Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Samantha Cazebonne : la feuille de route 2024 de nos lycées français à l’étranger

    Samantha Cazebonne : la feuille de route 2024 de nos lycées français à l’étranger

    En ces premiers jours de retour à l’école, Lesfrançais.press se projette sur l’avenir de nos établissements français à l’étranger en recevant Samantha Cazebonne, sénatrice. Rappelons que cette parlementaire a notamment dirigé deux lycées, l’un au Maroc et l’autre à Palma, avant de rejoindre les bancs de l’Assemblée nationale puis du Sénat. 

    Membre du groupe « Rassemblement des démocrates progressistes et indépendants » constitué des élus de la majorité présidentielle, elle répond à nos questions. État actuel du réseau de l’AEFE, formation des enseignants, mixité sociale, bourses scolaires, grève, promesses présidentielles… et même des vœux aux élèves pour 2024. Autant de thèmes que vous retrouverez dans cette interview.  

    Merci aux familles qui font confiance au réseau des lycées français à l’étranger

    « Les lycées français progressent en effectifs » nous informe la sénatrice. Dès les premiers mots, Samantha Cazebonne « remercie les familles qui font confiance » aux établissements. L’ancienne proviseure souligne également la « diversité et la richesse de ce réseau ». Elle indique que le développement des offres permet de proposer des « enseignements bilingues » dans de nombreuses écoles françaises à l’étranger. Le bac français international attire des familles exigeantes au niveau des langues. 

    Samatha Cazebonne
    Samatha Cazebonne, Lycée Rochambeau, Washington

    Des Instituts régionaux de formation nouvellement créés

    Dans ce podcast, la sénatrice revient sur la proposition de loi qu’elle avait fait adopter en 2022. Celle-ci a notamment permis de « renforcer la formation des personnels » des établissements scolaires. Celle-ci est possible grâce à la création des « Instituts régionaux de formation » (IRF) au sein de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). 

    Mixité sociale : « Nous sommes le seul pays au monde à permettre que des enfants soient scolarisés toute une vie dans nos lycées français à l’étranger »

    Au cours de cet échange, nous interrogeons la parlementaire sur la mixité sociale et la façon de la favoriser dans nos établissements français à l’étranger. « Notre système ne permet pas à toutes les familles (…) de scolariser leurs enfants dans les lycées français à l’étranger », constate la sénatrice, tout en expliquant pourquoi. Elle souligne aussi que l’Etat finance à hauteur de « 460 millions d’euros » le réseau. Et rappelle que « nous sommes le seul pays au monde à permettre que des enfants soient scolarisés toute une vie dans nos lycées. » 

    Doublement des effectifs au sein de l’AEFE, la promesse du Président Macron tenable ?

    La promesse présidentielle de doubler les effectifs en 2030 pour arriver à 700.000 élèves est-elle encore possible ? « Oui si nous nous en donnons les moyens », affirme l’élue du Palais du Luxembourg. Cette dernière cite les travaux de la plateforme collaborative « Réflexes » qu’elle a mise en œuvre. Des travaux y sont menés pour établir des propositions en lien avec cet objectif d’Emmanuel Macron. L’une d’entre elles est le « conventionnement temporaire ». En écoutant le podcast, vous saurez ce que cela contient. 

    Pour 2024, quelles priorités dans nos écoles ?

    « La qualité de l’enseignement » reste la priorité pour 2024 affirme Samantha Cazebonne. C’est sur ce point que le réseau est jugé. C’est sur cette base que les parents choisissent les lycées français. « On a un devoir de résultat » assure la sénatrice, ajoutant que l’investissement pour la formation des professeurs est la clé. Enfin, en ce début d’année, elle souhaite aux élèves « d’être heureux », d’être « dans l’envie d’apprendre » et de « donner le meilleur de soi ». Un beau programme !  

    Ecoutez le podcast avec Samantha Cazebonne

  • RD Congo / élections: l’examen des recours

    RD Congo / élections: l’examen des recours

    Les autorités électorales de République démocratique du Congo (RDC) ont annulé les votes pour 82 candidats aux récentes élections générales, dont trois ministres du gouvernement central et quatre gouverneurs provinciaux, en raison de fraudes et d’intimidations. Ce 08 janvier, deux recours sont examinés par la Cour constitutionnelle, l’un émanant d’un citoyen, l’autre du candidat-président Théodore Ngoy, arrivé dernier du scrutin selon les résultats provisoires publiés par la Céni le 31 décembre et qui donnent le sortant Félix Tshisekedi gagnant avec 73% des voix.

    RD Congo
    Un électeur vote lors des élections générales en RDC, le 20 décembre à Kinshasa. AP Photo/Samy Ntumba Shambuyi ©TV5MONDE

    82 candidats rejetés par la Céni

    La Commission électorale congolaise (Céni) a annulé les votes pour 82 candidats en raison de fraudes et d’intimidations lors de scrutins régionaux et locaux qui se sont tenus le 20 décembre à l’instar de la présidentielle. Parmi les concernés, trois ministres congolais et quatre gouverneurs provinciaux.

    Les autorités électorales de République démocratique du Congo (RDC) ont annulé les votes pour 82 candidats aux récentes élections générales, dont trois ministres du gouvernement central et quatre gouverneurs provinciaux, en raison de fraudes et d’intimidations.

