Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du mardi 06 juin, on revient évidemment sur les grèves contre la réforme des retraites avant de suivre le chef de l’Etat sur les plages de Normandie.
Continuer de faire pression sur le Parlement
C’est la mission que se donnent les opposants à la réforme des retraites, promulguée le 15 avril dernier. Pour cela ils se donnent rendez-vous pour la quatorzième fois dans la rue ce mardi 6 juin, à deux jours de l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi pour l’abrogation de la réforme. Au total, environ 250 actions sont prévues à travers le pays, avec notamment une manifestation au départ des Invalides à Paris aux alentours de 14 heures. Plus de 600 000 personnes sont attendues.
Actions hors de France
Bien que les expatriés seront moins nombreux, la mobilisation s’annonce importante, à notre échelle. En particulier dans quelques bastions au sein des réseaux homologués par l’AEFE, comme Madrid, Barcelone, Rabat, Bangkok, etc., et de fait soyez attentifs aux conséquences alors que quelques épreuves du Baccalauréat et du Brevet des collèges étaient programmés ce jour. Pour ceux qui veulent manifester, des actions sont prévues à Madrid, Londres et Berlin.
79ème anniversaire du débarquement
Emmanuel Macron s’est rendu ce lundi en Normandie pour commémorer les mille ans de l’abbaye du Mont Saint-Michel avant de se rendre, aujourd’hui, sur les traces des soldats français pour le 79ème anniversaire du débarquement. Auprès de de Léon Gautier, 100 ans, dernier Français vivant à avoir participé au débarquement, il remettra les bérets verts aux élèves qui viennent de réussir leur stage commando. Sa présence se veut aussi un hommage aux 177 Français qui débarquèrent le 6 juin 1944 aux côtés de centaines de milliers d’alliés, avant une visite au musée du Débarquement.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin dédié aux Français de l’étranger.
Alors que les syndicats se préparent pour une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites et ce alors que l’Assemblée nationale doit voter pour ou contre une proposition de loi abrogeant le nouvel âge légal, 64 ans, ce jeudi 08 juin, le gouvernement a publié ce dimanche 04 juin de nouveaux décrets sur la réforme. Le message est clair, Emmanuel Macron et ses partisans restent décidés à faire appliquer ce texte adopté au forceps.
Mise à jour le 05 juin à 16H30
Deux décrets publiés ce dimanche
Deux premiers décrets d’application de la réforme des retraites sont parus ce dimanche au Journal officiel, dont celui portant progressivement l’âge légal de 62 à 64 ans, la mesure la plus controversée du texte.
Les décrets publiés déclinent les modalités d’application des articles 10, 11 et 17 de la loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 « relatifs, d’une part, à l’augmentation progressive de l’âge d’ouverture des droits à la retraite de 62 à 64 ans et à l’accélération du rythme de montée en charge de la durée d’assurance requise pour le taux plein, et, d’autre part, aux départs anticipés, notamment s’agissant des carrières longues et au titre du handicap », explique le gouvernement dans un communiqué.
Sont notamment précisées les dispositions relatives aux « catégories actives » de la fonction publique (pompiers, policiers, contrôleurs aériens…), qui pourront toujours partir avant 64 ans mais dont l’âge légal de départ sera lui aussi relevé, et aux départs anticipés pour les personnes qui ont commencé à travailler tôt et ont cotisé les 43 années requises.
Pour les carrières longues, le dispositif « prévoit désormais quatre bornes d’âge d’entrée dans le dispositif (16, 18, 20 et 21 ans), en permettant un départ anticipé à la retraite selon quatre bornes d’ouverture des droits à la retraite (respectivement 58 ans, 60 ans, 62 ans et 63 ans) », indique le communiqué.
Ce mardi, à l’occasion de la nouvelle journée de manifestations contre la réforme des retraites, 11.000 policiers et gendarmes seront déployés, dont 4000 à Paris « pour assurer la sécurité des manifestations et garantir le droit de manifester », a indiqué Gérald Darmanin sur Twitter.
« Les services de renseignement anticipent la participation à la journée nationale d’action de mardi de membres de l’ultra gauche venus de l’étranger. Conformément à mes instructions, 17 interdictions administratives du territoire ont déjà été prises afin d’empêcher ces individus de rejoindre les cortèges et le cas échéant de faciliter leur interpellation »
Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur
À l’échelle nationale, entre 400.000 et 600.000 manifestants sont attendus dans les rues mardi prochain pour protester contre la réforme des retraites, selon une note du renseignement territorial que BFMTV a pu consulter. Parmi ces manifestants, entre 40.000 et 70.000 personnes sont attendues dans la capitale, dont 1000 éléments radicaux (200 à 300 d' »ultra gauche » et de gilets jaunes « ultra »).
