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  • Les cinq recommandations économiques de la Commission aux États membres

    Les cinq recommandations économiques de la Commission aux États membres

    Alors que les finances publiques de tous les États membres de l’UE sont désormais en dehors de la zone rouge, la Commission européenne a encore des recommandations de politique économique strictes pour l’Espagne, l’Italie, la Belgique, la Grèce et l’Allemagne.

    La fiesta en Espagne…pour le moment

    Comme prévu, la Commission a proposé de fermer la procédure de déficit excessif contre l’Espagne. Les États membres devraient donner leur bénédiction à cette recommandation dans les semaines à venir.

    Une fois l’Espagne sortie de cette procédure, il ne restera aucun pays au sein du programme de surveillance budgétaire de l’UE, par rapport à 24 pays en 2011.

    Le déficit espagnol a fini par passer sous la barre des 3 % du PIB en 2018 (à 2,5 %) et restera sous cette limite cette année et la prochaine.

    « C’est la fin du cycle de procédures de déficit excessif qui a débuté avec la crise », a déclaré Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques.

    Même si la décision « marque la fin d’un chemin difficile », les problèmes perdurent pour l’économie ibérique, a-t-il ajouté. Avec en premier lieu le haut niveau de chômage dans le pays, le recours généralisé aux contrats temporaires et le haut volume de dette publique.

    À cet égard, Madrid fait encore face à une rude bataille pour équilibrer ses comptes publics. Le pays détient le record du plus grand déficit structurel de la zone euro (3 % du PIB, soit environ 36 milliards d’euros). Et depuis 2017, le pays n’a fait aucun effort pour le réduire.

    Pour régler ce problème, le vice-président de la Commission en charge de l’euro, Valdis Dombrovskis, a déclaré que l’Espagne devait consentir un effort structurel de 0,65 % de son PIB (soit environ 7,8 milliards) en 2019 et en 2020, soit en augmentant les impôts soit en réduisant les dépenses.

    Toutefois, le programme de stabilité soumis par Madrid présente un risque de « déviation importante » de cet objectif, prévient-il.

    Drame italien

    Après avoir évalué les efforts de l’Italie pour réduire la dette publique élevée (environ 132 % du PIB), la Commission a conclu que le gouvernement avait échoué à réaliser ces efforts imposés.

    Il est par conséquent « justifié » de lancer une procédure de déficit excessif en fonction du critère de la dette du programme de stabilité et de croissance, explique Valdis Dombrovskis.

    Les États membres devraient décider dans les prochaines semaines d’approuver cette recommandation. La procédure pourrait mener à une amende de 3,5 milliards d’euros pour Rome (ou 0,2 % du PIB italien).

    La situation s’est empirée depuis décembre dernier, quand l’exécutif européen a effacé la procédure de sanction contre Rome.

    Le commissaire français a souligné que la situation économique de l’Italie en décembre était différente. La croissance était censée atteindre 1,1 % cette année, mais n’a finalement atteint que 0,1 %, soit un point de moins que prévu. De plus, la décision prise à cette période était basée sur des prévisions et des plans budgétaires, alors qu’aujourd’hui il s’agit d’un verdict a posteriori, fondé sur l’exécution budgétaire de 2018, a expliqué le commissaire.

    La Commission a soutenu sa décision avec de nombreux chiffres, et en premier lieu avec la dette publique croissante (censée dépasser 135 % du PIB l’année prochaine) et le déficit (3,5 % du PIB en 2020).

    Pour Pierre Moscovici, reste à savoir si la procédure de déficit excessif pourrait contribuer à créer une marge de croissance et à assainir les finances publiques.

    « Ma porte est ouverte », a-t-il ajouté, en déclarant aux journalistes qu’il était prêt à avoir une « discussion factuelle » avec le gouvernement populiste italien sur la manière d’éviter la procédure de sanction.

    En pleine crise avec la France, le président du Conseil des ministres italien est intervenu à Strasbourg au Parlement européen durant une séance houleuse. Les principaux partis ont condamné l’attitude économique et politique de son gouvernement.

    Doutes belges

    L’Italie n’est pas le seul pays faisant l’objet d’un examen rigoureux. La Commission a également préparé des rapports sur la France, Chypre et la Belgique afin d’évaluer leurs efforts pour équilibrer leurs comptes publics.

