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  • Les dirigeants européens repoussent le Brexit au 31 octobre

    Le Royaume-Uni devrait rester dans l’UE jusqu’au 31 octobre et prendre part aux élections européennes de mai, Theresa May ayant obtenu une nouvelle prolongation afin d’éviter une sortie sans accord.

    L’UE a accordé une deuxième prolongation au Royaume-Uni, afin que les parlementaires britanniques trouvent un terrain d’entente sur la manière dont ils veulent quitter l’Union.

    « S’il vous plait, cessez de perdre le temps (qu’on vous donne) », a demandé aux députés britanniques le président du Conseil européen Donald Tusk, après la discussion du sommet d’urgence.

    Selon l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles, la prolongation courra jusqu’au 31 octobre, mais cela n’exclut pas complètement un Brexit sans accord, puisque le Royaume-Uni sera renvoyé de l’Union s’il ne parvient pas à organiser des élections européennes le 23 mai. Le gouvernement britannique a déjà pris ses dispositions pour organiser le scrutin.   

    Les dirigeants européens évalueront aussi la situation lors du Conseil européen des 20 et 21 juin. « Le but de la discussion de juin n’est pas de revoir la date, seulement d’évaluer la situation », a clarifié un diplomate.

    La plupart des États membres étaient optimistes quant à la perspective d’une « coopération sincère », les diplomates soulignant le fait que le Royaume-Uni ne pourrait pas bloquer un accord sur le budget pluriannuel de l’UE et aurait, en pratique, peu, voire aucune, occasion d’utiliser son véto.

    La participation britannique aux élections européennes pourrait toutefois changer l’équilibre politique de la prochaine législature européenne, craignent les responsables européens. Les Britanniques risquent en effet de choisir un contingent solide d’eurodéputés eurosceptiques, au vu de la colère du public face à l’échec de concrétisation du Brexit.

    Les responsables européens ont aussi évoqué l’idée d’une prolongation du mandat de la Commission si les Britanniques obtenaient un long report de la date du Brexit.

    Les diplomates irrités par Macron

    Lorsque les discussions ont commencé le 10 avril au matin, le président français, Emmanuel Macron, – avec le soutien de la Belgique, de l’Autriche, et de plus petits États membres de l’UE –s’est montré intransigeant sur le Brexit et a appelé à un report beaucoup plus court, de quelques semaines seulement, en demandant des garanties solides sur la participation de Londres aux affaires européennes durant cette période.

    Un certain nombre de diplomates d’autres États membres se sont montrés contrariés que Paris ajoute encore plus d’incertitudes et Emmanuel Macron s’est vite retrouvé isolé.

    « Ce comportement est irritant, car ils veulent juste se positionner pour montrer à quel point ils sont importants et puissants », a déclaré un diplomate. « D’un côté, ils disent qu’une sortie sans accord n’est pas si grave et de l’autre ils demandent de l’aide à l’UE pour leur secteur de la pêche en cas de Brexit sans accord. C’est soit l’un soit l’autre. »

    « Emmanuel Macron est dans une situation schizophrène : son public national veut une position forte sur le Brexit pour des raisons historiques, mais en cas de ‘no deal’ la France fera partie des plus grandes victimes collatérales », explique un autre diplomate.

    Le président français a finalement cédé et décrit le report au 31 octobre comme le « meilleur compromis possible », qui permettra au Royaume-Uni de mener à bien sa sortie et de préserver le fonctionnement de l’UE.

    Même si la nouvelle extension est beaucoup plus longue que le délai du 30 juin demandé par Theresa May, les responsables britanniques ont expliqué qu’en pratique, cette nouvelle date ne changeait pas grand-chose puisque la Première ministre veut que les députés adoptent l’accord de retrait dans les prochaines semaines pour éviter de participer aux élections européennes.

    « Je continue de penser que nous devons quitter l’UE avec un accord le plus tôt possible », a soutenu Theresa May après le sommet extraordinaire. « Si nous trouvons un accord dans les trois premières semaines de mai, nous n’aurons pas besoin de participer aux élections européennes et nous quitterons officiellement l’UE le 1er juin. »

    « Les choix que nous devons maintenant faire sont durs et clairs », a-t-elle ajouté. « Je ne sous-entends pas que les prochaines semaines seront faciles pour sortir de l’impasse. »

    Theresa May n’a pas besoin d’obtenir l’aval de la Chambre des communes pour la prolongation, et son ambassadeur auprès de l’UE, Tim Barrow, a déjà officiellement accepté le report au nom de son gouvernement.