Mobilisation chez les expatriés
Du côté des Français de l’étranger, en Europe, des rassemblements citoyens sont organisés devant les ambassades à Berlin, Londres, devant les consulats à Madrid, Barcelone.
Pour les petits Français de l’étranger, les mouvements s’annoncent suivis alors que mardi est une des dernières journées d’examens pour le Brevet des collèges et le Baccalauréat. Il faudra donc être attentif aux modifications d’organisations annoncées ce lundi 05 juin dans les établissements AEFE concernés.
Conséquences en France
Roissy protégé
La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé jeudi dernier aux compagnies aériennes d’annuler un tiers de leurs vols à Paris-Orly, en raison de la participation de contrôleurs aériens à la grève du 6 juin.
Des suppressions préventives ont également été requises pour un vol sur cinq en provenance ou à destination des aéroports de Lyon, Marseille, Nice, Toulouse, Bordeaux et Nantes, a précisé la DGAC dans un communiqué, en prévenant que des «perturbations et des retards» supplémentaires étaient probables. Le premier aéroport français, Paris-Charles-de-Gaulle, n’est, à ce stade, pas concerné.
A la SNCF, à la RATP et à la Direction générale de l’aviation civile, ainsi que dans la fonction publique, plusieurs syndicats vont suivre le mot d’ordre lancé par l’intersyndicale qui souhaite que les députés votent le 8 juin prochain, la proposition de loi visant à abroger la réforme des retraites. Pour autant ce lundi, il a été annoncé que les perturbations seront minimes.
Les écoles mobilisées
Enfin, concernant le secteur de l’éducation, plusieurs syndicats d’enseignants ont déjà appelé à la grève le 6 juin, dont la FSU, l’Unsa, SUD Education, Solidaires, CGT Educ’action, Sgen CFDT, FNEC FP-FO et le SNALC. Cet appel, comme indiqué plus haut, est relayé dans les réseaux affiliés à l’AEFE.
Standard and Poor’s n’a pas suivi l’agence Fitch qui avait, le 28 avril dernier, décidé de dégrader la note française. Cette décision était intervenue dix ans après la perte, par la France, de son triple A, la meilleure note possible. Seuls onze pays en bénéficient encore en 2023 : l’Allemagne, l’Australie, le Canada, le Danemark, le Lichtenstein, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, Singapour, la Suède et la Suisse.
Même sans son triple A, l’État français demeure une bonne signature sur les marchés. Il emprunte des sommes conséquentes (270 milliards d’euros cette année) à des taux encore raisonnables. L’écart de taux avec l’Allemagne est, en effet, stable depuis des mois à 0,5 point. Le niveau élevé de l’épargne, la capacité à lever l’impôt, la croissance de la population – gage de croissance à venir – sont autant de points positifs qui sont pris en compte par les investisseurs.
Les dépenses publiques représentent 58,2 % du PIB en 2022
Les dépenses publiques sont en constante augmentation au point de représenter 58,2 % du PIB en 2022, soit trois points de plus qu’en 2019, avant l’épidémie de covid-19. A chaque crise, le déficit atteint un niveau record et sa réduction prend toujours plus de temps que chez nos partenaires. Trois ans après la crise sanitaire, il s’élevait en 2022 à 4,7 % du PIB, contre 3,6 % en moyenne au sein de la zone euro et 2,60 % du PIB en Allemagne.
En France, toute réalisation d’économies budgétaires tourne au psychodrame. Avec un taux de prélèvements obligatoires de 45,4 % du PIB, le plus élevé, les marges de manœuvre dans ce domaine des pouvoirs publics sont faibles. Elles le sont d’autant plus que les gouvernements rencontrent les pires difficultés à mener des réformes structurelles comme l’a prouvé récemment celle concernant les retraites.
Sans gain de productivité, pas de croissance, ce qui induit des problèmes de financement, des dépenses publiques
La disparition des gains de productivité constitue une menace pour les années à venir si elle venait à perdurer. Sans gain de productivité, pas de croissance, ce qui induit des problèmes de financement, à terme, des dépenses publiques, celles-ci étant amenées à augmenter avec la transition énergétique, le vieillissement ou la remise à niveau de la défense nationale.
Selon le rapport Pisani-Ferry, la décarbonation de l’économie serait susceptible d’accroître la dette publique, d’ici 2050, de 280 milliards d’euros. Le problème de l’endettement ne se pose pas en 2023 mais pourrait gagner en acuité d’ici la fin de la décennie en cas de stagnation de l’économie.
