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  • La guerre TikTok aura-t-elle lieu ? 

    La guerre TikTok aura-t-elle lieu ? 

    Le 13 mars dernier, la Chambre des représentants américaine a adopté un projet de loi interdisant aux magasins d’applications (App store, Google Store, Windows Apps – Microsoft Store), et aux fournisseurs d’accès Internet de distribuer des «applications contrôlées par des adversaires étrangers».

    L’objectif est d’interdire l’accès à TikTok, une application de courtes vidéos téléchargée par plus de 170 millions d’Américains. Ces derniers l’utilisent, en moyenne, près d’une heure par jour. TikTok, société localisée à Los Angeles et à Singapour est une filiale de ByteDance, une entreprise chinoise. 

    TikTok dans le collimateur des autorités américaines

    Depuis plusieurs années, les autorités américaines craignent que le gouvernement chinois utilise cette application pour espionner les citoyens américains ou pour manipuler l’opinion publique. TikTok a nié toute ingérence du gouvernement chinois dans ses activités et a fait appel à Oracle, pour verrouiller les données des utilisateurs américains sur des serveurs locaux et inspecter son code source. Par ailleurs, les responsables de TikTok soulignent que des fonds américains comme Carlyle et General Atlantic, comptent parmi les principaux actionnaires de ByteDance. Si le projet de loi aux États-Unis est définitivement adopté, ByteDance serait contraint soit de vendre les activités américaines de TikTok dans un délai de six mois, soit de les fermer. L’entreprise chinoise a été prise au dépourvu, face à la rapidité avec laquelle le législateur américain a réagi, mettant en avant la désinformation pratiquée par la plateforme et les contenus antisémites après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre dernier en son sein. 

    Les pressions de TikTok pour bloquer l’adoption du projet de loi ont été contreproductives. Elles ont incité, au contraire, de nombreux membres de la Chambre des Représentants à voter en faveur du texte. Celui-ci a été ainsi adopté par 352 voix contre 65. Le passage du texte au Sénat risque d’être houleux. Si Joe Biden est favorable au texte, Donald Trump ne l’est pas ou, plutôt, ne l’est plus. En 2020 quand il était encore Président des États-Unis, il avait essayé de forcer ByteDance à vendre TikTok. Il a depuis changé d’avis considérant qu’une telle vente favoriserait Meta qui possède Facebook et Instagram, deux applications qui ont supprimé ses comptes après l’invasion du Congrès par ses militants en janvier 2021. 

    Donald Trump serait, par ailleurs, proche de certains fonds ayant des participations dans ByteDance. Les Républicains du Sénat pourraient ainsi se rallier à la position de leur candidat à la Présidence des États-Unis. Même si la loi est définitivement adoptée et signée par le Président Joe Biden, elle sera contestée devant les tribunaux pour atteinte à la liberté d’expression et à la liberté d’entreprendre. 

    TikTok
    ©Stockadobe

    TikTok amené à disparaître aux États-Unis

    En cas d’échec de ces recours, TikTok serait sans nul doute amené à disparaître aux États-Unis, le gouvernement chinois ayant indiqué qu’il était opposé à une vente. Ce dernier entend ne pas se soumettre au diktat américain et ne s’interdit pas de prendre des mesures de rétorsion. Il a déclaré que le projet de loi était une atteinte à la libre concurrence et le signe d’une volonté hégémonique des États-Unis. Il estime enfin que TikTok a les moyens de survivre sans le marché américain. Néanmoins, un TikTok américain concurrencerait au sein des pays occidentaux l’entreprise chinoise. Enfin, une des autres raisons pour lesquelles le gouvernement chinois est opposé à une vente de TikTok est liée à la gestion des données que cette application génère. 

    La cession de l’algorithme constituant le cœur de TikTok poserait un problème. La disparition de TikTok aux États-Unis obligerait les annonceurs à déplacer leurs budgets publicitaires. Les grands gagnants seraient Facebook, Instagram et YouTube. 82 % des utilisateurs de TikTok ont un compte sur Facebook et sur Instagram. 78 % regardent YouTube ; en revanche, ils ne sont que 53 % à utiliser X et 35 % Snapchat. 

    Un rachat à quel prix ?

    En cas de changement de position du gouvernement chinois, le rachat de TikTok aux États-Unis sera complexe. Meta et Google n’auraient pas la capacité juridique de le faire en raison du risque de position dominante. En revanche, Microsoft, Apple, Netflix ou Amazon sont potentiellement intéressés. L’entreprise de supermarchés « Walmart » avec un objectif de diversification serait également sur les rangs. Le prix de la transaction est un écueil de poids. La valeur de TikTok dépasse sans nul doute la cinquantaine de milliards de dollars, ce qui limite la liste des acheteurs potentiels. 

    Le statu quo, une voie possible !

    Compte tenu des enjeux financiers et politiques, les États-Unis et la Chine ont peut-être intérêt à opter pour le statu quo. Depuis qu’il est accusé de manipuler l’information, TikTok a adopté des mesures visant à accroître sa transparence et à éviter la diffusion de contenus illicites. L’entrée au capital de nouveaux acteurs américains serait une solution à la fois pour éviter la fermeture qui serait préjudiciable tant aux consommateurs qu’à l’image des États-Unis et pour éviter la cession, source de perturbations au sein du secteur de l’information et de la communication.

  • La communauté internationale est de plus en plus sévère sur la guerre à Gaza.

    La communauté internationale est de plus en plus sévère sur la guerre à Gaza.

    L’onde de choc provoquée par le conflit se propage dans toute l’Europe, de Lisbonne à Varsovie en passant par Dublin.  

    Une réaction massive attendue par les ONG

    Pour Amnesty international, Il est grand temps d’agir pour prévenir le génocide. Les États tiers doivent exercer une pression politique sur les belligérants en vue de l’application de la résolution adoptée hier par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle à un cessez-le-feu immédiat, et user de leur influence pour amener Israël à respecte cette résolution, notamment en mettant fin aux bombardements et en levant les restrictions imposées à l’acheminement de l’aide humanitaire. 

