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  • Retirer de l’argent en France : Nouveaux distributeurs, frais, cartes bancaires

    Retirer de l’argent en France : Nouveaux distributeurs, frais, cartes bancaires

    L’année 2024 verra l’entrée en service d’un nouveau réseau de distributeurs de billets. Les 6 premiers ont été inaugurés au cours des dernières semaines. On fait le point pour vous sur l’étendue de ce réseau et les frais qui y sont liés. On en profitera pour faire le point sur la débancarisation des Français de l’étranger.

    « Cash Services »

    « Cash Services », la nouvelle offre de services bancaires de proximité commune aux quatre enseignes bancaires BNP Paribas, Crédit Mutuel, CIC et SG, a démarré le déploiement d’une soixantaine de sites à travers toute la France », annonce leur coentreprise 2SF dans un communiqué.

    Le premier distributeur automatique de billets (DAB), habillé de noir et arborant le logo Cash Services, est en test depuis le 22 novembre dernier au Parc des Expositions à Mulhouse, dans le Haut-Rhin. Il a été rejoint depuis par six autres sites, tous hors agences bancaires.

    Après reconnaissance de la carte, chaque client de ces réseaux retrouvera l’interface propre de sa banque sur l’écran du DAB. Tout autre client, du Crédit Agricole ou d’une banque non française par exemple, évoluera à travers une interface Cash Services. Les automates seront en mesure de proposer un large panel de services. 

    Comment ces distributeurs vont-ils se déployer ?

    Au terme du déploiement de ce projet de mutualisation, prévu pour 2026, le réseau Cash Services comptera 7.000 sites (5.000 agences et 2.000 hors agences), soit 30 % de moins que le nombre de sites actuels, environ 10.000. Le nombre d’automates (il peut y en avoir plusieurs par sites) avoisinera les 10.000 à cette date selon une source proche du projet, contre 15.000 actuellement sur l’ensemble des quatre réseaux.

    Le nombre de DAB diminue à grande vitesse en France ces dernières années. Il a baissé de plus de 12 % entre 2018 et 2022, pour tomber à 46.249 en fin d’année 2022, selon les chiffres de la Banque de France.

    retirer en France
    ©Cash-Services

    Quel est l’objectif de cette mutualisation ?

    Le projet vise surtout à réduire les coûts de fonctionnement pour les banques : moins de distributeurs signifie moins de frais d’approvisionnement, d’entretien, d’allées et venues des transporteurs de fonds… Il était temps « d’engager de saines économies » sur ce service bancaire, estime le président de 2SF Olivier Fournier, détaché d’Euro-information, qui gère les services informatiques du Crédit Mutuel Alliance fédérale.

    Et pourtant les frais vont augmenter en 2024 ! 

    Retraits déplacés

    C’est une petite ligne dans les brochures tarifaires des banques qui passe souvent inaperçue. Pourtant, elle est celle qui augmente le plus en moyenne en 2024, et peut engendrer un surcoût de frais bancaires non négligeable. Les retraits déplacés, c’est-à-dire les retraits dans des distributeurs automatiques de billets (DAB) autres que ceux de sa banque, ont augmenté en moyenne de 10,6 % en 2024 par rapport à 2023, d’après le site Panorabanques.com. Ces frais viennent s’ajouter aux frais d’utilisation de la carte non française en France et les éventuels frais de change. 

    Le comparateur de banques calcule chaque année le coût moyen annuel de ces frais. Un usager bancaire qui dispose d’une carte bleue classique et effectue 4 retraits déplacés chaque mois de l’année paiera en moyenne 14,10 € cette année. Ce chiffre est en constante augmentation depuis plusieurs années : il était de 12,75 € en 2023, et de 8,60 € en 2021.

    Souscrire à une offre d’une banque en ligne est aussi un moyen d’éviter les frais liés aux retraits déplacés. Et spécialement les néobanques, ces autres banques en ligne apparues récemment comme Revolut ou N26. Là, c’est encore différent. Avec Revolut, accessible aux résidents au sein de l’Espace Economique européen, il y a un montant maximum que l’on peut retirer chaque mois gratuitement dans les distributeurs de la zone euro. Il est de 200 € avec l’offre Standard, 400 € avec celle Premium. Au-delà, « des frais d’utilisation équitable de 2 % ou 1 € s’appliquent », détaille la néobanque sur son site. 

    La dernière-née, France Pay, adossée au groupe des Banques populaires et Caisses d’Epargne et imaginée par la direction de votre site d’actualités Lesfrancais.press, a une démarche différente. Tous les retraits (quel que soit le distributeur) et les achats réalisés avec la carte VISA sont gratuits en France. Cependant, ils sont payants hors de France même s’il est possible de retirer à l’étranger gratuitement à hauteur de 100€ pour l’offre classique et 200€ pour l’offre Premier. Au-delà, des frais vous seront facturés, mais tous les retraits réalisés en France seront toujours gratuits. 

    La vie est plus simple avec un IBAN FR

    On le voit, avoir une banque en France a des avantages surtout si on a encore des dépenses à y réaliser (les études du petit dernier, les frais de la maison de famille, le paiement de vos services numériques en français, ou de monstrueuses sessions shopping). 

    Au-delà des frais sur les retraits et les achats par carte, il y a aussi la problématique des virements entrants ou sortants ainsi que les prélèvements automatiques. Car la vie est plus simple, c’est un fait, avec un IBAN commençant par FR. En effet, certains organismes publics ou privés sont réticents à réaliser des virements ou des prélèvements vers des comptes à l’étranger. Une discrimination pourtant illégale depuis l’entrée en vigueur, en 2014, du règlement européen sur l’espace unique de paiement en euros mais qui a la vie longue. Il est difficile de casser les habitudes. Et là, une autre problématique rentre en compte pour les Français de l’étranger, l’accès aux banques. Car à ce jour, plus de 90 pays sont black-listés par les banques françaises, et des pays où il y a de nombreux Français comme les USA, le Maroc, la Tunisie et bien d’autres. 

    S’il est possible dans une banque régionale où sa famille est cliente d’arriver à obtenir un compte bancaire, pour la plupart de nos compatriotes expatriés, ouvrir un compte rime avec galère.  Et là encore, c’est la solution des Banques populaires et Caisses d’Epargne construite avec Lesfrancais.press qui apporte la solution. France Pay a pu négocier avec les autorités bancaires et nationales pour obtenir le droit d’accueillir tous les Français et ce quel que soit leur pays de résidence. Si l’accès peut paraître cher, 159€/an pour la carte classique (199€ pour la carte Premier), elle inclut tous les frais et a surtout le mérite de vous garantir l’ouverture de vote compte à la condition d’avoir une CNI ou un passeport français.  Pour certains pays, il faudra indiquer son numéro fiscal local. 

  • Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l’AEFE : L’année 2024 est une année charnière 

    Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l’AEFE : L’année 2024 est une année charnière 

    Claudia Scherer-Effosse, la nouvelle directrice générale de l’AEFE a adressé, comme le faisaient ses prédécesseurs, ses vœux aux communautés scolaires des lycées français du monde pour l’année 2024, sur Youtube. Dans son discours, elle annonce une année charnière pour le réseau et réaffirme la mobilisation de l’agence pour atteindre les objectifs du programme « Cap 2030 » voulu par Emmanuel Macron. Consciente des tensions qui peuvent parcourir le réseau tant avec les parents d’élèves (le coût des frais d’écolage) que les syndicats des professeurs (inquiets pour leur statut et par l’appel accru au secteur privé), elle propose à tous les acteurs du réseau de l’AEFE de  « poursuivre le travail collégial, main dans la main, pour garantir la meilleure éducation internationale française, pour donner à nos élèves les clés pour relever les défis d’aujourd’hui et de demain et pour ouvrir nos portes à un nombre grandissant d’élèves. »

    CAP 2030

    L’objectif est ambitieux : doubler d’ici à 2030 le nombre d’élèves accueillis dans les lycées français du monde. Donné en 2018 par Emmanuel Macron, à l’occasion de son discours sur la stratégie pour la francophonie et le plurilinguisme, ce challenge n’est pas facile à relever pour l’agence malgré sa bonne volonté encore réaffirmée par la nouvelle directrice générale. 

    « En tant que nouvelle directrice générale, je veux réaffirmer que le Cap 2030 est une ambition qui nous mobilise et nous pousse en avant. Depuis l’AEFE, nous sommes là pour jouer notre rôle de gouvernail pour atteindre ce Cap, malgré les difficultés et les tempêtes. »

    Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l’AEFE

    Pour y arriver, les gouvernements ont donné des moyens supplémentaires à l’AEFE afin de renforcer ses établissements, mais aussi la formation des enseignants avec la création des 16 Instituts régionaux de formation. Une plateforme dédiée, ATENA, a été ouverte. Elle permet de « gérer l’ensemble de la formation continue dans le monde ». 

    Mais un axe de développement du réseau de l’AEFE, choisi afin de concilier ambition présidentielle et réalité des budgets, soit s’appuyer sur le secteur privé pour ouvrir d’autres établissements et ainsi accueillir plus d’élèves, crée des tensions avec les professeurs et les parents d’élèves.  

    Pourtant, ce n’est pas vraiment une nouveauté puisque le réseau s’était constitué à partir d’initiatives privées comme avec la Mission laïque française (Mlf) avec qui l’agence a d’ailleurs renforcé ses relations en signant le 30 décembre 2021 un nouvel accord-cadre pour ses 110 établissements. 

    Cinq mois plus tôt, l’AEFE s’était engagée aussi, par un accord similaire, avec Odyssey. Le groupe, qui a ouvert ses premiers établissements en 2017, réunissant seize structures scolaires dans quinze pays du monde, traverse pour autant actuellement une crise liée à son développement rapide. 

    AEFE
    Claudia Scherer-Effosse

    Un réseau d’excellence

    L’autre ambition de la nouvelle directrice générale de l’AEFE, Claudia Scherer-Effosse, c’est aussi de maintenir le niveau d’excellence des établissements français à l’étranger.

    Rappelons que le réseau d’enseignement français à l’étranger (EFE) enregistre, chaque année une moyenne d’obtention du baccalauréat supérieure à celle de l’hexagone. En 2023, l’écart s’établit à près de sept points au-dessus à la moyenne nationale. De la même manière, le ministère de l’Éducation et de la jeunesse précise que « plus de la moitié des candidats ont obtenu leur diplôme avec mention en France à la session 2023, à savoir 57 alors que ce chiffre grimpe à 82,1% dans le réseau de l’enseignement français à l’étranger. La différence la plus notable se trouve dans le nombre de lycéens ayant obtenu la mention « très bien » : si le taux d’obtention pour les Français de l’Hexagone était de 9%, il était de 27,2% dans les lycées français de l’étranger.

    Enfin et ce n’est pas un détail, on apprend via le rapport de l’AEFE que plus de la moitié des bacheliers AEFE se sont inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur en France en 2023. A cette grosse moitié, il faut ajouter ceux qui s’inscrivent pour leurs études supérieures dans d’autres pays.  

    Une vie parascolaire riche

    Autre point que la nouvelle directrice générale de l’AEFE, Claudia Scherer-Effosse, a voulu souligner, c’est la richesse de la vie parascolaire dans tous les pays. Une communauté d’élèves et de parents qui ne s’arrêtent pas aux portes de l’établissement mais qui relie tous les établissements. 

    Cet état d’esprit est le fruit de nombreuses années de travail des bureaux parisiens de l’AEFE et des professeurs comme des personnels d’encadrement qui au fil des années ont créé l’Orchestre des lycées français du monde, le Forum des anciens élèves ou les JIJ (Jeux internationaux de la jeunesse). Des évènements que nous couvrirons comme chaque année. 

    Regardez les vœux de Claudia Scherer-Effosse

  • Quand l’intelligence artificielle devient une terre de conflit 

    Quand l’intelligence artificielle devient une terre de conflit 

    Depuis que la société américaine, Openai, a lancé Chatgpt, en novembre 2022, l’intelligence artificielle est devenue la nouvelle terre promise pour les investisseurs du monde entier. Toutes les grandes entreprises de haute technologie, tous les États entendent être présents sur ce nouveau créneau. 

    Le 28 novembre dernier, Abu Dhabi a créé une nouvelle société d’intelligence artificielle soutenue, AI71, qui commercialisera un nouveau modèle de langage, Falcon. Le 11 décembre dernier, Mistral, une start-up française, a annoncé avoir levé 400 millions de dollars moins d’un an après sa création. Cet appel de fonds valoriserait l’entreprise à plus de 2 milliards de dollars. Toujours au mois de décembre, deux start-up indiennes, Kutrim et Sarvam, ont annoncé avoir développé des applications de traduction instantanées des langues indiennes. 

    Intelligence artificielle et nationalisme économique

    En moins d’un an, l’intelligence artificielle est devenue un enjeu de souveraineté pour les États. En 2023, les États-Unis et la Chine ont annoncé, chacun, entre 40 et 50 milliards de dollars d’aides pour des investissements dans ce domaine. La Grande Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) – ont pris des engagements portant sur 40 milliards de dollars à l’intelligence artificielle. Les responsables d’Abu Dhabi ont affirmé, toujours en 2023, qu’AI71 pourrait rapidement concurrencer Openai. Emmanuel Macron a déclaré de son côté «bravo à Mistral, c’est le génie français». Le responsable indien de Kutrim, Bhavish Aggarwal a indiqué que « Chatgpt ne doit pas capturer notre culture, notre langue et notre philosophie ». Sarvam s’est focalisée sur les langues indiennes car, selon les mots de son co-fondateur, Vivek Raghavan, « nous construisons une entreprise indienne ». 

    L’intelligence artificielle exige des capacités informatiques importantes et en particulier des microprocesseurs de haute technologie. Face aux risques de dépendance vis-à-vis de la Chine et de Taïwan, les États occidentaux ont décidé la création d’unités de production sur leur territoire. 