Si les Français sont inquiets de la progression de la dette publique, ils sont partagés sur les moyens de la résoudre. Pour certains, le principe d’une dette sans limite s’était imposé en lien avec la politique du « quoi qu’il en coûte ». Pour d’’autres, la monétisation par les banques centrales est la solution magique. Or, l’histoire est sévère avec les pays qui ont tenté de s’affranchir durablement des règles de bonne gestion. Après cinquante ans de déficits publics consécutifs, l’heure des choix se rapproche pour la France. Nul n’en connaît la date exacte.
Pour éviter le précipice, la France a l’obligation de renouer avec une croissance pérenne
Ce qui est certain c’est qu’en cas d’absence de changement dans la trajectoire prise, en urgence et dans la douleur, il faudrait prendre des mesures drastiques pour éviter une banqueroute, synonyme de ruine financière pour de nombreuses personnes. Les Grecs ont ainsi dû accepter des sacrifices financiers pour éviter le défaut de paiement de leur État entre 2012 et 2015.
A tort, les Français pensent que cela ne peut pas arriver à la France dont la dernière banqueroute date de 1797. Elle a pu compter jusqu’à maintenant sur la mansuétude de ses partenaires, mais celle-ci n’est pas sans limite. Sa situation est d’autant plus fragile qu’elle cumule son déficit public avec celui de la balance des paiements courants. Elle a donc besoin de faire appel à l’épargne étrangère pour couvrir ses besoins.
Pour éviter le précipice vers lequel elle avance d’année en année, la France a l’ardente obligation de renouer avec une croissance pérenne, ce qui suppose une augmentation du volume de travail et de l’investissement.
La France s’est dite « extrêmement préoccupée » vendredi par les violences ayant éclaté jeudi au Sénégal, qui ont causé la mort de neuf personnes après la condamnation à deux ans de prison ferme de l’opposant Ousmane Sonko. Paris « appelle à la retenue, à cesser les violences et à résoudre cette crise, dans le respect de la longue tradition démocratique du Sénégal », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Depuis février 2021, les Sénégalais vivent au rythme du feuilleton qui met en scène Ousmane Sonko, l’un des chefs de file de l’opposition, une jeune employée d’un salon de massage qui l’accuse de l’avoir violée à cinq reprises, et un certain nombre d’autres acteurs, y compris du pouvoir.
Campus fermé
Ainsi, pour la deuxième journée consécutive, des heurts ont repris ce vendredi dans plusieurs quartiers de Dakar. Ce week-end, des échauffourées se sont produites aux 4 coins de la capitale. Ainsi, l’université Cheikh Anta Diop a été le théâtre de violents affrontements jeudi. Le campus est fermé jusqu’à nouvel ordre.
La France a fait de la sobriété énergétique un pilier de sa stratégie de décarbonation. À Bruxelles et dans les autres capitales européennes, aucun programme de ce type n’est aussi structuré.
En octobre dernier, afin de répondre aux craintes de l’hiver marqué par une pénurie de gaz russe et l’indisponibilité d’une partie du parc nucléaire, le gouvernement français avait présenté un plan de sobriété énergétique. Objectif : réduire de 10 % la consommation énergétique d’ici à fin 2024.
Il s’agissait d’une « première marche vers l’objectif de réduction de 40 % de la consommation d’énergie finale d’ici à 2050 » par rapport à 2022, a déclaré la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, lors d’une audition au Sénat le 24 mai dernier.
C’était aussi un pas important dans la réalisation des objectifs européens de baisse de la consommation énergétique d’ici à 2030 de 11,7 %, tels qu’inscrit dans la directive sur l’efficacité énergétique, a-t-elle ajouté.
Selon la directive, l’économie d’énergie est « la quantité d’énergie économisée, déterminée en mesurant et/ou en estimant la consommation avant et après la mise en œuvre d’une mesure visant à améliorer l’efficacité énergétique ».
Est-ce donc à dire que la sobriété énergétique est un pans des mesures d’efficacité énergétique ? Selon le GIEC, la sobriété se définit comme le fait d’ « éviter dès le départ la demande en énergie, en matériaux, en terres, en eau, tout en assurant le bien-être de tous ».
À l’inverse, l’efficacité énergétique consiste à réduire la consommation d’énergie pour un bien ou un service donné. Les deux concepts concourent donc au même objectif de réduction de la consommation d’énergie. Il y a, en revanche, une différence fondamentale d’approche dans les modes de consommation. Quand l’efficacité consiste à remplacer une voiture thermique par une voiture électrique, la sobriété consiste à prendre le vélo, expliquent les experts de l’Institut Jacques Delors.
Le mot de sobriété énergétique ne connait pas de véritable traduction littérale dans les textes européens.
