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  • Roland Lescure, un macroniste transatlantique, nouveau ministre de l’Économie !

    Roland Lescure, un macroniste transatlantique, nouveau ministre de l’Économie !

    Ce 5 octobre 2025, Sébastien Lecornu a révélé son gouvernement, officialisant la nomination de Roland Lescure au ministère de l’Économie. Un choix qui marque un tournant dans la stratégie économique du gouvernement. Ancien banquier, député des Français de l’étranger et ministre de l’Industrie sous Élisabeth Borne, ce Franco-Québécois (premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), l’un des plus importants fonds de pension d’Amérique du Nord dont il supervise 80 % de l’activité) incarne une synthèse rare : un profil à la fois technocrate et politique, ancré dans les réalités des expatriés et les enjeux industriels français. Son parcours, jalonné d’engagements en faveur de la compétitivité et de l’innovation, en fait un acteur clé pour affronter les crises économiques actuelles – inflation persistante, désindustrialisation, transition écologique – dans un contexte de tensions budgétaires et de montée des extrêmes.

    Paris, Montréal et Londres

    Roland Lescure incarne une trajectoire à la fois franco-québécoise, technocratique et politique, façonnée par un héritage familial bilingue, une carrière internationale dans la finance et une adhésion précoce au macronisme. Son profil atypique, entre Amérique du Nord et Europe, en fait une figure clé pour comprendre les enjeux économiques contemporains de la France. Retour sur les étapes qui ont forgé sa vision.

    Une jeunesse entre Paris et Montréal

    Né le 15 juin 1966 à Paris, Roland Lescure grandit dans un environnement marqué par deux cultures. Son père, professeur d’université, enseigne à Montréal dans les années 1970, offrant à son fils une immersion précoce dans le monde anglo-saxon et une sensibilité aux dynamiques transatlantiques. Cette double appartenance expliquera plus tard son engagement pour les Français de l’étranger et sa défense des accords commerciaux entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

    « Mon attachement au Québec est viscéral. J’y ai appris que l’économie
    n’est pas une idéologie, mais un outil au service des citoyens »

    Roland Lescure en 2017 au journal La Presse.

    Puis, jeune adulte, Roland Lescure suit un parcours académique « élitiste », typique des hauts fonctionnaires français, mais avec une ouverture internationale rare. La conclusion de sa formation fut l’École polytechnique, où il côtoie les futurs cadres de l’État.

    « L’ENA m’a appris à concilier rigueur administrative
    et audace économique »

    Roland Lescure en 2022 aux Échos.

    Ce parcours en fait un hybride, à la fois haut fonctionnaire et homme de terrain, capable de naviguer entre les arcanes de Bercy et les salles de marché de Londres.

    De la Banque mondiale à la Cité de Londres

    Contrairement à beaucoup de ses camarades de promotion, Roland Lescure ne choisit pas immédiatement la fonction publique. Il opte pour une carrière dans la finance internationale, où il acquiert une expertise reconnue en gestion des risques et investissements stratégiques.

    Roland Lescure a commencé sa carrière à Bercy, notamment au moment de la création de l’euro, puis l’INSEE. En 2005, il devient Directeur général adjoint de Natixis, il supervise les activités de marché et de financement des entreprises. Il fut d’ailleurs un acteur de premier dans la restructuration des actifs toxiques de la banque, conséquence de la crise de 2008.

    Puis il traverse l’Atlantique pour le Canada où il est, de 2009 à 2017, premier vice-président et chef des placements de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

    Une expérience qui renforce sa réputation de gestionnaire de crise.

    « Les banques ne sont pas des ennemis de l’économie réelle, mais des partenaires – à condition qu’elles soient bien régulées »

    Roland Lescure lors d’un débat en anglais sur Bloomberg en 2015.

    Naviguant entre les bureaux parisiens et ceux de Londres, il se lie aux milieux financiers anglo-saxons, un atout qu’il utilisa, plus tard, pour attirer des investissements en France par la suite. Si ce passage dans la finance lui vaut des critiques (notamment à gauche, qui lui reproche sa proximité avec les « goldens boys »), il lui donne aussi une crédibilité auprès des acteurs économiques.

    La rencontre avec Emmanuel Macron : l’engagement politique

    C’est en 2016 que Roland Lescure bascule en politique. Séduit par le projet d’Emmanuel Macron, qu’il rencontre via des cercles libéraux (Institut Montaigne, Le Siècle), il voit en lui un réformateur capable de moderniser la France sans tomber dans le dogmatisme.

    Emmanuel Macron et Roland Lescure le 08 juin 2018
    Emmanuel Macron et Roland Lescure le 08 juin 2018 © francequebec.fr

    Victoire écrasante en 2017

    Suite à l’élection d’Emmanuel Macron, Roland Lescure se présente dans la première circonscription des Français de l’étranger, soit les expatriés résidant aux USA et au Canada. Dans cette circonscription de 150 000 électeurs, traditionnellement de droite, il bat le candidat Les Républicains, Frédérique Lefebvre.

    En plus de l’effet Macron, il a tenu campagne avec convictions. Misant sur son double ancrage (France/Amérique du Nord) et son expertise économique, promettant de défendre les entrepreneurs expatriés et les étudiants français à l’étranger, il l’emporte avec près de 80% des voix. 

    A l’Assemblée nationale, il fut relativement actif, portant en 2019 la création d’un guichet unique numérique pour les démarches fiscales, salué par les associations comme Français du Monde. Mais la portée en fut réduite après l’édulcoration en commission avec le Sénat. Pendant la Covid-19, il fut aussi mobilisé tant pour l’extension du chômage partiel aux Français travaillant pour des entreprises françaises à l’étranger mais aussi pour un retour des capacités de circuler entre les deux rives de l’Atlantique.

    Lors des différents budgets, Il a défendu, avec d’autres, un plan de soutien aux lycées français à l’étranger, avec une enveloppe supplémentaire de 50 millions d’euros pour moderniser les infrastructures en 2022. Mais c’est surtout son rapport intitulé « Pour une France plus attractive : lever les freins à l’installation des talents étrangers » qui a retenu l’attention. Il y défendait des Propositions phares comme la simplification des visas pour les travailleurs qualifiés (inspiré du modèle canadien) ou le crédit d’impôt recherche étendu aux entreprises recrutant des anciens expatriés. Certaines dispositions ont été retenues amenant à un vrai résultat selon Business France qui note que le nombre de startups créées par des Français revenus de l’étranger a augmenté de 20% entre 2018 et 2021.

    En 2022, il fut réélu sans problème.

    Roland Lescure à l'Assemblée nationale en 2020
    Roland Lescure à l’Assemblée nationale en 2020 ©AFP

    La reconquête industrielle, entre ambitions et désillusions

    Le 4 juillet 2022, il est nommé ministre délégué chargé de l’Industrie dans le gouvernement Élisabeth Borne et en février 2024 il voit son portefeuille s’élargir à l’énergie au sein du gouvernement Gabriel Attal.

    La feuille de route de Roland Lescure était dense : accélérer la réindustrialisation par la décarbonation « partout et pour tous », œuvrer pour la souveraineté industrielle via des relocalisations, rendre l’industrie plus attractive auprès des jeunes et s’occuper des entreprises en difficulté. Il avait aussi la charge de la transition énergétique des 50 sites les plus émetteurs de CO2 installés en France, après en avoir établi la liste avec ses équipes.

    A la fin de son ministère, le ministre a engrangé des résultats, avec plusieurs sauvetages à son actif. Tel celui du laboratoire Carelide, à Mouvaux dans le Nord : le dernier fabricant français de poches de perfusion qui est repris par le groupe Aguettant-Delpharm en février 2023, avec le soutien de l’État (25 millions d’euros), ce qui permet de sauver 400 emplois. Ou encore les verriers Arc et Duralex, durement affectés par la hausse des prix de l’énergie. Mais il n’y a pas de miracle : « Toutes les entreprises ne peuvent être sauvées ou nationalisées, comme le demandent certains syndicats », relevait Roland Lescure au Figaro en 2024.

    Roland Lescure a ausi co-piloté avec Bruno Le Maire, le volet industriel de France 2030 vise à faire de la France un leader dans les semi-conducteurs (usine STMicroelectronics à Crolles), le nucléaire (petits réacteurs modulaires, en partenariat avec EDF) ou les biotechnologies (sanofis et BioNTech).

     « Libéral » en matière économique, il estime que le rôle de l’État n’est pas de gérer les entreprises mais d’apporter son soutien, aux côtés des actionnaires privés, notamment par la commande publique.

    Roland Lescure, ministre de l’Industrie en mars 2023 ©Agorapresse

    Affaires et polémiques

    Mais il fut aussi la cible de Mediapart qui dénonçait la conservation des actions dans des fonds liés à Natixis jusqu’en 2021, alors qu’il était député.  Il fut aussi lourdement critiqué pour ne pas avoir anticipé les pénuries de semi-conducteurs de 2021-2022.