    Toujours selon l’associations, ils doivent instaurer un embargo total sur les armes à destination de toutes les parties au conflit. Enfin, ils doivent faire pression sur le Hamas et les autres groupes armés afin qu’ils libèrent tous les otages civils. 

    Décembre 2023 – Conseil de sécurité sur la résolution du conflit israélo-palestinien – ©AFP

    Un blocage à l’ONU

    Au G20, il y a un mois, ouvrant le rendez-vous, le ministre brésilien Mauro Vieira, dont le pays préside le groupe depuis décembre, a dénoncé le blocage du Conseil de sécurité de l’ONU face à ces deux conflits aux conséquences considérables. « Les institutions multilatérales ne sont pas suffisamment équipées pour faire face aux défis actuels, comme l’a démontré l’inacceptable paralysie du Conseil de sécurité au sujet des conflits en cours. Cette inaction implique directement la perte de vies humaines« , a-t-il déclaré lors de cette réunion organisée à Rio de Janeiro

    Cependant, la situation n’est pas simple, les intérêts, mais aussi les détresses, s’entrechoquent sur le terrain. 

    Regarder l’édito de TV5MONDE

  • Européennes 2024 : les partis signent un code de conduite pour prévenir l’ingérence étrangère et la désinformation

    Européennes 2024 : les partis signent un code de conduite pour prévenir l’ingérence étrangère et la désinformation

    Mardi (9 mars), tous les partis politiques européens signeront un code de conduite négocié par la Commission européenne dans le cadre des efforts visant à protéger la campagne des élections européennes de juin contre l’ingérence étrangère et la désinformation.

    Des sources ont confirmé que le groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID), qui comprend le Rassemblement national (RN) et l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), a rejoint l’initiative tardivement lundi (8 avril).

    L’accord sur le code de conduite, négocié par la commissaire européenne aux Valeurs et à la Transparence, Věra Jourová, fait partie du paquet « défense de la démocratie » de la Commission et vise à protéger les élections de l’UE contre l’ingérence étrangère et la désinformation.

    Bien qu’il ajoute un niveau de protection supplémentaire pour la campagne électorale, la mise en œuvre et le contrôle demeurent la responsabilité des partis européens, qui se sont engagés à « éviter de manière proactive la diffusion de récits émanant d’entités et d’acteurs extérieurs à l’UE autres que les partis membres, en particulier lorsque ces récits cherchent à éroder les valeurs européennes ».

    La publication de ce code de conduite intervient après le scandale du Qatargate et, plus récemment, celui du Russiagate, qui aurait impliqué un membre de l’AfD ainsi que des membres du Parlement européen.

    Toutefois, les engagements énoncés dans le code de conduite ne s’appliquent pas aux partis nationaux, qui mènent pourtant la campagne sur le terrain.

    Les nouvelles lignes directrices n’affecteront que les communications des partis politiques européens, à savoir le Parti de la gauche européenne (PGE), le Parti socialiste européen (PSE), le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, l’Alliance des libéraux et démocrates d’Europe (ADLE), les Conservateurs et Réformistes (CRE), le Parti vert européen (PVE) et le parti d’extrême droite Identité et Démocratie (ID).

    Le médiateur des négociations désigné par la Commission, l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA), a indiqué que les partis avaient demandé un assouplissement des exigences en matière de contrôle, arguant qu’ils ne disposaient pas des capacités administratives nécessaires pour faire appliquer le code de conduite à leurs partis membres nationaux et à leurs organisations affiliées.

    « Nous avons dû procéder à quelques modifications pour tenir compte de la capacité administrative que beaucoup de ces partis considéraient comme trop lourde » dans le code de conduite initial, a déclaré à Euractiv Sam van der Staak, directeur pour l’Europe à l’IDEA.

    Les partis européens pourront seulement conseiller à leurs membres nationaux de signer le code de conduite.

    L’accord sur le code de conduite, négocié par la commissaire européenne aux Valeurs et à la Transparence, Věra Jourová, fait partie du paquet « défense de la démocratie » de la Commission et vise à protéger les élections de l’UE contre l’ingérence étrangère et la désinformation. [EPA/RONALD WITTEK]

    Étiquetage des contenus générés par l’IA

    Dans le cadre d’une série d’engagements visant à prévenir la désinformation, les parties s’engagent également à étiqueter tout contenu généré par l’intelligence artificielle, tandis que l’utilisation d’un marqueur pour ce type de contenu est encouragée.

    Les partis s’engagent également à s’abstenir de diffuser des « accusations infondées » à l’encontre d’autres partis, y compris « tout type de contenu trompeur ».

    En février, les législateurs de l’UE se sont mis d’accord sur un nouveau règlement relatif à la publicité politique, mais la plupart de ses dispositions n’entreront en vigueur qu’après les élections européennes de juin.

    Afin de limiter la diffusion de fausses informations sur les plateformes en ligne et les réseaux sociaux pour les élections de juin, l’exécutif européen a publié en mars des lignes directrices non contraignantes sur les risques numériques liés aux élections, y compris les deep fakes.

    Les partis chargés de faire respecter le code de conduite

    Le code de conduite est une mesure symbolique, car c’est la première fois que toutes les parties se réunissent pour signer un tel accord. Toutefois, il n’est pas assorti d’une surveillance ou d’une mise en œuvre assurée de manière indépendante.

    « J’invite les partis politiques à respecter leur engagement à mener une campagne éthique et équitable au cours des prochains mois », a déclaré Mme Jourová, vice-présidente de la Commission, dans un communiqué de presse.

