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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 19.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 19.09.23

    Nous sommes le mardi 19 septembre 2023, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés, aujourd’hui, on revient sur la campagne de recrutement de l’AEFE qui se termine à la fin du mois, sur le G77 qui s’est conclu ce dimanche avant de vous alerter sur la disparition de certains comptes Gmail le 1er décembre.

    Vous avez la fibre pédagogique ? 

    Si oui vous avez jusqu’au 28 septembre 2023 pour candidater sur des postes d’encadrement et de formation à l’AEFE. Des possibilités existent aussi dans le réseau culturel. Actuellement le réseau recherche des détachés sur missions d’encadrement comme chefs/cheffes d’établissement et adjoints, des DAF, ACS ou secrétaires généraux, des directeurs/directrices d’école et des inspecteurs/inspectrices du premier degré. Tous les détails sur le site Lesfrancais.press ou sur celui de l’AEFE.

    Rentrée 2023
    Rentrée 2023

    Un G77 très chinois 

    Le G77, fondé en 1964, est composé de 134 pays membres qui représentent plus de 80% de la population mondiale. Les pays du G77 se situent en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Tous ont été représentés au sommet qui vient de se conclure à la Havane sur l’île de Cuba. La Chine participait à ce sommet comme acteur externe. Son représentant, Li Xi, membre du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois, a insisté dans son allocution sur l’importance de la « coopération Sud-Sud », alors que plusieurs orateurs ont évoqué les inégalités mondiales mises au jour par la pandémie de Covid-19 et la nécessité de réduire la dette des pays les plus pauvres pour financer la transition climatique.

    G77
    G77

    Au 1er décembre, Google procédera à une suppression de certains comptes Gmail

    Cette initiative est venue d’un changement dans la politique de Google, concernant les comptes «inactifs». C’est-à-dire ceux qui n’ont pas été utilisés depuis deux ans. De ce fait, les comptes principaux ne sont pas en tête de liste. Pas de panique a priori. Cependant, un compte secondaire n’impliquant pas le besoin de se connecter souvent, qui pouvait stocker de vieilles données ou qui était utilisé pour s’inscrire à des newsletters, serait concerné. Soyez attentif ! 

    C’est tout pour aujourd’hui. Passez un bon mardi où que vous soyez ! 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Plus que quelques jours pour postuler à l’AEFE 

    Plus que quelques jours pour postuler à l’AEFE 

    Vous avez jusqu’au 28 septembre 2023 pour candidater sur des postes d’encadrement et de formation à l’AEFE. Des possibilités existent aussi dans le réseau culturel. A l’AEFE, voici la liste des postes, les modalités de candidatures et les attendus.

    Il existe deux grandes campagnes de recrutement annuelles à destination de titulaires de la fonction publique française souhaitant être détachés auprès de l’AEFE pour exercer à l’étranger : l’une s’ouvre en septembre, l’autre en décembre/janvier.

    Des campagnes pour des missions déterminées 

    Une première campagne de recrutement en septembre pour les personnels de détachés AEFE sur missions d’encadrements ou de formation. 

    Les détachés sur missions d’encadrement sont des chefs/cheffes d’établissement et adjoints, des DAF, ACS ou secrétaires généraux, des directeurs/directrices d’écoles et des inspecteurs/inspectrices du premier degré.

    Voir la rubrique « Recrutement des détachés sur missions d’encadrement ». Les pages Personnels de direction,  Personnels administratifs et financiers,  Directeurs ou directrices d’école,  Inspectrices ou inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN) permettent de connaître les attendus des différents types de postes, les conditions et modalités de candidatures ainsi que les postes à pourvoir quand la campagne de recrutement est ouverte.

    Campagne de recrutement de l'AEFE Campagne de recrutement de l’AEFE

    Les détachés sur missions de formation sont des maîtres formateurs et conseillers/conseillères pédagogiques dans le 1er degré ainsi que des enseignants du second degré ayant des compétences de formation et animation pédagogiques auprès de leurs pairs.

    Voir la rubrique « Recrutement des détachés sur missions de formation ». Les pages Enseignants formateurs du premier degré et Enseignants formateurs du second degré présentent les attendus de ces postes, les conditions et modalités de candidatures ainsi que les postes à pourvoir quand la campagne de recrutement est ouverte.

    En décembre/janvier, une campagne pour les personnels de détachés AEFE sur missions d’enseignements et d’éducation. 

    Les détachés sur missions d’enseignement, d’éducation et d’administration sont des enseignants du premier degré et du second degré, des CPE et psychologues de l’éducation nationale ainsi que quelques personnels administratifs.

    Consulter la rubrique « Recrutement des détachés sur missions d’enseignement, d’éducation et d’administration », avec ses pages d’information et la liste des postes à pouvoir quand la campagne de recrutement est ouverte.

    Les postes encore ouverts 

    L’AEFE recherche, en ce mois de septembre, des personnels qui seront détachés auprès d’elle pour des missions d’encadrement et des missions de formation. Ces derniers prendront leur poste à partir de la rentrée 2024.