    La perspective d’un long report risque toutefois d’intensifier la pression au sein même de son parti conservateur, qui devrait essuyer un lourd échec lors des élections européennes.

    Report au-delà d’octobre ?

    Ce nouveau délai empêche les rebelles conservateurs de renverser la Première ministre, puisque les règles du parti stipulent qu’il ne peut pas y avoir de vote de défiance de la direction de son parti avant décembre.

    Octobre pourrait cependant ne pas être la date butoir finale. L’impasse à Westminster montre peu de signes d’issue, même si les responsables de Theresa May ont assuré que les « discussions techniques » avec l’opposition travailliste se poursuivraient le 11 avril.

    Finalement, ni Donald Tusk ni la chancelière allemande Angela Merkel n’excluent un autre report après octobre, mais le président du Conseil estime toutefois que « six mois devraient être suffisants pour trouver une bonne solution avec un peu de volonté ».

    « C’est une bonne chose que de notre côté nous ne mettions pas la pression », a expliqué Angela Merkel devant les journalistes. « Nous avons un Conseil en juin, nous avons un Conseil en octobre et nous nous sommes accordés sur le fait que nous y évaluerons la situation. »

    Dans le même temps, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, qui avait d’abord défendu une prolongation d’un an, a prévenu que si elle ne parvenait pas à faire ratifier son accord d’ici à octobre, « il y aura bel et bien un Brexit sans accord ».

    Pour bon nombre d’Européens et de Britanniques, ce long report rapproche un peu la lointaine possibilité d’une annulation du Brexit. « Peut-être que nous pouvons éviter une sortie du Royaume-Uni de l’UE – ce n’est évidemment pas mon rôle, mais c’est mon rêve personnel », a osé Donald Tusk.

    Alexandra Brzozowski, Beatriz Rios et Benjamin Fox

     

  • Les eaux européennes saturées de pesticides interdits

    Les eaux européennes sont polluées par une centaine de pesticides, dont un quart sont interdits dans l’UE, selon une étude.

    Les eaux européennes sont polluées par une centaine de pesticides, dont un quart sont interdits dans l’UE, selon une étude. Un article de notre partenaire, Le Journal de l’Environnement.

    Triste pêche. Les scientifiques de l’université d’Exter (Royaume-Uni) ont trouvé 103 pesticides dans les échantillons prélevés dans 29 voies navigables de 10 pays européens, dont la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et la Pologne.

    Avec 70 molécules, la palme revient à un canal belge. Dans 13 rivières, les concentrations d’au moins un pesticide dépassent par ailleurs les normes européennes.

    Molécules interdites

    Les herbicides forment la moitié des pesticides présents, l’autre moitié étant composée de fongicides et d’insecticides. Pire, 24 molécules sont désormais interdites dans l’UE.

    Les chercheurs pensent que leur présence est davantage liée à une forte persistance dans le milieu aquatique qu’à une utilisation frauduleuse. C’est le cas du carbendazime, un fongicide interdit par le règlement européen de 2009.

    21 médicaments vétérinaires, dont une majorité d’antibiotiques, ont aussi été décelés.

    Effet cocktail?

    «Malgré les efforts déployés par l’Autorité européenne de sûreté des aliments (Efsa) pour établir des méthodes d’évaluation des mélanges, nous ne savons pas encore ce que ces cocktails impliquent pour la faune sauvage et la santé humaine», relève l’équipe scientifique.

  • Vote par procuration aux européennes : des démarches à effectuer avant le 21 mai

    Vote par procuration aux européennes : des démarches à effectuer avant le 21 mai

    Les Français de l’étranger auront, comme leurs compatriotes de l’Hexagone, la possibilité de participer aux élections européennes le 26 mai prochain. Ceux qui résident dans un pays de l’UE ont eu le choix de s’inscrire soit sur les listes françaises du Consulat, soit sur les listes électorales de leur pays de résidence.