    Les États-Unis ont ainsi prévu de dépenser 50 milliards de dollars sur cinq ans pour accroître la capacité nationale de fabrication de microprocesseurs. La crainte des autorités américaines est qu’une invasion de Taïwan par la Chine provoque l’arrêt des livraisons des semi-conducteurs de pointe de TSMC, première entreprise mondiale sur ce créneau.

    intelligence artificielle
    @Stockadobe

    L’intelligence artificielle, nouveau terrain de jeu pour le protectionnisme

    Pour maintenir son avance technologique, l’administration démocrate de Joe Biden a restreint les exportations des équipements nécessaires pour l’intelligence artificielle à la Chine et à la Russie. Elle impose à ses partenaires qui utilisent des technologies américaines d’adopter les mêmes règles. Cette extraterritorialité aboutira à interdire l’accès à la technologie américaine aux entreprises européennes ou japonaises travaillant avec la Chine. Ces entreprises peuvent être dans l’obligation d’arrêter tout échange commercial avec ce pays. 

    En octobre 2023, le gouvernement américain a imposé à des entreprises de pays tiers, notamment d’Arabie saoudite et des Émirats Arabes Unis l’obtention de licences afin d’acheter des puces d’intelligence artificielle auprès de la société américaine Nvidia. L’administration a ainsi institué une «présomption d’approbation». Le gouvernement est ainsi en droit d’accepter ou de refuser les ventes à de telles entreprises en fonction des relations entretenues avec la Chine. 

    Par crainte de mesures de rétorsions, le 6 décembre dernier, Xiao Peng, qui dirige une start-up d’IA soutenue par l’État à Abu Dhabi appelée G42, a annoncé que son entreprise mettait un terme à ses relations commerciales avec ses fournisseurs de matériel chinois tels que Huawei. 

    Face aux sanctions américaines, les autorités chinoises ont mis en place un plan afin de disposer rapidement d’une autonomie en matière de microprocesseurs de pointe. Entre 2021 et 2022, l’État chinois a dépensé près de 300 milliards de dollars pour recréer une chaîne d’approvisionnement en micro-processeurs. Huawei a ainsi développé une nouvelle puce pouvant rivaliser avec celles des États-Unis. Le gouvernement a également lancé un plan visant à assurer l’indépendance de la Chine dans toutes les technologies jugées cruciales. Il a mobilisé sur tout le territoire 2000 fonds d’investissement et a demandé aux entreprises de multiplier les échanges d’informations afin d’être plus compétitives

    La compétition mondiale de l’intelligence artificielle

    Une course de vitesse entre les États pour l’intelligence artificielle s’est instaurée en quelques mois. Les pays du Proche et Moyen-Orient ont décidé de se positionner rapidement sur ce créneau. Les gouvernements d’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis ont pu agir plus rapidement que les gouvernements démocratiques, qui doivent tenir compte des préoccupations des électeurs concernant l’impact de l’intelligence artificielle sur la vie privée ou l’emploi. 

    Disposant d’abondants capitaux et d’une énergie à bon marché, ces pays peuvent financer facilement la création d’usines de microprocesseurs de dernière génération. De la sorte, ils préparent leur pays à l’après-pétrole. À cette fin, ils investissent également sur la formation et la recherche. Leurs universités, avec leur budget sans limite, progressent rapidement dans les classements mondiaux. Le programme d’Intelligence Artificielle de l’Université des sciences et technologies King Abdullah en Arabie saoudite et de l’Université d’intelligence artificielle Mohamed bin Zayed à Abu Dhabi ont débauché des professeurs de l’Université de Californie, Berkeley et de l’Université Carnegie Mellon de Pittsburgh. Beaucoup de leurs étudiants et chercheurs viennent de Chine ou d’Inde et restent dans la région du Golfe. 

    De nombreuses start-ups apparaissent dans les pays pétroliers que ce soit dans le domaine de l’intelligence artificielle ou dans ceux de la santé ou les énergies.

    intelligence artificielle
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    Course aux subventions

    Face à la Chine, aux États-Unis voire les pays du Golfe, l’Europe tente de rattraper son retard en favorisant l’installation d’usines de microprocesseurs ou de batteries. L’État fédéral allemand a ainsi contribué à hauteur d’un tiers au financement de la construction de la nouvelle usine de puces d’Intel portant sur 30 milliards d’euros. Cette politique constitue également la réponse aux dispositifs mis en œuvre par les États-Unis. Une surenchère coûteuse pour les finances publiques n’est pas à négliger avec en outre un risque de surproduction. 

    Cette course aux subventions pourrait nuire au bon fonctionnement marché unique européen et déboucher sur une hostilité croissante des petits États européens à l’encontre des grands disposant de moyens financiers plus importants. Cette course n’est pas qu’européenne, elle est mondiale. 

    Le gouvernement indien multiplie également les aides pour encourager la fabrication sur son territoire de semi-conducteurs. 

    Pour favoriser leurs entreprises nationales, de plus en plus d’États sont prêts à laisser au secteur privé des données publiques en particulier dans le domaine de la santé. Le pays le plus réticent à cette utilisation des données publiques est, aussi étrange que cela puisse paraître, les États-Unis. Les autorités indiennes, allemandes et françaises sont les plus ouvertes sur cette question. Le Royaume-Uni envisage d’autoriser les entreprises à exploiter les données appartenant au National Health Service.

    Un marché unique des données

    Au sein de l’Union européenne, la Commission souhaite un cadre commun à tous les États pour éviter les distorsions de concurrence. Elle plaide pour un marché unique des données quand la France et l’Allemagne ont une vision plus protectionniste. La tentation protectionniste qui se développe en matière d’intelligence artificielle pénalisera les adversaires comme les alliés. Elle risque de freiner le progrès technique et de générer d’importants surcoûts. 

    En Chine, la volonté du gouvernement d’être autonome s’accompagne d’une surrèglementation qui dans les faits stérilise toute créativité. Le pari des pays du Golfe sur le lancement de modèles open source pourrait échouer si d’autres gouvernements en limitent l’utilisation, comme entendent le faire l’administration américaine et l’Union européenne.

    Vers un traité international ?

    Si le numérique se segmente au point que les échanges entre zones économiques se raréfient, les tensions géopolitiques pourraient s’accroître sur fond de suspicions de contrôle du monde virtuel. Les États devraient avant tout s’accorder sur les usages de l’intelligence artificielle en jouant leur rôle de régulateur. Un traité international fixant un cadre clair pour les activités relevant du digital est indispensable en particulier pour limiter autant que possible la multiplication des « fausses informations » et l’ingérence. Ce traité devrait également garantir le respect des libertés essentielles des citoyens.

  • Les vaccins Covid ont sauvé plus de 1,4 million de vies en Europe, selon l’OMS

    Les vaccins Covid ont sauvé plus de 1,4 million de vies en Europe, selon l’OMS

    Les vaccins contre le virus du Covid-19 ont permis de sauver 1,4 million de vies en Europe, selon une nouvelle étude de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiée mardi 16 janvier.

    Les chiffres révélés par l’OMS montrent que les vaccins anti-Covid ont permis de réduire le nombre de décès d’au moins 57 %, ce qui représente plus de 1,4 million de vies sauvées dans la Région européenne de l’OMS, selon l’étude.