    En ce qui concerne les missions de formation, l’AEFE recrute pour des postes d’enseignants formateurs de premier degré (école maternelle et élémentaire) et de second degré (collège et lycée).

    Voilà la liste de tous les postes et les liens pour découvrir la fiche de mission : 

    Le personnel de direction : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-dencadrement/personnels-de-direction

    Le personnel administratif : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-dencadrement/personnels-administratifs-et

    Les postes de direction : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-dencadrement/directeurs-ou-directrices-decole

    Les postes d’inspecteurs de l’Éducation nationale : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-dencadrement/inspectrices-ou-inspecteurs-de.

    Les postes de formateurs du second degré : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-de-formation/enseignants-formateurs-du-second-degre.

    Les postes de formateurs du premier degré : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-de-formation/enseignants-formateurs-du-premier.

  • Les nouvelles routes de la soie, dix ans après

    Les nouvelles routes de la soie, dix ans après

    En 2013, le président chinois, Xi Jinping, posait les bases des nouvelles routes de la soie. La présentation de ce projet s’est effectuée en plusieurs temps. Ce projet visait à redonner vie à un ancien réseau de routes commerciales reliant la Chine à l’Asie centrale, au Moyen-Orient, à l’Afrique et à l’Europe, routes qui dataient de l’Antiquité.

    Surnommée le « projet du siècle » par Xi Jinping, la reconstitution de ce réseau avait vocation à sécuriser l’approvisionnement en matières premières, énergie et en produits agricoles de la Chine et à faciliter l’acheminement des exportations. Il s’est mué également en outil d’influence géopolitique. Le projet a débouché sur la création de véritables comptoirs. Des ports et des aéroports sont construits ou achetés. Des routes ont été modernisées.

    Plus de cinquante pays

    En 2017, face aux critiques émanant de nombreux gouvernements, le Président chinois a remanié le projet en lui substituant au nom « One Belt, One Road » (« une ceinture, une route »), le nom moins exclusif « Belt and Road Initiative » (BRI). À travers ce projet, les Chinois sont accusés d’hégémonisme en prenant le contrôle de secteurs clefs au sein de nombreux pays. Les Occidentaux qui dans un premier temps n’avaient pas réagi à cette initiative s’y opposent de plus en plus ouvertement.

    Dix ans après sa naissance, le programme BRI est un réel succès. Plus de 50 pays y ont adhéré, pays qui représentent près de 75 % de la population et du PIB mondial.

    Avec cette initiative, la Chine a distribué des centaines de milliards de dollars en prêts et subventions pour les chemins de fer, les routes et d’autres infrastructures. La Chine affirme avoir été à l’origine de la création de 420 000 emplois grâce au BRI. Elle souligne que par son initiative 40 millions de personnes seraient sorties de la pauvreté. Les États membres se situent sur la quasi-totalité des continents. Dix-huit des 27 membres de l’Union européenne ont adhéré au BRI. Les principaux bénéficiaires européens sont la Grèce, la Hongrie, l’Estonie et le Portugal. En 2016, la Grèce, au bord de la banqueroute, avait décidé de privatiser des entreprises publiques. Elle a ainsi accepté de vendre à la société chinoise Cosco une participation de 51 % dans l’ensemble de l’installation portuaire du Pirée. Ce port se classe désormais parmi les quarante plus grands ports mondiaux quand il se situait, en 2016, au 93e rang. Depuis l’arrivée de l’entreprise chinoise, la capacité de manutention des conteneurs au Pirée a plus que quadruplé.

    Un outil géopolitique et de soutien aux pays en développement

    La Chine se pose en modèle concurrent des États occidentaux auprès des pays en développement et émergents. À la recherche de soutien notamment dans les organisations internationales, elle n’a pas hésité, dans les années 2010, à financer un nombre important de grands projets d’infrastructures en Afrique comme en Asie.

    Elle n’hésite pas non plus à faire pression sur les États aidés pour faciliter la nomination de Chinois ou de personnalités capables de défendre ses intérêts au sein des organisations internationales. Les autorités chinoises mettent en avant qu’elles ne demandent, à la différence des Occidentaux, aucune contrepartie en matière de transparence financière ou de Droits de l’Homme. La Chine s’est ainsi constitué un réseau d’États susceptibles de l’épauler face aux États-Unis. Avec le BRI, en dix ans, la Chine est devenue le plus grand créancier des pays en développement.

    La présence de la Chine s’est fortement accrue en Afrique, remplaçant les anciennes puissances coloniales, la France et le Royaume-Uni. Les entreprises chinoises ont ainsi réalisé d’importantes infrastructures ferroviaires ou portuaires au profit d’États d’Afrique subsaharienne. Les pays émergents et en développement se sont davantage tournés vers la Chine en raison des difficultés croissantes d’accéder aux crédits occidentaux.