    Cette décision de la commission électorale congolaise (Céni), annoncée tard vendredi, intervient deux semaines après les scrutins du 20 décembre, marqués par d’innombrables problèmes logistiques et la réélection haut la main du président Félix Tshisekedi, rejetée par l’opposition.

    Plus de 40 millions d’électeurs, sur un total d’environ 100 millions d’habitants de l’immense pays d’Afrique centrale, ont été appelés aux urnes le 20 décembre pour élire leur président, leurs députés nationaux et provinciaux et, pour la première fois, leurs conseillers locaux.

    Fraudes, vandalisme, intimidations

    Les problèmes logistiques et bureaucratiques ont poussé la Céni à prolonger le vote d’une journée. Selon certains observateurs, il s’est même poursuivi jusqu’au 27 décembre à certains endroits.

    Dans son communiqué de vendredi, la Céni a mis en avant des fraudes, des actes de vandalisme, des intimidations d’électeurs et des utilisations illégales de machines de vote pour justifier l’annulation totale des votes dans deux circonscriptions, et par ailleurs des votes pour 82 candidats, dont plusieurs personnalités.

    Parmi elles figurent Antoinette Kipulu Kabenga, ministre de la formation professionnelle, Didier Mazenga Mukanzu, celui de l’Intégration régionale, et Nana Manuanina Kihimba, ministre déléguée auprès du président Tshisekedi, ainsi que quatre gouverneurs de province, dont celui de la province de Kinshasa, Gentiny Ngobila. 

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • L’UE réitère son appel à la vaccination après l’augmentation du nombre de cas de Covid-19

    L’UE réitère son appel à la vaccination après l’augmentation du nombre de cas de Covid-19

    La Covid-19 et ses variants sont « toujours bien présents » et circulent de plus en plus dans nos communautés, a déclaré à Euractiv la commissaire européenne à la santé Stella Kyriakides, soulignant la nécessité de la vaccination à la lumière de la coexistence simultanée de trois virus.

    Des données récentes montrent que certains pays de l’UE connaissent une recrudescence des cas de Covid-19, tandis que Mme Kyriakides a déclaré que la co-circulation d’autres maladies respiratoires constituait un défi supplémentaire.

    En Croatie, les médias locaux ont rapporté qu’entre le 12 et le 18 décembre, 68 décès liés à la Covid-19 ont été enregistrés. En Grèce, on prévoit 80 décès par semaine si la tendance actuelle se poursuit, tandis qu’en Italie, les cas de grippe et de Covid-19 ont atteint un record au cours des deux dernières semaines de l’année 2023.

    Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a déclaré à Euractiv que la résurgence du SRAS-CoV-2, de la grippe saisonnière et du virus respiratoire syncytial (VRS) n’était pas inattendue, tout comme la co-circulation des trois virus.

    « La vaccination reste un bouclier essentiel contre la Covid-19, en particulier pour les personnes les plus vulnérables de nos sociétés. J’ai insisté sur ce point dans une lettre envoyée à tous les ministres de la Santé en septembre sur la nécessité de vacciner contre la Covid-19 et la grippe saisonnière », a fait remarquer Mme Kyriakides, soulignant la nécessité d’être toujours vigilant et préparé.

    « Nous avons besoin de tests adéquats, de séquençage, de rapports et de partage des données relatives à la Covid-19. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons continuer à suivre efficacement la propagation des virus et de leurs variantes et à nous protéger les uns les autres », a-t-elle ajouté.

    Covid-19
    Des données récentes montrent que certains pays de l’UE connaissent une recrudescence des cas de Covid-19, tandis que Stella Kyriakides a déclaré que la co-circulation d’autres maladies respiratoires constituait un défi supplémentaire. [RONALD WITTEK/EPA]

    Selon l’ECDC, les pays font état d’un mélange de tendances à la hausse et à la baisse de l’activité du SRAS-CoV-2, des hospitalisations liées à la Covid-19, des admissions en unité de soins intensifs et des décès, avec des conséquences graves principalement chez les personnes âgées de 65 ans et plus.

    Mais les experts avertissent que la situation sera probablement plus claire dans les deux prochaines semaines, après les vacances de Noël, lorsque de nombreux rassemblements auront lieu.

    Certaines capitales réfléchissent déjà à l’introduction de nouvelles mesures restrictives, telles que le port obligatoire de masques dans certains lieux.

    Max Griera, d’Euractiv, rapporte que lors d’une réunion lundi 8 janvier, le ministère espagnol de la Santé s’est heurté aux régions autonomes au sujet de l’utilisation obligatoire de masques dans les centres de santé.

    Tard hier soir, le ministère de la Santé a imposé l’utilisation de masques dans les centres de santé dans tout le pays à partir de mercredi.

    Certains estiment que l’introduction de mesures restrictives avant les élections européennes pourrait être risquée, car elle pourrait être exploitée politiquement par l’extrême droite.


    Consulter la publication originale

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.01.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.01.24

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mercredi 10 janvier 2024, vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui, nous revenons sur la nomination du plus jeune premier ministre de France, on s’interrogera sur les ambitions des élus des Français de l’étranger avant de se pencher sur le cas des 2 actuels locataires du Quai d’Orsay.