    « Nous avons constamment souligné l’importance des vaccins Covid-19, en particulier pour les personnes âgées et les plus vulnérables. Cette étude documente les résultats obtenus par les pays qui ont mis en œuvre ces conseils. Les preuves sont irréfutables », a déclaré Hans Kluge, directeur de l’OMS pour l’Europe, lors d’une conférence de presse mardi.

    L’étude montre également que, sans la vaccination, environ quatre millions de personnes seraient décédées des suites du coronavirus. Depuis le début de la pandémie, l’Europe a enregistré plus de 277 millions de cas confirmés et plus de 2,5 millions de décès.

    « Aujourd’hui, plus de 1,4 million de personnes dans notre région — la plupart âgées — profitent de leur vie avec leurs proches parce qu’elles ont pris la décision vitale de se faire vacciner contre le Covid-19. […] C’est le pouvoir des vaccins », a souligné M. Kluge.

    Vacciner les personnes à risque

    Les campagnes de vaccination menées dans les pays de l’UE ont d’abord ciblé les groupes à risque, tels que les femmes enceintes, les personnes dont le système immunitaire est affaibli et les personnes âgées.

    La mortalité a diminué de 57 % chez les 70-79 ans et de 54 % chez les 60-69 ans. Le rapport indique également que le taux de décès a chuté de 52 % dans la tranche d’âge des 50-59 ans.

    Le groupe d’âge qui a le plus bénéficié de la vaccination est celui des plus de 80 ans, où la mortalité a été réduite de 62 %.

    Même chez les plus jeunes, âgés de 25 à 49 ans, les vaccins ont sauvé des vies : une deuxième dose de vaccin a entraîné une réduction de 48 % de la mortalité, bien que l’utilisation des vaccins pour les deuxième et troisième rappels n’ait été que de 5 % dans ce groupe.

    « En d’autres termes, même dans ce groupe, sans la vaccination, le nombre de décès aurait presque doublé », révèle l’étude.

    Il existe des disparités dans le nombre de décès entre les pays de l’UE et, selon les experts de l’OMS, elles sont étroitement liées au calendrier de vaccination et à l’importance de la couverture vaccinale au sein de la population.

    « Les pays qui ont mis en œuvre des programmes de vaccination précoce couvrant une grande partie de la population […] ont enregistré les plus grands bénéfices en termes de nombre de vies sauvées grâce à la vaccination », indique l’étude.

    Ces pays sont la Belgique, le Danemark, l’Islande, l’Irlande, Israël, Malte, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, selon le rapport.

    Ce sont notamment les personnes âgées de 80 ans et plus qui ont le plus bénéficié de la vaccination contre le Covid dans ces pays, avec une réduction de 70 % à Malte et de 71 % au Royaume-Uni.

    Malte et l’Islande ont enregistré les plus grands bénéfices pour tous les groupes d’âge, avec une réduction de 72 % et 71 % respectivement.

    Mais, le Covid est toujours présent en Europe et les cas sont en augmentation, tout comme les virus saisonniers, à savoir la grippe et le virus respiratoire syncytial (VRS), selon l’OMS.

    « Alors que nous apprenons à vivre avec le Covid-19 et d’autres virus respiratoires, il est absolument vital pour les populations vulnérables de rester à jour dans leurs vaccinations contre le Covid-19 et la grippe, comme cela est recommandé », a conclu M. Kluge.

    Mais même si l’administration conjointe de vaccins antigrippaux et vaccins Covid-19 est possible, ce n’est pas à la Commission européenne d’en décider.

    « Les États membres décideront de leurs campagnes nationales de vaccination en fonction des conditions épidémiologiques et de la disponibilité des vaccins dans leur pays », a déclaré Emer Cooke, directrice de l’Agence européenne des médicaments (EMA), lors d’une conférence de presse en septembre.

    Vaccins Covid
    L’étude montre que sans la vaccination, environ quatre millions de personnes seraient décédées des suites du coronavirus. Depuis le début de la pandémie, l’Europe a enregistré plus de 277 millions de cas confirmés et plus de 2,5 millions de décès. [M-Foto/Shutterstock]

    Comment les vaccins sont-ils garantis en Europe ?

    La Commission européenne a joué un rôle majeur dans la sécurisation des vaccins Covid-19 après l’apparition de la pandémie en Europe en 2020.

    Le 17 juin 2020, la Commission a présenté sa stratégie européenne en matière de vaccination, dans le but d’accélérer la production de doses et de garantir un accès équitable aux vaccins pour tous les citoyens de l’UE.

    Pour ce faire, des accords d’achat anticipé ont été conclus, la Commission partageant le risque de développement d’un vaccin avec les fabricants et soutenant la préparation d’une capacité de production à grande échelle grâce à des paiements initiaux provenant du budget de l’UE.

    Les premiers vaccins avaient été administrés à la fin de l’année 2020. Au total, plus de 1,7 milliard de doses avaient été fournies aux pays de l’UE en juin 2022, et 86 % de la population adulte était entièrement vaccinée, selon les données de la Commission.

    Bien que la majorité des doses aient été achetées à Pfizer, avec 2,4 milliards de doses garanties, d’autres sociétés pharmaceutiques telles que Moderna, AstraZeneca, Janssen, Novavax et Valneva ont également conclu un accord avec la Commission européenne et ont été approuvées par l’EMA.

    « L’achat conjoint de vaccins a été l’un des plus grands succès de la Commission », a déclaré à Euractiv Mélanie Heard, experte en santé au sein du think tank Terra Nova.


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 18.01.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 18.01.24

    Bonjour à tous, merci de nous être fidèle sur nos différents canaux de diffusion, vous êtes près de 100 000 à écouter chaque semaine au moins un flash quotidien des expatriés, encore Merci à vous ! Dans l’édition de ce 18 janvier : On revient sur l’essor du nomadisme digital, on fera le point sur les conséquences de loi immigration pour Campus France, avant de se pencher sur l’hexagone qui est traversé par une tempête hivernale. 

    Les visas pour les nomades numériques

    Parmi les pays cherchant à faciliter la venue de ces travailleurs d’un nouveau genre, il y a l’Espagne, le Canada, l’Afrique du Sud ou encore l’Uruguay, qui a créé en mai 2023 un visa pour les nomades numériques d’une durée de six mois, et pouvant aller jusqu’à un an. Ainsi, d’après une étude de l’organisation mondiale du tourisme, ce sont près de 50 pays qui proposent désormais des visas spécifiquement dédiés aux nomades numériques. C’est l’Estonie qui fut le premier pays à mettre en place un tel type de visa, en 2020.  Le Portugal offre quant à lui un visa d’une durée de deux ans. Il a été le premier pays à lancer un programme de villages pour les nomades numériques, en 2020, sur l’île de Porto Santo et Madère.

