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  • Protectionnisme, tous perdants !

    Protectionnisme, tous perdants !

    Le nombre de restrictions au commerce mondial s’accroît depuis 2018 et plus encore depuis 2020. Les barrières tarifaires et réglementaires se multiplient. La Chine vient ainsi d’interdire l’usage des IPhone à ses fonctionnaires. 

    Les pays à l’origine du protectionnisme entendent protéger leurs industries au nom de la défense de l’emploi ou de l’indépendance nationale. Dans les faits, ils en sont bien souvent les premières victimes en termes de croissance. 

    En une dizaine d’années, le nombre de mesures protectionnistes adoptées au niveau mondial a été, selon le FMI, multiplié par plus de 10. Les États-Unis, la Chine mais également l’Union européenne en sont à l’origine.

    Les barrières tarifaires pénalisent les consommateurs

    La multiplication des barrières tarifaires se traduit par un ralentissement marqué du commerce international. Les échanges sont en recul depuis 2017 pour le Japon, depuis 2018 pour les États-Unis, et 2021 pour la Chine. Les effets sur les échanges pour l’Europe seraient moindres. Aux États-Unis, les exportations peinent à retrouver leur niveau de 2019. Si, en volume, ces exportations avaient doublé de 2002 à 2020, elles stagnent depuis. La diminution des exportations ne favorise pas la demande interne bien au contraire. Les barrières tarifaires pénalisent, en règle générale, les consommateurs contraints d’acheter des produits plus chers. 

    Les mesures de rétorsion réduisent la production interne et freine la hausse des rémunérations. Le protectionnisme joue ainsi contre la croissance. En Europe, les échanges sont en léger déclin depuis deux ans avec une demande interne atone. De 2002 à 2020, les exportations avaient progressé de 120 % et la demande intérieure de 25 %. Au Japon, la progression des exportations a été également forte compensant l’atonie de la demande intérieure pénalisée par le vieillissement de la population. De son côté, les exportations chinoises ont été multipliées par près de huit de 2002 à 2022, quand la demande interne l’a été de plus de 5. Les exportations sont en léger recul depuis près de deux ans, la demande interne suivant le mouvement.

    Protectionnisme En une dizaine d’années, le nombre de mesures protectionnistes adoptées au niveau mondial a été multiplié par plus de 10.

    Le commerce international qui était un moteur de la croissance ne l’est plus actuellement.  

    Les pays émergents hors OPEP et Chine ont connu une forte progression de leurs exportations ces vingt dernières années. Elles ont été multipliées par 2,5, la demande interne l’étant par 2,2. Touchée par la baisse des échanges, la demande interne a également reculé. La diminution des échanges, en termes de croissance, concerne en premier lieu les États-Unis, la Chine et le Japon, ces pays étant, avec l’Allemagne, les principaux acteurs du commerce international. Le protectionnisme est un jeu perdant/perdant. Le commerce international qui était un moteur de la croissance ne l’est plus actuellement. Il croît moins vite que le PIB depuis 2019. Son affaiblissement intervient au même moment que celui de la croissance économique. Même si le ralentissement de la croissance s’explique d’abord par la hausse des taux d’intérêt, il n’est pas sans lien avec la montée des barrières tarifaires et réglementaires.

  • Le virage de Giorgia Meloni en matière migratoire pourrait provoquer une recomposition politique en Europe

    Le virage de Giorgia Meloni en matière migratoire pourrait provoquer une recomposition politique en Europe

    En novembre 2022, la France et l’Italie traversaient leur première crise diplomatique depuis l’arrivée au pouvoir de la Première ministre Giorgia Meloni quelques semaines auparavant, lorsque l’Italie refoulait le navire Ocean Viking, qui transportait quelque 234 migrants à son bord, finalement accueilli par la France.

    Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait alors fustigé l’attitude « incompréhensible et inacceptable » des autorités italiennes, face à l’urgence de la situation du bâtiment de l’ONG SOS Méditerranée, qui rôdait en mer depuis 15 jours.

    Désormais, de hauts responsables français regardent avec intérêt l’évolution de la position de Giorgia Meloni, qui gère depuis une semaine l’afflux massif de migrants sur les côtes de l’île sicilienne de Lampedusa. Preuve en est le déplacement de Gérald Darmanin à Rome, lundi (18 septembre), qui se dit prêt à aider les autorités italiennes « à tenir leurs frontières ».

    Après avoir promu une approche « nationaliste » de la crise migratoire, pendant la campagne électorale italienne et lors des premiers mois de son mandat, Mme Meloni a « évolué » en plaidant aujourd’hui pour une réponse européenne, a expliqué une source française haut placée.

    Cela pourrait avoir des conséquences importantes sur la recomposition politique européenne, poursuit la même source. Celle-ci se demande même si le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), dont Giorgia Meloni est un des leaders, peut encore rester uni, à neuf mois des élections européennes de 2024.