    Plus jeune que Fabius

    C’est l’info qui est revenue en boucle hier en France, à 34 ans, Gabriel Attal devient le plus jeune chef de gouvernement de l’histoire de la République. Après avoir pris ses fonctions, il s’est rendu dans le Pas de Calais au chevet des victimes des inondations et du gel. La visite fut courte, il doit désormais inventer son gouvernement. 

    Gabriel Attal Premier ministre
    ©Passation de pouvoir entre Elisabeth Borne et Gabriel Attal dans la cour de Matignon ce 09 janvier 2024 ©AFP

    Des Français de l’étranger au gouvernement ?

    Elisabeth Borne avait pris dans son équipe, Roland Lescure, député des Français d’Amerique du Nord, comme ministre de l’Industrie. Le restera-t-il ? Il est en tout cas apprécié de Bruno Le Maire. Sur les rangs, comme à chaque remaniement, on retrouve le député des Français du Bénélux qui espère, plus que jamais, décrocher enfin les affaires européennes. Éléonore Caroit, élue en Amérique latine, pourrait-elle faire partie du quota de femmes du gouvernement. 

    Roland Lescure dans son bureau à Bercy – 2023

    Colonna et Becht, rester ou partir ? 

    Catherine Colonna, 67 ans, a longtemps représenté la France dans divers pays et institutions. Avant de devenir ministre des Affaires étrangères et de l’Europe, elle était passée plusieurs fois par le gouvernement dans les années 1990 et 2000. Pourtant, elle serait dans le collimateur du Président de la République tandis que les ténors Gérard Darmanin et Bruno Le Maire lorgnent sur son bureau. Pour Oliver Becht, le poste de ministre du commerce extérieur, toujours ultra-déficitaire, n’attire pas les foules comme celui lié aux expatriés, il pourrait ainsi faire la surprise et rester en place. À suivre !  

    Catherine Colonna et Olivier Becht
    Catherine Colonna et Olivier Becht

    C’est tout pour ce mercredi ! À demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger 

  • Quels parlementaires des Français de l’étranger au gouvernement ? 

    Quels parlementaires des Français de l’étranger au gouvernement ? 

    « Je te laisse, j’attends un appel ! » C’est ce que vous entendriez s’il vous prenait l’envie d’essayer de joindre ce jour l’un de nos parlementaires des Français de l’étranger. En effet, chacun attend ce coup de fil de l’Elysée qui les informerait de leur entrée au gouvernement. Celles et ceux qui vous disent « non je n’y pense pas » seraient des menteurs ou des pleutres. Ce que l’on n’ose croire. 

    Toutes et tous patientent, donc. Pensent déjà à leurs premiers pas sur le perron de l’Elysée. A leurs posts sur les réseaux. « Je mesure la tâche (…) cette confiance m’honore et m’incombe… » Pour l’originalité, on repassera sans doute ! Ils ou elles choisissent déjà leur tenue pour la photo de famille. Bref ils se préparent. Pourrait-on le leur reprocher ? Mais qui sont les prétendants à cette arrivée au banc des ministres ? 

    Le destin des jupettes est-il révolu ?

    Commençons par les dames. Le destin des jupettes est-il révolu ? Ces femmes qui en 1995 avaient connu la gloire des caméras. Seulement quelques mois. Et retour à l’anonymat. Essayez donc de citer spontanément un nom de cette cohorte de l’époque ? Soyons optimistes, ce temps n’existe plus. Pour preuve, sans regarder sur un moteur de recherche, donnez un nom d’une secrétaire d’Etat du gouvernement sortant… Le fantôme des jupettes existe donc toujours ! Mais peut-on refuser une offre d’intégrer une équipe ministérielle ? 

    Qui se souvient du nom du dernier ministre ?

    Si Eléonore Caroit, députée des Français d’Amérique du Sud et des Caraïbes, reçoit ce coup de fil de l’Elysée, peut-elle rejeter cette nomination ? Même pour le secrétariat d’Etat à la lutte contre le plastique. Amélia Lakrafi, élue au Palais Bourbon pour représenter les Français du Proche-Orient et du Sud de l’Afrique, pourrait s’occuper du service universel auprès du nouveau Premier Ministre. Mais qui se souvient du nom de celle qui occupa ce poste ces derniers mois ? Le syndrome Jupette n’est pas si loin. 

    Au nombre de cadavres (…) c’est déjà un emploi à temps plein

    Anne Genetet, membre de l’Assemblée nationale pour les Français d’Océanie, d’Asie et d’une partie d’Europe de l’Est, tape aussi au portillon. Elle a actuellement la charge de faire le ménage dans la fédération du parti « Renaissance » des Français de l’étranger. Et au nombre de cadavres qui s’y trouveraient, c’est déjà un emploi à temps plein. Samantha Cazebonne, qui a déjà connu l’Assemblée nationale avant de rejoindre le Sénat pourrait-elle être la surprise ? Cependant, au siège du parti présidentiel, on lui reproche son manque de fidélité. 

    Qu’en est-il des hommes? Quelles sont les possibles ambitions des parlementaires du parti présidentiel représentant les expatriés français ? Pieyre-Alexandre Anglade, député des Français du Bénélux, est souvent bien placé, mais encore jamais appelé. On dit qu’il pense « Europe » matin, midi et soir. Vise-t-il alors davantage une place dans les premiers de la liste « Renaissance » aux élections européennes de juin prochain ? 