    En 2024, Roland Lescure quitte le ministère de l’Industrie avec des succès remarqués (relance des investissements, loi Industrie verte) mais aussi des zones d’ombre. Cependant son passage à l’Industrie a montré ses qualités de gestionnaire, mais aussi ses limites politiques. Une expérience qui pèsera lourd à Bercy, où il devra désormais concilier croissance, justice sociale et transition écologique

    Les défis à Bercy en 2025

    Le 5 octobre 2025, Roland Lescure prend, donc, les rênes de Bercy dans un contexte économique explosif : inflation persistante, dette abyssale, concurrence américaine et chinoise, et montée des tensions sociales. Après son passage à l’Industrie, il hérite d’un ministère clé, mais aussi d’une équation impossible : relancer la croissance sans alourdir la dette, tout en répondant aux attentes des Français et des marchés. Car il hérite d’une économie française fragilisée par des années de crises successives : pandémie, guerre en Ukraine, tensions géopolitiques et transition écologique mal maîtrisée. Les indicateurs sont au rouge, et les marges de manœuvre, étroites. Trois bombes à retardement menacent son ministère et la France : la dette, l’inflation et la désindustrialisation.

    La dette publique : un fardeau historique

    Avec 112 % du PIB en 2025, soit 2 800 milliards d’euros, la dette publique française atteint un niveau historique, plaçant Roland Lescure face à un dilemme immédiat : réduire les dépenses sans étouffer la croissance, ou risquer une crise de confiance des marchés et de Bruxelles. Une équation d’autant plus complexe que les marges de manœuvre se rétrécissent, tandis que les attentes – sociales, économiques et européennes – n’ont jamais été aussi fortes.

    L’inflation : la spirale infernale qui étouffe les Français

    En octobre 2025, l’inflation reste l’ennemi public numéro un pour Roland Lescure. Avec un taux de 3,5 % – bien au-dessus de la cible de la BCE (2 %) –, la hausse des prix érode le pouvoir d’achat, alimente la colère sociale et complique la relance économique. Contrairement aux espoirs de 2023-2024, l’inflation ne redescend pas, piégée par un cocktail explosif : salaires en hausse, prix de l’énergie volatils et tensions géopolitiques.


    Pays Taux d’inflation (2025) Stratégie Résultats
    Allemagne 2,1 % Modération salariale + énergies vertes. Croissance stable, mais risque de récession.
    Espagne 2,8 % Bouclier social ciblé. Baisse du chômage (12 % → 8 %).
    États-Unis 3,2 % Hausse agressive des taux (FED). Ralentissement économique, mais inflation maîtrisée.

    La désindustrialisation : la France peut-elle encore produire ?

    En 2025, la France ne pèse plus que 10 % de son PIB en industrie, contre 25 % en 1980. Pendant que l’Allemagne, la Chine et les États-Unis réindustrialisent à marche forcée, la France détricote son tissu productif, dépendante à 90 % des importations pour ses semi-conducteurs, 80 % pour ses médicaments, et 60 % pour ses équipements énergétiques. Pour Roland Lescure, ministre de l’Économie, relancer l’industrie n’est plus une option, mais une urgence vitale.


    Pays Part de l’industrie (PIB) Dépense en R&D (% PIB) Solde commercial industriel
    France 10 % 2,2 % -120 Md€ (déficit)
    Allemagne 15 % 3,1 % +250 Md€ (excédent)
    Chine 28 % 2,4 % +500 Md€

    Les batailles politiques : Roland Lescure en première ligne

    Roland Lescure devra, aussi, affronter une opposition politique féroce, des syndicats mobilisés et des partenaires européens méfiants. Entre réformes impopulaires, négociations tendues et risque de blocage institutionnel, son poste au sein du gouvernement Lecornu, s’annonce comme un parcours du combattant

    En effet, Roland Lescure devra composer avec une Assemblée nationale fragmentée, où aucune majorité absolue ne se dessine. Chaque réforme sera débattue, amendée, voire rejetée. Sans oublier, la rue, qui est en France, a une capacité de blocage inédite pour un pays démocratique.

  • Initiatives Expats avec Épelle-moi : entre orthographe et cinéma

    Initiatives Expats avec Épelle-moi : entre orthographe et cinéma

    Destination l’Afrique du Sud avec ce nouvel épisode d’ « Initiatives Expats ». De Londres à Johannesburg, le parcours inspirant de Muriel Huet, fondatrice d’Épelle-moi. Notre compatriote a notamment créé une association qui fait rimer langue française et plaisir. Elle évoque aussi une de ses autres passions, le cinéma. Au cours de ce podcast, cette activiste de l’éducation nous transmet son énergie entre 7eme art et orthographe. Moteur, ça tourne !

    Écouter le podcast avec Muriel Huet

    L’Afrique du Sud « un coup de cœur »

    Avant de rejoindre l’Afrique du Sud, Muriel Huet a d’abord vécu en Allemagne puis en Angleterre. Ayant découvert son « amour pour l’enseignement », elle a occupé plusieurs postes dans ce domaine dans ces deux pays de résidence. Puis, elle « décide de tout quitter et de faire un tour du monde pour découvrir les écoles et les systèmes éducatifs dans des pays différents. »

    « L’Afrique du Sud est un pays ultra complexe, mais avec une énergie captivante, une énergie qui est unique »

    Muriel Huet, directrice d’Épelle-moi, Afrique du Sud

    Elle vend alors ce qu’elle possède à Londres et parcourt « quinze pays en un an ». Elle fait de multiples rencontres, et lors de son passage en Afrique du Sud, c’est le « gros coup de cœur » nous confie-t-elle. « C’est un pays ultra complexe, mais avec une énergie captivante, une énergie qui est unique » nous partage-t-elle également.

    Épelle-moi : une association dynamique en Afrique du Sud

    Véritable activiste de l’Éducation, notre invitée fonde en 2019 l’association « Épelle-moi » après une rencontre avec Roger Dickinson, actif dans les programmes de développement en Afrique (a Better Africa). Elle y organise des concours d’épellation en français et souhaite « donner le goût à la lecture aux enfants ». C’est aussi l’occasion de mélanger diverses communautés et de lutter contre la xénophobie.

    Remise de diplômes de l'association Epelle moi en Afrique du Sud
    Remise de diplômes de l’association Epelle moi en Afrique du Sud

    Un des moments forts de l’association sera l’organisation de son initiative Sport et Langue : L’Initiative Épelle-Moi pour les Écoles Françaises . « Il n’y a rien de mieux que le sport pour créer une cohésion entre les enfants » souligne-t-elle, tout en décrivant la programmation de cet événement. Cette journée se tiendra le 14 mars 2026 et réunira plus de 200 enfants.

    Le cinéma : un autre regard sur l’Afrique

    Autre passion de notre compatriote, le cinéma. À travers l’association CINEMA take, le 7e art occupe une place centrale dans sa vie, et vous découvrirez pourquoi en écoutant ce podcast. Avec une équipe de passionnés, elle met en lumière les films africains francophones, organise des projections et soutient la création de courts-métrages : deux ont d’ailleurs été réalisés, notamment avec des jeunes des townships, et sont actuellement projetés.

    Le STAFE : un soutien de la France aux associations

    Pour mener à bien ces projets, Muriel Huet a fait appel au STAFE, un dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger.  Pour elle, cette aide est « vraiment un fonds qui aide des gens comme (moi), expatriée française qui travaille à l’étranger ».

    « Le STAFE fait plutôt partie des dossiers assez simples à comprendre »

    Muriel Huet, directrice d’Épelle-moi, Afrique du Sud

    Le montage des dossiers auprès des consulats est-il facile durant la campagne ouverte pour le dépôt ? Pour notre invitée, « le STAFE fait plutôt partie des dossiers assez simples à comprendre». Ajoutant : « ce fonds STAFE m’a aidée à me rapprocher avec la communauté française ».

    L’association « Epelle-moi » organise diverses activités autour de la langue française en Afrique du sud

    Pour conclure cet épisode d’Initiatives Expats, nous avons demandé à Murielle Huet ce qu’il faut savoir avant de venir en Afrique du Sud et donc quels conseils donnerait-elle aux Françaises et Français qui souhaitent s’y installer ? Pour elle, « c’est un pays très complexe, mais qui vaut le coup d’être découvert à fond. » Et d’ajouter, avec son énergie communicative : « Il faut un peu baisser la garde en Afrique du Sud. On va désapprendre des choses, et on va en apprendre encore plus. » 

    Avec Épellemoi et CINEMA Take, vous découvrirez deux « Initiatives d’expats » qui bâtissent des ponts entre 7e art et langue française. Un épisode à ne pas manquer, qui donne de l’élan… et sans doute l’envie de partir à la découverte de l’Afrique du Sud.


    Toutes les informations sur Épelle-moi ici

  • David Guetta sacré roi des DJs pour la 5ème fois !

    David Guetta sacré roi des DJs pour la 5ème fois !

    Pour la première fois de son histoire, le gala DJ Mag Top 100 s’est déroulé sur l’île blanche, dans l’enceinte du tout nouveau club UNVRS. Malgré la tempête Gabrielle et ses pluies torrentielles, l’événement a tenu toutes ses promesses avec un plateau artistique exceptionnel. Et lorsque le verdict est tombé, la soirée à Ibiza a pris un tour historique ! David Guetta a remporté le titre de meilleur DJ mondial 2025 du prestigieux classement DJ Mag. Une consécration qui marque sa cinquième victoire, égalant ainsi le record détenu conjointement avec Martin Garrix et Armin van Buuren.

    2025 : l’année la plus créative pour le cinquantenaire

    Ce prix intervient dans une année d’activité créative maximale pour David Guetta, qui à 57 ans, démontre qu’il est toujours connecté avec les jeunes générations. En 2024/2025, le Français a sorti plus d’un single par mois et a montré sa polyvalence avec des sorties telles que « Chanceux ” (avec MORTEN), des collaborations avec Afrojack, Martin Garrix, Hypaton, Nicky Romero, Hugel, MK et Fatboy Slim, un nouveau single avec Sia et un remix pour Huntr/x.