Même si elle n’en fait pas mention explicitement, la Commission européenne défend auprès d’EURACTIV France l’intégration du concept dans les politiques européennes. Notamment parce que l’UE soutient les mesures que peuvent prendre les États membres en matière d’isolation des bâtiments et de meilleure gestion des températures en été et en hiver par exemple.
La Commission rappelle également qu’elle a pris des mesures l’hiver dernier pour réduire la consommation d’énergie en Europe. L’exécutif européen avait en effet prévu des objectifs contraignants et incitatifs de réduction de la demande en gaz et en électricité pour faire face à la pénurie de gaz russe.
En revanche, ceux-ci n’étaient que provisoires et ne fixaient pas de mesures précises pour atteindre ces objectifs.
À Berlin, l’approche est similaire. En avril, l’Allemagne a en effet entériné une loi sur l’efficacité énergétique avec des objectifs de réduction de la consommation d’énergie.
Face à la crise du gaz l’hiver dernier, le gouvernement allemand a également pris des mesures de réduction de la consommation d’énergie temporaires.
Il s’agissait donc de « sobriété de court terme, de réponse à la crise, qui ne résulte pas d’un changement d’approche structurelle, juridique et économique de la baisse de la consommation énergétique », explique à EURACTIV France un fonctionnaire du ministère de l’Économie et du Climat allemand.
Agnès Pannier-Runacher, juin 2022. [Conseil de l’UE / Union européenne]
Quelle différence ?
Plutôt que de simples mesures de réduction de la consommation d’énergie, le cas échéant temporaires, la sobriété serait donc une approche accompagnée et structurelle de changement dans les modes de consommation pour baisser la consommation d’énergie ?
Le cabinet de la ministre de l’Énergie française présente en effet la sobriété à la française comme une « méthode » singulière.
« Nous avons effectué un travail descendant, en demandant à chaque partie prenante (administration publique, entreprise, société civile) de faire le bilan de leur consommation et de la faire remonter au gouvernement, plutôt que de définir directement des mesures qui se calquent à tout le monde arbitrairement », a-t-il expliqué à EURACTIV France.
Ce concept est d’ailleurs l’un des trois piliers énoncés par le président de la République, Emmanuel Macron, pour atteindre la neutralité carbone en 2050, au côté du développement des énergies renouvelables et du nucléaire.
Pour construire cette sobriété structurelle, la France se base sur des scénarios énergétiques à 2050 dont la baisse de consommation d’énergie est une métrique majeure. Or, il n’existe pas de tels travaux au niveau européen.
Par exemple, « je l’ai vu au sein de la direction générale au transport de la Commission européenne qui, dans ses travaux (2018) sur les scénarios climatiques à horizon 2050, n’a pas prévu de scénario prenant en compte une baisse du nombre de kilomètres parcouru par un citoyen européen », illustre pour EURACTIV France Thomas Pellerin-Carlin, chercheur en politique énergétique européenne à l’Institut de l’économie pour le climat.
Sous cet angle, les autres États membres de l’UE « n’ont pas forcément porté la vision qui consiste à dire que la sobriété est une brique incontournable de la transition énergétique », a expliqué Mme Pannier-Runacher, lors de son audition. « S’interroger collectivement sur le modèle de consommation parait plus discutable », a-t-elle résumé.
Leadership français
Sur ce point, la France dispose donc d’une « forme de leadership politique, avec un niveau d’appropriation technico-administratif du concept de sobriété que je n’ai pas encore vu dans d’autres pays de l’UE », complète M. Pellerin-Carlin.
Aujourd’hui encore, « la sobriété comme levier pour la lutte contre le réchauffement climatique est un concept émergent. Beaucoup de travaux de recherche visent à informer le décideur européen à ce sujet », ajoute le chercheur.
C’est ainsi le cas du projet FULFILL, financé par l’UE et en cours de développement. Le projet vise à informer les décideurs européens sur la sobriété et les leviers de mise en place.
Dès lors, Mme Pannier-Runacher ne perd pas espoir : « il y a un intérêt de la Commission européenne », a-t-elle avancé, même si, pour l’heure, et comme au sein des autres États membres, la sobriété « n’est pas […] un élément incontournable » des politiques européennes.
En conséquence, comme pour l’hiver 2022-2023, la mise en place de mesures européennes temporaires de sobriété pour l’hiver prochain devrait être « le plus probable », avance M. Pellerin-Carlin.
Mais le cabinet de Mme Pannier-Runacher prévient : « sur le long terme, nous n’atteindrons pas nos objectifs de réduction de la consommation énergétique en nous reposant uniquement sur l’efficacité énergétique ».