    Il incombe aux partis eux-mêmes de « promouvoir une observation indépendante des engagements » pris, de « procéder à un examen post-électoral et de poursuivre la discussion entre et au sein des partis politiques européens après les élections du Parlement européen », peut-on lire dans le code de conduite. Les responsables des partis sont également invités à « promouvoir le respect des engagements auprès du personnel de campagne ».

    « Cet engagement collectif des partis politiques européens envoie un message fort aux citoyens : nous devons préserver l’intégrité de nos élections en Europe », a ajouté Mme Jourová.


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.04.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.04.24

    Bonjour à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du 10 avril, dans les titres : Légalisation du cannabis, ça fait débat ! – L’orchestre des Français du monde a célébré ses 25 ans – Violence entre jeunes, Attal veut un sursaut. 

    60% des expatriés pour la légalisation du cannabis 

    Le résultat de la consultation réalisée par Lesfrancais.press semble sans appel. En effet, 60,5% des Français de l’étranger ayant participé à cet exercice se déclarent favorables ou très favorables à la légalisation du cannabis. Cependant, ce pourcentage est à pondérer, en effet, les Français du Canada, des USA et d’Espagne représentent 28,5% des 2287 expatriés participants. Mais il faut aussi y voir un message, pour nos compatriotes qui vivent dans ces pays ayant passé le cap, les résultats semblent probants. Tous les détails sur votre site d’actualité.

    légalisation du cannabis

    Moment de grâce autour de l’Orchestre des lycées français du monde en concert à Bruxelles

    Cette année, l’OLFM célébrait ses 25 ans. Il a donc été décidé d’associer, pour la première fois, des instrumentistes, souvent brillants et à l’expérience affirmée, à des choristes qui avaient le seul désir de chanter et parfois une absence de formation musicale initiale. La sélection de choristes et une volonté de démocratiser l’accès à l’OLFM. Renseignez-vous auprès de votre Lycée français si vous désirez que votre enfant y participe en 2025. 

    Orchestre des lycées français du monde
    Orchestre des lycées français du monde

    Un rétablissement de « l’ordre », « partout », dans la rue, les classes et les familles.

    C’est que souhaite le Premier ministre Gabriel Attal. Il a promis ce mardi 9 avril, lors des questions à l’Assemblée des mesures « extrêmement fortes » en vue d’un « sursaut » de la société après plusieurs cas de violences entre jeunes, parfois mortelles, aux abords d’établissements scolaires. Pour l’instant, aucun calendrier n’a été annoncé. 

    C’est tout pour ce mercredi, passer une belle journée où que vous soyez ! A demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger.

    Écouter un bulletin des Français de l’étranger

  • Les Français de l’étranger et la légalisation du cannabis

    Les Français de l’étranger et la légalisation du cannabis

    Lors de notre dernière consultation, tenue du 01 au 07 avril, à laquelle 2287 Français de l’étranger ont répondu, nous vous interrogions sur votre position sur la légalisation du cannabis. En effet, l’Allemagne vient depuis le 01 avril de rendre légal son usage récréatif rejoignant ainsi le club des quelques pays légalisant le cannabis récréatif en Europe. Mais désormais, alors que Gérald Darmanin, vient de conclure une série d’opérations contre les points de vente de cette substance, notre pays est cerné par des Etats autorisant ou ayant totalement dépénalisé le cannabis.

    La situation en France

    La France, alors que l’usage est répandu avec plus d’1 million de consommateurs, déploie un système plus répressif que ses voisins avec des résultats peu probants. Au final, le cannabis pose divers problèmes qui requièrent une stratégie de riposte lisible. Ces problèmes sont sécuritaires (du deal visible à la violence armée), économiques (le marché illégal offre des opportunités aux habitants des quartiers prioritaires), ou sanitaires (prévalence d’usage élevée parmi les mineurs et les adultes). Actuellement, la possession et la consommation de cannabis sont sanctionnées par une amende forfaitaire pouvant aller jusqu’à 2 500 euros. 350 000 ont été dressées en France depuis septembre 2020, dont 29 000 à Marseille. L’article L235-1 du Code de la route punit de 2 ans d’emprisonnement et 4500 euros d’amende toute personne ayant conduit après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants. Enfin, le trafic peut être puni par une peine 10 ans d’emprisonnement et de 7 500 000 euros d’amende selon l’article 222-37 du Code Pénal.

    Pourtant pour certains, en limitant l’accès aux mineurs, en améliorant la qualité des produits disponibles à la vente et en établissant des règles légales claires pour cette filière, la légalisation promet un meilleur contrôle de la substance, de ses différents usages et de ses conséquences sociales, économiques et sanitaires. Un avis et de potentielles conséquences que les Français de l’étranger partagent largement comme vous le découvrirez dans les résultats ci-dessous.

    Tour d’horizon mondial

    En Europe, 21 Etats autorisent le cannabis médical ce sont la Belgique, l’Allemagne, l’Italie ou encore l’Espagne. L’Espagne fut la première à rejoindre les Pays-Bas en légalisant la consommation récréative. Cependant elle a appliqué une méthodologie différente, en effet, il faut au préalable s’identifier auprès d’un « club » et c’est une fois les démarches fournies que le consommateur peut dans des conditions strictes « fumer ». C’est cette méthode qu’a retenue l’Allemagne. Notons que le Portugal a décriminalisé en 2001 la consommation et la détention de toutes les drogues, qui restent toutefois interdites. Les consommateurs sont passibles d’une amende à laquelle ils peuvent échapper en optant pour un traitement contre la dépendance.

    Club vendant du Cannabis en Allemagne ©Newsweed

    Dans le reste du monde, l’Uruguay est devenu en décembre 2013 le premier pays au monde à légaliser la production, la distribution et la consommation du cannabis. Trois modes d’accès sont possibles : culture à domicile pour consommation personnelle, appartenance à un club cannabique ou achat en pharmacie. L’achat est nominatif, limité à 40 grammes mensuels par usager. Le gouvernement a autorisé deux entreprises privées à produire et à distribuer de la marijuana.