    Ils pourront, s’ils le souhaitent, le faire par procuration. Pour se faire, il faut que mandant (celui qui demande à ce que l’on vote pour lui) et le mandataire (celui qui vote pour vous) respectent certaines règles.

    Inscription dans les consulats, ambassades, et auprès des tournées consulaires et auprès des consuls honoraires

    Le mandant doit se présenter personnellement auprès des autorités pour remplir les formulaires de procuration. Cela peut être fait auprès des consulats et ambassades. Une possibilité pas toujours évidente dans les très grandes circonscriptions et pour cette raison, deux autres possibilités s’offrent aux mandant : celle de s’adresser aux consuls honoraires lors de leurs permanences, et celles de participer aux tournées consulaires de la circonscription. Les dates et venues sont disponibles sur les sites internet des Consulats.

    Vous pouvez télécharger le formulaire cerfa pour gagner du temps

    Il est important de ne pas trainer ! Ces tournées et permanences demeurent relativement rares et les élections approchent à grands pas.

    Des obligations limitées pour le mandataire

    Les mandataires, qui remplissent ici un devoir citoyen et de solidarité, n’ont pour seule obligation de ne pas accepter plus de 3 mandats.

    Le mandant, qui n’a pas besoin de justifier des raisons pour lesquelles il ne votera pas lui-même, doit l’informer du lieu du bureau de vote et bien sûr, évidemment, de son choix pour ce scrutin important.

  • Les Britanniques se préparent à reculons aux élections européennes

    Embourbé dans le Brexit, le Royaume-Uni est de plus en plus susceptible d’organiser des élections européennes. La date de l’hypothétique scrutin a été fixée au 23 mai.

    Dans un email adressé aux membres du parti le 8 avril, le responsable des candidats du Parti conservateur, Gareth Fox, a concédé qu’« en raison de la situation actuelle, nous allons participer aux élections européennes du 23 mai 2019 et la date limite pour les nominations est le 24 avril ».

    Le parti espère cependant que la législation formalisant la sortie du Royaume-Uni de l’UE aura été finalisée avant cette date, ce qui permettrait l’annulation du scrutin. De nombreux observateurs estiment toutefois que cette décision indique que la Première ministre acceptera une prolongation longue de l’article 50.

    Report du Brexit

    Dans une lettre adressée la semaine dernière au président du Conseil européen, Donald Tusk, la Première ministre demande que la date du Brexit soit reportée au 30 juin. Les dirigeants de l’UE devraient opter pour un retard d’un an. La date fatidique a déjà été repoussée du 29 mars au 12 avril.

    En contrepartie, Theresa May devrait promettre une « coopération sincère » et le respect des règles de l’UE tant que le Royaume-Uni en sera membre, afin d’apaiser les craintes selon lesquelles le pays pourrait perturber la conduite des affaires usuelles au sein du bloc.

    « Une réponse positive [à la demande de Theresa May] dépend également des assurances du Royaume-Uni sur une coopération sincère », a confirmé le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, à la suite d’un entretien téléphonique avec son homologue britannique.

    Celle-ci devrait se rendre à Paris et à Berlin le 9 avril, afin de convaincre Emmanuel Macron et Angela Merkel d’accepter le délai proposé.

    Le gouvernement a également modifié la loi britannique pour permettre le scrutin européen. Selon un porte-parole du cabinet, celui-ci a « pris les mesures nécessaires requises par la loi pour l’organisation d’un vote ».

    Le Parti travailliste et le Parti libéral-démocrate ont également entamé leur processus de sélection des candidats au Parlement européen.

    Le 8 avril, les députés ont adopté une loi obligeant le gouvernement à tenter de retarder le Brexit, pour éviter que le pays quitte automatiquement l’UE sans un accord à la fin de la semaine.

    Les pourparlers entre le gouvernement et les travaillistes se poursuivent, mais il est peu probable qu’ils portent leurs fruits avant le sommet extraordinaire du Conseil européen qui se tiendra à Bruxelles le 10 avril.

    Jeremy Corbyn a déclaré que les discussions avaient été menées de manière « sérieuse, mais [que le] cabinet fictif avait exprimé sa frustration quant aux lignes rouges que la Première ministre refuse de déplacer pour trouver un compromis ». Les parlementaires ne seront donc sans doute pas appelés à voter avant le sommet du Conseil.