    Le revirement face à sa famille politique s’est constaté dès le conseil européen de juin dernier, lorsque Mme Meloni et ses homologues polonais et hongrois n’avaient pas tenu les mêmes positions, poursuit ce diplomate français.

    migratoireAprès avoir promu une approche « nationaliste » de la crise migratoire, pendant la campagne électorale italienne et lors des premiers mois de son mandat, Mme Meloni a « évolué » en plaidant aujourd’hui pour une réponse européenne, a expliqué une source française haut placée. [EPA-EFE/CIRO FUSCO]

    Le parti du Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, Droit et Justice, fait également du groupe CRE. Celui de Viktor Orban, chef du gouvernement hongrois, siège dans les non-inscrits après avoir quitté le PPE de centre droit, mais affiche une grande proximité avec la Première ministre italienne.

    Selon cette source française, Giorgia Meloni n’a pas choisi la carte européenne « par romantisme », ni en raison d’un changement idéologique profond, mais par pragmatisme.

    Sur le plan national, le virage opéré par Mme Meloni aurait déjà des conséquences au sein de la coalition italienne, en distendant les liens avec la Lega de Matteo Salvini en particulier. De la même manière, Marine Le Pen continue de prôner une approche migratoire nationale et stricte et a fustigé l’approche « immigrationniste » de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

    Salvini comme Mme Le Pen — du groupe Identité et Démocratie — seraient encore dans l’« illusion nationaliste », à en croire ce haut responsable français, ce qui montrerait la différence avec Mme Meloni et donc le virage de sa politique migratoire.

    En effet, comme le rapportait Euractiv, Marine Le Pen a implicitement taclé la cheffe du gouvernement italien dimanche, en louant les efforts de Matteo Salvini lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, en indiquant que « l’Europe entière regardait vers l’Italie avec admiration face à tant de détermination », en ajoutant attendre « que ce moment revienne pour l’Italie, mais aussi pour la France ».

    La lutte contre l’immigration, qui unissait les nationalistes du continent, pourrait devenir, peu à peu, une marque de distanciation entre les deux familles de l’extrême droite européenne.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.09.23

    Nous sommes le mercredi 20 septembre, bienvenue dans le Flash quotidien des expatriés. Dans vos titres : Bisbille sur X pour les Sénatoriales – Le meilleur des séries francophones sur TV5MONDEplus – Le roi Charles III à Versailles 

    Le compte anonyme sur X dédié aux Sénatoriales est fermé 

    Il a fait le buzz, il était suivi par la quasi-totalité des grands électeurs, mais il vient de disparaître du fameux réseau X, nouveau nom de Twitter. Alors que les candidats se déchirent sur la toile, l’étau semblait se resserrer sur ceux qui animaient ce compte. La candidate Olivia Richard, l’élu Nicolas Arnulf, tous proches du sénateur Cadic, sont accusés. Les deux le démentent, vous pouvez retrouver l’interview de la candidate à l’élection sénatoriale pour les Français de l’étranger.  

    Sur TV5MONDEplus on fait le plein de séries francophones 

    Alors que s’est achevé, dimanche 16 septembre, le festival de la fiction de la Rochelle dédié aux fictions francophones, dont TV5Monde est partenaire, la plateforme francophone AVOD vous offre le meilleur des séries québécoises, canadiennes, suisses, françaises, belges ou africaines. Un panaché haut en couleurs et multiculturel à découvrir sur Lesfrancais.press.

    TV5MONDEplus
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    Dîner comme un roi à Versailles 

    Le repas qui sera servi au roi Charles III dans le cadre de sa visite en France est désormais connu. Le souverain britannique et son épouse la reine Camilla, qui dîneront mercredi soir dans la galerie des Glaces du château de Versailles, se verront servir des fruits de mer, de la volaille, et termineront avec une note sucrée signée Pierre Hermé. Voici le menu complet : homard bleu et tourteau de casier suivi d’une volaille de Bresse au parfum de maïs, gratin de cèpes, avant de déguster un comté de 30 mois et de finir par l’Ispahan de Pierre Hermé. Pas si facile à reproduire à la maison ! 

    C’est tout pour aujourd’hui ! Bon mercredi à tous où que vous soyez.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Olivia Richard nous livre ses vérités sur la campagne électorale

    Olivia Richard nous livre ses vérités sur la campagne électorale

    Olivia Richard, candidate aux élections sénatoriales sous l’étiquette politique «Libres et indépendants», est l’objet de diverses rumeurs depuis le début de cette campagne électorale qui ont fait l’objet d’un article dans un journal concurrent. Lesfrancais.press a pu l’interroger. Que ce soit sur son compagnon ou sur les comptes X anonymes, Olivia Richard livre son opinion sur ces dernières semaines et fait part de sa vérité sur les attaques dont elle est la cible.