    Le Canada est devenu en octobre 2018 le deuxième pays au monde à légaliser le cannabis récréatif, le premier du G7. C’était une promesse de campagne du Parti libéral du Premier ministre Justin Trudeau. La législation limite la possession personnelle à 30 grammes et à quatre plantes par foyer. Il revient aux provinces d’organiser la vente dans des magasins autorisés, publics ou privés.

    Aux États-Unis, la loi fédérale interdit la culture, la vente et l’utilisation de la marijuana. La consommation récréative a néanmoins été légalisée dans seize États et dans la capitale fédérale, Washington DC. Dernier en date, l’État de New York qui a autorisé en mars 2021 la possession et la consommation de cannabis à usage récréatif pour les adultes de 21 ans et plus. L’usage thérapeutique est permis dans 33 des 50 États.

    60,5% des expatriés pour la légalisation

    Le résultat de notre consultation semble sans appel. En effet, 60,5% des Français de l’étranger ayant participé à cet exercice se déclarent favorables ou très favorables à la légalisation du cannabis. Cependant, ce pourcentage est à pondérer, en effet, les Français du Canada, des USA et d’Espagne représentent 28,5% des 2287 expatriés participants. Mais il faut aussi y voir un message, pour nos compatriotes qui vivent dans ces pays ayant passé le cap, les résultats semblent probants.

    C’est d’ailleurs une des principales conséquences attendues, un renforcement de la sécurité. En effet, comme en Espagne qui a pu affecter les anciens policiers affectés au trafic de cannabis à la protection des femmes, ils sont 72% des personnes interrogées, et étant favorable à la légalisation, à imaginer une diminution de l’insécurité. Au contraire, ils sont 62,5%, parmi ceux défavorables au changement de législation, à imaginer une explosion de violence.

    Le débat est donc présent à tous les échelons de la société et semble s’être cristallisé sur des positions extrêmes. Mais ces dernières ne prennent-elles pas racine aussi et surtout dans une fracture générationnelle ? L’alcool, qui est bien plus addictif, bien plus agressif pour le corps et dont le rôle dans de nombreux féminicides n’est plus à démontrer, est lui totalement toléré. Même encensé, mais là pour des valeurs économiques, la production de vin, de bières et d’alcools forts est une industrie importante en Europe. La France a d’ailleurs deux champions mondiaux sur son territoire, la branche « spiritueux » du groupe LVMH et le groupe Pernod-Ricard. Derrière les arguments santé et parfois moraux, n’y a-t-il pas simplement une autre guerre économique ?

  • Moment de grâce autour de l’Orchestre des lycées français du monde en concert à Bruxelles

    Moment de grâce autour de l’Orchestre des lycées français du monde en concert à Bruxelles

    La jeunesse du monde s’était donné rendez-vous au palais Bozar de Bruxelles ce lundi 8 avril. L’Orchestre des lycées français du monde (OLFM) assurait ainsi sa deuxième représentation dans la capitale Belge pour un moment de grâce et d’harmonie musicale.

    Au terme de presque deux heures de concert, entre gospel sud-africain, classiques de Bizet et compositions originales, une salle debout ovationnait les 150 élèves du réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE) présents sur scène et la direction énergique de leur charismatique chef d’orchestre, Adriana Tanus.

    Transformer une multitude d’individualités en un ensemble orchestral homogène

    Cette titanide de la musique, qu’aucun défi n’arrête,  a créé cet orchestre il y a dix ans. Enseignante, elle transmet sa passion de la musique à des générations d’élèves du lycée français de Madrid. Mais elle est surtout une formidable promotrice du jeu en groupe et a su une nouvelle fois  transformer une multitude d’individualités en un ensemble orchestral homogène vivant à l’unisson  l’interprétation enflammée d’un répertoire alliant audace et classicisme, élans africains et moments chantés. 

    Orchestre des Lycées Français du Monde
    Claudia Scherer-Effosse, Directrice Générale de l’AEFE avec l’Orchestre des lycées français du monde

    On notera aussi la rencontre heureuse entre diplomatie et créativité puisqu’une composition de l’ex-Ambassadeur François Saint-Paul figurait au programme du concert avec une « Valse première pour Aude » agréable et enlevée que l’on doit à ce pianiste de Jazz qui fut notamment chef de poste en Autriche.

    Dans son propos introductif comme pendant les rappels, difficile de ne pas adhérer aux propos d’Adriana Tanus et à son vibrato chargé d’une émotion communicative et fraternelle… « A travers la musique on réussit à respirer ensemble… » et d’ajouter reprenant son souffle « On ne se connaît que depuis 8 jours, c’est hallucinant !».  Sa direction  musicale fut sans surprise parfaitement énergique et inspirée par l’amour de transmettre autour de cette formule musicale originale.  

    Orchestre des Lycées français du monde
    Adriana Tanus (Chef d’orchestre et fondatrice de la formation musicale)

    42 pays et une cinquantaine de villes représentés

    L’OLFM est un bel ensemble itinérant qui se recompose à chaque nouvelle édition et qui est porté par un nouvel établissement du réseau des écoles et lycées français à l’étranger chaque année.

    La prouesse technique et artistique réalisée à travers cet orchestre des lycées français du monde doit être mesurée comme il se doit : Ces jeunes gens sélectionnés en janvier, le plus souvent à distance ont eu seulement dix jours pour « faire société musicale » et devenir orchestre à Bruxelles.

    Orchestre des lycées français du monde
    L’Orchestre des lycées français du monde

    La géographie de ce bel aréopage musical donne le vertige : 42 pays et une cinquantaine de villes représentés, de Tokyo à San Francisco, en passant par Johannesburg, avec des élèves de 7 à 18 ans  qui  partagent le privilège de suivre un enseignement dans l’un des établissements du réseau mondial de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger).