    « Les questions clés sur lesquelles nous devons réellement progresser pour parvenir à un accord [entre les différentes factions parlementaires] sont l’union douanière, l’alignement sur le marché unique et l’alignement complet des droits des travailleurs, des protections environnementales et des normes de consommation », a ajouté le chef de file des travaillistes.

    Union douanière

    S’exprimant à l’issue d’une réunion à Dublin avec le Taoiseach (Premier ministre) irlandais, Leo Varadkar, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, a déclaré que l’UE était prête à offrir une union douanière au Royaume-Uni. La déclaration politique censée accompagner l’accord officiel de retrait permet en effet une série d’arrangements pratiques, a-t-il précisé.

    Toutefois, il a également averti qu’en cas de de Brexit sans accord, l’UE « ne discuterait de rien avec le Royaume-Uni jusqu’à ce qu’il y ait un accord sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, ainsi que sur les droits des citoyens et la facture » du divorce.

  • Elections en Israël : Netanyahu en route vers un 5ème mandat

    Les élections en Israël sont toujours complexes à analyser. Multitude de listes, Knesset éclatée et possibilités quasi infinies de coalitions possibles, l’issue du scrutin de ce jour n’est pas nécessairement facile à deviner. L’on semble cependant se diriger vers la reconduction du gouvernement Netanyahu.

    Netanyahu cherche à se maintenir au poste dans un contexte judiciaire complexe

    Benyamin Netanyahu fait le pari d’un maintien au pouvoir. Fragilisé par les accusations de corruption et du départ de son allié Avigdor Lieberman, il compte cependant sur un score suffisamment fort de sa formation le Likoud pour garder la direction de l’exécutif avec ses alliés. Ceux-ci incluraient probablement notamment les partis religieux.D’après les résultats officiels, il a remporté son pari avec le meilleur score du Likoud depuis 16 ans.

     

    «Je suis heureux de me mettre au service d’Israël, je suis heureux de m’engager pour le bien des citoyens sur une nouvelle voie»

    Benny Gantz, nouvelle figure politique 

    Parmi ceux qui espéraient devenir les grands gagnants des élections, il y a Benny Gantz, général au sein de Tsahal et leader du parti « Résilience pour Israël » qui a présenté une liste « blanc-bleu » au centre gauche de l’échiquier politique.

    «Je suis heureux de me mettre au service d’Israël, je suis heureux de m’engager pour le bien des citoyens sur une nouvelle voie». La liste « blanc-bleu » arrive deuxième à la Knesset et dirigera vraisemblablement l’opposition.

    La communauté française très implantée, et impliquée

    Israël n’est pas membre de la francophonie, en raison de l’opposition du Liban, qui a opposé son véto au sein de l’organisation. Pour autant, Israël compte 500,000 locuteurs de langue française, majoritairement composée de personnes venues d’Afrique du nord et de France. Cette dernière immigration est en hausse fréquente en raison notamment de l’augmentation des actes antisémites, même si le taux de retours est relativement important.

    « Notre langue est considérée comme une langue de culture et de communication prestigieuse qui fait rêver mais qui peut être utilitaire également »

    En Israël, le français est enseigné comme deuxième langue vivante dans les écoles publiques à partir de la classe de cinquième. L’apprentissage en est obligatoire jusqu’à la fin de la seconde puis il devient optionnel jusqu’au bac. L’université de Tel Aviv et l’université de Bar Ilan proposent des départements de français actifs et innovants.

    Myriam Rozenbaum, Présidente de l’Association des Professeurs de Français en Israël, a fait pour nous le bilan de l’enseignement du français en Israël. Citons, outre les deux universités citées, l’Institut Français de Tel Aviv, le Centre Romain Gary de Jérusalem, l’Institut Français de Haïfa et d’autres écoles de langues dans le pays. Pour elle, « Notre langue est considérée comme une langue de culture et de communication prestigieuse qui fait rêver mais qui peut être utilitaire également ».

    Pour Julien Bahloul, franco-israëlien et ancien journaliste vedette de la chaine i24, le climat fut pesant.