    Un poste de sous-secrétaire d’Etat au budget des friandises

    Alexandre Holroyd, qui représente à l’Assemblée nationale la communauté française établie au nord de l’Europe, est un spécialiste des finances. Il préside actuellement la Caisse des dépôts et consignations. Entre un poste de sous-secrétaire d’Etat au budget des friandises et la gestion d’un budget de plusieurs milliards d’euros à la tête de l’institution financière publique française, hésiteriez-vous ? 

    Marc Ferracci, député des Français de Suisse et du Liechtenstein, témoin de mariage d’Emmanuel Macron, pense sans doute à un grand ministère, celui de Bruno Lemaire ! Le diplômé d’HEC n’a cependant pas encore l’expérience des gros paquebots, et, en le nommant au gouvernement, le président de la République perdrait un œil précieux à l’Assemblée. 

    Roland Lescure : un retour à la vie civile pour son suppléant?

    Stéphane Vojetta, élu des Français de la péninsule ibérique et de Monaco, se veut un électron libre de la macronie. Pour rappel, il avait battu aux élections législatives de 2022 le candidat officiel du parti présidentiel, Manuel Valls. Jugé incontrôlable par les caciques de la rue du Faubourg Saint Honoré, son arrivée dans une équipe ministérielle relèverait de l’inimaginable. Mais comme à l’impossible, nul n’est tenu et que l’espoir fait vivre… Espoir qui maintient encore à son poste de député Christopher Weissberg. Ce dernier siège au Palais Bourbon en remplacement de Roland Lescure qui occupait les fonctions de ministre délégué chargé de l’industrie. Ce dernier ne semble plus dans les petits papiers de l’Elysée. Son éviction de Bercy entraînerait un retour à la vie civile de son suppléant.  

    Gouvernement : quand l’impossible tient à un coup de fil

    Frédéric Petit, membre du Modem, député des Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans pourrait faire l’objet des tractations de François Bayrou. Mais le président du parti centriste a déjà tant d’autres poulains à placer. Sur ce même échiquier, le nom d’Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France, se murmure. Sa volonté d’indépendance pourrait cependant ne pas lui être profitable. Quant à débaucher un parlementaire LR comme Ronan Le Gleut ou Christophe-André Frassa, tous les deux membres de la Haute Assemblée, l’appât du prestige prendrait-il alors le pas sur les convictions ? Quand il s’agit de constituer un gouvernement, de devenir ministre, parfois, ce que l’on appelle impossible est seulement un événement (ou un coup de fil) qui n’a pas encore eu lieu.

  • Gabriel Attal, plus jeune Premier Ministre de l’histoire de France

    Gabriel Attal, plus jeune Premier Ministre de l’histoire de France

    Gabriel Attal a été nommé par Emmanuel Macron, Premier ministre, ce mardi 9 janvier. A 34 ans, il devient le plus jeune chef du gouvernement de l’histoire française sur 173 personnalités qui ont occupé ce poste depuis la fin de l’Ancien régime. 

    Un politique apprécié

    Selon un sondage de l’institut Ipsos pour Le Point publié en décembre 2023, Gabriel Attal est la personnalité politique recueillant le plus d’opinions favorables. Avec 40% d’opinions favorables (et 45% défavorables), le ministre de l’Éducation nationale devance pour la première fois l’ex-Premier ministre Edouard Philippe (39% d’opinions favorables et 49% défavorables).

    Personnalité plutôt classée à gauche, Gabriel Attal a conquis les électeurs de droite au cours de ces derniers mois avec des annonces comme l’interdiction de l’abaya à l’école, l’expérimentation de l’uniforme, et plusieurs réformes, du bac et du brevet notamment.

    Former un gouvernement et relever les défis

    Sa première tâche sera de former un nouveau gouvernement sous le signe du « réarmement » vanté par le chef de l’Etat lors de ses voeux du Nouvel An : « réarmement industriel, économique, européen » mais aussi « civique », autour notamment du vaste chantier de l’école que Gabriel Attal a porté depuis l’été en initiant de nombreuses réformes d’ampleur.

    Gabriel Attal Premier ministre
    Passation de pouvoir entre Elisabeth Borne et Gabriel Attal dans la cour de Matignon ce 09 janvier 2024 ©AFP

    Les élections européennes

    À moins de six mois des élections européennes du 9 juin prochain et au moment où le camp présidentiel est largement distancé dans les sondages par le Rassemblement national, l’heure est à la bataille. Pour cela, le premier grand chantier du nouveau Premier ministre sera de mener cette bataille des européennes pour reconquérir un bastion qui était autrefois sa marque de fabrique : un ancrage européen fort, marqué par une politique européenne affirmée.

    Civisme et laïcité

    Emmanuel Macron l’a déploré à plusieurs reprises, et notamment à l’occasion de sa dernière intervention télévisée dans l’émission «C à vous» sur France 5, le pays est, selon lui, engagé dans un processus de «décivilisation». Celui-ci se manifeste notamment à travers les récentes affaires tragiques qui ont scindé la France en deux: le meurtre du jeune Thomas, à Crépol, et celui du jeune Nahel, à Nanterre. À ce titre, le président avait, à chaque fois, évoqué un lien avec l’école, «la mère des batailles», et un nécessaire «réarmement civique» aux contours encore flous.