    Les vacances de Pâques ont donc été studieuses avec 6 heures de répétitions par jour en moyenne. Les familles d’accueil du lycée Jean Monnet ont su faire de la place pour héberger un ou plusieurs musiciens venant des 4 coins du monde. Delphine Palissot, maman heureuse, s’émerveille encore au souvenir de sa « maison qui a résonné de musique pendant 10 jours ». Elle a accueilli deux jumeaux altistes et choristes venus de Lisbonne et une terminale tunisienne. Son fils Arthur, passionné de sciences autant que de musique, a pu créer une connivence  forte avec ces jeunes de son âge « qui n’écoutent pas que du Mozart toute la journée mais jouent aussi à FIFA à la console ».

    L'Orchestre des lycées français du monde
    L’Orchestre des lycées français du monde ©AEFE

    Une expérience inoubliable

    Cette année il s’agissait d’associer des instrumentistes, souvent brillants et à l’expérience affirmée, à des choristes qui avaient le seul désir de chanter et parfois une absence de formation musicale initiale. La sélection de choristes et une volonté de démocratiser l’accès à l’OLFM sont les nouveautés de cette édition bruxelloise. Elle s’est adossée à une « classe chantée » que le lycée français local et son école primaire offrent en option à ses élèves qui fournissaient un contingent d’une quinzaine de chanteurs parmi la quarantaine présents sur scène dont des solistes déjà emblématiques d’une jeunesse inspirée. 

    En matière de chant, on mentionnera un « Quand on n’a que l’amour » et son pic d’émotion porté par une soliste qui offrit bien des frissons aux mélomanes présents dans la salle. Mais il serait injuste de ne pas évoquer aussi des jeunes pousses audacieuses qui du haut de leurs 7 ou 8 ans chantaient à gorge déployée sous la verrière d’un palais somptueux et que les décorations de Victor Horta comme le public venu en masse n’impressionnaient nullement.

    L'orchestre des lycées français du monde
    Claudia Scherer-Effosse, Directrice Générale de l’AEFE avec l’Orchestre des lycées français du monde ©AEFE

    Claudia Scherer-Effosse, directrice de l’AEFE, qui honorait de sa présence ce concert, soulignait justement l’apport des choristes :  « La voix donne une densité encore plus forte à l’évènement, avec une palette d’élèves plus jeunes parmi les choristes qui vont vivre une expérience inoubliable ».

    Des mois de travail et une organisation sur 10 jours très concrète

    La  proviseure du lycée Jean Monnet, Laure Mouden, insistait quant à elle légitimement sur « des mois et des mois de travail d’une vaste équipe qui allait de l’homme d’entretien, aux secrétaires, aux professeurs et au service communication ». Pragmatique et concentrée elle mentionnait  « une organisation sur 10 jours très concrète, avec le logement des musiciens, leur restauration et le lieu d’accueil à trouver qui a été l’école européenne d’Uccle dont je remercie le proviseur M. Tran ».

    L'Orchestre des lycées français du monde
    L’Orchestre des lycées français du monde ©AEFE

    Au-delà de l’aspect évènementiel, une formation pour les professeurs d’éducation musicale et de chant choral a été créée pour les enseignants qui ont pu assister aux concerts et répétitions « pour qu’ils puissent impulser à leurs retours dans leurs établissements du chant choral autour d’évènements fédérateurs ». Isabelle Polizzi, inspectrice pédagogique régionale à l’AEFE estime aussi que «les professeurs des disciplines artistiques ont une assise très solide dans leurs domaines et peuvent avoir besoin d’une acculturation à la pédagogie française, le chant choral pouvant ainsi créer une dynamique de réseau».

    Cet évènement montre plus largement « ce qu’on est capable de faire » en matière musicale, puisqu’il a vocation à passer de ville en ville, indique Marie-Christine Lefranc, Cheffe de Bureau Évènements et Valorisation du réseau.

    L'Orchestre des lycées français du monde
    L’Orchestre des lycées français du monde ©AEFE

    « Vivement l’année prochaine »

    Au sortir des coulisses du spectacle, ces jeunes artistes émus retrouvaient leurs familles d’accueil et les quelques mots saisis à la volée témoignaient d’un moment désormais gravé dans leur cœur, « expérience unique » pour Christopher de Bruxelles et sa voix de basse, « une épreuve incroyable » pour Faustine venue de Dubaï. Arthur, avant de retrouver sa mère Delphine pensait déjà aux retrouvailles à venir avec un sonore : « Vivement l’année prochaine ».

    OLFM
    Faustine de Dubaï
    OLFM
    Hellen et sa fille Charlene
    OLFM
    Christopher de Bruxelles

    Accolades,  promesses d’amitiés éternelles, musiciens serrant leurs instruments comme on chérit un être aimé…. Les familles émues s’attardaient sur les marbres du palais pour mieux prolonger cet instant mêlant gloire musicale et nostalgie déjà naissante pour un moment déjà passé et unique.

    OLFM
    Arthur Palissot
    OLFM
    Delphine Palissot

    La fin de soirée était résolument enchanteresse. On avait manifestement « respiré ensemble » selon le vœu de la chef d’orchestre happée en coulisse par des élèves qui ne la lâchaient plus et lui apportaient tour à tour le témoignage de leurs remerciements pleins d’une gratitude heureuse.

    A bientôt Adriana Tanus, à bientôt l’OLFM …

  • Quitter le Franc CFA ?  » Plus facile à dire qu’à faire »

    Quitter le Franc CFA ?  » Plus facile à dire qu’à faire »

    C’est une ou «la» principale promesse électorale du nouveau président Sénégalais Bassirou Diomaye Faye : mettre fin au Franc CFA. Une promesse du candidat alors en campagne qui s’est transformé ces derniers jours par «Je ne suis pas contre la France mais pour le Sénégal », propos tenu ces derniers jours par le président Sénégalais.