    Sur scène, David Guetta a, aussi, brillé cette année avec sa résidence Cirque Galactique en [UNVRS] Avec de longs sets improvisés, la fête F *** Moi je suis célèbre ! en Ushuaïa Ibiza qui est déjà une institution sur l’île, et son spectacle à grande échelle Le monolithe, récemment présenté à AlUla et au Stade de France.

    Danser comme si on était à Ibiza

    La French Touch toujours au premier plan

    Mais David Guetta n’était pas le seul à démontrer que la « French Touch » a encore des jours heureux à couler. Le drapeau tricolore a flotté haut dans ce classement 2025 avec cinq représentants :

    • David Guetta (1er)
    • DJ Snake (40ème)
    • Hugel (54ème)
    • Nico Moreno (67ème)
    • I Hate Models (79ème)

    La Belge Charlotte de Witte s’impose

    Toujours dans un univers francophone, on note la domination incontestée sur la scène techno mondiale de la DJ belge Charlotte de Witte.

    En décrochant le titre de « World’s N°1 Techno DJ » et une remarquable 9ème place au classement général, la francophone témoigne de l’évolution des styles musicaux représentés dans ce Top 100.  On la félicite.

    Charlotte de Witte
    Charlotte de Witte

    Ibiza et David Guetta

    Avec une programmation prestigieuse et un cadre incomparable, Ibiza renforce sa position de capitale mondiale de la musique électronique. Et Guetta, avec son cinquième titre, entre définitivement dans l’histoire de la musique.

    Le règne de David Guetta se poursuit donc avec cette cinquième couronne, preuve de sa capacité à rester au sommet de son art après plus de 40 ans de carrière. Avec 50 nouveaux titres déjà prêts à sortir et trois dates programmées au Stade de France en 2026, le DJ français n’a visiblement pas fini de nous faire danser.

  • Un orage de mots : la  révolution des iraniens dans le texte

    Un orage de mots : la  révolution des iraniens dans le texte

    En Iran, il y a les slogans politiques, les murs couverts d’inscriptions clamant la liberté et la fraternité. Il y a aussi les fils numériques poétiques ou enfiévrés d’une jeunesse qui préfère périr plutôt que de se soumettre au régime théocratique. Ces Iraniens(es) insurgés(es) forgent tous les jours un lexique de résistance. « Un orage de mots » analyse la révolution des Iraniens dans le texte. La révolution “Femme, Vie, Liberté” dite par celles et ceux qui la font et dont Chahla Chafiq donne à entendre le tumulte. Plus qu’un essai, c’est une anthologie de la révolte, une recension mémorielle, un essai documenté au service de la cause des Iraniens et Iraniennes épris de liberté.

    Iran : le point de rupture (septembre 2022)

    Le 16 septembre 2022 marque un point de bascule dans l’histoire contemporaine des révoltes du peuple iranien contre ses dirigeants. Mahsa (Jina) Amini, 22 ans, est arrêtée par la « police des mœurs » pour un voile considéré comme « mal porté ». Elle meurt en détention. Sa mort réveille une colère profonde et cristallise des frustrations accumulées depuis des décennies. Rapidement, le slogan « Femme, Vie, Liberté » devient le cri central du soulèvement.

    Manifestation dans toutes les régions d'Iran, des villes Kurdes à Téhéran
    Manifestation dans toutes les régions d’Iran, des villes Kurdes à Téhéran © AFP

    Les manifestations gagnent toutes les régions d’Iran, des villes kurdes à Téhéran. La répression est brutale : tirs, arrestations, disparitions, violences sexuelles en détention. Un rapport de l’ONU (Organisation des Nations Unies) rend le régime responsable de la « violence physique » ayant causé la mort de Mahsa Amini, et dénonce des « meurtres extrajudiciaires » et une répression disproportionnée.  La situation est plus que jamais clivée entre le camp de la dictature et ses affidés et celui d’un peuple en résistance dont la première arme est un courage sans borne.

    Chahla Chafiq
    © Chahla Chafiq

    Le texte de Chahla Chafiq : donner voix à la résistance

    Chahla Chafiq, sociologue franco-iranienne, ne propose pas seulement un essai. Elle s’appuie sur une collecte de mots : slogans, graffitis, publications numériques, extraits de poèmes et témoignages. Dans « Un orage de mots », elle articule une « poétique de révolution » : comment le mot devient arme, comment le langage incarne la dissidence. « Avec Femme, Vie, Liberté”, tout devient visible et audible. On voit et entend tout un peuple, femmes et hommes. »

    Citations et mémoires des figures de la lutte

    La chanson *Baraye* de Shervin Hajipour, composée à partir de tweets commençant par « barâye » (“pour / à cause de”), est devenue l’hymne du soulèvement. Elle évoque la pluralité des raisons de la lutte : « For dancing in the streets… for fear when kissing… », avant de conclure par « Femme, Vie, Liberté ».

    Le chant *Soroode Zan*, écrit par Mona Borzouei et interprété par Mehdi Yarrahi, fut publié dix-huit jours après la mort de Mahsa Amini. Il commence par le slogan « Femme, Vie, Liberté » et a valu l’arrestation de sa parolière. C’est ce chant qui est devenu l’emblème dune révolution portée par des jeunes femmes qui ôtent leur voile en signe de protestation, qui refusent de rentrer dans le rang, s’opposent aux mensonges du régime qui maquille la mort de nombreuses jeunes personnes en révolte en les faisant passer pour des provocateurs ou des individus fragiles au plan médical.  Parmi les figures de la lutte emblématique :

    Asra Panahi, 15 ans, morte à Ardabil après avoir refusé de chanter un hymne pro-régime. Aylar Haghi, étudiante en médecine, tuée à Tabriz par un tir en novembre 2022. Nika Shakarami, 16 ans, dont la mère déclara après sa mort : « Je resterai toujours dans lagonie de ta souffrance… mais je taime. Quand je vois cette graine pure de ta pensée — liberté, courage et honneur — fleurir dans dautres cœurs… je suis heureuse. »

    Ce qui frappe à travers la figure de ces combattants de la liberté disparus au service de leur cause c’est leur courage physique face au danger, à la répression et les immenses ressources littéraires qu’ils mettent au service des mobilisations.

    Un orage de mot
    Un orage de mot – Chahla Chafiq

    « Ce livre est une archive du présent et un manifeste pour l’avenir. »

    Analyse critique et portée de l’ouvrage

    « Un orage de mots » ne fait pas de la révolution un récit héroïque centré sur quelques leaders, mais un chœur polyphonique. L’ouvrage insiste sur l’épanouissement des mots face à la brutalité de la répression : slogans, chants, graffitis et tweets face aux coups, à la torture et aux mises à mort par pendaison. Les mots ne sont pas impuissants mais au contraire structurant, pour mobiliser tout un peuple, organiser des manifestants. Le soulèvement nest pas isolé mais sinscrit dans une longue histoire des luttes des femmes iraniennes.

    Chahla Chafiq
    Chahla Chafiq

    Chahla Chafiq produit ainsi une archive vivante, un outil de mémoire. Son format rassemblé, ses renvois aux textes d’une jeunesse éblouissante de courage, deviennent un cri de ralliement qui dépasse les frontières de l’Iran. Avec « Un orage de mots », Chahla Chafiq offre plus qu’une analyse : elle fait entendre la polyphonie d’une révolution en train de s’écrire. Ce livre est une archive du présent et un manifeste pour l’avenir. Il rappelle que dans les ténèbres, la lumière persiste à travers les mots. « Je resterai toujours dans lagonie de ta souffrance… mais je taime. Quand je vois cette graine pure de ta pensée — liberté, courage et honneur — fleurir dans dautres cœurs… je suis heureuse. », Mère de Nika Shakarami

    Echange libre avec Chahla Chafiq

    Lesfrancais.press : « Vous dites que ces mots « volés à la censure » sont à la fois spontanés et enracinés dans la poésie iranienne. Pouvez-vous expliquer comment vous avez tissé ce lien entre héritage littéraire iranien et langage contemporain des révoltés ? »

    Chahla Chafiq : « Les manifestants ont fait repris et réactivé des mots de poètes connus et des thèmes récurrents dans la poésie contemporaine iranienne. Le slogan « Je suis la souffrance commune, crie-moi », par exemple, est extrait d’un poème de Shamlou, célèbre poète contemporain. Les slogans qui revendiquent de reconstruire la patrie, telles que « Que cette terre devienne enfin notre patrie » reprennent également un thème récurrent de la poésie contemporaine. Citons par exemple, la grande poétesse Simin Behbahani : « Je te reconstruis, patrie ». À cela s’ajoute le rythme des slogans en farsi. Farzaneh Milani, écrivaine iranienne et professeure émérite en langues et cultures du Moyen-Orient, développe ce lien dans la préface de l’ouvrage. Je le souligne aussi tout au long du texte.

    Lesfrancais.press : « Quel a été votre critère de sélection parmi les milliers de témoignages, tweets, slogans ? Comment avez-vous fait le choix de ceux qui figurent dans Un orage de mots (par exemple Artin) ? »

    Chahla Chafiq : « Après avoir recueilli près de 300 pages de témoignages et de slogans avec l’aide de trois soutiens de cette révolution, Zohreh, Pasha et Reza, j’ai sélectionné prioritairement les paroles des personnes tuées par le régime pendant les manifestations.