    VISA pour les USA

    Une caution pour s’assurer du départ des étudiants étrangers de France 

    Campus France

    L’accueil des étudiants internationaux est l’un des piliers de « Bienvenue en France ». La stratégie nationale d’attractivité de l’enseignement supérieur mise en place par Edouard Phillipe, alors Premier ministre, avait comme ambition d’accueillir 500 000 étudiants non-Français. 6 ans plus tard, la loi immigration, qui contient un volet dédié aux étudiants, remet en cause le programme, ses objectifs, une situation sur laquelle alerte Campus France, l’établissement public chargé de promouvoir l’enseignement supérieur tricolore à l’étranger. Une inquiétude entendue par l’exécutif qui est bien conscient de la contradiction qui existe entre ses objectifs et cette loi. Il a ainsi commencé à faire marche arrière dès les derniers jours du mois de décembre. Emmanuel Macron a ainsi estimé, mercredi 20 décembre, que l’idée de caution, visant à financer une « mesure d’éloignement » après la fin des études et du titre de séjour, n’était «pas une bonne idée». A suivre 

    Des villes recouvertes de couches blanches.

    Depuis ce mardi soir, une nouvelle dépression baptisée Irène a fait son apparition dans la moitié nord de la France. Cette  perturbation engendre de fortes quantités de pluie et des cumuls de neige jugés «significatifs» par Météo-France. C’est dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Seine-Maritime que les premiers flocons sont tombés ce mercredi matin. À Lens, dans le Pas-de-Calais, la chaussée est entièrement recouverte de couches blanches, comme on peut le constater sur les images qui circulent sur les réseaux sociaux, près de 20cm de neige sont tombés ce mercredi. Dans la soirée, la perturbation continuait son chemin, la capitale française comme celle de Belgique seront elles aussi à ces intempéries. Un tel épisode neigeux n’avait pas été connu depuis plus de 10 ans. 

    Autoroute à proximité de Paris le 17 janvier 2024 ©AFP

    C’est tout pour ce flash quotidien des expatriés du jeudi 18 janvier 2024, on se retrouve demain pour le dernier bulletin des Français de l’étranger de la semaine. 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Des visas d’un nouveau genre, pour les nomades numériques

    Des visas d’un nouveau genre, pour les nomades numériques

    Alors que des débats sur la pérennité du télétravail commencent à émerger, le développement du travail à distance ces dernières années a entraîné la mise en place d’un nouveau type de visa. Ceci dans le but d’attirer des nomades numériques, et pourquoi pas, de les inciter à poser leurs valises. 

    Les visas pour les nomades numériques

    En 2023, l’Espagne a rejoint la longue liste de pays ayant créé un visa conçu pour les « nomades numériques » ou « télétravailleurs de caractère international ». Celui-ci a été créé dans le cadre de la loi « Start-ups », entrée en vigueur en Espagne le 22 décembre 2022. Comme son nom l’indique, celle-ci vise à soutenir l’écosystème des start-ups, entreprises innovantes de création récente qui évoluent notamment dans le secteur des nouvelles technologies. Ce texte crée un visa dédié aux nomades numériques et aux télétravailleurs non-européens, soumis à quelques conditions : notamment la possession d’un diplôme du supérieur, ainsi qu’une attestation de l’entreprise pour laquelle l’activité est exercée dans un autre pays. Jusqu’à un maximum de 20% de l’activité peut être exercée en Espagne, si vous avez un statut de travailleur indépendant. Dans tous les cas, vous devrez aussi disposer d’un revenu équivalent au double du salaire minimum espagnol. 

    Parmi les pays cherchant à faciliter la venue de ces travailleurs d’un nouveau genre, il y a aussi le Canada, l’Afrique du Sud ou encore l’Uruguay, qui a créé en mai 2023 un visa pour les nomades numériques d’une durée de six mois, et pouvant aller jusqu’à un an. Ainsi, d’après une étude de l’organisation mondiale du tourisme, ce sont près de 50 pays qui proposent désormais des visas spécifiquement dédiés aux nomades numériques. C’est l’Estonie qui fut le premier pays à mettre en place un tel type de visa, en 2020.  Le Portugal offre quant à lui un visa d’une durée de deux ans. Il a été le premier pays à lancer un programme de villages pour les nomades numériques, en 2020, sur l’île de Porto Santo et Madère.

    La course à l’attraction des nomades numériques

    Bien sûr, l’intérêt de ces pays pour les nomades numériques, ainsi que les facilités qu’ils mettent en place pour les attirer, n’est pas dénué d’arrière-pensées.

    Selon Prithwiraj Choudhury, professeur à la Harvard Business School qui étudie les évolutions du travail, on assiste aujourd’hui à une véritable compétition pour attirer les talents travaillant à distance grâce aux outils numériques. En effet, de nombreux pays en espèrent des retombées positives, et cherchent à faciliter leur présence, en toute légalité. Il met en avant que ceux-ci ne prennent pas d’emplois locaux, participent au fonctionnement de l’économie locale, et peuvent potentiellement collaborer avec des entreprises locales. Dans un article paru en 2022 , il expliquait que le nomadisme numérique « peut aider les travailleurs à accéder à l’information et aux ressources qui peuvent les aider à développer de nouvelles idées et projets, bénéficiant aux travailleurs nomades comme à leurs organisations ».

    Et pour se projeter sur ces terres d’accueil pour les « remote workers » les plus performants, les outils ne manquent pas. Ainsi, le site VisaGuide.World , spécialisé dans les visas, a établi un classement des pays les plus accueillants pour les nomades numériques, en se basant sur une série de critères : l’accès à internet, l’accès aux soins de santé, le coût de la vie et les incitations fiscales. Les cinq premiers pays du classement sont l’Espagne, l’Argentine, la Roumanie, les Émirats Arabes Unis et la Croatie.  

    Du conseil en faveur du nomadisme numérique

    Sur le site « the Nomad worlď » qui promeut un événement du même nom, organisé au Portugal, Gonçalo Hall se présente comme « travailleur à distance et évangéliste », consultant et conférencier sur le futur du travail, à la tête de différents projets. Le principal, c’est Nomadx : une plateforme destinée aux nomades numériques, leur proposant différents services de soutien et de mise en réseau avec les autres nomades. Ainsi, après sept ans d’activité, il peut se targuer d’avoir développé plusieurs « nomad digital villages ». D’abord au Portugal, avec celui de Lisbonne, celui de Caparica (une ville portuaire à 20 minutes de Lisbonne), et celui de Ponta do Sol, sur l’île de Madère. Il a également exporté son savoir-faire : au Brésil, avec le « nomad village » de Pipa, et au Cap Vert, où il a mis en place un programme de travail à distance. Aux travailleurs intéressés par les charmes de l’île aux fleurs, il offre la possibilité d’obtenir un visa d’une durée de six mois, renouvelable. Selon Gonçalo Hall, « la stratégie de la plupart des pays est d’attirer des travailleurs à distance ayant d’importants revenus ». En effet, précise-t-il, si « tous les nomades numériques sont des travailleurs à distance », ce sont « seulement moins de 0,1% des travailleurs à distance qui sont des nomades numériques ». Ainsi, pour lui, cette catégorie correspond aux personnes restant sur place entre un et six mois, durée après laquelle la personne devient immigrée. Prenant acte d’un regain d’attractivité dans le sillage du développement du télétravail, le Portugal a d’ailleurs mis en place fin 2022 le « Portugal Digital Nomad Visa ». Ouvert aux travailleurs à distance gagnant au moins quatre fois le salaire minimum portugais, il offre une durée de séjour d’un an, et une option de longue résidence, d’une durée de deux ans.