    Pour M. Bahloul, qui croit comme très probable la reconduction de la coalition actuelle droite-extrême droite, « tout le monde s’engueule sur les élections ». Il a indiqué sur les réseaux sociaux sa satisfaction que la campagne se termine, une campagne qu’il juge « pire que celle de 2015 ».

    Les franco-israéliens du Likoud engagés autour de leur candidat

    La communauté française en Israël est très diverse, entre laïcs attirés par le dynamisme de Tel Aviv et de ce qui est, pour le coup réellement, une start-up nation, religieux qui voulaient effectuer un retour en terre sainte, et foule de personnes de tous secteurs qui travaillent.

    Parmi ceux-ci, les francophones soutiens du Likoud sont particulièrement actifs, avec notamment une page sur Facebook qui compte des milliers de membres. Binyamin Lachkar, Français établi en Israël, est optimiste pour sa formation politique, le Likoud. « Les Français d’Israel sont à droite à 90% environ donc ils ne se sont pas vraiment déchirés, mais c’est vrai que la minorité de gauche était particulièrement hystérique. L’essentiel des conflits ont été à droite, chacun accusant le parti de l’autre de ne pas être assez à droite, mais ça restait respectueux » selon lui.

    Les partisans du Likoud sont sans ambiguïté, et ne voient que deux possibilités : le maintien de Netanyahu ou l’apocalypse que représenterait, selon eux, le retour de la gauche aux affaires.

    « Electeurs de droite, il faut se réveiller ! La gauche est aux portes du pouvoir avec les conséquences catastrophiques pour le pays que vous pouvez imaginer ».

    Une manière d’hystériser le débat qui ne va pas contribuer à l’apaisement post-scrutin.

    Une façon aussi d’occulter les enjeux : l’avenir judiciaire incertain du Premier Ministre, les inégalités sociales de plus en plus importantes et aussi, et surtout, bien entendu, la question des colonies et d’un processus de paix avec les Palestiniens totalement bloqué.

  • 4 pistes inspirées du Grand Débat dévoilées par Edouard Philippe – VIDEO

    Édouard Philippe a tiré les conclusions du grand débat ce lundi matin. « Toute frilosité » ou « conservatisme » serait « impardonnable » face à un « besoin de changement radical », a jugé le Premier ministre dans un discours. « Nous sommes parvenus à une situation où hésiter serait pire qu’une erreur, ce serait une faute.

    « Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité serait à mes yeux impardonnable », a déclaré le Premier ministre, en développant quatre « exigences » ressortant du grand débat.

    • « L’exaspération fiscale »

    L’exécutif retient tout d’abord du grand débat qu’il faut « baisser plus vite les impôts » face à une « immense exaspération fiscale », a affirmé Édouard Philippe. « La première exigence, c’est en fait une immense exaspération fiscale », a-t-il déclaré.

    Face à « une sorte de tolérance fiscale zéro », « les débats, je le crois, nous indiquent clairement la direction à prendre : nous devons baisser et baisser plus vite les impôts », a déclaré le Premier ministre sans donner plus de précisions.

    • « Proximité et fraternité »

    Le Premier ministre a aussi abordé un volet consacré à « une exigence de fraternité, de proximité, de lien quotidien ». « Certains mots reviennent avec une terrible régularité, c’est l’isolement, c’est l’abandon, c’est l’indifférence, le manque d’attention, de considération (…) et quand à son tour le service public ferme ou déménage, c’est l’État qui abandonne aussi », a-t-il développé.

    Pour y répondre, Édouard Philippe suggère de « rétablir l’équilibre entre les métropoles et les communes qui se trouvent à l’extérieur des logiques métropolitaines ». « Notre pays dispose aujourd’hui de puissantes métropoles qui rayonnent en Europe, qui réussissent dans la mondialisation, a fait valoir le Premier ministre. On doit maintenant faire le travail de rééquilibrage entre ces métropoles et les communes petites ou moyennes qui ont encaissé le choc de ce développement rapide et n’en profite pas assez. »

    • « Une démocratie plus représentative »

    « Nous ne sommes pas parvenus à concilier les Français avec ceux qui les dirigent », a-t-il poursuivi, évoquant « les mots très durs, très violents » utilisés à l’égard du « gouvernement, des élus ou des fonctionnaires ». « J’ai dû moi-même apprendre à gouverner avec cette défiance », a-t-il ajouté, en allusion à sa mesure phare relative à la sécurité routière : la limitation de la vitesse sur les routes secondaires sans séparateur central. « Je voulais sauver des vies, on m’a accusé de vouloir remplir les caisses » de l’État, a-t-il regretté. Au cours de son discours, le Premier ministre a estimé que les Français avaient exprimé « une exigence démocratique ».