    « Quant aux chansons, j’ai choisi celles qui sont devenues des hymnes
    de la révolution, comme Baraye qui a fait le tour du monde»

    Chahla Chafiq, « Un orage de mots » (Ed. Rue de l’échiquier)

    C’est le cas d’Artin, ce lycéen ouvrier de 15 ans, qui a écrit ces mots sur Instagram juste avant d’être tué : « Un jour tout ira bien pour nous ; je ne serai peut-être plus là, si tu l’es toi, ris pour moi du fond de ton coeur. ». Ses mots ont été repris massivement par les autres manifestants. Quant aux chansons, j’ai choisi celles qui sont devenues des hymnes de la révolution, comme Baraye qui a fait le tour du monde, dans de nombreuses langues. Pour les slogans, j’ai repris les plus récurrents. »

    Lesfrancais.press : « Le mouvement « Femme, Vie, Liberté » en Iran est souvent perçu comme une rupture générationnelle. Dans votre texte, comment voyez-vous ce basculement par rapport aux générations précédentes — sur le plan politique, culturel ou poétique ? »

    Chahla Chafiq : « L’idée que je développe à travers l’analyse des mots des acteurs et actrices de cette révolution, c’est qu’il s’agit d’une rupture qui s’inscrit dans une continuité. Cette nouvelle génération poursuit les revendications des nombreux mouvements sociaux précédents tout en rejetant publiquement l’islamisme (par ce terme, j’entends l’idéologisation de l’islam à des fins politiques et sociales, et non pas la religion en elle-même). Dans les luttes précédentes, le rejet de l’islamisme était présent, mais sans affirmation claire en raison de la peur de la répression. Cette fois, cette peur est dépassée et le rejet devient explicite. La jeune génération a réussi a renversé le mur de la peur sur lequel se fondait le double langage, voire la double vie des Iraniens : celle que l’on mène en privée et celle que l’on est contraint d’afficher en public. »

    Lesfrancais.press : « Vous vivez en exil à Paris, et vous relisez l’Iran à distance. En quoi le regard de l’exil (et le fait d’être « hors sol iranien ») vous permet ou vous oblige à une lecture particulière des mots de la révolution ? »

    Chahla Chafiq : « Vivre en exil m’a permis d’explorer, dès mon arrivée en France dans les années 80, ma relation avec l’Iran de manière sensible. Ne voulant pas m’enfermer dans la nostalgie, je me suis engagée dans l’analyse de l’arrivée des islamistes au pouvoir en Iran. J’ai ainsi développé un regard critique sur la révolution de 1979, à laquelle j’avais participé et qui avait abouti au pire des régimes – alors même que mes camarades et moi-même n’adhérions pas à cette idéologie.

    « La distance de l’exil va de pair avec la liberté de dire. Je peux écrire librement, sans ressentir le poids de la censure islamiste »

    Chahla Chafiq, « Un orage de mots » (Ed. Rue de l’échiquier)

    À l’époque j’ai voulu comprendre ce qui avait amené à cette catastrophe et transmettre la compréhension que j’en avais. Ensuite, j’ai observé et suivi les générations suivantes, celles qui étaient dans l’action à travers leurs mouvements, leurs réflexions, leurs créations, tout en regardant le tableau social, politique et culturel dans son ensemble. Ainsi, dans mon roman Demande au miroir (2015), je mets en scène la confrontation de personnages appartenant à différentes générations, en Iran et en exil.

    Dans mon essai, Le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir (2018), je me penche sur les blogs des jeunes Iraniens, les grands frères et grandes sœurs de la génération Femme, Vie, Liberté. La distance de l’exil va de pair avec la liberté de dire. Je peux écrire librement, sans ressentir le poids de la censure islamiste. »

    Lesfrancais.press : « Si l’on pense au rôle de la répression en Iran (police, mollahs, censure), comment est-ce que les mots peuvent survivre malgré la violence ? Dans votre essai, vous évoquez la métaphore du « vent » — jusqu’où le langage est-il un acte de contamination (c’est-à-dire qu’il se propage malgré les murs) ? »

    Chahla Chafiq : « Malgré sa férocité, la censure n’a jamais pu empêcher la circulation des mots. Si, avant le développement d’Internet et des réseaux sociaux, les écrits circulaient parmi la diaspora, dès   les années 2000, la prolifération des blogs des jeunes a permis la création d’espaces très difficiles à contrôler grâce à Internet et à l’anonymat qu’il permet. Quand des blogs étaient fermés, d’autres s’ouvraient. Les mots s’envolaient de l’un à l’autre. Dans Femme, Vie, Liberté, la même chose se produit. Les mots des jeunes sont comme des graines emportées par le vent, elles germent et fleurissent ailleurs, même quand ce régime sanguinaire tue leur auteur.

    En enregistrant ces mots et en documentant ces faits, Un orage de mots atteste la victoire des mots sur la censure. Une victoire qui tient à la lutte des femmes et des hommes qui ont la volonté d’exister malgré la répression. Une volonté universelle, tout comme l’envie de liberté.”

  • Ordre du jour et enjeux de la 43eme session plénière de l’AFE

    Ordre du jour et enjeux de la 43eme session plénière de l’AFE

    Du 13 au 17 octobre, Paris accueillera la 43ᵉ session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Au programme notamment la présentation des conclusions des Assises de la protection sociale, un temps fort de ces cinq jours de travaux. Mais les 90 conseillers élus aborderont bien d’autres enjeux pour les Français de l’étranger. Fiscalité, éducation (notamment le réseau AEFE), sécurité des compatriotes vivant hors de France sont notamment des sujets qui seront débattus. Pour vous, on fait le point sur l’ordre du jour.

    Assises de la protection sociale : les conclusions attendues à l’AFE

    Deux fois par an, en mars et octobre généralement, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) se réunit en session plénière à Paris. Les 90 conseillers, élus pour six ans, se retrouveront dans la capitale du 13 au 17 octobre. Instance consultative, l’AFE adopte des résolutions, des motions et des avis, et peut également prendre des initiatives, notamment conduire des études ou lancer des démarches comme celles qui ont permis d’organiser les Assises de la protection sociale.

    Session plénière à l'AFE - Le ministre Laurent Saint-Martin
    Session plénière à l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) – Le ministre Laurent Saint-Martin lors du lancement des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger en mars 2025

    Depuis leur lancement officiel en mars 2025, les Assises de la protection sociale des Français de l’étranger ont mené une large consultation auprès des expatriés autour de trois thématiques : les aides sociales, les bourses scolaires et l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE). À l’issue d’une réunion de consensus prévue le 10 octobre, et dans le contexte politique que nous connaissons, les conclusions de ces travaux devraient être présentées le mercredi 15 octobre au cours de la session plénière.

    Pierre Moscovici à la tribune de l’AFE et projet de loi pour les expatriés ?

    En parallèle de la remise des propositions sur la protection sociale, les élus de l’AFE travailleront sur d’autres dossiers. Au programme figure l’audition du Premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici. Amené à rejoindre en janvier 2026 la Cour des comptes européenne, l’ancien ministre échangera notamment avec les conseillers sur l’action consulaire, sujet auquel son institution, chargée de vérifier l’emploi de l’argent public, a consacré un rapport.

    Les élus de l'AFE en session plenière
    Les élus de l’AFE en session plénière

    Au-delà de cet échange consacré aux services consulaires rendus à nos ressortissants établis hors de France, le ministre chargé des expatriés devrait, comme il est de coutume, s’adresser aux élus. À ce stade, la présentation du projet de loi relatif aux Français de l’étranger demeure inscrite à l’ordre du jour. En mars 2025, Laurent Saint‑Martin avait annoncé la rédaction de ce texte spécifique visant à améliorer le quotidien de nos compatriotes vivant hors du territoire national.

    Le travail dans les commissions thématiques de l’AFE

    Cette semaine de travaux est également rythmée par les débats dans les commissions thématiques. Au nombre de six, chacun des 90 élus est réparti dans l’une d’entre elles. C’est en leur sein que sont également organisées des auditions et préparés, en amont, les avis, résolutions et autres prises de position, avant d’être soumis au vote de l’ensemble des conseillers de l’AFE.

    Les violences intrafamiliales à l’ordre du jour

    Parmi les sujets retenus, celui de la question des violences intrafamiliales et des solutions à apporter aux Françaises et aux Français de l’étranger sera débattu en commission des lois. Un premier bilan de la convention de partenariat signée entre le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et la plateforme « Save You – The Sorority Foundation » y sera également présenté.

    Experts, élus et associations engagés dans les Assises de la protection sociale des Français de l'étranger
    Experts, élus et associations engagés dans les Assises de la protection sociale des Français de l’étranger

    Autre point à l’étude de cette commission : une réflexion sur la possible inscription automatique au registre des Français de l’étranger des expatriés, une formalité qui aujourd’hui demande une démarche particulière de l’usager.

    Les conventions fiscales, ou en est-on ?

    La question de la fiscalité sera aussi débattue au cours de cette session. C’est la commission des Finances qui en aura la responsabilité. Ainsi, les conventions fiscales avec l’Italie, la Belgique, le Luxembourg et la Thaïlande seront abordées. La problématique du budget de l’État et les programmes 151 (Français à l’étranger et les Affaires consulaires) et 185 (Diplomatie culturelle et d’influence) concernant les expatriés devraient aussi être analysés dans un moment consacré au projet de loi de Finances 2026.

    La sécurité des Français de l’étranger

    Outre les dépenses et recettes de la France, la sécurité de nos compatriotes à l’étranger sera également étudiée au cours de cette session. La commission en charge de cette question reviendra notamment sur les risques climatiques et la situation des Océans après le sommet UNOC organisé à Nice en juin dernier.