    Relancer l’économie avec Bruno Le Maire

    Après avoir tranché sur son Premier ministre, Emmanuel Macron s’attaquera, en compagnie de Gabriel Attal, à reformer l’ensemble du gouvernement, avec deux mots d’ordre : «réduire et renouveler». Un chantier d’ampleur, qui ne devrait néanmoins pas concerner Bercy, le ministère piloté par Bruno Le Maire depuis 2017. En effet, l’un des gros dossiers géré par le gouvernement demeure celui du réarmement économique et industriel, avec une politique forte et ambitieuse menée sur le long terme.

    Et la collaboration entre les deux hommes s’annonce ardue. En effet, dès hier soir, les coups de fils furent nombreux que ce soit de Bercy ou d’ailleurs place Beauvau. « Bruno (Le Maire) et Gérald (Darmanin) ont hurlé », confie l’un de leurs collègues. Les deux élus auraient exigé de ne pas être sous les ordres de Gabriel Attal, qui devient ce mardi le plus jeune Premier ministre de la Ve République. « Ils veulent le ministère des Affaires étrangères ou ils sortent« , croyait savoir un cadre de la majorité en amont de la nomination.

    Tensions sur l’échiquier mondial

    À l’heure où le monde est frappé par plusieurs guerres, aux portes de l’Europe avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, mais aussi au Proche-Orient où la situation reste très instable, la position de la France est scrutée par les Français mais aussi à l’international et demeure l’un des grands défis qui devra être géré par Emmanuel Macron, mais aussi par son Premier ministre, qui, s’il ne sera pas directement en charge du dossier, devra faire les bons choix pour nommer des personnalités compétentes pour porter les valeurs et les intérêts de la France.

    La réaction des élus des Français de l’étranger

    Enfin, nous nous sommes interrogés sur les réactions des élus des Français de l’étranger à cette nomination surprise. 

    Les députés du camp présidentiel sont les premiers à avoir commenté. Pas tous, car certains restent sceptiques et préfèrent garder leurs commentaires pour les prochaines semaines. 

    Par contre, certains, ceux que la rumeur désigne comme candidats à un poste ministériel, ont publié sur twitter des messages comme le député des Français du Bénélux qui se verrait bien au Ministère des Affaires européennes. 

    « Son énergie et ses compétences seront utiles à la France. Il pourra compter sur tout notre soutien pour mettre en œuvre le projet du Président de la République Emmanuel Macron »

    P.A Anglade – Député des Français du Bénélux et chargé de mission sur les élections européennes pour Renaissance sur X ce 09 janvier 

    Le député Alexandre Holroyd, déjà Président de la Caisse des dépôts et consignations, a aussi partagé son message de félicitations. 

    Félicitations à @GabrielAttal pour sa nomination en tant que #PremierMinistre !

    Je me réjouis de ce nouvel élan insufflé et de l’engagement que nous continuerons de porter ensemble.

    Je remercie @Elisabeth_Borne pour sa force et sa détermination. pic.twitter.com/m4DuM3W561

    — Alexandre Holroyd (@alexIholroyd) January 9, 2024

    Le député Alexandre Holroyd mais pas seulement. L’enthousiasme gagne aussi des personnages qui ont l’habitude mesurer leur soutien à Renaissance, comme Stéphane Vojetta, qui siège avec la majorité comme élu des Français de la péninsule ibérique face à Manuel Valls pourtant investi par Renaissance même si une certaine résignation pointe le bout de son nez. 

    « Puis on pourra se remettre au travail. Et LFI continuera à faire ce qu’elle sait faire, déposer des motions de censure.… »

    Stéphane Vojetta sur X ce 09 janvier 2024

    Pour l’opposition comme Yan Chantrel sénateur des Français de l’étranger qui siège avec le parti socialiste, ce remaniement n’est qu’une opération de communication qui n’aura que peu d’impact. 

    « Le seul remaniement utile et attendu n’aura pas lieu. C’est celui du Président de la République et de sa politique. Tout le reste n’est que diversion avec le simple remplacement d’exécutants d’une politique brutale et injuste au service des plus nantis. »

    Yan Chantrel sénateur des Français de l’étranger – PS

    A droite, comme au niveau national, les réactions sont plus discrètes voire absentes. Après avoir félicité à de nombreuses reprises le jeune ministre de l’Éducation nationale pour avoir fait interdire l’abaya dans les écoles, les élus LR et assimilés ne savent que penser du Premier ministre surprise. 

    Mais pour l’heure, le microcosme est focalisé sur les postes qui sont en cours de distribution. Roland Lescure restera-t-il ministre ou redeviendra-t-il député des Français d’Amérique du Nord ? D’autres parlementaires des Français de l’étranger seront-ils ministres ? La réponse dans les prochains jours. 

  • Ouverture de la campagne pour les bourses scolaires 2024/2025

    Ouverture de la campagne pour les bourses scolaires 2024/2025

    La première campagne des bourses scolaires pour l’année 2024-2025 est ouverte dans les consulats de la zone « Nord » de l’AEFE (la majorité des établissements).

    Les familles candidates doivent déposer leur dossier à l’accueil du consulat dont elles dépendent selon les horaires d’ouverture ou prendre rendez-vous en cas de demande particulière.

    La date limite de dépôt des dossiers est fixée par les autorités consulaires entre le 05 et le 16 février 2024. Ces dates sont données à titre informatif. Consultez le site de votre consulat pour connaître les modalités de dépôt retenues par l’équipe sociale de ce dernier.