    • « L’urgence climatique »

    La dernière exigence selon Édouard Philippe est « une urgence climatique ». « Une bonne nouvelle de ce débat, c’est que les Français, contrairement à de nombreux autres peuples, ne sont pas climatosceptiques », a salué le Premier ministre.

    « Nos concitoyens nous disent qu’ils sont prêts à changer de comportement dans de nombreux domaines, en revanche, ils ne veulent plus que des taxes leur disent lesquels.

    Et dans les cas où ils peuvent l’envisager, ils veulent que les taxes financent des dispositifs d’accompagnement », a-t-il terminé.

  • Un Français d’Israel condamné pour trafic d’arme

    Un tribunal israélien a condamné lundi à sept ans de prison ferme un ancien employé du consulat général de France à Jérusalem pour son implication dans un trafic d’armes entre les Territoires palestiniens.

    Romain Franck, contractuel français qui travaillait comme chauffeur pour le consulat général, a aussi été condamné par le tribunal de Beersheva (sud) à 18 mois d’emprisonnement avec sursis et 30.000 shekels (environ 7.400 euros) d’amende.

    Sans disposer de l’immunité diplomatique, Romain Franck, âgé de 24 ans et originaire du nord de la France, était accusé par Israël d’avoir mis à profit la relative protection que lui conféraient ses fonctions pour transporter dans un véhicule du consulat en plusieurs voyages des dizaines d’armes entre la bande de Gaza et la Cisjordanie.

    L’affaire était délicate pour la diplomatie française, même si les services israéliens avaient indiqué eux-mêmes après son arrestation en février 2018 qu’il avait agi pour l’argent et à l’insu de ses supérieurs.

    Romain Franck, arrivé le visage recouvert de la capuche de son sweat-shirt qu’il a retirée à l’entrée du juge, a accueilli en silence la peine prononcée en hébreu et traduite à son attention par un interprète. Il savait à quoi s’attendre, la condamnation résultant d’une reconnaissance des faits et d’un accord entre l’accusation et la défense.

    La cour lui a reproché d’avoir « cyniquement abusé » de sa position. Mais elle a retenu à sa décharge ses aveux et ses remords ainsi que l’absence d’antécédents. Elle a relevé qu’il n’avait « pas agi par conviction idéologique, ou par volonté de nuire à la sécurité de l’Etat d’Israël ».

    L’affaire a pour toile de fond le conflit persistant entre Israéliens et Palestiniens. Selon la sécurité intérieure israélienne, Romain Franck recevait les armes d’un employé du Centre culturel français à Gaza et les sortait de l’enclave dans le véhicule du consulat général. Une fois en Cisjordanie, il remettait les armes à un individu qui les revendait à des trafiquants, selon la même source.

    – Complices palestiniens –

    Cinq complices palestiniens avaient été arrêtés et inculpés en même temps que lui.

    Gaza et la Cisjordanie sont distants de quelques dizaines de kilomètres à travers Israël. Gaza, gouvernée par le mouvement islamiste Hamas, ennemi d’Israël, est soumise depuis plus de 10 ans à un rigoureux blocus israélien. La Cisjordanie est sous occupation israélienne depuis plus de 50 ans.

    A bord d’un véhicule diplomatique, Romain Franck espérait échapper aux contrôles israéliens, notamment à l’entrée et à la sortie de Gaza, étroitement surveillées par Israël.

    Sans avoir de contact avec le Hamas, considéré comme « terroriste » par l’Union européenne, les diplomates français se rendent régulièrement à Gaza, à la différence par exemple des Américains.