    La prévention du harcèlement au sein du réseau de l’AEFE (Agence pour l’enseignement du Français à l’étranger) est également à l’ordre du jour, en lien également avec la commission des Affaires sociales. Cette dernière, qui inclue aussi les anciens combattants, travaillera sur un dossier en lien avec le devoir de mémoire.

    Éducation : quel avenir pour l’AEFE

    De son côté, la commission de l’Éducation examinera en priorité l’avenir de l’AEFE, la qualité de l’enseignement et la gestion des ressources humaines. Faute de données suffisantes, le suivi des bacheliers du réseau aux niveaux bac+3 et bac+5 reste encore lacunaire, contrairement à la situation nationale ou ces informations sont connues. Il s’agira de pallier ce manque. D’autres points sont également à l’agenda dont celui des Palmes de l’EFE.

    L’ordre du jour et les enjeux de cette 43ᵉ session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) sont désormais connus. Lesfrancais.press sera présent sur place pour vous en restituer les temps forts et les décisions clés. Une question persiste cependant après chaque session : que deviennent, concrètement, les conclusions, avis et motions adoptés ? Comment sont-ils suivis, appliqués ou intégrés dans les politiques publiques ?

  • Réformes fiscales et sociales, ce qui change pour les Français en Belgique

    Réformes fiscales et sociales, ce qui change pour les Français en Belgique

    La Belgique reste une destination phare pour les Français expatriés, attirés par sa proximité géographique, son dynamisme économique et, jusqu’à récemment, ses avantages fiscaux attractifs. Selon les dernières données de l’INSEE et de Statbel, près de 200 000 Français résidaient en Belgique en 2024, soit une hausse de 15 % en 5 ans. Bruxelles et la Wallonie concentrent cette communauté, composée de cadres, de fonctionnaires européens, de travailleurs frontaliers et d’investisseurs immobiliers. Pourtant, depuis le 1er juillet 2025, le paysage fiscal et social belge se transforme profondément, remettant en cause certains atouts historiques.

    Quels sont les impacts des nouvelles réformes, voulues par le gouvernement d’extrême droite flamand, sur les Français installés en Belgique ? Entre l’imposition des revenus locatifs, la réforme des retraites, et les projets de taxation des hauts revenus, l’expatriation en Belgique reste-t-elle avantageuse ? Cet article fait le point sur les changements en cours et à venir, et analyse leurs conséquences pour les expatriés.

    Qui sont les Français de Belgique ?

    Avant tout penchons-nous sur les profils de nos compatriotes installés en Belgique.

    Les cadres et talents recherchés en Wallonie et à Bruxelles

    Les entreprises belges, notamment dans les secteurs pharmaceutique, tech et finance, recrutent activement des profils français. Selon Brussels Invest & Export, 1 français sur 5 expatrié en Belgique travaille dans ces secteurs.

    En effet, les salaires moyens en Belgique sont supérieurs de 10 à 20 % par rapport à la France pour les cadres (source : Glassdoor). Mais attention, le cout de la vie y est aussi bien plus élevé désormais. Et en plus l’engouement pour les formations et diplômes français des multinationales dont le siège européen est à Bruxelles ne se dément pas. 50 % des embauches dans ces sociétés concernent des Français (source : Eurostat).

    Les Français attirés par les facilités fiscales sur l’immobilier

    Jusqu’en 2024, la Belgique offrait un régime fiscal avantageux pour les revenus locatifs, avec des taux d’imposition réduits et des abattements généreux. Selon une étude de Notarius International, 30 % des Français expatriés en Belgique possédaient au moins un bien immobilier, contre 15 % en moyenne dans les autres pays européens. Mais la réforme fiscale du 1er juillet 2025 aligne progressivement la fiscalité belge sur celle de ses voisins, réduisant cet avantage. Cependant, les revenus locatifs y sont imposés qu’à un taux effectif de 15 à 25 %, contre jusqu’à plus de 50 % en France (CSG incluse).

    Pourtant avec cette dynamique, les investisseurs et retraités français cherchant à optimiser leur patrimoine réfléchissent à trouver une nouvelle terre promise.

    Les fonctionnaires européens : un statut préservé ?

    Bruxelles abrite 35 000 fonctionnaires européens, dont 20 % de Français selon la Commission européenne. Leur statut fiscal est protégé par des conventions internationales, mais les réformes sociales belges (retraite, santé) les concernent indirectement.

    Ainsi, l’impact des réformes fiscales belges est limité, mais l’intégration progressive au système de retraite belge pour les nouveaux arrivants peut devenir problématique vu les projets du gouvernement fédéral dirigé par l’extrême-droite flamande.

    Interprètes du Parlement européen - ©European Union 2017
    Interprètes du Parlement européen – ©European Union 2017

    Réformes sociales en Belgique : chômage, retraite etc

    Les réformes sociales belges de 2025 marquent un tournant pour les Belges et donc pour les Français expatriés en Belgique. Entre durcissement des conditions d’accès au chômage, alignement progressif des retraites sur les standards européens, et améliorations ciblées pour les personnes en situation de handicap, le paysage social belge se transforme.

    Ces changements s’inscrivent dans une logique de rigueur budgétaire et d’harmonisation avec les autres États de l’Union européenne, mais ils remettent, aussi, en question certains avantages qui attiraient jusqu’ici les travailleurs français.

    Réforme du chômage : des conditions plus strictes et des allocations réduites

    La Belgique a longtemps été perçue comme un pays généreux en matière d’indemnisation chômage, notamment pour les expatriés. Cependant, face à la pression démographique et économique, le gouvernement a adopté en janvier 2025 une réforme majeure, inspirée des modèles allemand et néerlandais. L’objectif ? Réduire les dépenses publiques tout en incitant au retour à l’emploi. Pour les Français installés en Belgique, ces changements impliquent des délais d’attente plus longs, des allocations moins élevées, et des contrôles renforcés, notamment pour les frontaliers.

    Avant 2025, il y avait « que » 3 mois de carence pour les nouveaux demandeurs d’emploi. Désormais, depuis c’est 6 mois de carence pour les moins de 35 ans, et 4 mois pour les 35 ans et plus. En plus, les montants sont désormais indexés sur la durée de cotisation et non plus sur le dernier salaire. Aussi, pour les moins de 30 ans, l’allocation maximale passe de 1 300 € à 1 200 € par mois. Tandis que pour les 50 ans et plus, le montant reste stable, mais la durée d’indemnisation est réduite. Comme pour tous, celle-ci passe à 24 mois maximum contre 36 mois auparavant, avec une décroissance progressive après 12 mois.

    Enfin, pour les frontaliers, la réforme belge complique leur situation, car ils doivent désormais prouver une recherche d’emploi transfrontalière. Mais la réforme est surtout sévère pour les nouveaux arrivants (moins de 2 ans de cotisation) car ils doivent attendre 6 mois avant de toucher leur première allocation. Pour les indépendants, leur accès au chômage est désormais conditionné à 3 ans de cotisation (contre 1 an auparavant). Tandis que les travailleurs précaires (CDD, intérim) voient leurs droits réduits, avec un plafond à 12 mois d’indemnisation sur 5 ans.

    Belges en grève contre la réforme des retraites, de l’assurance chômage et du code du travail en avril 2025
    Belges en grève contre la réforme des retraites, de l’assurance chômage et du code du travail en avril 2025 ©AFP/BELGA

    Retraite : vers un alignement sur l’Europe et des penalties pour les carrières mixtes

    La Belgique a engagé une réforme ambitieuse de son système de retraite, avec deux objectifs :

    1. Relever l’âge légal à 67 ans d’ici 2030 (contre 65 ans en 2024).
    2. Harmoniser les règles pour les expatriés, notamment ceux ayant cotisé dans plusieurs pays européens.

    Cette réforme concerne directement les 20 000 Français retraités en Belgique ainsi que les actifs ayant travaillé des deux côtés de la frontière.

    Tout d’abord, c’est l’âge légal de départ qui est modifié avec un recul à 67 ans en 2030 (contre 65 ans en 2024), avec un relèvement progressif de 2 mois par an à partir de 2025. Les seules exceptions sont liées aux métiers pénibles (mineurs, ouvriers du bâtiment). Ces derniers peuvent partir à 62 ans mais sous conditions.

    En tant que Français et si vous décidez de prendre votre retraite en Belgique, sachez que les années travaillées en France et en Belgique sont totalisées, mais désormais un coefficient de minoration est appliqué pour les périodes cotisées hors du royaume. Ainsi, un Français ayant travaillé 20 ans en France et 15 ans en Belgique verra sa pension calculée au prorata, avec une décote de 5 à 10 % selon le SPF Sécurité Sociale.

    Et ces mesures s’accompagnent de hausse des cotisations que ce soit pour les indépendants qui voient leur taux passer de 22 % à 23,5 % en 2025 tandis que les salariés paient désormais 1,5 % de plus sur leur salaire brut. Pour rappel, la Belgique taxe et charge plus l’emploi salarié que la France (la France est le pays qui impose le plus quand on inclut l’imposition des revenus sur le capital). En contrepartie, la pension minimum est revalorisée à 1 300 €/mois (contre 1 200 € en 2024), mais sous conditions de résidence principale en Belgique ce qui met les expatriés dans une situation délicate en cas de carrière à trous comme cela arrive encore pour les mères de famille.