    À titre de comparaison, en France, la loi « immigration » sur laquelle les Sages du Conseil constitutionnel doivent se prononcer d’ici le 26 janvier, prévoit un titre de séjour « talent », limité à quatre ans, réservé à des diplômés de niveau bac + 5 ou équivalent, ou conditionné à la demande d’une entreprise innovante reconnue par un organisme public, dans le cadre d’un projet de recherche. Mais dans le texte sorti de la commission mixte paritaire, aucune référence aux nouvelles mobilités du travail, permises par le numérique.

  • Campus France alerte sur les conséquences de la loi immigration 

    Campus France alerte sur les conséquences de la loi immigration 

    L’accueil des étudiants internationaux est l’un des piliers de « Bienvenue en France ». La stratégie nationale d’attractivité de l’enseignement supérieur mise en place par Edouard Phillipe, alors Premier ministre, avait comme ambition d’accueillir 500 000 étudiants non-Français. 6 ans plus tard, la loi immigration, qui contient un volet dédié aux étudiants, remet en cause le programme, ses objectifs, une situation sur laquelle alerte Campus France, l’établissement public chargé de promouvoir l’enseignement supérieur tricolore à l’étranger.

    Faire rayonner l’enseignement supérieur français

    Le Label Bienvenue en France a été créé afin d’encourager les bonnes pratiques au sein des établissements d’enseignement supérieur et de garantir les meilleures conditions d’accueil possibles pour les étudiants internationaux. Il garde pour objectif d’attester de la qualité de l’accueil des établissements et de leurs dispositifs, d’accompagner les étudiants internationaux et de faire rayonner l’enseignement supérieur français. Ce dispositif a été mis en place alors que nos universités et autres grandes écoles perdaient en attractivité et dégringolaient dans les classements internationaux. Son objectif est de contrer ce mouvement.

    Pour cela, dans le cadre de la première version du Label (2019-2023), 151 établissements ont été ainsi labellisés à l’issue de 13 commissions de labellisation de 2019 à 2023. 65% des étudiants internationaux en séjour d’études en France sont inscrits dans un établissement labellisée Bienvenue en France (11% des établissements sont labellisés au niveau 1, 67% au niveau 2 et 22% au niveau 3). Le premier bilan du Label Bienvenue en France détaille, pour chaque champ et indicateur, les niveaux atteints avec des exemples de pratiques exemplaires.

    L’ensemble est confié à Campus France. Cette agence accompagne les établissements d’enseignement supérieur et les organismes de recherche français dans leur stratégie de développement à l’international. L’offre de formation des établissements français est mise en valeur par plusieurs outils et actions de Campus France :

    Sur le site de Campus France, vous pourrez retrouver moultes informations grâce aux fiches sur les diplômes, domaines, établissements ou l’accueil.

    Vous y trouverez aussi les catalogues en ligne où sont répertoriés les licences, les masters et les doctorats, et les formations dispensées en anglais en France.

    Enfin, vous pouvez aller à la rencontre de l’agence directement lors des manifestations organisées en France et à l’étranger en collaboration avec les espaces Campus France implantés à l’étranger.

    Campus France
    Bienvenue en France

    Une formation qui coûte cher

    Mais au-delà de la qualité d’accueil, c’est le coût de l’enseignement supérieur en France pour les non-européens qui est monté du doigt. 

    Une situation qui est née en 2018 car alors qu’Édouard Philippe annonçait la stratégie «Bienvenue en France» pour attirer plus d’étudiants étrangers, l’administration multipliait par 16 les frais de scolarité des étudiants ressortissants de pays hors Union européenne. Une contre-productivité de la stratégie «Bienvenue en France» qui a eu des conséquences immédiates. Ainsi, le nombre d’étudiants étrangers sur les campus à la rentrée 2020-2021 a baissé de 25 % par rapport à celle de l’année précédente (hors phénomène Covid). 

    Certes, aujourd’hui, le nombre des étudiants étrangers qui choisissent la France pour suivre des études est à la hausse après une période de récession. D’après Campus France, cette augmentation, de l’ordre de 8 % entre 2021 et 2022, est liée principalement à la reprise des mobilités d’échange (+46 %) via Erasmus+, mais aussi au développement de la mobilité diplômante (+ 6 %). Par ailleurs, si la France maintient sa position de 6e place mondiale de pays d’attraction des étudiants en mobilité internationale, c’est en grande partie grâce aux étudiants originaires de l’Afrique subsaharienne, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ces derniers représentent plus de 50 % des étudiants étrangers inscrits en France (Campus France, 2023).

    Une caution retour ?

    Avant la loi immigration votée en décembre, dont on attend toujours les décrets d’application, il fallait pour obtenir un visa pour faire ses études en France que les jeunes attestent du blocage de plus de 7 000 euros, justifiant leur disposition à couvrir leurs frais de séjour en France. 

    Avec le nouveau dispositif, il leur sera aussi exigé une « caution de retour » pour obtenir un titre de séjour. Celle-ci ne pourra être débloquée qu’à leur retour dans leurs pays ou en cas de « changement de statut ». Pour beaucoup de professionnels, c’est une mesure discriminatoire qui alourdira davantage les coûts déjà importants que concèdent ces jeunes pour accéder aux études en France.

    Le gouvernement français se retranche derrière l’exemple allemand. Mais au pays de Goethe, si les étudiants étrangers doivent y justifier d’un compte bloqué à 11 208 euros par an minimum pour obtenir un visa d’études, ils peuvent en être exemptés si une personne résidant dans le pays accepte d’être leur garant via une déclaration de prise en charge. Le coût des études est en outre assez faible en Allemagne, de nombreux cursus y étant entièrement gratuits, y compris pour les étrangers.

    En France, en revanche, depuis 2019, les étudiants étrangers paient des frais d’inscription aux cursus publics plus élevés – 2 770 euros pour une licence et 3 770 pour un master – que les Français ou les Européens, qui déboursent, eux, 170 et 243 euros. La réglementation actuelle dispose également qu’un étudiant extracommunautaire doit justifier de 615 euros par mois minimum – soit plus de 7 000 euros par an – pour pouvoir prétendre à un visa. Des exceptions existent néanmoins et cette somme n’est pas une « caution » : un courrier bancaire attestant de l’existence de cette somme doit être transmis aux autorités françaises. Mais l’argent n’est pas bloqué et l’étudiant peut en disposer à sa guise.

    Brochures

    Marche arrière ?

    L’exécutif est bien conscient de la contradiction qui existe entre ses objectifs et cette loi. Il a ainsi commencé à faire marche arrière dès les derniers jours du mois de décembre. Emmanuel Macron a ainsi estimé, mercredi 20 décembre, que l’idée de caution, visant à financer une « mesure d’éloignement » après la fin des études et du titre de séjour, n’était «pas une bonne idée»

    Élisabeth Borne, encore alors Première ministre, avait, de son côté, indiqué que cette mesure pourrait être « revue ». Une position que partage Gabriel Attal, son successeur.