    Mais contrairement à l’Italie, la Commission a déclaré qu’elle n’avait pas trouvé suffisamment de raisons pour recommander une procédure de sanction contre l’un de ces pays.

    La Belgique a été le cas le plus difficile à déterminer. Comme Moscovici l’a reconnu, le pays se trouve « à la limite ». Malgré le niveau élevé de la dette publique (102 % du PIB), le pays n’a pas fait d’effort structurel pour la réduire en 2018 et 2019.

    Toutefois, la Commission n’a pas trouvé son analyse suffisamment concluante pour faire passer le pays à l’étape suivante de la procédure de sanction.

    C’est la deuxième année consécutive que l’exécutif européen ne parvient pas à prendre de décision concernant la Belgique. Dans son rapport, l’institution blâme « les grandes incertitudes liées aux facteurs clés de la performance budgétaire en 2017 et 2018 », en particulier sur le caractère structurel de l’amélioration budgétaire. Si ces incertitudes sont prises en compte, l’écart significatif semble être « très faible », peut-on lire dans le rapport.

    La bonne nouvelle pour la Belgique est que les partis nationaux luttent désormais pour forger une coalition suite à des élections nationales non concluantes le 26 mai dernier.

    L’absence d’exécutif pourrait en effet limiter les dépenses publiques, comme cela a été le cas la dernière fois que le pays s’est retrouvé sans gouvernement pendant près de 20 mois.

    Retard grec

    Après avoir atteint ses objectifs budgétaires ces dernières années, le gouvernement de gauche mené par Alexis Tsipras a reçu de sérieux avertissements de la Commission à cause des dernières mesures anti-austérité annoncées à l’approche des élections anticipées du mois prochain.

    Les dernières décisions de la Grèce ne vont pas « dans la bonne direction politique », a déclaré Valdis Dombrovskis. « Il est important de ne pas gâcher les efforts consentis ces dernières années », a-t-il ajouté, rappelant que la dette publique du pays s’élève actuellement à 180 % du PIB, dont l’essentiel est dû à ses partenaires européens.

    Pierre Moscovici a également souligné les « retards » dans la mise en œuvre du programme « cash-for-reform » (« du liquide contre des réformes »)  lancé en 2010.

    La Grèce est sortie de son programme de sauvetage en août dernier. Mais les réductions d’impôts annoncées et les paiements pour les retraités ont mis à rude épreuve les relations entre Athènes et ses créanciers européens.

    Valdis Dombrovskis a déclaré que le paquet proposé par Alexis Tsipras annulait une partie du programme de réforme et présentait un risque pour la concrétisation de l’objectif convenu d’un excédent primaire de 3,5 % du PIB pour cette année et au-delà.

    Dans le cadre de la stratégie de sauvetage, la Grèce a convenu avec ses créanciers de la zone euro d’atteindre un excédent budgétaire primaire annuel de 3,5 % jusqu’en 2022.

    Dépenses allemandes

    Le mandat 2014-2019 de cette Commission européenne se termine comme il a commencé : avec un fort accent sur l’investissement. Alors que le principal problème en 2014 était le faible niveau d’investissement par rapport aux volumes d’avant la crise, la priorité est désormais la qualité des dépenses et un meilleur alignement entre réformes et investissements.

    Afin de relever ces défis, la Commission a inclus pour la première fois des recommandations d’investissement dans son paquet économique.

    L’Allemagne, comme toujours, représente un cas particulier. Selon la Commission, la hausse de l’excédent de l’Allemagne reflète « un niveau d’investissement intérieur faible par rapport à l’épargne dans les secteurs privé et public ».

    Par conséquent, la recommandation numéro un pour la plus grande économie de la zone euro est d’accroître les investissements privés et publics, en particulier au niveau local et régional, dans des domaines tels que l’éducation, l’innovation, le haut débit, les transports durables et le logement.

    Malgré une augmentation de l’investissement public l’an dernier (7,7 %), la Commission a souligné que le taux d’investissement restait inférieur à la moyenne de la zone euro. L’exécutif européen a ajouté qu’il restait un important arriéré d’investissements publics dans les infrastructures et l’éducation, et a déploré que l’Allemagne n’ait pas profité de conditions de financement favorables.