    « Je trouve donc vraiment étonnant qu’on puisse me faire passer pour une complotiste numérique »

    Lesfrancais.press : « Depuis le début de cette campagne vous êtes la cible de nombreuses attaques, comment expliquez-vous cela ? »

    Olivia Richard : « Si d’autres candidats ont également été visés, j’observe en effet que l’essentiel des tirs se concentrent aussi bien sur moi que sur les élus qui me soutiennent. L’ambiance de cette campagne est délétère et c’est très regrettable. La campagne n’excuse pas tout. Beaucoup d’élus réprouvent les méthodes utilisées et m’ont fait part de leur exaspération. Jusqu’au bout, je cherche à faire une campagne centrée sur les propositions que nous portons. Ce qui irrite certains, c’est que nous n’avons pas de dissensions mais une bonne dynamique. Ainsi, les Indépendants font partie des listes qui ont une chance sérieuse de remporter un siège dimanche prochain. »

    « Comment prouver que quelque chose qui n’existe pas, n’existe pas ? »

    Lesfrancais.press : « Que souhaitez-vous répondre à celles et ceux qui vous accusent, que ce soit sur vos positions ou l’histoire concernant votre compagnon ? »

    Olivia Richard : « Nous avons fait campagne sans attaquer personne, en diffusant chaque semaine des propositions concrètes issues d’une expérience et d’un travail d’équipe, avec constance et cohérence. Qui peut croire les allégations invraisemblables motivées par de vieilles rancunes ? Qui sera convaincu par les attaques gratuites et totalement infondées ? Avec mes colistiers et nos soutiens, nous avons décidé dès le début de la campagne de ne répondre à aucune polémique. Les grands électeurs ont de l’expérience. J’ai confiance dans leur jugement. »

    « Ces rumeurs disparaîtront le lendemain de l’élection »

    Lesfrancais.press : « Depuis le début de la campagne, une rumeur vous lie à la création de comptes anonymes sur X. Etes-vous derrière ces faux profils ? »

    Olivia Richard : « C’est le lot de beaucoup de candidats d’être l’objet de rumeurs. Cela peut en décourager, surtout lorsqu’on prend le risque de voir sa famille exposée. On en revient à la question de la violence en politique. Comment prouver que quelque chose qui n’existe pas, n’existe pas ? C’est bien le problème des fake news, auxquelles notre société est confrontée. La question du cyberharcèlement est hélas aussi d’une cruelle actualité. Comme chacun peut s’en rendre compte, je suis très peu sur les réseaux sociaux. J’ai choisi de mener une campagne de proximité et de l’inscrire dans la continuité. Je trouve donc vraiment étonnant qu’on puisse me faire passer pour une complotiste numérique. Ces rumeurs disparaîtront le lendemain de l’élection. »

  • Liban : les Franco-Libanais victimes d’une vaste escroquerie au cash 

    Liban : les Franco-Libanais victimes d’une vaste escroquerie au cash 

    Les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont annoncé, dans un communiqué publié le 01 septembre, l’arrestation de trois membres d’un « réseau international » accusé d’avoir arnaqué des Libanais expatriés en leur faisant croire qu’ils faisaient parvenir de l’argent à leurs proches au Liban. Les Franco-Libanais qui représentent la plus grande partie des citoyens du pays du Cèdre qui vivent en dehors de ses frontières. Réfugiés en France, mais aussi aux USA, ils ont alimenté une escroquerie au lieu de soutenir leur famille.

    Transfert sans frais ?

    Selon la police, les trois suspects sont parvenus à prendre « de grosses sommes en dollars » auprès d’expatriés libanais à l’étranger, leur promettant de les transférer à leurs proches au Liban sans frais. Les montants extorqués variaient entre 30.000 et 100.000 dollars pour chaque opération.

    Une fois l’argent reçu, des complices se trouvant au Liban se chargeaient de remettre de faux billets aux bénéficiaires, en leur faisant croire qu’il s’agissait de vraies coupures et en les comptant au moyen d’une machine « trafiquée » de manière à ne pas détecter la tricherie.

    Escroquerie au cash au Liban ©AFP Escroquerie au cash au Liban ©AFP

    Faux billets au Liban

    Les FSI ont arrêté deux membres de ce réseau, les 14 et 16 août dans la banlieue sud de Beyrouth. Le premier a avoué qu’il récupérait les faux billets auprès de l’un des complices dans cette banlieue et les remettait aux victimes, en coordination avec une femme. La seconde personne arrêtée a avoué qu’elle se chargeait du transport et recevait des sommes de l’étranger par le biais d’un bureau de transfert d’argent illégal dans le secteur, Salim Salam, à Beyrouth. Le gérant de ce bureau a été arrêté par les services de sécurité le 18 août, indiquent les FSI. Les investigations se poursuivent pour arrêter le reste des personnes impliquées, selon la même source.

  • Le meilleur des séries francophones avec TV5MONDEplus

    Le meilleur des séries francophones avec TV5MONDEplus

    Alors que s’est achevé, dimanche 16 septembre, le festival de la fiction de la Rochelle dédié aux fictions francophones, dont TV5Monde est partenaire, la plateforme francophone AVOD vous offre le meilleur des séries québécoises, canadiennes, suisses, françaises, belges ou africaines. Un panaché haut en couleurs et multiculturel.

    Disponible dès aujourd’hui

    Dès maintenant, vous pouvez plonger dans 4 univers avec 49 épisodes disponibles gratuitement et dans le monde entier (dans certains pays comme les USA, un abonnement à un opérateur tiers est obligatoire).