    Le consulat général de Jérusalem n’a pas seulement une tâche consulaire, mais assure aussi une mission diplomatique auprès de l’Autorité palestinienne, embryon d’Etat palestinien indépendant.

    La sécurité israélienne accusait Romain Franck d’avoir transporté en cinq voyages environ 70 pistolets et deux fusils automatiques. Dans son jugement, le tribunal n’évoque plus que 29 pistolets. Ses activités lui auraient rapporté 26.000 shekels (environ 6.400 euros).

    – Prison en France ? –

    La cour a cependant dressé le tableau d’un jeune homme dépassé, qui avait grandi dans un petit village et avait servi comme pompier volontaire. Un ami lui avait proposé de travailler au consulat général, et il y avait vu « la chance de quitter son village », selon le jugement.

    Il avait commencé à travailler en janvier 2017 au consulat général comme « volontaire international », statut qui permet à de nombreux jeunes adultes de bénéficier d’une expérience professionnelle à l’étranger.

    Il s’est retrouvé « dans une situation qu’il n’aurait jamais imaginée », a dit le tribunal. Mais il a pris le risque de porter atteinte aux relations entre diplomates français et autorités israéliennes, a dit le tribunal, indiquant que les contrôles sur les véhicules diplomatiques avaient été renforcés.

    Romain Franck aurait pu être condamné bien plus lourdement compte tenu de la gravité des faits, a déclaré son avocat Kenneth Mann.

    « C’est quelque chose de très difficile pour toute la famille, et ils espèrent que leur fils va rentrer en France le plus vite possible », a-t-il ajouté

    La famille voudrait qu’il purge sa peine en France. « Les Français doivent en faire la demande, et les Israéliens décideront », a-t-il dit.

  • La sénatrice Evelyne Renaud-Garabedian en visite à Lisbonne – Education et Elections

    La sénatrice Evelyne Renaud-Garabedian en visite à Lisbonne – Education et Elections

    Une visite de curiosité. Evelyne Renaud-Garabedian était en déplacement récemment à Lisbonne, afin de découvrir pourquoi le Portugal attire tant les Français.

    Femme d’affaires, directrice du groupe immobilier et hôtelier Cible, fondé et dirigé par Jean-Pierre Bansard, Evelyne Renaud-Garabedian a été élue sénatrice des Français établis hors de France en septembre 2017, sous l’étiquette de l’Alliance solidaire des français de l’étranger. Elle est rattachée au Parlement au groupe Les Républicains.

    Dans cet entretien, la sénatrice témoigne des échos qu’elle reçoit des Français qui vivent au Portugal, mais elle aborde aussi la question de la hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers et son impact sur les lycées français. Enfin, elle évoque l’électorat des Français qui vivent loin de leur pays à l’approche des élections européennes.

    A écouter sur la radio des Francophones expatriés

  • Grand débat : Ces propositions fiscales qui s’attaquent aux français expatriés

    Le Portugal, l’Italie, Chypre, le Maroc, etc. sont aussi entrés dans « le grand débat » en France en raison du régime d’exemption fiscale accordé à ceux résidents de ces pays dont les revenus sont issus de France. Ces exilés fiscaux que dénoncent les gilets jaunes sont donc souvent des retraités qui doivent résider six mois au Portugal, en Italie, etc.

    Les Gilets jaunes proposent, au hasard des cahiers de doléances, donc de réduire leur pension de moitié ou de leur interdire de se faire soigner en France. Comme nous l’avons traité dans un autre article, il faut désormais 15 ans de cotisations en France pour bénéficier de la sécurité sociale si on ne réside plus en France. Qu’en sera-t-il-demain ?

    Des avis proposés et partagés dans le site « du grand débat » dont certains exigent que l’imposition à la source s’applique pour les non-résidents et ce en dehors de tous les accords européens, internationaux ou des conventions fiscales.

    Peu de chance que le gouvernent retienne ces propositions extrêmes. Mais le sujet est sur le « tapis ».

    Particulièrement visé, le régime fiscal des Résidents Non-Habituels  (RNH) qui a été créé en 2009 au Portugal avec l’objectif d’attirer les portugais exilés disposant  de hauts revenus. Avec l’Europe, et l’égalité entre tous ses citoyens, de nombreux nationaux des 27 pays se sont expatriés au Portugal, qui dispose désormais en plus de son doux climat d’une fiscalité avantageuse.