    Les banques européennes et américaines sont devenues, en raison des réglementations adoptées au sein de l’OCDE, plus strictes en matière d’octroi de crédits (lutte contre la corruption). Par ailleurs, les promesses du FMI ou de la Banque mondiale de venir en aide aux pays pauvres restent souvent lettre morte incitant ces derniers à se tourner vers d’autres États ou organisations.

    Route de la soie  La Chine est de plus en plus préoccupée par sa sécurité économique

    L’Asie au cœur des priorités chinoises

    Allié traditionnel de la Chine, le Pakistan a bénéficié de 60 milliards de dollars d’aides de de cette dernière pour moderniser ses centrales électriques et ses routes. Connu sous le nom de Corridor économique Chine-Pakistan (Cpec), l’objectif était de favoriser les échanges entre les deux pays. Les retombées économiques ont été faibles en raison, notamment, de la multiplication des conflits politiques et sociaux au Pakistan.

    Confronté à un problème de remboursement des dettes accumulées, le Pakistan a fini par se tourner vers le FMI pour obtenir de l’aide. La Chine n’abandonne néanmoins pas ce pays qui est jugé comme stratégique.

    La Chine entend de plus en plus à sécuriser la zone asiatique tend à limiter à la fois l’influence des États-Unis mais aussi celle de l’Inde, son concurrent traditionnel tant géographique que politique.

    Dans un contexte de tensions croissantes avec l’Occident, la Chine est de plus en plus préoccupée par sa sécurité économique. En Asie, l’hégémonisme chinoise commence à faire débat. Que ce soit au Vietnam, au Laos ou au Cambodge, les populations sont de plus en plus méfiantes face à la montée en puissance des entreprises chinoises. Le Laos est confronté au remboursement d’une dette de plus de 10,5 milliards de dollars dont la moitié est d’origine chinoise. L’année dernière, faute de réserves de changes suffisantes, le pays a été incapable d’acheter le pétrole dont il avait besoin. Le pays est au bord du défaut de paiement. Face à cette situation, la Chine a accepté le report des remboursements. Elle a, par ailleurs, décidé de privilégier la Thaïlande ou la Malaisie mais les gouvernements de ces deux pays sont moins coopératifs que celui du Laos.

    La Chine confrontée au problème de l’endettement des pays en développement

    Depuis quelques années, la Chine est confrontée aux non-paiements des dettes de la part des pays les plus pauvres. Jusqu’à une date récente, elle refusait de participer au Club de Paris qui réunit les créanciers des États en difficulté. Ce club propose de manière coordonnée des plans de rééchelonnement ou d’annulation des dettes. La Chine privilégie les relations bilatérales. Face aux risques de non-paiements des créances, les autorités chinoises cherchent soit à acquérir les infrastructures dont elles sont à l’origine, soit d’imposer des règles de gestion afin d’obtenir de meilleurs rendements, soit d’imposer des plans de redressement directement aux gouvernements concernés. Cette pratique aggrave bien souvent la situation des pays endettés.

    Le FMI plafonne souvent les taux à 2 %, les Chinois appliquent 5 %.

    Entre 2016 et 2021, les autorités chinoises ont accordé 185 milliards de dollars de prêts de sauvetage. Si en 2010, moins de 5 % des prêts chinois à l’étranger concernaient des États en difficulté, ce ratio atteint, en 2022, 60 %. Les banques chinoises concèdent peu de remises à ces États. Le FMI plafonne souvent les taux à 2 % pour les pays les plus pauvres ayant des problèmes financiers, quand, en moyenne, les Chinois appliquent des taux de 5 %. En juin 2023, pour la première fois, la Chine a accepté de se joindre aux créanciers occidentaux pour établir un accord avec la Zambie de restructuration de sa dette, dont une grande partie est due à la Chine. Depuis quelques années, face aux risques de défaut de paiement, la Chine prête avec plus de parcimonie aux pays en développement.

    En 2020, les nouveaux prêts de la Chine aux gouvernements africains s’élevaient à moins de 2 milliards de dollars. Il s’agit du montant le plus bas depuis 2004. Les banques chinoises sont beaucoup plus prudentes en raison notamment des difficultés des banques sur le plan intérieur. Xi Jinping souhaite orienter le BRI vers des projets moins coûteux mais plus utiles sur le long terme. Il évoque de plus en plus une « Route de la Soie numérique » axée sur des secteurs tels que l’intelligence artificielle, les télécommunications et le Cloud.

    Route de la soieOne Belt, One Road

    Les Occidentaux de plus en plus critiques face à la Route de la Soie

    Pour le dixième anniversaire de la Nouvelle Route de la Soie, les Occidentaux ont décidé de boycotter le Forum qui doit se tenir à Pékin en octobre. En revanche, Vladimir Poutine sera présent. À cette occasion, le Président chinois devrait vendre un modèle de développement alternatif à celui des démocraties occidentales. L’Italie qui était le seul pays membre de l’OCDE et du G7 a participé au BRI a annoncé, par l’intermédiaire de son vice-Premier ministre, Antonio Tajani, que son pays pourrait s’en retirer.