    Ce qui en dit long sur l’éventuelle complexité du sujet et la capacité le traduire en acte politique concret au vu de l’étendue du chantier de « rupture » sur le terrain monétaire et ses impacts économiques. Annoncer vouloir rompre définitivement avec un des derniers liens de sujétion avec la France, l’ancienne puissance coloniale, pourrait s’avérer plus compliqué qu’il n’y parait, et ce pour différentes raisons. 

    « Il était attendu que la question du Franc CFA revienne dans l’actualité avec cette élection surprise puisque Ousmane Sonko, le leader du mouvement dont est issue le président Bassirou Diomaye Faye, en avait l’un de ses totems politiques de son programme politique mais il faut faire ici la distinction entre un sujet qui trouve beaucoup d’échos dans les médias français et un sujet qui finalement ne passionne pas plus que cela les opinions publiques internes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest » indique Abdelmalek Alaoui, Economiste et président du Think Tank IMIS.

    Abdelmalek Alaoui, Economiste et président du Think Tank IMIS

    Une prévisibilité que partage Mehdi Alioua, Sociologue, Enseignant Chercheur à Science Po Rabat et Co-Fondateur du Laboratoire Movida, un consortium de laboratoire de Recheche marocain, Sénéngalais, Burkinabé, nigériens et Français. « Le président Faye incarne clairement le visage de cette nouvelle élite politique qui revendique un ancrage plus local que celle qui aurait ou a des liens proches avec la France. Il y a comme un esprit de révolte et de rupture avec un pays qui serait à l’origine de la mauvaise gestion des biens publics sénégalais, à tort ou à raison, du coup, vouloir en finir avec le Franc CFA, c’est pour lui une manière de vouloir couper le cordon avec la France et passer à une autre forme de relation avec ceux qu’il a combattu politiquement avec son parti, le Pastef ». 

    Mehdi Alioua, Enseignat Chercheur à Science Po Rabat

    Reste à savoir aujourd’hui, et au lendemain de son intronisation à la fonction présidentielle, la suite que donnera le président Sénégalais à sa promesse électorale qui semble évoluer en tonalité au fil des jours. « La sortie du Franc CFA est le cheval favori des Panafricains de gauche d’Afrique de l’ouest depuis plusieurs décennies, il y a le temps politique des annonces et celui de la politique tout court. Je rappelle que depuis 2020 et l’accord scellé entre Alassane Ouatarra et Emmanuel Macron, qui prévoit l’abandon du Franc CFA par les pays membres de la zone Franc au nombre de huit dont le Sénégal, rien n’empêche le président Sénégalais de passer à l’action sur le sujet et de changer de système monétaire en abandonnant le Franc CFA et la création de la nouvelle monnaie continentale annoncée qui est l’Eco. Il faut juste avoir à l’esprit que c’est un chantier de rupture aussi vaste qu’incertain. Il nécessite de trouver un accord qui obéit à un agenda de convergences budgétaires et économiques qui est loin être acquis » déclare Adama Wade, Directeur de publication du Financial Afrik. 

    La volonté politique d’abandonner le Franc CFA n’est pas sans conséquences économiques structurelles. « L’équation n’est pas aussi simple car les engagements pris en CFA ne peuvent pas basculer vers une nouvelle monnaie d’un coup de baguette magique surtout si le coût des matières premières repartaient à la hausse en l’absence d’une couverture de change suffisamment développée en Afrique » ajoute Abdelmalek Alaoui. 

    Adama Wade, Directeur de publication du Financial Afrik

    Une situation évolutive sur un sujet qui revêt aujourd’hui plus un caractère économique et financier que politique. Ce qui pourrait constituer un premier test grandeur nature pour Bassirou Diomaye Faye. « Je pense que le nouveau président Sénégalais sera d’abord évalué sur sa capacité à mettre en œuvre la révolution Copercienne promise lors de la campagne et sur le travail qui sera effectué avec son nouveau Premier ministre, qui est aussi son chef sur le plan politique » précise Abdelmalek Alaoui. 

    Pour Adama Wade, « au-delà de l’aspect purement monétaire, le Franc CFA est avant tout une zone de marché où les huit pays membres dont le Sénégal émettent des titres publics ce qui permet par exemple à un pays comme le Sénégal de procéder à des levées de fonds ainsi que des emprunts à des taux réduits ». 

  • Entre les Français et Londres, l’histoire d’amour continue ! 

    Entre les Français et Londres, l’histoire d’amour continue ! 

    Les rôles du Lord Mayor et du Maire de Londres sont souvent confondus. Ils sont complémentaires mais ont une mission complètement différente. Le site Lesfrançais.Press a rencontré Michael Raymond Mainelli, un scientifique, économiste et comptable britannique d’origine américaine, c’est le 695e lord-maire de la ville de Londres pour 2023-2024.

    Michael Raymond Mainelli nous a reçus à la Mansion House, l’imposant siège du Lord-Maire de la Ville depuis 1758.  Bâtiment qu’il partage depuis le Grand Incendie de cette année-là avec le maire du cœur historique de la capitale britannique. 

    Un Lord-maire pour quoi faire ?

    Le premier maire de la ville a été élu en 1189. Il est, alors, nommé par les guildes et les corporations qui opèrent sur le territoire connu sous le nom de Square Mile. Depuis tout candidat à la fonction de Lord-maire doit être libre d’engagement vis-à-vis des « Douze Grandes Guildes » (Great Twelve City Livery Companies) que compte la Cité. Il doit avoir également occupé la charge de shérifs de Londres et être l’un des vingt-cinq échevins (aldermen) de la Cité au moment de son élection. Le Lord-maire est élu chaque année le 29 septembre, la fête de Saint-Michel d’automne (Michaelmas Day).