    OK BOOMER

    2021 – 1 Saison , 5 épisodes – RTBF

    Synopsis

    Plusieurs histoires sur le thème du conflit intergénérationnel entre jeunes adultes et baby-boomers.

    OK BOOMER A DECOUVRIR ICI

    DAMOISELLE

    2021 -2 saisons – Webcréations – TV5MONDE 

    Synopsis

    Et si les YouTubeuses beauté avaient toujours existé ? En Égypte antique, au Moyen Âge, en Gaule occupée, ces « Damoiselles » partagent face caméra leurs tutos beauté qui démaquillent l’Histoire ! Un aperçu grinçant de la condition de la femme au fil des siècles. Et pour chaque époque, notre consultant en Histoire décrypte le vrai du faux des épisodes dans « L’Éclairage de Julien ».

    damoiselle
    A DECOUVRIR ICI

    JE NE SUIS PAS UN ROBOT

    1 Saison – 6 épisodes – Québec Canada
    2021 – Réalisatrice : Mélanie Charbonneau

    Synopsis

    Marie-Chantal travaille dans un centre de modération de contenus en ligne appelé Soulshine. Incapable de continuer à trier passivement les horreurs qui défilent sur son écran, elle développe une obsession pour un mystérieux tueur de chatons.

    je ne suis pas un robot A DECOUVRIR ICI

    POUR TOI FLORA

    1 saison – 6 épisodes – Québec Canada
    2022 – Réalisatrice : Sonia Bonspille Boileau

    Synopsis

    Héritage douloureux de l’histoire québécoise, les pensionnats autochtones étaient des établissements religieux financés par l’État visant à éradiquer ces cultures. Un frère et une sœur d’origine anishinabe y ont grandi dans les années 60. À travers différentes époques de leurs vies, ils essayent de faire la paix avec le passé.

    Pour toi Flora A DECOUVRIR ICI

    Disponible le 04 octobre

    Une fois n’est pas coutume, dans ce deuxième focus du mois de septembre, on anticipe un peu le mois d’octobre avec 2 programmes à ne pas louper !

    « WARA, LA DESTINEE D’AÏCHA » 

    Saison 2 inédite – 6 épisodes (45 minutes) en coproduction avec TV5MONDE – Sénégal / France / Burkina Faso

    2021 – Réalisateur : Toumani Sangaré

    Synopsis

    Etudiante en cinquième année de droit, rebelle et membre active au bureau de l’UPLD (Union pour la démocratie), Aïcha est déterminée à faire bouger les lignes. Mais l’échec électoral de son mentor le professeur Moutari Wara redistribue les cartes. La découverte de ses origines lui donnera-t-elle le courage de dépasser les forces en puissance qui s’organisent contre elle ?

    En attendant la saison 2, vous pouvez vous (re)plonger dans la saison 1, toujours disponible sur la plateforme TV5MONDEplus.

    WARA A DECOUVRIR ICI

    « LA VIE DEVANT »

    1 Saison inédite – 6 épisodes (45 minutes) Suisse – RTS
    2022 – Réalisatrice : Klaudia Reynicke

    Synopsis

    Au soir de l’anniversaire de son fils Lucas, qui n’arrive pas à dormir, la maman enceinte, Valeria, se retrouvant seule à s’occuper de ce dernier, tombe sur le sol de sa cuisine, faisant un bruit intrigant Lucas qui la découvre prise de convulsions.

    La vie devant A DECOUVRIR ICI
  • Surtourisme, qui paie ?

    Surtourisme, qui paie ?

    A Portofino, il est interdit de s’arrêter de marcher car cela bloque la circulation des piétons. Aux Etats-Unis, des quotas s’imposent pour le Grand Canyon. Le Machu Picchu y a recours depuis des années. Bali, Venise, Amsterdam, Barcelone, Marseille, cherchent des moyens pour réguler le tourisme. Rome n’est plus romaine. Rhodes est moins détruite par le feu que par les constructions. Le Mont Blanc comme l’Everest sont menacés. L’écotourisme, de plus en plus en vogue, transforme les sentiers en autoroutes. Pas un recoin n’échappe à la vague. Chacun veut la même chose : profiter de quelque chose d’inédit, de secret, de célèbre. Être seul et rencontrer du monde. Même si 95% des touristes se concentrent sur 5% des lieux, aucun désert n’échappe à la tentation. 

    Le monde est petit. La villégiature, privilège d’aristocrate, est devenu démocratique. Plusieurs solutions existent. La plus simple, comme pour la crise écologique, serait de ramener le nombre d’habitants sur la terre de 8 à moins de 2 milliards, comme au début du XXème siècle. Brigitte Bardot et quelques collapsologues en rêvent. Pas si simple : la Covid l’a démontré, une pandémie n’y suffirait pas. Les humanistes de quelques dictatures qui ont à leur disposition les bombes atomiques pourraient y parvenir. Seule l’espèce humaine est capable de se détruire. 