    Pour rappel, la France a accueilli, en 2022-2023, 402 833 étudiants internationaux, le gouvernement s’étant fixé comme objectif d’atteindre le chiffre de 500 000 étudiants étrangers en 2027. Selon Campus France, leur apport net annuel est de 1,3 milliard d’euros.

  • UE : une présidence belge à l’agenda très… serré

    UE : une présidence belge à l’agenda très… serré

    La Belgique a pris les commandes de la présidence tournante de l’Union européenne.

    Le 1er ministre belge vient de dévoiler, ce mardi 16 janvier, son programme devant le Parlement européen. 

    Une présidence marquée par des élections

    Mardi, les députés ont débattu du programme de la présidence belge du Conseil, qui a débuté le 1er janvier, avec le Premier ministre Alexander De Croo. Un programme contraint par le chronomètre. En effet, dans six mois, il y a des élections européennes, ce qui va obliger la Belgique à aller très vite.

    A ce sujet, La Présidente Roberta Metsola a déclaré que le Parlement était prêt à répondre aux attentes des citoyens avant les élections européennes du 6 au 9 juin, afin de rendre l’Europe plus juste, plus compétitive et adaptée à l’ère numérique.

    Au nom de la Commission, le vice-président exécutif Maroš Šefčovič a souligné que les élections européennes de juin contribueraient à façonner l’avenir de l’Union et que les travaux en cours sur les principaux dossiers législatifs dans le domaine de la compétitivité, de la gouvernance économique et de la transition écologique devaient rester sur la bonne voie. Il rappelle que la Commission évaluera l’objectif climatique de 2040 en février et présentera une stratégie sur la manière de mieux protéger l’Europe contre l’impact du changement climatique en mars. Un soutien sans précédent à l’Ukraine et une solution à long terme au Moyen-Orient resteront les priorités de l’UE au cours des prochains mois, a conclu Maroš Šefčovič.

    UE
    ©AFP or licensors

    UE / USA

    « 2024 sera une année cruciale, durant laquelle nos démocraties et nos libertés seront mises à l’épreuve », a déclaré Alexander De Croo, se référant aux élections européennes, mais aussi à la présidentielle américaine: Si 2024 nous ramène « America first », ce sera plus que jamais « l’Europe par elle-même ». M. De Croo a exhorté les députés à maintenir leur solidarité avec l’Ukraine et leur soutien militaire, en soulignant la nature existentielle de la cause pour les Européens.

    Révolution verte, réforme du pacte migratoire et affaires internationales

    Alexander De Croo a également appelé à l’ouverture des marchés des capitaux européens pour encourager l’innovation, et à un accord industriel parallèlement au Pacte vert. « Les politiques climatiques de la Chine et des États-Unis prévoient une abondance d’incitations pour leur industrie. Alors que nous, ici en Europe, nous optons trop souvent pour le bâton », a-t-il déclaré.

    En ce qui concerne les migrations, le Premier ministre De Croo a déclaré que le maintien d’une approche plus coordonnée et intégrée de la politique étrangère faisait partie de la solution. À cette fin, il a appelé à un large partenariat avec les pays tiers afin de les aider à se stabiliser.

    Le Premier ministre belge a également déclaré que l’UE devait faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin aux souffrances en Israël et en Palestine. Il a appelé à l’ouverture de couloirs humanitaires plus sûrs et plus ouverts à Gaza. L’UE doit aider Israël à libérer ses otages et doit aider le pays dans son combat légitime contre l’organisation terroriste du Hamas.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • Comment devenir un État riche et puissant d’ici 2050 ?

    Comment devenir un État riche et puissant d’ici 2050 ?

    Le classement des grandes puissances économiques est amené à évoluer d’ici le milieu du siècle. L’Inde, l’Indonésie, l’Arabie saoudite mais aussi le Chili, l’Éthiopie ou la Malaisie entendent gagner des places et se rapprocher des pays dits avancés. 

    Les dirigeants de ces pays ne manquent pas d’ambition. Pour rattraper les pays occidentaux, les responsables indiens tablent sur une croissance de 8 % par an, soit 1,5 point de plus que le taux moyen de ces vingt dernières années. L’Indonésie escompte une croissance de 7 % par an, contre une moyenne de 4,6 % sur la même période. L’économie saoudienne devra croître de 9 % par an, contre 2,8 % en moyenne pour intégrer le club des pays riches en termes de PIB par habitant. 

    Atteindre de tels taux de croissance sur une durée aussi longue est rarissime. Le Japon, la Chine ou la Corée du Sud l’ont fait mais ces États demeurent des exceptions. Quelles sont les recettes pour maintenir une croissance forte sur plusieurs années ? 

    Pour stimuler la prospérité, les économistes prescrivent généralement des réformes de structures, la réalisation d’infrastructures, l’augmentation du niveau de formation, une stabilité juridique et politique, ainsi qu’un régime fiscal incitatif pour les entreprises. 

    Ces quarante dernières années, la forte croissance de la Chine et des pays d’Asie du Sud-Est repose sur le développement d’une industrie d’exportation, rendue possible par une main-d’œuvre nombreuse et bon marché. Ces pays ont ainsi bénéficié d’un avantage comparatif sur les marchés de l’automobile (Japon), de l’électronique (Corée du Sud), des produits pharmaceutiques (Singapour) et des produits industriels (Chine).

    Les pays émergents d’Asie ont construit leur prospérité en protégeant leur marché intérieur tout en attirant les entreprises et les capitaux étrangers. Ces apports extérieurs ont permis la réalisation d’importants gains de productivité. Le succès de ce modèle conduit des pays comme l’Inde ou l’Indonésie à jouer la carte industrielle. En 2015, le Premier Ministre indien, Narendra Modi, a annoncé son intention d’augmenter la part de l’industrie dans le PIB indien de 16 à 25 %. 

    Le Cambodge espère doubler les exportations de ses usines, hors vêtements, d’ici 2025. Le Kenya souhaite voir son secteur manufacturier croître de 15 % par an. 

    L’industrie, une voie de croissance datée ?

    La priorité à l’exportation de biens industriels pourrait se révéler être un mauvais choix. Au niveau mondial, les ménages consomment de plus en plus de services du fait de l’évolution des comportements et du vieillissement de la population. La transition écologique pourrait peser sur les échanges internationaux tout comme les tensions géopolitiques. 

    Au-delà de ces considérations, l’évolution technologique rebat les cartes. La robotisation ou la digitalisation rendent moins nécessaire le recours à la main-d’œuvre à bon marché. En Inde, il faut cinq fois moins de travailleurs pour faire fonctionner une usine de textile en 2007 qu’en 1980. L’industrie repose de plus en plus sur les compétences et le capital, facteurs dont les pays riches sont bien dotés. L’avantage comparatif des faibles coûts salariaux tend à s’atténuer. 

    Conscients de cette évolution, les pays émergents veulent prendre des positions dans les industries et les services de pointe mais, en la matière, ils sont en concurrence directe avec les autres pays. 

    2050
    Gain/perte de population par continent entre 2020 et 2050©Alternative économique 2023

    Le retour du protectionnisme comme outil ou illusion de développement ?