    Critère Belgique (2025) France (2025)
    Âge légal 67 ans (2030) 64 ans
    Durée de cotisation 45 ans (taux plein) 43 ans
    Pension moyenne Pension moyenne 1 400 €
    Décote carrière mixte 5-10 % 0 % (accords UE)
    Cotisations 25 % (régime général) 28 % (régime général)

    Ainsi, pour les actifs, la Belgique devient moins attractive en raison de l’âge légal plus tardif et des décotes. Concrètement, dans le cas d’un salarié ayant travaillé 20 ans en France et 15 ans en Belgique. En 2025, sa pension sera calculée ainsi :

    • Partie française : 20/40ème de sa pension française (régime général).
    • Partie belge : 25/45ème de sa pension belge, avec une décote de 7 % pour carrière mixte.

    Ainsi désormais, c’est une pension totale inférieure de 12 % à ce qu’il aurait touché s’il était resté en France

    Réformes fiscales : ce qui change en 2025

    Longtemps considérée comme un paradis fiscal discret pour les Français, la Belgique a opéré un virage historique en 2025. Entre la suppression des niches fiscales sur l’immobilier, l’introduction d’une taxation renforcée sur les hauts revenus, et des ajustements sur la TVA et les droits de succession, le gouvernement belge a choisi de resserrer la vis pour équilibrer ses finances publiques. Pour les 200 000 Français installés dans le pays, ces réformes sonnent comme un changement d’ère : les avantages qui faisaient de la Belgique une destination prisée – notamment pour les investisseurs immobiliers et les travailleurs frontaliers – s’amenuisent, voire disparaissent.

    Ce dernier chapitre de notre article décrypte les mesures déjà en vigueur et les projets en discussion (taxe sur les millionnaires, hausse de la TVA), en analysant leurs conséquences concrètes sur le patrimoine, les revenus et le quotidien des expatriés. Qui sera vraiment impacté ? Les propriétaires, les indépendants, les retraités ou encore les cadres en CDI ? Et surtout, faut-il anticiper un départ ou adapter sa stratégie fiscale ?

    Imposition des revenus locatifs : fin des niches fiscales

    C’est le big bang fiscale pour les propriétaires particuliers en Belgique. La suppression de l’abattement de 40 % sur les revenus locatifs appliqué depuis cette année remet à plat les stratégies fiscales et de pensions pour de nombreux Belges et Français expatriés au « plat pays ».

    Pour les sociétés qui louent des biens, le taux unique passe à 30 % contre 15-25 % auparavant, avec un prélèvement à la source. Les experts pensent que ce taux sera celui qui sera, à termes, définitivement appliqué aussi sur les revenus locatifs des particuliers. 

    ©SNPC
    ©SNPC

    Projet de taxe sur les millionnaires : qui sera concerné ?

    Depuis l’annonce du gouvernement belge en mars 2025, le projet de taxe sur les millionnaires alimente les débats. Inspiré des modèles scandinaves et justifié par la nécessité de réduire les inégalités, ce projet vise à taxer les patrimoines supérieurs à 3 millions d’euros. Bien que le texte ne soit pas encore adopté (vote prévu pour décembre 2025), ses contours suscitent déjà l’inquiétude parmi les expatriés français, nombreux à détenir des actifs en Belgique, que ce soit sous forme d’immobilier, de comptes bancaires ou d’investissements financiers.

    Cette mesure s’inscrit dans une tendance européenne plus large, avec des pays comme l’Espagne ou les Pays-Bas ayant déjà instauré des dispositifs similaires. Mais en Belgique, elle prend une dimension particulière en raison de la proximité géographique avec la France, où l’ISF (Impôt sur la Fortune Immobilière) a déjà poussé de nombreux contribuables à l’exil fiscal. Vont-ils reprendre la route ?

    Car ces derniers sont clairement dans le viseur. La présence importante de Français parmi les détenteurs de patrimoines élevés, selon une étude de la Banque Nationale de Belgique, 15 % des patrimoines supérieurs à 3 millions d’euros dans le pays appartiennent à des non-résidents, dont une majorité de Français, pousse les politiques vers ce chemin.

    En résumé, le projet de loi, tel qu’il a été présenté par le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem, cible les résidents belges (y compris les expatriés installés depuis plus de 5 ans) dont le patrimoine net dépasse 3 millions d’euros. Mais aussi, les non-résidents possédant des actifs en Belgique (biens immobiliers, comptes bancaires, parts dans des sociétés belges) pour un montant supérieur à ce seuil.


    Tranche de patrimoine Taux appliqué Exemple de calcul (pour un patrimoine de 5M€)
    3M€ – 5M€ 1 % 20 000 € (5M€ – 3M€ = 2M€ × 1 %)
    5M€ – 10M€ 2 % 100 000 € (5M€ × 2 %)
    Plus de 10M€ 3 % 300 000 € (10M€ × 3 %)

    Mais ici point de taxe Zuckman, les biens professionnels et les œuvres d’art sont exclus du calcul, mais les résidences secondaires et les comptes bancaires sont inclus.

    Précisons que si la Belgique et la France ont signé une nouvelle convention fiscale pour éviter la double imposition (toujours pas ratifiée). Cependant, cette convention ne couvre pas les taxes sur le patrimoine, ce qui signifie que les contribuables pourraient être imposés des deux côtés (ISF en France + taxe belge).

    La Belgique risque de devenir moins attractive que la France pour les gros patrimoines, comme le montre ce tableau :


    Critère Belgique (projet 2025) France (ISF-Impôt sur la Fortune Immobilière)
    Seuil d’imposition 3M€ 1,3M€ (ISF)
    Taux maximum 3 % 1,5 % (ISF)
    Résidence principale Exonérée Exonérée
    Biens professionnels Exonérée Exonérée
    Non-résidents Taxés sur les actifs locaux Taxés sur les biens immobiliers en France

    Si cette taxe est adoptée, elle marquera un tournant dans l’attractivité fiscale de la Belgique pour les Français fortunés. 2025 est l’année charnière pour agir, avant que les options ne se réduisent. Dans tous les cas, une veille active et un accompagnement expert seront indispensables pour naviguer dans ce nouveau paysage fiscal.

    En conclusion, la Belgique resterait compétitive pour les patrimoines inférieurs à 5M€, mais devient plus chère que la France au-delà.

    Autres changements : TVA, droits de succession, et CSG belge

    Depuis le 1er janvier 2025, la Belgique a relevé certains taux de TVA pour renflouer les caisses de l’État. Cette mesure, bien que moins médiatisée que la taxe sur les millionnaires, a un impact direct sur le pouvoir d’achat des Belges et des expatriés, notamment sur des postes de dépenses incontournables comme l’immobilier, les voitures et les biens de consommation.

    Ainsi, le taux standard est passé de 21 % à 22 % sur les biens, l’immobilier, les voitures (hors électriques) et services non essentiels tandis que le taux réduit est, lui, maintenu à 6 % pour les produits de première nécessité (alimentation, médicaments). Alors que les repas au restaurant ont vu leur TVA augmenter de 12 % à 13 %.

    Aujourd’hui, la Belgique est devenue plus chère que la France pour les achats importants (logement, voiture) mais aussi pour les courses du quotidien. Il suffit de regarder les convois de Belges qui envahissent les supermarchés des banlieues du Nord de la France.

    Et enfin, inspirée du modèle français, la Belgique a instauré en juillet 2025 une Contribution Sociale Généralisée (CSG) de 2 % sur les revenus du capital. Cette mesure vise à financer la Sécurité sociale et concerne :

    • Les dividendes.
    • Les plus-values immobilières (hors résidence principale).
    • Les revenus locatifs.


    Type de revenu Belgique (2025) France (2025)
    Dividendes 2 % (CSG) + 30 % (IR) 17,2 % (prélèvement forfaitaire)
    Plus-values immobilières 2 % (CSG) + 33 % (IR) 19 % (après abattement)
    Revenus locatifs 2 % (CSG) + 33 % (IR) 17,2 % (régime micro-foncier)

    La Belgique se rapproche, au fil des ans, du niveau de fiscalité français sur le capital, ce qui réduit son attractivité pour les investisseurs. Tandis que celle appliquée aux salaires est bien supérieurs à la Française, 80% des Belges paient des impôts alors que 49% des Français, seulement, en payent.

    La Belgique reste-t-elle un eldorado pour les Français ?

    Alors la Belgique, est-ce encore un bon plan ? On a récapitulé tout cela dans un tableau

    Tableau Réforme Belgique

    Pour les investisseurs, les rentiers, la Belgique n’est plus le havre de paix aux portes de la France. Pour les salariés c’est toujours un enfer fiscal, mais les hautes rémunérations (liées à l’indexation, qui est elle aussi sur la sellette) et la facilité pour les Français à y trouver un emploi, maintiennent l’attractivité belge. Mais dès la perte de l’emploi, le retour en France s’impose !

  • La bataille pour la simplification législative de l’Union européenne

    La bataille pour la simplification législative de l’Union européenne

    Les dirigeants des États membres de l’UE se réunissent mercredi 1er octobre à Copenhague. Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est engagé à faire une nouvelle tentative pour libérer le marché unique d’un « enchevêtrement de règlementations ».

    Mais à Bruxelles, les diplomates se plaignent que le Parlement européen ne traite pas la soi-disant simplification — appelés paquets « omnibus » dans le jargon européen — avec la même urgence politique que le Conseil et la Commission, alors que le programme de simplification des lois est une initiative clé poussée par la présidente de la Commission européenne.