La guerre d’Ukraine n’en finit pas ses ravages, destructions, crimes et sacrifices. Ses effets géopolitiques n’en sont qu’à leurs débuts. Ils dépendront de l’issue de la guerre. Certains sont évidents : la Russie a perdu de sa superbe, il n’est pas sûr qu’elle reste dans le cercle des grandes puissances. L’Otan s’est élargie. L’Europe s’est rassemblée. Le récent sommet de la Communauté Politique Européenne, créée à l’initiative d’Emmanuel Macron, a réuni 48 chefs d’Etat et de gouvernement qui ont réaffirmé leur soutien à l’Ukraine.
Pourtant, ce serait une erreur de croire que l’Europe, son unité, son influence, son avenir, sort renforcée de ce conflit. Non pas à cause des conséquences économiques, mais à cause de ses contradictions politiques.
Le partenaire naturel de la Russie, ce devrait être l’Europe. La vassalisation promise à la Chine est un triste cheminement.
En premier lieu, a été repoussé, au moins jusqu’à l’après Poutine, l’évidente complémentarité stratégique entre la Russie et l’Europe. On peut critiquer l’aveuglement des dirigeants européens, les compromissions, les illusions. Au fond, l’idée d’un partenariat stratégique, économique, financier, énergétique, politique, englobant les questions de sécurité commune, étaient prometteurs. Ils étaient même une évidence, en tout cas pour la Russie. Le partenaire naturel de la Russie, ce devrait être l’Europe. La vassalisation promise à la Chine est un triste cheminement pour les Russes (Vladivostok devient un port chinois). La destinée naturelle des Russes est de se tourner vers l’Europe : la « Russie éternelle » est européenne. C’est la « voie romaine », dirait le Pape.
En réveillant l’Otan, en renforçant l’Otan par l’adhésion de la Suède et de la Finlande, elle a réaffirmé l’influence américaine en Europe. La France a beau claironner « l’autonomie stratégique européenne », elle est bien obligée de constater que les pays européens, plus que jamais, comptent sur les Américains pour leur défense. Si tous augmentent leur budget de défense, ils se tournent vers les États-Unis. D’où l’importance des programmes conjoints franco-allemands en matière d’industrie de défense.
Tout cela peut évoluer, avec le temps, avec d’autres gouvernements, aux États-Unis ou en Russie. Un Trump imposerait à nouveau un isolationnisme qui ferait réfléchir nombre de pays européens. Un nouveau dirigeant en Russie, pourrait tourner le dos à une politique qui a réduit la Russie.
Emmanuel Macron a changé d’avis. La France soutient désormais un nouvel élargissement aux pays des Balkans.
Ce qui ne changera pas, c’est l’esprit européen, ou plutôt le manque d’esprit européen. L’Ukraine, par son courage, a forcé le respect et obtenu sa candidature à l’intégration dans l’Union européenne. Dans son sillage, les pays des Balkans ont renouvelé leurs demandes. Emmanuel Macron, qui en en 2019, s’était opposé à l’ouverture de négociations avec l’Albanie et la Macédoine du nord, a changé d’avis. La France soutient donc désormais un nouvel élargissement. Jusqu’où : Ukraine, Moldavie, Albanie, Macédoine du nord, ensuite, Monténégro, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo ?
Certes les négociations seront longues, les critères exigeants. Mais avec 33 ou 35 pays, que deviendrait l’Union Européenne ? Une bureaucratie de traducteurs ? On annonce qu’on changera les règles, qu’on abandonnera celles de l’unanimité, y compris en politique étrangère, comme le propose l’Allemagne. C’est un leurre. Aucun pays ne se soumettra à « Bruxelles » comme le démontre la Pologne, la Hongrie, demain n’importe quel autre. Ils n’ont pas la même conception de l’Europe que la « vieille Europe », les pays balkaniques encore moins. Ils attendent les subventions, pas l’Etat de droit. On peut les aider, pas les faire entrer.
Si l’on veut détruire l’Europe, il suffit de l’élargir.L’élargissement, c’est construire l’Europe à l’envers.
C’était une erreur d’accepter l’élargissement des anciens pays communistes sans avoir réformé auparavant l’Union Européenne : si l’on veut détruire l’Europe, il suffit de l’élargir.
Une des justifications de la volte-face de la France est d’arrimer les Balkans à l’Europe, plutôt que d’y voir grandir l’influence russe ou chinoise. Comme s’il n’y avait que ces moyens là pour y faire face. Il y aura donc, en plus des pays sous influence directe américaine comme c’est le cas aujourd’hui, des pays sous influence russe ou chinoise, au sein de l’Union. Remarquable stratégie.