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Trump promet un accord commercial «phénoménal» à Londres

    Trump promet un accord commercial «phénoménal» à Londres

    Le président américain a promis un accord commercial « phénoménal » au Royaume-Uni post-Brexit. Il envisage de multiplier par plus de deux les échanges commerciaux, mais prévient que les conditions devront être négociées.

    Donald Trump, en visite d’État au Royaume-Uni, a félicité Theresa May, Première ministre sortante, sur sa gestion des négociations du Brexit. Lors d’une conférence de presse commune, il a aussi estimé que les deux pays partageaient « la plus belle alliance que le monde ait jamais connue ».

    Plus tôt dans cette deuxième journée de Donald Trump à Londres, les deux dirigeants ont discuté de l’avenir de leur coopération sur le commerce, la défense et les renseignements. Le président américain a aussi réitéré son appel pour que les membres de l’OTAN, dont le Royaume-Uni, respectent leur engagement d’allouer 2 % de leur PIB à la défense.

    La perspective d’un accord de libre-échange avec les États-Unis ne fait cependant pas moins de vagues au Royaume-Uni qu’au sein de l’UE, où l’accord a finalement été abandonné.

    Le Royaume-Uni a inclus une clause dans l’accord UE-Canada afin de clarifier que son service de santé (NHS) ne serait pas obligé de s’ouvrir à la concurrence des firmes canadiennes. Le gouvernement a aussi promis que la NHS ne serait remise en cause dans aucun de ses futurs accords. Sur la question d’un plus grand accès des producteurs agricoles américains au marché britannique, le gouvernement actuel est divisé.

    Cela ne décourage pas Donald Trump, qui assure que pour qu’il y ait un accord « tout doit être renégocié ». « En ce qui concerne le commerce, tout est négociable, la NHS ou quoi que ce soit d’autre. Bien d’autres choses. Tout est négociable. »

    « Pas tant que je serai là », a rétorqué le ministre à la Santé, Matt Hancock, un des candidats au poste de Premier ministre.

    Même son de cloche du côté d’Angus MacNeil, président de la commission du commerce international à la Chambre des communes : « ce serait une erreur catastrophique que de se précipiter dans des négociations avec les États-Unis sans vraie stratégie commerciale globale ».

    Selon les chiffres du trésor britannique, un accord commercial avec les États-Unis ne ferait monter le PIB que de 0,2 %.

    Donald Trump a également rejeté les rumeurs selon lesquelles les États-Unis pourraient limiter le partage de renseignements avec Londres si le Royaume-Uni utilisait l’infrastructure du géant chinois des télécommunications Huawei, insistant pour que les deux pays parviennent à un accord sur cette question.

    L’impétueux président américain a fait preuve de retenue lors de sa conférence de presse avec Theresa May, saluant ses efforts, qui ont mis selon lui le Royaume-Uni dans une « bonne situation ». Par le passé, il s’est toujours félicité de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, estimant que ce serait « merveilleux » durant la visite de Theresa May à Washington, en janvier.

    Theresa May a pour sa part indiqué qu’elle n’avait pas suivi le conseil du président, qui lui proposait de poursuivre l’UE en justice, et s’est montrée prudente quant à un accord commercial.

    Donald Trump a également pris pour cible le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn, qui a refusé de se joindre au banquet organisé par la Reine. Le travailliste est « une force quelque peu négative », a dit le président, ajoutant qu’il avait refusé de le rencontrer pendant sa visite. Il a plus tard fait marche arrière, indiquant qu’il n’aurait « aucun problème » à rencontrer le travailliste, après les révélations selon lesquelles il a notamment rencontré Nigel Farage en privé.

    À quelques encablures dans le centre de Londres, Jeremy Corbyn était l’orateur principal d’une manifestation contre la visite de Donald Trump à laquelle ont participé des dizaines de milliers de manifestants, accusant le président américain d’avoir « créer un sentiment accru de haine ».

    Les huées et les moqueries des manifestants à l’extérieur de Downing Street étaient audibles durant la conférence de presse Trump-May. Fidèle à sa réputation, le président américain a pourtant minimisé l’importance de la manifestation contre sa visite à l’extérieur de Downing Street comme une « fake news » et a affirmé, à tort, que des milliers de personnes s’étaient rassemblées dans les rues pour l’encourager.

    Jamais étranger à la controverse, Donald Trump a également poursuivi sa querelle avec le maire de Londres, Sadiq Khan, qu’il décrivait lundi comme un « perdant ». Sadiq Khan a lui répondu en expliquant ses arguments dans une vidéo.