    La Route de la Soie devient de plus en plus une des expressions de la fragmentation du monde avec, d’un côté, les pays émergents et en développement rassemblés autour de la Chine et, de l’autre côté, l’OCDE. Au G20, cette division s’est notamment matérialisée par le refus de la majorité des États présents de dénoncer nommément la Russie comme l’agresseur de l’Ukraine. En 2013, la nouvelle route de la soie n’est pas perçue comme un outil de la géopolitique de la Chine. La réaction de la part des Occidentaux intervient en 2017 avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump qui déclenche une guerre commerciale contre la Chine. L’Union européenne, avec prudence, prend position en 2021 en qualifiant la Chine de « rival systémique ». Avant cela, les Grecs ont commencé à prendre leurs distances avec la Chine.

    L’Union européenne a décidé de renforcer le contrôle des investissements étrangers pour détecter d’éventuels risques de sécurité. En 2023, les projets chinois sont rares. Demeure la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre la Hongrie et la Serbie. Les Chinois espèrent pouvoir la poursuivre afin de relier, à terme, le port du Pirée, mais la Macédoine du Nord et la Grèce ne sont guère enclins à satisfaire leurs désirs.

    Un projet revu et corrigé

    Les nouvelles routes de la soie pourraient être placées, dans les prochaines années, au second plan en raison de la multiplication des problèmes auxquels est confrontée la Chine. La crise immobilière nécessite une mobilisation des capitaux chinois. Les plans de relance mobilisent une part croissante du budget et des crédits possibles. L’objectif des autorités est d’éviter la déflation et de maintenir un minimum de croissance. La transition énergétique, elle aussi, n’est pas sans conséquence sur le programme BRI. La réalisation d’infrastructures en Chine mobilise des moyens croissants.

    Pour éviter d’éventuelles sanctions internationales, la Chine entend éviter d’être pointée comme responsable du réchauffement climatique en finançant des centrales électriques au charbon que les pays en développement prévoient en raison de leur faible coût de construction. Les autorités chinoises ne souhaitent pas abandonner le BRI mais le réorienter vers la haute technologie. Elles veulent dépenser moins et obtenir un meilleur rendement des sommes qui y sont affectées.

  • CEDRE France, l’allié scolarité en français 

    CEDRE France, l’allié scolarité en français 

    La crise engendrée par la COVID‑19 a amené des millions d’enseignants et d’élèves à découvrir leurs cours et leurs formations via des dispositifs en ligne. En très peu de temps, les professeurs ont dû trouver des solutions afin de diffuser de la matière, faire réaliser des exercices et accompagner leurs étudiants à distance. Désormais, corps professoral comme élèves sont rodés à ce type d’apprentissage. Au micro de La radio des Français dans le monde, nous recevons Marie Laure Le Lourec, directrice de CEDRE France qui nous parle du maintien du français en expatriation ou de l’anglais lors du retour en France.

    L’enseignement à distance : le bon plan pour les expatriés

    S’expatrier pour une durée plus ou moins longue, alors que l’on a des enfants, pose forcément la question de l’éducation scolaire. Selon l’âge des enfants, selon le lieu d’habitation, les offres éducatives divergent : entre les écoles internationales, les Lycées français de l’AEFE ou les établissements scolaires du pays, les options sont nombreuses. Mais les places sont souvent limitées et se pose aussi la question du financement. Enfin, dans certaines régions, il n’est pas possible d’accéder à des cours en français en présentiel. L’enseignement à distance en français peut ainsi compléter un enseignement local ou apporter un soutien scolaire. 

    Pour autant il n’est pas facile de s’y retrouver tant le panel de solutions est large : quelle école ? Quel programme ? Cours complet ou disciplines séparées ?

    CEDRE FRANCEL’enseignement à distance pour maintenir le niveau de français pendant l’expatriation

    Et l’école à la maison ? 

    Autre option à laquelle on ne pense pas toujours, c’est l’école à la maison. L’enseignement à distance, en cours complet ou en discipline séparée, apporte des réponses adaptées aux familles en expatriation. Pour faire les bons choix, il est bon d’anticiper le retour, notamment en ce qui concerne la scolarisation des enfants. Maintenir un bon niveau de français et garder un lien avec les méthodes et les attendus en France facilite la réintégration des élèves et leur réussite future. Les établissements scolaires locaux ne proposent pas toujours aux enfants le niveau d’enseignement requis ou ne répondent pas exactement aux attentes éducatives des parents.

    Ainsi, on peut par exemple choisir des cours renforcés d’anglais pour se mettre rapidement à niveau et suivre aisément un enseignement global au sein d’un établissement anglophone. Au contraire, une autre famille peut privilégier le français, afin de préserver un niveau satisfaisant même durant l’expatriation. Enfin, il est possible de choisir la scolarité complète à distance, incluant l’ensemble des matières. L’enseignement à distance consiste à allier la souplesse de l’école à la maison avec l’encadrement pédagogique d’un établissement scolaire. L’élève bénéficie de supports de cours structurés, de devoirs à rendre, de corrigés assortis de commentaires des professeurs et de cours en visio-conférence en option.