La Communauté Politique Européenne imaginée par le Président de la République, a remporté un franc succès lors de son dernier Forum : voilà un sommet où les chefs d’Etat se rencontrent, parlent de tout, et manifestent cette unité « civilisationnelle » qu’est l’Europe. Pourquoi pas, les rencontres sont utiles. Parler de tout, ne décider de rien. Une mini assemblée des Nations-Unies ne résout pas plus les conflits que ne le fait la grande assemblée des Nations-Unies, qui n’a jamais résolu un conflit. Son utilité est ailleurs.
Est-ce que l’adhésion des pays des Balkans et de l’Ukraine régleront ces défis : migrations, crime organisé, défense européenne, défi énergétique, révolution digitale, robotique, vieillissement, fatigue démocratique ? Cela renforcera-t-il l’euro, ou le dollar ? L’esprit européen ou l’esprit du mal, c’est-à-dire le crime organisé, qui les gangrène ?
Une direction politique ne peut être assurée que par l’alliance franco-allemande. Celle-ci est déséquilibrée par la faiblesse de la France.
Ce qui manque à l’Europe, c’est une direction politique. Elle ne peut être assurée que par l’alliance franco-allemande. Celle-ci est déséquilibrée par la faiblesse économique et financière de la France.
Si l’on comprend bien le devoir « moral » vis-à-vis de l’Ukraine, comme existait un devoir « moral » vis-à-vis des anciens pays du bloc communiste, il ne doit pas contrecarrer le projet européen, alliance fondamentale sur des principes et intérêts proprement européens.
La vieille idée de l’Europe des cercles revient. Il faut une alliance européenne entre les pays qui veulent une « Europe européenne ». France, Allemagne, Italie, Espagne et quelques autres, doivent se regrouper autrement que dans une large Europe soumise aux influences étrangères contradictoires, à des intérêts nationaux conflictuels, notamment dans les Balkans.
Une alliance européenne entre les pays qui veulent une « Europe européenne ».
La France a signé le Traité de l’Elysée avec l’Allemagne, qui a fondé l’alliance franco-allemande en 1963. Elle a signé, de façon symbolique, le même type de traité, récemment, avec l’Espagne et l’Italie. Ce sont ces pays (et quelques autres) qui peuvent donner une impulsion politique à l’Europe. Il faut une initiative européenne pour que l’Union ne disparaisse pas, soit sous forme de bureaucratie impuissante et dépensière, soit sous forme de Concile perpétuel.
Beaucoup espèrent que la construction européenne s’étiole. C’est le cas des Russes, des Américains, des Chinois. C’est le cas de de forces politiques « néo-nationalistes » au sein de l’Europe qui conduiraient à la perte de toute indépendance. Le nationalisme flatte, ronge, puis se retourne contre la Patrie, le « pays réel », comme disait Maurras, qui a bien démontré son fourvoiement. C’est la leçon historique, philosophique de tout nationalisme, que l’on confond avec le patriotisme, qu’il soit français, allemand, turc ou paraguayen.
Troisième effet néfaste de l’élargissement : le déplacement du centre de gravité de l’Europe. Cela aura pour conséquence un accroissement de l’influence de l’Allemagne et un affaiblissement de la France. Or le découplage franco-allemand est une menace mortelle pour l’Europe.
Les véritables menaces qui pèsent sur l’Europe, les défis du siècle sont en Méditerranée.
Autre conséquence : l’oubli de l’enjeu méditerranéen. Les véritables menaces qui pèsent sur l’Europe, les défis du siècle sont en Méditerranée. Migrations, démographie, traite humaine, crime organisé, défi écologique, défis humanitaires, conflits et guerres, radicalisme religieux, résurgence d’un modèle autoritaire, régressions des droits, notamment ceux des femmes, là sont mille dangers qui n’intéressent aucunement les États-Unis ni certains Etats européens, mais qui s’importent en Europe. La Tunisie, le Maroc, l’Algérie, l’Egypte sont des enjeux cruciaux pour l’Europe, sans compter l’Afrique subsaharienne.
Personne n’a commenté le revirement d’Emmanuel Macron, revirement majeur. Le modèle européen n’est pas celui d’une extension perpétuelle, mais la construction d’un modèle.
Personne n’a commenté le revirement d’Emmanuel Macron, revirement majeur. Jusqu’à présent la France refusait tout nouvel élargissement. S’il ne s’agit que de promesses d’attente, elles décevront ces pays : fausse habileté diplomatique. Sur le fond, elles accentuent le déséquilibre franco-allemand, l’absence de politique propre à l’Europe, le renoncement à l’ « autonomie stratégique ».