    Qui peut accéder aux bourses ?

    Les bourses sont attribuées en fonction de la situation financière et patrimoniale des familles, leur composition et la charge financière de la scolarité sur le budget familial.

    Elles peuvent couvrir les frais de scolarité annuels, d’inscription annuelle, les frais de première inscription, de demi-pension, de transport scolaire, d’achat de fournitures et de manuels, d’internat, d’assurance scolaire et de transport aux examens.

    Ces bourses ne sont pas un droit et sont octroyées chaque année dans la limite des crédits alloués au dispositif. Leur demande doit être renouvelée pour chaque rentrée scolaire. Les bourses sont en premier lieu versées aux établissements scolaires qui les rétrocèdent aux familles.

    En plus de la situation des parents, des critères propres aux enfants sont aussi à prendre en compte. 

    Ainsi l’enfant doit remplir l’ensemble des conditions suivantes :

    -Etre de nationalité française ;

    -Résider avec au moins l’un de ses parents ou un tuteur légal ;

    -Etre âgé d’au moins trois ans ;

    -Etre inscrit au registre des Français établis hors de France ;

    -Fréquenter régulièrement les cours ;

    -Ne pas accuser plus de deux ans de retard au-delà de l’âge de scolarisation obligatoire établi à 16 ans.

    Pour rappel, les bourses ne sont pas cumulables avec les prestations sociales versées par la caisse d’allocations familiales (CAF) dont une attestation de radiation est exigée parmi les pièces à produire.

    bourses scolaires 2024
    ©Stockadobe

    Comment le dossier est-il retenu ou rejeté ?

    Si vous êtes dans les critères d’éligibilité, vous pouvez donc déposer votre dossier. Ce dernier sera étudié par le conseil consulaire dont vous dépendez. Si vous êtes retenu(e), votre candidature sera envoyée à une autre commission composée des élus à l’Assemblée des Français de l’étranger qui attribueront les bourses selon le barème et dans la limite des fonds disponibles.

    On le voit, il ne suffit donc pas de constituer un dossier « carré ». Votre enveloppe sera déterminée selon des priorités, qui restent opaques, et selon le budget mis à disposition par l’État. Pour cette année 2024, le législateur a prévu de créditer le poste budgétaire de près de 118 millions d’Euros (soit une progression de 12 millions).

    Une somme que les élus locaux comme nationaux, malgré son augmentation, considèrent comme éloignée des besoins face à l’inflation qui a frappé tous les pays et a souvent entraîné l’explosion des frais d’écolage.

    Comment la bourse est-elle calculée ?

    Vous êtes dans les critères, votre dossier a été retenu par le Conseil consulaire de votre pays et la Commission nationale a validé le principe de l’attribution. Mais alors combien allez-vous toucher ?

    Là encore, on a pu compter sur l’inventivité de notre administration qui a déployé un dispositif bien complexe. On tente de vous l’expliquer.

    La pierre angulaire du calcul du montant alloué à votre bourse est le fameux quotient familial pondéré. Celui-ci est calculé pour chaque famille. Il prend en compte les ressources de celle-ci, certains avantages (tels qu’un logement à disposition ou encore les revenus mobiliers et/ou immobiliers), le nombre de parts (membres du foyer, 1 adulte = 1 part, 1 enfant = ½ part, une part supplémentaire au lieu de 1/2 part antérieurement est accordée aux familles monoparentales), les frais de scolarité de l’établissement, mais également la situation économique de la ville de résidence matérialisée par l’indice de pouvoir d’achat avec la France (IPA) établi annuellement par le poste consulaire.

    Une fois le quotient familial déterminé, les règles suivantes sont appliquées :

    -Si le quotient est supérieur ou égal à 23 000€ (appelé Qmax), aucune bourse n’est attribuée ;

    -Si le quotient est inférieur ou égal à 3 000€, une bourse (100%) couvrant la totalité des frais de scolarité peut être attribuée ;

    -Si le quotient est compris entre 3 000€ et 23 000€, une quotité partielle de bourse est attribuée couvrant en partie les frais de scolarité.

    Comment se faire aider ?

    Face à la complexité du dossier, certains élus des Français de l’étranger organisent des permanences consulaires afin de recevoir les familles qui auraient besoin d’aide pour réunir et présenter les éléments demandés. N’hésitez pas à les contacter. Leurs coordonnées sont aussi disponibles sur les sites des consulats dans l’onglet « Présence française ».

  • Économie : Grèce et États-Unis, les deux vainqueurs de 2023 

    Économie : Grèce et États-Unis, les deux vainqueurs de 2023 

    Avec la hausse des taux d’intérêt, avec la crise immobilière en Chine puis la guerre au Proche-Orient, le principe d’une récession mondiale était communément admis. Les États-Unis avec des taux directeurs de plus de 5 % devaient sombrer dans la léthargie économique et la zone euro avec des taux directeurs de plus de 4% devaient renouer avec la crise des dettes souveraines. Or, ce scénario catastrophe n’a pas eu lieu. 

    La croissance de l’économie mondiale a certainement atteint 3 % en 2023. L’inflation est en recul et le taux de chômage reste historiquement faible. Les grands indices boursiers se sont appréciés de plus de 15 % en moyenne. Le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques, a même gagné, en un an, plus de 50 %. En prenant en compte comme indicateurs, l’inflation, le PIB, l’emploi et la performance boursière, l’hebdomadaire The Economist a classé 35 pays.

