EFE3D : Près de 40 % des lycées du réseau mondial sont aujourd’hui certifiés Établissement Français à l’Étranger en Démarche de Développement Durable. Ces écoles déploient des composteurs pédagogiques, des potagers biologiques et des plans de sobriété énergétique adaptés à leur climat local.

Les éco-délégués : Élus dans chaque classe de collège et lycée, ces élèves ambassadeurs conçoivent et pilotent des projets concrets (lutte contre le gaspillage alimentaire, création de refuges pour la faune locale, cleanwalks). Ils permettent d’essaimer les écogestes au sein des familles expatriées.

5 écogestes à adopter dans son logement à l’international

Où que vous viviez, en appartement à Hong Kong, en maison à New York ou à Dakar, des gestes simples permettent de préserver la biodiversité environnante :

Aménager son jardin ou balcon : Bannir les produits phytosanitaires chimiques, installer des plantes mellifères locales pour soutenir les insectes pollinisateurs et poser des nichoirs adaptés aux oiseaux régionaux.

Réduire la consommation d’eau et de ressources : Installer des économiseurs d’eau sur les robinets et adopter une sobriété numérique (limitation du stockage superflu sur le cloud).

Consommer local et de saison : Adapter ses habitudes alimentaires aux marchés locaux pour réduire l’empreinte carbone liée à l’importation de produits frais.

Lutter contre le gaspillage et favoriser le réemploi : Trier les déchets, privilégier la réparation, donner une seconde vie aux objets et réduire l’usage du plastique à usage unique.

S’engager localement : Soutenir ou rejoindre des associations de protection de l’environnement locales, participatives ou associées aux consulats et alliances françaises.

Photo d'illustration
Photo d’illustration — ©Stockadobe

Un engagement mondial et individuel

Alors que les négociations d’Erevan et les arbitrages du GIEC rappellent la complexité des consensus multilatéraux, l’action pour le vivant s’invente à toutes les échelles. Pour la communauté française de l’étranger, être citoyen du monde, c’est aussi porter partout la responsabilité de préserver notre maison commune.

Auteur/Autrice

  • Américain par accident (sa mère accoucha de façon prématurée lors d'un voyage professionnel), Eric Victorien décida d'aller rejoindre ce pays qu'il ne connaissait pas à sa majorité. Il participa même à des émissions de télé-réalité. Aujourd'hui, il anime un programme radio à Los Angeles et est correspondant du site Lesfrancais.press.

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