Evidemment, entre les États-Unis et la Russie, entre les États-Unis et la Chine, il n’y a pas équidistance : nous sommes dans l’alliance des démocraties. Le modèle européen n’est pas celui d’une extension perpétuelle, mais la construction d’un modèle. C’est ce modèle qui apparaît en panne, un modèle démocratique, le modèle européen des démocraties libérales. L’élargissement, c’est construire l’Europe à l’envers. Certains pays, en Europe, se manifestent ouvertement comme anti-européens, comme « illibéraux ». Doit-on refaire les mêmes erreurs ? Espérons que conformément aux engagements, tout élargissement fera l’objet d’un référendum.
Bonjour à tous, bienvenue dans le premier flash quotidien des expatriés de cette semaine. Ce lundi 05 dans votre édition : le Festival de la Mer, une nouvelle carte météo pour vos voyages en France et les prévisions des conséquences de la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites ce mardi.
A Ajaccio s’est tenu le Festival de la Mer
Un événement organisé par Laurent Dominati, a. Ambassadeur de France, a. Député de Paris et Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press. Pendant 3 jours, scientifiques, professionnels et citoyens se sont réunis pour exposer les solutions pour préserver notre patrimoine maritime. Les Français de l’étranger ont aussi contribué grâce à l’appel à idées lancé sur le site. Vous avez été plus de 10 000 à répondre avec plus de 300 idées issues des 4 coins du monde. Retrouvez-les dans l’article dédié sur nos sites.
La météo des forêts, vous connaissez ?
C’est une nouvelle carte proposée depuis vendredi dernier par Météo France. Alors que la saison estivale s’annonce périlleuse pour nos massifs forestiers, ce nouveau dispositif aidera les pompiers et les autorités à prépositionner les moyens d’interventions adéquats. Mais pas seulement, les citoyens, comme les touristes, pourront aussi adapter leur comportement selon le niveau de risque, qui va du vert au rouge écarlate. Lors de vos vacances en France, n’hésitez pas à la consulter pour préparer vos itinéraires de randonnées.
Journée de mobilisation contre la réforme des retraites
Ce mardi 06 juin, les syndicats appellent les salariés à descendre dans la rue alors qu’une nouvelle loi sera mise au vote le 08 juin pour annuler la réforme tant décriée. En Europe, des rassemblements citoyens sont organisés devant les ambassades à Berlin, Londres, devant les consulats à Madrid, Barcelone. En France, les avions et les trains seront fortement perturbés a priori comme les écoles. Pour les petits Français de l’étranger les mouvements s’annoncent suivis alors que mardi est une des dernières journées d’examens pour le Brevet des collèges et le Baccalauréat. Il faudra donc être attentif aux modifications d’organisations annoncées ce jour dans les établissements AEFE concernés.
Le Festival de la Mer, gratuit et ouvert à tous, a réuni à Ajaccio, du 1er au 3 juin 2023, des associations, des fondations, des entreprises, des institutionnels, des étudiants et des scientifiques qui œuvrent pour une cause prioritaire : protéger l’écosystème de la mer Méditerranée. Organisé par Laurent Dominati, ancien ambassadeur de France, ancien député de Paris et président de la société éditrice de votre site, lesfrancais.press, l’événement fut l’occasion pour nous de vous demander quelles sont les idées que les Français de l’étranger ont pu voir mises en application dans leur pays de résidence.
Vous avez été près de 10 000 à répondre à notre questionnaire, preuve que la défense de notre patrimoine maritime est au coeur des préoccupations de tous les Français. Plus de 350 idées ont été déposées en fin de formulaire. Nous en avons tiré deux axes : l’action citoyenne et l’action politico-économique. Mais avant de se pencher sur ces points, faisons le bilan de cette deuxième édition du Festival de la mer.
Pédagogie et mobilisation
Cette année, le Festival de la Mer a invité les enfants à la projection du film « Méditerranée, l’odyssée pour la vie » et leur a donné rendez-vous pour des rencontres et visites privilégiées sur le village Méditerranée – Vita Marina où leur furent proposés des ateliers ludiques et pédagogiques, mais aussi une exposition de photographies de l’artiste et plongeur Pierre-Jean Beaux.
Le film fut également projeté sur le port Tino Rossi pendant la fête des pêcheurs, jeudi 01 juin, tout comme le magazine Mediterraneo, dont les plus belles images sur la mer Méditerranée ont enchanté les spectateurs nombreux sur les quais. Le Festival de la Mer a aussi invité tous les volontaires à se joindre à l’association Corsica Clean Nature pour un grand nettoyage de la plage du Ricanto tout en assistant au même moment au défi pour la Méditerranée du club d’aviron Kallisté.
Enfin, vendredi 02 juin, pour connaître l’état de la Méditerranée et les innovations proposées, le Festival a consacré la journée à des tables rondes et des rencontres avec des spécialistes.