    Grèce, Etats-Unis, Corée du Sud, Canada, Chili en tête

    Sur le podium de ce classement figurent la Grèce, la Corée du Sud et les États-Unis. Le Canada et le Chili se classent quatrième et cinquième. Parmi les pays les plus mal classés figurent des anciens champions économiques comme l’Allemagne, la Suède, la Finlande ou le Royaume-Uni. Les pays ayant maîtrisé le mieux l’inflation sous-jacente (hors énergie et hors alimentation) sont le Japon et la Corée du Sud. La Suisse figure également parmi les bons élèves avec une inflation sous-jacente de 1,3% sur un an en 2023. 

    En Europe, cependant, de nombreux pays éprouvent les pires difficultés à sortir de la spirale inflationniste. L’inflation sous-jacente en Hongrie s’élevait, en novembre, à 11 % sur un an. La Finlande, qui dépend fortement des approvisionnements énergétiques russes, est également en difficulté. Les pays dont la banque centrale a réagi rapidement obtiennent les meilleurs résultats dans le processus de désinflation. Les États-Unis, la Corée du Sud et le Chili sont les trois pays ayant le mieux réagi face à la hausse des prix. Le Canada peut être également ajouté à la liste. En revanche, en Australie, la bataille contre la hausse des prix peine à prendre forme.

    L’inflation sous-jacente demeure encore vive dans plusieurs pays d’Europe dont l’Allemagne et la France. L’évolution des coûts salariaux dans ces deux pays pourrait même conduire à un rebond de l’inflation. La croissance a ralenti en 2023 en lien avec la hausse des taux directeurs et la baisse de la productivité. Les pénuries de main-d’œuvre ont également pesé sur la croissance. Néanmoins, un nombre réduit de pays ont connu une diminution de leur PIB en 2023. L’Irlande a été un des pays les moins performants avec une baisse de 4,1 % mais le PIB irlandais est un indicateur peu fiable de la santé du pays. Il dépend des remontées des bénéfices des multinationales.

    Grèce et Etats-Unis
    ©Statista – FMI

    Stagnation en Allemagne, Royaume-Uni, Estonie

    L’instauration d’un impôt mondial sur les bénéfices et les pressions des États pour imposer localement ces derniers réduisent leur remontée en Irlande. Parmi les pays ayant enregistré une diminution ou une stagnation de leur PIB figurent l’Estonie, l’Allemagne et le Royaume-Uni. L’Estonie est directement confrontée à la contraction des échanges avec la Russie. L’Allemagne doit faire face à l’augmentation des coûts de l’énergie et à l’érosion de ses échanges avec la Chine qui, en outre, la concurrence en matière de ventes de voitures. Le Royaume-Uni peine à gérer sa sortie de l’Union européenne qui se traduit par une diminution des échanges et des investissements extérieurs.

    Les surprises : les Etats-Unis et le rebond grec

    Les États-Unis ont, en revanche, surpris avec une croissance, en 2023, de plus de 2%. Celle-ci est certes la conséquence d’un imposant déficit public, de plus de 7 points de PIB en 2023. Le Canada connaît également une augmentation de son activité sur fond de plein emploi. La croissance grecque aurait atteint plus de 2,5 % en 2023 quand celle de la zone euro ne devrait pas dépasser 0,5 %. Après dix années (2008-2018) de crise économique qui a amputé son PIB de 25 %, la Grèce connaît un rebond qui a surpris. La bonne tenue du tourisme explique en partie le niveau élevé de sa croissance. Ses obligations ne sont plus classées par les agences de notations financières comme des « junk bonds » (obligations pourries) et deux de ces agences, S&P’s et Fitch, ont même récemment relevé sa note. Le pays a accepté les réformes imposées par l’Union européenne, la BCE et le FMI. L’âge de départ à la retraite a été reporté à 67 ans dès 2010. Le FMI a souligné que l’économie est de plus en plus concurrentielle et a loué l’effort d’investissements dans le numérique des entreprises de ce pays. La dette demeure malgré tout élevée, à plus de 160 % du PIB. La corruption demeure prégnante comme l’a prouvé le scandale né après l’accident ferroviaire de mars dernier. 

    Sur le terrain boursier, les indices sont en forte hausse dans de nombreux pays. Ceux des États-Unis ont effacé les pertes de 2022. L’indice japonais Nikkei a gagné plus de 25 %, ce qui est une première depuis des années, le pays ayant connu un cycle déflationniste durant trente ans. Le marché grec est également en forte croissance avec une appréciation de plus de 20 %. 

    En revanche, le marché boursier australien, qui dépend du cours des matières premières a reculé. Il en est de même pour le marché boursier finlandais, l’action Nokia continuant sa descente aux enfers. 

    2023 aura été une mauvaise année pour l’Allemagne et la Chine, deux champions de la décennie précédente. Leur modèle axé sur l’industrie et les échanges doivent gérer tout à la fois les normes environnementales, l’augmentation du coût de l’énergie et les tensions géopolitiques. Ces deux pays disposent néanmoins d’atouts majeurs, la force de leur secteur industriel et une R&D de qualité. En 2024, le match est ouvert pour savoir qui succéderont aux États-Unis et à la Grèce comme champions économiques de l’année.