    Il y a deux semaines à peine, Ursula von der Leyen a lancé une critique à peine voilée à l’encontre des députés européens en avertissant que les projets « doivent être approuvés de toute urgence par les colégislateurs ».

    Cette semaine, la vice-Première ministre suédoise Ebba Busch a critiqué les députés européens lors d’une réunion sur la compétitivité industrielle à Bruxelles, déclarant que la frustration à l’égard du Parlement grandissait. « Nous devons maintenant prouver que nous pouvons faire plus que parler et passer à l’action » en matière de simplification, a-t-elle déclaré.

    Le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité de l’Union est publié depuis plus d’un an, mais l’UE n’a jusqu’à présent mis en œuvre qu’une fraction de ses recommandations, qui comprenaient des mesures visant à la simplification.

    Lutte interinstitutionnelle

    La Commission a proposé cette année six de ses paquets omnibus visant à assouplir la législation existante au profit des entreprises, et quatre autres couvrant les domaines du numérique, de l’environnement, de l’automobile et de la santé sont attendus d’ici la fin de l’année.

    Le Conseil a créé un comité spécial pour accélérer le traitement des dossiers omnibus, et les diplomates de l’UE sont frustrés que le Parlement n’ait pas créé une structure similaire.

    Le Parlement rejette les accusations de lenteur dans l’adoption de la législation. « Le travail bat son plein et bon nombre des omnibus sont terminés ou sur le point de l’être. Nous ne nous contentons pas non plus d’approuver sans discussion », a expliqué un responsable du Parlement.

    Plusieurs parties du programme omnibus, notamment celles concernant les investissements, la taxe carbone aux frontières et une injonction sur les règles de reporting des entreprises, ont déjà fait l’objet d’un accord politique entre le Parlement et les autres institutions de l’UE.

    Le président du Conseil européen, Antonio Costa (à gauche), la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen (au centre), et la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola (à droite)
    Le président du Conseil européen, Antonio Costa (à gauche), la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen (au centre), et la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola (à droite). ©Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu

    Reproches

    Certains estiment que les véritables critiques visent le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) du Parlement, qui s’oppose à une simplification rapide de la législation européenne.

    Aurore Lalucq, eurodéputée française de centre-gauche qui préside la commission des Affaires économiques et européennes (ECON) du Parlement, a rejeté ces critiques.

    « Nous sommes élus par les citoyens européens pour faire notre travail, que cela plaise ou non », a-t-elle déclaré. « Dans les trilogues, qui prend son temps, qui bloque tout le temps, qui doit constamment consulter ses États membres ? C’est le Conseil. »

    Bernd Lange, social-démocrate qui préside la commission du Commerce international (INTA) du Parlement, a attribué l’échec du Parlement à approuver bon nombre de ces paquets à leur « complexité », qui, selon lui, a posé un « sérieux problème » aux députés européens.

    Le législateur allemand a ajouté que l’approbation rapide par le Parlement de la simplification de la taxe carbone aux frontières proposée par la Commission montre qu’il n’y a « aucun retard spécifique à un groupe politique » et qu’aucune nouvelle structure n’est nécessaire pour accélérer la législation.

    « Le problème réside davantage dans la structure mixte des propositions de la Commission », a-t-il déclaré. Bernd Lange a ajouté que le quatrième paquet omnibus, qui se concentre sur les petites et moyennes entreprises, relève de la compétence de quatre commissions parlementaires distinctes.

    Les deux lois européennes sur la durabilité des entreprises — l’une imposant un comportement durable aux entreprises (CSRD) et l’autre s’attaquant aux violations des droits de l’Homme et à la dégradation de l’environnement dans leurs chaînes d’approvisionnement mondiales (CSDDD) — sont au cœur du mécontentement des réformistes.

    Les gouvernements de l’UE font pression pour exempter toutes les entreprises, à l’exception des plus grandes, en fixant le seuil à 5 000 employés, soit cinq fois plus que le seuil prévu dans la loi initiale.

    Eric Maurice, analyste au European Policy Centre, a averti que la rapidité des efforts visant à réduire les formalités administratives risquait de nuire à la qualité des paquets omnibus.

    « La Commission s’est empressée de le présenter, le Conseil s’est empressé d’adopter sa position, le Parlement s’empresse de suivre le rythme », a déclaré Eric Maurice.

  • La mobilisation en panne en France dès le deuxième jour de grève

    La mobilisation en panne en France dès le deuxième jour de grève

    La mobilisation s’essouffle, ce 02 octobre, avec un taux de grévistes particulièrement bas (4,22% d’agents de la fonction publique d’État en grève) et des cortèges clairsemés. Une situation que François Hommer, le président de la CFE-CGC, admet, pour lui, c’est « la fin d’une séquence ». Si aucun responsable syndical ne s’étonne du reflux de la mobilisation ce jeudi 2 octobre, tous assurent que la « colère » n’est pas retombée pour autant. L’intersyndicale se prépare donc déjà pour la suite dont la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu. Celle-ci, qui devrait être un moment de clarification et faire basculer le débat du côté parlementaire, est attendue de bien ferme. Dans l’immédiat, les journées d’action comme celle du 18 septembre et de ce jeudi ne sont plus à l’ordre du jour, mais « rien n’est exclu » dit Sophie Binet de la CGT.

    Défilés clairsemés, réseaux des transports “normaux”

    Moins denses qu’il y a quinze jours, les premiers cortèges se sont élancés jeudi matin à l’appel de l’intersyndicale. 85 000 manifestants ont été recensés à la mi-journée, alors que le 18 septembre ils étaient 200 000 à la même heure. 250 000 personnes sont attendues selon les prévisions du ministère de l’Intérieur, contre 500 000 à 1 million il y a deux semaines. 

    Dans l’Éducation nationale, le taux de grévistes est de 6,95% chez les enseignants du premier degré et de 6,13% pour ceux du second degré, selon le ministère. Le 18 septembre, il y a 17,06% d’enseignants grévistes. Sept lycées ont été complètement bloqués, selon le ministère. Des blocages et débrayages ont eu lieu dans quelques universités : un campus de l’université de Lille a été fermé après un blocage dans la matinée par une soixantaine d’étudiants et de personnels syndiqués, selon Solidaires Etudiant.e.s. 

    Côté transports, la circulation des TGV et de la quasi-totalité du réseau RATP est « normale », selon le ministère des Transports, qui table sur « quelques perturbations » dans les « TER, RER et Transilien et Intercités ».

    Les conférenciers des 14 musées de Paris Musées en grève. ©AFP/Le Parisien
    Les conférenciers des 14 musées de Paris Musées en grève. © AFP/Le Parisien

    Dans les cortèges, le PS a été surpris, Boris Vallaud en tête, d’être accueilli par des « On va vous dégager ! »  ou des « PS collabo », lancés par quelques manifestants sur leur passage. Enfin, à la gare du Nord, l’ambiance était morose. Loin de l’affluence du 10 septembre, où près d’un millier de participants s’étaient rassemblés pour l’AG des cheminots, il y a aujourd’hui quelque chose comme 150 personnes. Les chiffres de grévistes ne sont pas bons. Anasse Kazib, meneur de SUD rail dans le secteur, fustige les méthodes de l’intersyndicale, accusée par son choix d’espacer les journées de mobilisation « de casser le rythme ». « On voudrait des grèves reconductibles, on voudrait que ça se radicalise », lance le cheminot, membre du parti trotskyste Révolution permanente. Ciblant nommément la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, ce dernier estime que l’alliance des syndicats « n’a obtenu aucune victoire » depuis le début du mouvement. Dans le cercle qui s’est formé autour de lui, on tirait la tronche.

    Une attitude qui donnait le tempo de la journée, car finalement, ils n’étaient qu’environ « 200 000 personnes » à défiler dans toute la France ce 02 octobre 2025 contre 500 000 le 18 septembre dernier.

    Le gouvernement prépare le budget 2026

    Pour les syndicats, l’enjeu était de faire pression sur le gouvernement alors que ce dernier prépare le budget 2026, dossier qui a fait tomber François Bayrou.

    Malgré la faible mobilisation, Sébastien Lecornu, prépare un rééquilibrage des mesures, car le déficit et la dette sont toujours la priorité n°1 pour notre pays. D’après l’entourage du Premier ministre à TF1/LCI, plusieurs mesures visant à améliorer les revenus issus du travail sont sur la table. Le chef d’un gouvernement pas encore nommé réfléchit ainsi à une défiscalisation et un allègement des charges sociales sur les heures supplémentaires travaillées. Rétablir la prime de partage de la valeur, dite « prime Macron » et qui peut être exonérée d’impôt et de cotisations sociales, est également en phase de réflexion.

    Cérémonie de passation de pouvoir à l'Hôtel de Matignon entre François Bayrou, Premier ministre sortant, et Sébastien Lecornu, jusqu'alors ministre des Armées, nommé nouveau Premier ministre. À Matignon, Paris, France, le mercredi 10 septembre
    Cérémonie de passation de pouvoir à l’Hôtel de Matignon entre François Bayrou, Premier ministre sortant, et Sébastien Lecornu, jusqu’alors ministre des Armées, nommé nouveau Premier ministre. À Matignon, Paris, France, le mercredi 10 septembre • ©ERIC TSCHAEN-POOL / SIPA

    Une baisse de l’impôt sur le revenu pour les couples payés au Smic est aussi une piste envisagée, le Premier ministre souhaitant « annuler » l’éventuel impôt payé par ces couples pour le ramener à « comme s’ils étaient seuls » (c’est-à-dire à 0). La création d’une mesure « encourageant les transmissions intergénérationnelles ciblées sur les petits-enfants et les jeunes » est aussi rapportée.