    L’espérance de vie s’est accrue, en même temps que la richesse par tête, et le tourisme, ce luxe, est devenu de masse

    Autrefois la misère et les famines régulaient la population, dans un malthusianisme presque parfait. Hélas, le capitalisme industriel a multiplié la production agricole, enrichi les laboratoires producteurs de médicaments, purifié l’eau ; l’espérance de vie s’est accrue, la population mondiale a explosé, en même temps que la richesse par tête, et le tourisme, ce luxe, est devenu de masse. 500 millions de touristes, 1000 milliards de dollars. Ce qui donne plus d’éclat et de scandale aux écarts de richesse. Les enfants dénudés courent sur les parkings d’Egypte quêter quelques pièces aux retraités en voyage. 

    Pourquoi un serveur à Marrakech est-il moins payé qu’un serveur à Paris ? Les salaires, les revenus, dans un pays, dépendent de l’échange des « valeurs » dans le pays, de sa compétitivité, sa productivité, par rapport aux autres, qui, en grande partie, se reflètent dans sa monnaie. Les expatriés le savent bien. Eux qui profitent (ou pâtissent) de ces différences de « niveau de vie » et de « taux de change ».

    Il vaut mieux être serveur à New York qu’au Soudan

    D’où la masse provocante, déstabilisatrice, des « Barbares du Nord », pour reprendre la formule rageuse d’un écrivain espagnol, déversant leurs bières sur les plages de la Méditerranée, de Thaïlande, des Maldives, du Mexique, demain du Pôle nord. 

    D’un côté les circuits touristiques, de l’autre les routes des migrants. C’est le même principe, l’écart de productivité globale, qui explique qu’il vaut mieux être serveur à New York qu’au Soudan, et que le Soudanais cherche à venir à Paris.  Le maire de New York, s’il n’a pas imposé des quotas pour les touristes, en a imposé pour les migrants, qu’il parque. 

    Tout le monde veut attirer les touristes ; personne ne veut attirer les migrants. Les touristes repartent, les migrants restent. Les touristes paient, les migrants coûtent.

    Les touristes coûtent plus qu’il n’y paraît 

    Est-ce si sûr ? Les migrants rapportent plus qu’on ne croit, sinon on n’en ferait pas venir pour les vendanges, les touristes coûtent plus qu’il n’y paraît.

    Le surtourisme abîme. Il faut des équipements, stations d’épuration, centrales électriques, déchets. Il y a des « externalités » invisibles, puis très visibles, dans la destruction des sites, à force de fréquentation. De la mer à la biodiversité, des montagnes aux savanes, les « biens communs » du paysage appartiennent à tous, chacun peut en disposer, croit-on. On arrive, par excès d’usage, excès d’appropriation « gratuite », à la surexploitation, à un détournement de la ressource. Ce que l’on appelle la « tragédie des biens communs ». Ce qui est à tout le monde, n’étant à personne, est surexploité.

    Payer dix euros le droit d’entrer sauvera-t-il Venise de son lent naufrage ? 50 euros ? Augmenter le prix pour supporter les coûts de réparation et de protection? Pour répondre à la « tragédie des biens communs », faut-il les faire payer, les privatiser (la propriété protège, encore faut-il définir la propriété, droit d’usage ou de gestion, comme les droits de pêche, par exemple) ? Faut-il les nationaliser (l’Etat peut limiter, interdire, taxer) ?

    Surtourisme
    De nombreux sites subissent des dommages à cause du surtourisme.

    A qui appartient la plage, la vue sur la mer, le désert de la mort, la baie de Naples ?

    A qui appartient la plage, la vue sur la mer, le désert de la mort, la baie de Naples ? La Joconde est vue par des millions de selfistes qui lui tournent le dos, elle n’est plus regardée par personne.

    Le tourisme, désormais le surtourisme, est une maladie mondiale de la richesse, de la curiosité, de l’instinct grégaire, autant que du désir d’apprendre, de recherche de beauté, d’étrangeté. 

    Si tout le monde veut admirer la Joconde, ou le Grand Canyon, pourquoi ne pas faire payer la visite à son juste prix, comme un match de foot, une finale des J.O. à Paris ? Pourquoi ne pas induire, dans la chaîne du tourisme, le surcoût externe ? Ce surcoût (taxes d’hôtels, taxes sur les billets d’avion, augmentation des prix) ne revient pas aux endroits qui doivent être protégés. Généralement, il se fond dans les caisses de l’Etat. 

    D’où l’intérêt d’une gestion la plus locale possible. Les taxes locales, que paient les croisiéristes, protègent-ils la mer ? Les milliardaires inscrits pour le tourisme spatial ne voyagent-ils pas dans l’espace, « bien commun » par excellence ? Mais que vaut la connaissance technique, pour y aller ? Est-elle un bien commun ? A l’évidence, le savoir est un bien commun à l’humanité. Mais la recherche ? L’accès à la connaissance, la technologie, ont-ils un coût, sont-ils gratuits ?

    Pourquoi la Joconde ne financerait-elle pas la culture, l’accès à la plage et sa propreté ? 