    Un collectif d’enseignements à distance

    CEDRE France est un collectif d’établissements privés d’enseignement à distance partageant une vision commune : celle d’un enseignement à distance encadré, responsable et adaptable, pour les familles qui recherchent une alternative ou un complément au système scolaire classique. Il est composé de trois écoles à distance : l’EIB à distance, Hattemer Academy et le Cours Sainte-Anne, qui respectent toutes a minima les attendus de l’Éducation nationale et s’adaptent aux spécificités des élèves grâce à une approche sur-mesure (scolarité complète, scolarité partielle, programmes de révisions…).

    Grâce à son expérience des textes officiels et des différentes procédures légales qui encadrent l’enseignement à distance, l’équipe pédagogique de CEDRE vous accompagne dans toutes vos démarches administratives, de la prise de renseignements à l’inscription finale. Elle est là pour répondre à toutes vos questions avec pragmatisme et en s’adaptant à chaque cas, par téléphone au 09 70 71 76 76 et sur cedre-france.com.

    Grâce à cette nouvelle plateforme numérique, le collectif CEDRE souhaite répondre aux interrogations des familles envisageant un projet d’école à la maison et faire connaître au grand public ainsi qu’aux instances décisionnelles de l’Etat un mode d’enseignement capable de répondre à des projets familiaux ou des besoins éducatifs particuliers, mais aussi d’aider des enfants en souffrance scolaire à retrouver le goût des apprentissages.

    Ecoutez les podcasts avec Marie Laure Le Lourec

  • Fin du G77 + Chine

    Fin du G77 + Chine

    Le sommet du G77 et de la Chine s’est achevé à la Havane à Cuba. Il est formé par des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine qui représentent 80 % de la population mondiale… Des participants qui ont appelé à l’unité pour peser face aux pays riches.

    S’émanciper du G7 ?

    Le G77, fondé en 1964 est composé de 134 pays membres qui représentent plus de 80% de la population mondiale. Les pays du G77 se situent en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Tous sont représentés.

    Une trentaine de chefs d’État ont fait le déplacement à la Havane, notamment Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil et son homologue colombien, Gustavo Petro. Cyril Ramaphosa, président d’Afrique du Sud sera présent ainsi que le vice-président de l’Iran, Ruhollad Dehghani Firouz Abadi, chargé des affaires scientifiques et technologiques de son pays.

    © AFP – YAMIL LAGE

    La Chine omniprésente

    La Chine participait à ce sommet comme acteur externe. Son représentant, Li Xi, membre du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois, a insisté dans son allocution sur l’importance de la « coopération Sud-Sud », alors que plusieurs orateurs ont évoqué les inégalités mondiales mises au jour par la pandémie de Covid-19 et la nécessité de réduire la dette des pays les plus pauvres pour financer la transition climatique.

    L’organisation de ce sommet permet à Cuba de démontrer sa capacité diplomatique, malgré les difficultés économiques qui secouent le pays communiste. Une lente reprise après la pandémie, le renforcement des sanctions de Washington – qui impose un embargo à La Havane depuis 1962 – et les faiblesses structurelles internes ont plongé le pays dans une grave crise.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Langues officielles européennes : les États membres cherchent à contrer la précipitation espagnole

    Langues officielles européennes : les États membres cherchent à contrer la précipitation espagnole

    Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a officiellement demandé au Conseil de l’UE d’entamer le processus d’ajout du catalan, du basque et du galicien aux langues officielles de l’UE en août afin d’obtenir suffisamment de soutien, notamment de la part des partis indépendantistes catalans, pour faire prêter serment à Francina Armengol en tant que chef du parlement espagnol, le tout dans le contexte des négociations visant à former un nouveau gouvernement.

    La présidence du Conseil de l’UE, actuellement assurée par l’Espagne, a donc programmé le débat et l’adoption d’une décision lors d’une réunion qui se tiendra mercredi prochain (20 septembre).

    Toutefois, il semble que les pays de l’UE aient l’intention de ralentir le processus, la Suède étant le premier pays à faire part publiquement de ses préoccupations.

    « Nous pensons que les conséquences juridiques et financières de la proposition doivent faire l’objet d’une enquête plus approfondie », a déclaré le gouvernement suédois dans un communiqué.

    La précipitation du gouvernement espagnol est une préoccupation commune parmi les États membres, qui cherchent à comprendre soigneusement les implications opérationnelles de l’ajout des langues — en particulier les coûts — avant de prendre position, a appris Euractiv auprès de trois diplomates de l’UE.

    « Une telle décision nécessite un processus minutieux ; une décision en deux semaines est vraiment très ambitieuse », a déclaré l’un des diplomates.

    Une autre préoccupation partagée reste que d’autres langues minoritaires pourraient suivre et demander le même statut officiel de l’UE. « Il existe de nombreuses langues minoritaires qui ne sont pas des langues officielles de l’UE », affirment les Suédois.