    Malgre que  la plupart des thèmes étaient liés à la démocratie, la fiscalité française s’est imposée dans les réunions publiques et une grande partie des deux millions de propositions faites par les français et transmises par Internet traitent de ce sujet.

    Le gouvernement reste en attente. En effet, des procédures au conseil d’Etat (2015-2018) ont donné en première instance un résultat inquiétant puisque ce tribunal administratif suprême considère qu’en l’absence d’imposition dans le nouveau pays de résidence alors le trésor public français serait compétent pour collecter l’impôt selon le barème français.

    C’est le retour du serpent de mer de l’imposition du sang ! !

    Quelles seront les propositions retenues par le gouvernement ? Quelles seront les réactions des états concernés ?

    Les prochaines semaines, en France, seront consacrées aux propositions issues du Grand débat que le gouvernement va révéler au fil des interventions avant les élections européennes.

  • Marathon en Corée du Nord, voyage en absurdie

    Marathon en Corée du Nord, voyage en absurdie

    La France et la république populaire démocratique de Corée, plus connue sous le nom de Corée du Nord, n’ont pas de relations diplomatiques. La France ne compte qu’un bureau de représentation auprès de la délégation allemande à Pyongyang.

    Cela n’empêche pas des échanges discrets. Le musée national à la gloire de la famille régnante des Kim regorge des cadeaux venant du monde entier saluer le Royaume ermite. Notamment la voiture offerte par le Président Mitterrand à Kim Il-Sung, grand père de l’actuel, et imprévisible, dirigeant Kim Jong-Un.

    Cela n’empêche pas non plus des touristes Français de venir visiter Pyongyang et, quand cela leur est possible, le reste du pays. Ce notamment via le marathon de Pyongyang ce dimanche 7 avril.

    La diplomatie du sport au profit de la sortie de l’isolement

    Sans commune mesure en termes de moyens, la Corée du Nord essaye comme le Qatar, d’utiliser le sport pour améliorer son image internationale. Ce marathon, depuis plusieurs années, en est l’un des occasions, tout comme la participation d’athlètes nord-coréens aux jeux d’hiver en Corée du Sud récemment.

    Site internet en anglais, partenaire international indiqué étonnant, le groupe DHL, le marathon de Pyongyang se veut international et invite les athlètes du monde entier à participer. Il se compose cependant très largement de participants nationaux. C’est dû à la difficulté de se rendre dans le pays, seulement via Pékin et la compagnie Air Koryo. Egalement dû à de la frilosité des marathoniens à se rendre dans un Etat dictature qui reste très hostile, en particulier vis-à-vis de l’occident.

    Cela s’inscrit cependant dans une politique générale de relative ouverture de la Corée du Nord au monde et de volonté de détente, en particulier vis-à-vis des Etats-Unis. Les deux sommets, qui pour le moment ont accouché d’une souris, entre le Président Donald Trump et le leader nord-coréen sont dans cette perspective.

    Les Français participent au marathon

    Les Français s’intéressent au royaume ermite, tout autant fascinant qu’il est terrifiant. Parmi eux Philippe Richet, que nous avons pu contacter et qui participa à une précédente édition tout comme il participe à des manifestations sportives partout dans le monde.

    Il nous décrit un voyage surréaliste dans un pays ou il est toujours accompagné de sa guide francophone. Voyage en SUV avec vitres teintés et sans jamais quitter la capitale, vitrine du régime. Un traitement VIP dans les hôtels réservés aux étrangers de la capitale fut accordé aux athlètes. Ils n’eurent jamais la possibilité d’échanger avec la population locale. La Corée du Nord, dictature totalitaire, qui bannit totalement l’accès aux réseaux sociaux pour sa population se renseigne, elle, via ses agents, sur les profils Facebook et les parcours professionnels des étrangers qui s’y rendent.

    Une scène irréaliste dans ce marathon qui consiste en un aller-retour dans Pyongyang assez étonnant. C’est celle du départ et de l’arrivée des marathoniens dans un stade Kim Il-Sung avec 50,000 personnes hurlant leur joie. Une joie bien entendu entièrement spontanée …

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