Blue Odyssey Corsica
Pour finir ce samedi, le Festival de la Mer a accueilli le départ de la mission scientifique Blue Odyssey Corsica. La Blue Odyssey Initiative est une association française basée à Marseille et créée en 2022, qui prône une approche innovante et réaliste de la défense de l’environnement marin. Plus précisément, elle veut comprendre les littoraux sous-marins de petite profondeur, et proposer des solutions concrètes face à la pollution et à la destruction de la biodiversité. Pour cela, elle met en œuvre des expéditions en utilisant le Platypus, un bateau révolutionnaire semi-submersible, qui possède une grande capacité d’emport aussi bien de passagers que de matériel scientifique.
L’expédition dédiée à la Méditerranée, qui fera le tour de l’île du 03 au 29 juin, participe à la construction de Baromed. Cet outil sera amené à devenir le baromètre de la santé de la mer Méditerranée à travers différents critères scientifiques afin de juger de la qualité de l’eau.
Baromed
Ainsi Baromed est un baromètre qui dresse un état des lieux de la pollution du littoral. Il s’appuie aussi sur une étude des fonds marins corses commandée par le fonds HLD pour la Méditerranée et l’agence de l’eau. Il s’agit d’une base de données importante sur la Corse et la pollution plastique en Méditerranée qui a commencé à être compilée grâce à l’action d’associations comme Mare Corsica, EKKOCEAN, l’agence de l’eau ou encore l’Office de l’environnement de la Corse.
Le Baromed rassemble l’essentiel des données existantes. L’objectif final étant de se rendre compte de l’état global des fonds marins, notamment la pollution par macrodéchets, mais également de l’état de la biodiversité. L’idée est aussi de mettre en avant les solutions existantes et à venir pour protéger la Méditerranée en réfléchissant à des techniques, une réglementation efficace et des moyens de sensibilisation.
Les Français de l’étranger au chevet des océans
Si parmi les expatriés, ils ne sont que 38% à vivre au bord d’une mer ou d’un océan, ils sont 53% à être informés des différentes initiatives prises à travers le monde pour sauvegarder notre première ressource. Pas de miracle, pour 70% d’entre-eux les techniques dont ils ont la connaissance sont déjà employées en France, pour autant les expatriés ne manquent pas d’idées. Leur pays de résidence influe souvent sur la méthodologie qu’ils désireraient voir appliquée sur nos côtes.
Ainsi pour ceux qui vivent en Asie, en particulier à Singapour ou en Chine, la solution ne peut venir que par un renforcement des sanctions contre les pollueurs, qu’ils soient des industriels, des transporteurs mais aussi des citoyens.
« Verbaliser davantage et plus fort les pollueurs particuliers (plaisanciers, baigneurs…) pour en faire des exemples. Ce qu’on pourrait appeler la « Méthode (de) Singapour » !!! «
Un Français résidant à Singapour
Pour d’autres, ceux qui résident autour du bassin méditerranéen, le principal obstacle à une action pérenne pour la mer, c’est l’absence de concertation entre les Etats qui partagent son rivage.
« Que les deux rives adoptent les mêmes mesures de protection… »
Une Française résidante en Israël
Parmi ce groupe d’expatriés, certains s’étonnent que les pays du Maghreb ont réellement banni les sacs plastiques du quotidien alors qu’en Europe ces derniers sont encore largement utilisés.
« Quand on pense que les vendeurs marocains proposent des sacs recyclables au marché alors que les Européens sont encore aux sacs plastiques, c’est une hérésie ! «
Une Française résidante au Maroc
Car pour tous, et ce quel que soit le pays de résidence, l’ennemi numéro 1 c’est le plastique. Ainsi, dans notre consultation, vous proposez que soit revues la politique de production comme celle de recyclage. Mais aussi, les Français de l’étranger sont consternés quant au manque de communication en France. Qui connait les associations de ramassage ? Qui connait les dates des journées d’actions sur les plages ? Pour les expatriés, une meilleure médiatisation et diffusion de ces dispositifs permettrait à chacun de prendre sa part de responsabilité.
Mais d’autres doivent prendre aussi leurs responsabilités, et ça les Français résidant hors de France l’ont bien compris. Ils ont dans notre consultation dénoncé les aberrations que sont les bateaux géants de croisière comme la multiplication des embarcations à usage personnel, l’utilisation massive du plastique par les industriels, la mauvaise gestion des rejets des eaux usées dans les mers et océans, etc.
Le chemin est encore long pour arriver à déployer une réelle politique de protection des mers et océans, mais acteurs professionnels comme citoyens aux 4 coins de la planète semblent être prêts à relever le défi. Rendez-vous en 2024 à Ajaccio pour faire le point sur les avancées.