    Si aller dans l’espace est un luxe qui finance l’industrie spatiale, pourquoi la Joconde ne financerait-elle pas la culture, l’accès à la plage et sa propreté ? Si l’on conçoit que les stewards et contrôleurs de train ne paient pas leurs voyages, pourquoi ne pas considérer les « locaux » comme des abonnés, avec un prix d’accès à la plage, à la montagne, différent, voire gratuit ? Les Vénitiens ne paient pas l’accès à Venise. 

    Comment réguler l’excès, fixer le juste prix ? Personne n’a rien trouvé de mieux que le marché. Prix d’accès à la bande passante d’internet comme à la Lune, à la croisière sur le Mékong comme à la profondeur de l’océan, où la mort de touristes dans un sous-marin a plus ému le monde que les migrants naufragés de Méditerranée.

    Faire en sorte que le « bénéfice touristique » aille au lieu choisi

    Si Venise est une merveille, c’est que des marchands et des banquiers sont allés jusqu’en Chine. Pour que le tourisme ne soit pas un fléau mondial, destructeur, il faut penser à « financiariser » le « bien commun » local. Faire en sorte que le « bénéfice touristique » aille au lieu choisi, à ceux qui en ont la charge, le protègent, le valorisent.

  • Moyen-Orient, terre de contrastes 

    Moyen-Orient, terre de contrastes 

    Avec un prix du pétrole élevé, ces dernières années, les États du Moyen-Orient engrangent des milliers de milliards de dollars de recettes. Afin de préparer la fin des énergies carbonées et réorienter leur économie, ces pays investissent des sommes importantes. Plus de 3 500 milliards de dollars auraient été investis ces cinq dernières années pour la création de nouvelles villes, pour des projets dans les énergies renouvelables ou dans les systèmes d’intelligence artificielle, et pour l’achat d’entreprises sur les marchés de capitaux.

    Conscients de la force, peut-être éphémère, que leur procure le pétrole, les pays de l’OPEP révisent leur politique étrangère. L’Arabie saoudite se rapproche de l’Iran après avoir été en rivalité ouverte depuis l’arrivée des Mollahs au pouvoir en 1979 à Téhéran. Les guerres civiles en Syrie et au Yémen sont moins prégnantes et passent au second plan par rapport aux intérêts économiques. Les relations avec Israël se normalisent. Après l’Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis et le Bahreïn qui ont reconnu Israël, l’Arabie saoudite envisagerait également de le faire.

    Le Moyen-Orient : 6 % de la population mondiale, 46 % des exportations de pétrole

    L’influence mondiale de la région augmente avec, en fil rouge, une indépendance de plus en plus marquée à l’égard de l’OCDE et en particulier des États-Unis. L’accord de régulation de la production du pétrole mis en place en 2016 entre la Russie et l’OPEP a ainsi été maintenu malgré la guerre en Ukraine. Le Moyen-Orient représente 6 % de la population mondiale mais assure plus de 46 % des exportations de pétrole et plus de 30 % de celles de gaz liquéfié.

    Les embargos pesant sur les hydrocarbures russes ont accru l’influence des pays du Golfe. Grâce à leur situation géographique, 30 % de l’ensemble du commerce des conteneurs et 16 % du fret aérien transitent par la région. Avec 3 000 milliards de dollars d’actifs, leurs fonds souverains sont parmi les plus importants au monde.

    La région devient un pôle économique attractif. Sans prendre en compte les activités pétrolières, la croissance annuelle de l’économie régionale dépasse 4%. Les investissements multinationaux transfrontaliers sont en hausse. Le niveau de vie des 500 millions d’habitants du Moyen-Orient augmente, permettant l’émergence d’une large classe moyenne.

    Moyen-Orient Le Moyen-Orient assure plus de 46 % des exportations de pétrole

    Des liens économiques de plus en plus importants avec la Chine, l’Inde et la Russie.

    Les pays du Moyen-Orient ont développé des liens économiques de plus en plus importants avec la Chine, l’Inde et la Russie. Plus du quart des exportations de biens sont destinés vers ces pays, contre 12 % pour les États-Unis et l’Europe. Cette réorientation s’effectue sur fond de défiance à l’encontre des démocraties accusées de vouloir imposer leur modèle politique et leur vision des droits de l’Homme.

    L’échec des révolutions démocratiques du début des années 2010 a laissé des traces. Les gouvernements du Moyen-Orient mettent désormais l’accent sur le développement économique et sur la souveraineté nationale. Les Émirats arabes unis sont devenus le symbole de la réussite économique dans cette région.

    Même si les valeurs occidentales sont récusées, des évolutions sont constatées au sein des pays du Moyen-Orient. De plus en plus de femmes travaillent dans le Golfe. En Arabie saoudite, ces dernières ont le droit de conduire depuis 2018. Les touristes sont bienvenus dans la grande majorité des État. Les Israéliens sont de plus en plus nombreux à s’y rendre.

    Hautes tensions

    Le Moyen-Orient reste néanmoins une région à haute tension, confrontée au réchauffement climatique, au manque d’eau, aux rivalités géopolitiques avec, en arrière-fond, la prolifération de l’arme nucléaire. Les régimes autoritaires sont également confrontés aux aspirations des populations de mieux en mieux formées et acceptant de moins en moins les inégalités importantes et les contraintes imposées par les pouvoirs publics.