    Espagne Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a officiellement demandé au Conseil de l’UE d’entamer le processus d’ajout du catalan, du basque et du galicien aux langues officielles de l’UE [Olivier Matthys/EPA-EFE]

    La position catalane

    « Nous n’envisageons pas la possibilité de ne pas approuver ce statut officiel du catalan en Europe », a déclaré mercredi à la presse la ministre catalane de la présidence, Laura Vilagrau i Pons.

    Face à la position des pays membres, Mme Vilagrau i Pons a déclaré à Euractiv que, bien qu’elle soit « en contact permanent » avec plusieurs gouvernements, c’est aux autorités espagnoles de rallier le soutien nécessaire, et de « se montrer à la hauteur de l’occasion ».

    Mme Vilagrau i Pons a également minimisé les préoccupations des pays membres en matière de coûts, arguant que les services de traduction ne représentent qu’une très petite partie du budget de l’UE, tout en affirmant que « la défense des droits linguistiques de millions d’Européens ne devrait pas être une discussion économique ».

    « L’amélioration des outils de traduction automatique et de l’intelligence artificielle signifie que les coûts de traduction peuvent être réduits de manière significative dans les années à venir », a-t-elle ajouté, tout en exprimant également que la Catalogne est prête à faire un pas en avant et à contribuer avec des ressources.

    « Le gouvernement [catalan] est et sera à la disposition des institutions européennes et, si elles le demandent, nous utiliserons toutes les ressources à notre disposition pour rendre l’officialité efficace », a-t-elle conclu.

    Un gouvernement socialiste en ligne de mire

    L’intégration du catalan, du basque et du galicien en tant que langues officielles de l’UE fait partie d’une série de concessions faites par les socialistes espagnols afin d’obtenir suffisamment de soutien pour former un gouvernement — en particulier le soutien des partis indépendantistes catalans Junts per Catalunya (JxCat/NI) et Esquerra Republicana de Catalunya (ERC/GreensEFA).

    L’officialisation du catalan est la première étape pour établir la confiance nécessaire à la poursuite des négociations et pour « vérifier » l’engagement du gouvernement espagnol, a déclaré le leader de JxCat et député européen Carles Puigdemont lors d’une conférence de presse, ajoutant que « si l’Espagne le veut, elle peut le faire ».

    Les indépendantistes catalans demandent en échange de leur soutien une loi d’amnistie, un référendum et des compétences fiscales pour la Catalogne.

    Dans le cadre des négociations, les partis de la coalition, le PSOE et Sumar ont également accepté d’autoriser l’utilisation du catalan, du basque, du galicien et d’autres langues régionales au sein du parlement espagnol.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 18.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 18.09.23

    Bonjour à tous, une nouvelle semaine s’ouvre, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés, nous sommes le lundi 18 septembre. Dans vos titres : Vote anticipé pour les Sénatoriales – Lampedusa : un flash d’urgence européen – France : administration et harcèlement scolaire. 

    Les élus des Français de l’étranger choisissent leurs représentants

    Dimanche prochain 170 nouveaux sénateurs seront élus par plus de 79 000 élus locaux, principalement des conseillers municipaux. Pour les 6 qui représenteront les près de 600 élus consulaires et parlementaires représentant les Français résidant hors de France, l’élection a commencé samedi dernier avec le vote anticipé dans les postes diplomatiques. Les résultats seront connus en fin de journée dimanche prochain. Nous en parlerons évidemment lundi 25 septembre. 

    Von der Leyen propose un plan d’urgence pour Lampedusa

    La présidente de la Commission européenne a suggéré lors de son déplacement à Lampedusa, ce dimanche, la mise en application d’un plan d’urgence pour gérer les arrivées irrégulières sur l’île. En effet, la semaine dernière plus de 8500 personnes y sont arrivées. Ce plan consiste notamment à élargir la mobilisation de Frontex pour lutter contre les passeurs, à accélérer l’aide financière à la Tunisie, principal pays de départ sur cette route migratoire, et à renforcer les « voies légales de l’immigration ».

    Un bateau des garde-côtes italiens transporte des candidats à l’immigration en Europe sur l’île de Lampedusa, le 15 septembre 2023, devant des baigneurs à l’arrière-plan. | ALESSANDRO SERRANO / AFP

    « On était victimes, on est devenus coupables ! »

    C’est le cri du cœur de la mère de Nicolas, adolescent de 15 ans qui s’est suicidé le 5 septembre à Poissy, dans les Yvelines. Elle dénonce la réponse du rectorat de Versailles à ses demandes d’actions face au harcèlement que subissait son fils à l’école. Dans une lettre du rectorat reçue l’année dernière, le fonctionnaire avait qualifié d' »inacceptables » les propos des parents qui auraient « remis en cause » l’attitude du personnel de l’établissement scolaire, les menaçant même de poursuites pour calomnie. Suite à cette révélation, Gabriel Attal, le ministre de l’Éducation nationale, a décidé de lancer un audit dans tous les rectorats. Si vous avez été victime dans le réseau AEFE de tels comportements, contactez la rédaction via l’e-mail : [email protected] (info au singulier). 