    Mais le Lord-maire de la ville de Londres est à la tête de la City of London Corporation, l’organe directeur du Square Mile dédié à une ville dynamique et prospère, soutenant une Londres diversifiée et durable au sein d’un Royaume-Uni prospère à l’échelle mondiale.

    Élu chaque année, le Lord-maire de la ville de Londres est aussi un ambassadeur international du secteur des services financiers et professionnels de l’ensemble des districts de la capitale britannique et même plus généralement du Royaume-Uni. 

    Si son rôle est multiple, il est tout d’abord le maire de la City de Londres, le cœur historique. Il ne faut pas le confondre avec le maire de Londres (qui incarne l’autorité du Grand Londres) et qui est élu lui tous les 4 ans. 

    La ville a environ 14 siècles et regroupe aujourd’hui 650,000 travailleurs et environ 8,000 habitants. Il génère environ 10 % du PIB britannique. En même temps, le maire représente les services financiers du Royaume-Uni à l’étranger, c’est donc un monde intéressant à vivre. Au sens strict du terme, en ce qui concerne le Brexit, nous nous en sortons très bien. L’emploi a augmenté d’environ 575,000 à 615,000 au cours des 8 dernières années.”

    Michael Raymond Mainelli

    Cap sur l’Europe

    Cette année, le Lord-mayor s’est donné comme objectif de relancer les relations avec les amis du continent. Il désire réinstaller un rapport fort, chaleureux et amical avec l’Europe. 

    Cette année, en plus de visiter l’Irlande en tant que troisième lord-maire irlandais, j’irai en Italie car je suis également italien. J’ai aussi une femme allemande et une grand-mère allemande et je parle allemand à la maison donc je voyage beaucoup vers l’Italie, l’Irlande, la Suisse, les Pays-Bas et aussi un petit peu en France. Ainsi comme vous le voyez les relations chaleureuses existent. Aussi tous les ambassadeurs de l’UE ont été chaleureusement accueillis lors de notre table ronde le mois dernier. “

    Michael Raymond Mainelli

    En ce qui concerne la collaboration étroite avec l’UE, je pense personnellement que nous devons toujours travailler en étroite collaboration avec l’UE et continuer à le faire. Jusqu’à présent, lors de mes voyages en Suisse et en Irlande, cela a été merveilleux. Le Brexit n’a pas eu d’impact sur nos relations. Cela a été bien mieux que prévu”, a ajouté Michael Mainelli. Notons que la Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne ce que semble ignorer notre illustre invité. 

    Michael Raymond Mainelli ©BBC

    Les Français toujours fidèles !

    Évidemment, nous nous sommes intéressés au cas des Francais. Selon le Lord-mayor, la population européenne, après avoir chuté lors des premières années du Brexit, a retrouvé le niveau d’avant 2020. Mais il faut dire que la capitale britannique met les petits plats dans les grands pour les attirer après ces années où les délocalisations des acteurs de la finance se sont multipliées. Selon le consulat, il serait près de 150 000 inscrits sur le registre consulaire pour une population française estimée à 300 000. 

    Nous nous focalisons sur les travailleurs. La City de Londres compte 8,000 habitants et ce nombre est assez stable. En termes de travailleurs, comme je l’ai dit plus tôt, nous sommes passés de 525,000 à 615,000 depuis le Brexit. Cela ne cesse d’augmenter. La dernière fois nous avons réalisé cette enquête en décembre 2023. Nous sommes en hausse de manière très constante. En termes d’habitants, c’est très stable. À l’écouter, les délocalisations à New York, Paris, Dublin, Amsterdam ou Francfort, qui pouvaient valablement concurrencer Londres, ont été limitées, de l’ordre de 25 000 emplois. »

    Michael Raymond Mainelli

    Pour rappel, la City était foncièrement hostile au divorce avec l’UE. Le centre financier était au cœur de la plus importante zone commerciale du monde et la relation avec les partenaires de l’Europe a été totalement changée du jour au lendemain. 

    Technologie et sciences 

    Aujourd’hui, Monsieur Mainelli prend les rênes de la City alors que les édiles de Londres et les hauts responsables financiers cherchent à réparer la réputation meurtrie de la City après des années de troubles politiques.

    Il prévoit de tirer parti de l’expertise de Londres en matière de science, d’ingénierie et de technologie pour stimuler les affaires dans le Square Mile. De cette manière, ses projets s’alignent étroitement sur ceux du gouvernement du Premier ministre Rishi Sunak, qui vise à faire de la Grande-Bretagne une superpuissance scientifique et technologique mondiale d’ici 2030.

    Le Lord-maire ne se fait aucune illusion quant aux défis auxquels le Royaume-Uni est confronté. En sus, le changement de politique quand à l’immigration combinée au Brexit entraînent de nouvelles difficultés pour les travailleurs. Ainsi il peut être difficile pour les “arrivants” d’obtenir un visa ou d’ouvrir un compte bancaire. Une situation qui n’évolue pas dans le bon sens selon Monsieur Mainelli qui craint que le gouvernement ne renforce les règles limitant l’arrivée des immigrants au Royaume-Uni. « Le plus grand risque pour moi, c’est si nous commençons à fermer nos frontières d’une manière ou d’une autre« , a-t-il déclaré. 

    « Si nous commençons à faire cela, notre réputation se détériorera et les gens commenceront à avoir le sentiment qu’ils ne sont pas les bienvenus. »

    Michael Raymond Mainelli

    Mais post-Brexit, vendre la position des services financiers du Royaume-Uni aux quatre coins du monde n’est pas un travail qui exige beaucoup d’efforts et qui s’inscrit dans la durée.

     « Nous avons bien surmonté le choc initial. Malgré l’existence de frictions avec la Commission européenne, l’impact réel a été négligeable ».

    Michael Raymond Mainelli

    Pour l’aider, il peut compter sur la communauté française qui, malgré le Brexit et les tensions géopolitiques, n’a jamais fait défaut aux Londonniens. 