    Les deux dernières décennies ont été marquées par une guerre civile en Irak après l’invasion américaine. L’émergence de Daech et de l’État islamique a eu des répercussions mondiales avec une vague d’attentats sans précédent. En Syrie, Bachar el-Assad a mené une répression sans précédent en ayant recours à des armes chimiques. Depuis 2011, cette guerre civile aurait occasionné la mort de 400 000 personnes sachant que ce pays compte 21 millions d’habitants. 5 millions de Syriens auraient fui leur pays et environ 10 millions vivraient dans des conditions déplorables.

    L’Iran malgré l’amélioration des relations avec l’Arabie saoudite demeure pour de nombreux États de la région un sujet d’inquiétude majeur. Sur le point de détenir l’arme nucléaire, le régime des Mollahs est craint en raison de ses tentations hégémoniques que ce soit au Liban ou au Yémen. L’Iran demeure au banc des États fréquentables en étant soumis à un sévère embargo de la part des Occidentaux.

    Le réchauffement climatique menace les économies du Moyen-Orient. Dans cette région, l’une des plus chaudes et sèches de la planète, la production agricole subit de plein fouet l’élévation des températures et la raréfaction de l’eau. Les dépenses en investissements pour adapter les pays de cette région au changement climatique et pour réaliser la décarbonation sont coûteux.

    Une terre de profondes inégalités

    Le Moyen-Orient est une terre de profondes inégalités. Des États riches comme Israël, les Émirats arabes unis ou le Qatar, cohabitent avec des pays pauvres comme l’Égypte ou le Liban. Les pays du Golfe et Israël ne représentent que 14 % de la population mais 60 % du PIB, 73 % des exportations de marchandises et 75 % des investissements multinationaux entrants de la région. À l’exception d’Israël, les inégalités à l’intérieur des États sont importantes. Les 10 % les plus riches au Moyen-Orient reçoivent 64 % de la richesse régionale, contre 37 % dans l’Union européenne, 47 % aux États-Unis, 55 % au Brésil et 62 % en Afrique du Sud. La part du revenu total détenue par les 1 % les plus riches est de 27 % au Proche-Orient, contre 12 % au sein de l’Union européenne et 20 % aux États-Unis.

    Les travailleurs immigrés qui peuvent représenter jusqu’à 60 % de la population des pays de la région disposent en moyenne de faibles revenus. Le taux de pauvreté est de 32 % en Irak ou en Égypte, de 20 % aux Émirats arabes unis et de 18 % en Iran, contre 14 % en France. Il n’est en revanche que de 12 % en Arabie saoudite.

  • Nucléaire : la Russie, la France et l’UE sur une ligne de crête

    Nucléaire : la Russie, la France et l’UE sur une ligne de crête

    En 2022, les importations européennes de « produits de l’industrie nucléaire russe » pesaient 720 millions d’euros – soit 22 % de plus qu’en 2021, selon les données d’Eurostat, reprises par le think tank européen basé en Pologne, Forum Energii, dans un article publié le 5 septembre.

    Par « produits de l’industrie nucléaire russe », le groupe de réflexion englobe les combustibles nucléaires (naturel, enrichi, usés, etc.), leurs composés et les pièces pour les réacteurs nucléaires identifiés par Eurostat.

    En tête des importateurs, la France reprend son rythme de croisière avec 359 millions d’euros d’importations en 2022, soit un bond de plus de 250 % par rapport à 2021.

    Selon le think tank, les achats français se concentrent principalement sur le combustible recyclé, sans empêcher des accords plus globaux sur la maintenance ou les systèmes de gestion.

    En d’autres termes, « la coopération entre les deux pays est très étroite ». Forum Energii avance que cette situation soutiendrait « la stratégie russe visant à renforcer la dépendance de l’UE à l’égard de la Russie ».

    L’UE dépendante ?

    Teva Meyer, spécialiste du nucléaire civil à l’Université de Haute-Alsace, temporise.

    Il explique à Euractiv France que les montants des importations de produits russes doivent être « lissés sur plusieurs années, car il y a beaucoup de fluctuations ».

    En 2020 par exemple, la France n’a importé que 145 000 euros de produits nucléaires russes, relève Forum Energii. Sur les 13 dernières années, la moyenne se situe autour de 195 millions d’euros par an.

    Les conclusions du think tank polonais font toutefois écho à celles de Greenpeace.

    Dans un rapport publié en mars, l’ONG considère aussi les importations françaises d’uranium enrichi russe comme constitutives d’une forme de dépendance.

    Remontée contre ces accusations, la Société française de l’énergie nucléaire (SFEN) avait répondu que « la France est l’un des seuls pays du monde à disposer sur son sol d’une chaîne complète (conversion, enrichissement, assemblage) pour fabriquer son combustible nucléaire ».

    L’hexagone dispose en effet d’une usine d’enrichissement dont Orano, le propriétaire, souhaite augmenter d’un tiers les capacités d’ici à 2028.