  • Les citoyens de l’UE issus de l’immigration confrontés à des difficultés pour voter aux élections européennes

    Les citoyens de l’UE issus de l’immigration confrontés à des difficultés pour voter aux élections européennes

    Les citoyens de l’UE issus de l’immigration sont perçus comme des « étrangers » dans la société européenne, ils ont tendance à rester à l’écart de la politique, à moins voter ou à ne pas se présenter comme candidats pour les prochaines élections européennes, explique une association qui s’occupe des citoyens européens issus de l’immigration, dans un entretien accordé à Euractiv.

    Diaspora Vote (dont le nom officiel est #DiasporaVote!) est une association qui encourage les citoyens européens issus de l’immigration à participer à la politique à tous les niveaux, du fait de voter aux élections à la présentation de candidatures. L’association a commencé son travail pour la campagne des élections européennes, qui se tiendront en juin.

    L’organisation souhaite une représentation effective dans le débat public et l’élaboration des politiques, et fait campagne pour que les promesses électorales des politiques soient tenues.

    À l’heure actuelle, il n’existe aucune donnée sur les citoyens de l’UE issus de l’immigration, bien que l’association ait milité pour que ces informations soient recueillies

    Anti-immigration et marginalisation

    La propagande anti-immigration, principalement celle des partis d’extrême droite qui montent en puissance en Europe, pointe du doigt non seulement les ressortissants étrangers venant d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie centrale, mais aussi les citoyens de l’UE issus de l’immigration.

    L’association dénonce le modèle établi de la marginalisation par la discrimination des personnes issues de l’immigration qui possèdent la citoyenneté européenne.

    Dans ce contexte, il est de plus en plus difficile pour cette communauté de participer à la vie politique, tant au niveau national qu’européen, affirme l’organisation.

    Euractiv s’est entretenu avec plusieurs militantes de Diaspora Vote, qui ont toutes demandées à n’être citées que par leur prénom.

    « Nous sommes discriminés en raison de la couleur de notre peau ou de notre religion. Cela entraîne un rétrécissement de l’espace civique », a déclaré Imtinen, une activiste de l’association.

    « En tant que citoyenne musulmane en France, je ne pense pas que ma voix soit entendue. Je ne vois pas beaucoup d’occasions d’exprimer mes opinions, en raison de ce que je représente », a-t-elle ajouté, précisant que la marginalisation fait partie du problème du manque de participation et de représentation.

    Zainab, une autre activiste née au Maroc et arrivée en Italie à l’âge de trois ans, a déclaré à Euractiv que « bien que j’aie grandi en Italie, et ai fait mes études ici, je suis toujours considérée comme une étrangère, une marginale. Ils considèrent que les gens comme moi ne sont pas Italiens, même si [les personnes issues de l’immigration] parlent la langue et se sentent italiennes ».

    « Si vous ne vous sentez pas membre de la société, si vous vous sentez exclu, pourquoi devriez-vous voter aux élections ? », a ajouté Zainab, tandis que Marianna a souligné qu’il était « encore plus difficile que nous nous imaginions candidates ».

    élections européennes
    À l’heure actuelle, il n’existe aucune donnée sur les citoyens de l’UE issus de l’immigration en Europe, bien que l’association ait fait campagne pour que ce type de données soit recueilli. [WAYhome studio/Shutterstock]

    Tokénisme

    Bien que seulement 3 % des membres élus au Parlement européen soient des personnes issues de la diversité, l’association n’identifie pas ce type de représentation comme son objectif principal, car cela deviendrait facilement du « tokénisme ».

    Il est fréquent de faire l’association entre représentation de la diversité et tokénisme, selon les militantes de Diaspora Vote.

    Le tokénisme est une pratique dans laquelle seuls des efforts symboliques sont déployés dans le cadre des processus de représentation. Un exemple connu, dans le monde du travail, est le fait de recruter un petit nombre de personnes issues de groupes sous-représentés afin de donner l’impression d’une certaine diversité.

    Selon l’association, il est nécessaire qu’un débat sur une réelle représentation de la diversité en politique soit ouvert, afin qu’il y ait un effet sur l’élaboration des politiques publiques.

    « La représentation devient presque synonyme de tokénisme. On prend quelqu’un qui nous ressemble [les personnes issues d’immigration en dehors des frontières de l’UE] et qui semble parler comme nous, mais qui n’a pas de valeur ou d’expérience réelle. Il est facile de dire que quelqu’un comme Priti Patel ou Rishi Sunak représentent les gens de notre milieu, alors que leurs politiques disent le contraire », explique Alimat, une autre militante.

    M. Sunak et Mme Patel, respectivement Premier ministre et ancienne ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni, ont en effet adopté une doctrine anti-immigration avec des politiques frontalières strictes et un discours nationaliste fort à la suite du référendum sur le Brexit.

    Tous deux sont issus de l’immigration.

    « J’attends d’un représentant politique qu’il remette en question le discours dominant et qu’il s’occupe davantage des vraies questions, et qu’il s’occupe des communautés minoritaires et de la classe ouvrière », a déclaré la militante Kel, avant de souligner la déconnexion de la politique avec la vie réelle et l’absence d’un récit alternatif face aux discours d’extrême droite, qui ont construit un consensus autour d’un récit anti-migratoire.


    Consulter la publication originale

Jouer un son