    Le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal assiste au début d’un cours sur les insectes, le 17 août 2023, dans une salle de classe du collège Guy Moquet à Saint-Benoît, au cours de son séjour de deux jours sur l’île de La Réunion pour la rentrée scolaire.

    C’est tout pour aujourd’hui ! On se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • La démocratie perd des batailles, jamais la guerre

    La démocratie perd des batailles, jamais la guerre

    « Le capital, c’est foutu. La Cinquième, c’est foutu. Le PC, c’est foutu. La société de consommation, c’est fini tout ça, c’est foutu. Les bagnoles, foutu. » C’était en 1972, dans « L’aventure, c’est l’aventure », de Lelouch. Depuis, l’URSS s’est effondrée, Internet a remplacé le papier carbone, et chatGPT le Petit Livre rouge. Ce qui n’empêche personne de répéter : « Le capital, c’est foutu, la Cinquième, c’est foutu, les bagnoles, c’est foutu ». Alors la démocratie est foutue, vraiment ?

    À Cuba, autre mythe révolutionnaire triste et tragique, s’est tenu le sommet du G77, qui regroupe 134 pays (qui n’en comptait que 77 lorsqu’il a été fondé, du temps de la guerre froide). Cette fois, il s’agissait, avec la Chine, de dénoncer « l’ordre économique mondial injuste ». Écho direct au dernier sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud, élargi à l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Iran). La prochaine Assemblée générale des Nations Unies, en décembre, sera un concert de reproches contre l’Occident prédateur, l’annonce de sa chute, la fin de sa domination financière, économique, morale (mais profondément immorale). Tout cela approuvé, abreuvé par une grande partie de l’Occident lui-même. 

    Personne n’a en tête un modèle qui pourrait rivaliser avec la démocratie libérale

    De grands intellectuels, dirigeants, éditorialistes, démographes, économistes, philosophes, annoncent ce déclin, plus gravement encore, la fin de la « parenthèse démocratique », les uns avec délectation, les autres dans l’amertume. « Les États-Unis, c’est foutu. L’Europe, c’est foutu. La démocratie, c’est foutu ». 

    Le G77 peut bien représenter plus de la moitié de l’humanité, les Brics appeler à une autre monnaie que le dollar, personne, dans aucun pays, n’a en tête un modèle qui pourrait rivaliser avec la démocratie libérale, son système économique et social. 

    Une étude de l’Open Society, réalisée dans 30 pays auprès de 36.000 personnes, révèle que 86% des personnes interrogées disent vouloir vivre dans une démocratie. Soit : en Égypte, au Bangladesh, en Russie, en Arabie saoudite, les partisans d’un régime autoritaire sont plus nombreux qu’ailleurs. La police y veille. Mais que démontrent depuis plus d’un an les femmes iraniennes dans une théocratie assassine, corrompue, qui prônait une révolution mondiale que personne ne veut imiter ?

    Quels sont les pays dont les valeurs sont privilégiées ? Pas selon les dirigeants, association de malfaiteurs qui ont pris le pouvoir par la force et s’y maintiennent par la corruption : dans le groupe des 77, dans ces porte-paroles du « sud global », qui trouve-t-on, sinon des tyranneaux qui exploitent leur peuple ? Les pays dont les valeurs sont privilégiées à travers le monde par les « vraies gens » sont donc : les États-Unis (29%), le Royaume-Uni (27%), la France (20%), la Chine (15%), la Russie (12%).

    Si le succès économique chinois fascine, alliant autoritarisme et richesse, si la Russie étonne, alliant pauvreté et force, les pays modèles sont bel et bien les « démocraties occidentales ». 

    Il n’y a pas de contre-modèles chinois, russe, iranien. Il n’y a pas d’équivalent à ce qu’était le communisme, ou, avant la guerre, le fascisme. Ni rêve chaviste, ni retour néofasciste (six millions de Vénézuéliens ont fui, « la Meloni » italienne voudrait maintenant « plus d’Europe » pour contrôler l’immigration.)

    Le président cubain Miguel Diaz Canel (L) s’exprime lors de la session inaugurale du Sommet G77+Chine au Palais des Congrès de La Havane le 15 septembre 2023. © Adalberto Roque, AFP

    86% des personnes affirment vouloir vivre dans une démocratie

    Soit : la Chine, l’Inde, le Brésil, ces géants menacent l’hégémonie économique de l’ouest. La puissance financière, la puissance d’innovation, les nouveaux monstres technologiques, sont en majorité à l’ouest. Les investissements plus encore.

    Soit : au-dessus des pauvres humains, les nuages de la crise climatique condamnent le système consumériste. Mais déjà, le « Sud global » pollue bien plus que le Nord, la courbe entre la production historique cumulée des pays du nord et celle des pays du sud va s’inverser très vite, si elle ne l’est déjà. Qui, d’ailleurs, fait des efforts pour la transition énergétique, sinon les pays du nord ? Qui freine ? Les pays du sud veulent être aidés ? Qui sont les premiers contributeurs de l’aide internationale ? Peu importe. Qui aura investi dans les technologies énergétiques qui aboliront la dépendance du « Nord » par rapport au « Sud » ? La vraie lutte est là. 