    Bien qu’importateur de combustible enrichi russe, la France ne serait donc pas sous « l’emprise » de la Russie de Vladimir Poutine, concluait la SFEN.

    Et les voies de transit ?

    Surtout, Greenpeace dénonce les voies de transit par la Russie de l’uranium naturel kazakh. Cette ressource représentait, en 2021, près d’un quart des besoins de l’UE.

    L’ONG relève bien d’autres alternatives existantes. Une route par la mer noire par exemple, ou encore une autre depuis la Chine —  Route de Transport International Transcaspienne — dont le potentiel pourrait s’améliorer.

    Néanmoins, ces voies de transit « pourraient être entravées par l’évolution constante de la situation » avec la Russie, relève l’Agence d’approvisionnement du traité européen Euratom (ESA), citée dans le rapport de Greenpeace.

    Aussi, « en cas d’urgence, l’avion pourrait être un moyen de transport possible, car l’uranium est peu volumique », explique Valérie Faudon, directrice générale de la SFEN, à Euractiv France.

    Malgré ces alternatives, la route vers la Russie reste la plus courte et la moins chère. Autant d’avantages qu’offre le pays des Tsars à ses partenaires commerciaux européens.

    Outre le gaz et le pétrole, le combustible nucléaire russe est indispensable pour une partie des pays d’Europe de l’Est et du centre — Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Bulgarie. Tous exploitent des réacteurs nucléaires de conception russe ou soviétique.

    Envers ces pays, et en particulier la Hongrie, « la Russie […] poursuit une politique de carotte et de bâton », note Forum Energii.

    « La carotte est constituée de contrats préférentiels […] afin de les rendre davantage dépendants des matières premières russes et d’approfondir les relations énergétiques et politiques », explique-t-il.

    Nucléaire De gauche à droite : Alexander DE CROO (Premier ministre, Belgique), Emmanuel MACRON (Président de la République, France), Viktor ORBÁN (Premier ministre, Hongrie), Xavier BETTEL (Premier ministre, Luxembourg), Ursula VON DER LEYEN (Présidente de la Commission européenne), au conseil européen, juin 2023. [Conseil de l’UE]

    L’Europe en marche

    Mais les Européens ne restent pas les bras ballants.

    La République tchèque et la Bulgarie diversifient leurs fournisseurs de combustibles. La Suède, premier acheteur d’uranium enrichi russe en 2021, a réduit à néant ses achats.

    La Finlande, elle, ne veut plus de nouveaux réacteurs russes.

    En Hongrie, le gouvernement et le nucléariste français Framatome ont signé mi-septembre un accord de coopération de long terme pour la fourniture de combustible. Cependant, la Hongrie entretient son étroite relation avec la Russie.

    Par conséquent, chaque train de sanction européenne contre la Russie se heurte au refus du Premier ministre magyar, Viktor Orbán.

    Rien qui n’empêche toutefois la Russie de menacer l’UE d’un arrêt des fournitures.

    À court terme, la situation serait gérable et « n’aurait pas de conséquences immédiates graves pour l’industrie énergétique de l’UE », note Forum Energii. La France, notamment, dispose de quelques années de réserves d’uranium et de combustible.

    En revanche, sur le moyen et long terme, la situation pourrait être différente si aucune piste alternative n’est rapidement explorée.

    « L’idée a pu s’installer d’un marché dépourvu de tensions, retardant d’autant la prise de conscience de la place prise par Moscou », note l’Observatoire de la sécurité des flux et des matières énergétiques qui travaille avec le ministère français des Armées, dans un rapport publié en juillet.

    La situation inquiète d’autant plus que l’UE connaît un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire.

    Sanctions

    Véto hongrois, situation difficile à moyen et long terme… Dans ces conditions, l’UE n’envisage toujours pas de sanctionner les importations de produits nucléaires russes. Les discussions ont un temps existé, sans être traduites dans le 11e paquet de sanctions validé en juillet.

    Pour le moment, la Commission européenne n’a pas formellement proposé de 12e train de sanction, nous apprend une source Bruxelloise. Difficile, dans ces conditions, d’envisager une introduction de matières liées à l’industrie nucléaire.

    Et tout compte fait, « le but d’une sanction est de pénaliser davantage la partie adverse que soi-même », rappelle à Euractiv France Maxence Cordiez, Responsable des affaires publiques européennes au Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

    Moins compliquée pour la France, « la situation est plus délicate pour les pays d’Europe de l’Est, qui exploitent des réacteurs soviétiques ou russes, et pour les pays occidentaux de manière plus générale, de par leur dépendance aux services d’enrichissement russes », complète-t-il.

    Selon nos informations, plutôt que des sanctions, l’idée infuserait dans l’industrie nucléaire de mettre en place des objectifs long terme visant à rendre l’UE moins dépendante de la Russie sur ses besoins en services et produits nucléaires.

    Des sortes de quotas dégressifs, à la manière de ce que font les États-Unis depuis les années 1990.

    D’ici que l’UE se passe tout ou en partie des ressources russes, le maintien d’un statu quo « est défavorable à l’UE et accroît sa vulnérabilité au chantage de la Russie », concluent les chercheurs du Forum Energii.