    Ces propositions, qui ne sont pas encore arbitrées, font suite aux propos tenus par le Premier ministre la semaine dernière, lorsqu’il affirmait que « certains impôts diminueront » l’an prochain. Elles représentent toutefois un coût pour les finances publiques, que Sébastien Lecornu entend compenser pour parvenir à un déficit de 4,7% en 2026. Le projet de budget devrait arriver au Parlement mi-octobre.

  • Remise du Prix du Développement Durable AFE des Français de l’Étranger le 15 octobre

    Remise du Prix du Développement Durable AFE des Français de l’Étranger le 15 octobre

    C’est le 15 octobre prochain que seront dévoilés les lauréats du Prix du Développement Durable AFE des Français de l’Étranger. La cérémonie de remise se tiendra au Quai d’Orsay. Lesfrancais.press sera présent pour vous faire vivre ce moment. Le jury finalise actuellement ses délibérations pour « donner de la visibilité aux initiatives remarquables portées » par des Français établis à l’étranger », comme le partage les organisateurs de cet événement.

    La transition écologique comme force motrice des expatriés

    Lancées en 2019 et attribués tous les deux ans, les prix décernés distinguent des initiatives prises par nos compatriotes établis hors de France, à la croisée de l’économie, du social et de l’environnement. C’est ainsi que lors de la précédente édition, le palmarès avait souligné combien l’engagement de nos ressortissants dans le domaine du développement durable rayonne partout dans le monde.

    « Ce prix a pour ambition de donner de la visibilité aux initiatives remarquables portées par des Français établis à l’étranger »

    Patricia Connell, Présidente Prix du Développement Durable de l’AFE,
    élue des Français de l’étranger

    Rappelons qu’en 2023, Jean-Baptiste Wiroth a été distingué pour son action de formation à la mécanique vélo auprès des femmes des townships du Cap, en Afrique du Sud. La fondation Lazaro, au Mexique, avait également été récompensée pour son potager hydroponique solidaire, et Plasticaria avait aussi reçu un trophée pour son action en faveur du recyclage du plastique développée au Brésil.

    Présidente du Prix du Développement Durable de l’AFE, Patricia Connell partage le fait que « ce prix a pour ambition de donner de la visibilité aux initiatives remarquables portées par des Français établis à l’étranger, qui partout dans le monde inventent des solutions durables et inspirantes ». Pour celle qui est aussi élue des Français du Royaume-Uni, « les projets démontrent que la transition écologique est une force motrice pour l’avenir, et qu’elle peut être portée par des acteurs de tous horizons. »

    Valérie Masson-Delmotte préside le jury du Prix du Développement Durable AFE 2025

    En amont de l’attribution des prix, le jury a donc étudié les différents projets reçus. Composé de quatorze membres aux parcours et expertises variés, celui-ci a examiné avec rigueur et passion les vingt-trois candidatures.

    Les Français de l’étranger et le développement durable – Photo Bastian Pudill / Unsplash

    C’est d’ailleurs Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), qui a accepté de présider cette édition du jury du Prix du Développement Durable de l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE). Climatologue de renommée internationale et directrice de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), elle explique avoir accepté cette mission parce qu’elle considère que les Français établis hors de France sont d’excellents ambassadeurs du développement durable et que ce prix joue un rôle essentiel pour mettre en valeur leurs initiatives.

     « Les Français de l’étranger montrent, par leur créativité et leur engagement, qu’ils contribuent chacun à bâtir un avenir plus durable. »

    Valérie Masson-Delmotte,présidente du jury du prix
    du développement durable AFE, coprésidente du GIEC

    Ainsi, « les Français de l’étranger montrent, par leur créativité et leur engagement, qu’ils contribuent chacun à bâtir un avenir plus durable. C’est pourquoi je suis honorée de présider ce jury et de soutenir ce prix, qui reconnaît des projets porteurs d’espoir et d’action face aux défis écologiques », déclare Valérie Masson-Delmotte, la présidente du jury du prix du développement durable AFE, coprésidente du GIEC.

    Remise des Prix du développement durable le 15 octobre au Quai d’Orsay

    Les projets qui seront primés mettront sans aucun doute en avant la capacité des Français établis hors de France à transformer les enjeux du développement durable en « leviers d’action, d’innovation et de progrès » comme le déclarent les organisateurs. La remise officielle du Prix du Développement Durable de l’AFE se tiendra le 15 octobre 2025, au Quai d’Orsay, dans le cadre de la 43e session de l’Assemblée des Français de l’Étranger. Lesfrancais.press sera au rendez-vous pour vous faire vivre cet événement, qu’il soutient en tant que partenaire.


    En savoir plus sur le Prix du Développement Durable AFE ici

  • Patrick Soldat – FSU : « il en va de la survie de l’AEFE »

    Patrick Soldat – FSU : « il en va de la survie de l’AEFE »

    En ce 2 octobre, les établissements scolaires français à l’étranger sont confrontés à une grève de leur personnel, en particulier des enseignants. Pour expliquer les raisons de ce mouvement, Lesfrancais.press reçoit Patrick Soldat. C’est au nom du syndicat unifié FSU qu’il s’exprime. Il partage ainsi ses inquiétudes quant à l’avenir du réseau, estimant qu’« il en va de la survie de l’AEFE », et avance des pistes pour préserver nos écoles hors de France.

    Écouter le podcast avec le responsable syndical Patrick Soldat de la FSU

    Journée mondiale des enseignants et mouvement de grève dans le réseau AEFE

    Alors que la journée mondiale des enseignants est programmée pour ce 5 octobre, les établissements du réseau de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) sont, ce 2 octobre, confrontés à un mouvement de grève. Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de celle du 18 septembre dernier, qui avait rallié des personnels partout dans le monde. « Nous n’obtenons pas de réponse », déclare Patrick Soldat pour expliquer l’organisation de ce moment de revendications.

    « La question de la pension civile des personnels détachés est
    un problème explosif que nous soulevons depuis des années »

    Patrick Soldat, SNES – FSU

    Au cours de ce podcast, notre invité est sans ambages : enseigner aujourd’hui dans le réseau des collèges et lycées français à l’étranger suscite des inquiétudes. Parmi les motifs qui pèsent sur l’avenir de l’AEFE, le dossier des retraites arrive en tête. « La question de la pension civile des personnels détachés est un sujet explosif que nous soulevons depuis des années », explique-t-il.

    Enseignants en grève
    Enseignants en grève – © AFP

    S’y ajoutent les interrogations sur l’avantage familial des personnels détachés résidents, l’indemnité spécifique de vie locale, la durée du détachement qui reste encore lié au bornage d’une durée de six ans et le retour en France des enseignants qui n’est pas valorisé, autant de points, parmi d’autres, qui, à ce jour, restent sans réponse, selon notre interlocuteur syndical.

    Les homologations : une mauvaise solution pour l’AEFE ?

    Depuis plusieurs mois, l’AEFE semble faciliter un certain nombre d’homologations et nouer de nouveaux partenariats avec des établissements à travers le monde. Est-ce, selon notre invité, une bonne réponse pour renforcer la trésorerie du réseau ? Sa réponse est sans ambiguïté : « Non, en tout cas ce n’est pas une solution de financement. »

    L'enseignement français à l'étranger
    L’enseignement français à l’étranger © AEFE

    Il estime même que cette orientation est contre-productive pour l’opérateur public. Selon lui, cette situation fait que « l’AEFE délaisse son réseau dit historique, c’est-à-dire que les établissements en gestion directe (EGD) et les établissements conventionnés. » Il ajoute également « ce n’est pas la fonction de l’État que de développer ces établissements qui, rappelons-le quand même au passage, lui font de la concurrence (…) C’est quand même le monde à l’envers.»

    Quel dialogue avec l’AEFE et les parents d’élèves ?

    L’AEFE demeure-t-elle l’interlocutrice principale des syndicats ? La Direction générale de la mondialisation (DGM) semble, ces derniers mois, plus active sur le dossier des établissements français à l’étranger. Notre invité partage-t-il ce constat ? « Avec l’AEFE, le dialogue n’est pas rompu » assure-t-il, mais les réponses se font attendre. S’agissant de la position actuelle de la DGM, service du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et tutelle de l’AEFE, Patrick Soldat nous le dit : « je serais tenté de dire que j’ai un peu la même vision que la vôtre, on a l’impression que la tutelle prend les rênes de l’opérateur public (…) et je les comprends ».

    « On est tout à fait conscients des désagréments causés par une journée
    de grève (…) mais il en va de la survie de l’AEFE, il en va de la survie de l’enseignement français à l’étranger »

    Patrick Soldat, SNES – FSU

    Cette situation impact aussi les parents d’élèves. Alors Patrick Soldat souhaite aussi s’adresser directement à eux. C’est important de pouvoir informer et expliquer les grèves. « On est tout à fait conscients des désagréments causés par une journée de grève (…) mais il en va de la survie de l’AEFE, il en va de la survie de l’enseignement français à l’étranger » déclare-t-il. Et sans solutions proposées, « il risque d’y en avoir d’autres » prévient notre invité.

    Une réforme de l’AEFE est donc en préparation : les travaux sont en cours. Diverses plateformes, associations, organisations syndicales et autres espaces de dialogue se mettent en place pour recueillir témoignages, idées et propositions. Un consensus finira-t-il par se dégager ?