    Les sociétés les plus égalitaires sont au nord, les plus inégalitaires, dans ce sud global, soumis à des régimes prévaricateurs.

    En dessous aussi, le déchirement guetterait, à cause des inégalités. À ceci près que les sociétés les plus égalitaires sont au nord, les plus inégalitaires, dans ce « Sud global », soumis à des régimes prévaricateurs. Car le vrai drame est là : ces dirigeants qui parlent au nom de leur peuple maintiennent des systèmes policiers dont les premières victimes sont les peuples qu’ils dirigent. 

    La mondialisation a permis en 20 ans de faire passer l’extrême pauvreté de 30% de la population mondiale à 9%. Chaque jour, 180.000 personnes sortent de la misère. Ce sont les pauvres qui veulent la mondialisation des échanges, l’ouverture des marchés et les riches, qui, désormais, prônent le protectionnisme. À tort, car on n’est jamais riche tout seul, et parce que la richesse du voisin augmente la mienne. 

    Chaque décennie, l’Occident s’invente de nouvelles peurs : hier la submersion islamique. S’il y a un danger qui viendrait des pays musulmans, c’est plutôt celui de la désagrégation que celui de l’invasion : ce que l’on voit dans l’Afrique sahélienne, en Libye, en Syrie, au Yémen, au Liban, peut arriver ailleurs. On l’a vu en Algérie. La révolution digitale est incompatible avec la théocratie religieuse. Elle l’est avec tout régime policier. 

    La mondialisation a permis en 20 ans de faire passer l’extrême pauvreté de 30% de la population mondiale à 9%.

    Quelles sont alors les vraies menaces ? Elles ne sont pas extérieures, elles sont internes. 

    Le premier ennemi de la démocratie, c’est la démagogie. L’idée que le pouvoir est là pour régler tous les problèmes. « Je vais vous protéger » dit le démagogue ou « Je vous rendrai moins pauvre par la dette ou en prenant aux riches ». En Suisse on est pauvre à 4400 euros, seuil de richesse en France. Il y a trente ans, le niveau moyen des salaires était identique. Les Suisses auraient-ils taxé les riches pour donner aux pauvres ? La démagogie puise plus loin ; elle se nourrit du nationalisme. 

    Étendre le domaine d’intervention du pouvoir : en résulte l’affolement du droit contre la justice

    Ce qui conduit, plutôt qu’à la société de confiance, à la société de peur. L’état de peur, plutôt que l’Etat de droit : la maladie, la guerre, le climat, les Chinois, la finance internationale, la violence au coin de la rue, l’immigration sauvage : toutes ces peurs, bien relatives quand on regarde cinquante ou soixante-quinze ans en arrière, n’ont qu’un effet : étendre le domaine d’intervention du pouvoir, sa boulimie, augmenter le nombre de lois. En résulte l’affolement du droit contre la justice. 

    Quand le sentiment d’injustice triomphe, la confiance en l’État disparaît. Et la confiance dans l’ensemble du système politique s’étiole.

    Le débat n’est plus entre le public et le privé, mais entre le droit des États, le droit des citoyens et le droit des normes mondiales.

    La nouvelle économie mondiale, la révolution digitale, qui transforme tous les métiers, transformera aussi la nature du pouvoir politique. Cette génération inventera l’État du XXIe siècle. Le débat n’est donc plus entre le public et le privé, mais entre le droit des États, le droit des citoyens et le droit des normes mondiales. Enjeu passionnant. 

    La digitalisation du monde (de chacun) permet de nouveaux contrôles, elle doit donner de nouvelles libertés, de nouvelles transparences, exigences démocratiques, partages de décisions.

    Il est certain que les démocraties perdront des batailles. Il ne faut pas sous-estimer les dangers, mais encore moins la capacité de les vaincre. Qui aurait dit que les Ukrainiens pouvaient l’emporter face aux Russes ? 

    Cette parenthèse démocratique, qui dure depuis deux siècles, a gagné la bataille contre l’esclavage, contre la faim, contre la maladie, a déclaré, pour la première fois dans l’histoire du monde, l’égalité de droit entre les femmes et les hommes. Les systèmes démocratiques ont vaincu les totalitarismes, ont emporté deux guerres mondiales, ont renoncé à l’impérialisme colonial, promu le droit international, fait partager des principes universels. S’il y a eu des fautes, des reculs, des défaites, jamais les démocraties n’ont été vaincues, ni par les armes, ni, plus important encore, par un autre modèle qui ruinerait la liberté. 

    Les démocraties n’ont pas gagné toutes les batailles, mais elles ont gagné toutes les guerres. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de menaces. Parce qu’il n’y a pas de démocratie sans démocrates. 

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press