    La compétition technologique amène les pays émergents à opter de plus en plus pour un protectionnisme désuet. En Inde, le gouvernement appelle sa population à acheter indien. Il a annoncé des interdictions d’importation sur de nombreux biens, depuis les ordinateurs portables jusqu’aux armes. D’un côté, les capitaux étrangers sont encouragés, de l’autre côté, les importations sont pénalisées. 

    Les gouvernements multiplient les aides pour bâtir à grande vitesse des industries de pointe. L’État indien a ainsi consacré, en 2023, plus de 45 milliards de dollars soit 1,2 % de son PIB pour financer des entreprises industrielles. La Malaisie pratique de même. Le Kenya construit actuellement cinq parcs industriels exonérés d’impôts, qui seront prêts en 2030, et prévoit d’en créer vingt autres. 

    Les pays richement dotés en matières premières, en particulier celles indispensables à la transition énergétique, misent sur leur exploitation et leur valorisation. Plusieurs pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique entendent bénéficier de cette rente pour décoller sur le plan économique. La République démocratique du Congo et le Zimbabwe ou l’Indonésie jouent cette carte. Ils limitent les exportations de métaux pour accroître le prix et pour les réserver à leur industrie naissante. L’Indonésie, depuis 2020, a interdit les exportations de bauxite et de nickel, dont il produit 7 % et 22 % de l’offre mondiale. 

    Les responsables politiques de ce pays espèrent en conduire les raffineurs mondiaux à s’y installer. Ils veulent ensuite répéter l’opération jusqu’à maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur. Cette pratique renie la théorie des avantages comparatifs et remet en cause les principes mêmes du commerce international tel qu’il s’est développé depuis 1945.

    Subventions et avantages fiscaux

    L’Indonésie, comme le Brésil ou la Bolivie, pour attirer les capitaux étrangers, n’hésite pas également à octroyer des subventions ou des avantages fiscaux ou à réaliser les équipements nécessaires pour l’installation des usines. L’Indonésie a dépensé entre 2020 et 2023 400 milliards de dollars, soit plus de 50 % de plus par an qu’en 2014 en infrastructures. Cette somme a servi notamment à la création de 27 parcs industriels. Cette politique axée sur les chaînes de valeur est relativement récente. Les pays pétroliers ont durant des années avant tout exporté du pétrole brut. Ils ont certes développé, ces dernières décennies, quelques centres de raffinage mais ne sont guère allés plus loin dans la valorisation du pétrole. Il convient de souligner que plus de 40 % de la capacité mondiale de raffinage sont localisés aux États-Unis, en Chine, en Inde et au Japon. L’Arabie Saoudite raffine moins d’un quart de sa production. L’entreprise Saudi Aramco, a préféré installer des raffineries en Chine plutôt que dans son pays. 

    Les politiques protectionnistes des pays producteurs de matières premières pourraient inciter les pays consommateurs à rechercher chez eux ou dans d’autres pays des gisements. Ils pourraient également chercher des matières premières de substitution. La dépendance au nickel ou au lithium n’est pas de la même ampleur que celle aux hydrocarbures. Les pays du Golfe conscients, de la fragilité de la mono-activité tendent à développer les activités de services qui connaissent depuis des années une forte croissance. 

    Les Émirats arabes unis (EAU) se diversifient ainsi sur des secteurs comme le transport maritime et le tourisme ou l’intelligence artificielle. Abu Dhabi a accueilli un musée supervisé par le Louvre et un établissement dépendant de l’Université de New York. Il souhaite prendre des parts de marché dans le secteur de l’espace. 

    Le Qatar construit le centre Education City, un campus devant coûter plus de 6,5 milliards de dollars qui s’étendra sur 1 500 hectares. Il comprendra les succursales de dix grands établissements d’enseignement supérieur, dont Northwestern et University College London. Les pays du Golfe construisent des villes qui sont censées être neutre en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Le Qatar, les Émirats arabes unis ou l’Arabie Saoudite investissent dans le sport professionnel en rachetant par exemple des équipes de football et en attirant dans leur pays de grands joueurs comme Karim Benzema, Ronaldo et Neymar. 

    Dans les pays du Golfe, la transformation de l’économie est organisée par les États. L’Arabie saoudite consacre près de 20 % de son PIB en aides pour l’industrie. 

    Près de 80 % de la croissance économique non pétrolière des cinq dernières années provient des dépenses publiques. Les pays du Golfe sont confrontés à un problème de main-d’œuvre qui est en grande partie étrangère et qui est limitée par la faiblesse de l’emploi des femmes. En Arabie saoudite, le taux d’activité de ces dernières est en nette progression (35 % en 2022, contre 20 % en 2018) mais reste très en deçà de la moyenne de l’OCDE (60 %). La productivité par tête dans ces pays demeure assez faible en raison des modes de management utilisés.

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    ©Atlasocio

    Retour à l’étatisation et à l’interventionnisme public

    Le développement de l’industrie, la haute technologie, les réseaux, le tourisme sont aujourd’hui les voies privilégiées pour assurer la richesse des nations mais nul ne garantit que celle-ci soit au rendez-vous. Depuis quelques années, le retour est à l’étatisation et à l’interventionnisme public. Dans le passé, ces derniers ont été sources de nombreuses désillusions au sein des pays en voie de développement. 

    L’Europe de l’Est au temps de l’URSS ou l’Algérie après la fin de la colonisation ont payé durement la politique des combinats publics. Si l’affirmation de la croissance suppose la réalisation d’infrastructures, l’élévation du niveau scolaire ou encore des taux d’intérêt réels faibles et stables, elle dépend, par ailleurs, de nombreux autres facteurs.

    L’Afrique a connu un recul de sa richesse en raison d’un endettement massif fruit de politiques publiques peu inspirées

    L’interventionnisme public a conduit dans le passé à d’importants gaspillages et à la corruption dans de nombreux pays. Dans les années 1970 et 1980, l’Afrique a connu un réel recul de sa richesse en raison d’un endettement massif, fruit de politiques publiques peu inspirées. Dans les années 2000, les autorités saoudiennes ont dépensé en vain pour promouvoir une industrie pétrochimique peu compétitive, ne pouvant pas compter sur un personnel suffisamment formé. Plusieurs pays d’Asie ou d’Afrique sont confrontés à nouveau à des problèmes de financement. Le Cambodge, le Kenya, l’Éthiopie sont ainsi au bord du défaut de paiement.

    La tentation protectionniste est source de dangers. Elle amènera une baisse de la productivité et de la croissance

    La tentation protectionniste de nombreux États, riches ou pauvres, est une source de dangers. Elle amènera une baisse de la productivité et de la croissance. Elle tourne le dos aux enseignements de la crise de 1929. C’est par les échanges que les pays ont connu un essor sans précédent depuis 1945. Ces derniers ont limité le recours à la guerre comme solution aux conflits. Une des raisons de la Seconde guerre mondiale était l’accès aux matières premières, aux produits agricoles et à l’énergie. Les pays de l’Axe, Allemagne et Japon, voulaient également élargir, par la force leur marché intérieur pour écouler la production de leur industrie. Évitons que le XXIe siècle ne ressemble au XXe.

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