  • Le Japon entre inflation et déflation 

    Le Japon entre inflation et déflation 

    Dans les années 1980, le Japon était tout à la fois le symbole de la réussite économique et une menace pour les États-Unis et les États européens. C’était l’époque où Toyota, Nissan, Sony, Panasonic, etc. régnaient en maîtres sur de nombreux marchés. Le Japon était censé déloger les Etats-Unis de leur première puissance économique mondiale mais le miracle japonais s’est enrayé dans les années 1990. 

    Le pays, sur fond de déclin démographique, est passé à côté de la révolution des technologies de l’information et de la communication pour laquelle il était, pourtant, bien placé. Sony qui avait une multitude de brevets en stock n’y a pas cru. 

    Le conformisme japonais n’a pas facilité l’avènement d’un secteur qui a mis en avant son caractère disruptif. L’économie japonaise s’est alors enfoncée dans un cycle de faible croissance sur fond de déflation et d’envolée de la dette publique. Pour limiter les effets de l’attrition croissante de l’économie, la Banque centrale japonaise a, bien avant les autres, pratiqué une politique monétaire accommodante avec des taux directeurs faibles.

    Le retour de l’inflation, une surprise

    Le 19 mars dernier, la Banque du Japon a relevé ses taux d’intérêt pour la première fois depuis 2007, afin de lutter l’inflation. L’objectif de taux d’intérêt pour les prêts au jour le jour, auparavant compris entre -0,1 % et 0% augmente d’un dixième de point de pourcentage. La banque centrale a également abandonné sa politique de contrôle de la courbe des rendements, qui plafonnait les rendements obligataires à long terme à 1 %. Le Japon semble ainsi suivre, avec retard, l’exemple des autres banques centrales. 

    Le retour de l’inflation constitue une surprise pour ce pays. Avant 2022, l’inflation annuelle n’avait été supérieure à 2 % que pendant 12 mois au cours dix années précédentes. Actuellement, il est au-dessus de ce niveau depuis 22 mois consécutifs. Avec la déflation, les salaires n’augmentaient plus. Mais, depuis quelques mois, leur progression, du moins dans les grandes entreprises, atteint plus de 5 %. 

    La hausse rapide du cours des actions surprend également. L’indice Nikkei 225 a ainsi dépassé le record qu’il avait établi en décembre 1989, il y a plus de 35 ans… 

    Cette évolution traduit-elle pour autant une normalisation de l’économie japonaise ? Les caractéristiques structurelles d’une économie sont plus importantes que ses attributs nominaux comme l’inflation, les taux d’intérêt globaux et la croissance boursière. Si l’on considère les fondamentaux, même la hausse des taux d’intérêt n’est pas tout à fait ce qu’elle semble être. Les taux d’intérêt réels au Japon demeurent négatifs voire ils sont devenus encore plus négatifs qu’avant la crise sanitaire en raison de la hausse des prix. De toute façon, la banque centrale a indiqué dans sa déclaration du 19 mars dernier qu’elle prévoyait de maintenir des conditions financières accommodantes et qu’elle continuerait à acheter des obligations ce que ne font plus la BCE et la FED. 

    Japon
    Illustration montrant des billets de banque en yens japonais. Photo prise le 22 septembre 2022/REUTERS/Florence Lo

    La demande interne est atone : Le Japon perd chaque année 300 000 habitants

    Le maintien de taux d’intérêt bas n’est pas sans lien avec le vieillissement de la population. Les ménages âgés épargnent de manière importante permettant de financer le déficit public qui en 2023 a été de 5,6 % du PIB. La demande interne est atone en raison de l’attrition démographique que connaît le pays. Le Japon perd chaque année 300 000 habitants. 30 % de la population a plus de 65 ans et le taux de fécondité reste à des niveaux historiquement bas : 1,3 enfant par femme en 2023. Dans ce contexte, le FMI s’attend à une hausse du PIB de seulement 0,5 % par an au cours des quatre prochaines années, contre 2 % aux États-Unis. 

    L’économie japonaise est bridée par les pénuries de main-d’œuvre, problème ne pouvant pas être compensé par l’arrivée de travailleurs immigrés compte tenu des fortes réticences au sein de la population. Le maintien d’une politique monétaire accommodante est enfin justifié par le poids de la dette publique (255 % du PIB en brut et 159 % en net après compensation des actifs financiers de l’État). Ces taux figurent parmi les plus élevés au monde. Le service de la dette absorbe près de 9 % du budget de l’État. Celui-ci ne supporterait pas un resserrement monétaire qui amènerait les taux à plus de 4 %.

    L’économie japonaise reste structurellement déflationniste

    Plusieurs risques menacent le Japon. Pour commencer, le ralentissement de la croissance de la Chine également – sur fond de déclin démographique – le touche directement en réduisant le volume des exportations. Les tensions commerciales qui se multiplient sont également une source d’inquiétudes. Le Japon dépend des exportations de son industrie informatique et électronique ainsi que de ses constructeurs automobiles. Le pays sera également amené à réduire son déficit public. La pression du remboursement des intérêts sur le budget augmente d’année en année. Le système financier semble solide, mais le régulateur financier japonais a récemment renforcé sa surveillance des banques régionales. De nombreux observateurs s’inquiètent de l’effet des hausses de taux sur les prêts hypothécaires et sur les petites et moyennes entreprises qui ne disposent pas de réserves de liquidités importantes. 

    À moyen terme, l’inflation est susceptible de revenir en-dessous des 2 %, mais l’économie japonaise reste structurellement déflationniste. Le Japon a besoin de réformes qui accroissent la productivité et stimulent le taux de croissance potentiel. De plus en plus d’acteurs estiment que la politique monétaire ne peut pas résoudre tous les problèmes du pays. Une réorientation des dépenses publiques en faveur de la recherche et de l’investissement est de plus en plus demandée.

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