    Benjamin Fox

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Cérémonie des 75 ans du débarquement allié en Normandie – VIDEO (TF1)

    Cérémonie des 75 ans du débarquement allié en Normandie – VIDEO (TF1)

    Les présidents Donald Trump, Emmanuel Macron, et la reine Elizabeth II se sont réunis mercredi à Portsmouth (sud de l’Angleterre) avec des centaines de vétérans  pour célébrer le 75e anniversaire du Débarquement allié en Normandie, lors d’une cérémonie émouvante qui a rendu hommage à ceux qui donnèrent leurs vies pour libérer l’Europe « nazi ».

    Portsmouth fut le port de départ pour Sword Beach, la plage normande la plus orientale des cinq choisies pour le débarquement des Alliés en Normandie (ouest de la France), la plus grande opération de l’histoire de ce type en nombre de navires engagés.

    Au soir du 6 juin 1944, plus de 150 000 Alliés avaient pris pied sur le sol français, dont plus de 10 000 furent tués, blessés ou disparurent dans l’opération, selon les chiffres du Mémorial de Caen.

    Les célébrations, qui se poursuivront jeudi en France, ont commencé par la projection sur un écran géant d’images du «D-Day» montrant ces soldats qui, au péril de leur vie, débarquèrent sur les plages de Normandie.

    Seize pays représentés

    Une dizaine de vétérans sont ensuite montés sur scène, émus, parfois s’appuyant sur une canne, avant d’être salués par une ovation debout du public et de représentants ou dirigeants de seize pays, dont la Belgique.

    Aux côtés de la reine et de MM. Trump et Macron figuraient notamment la chancelière allemande Angela Merkel, les Premiers ministres britannique Theresa May, canadien Justin Trudeau, belge Charles Michel, néerlandais Mark Rutte et luxembourgeois Xavier Bettel.

    M. Trump, qui concluait à cette occasion une visite d’État au Royaume-Uni entamée lundi, a sobrement lu une prière que son prédécesseur Franklin D. Roosevelt déclama à la radio au soir du 6 juin 1944 en soutien à ceux qui combattaient alors pour «libérer une humanité souffrante».

    M. Macron a ensuite lu pour sa part la lettre d’adieu déchirante d’un jeune résistant, Henri Fertet, fusillé à l’âge de 16 ans.

    Après 87 jours d’emprisonnement et de torture, il écrivit à ses parents: «Je meurs pour ma patrie. Je veux une France libre et des Français heureux. […] Quelle mort sera plus honorable pour moi que celle-là?».

    Après la lecture de la lettre, en français, le baryton britannique Willard White a entonné «Le Chant Des Partisans».

    Mme Merkel a elle souligné dans un communiqué que le Débarquement avait «libéré» les Allemands du «national-socialisme» et permis «la réconciliation, l’unification au sein de l’Europe».

    Dans la soirée, les dirigeants encore présents devaient assister à l’embarquement de 300 vétérans britanniques qui rejoindront la France en bateau.

    Sans la Russie

    Pour commémorer cette journée historique, les pays représentés à Portsmouth ont adopté une «Déclaration» pour «faire en sorte que les sacrifices du passé ne soient jamais vains et jamais oubliés».

    «Au cours des 75 dernières années, nos nations ont défendu la paix en Europe et dans le monde, la démocratie, la tolérance et l’État de droit», écrivent-ils.

    «Nous travaillerons ensemble en tant qu’alliés et amis pour défendre ces libertés chaque fois qu’elles seront menacées».

    Absente des commémorations, la Russie a appelé à ne pas «exagérer» l’importance du Débarquement, et à ne pas «minorer» ainsi le rôle de l’URSS dans la défaite du dictateur Adolf Hitler.

    Retrouvez le programme en vidéo

     

  • Attention aux aviseurs fiscaux !

    Attention aux aviseurs fiscaux !

    Depuis 2017, l’Etat Français a le droit de rétribuer un informateur qui lui apporte des renseignements lui permettant, ainsi, de débusquer une fraude fiscale via l’étranger. L’administration ne s’est emparée que très prudemment de cette nouvelle prérogative mais elle y prend ses habitudes à la vue des résultats. En effet ces bons tuyaux ont déjà permis de faire rentrer 90 millions dans ses caisses.

    Pour débusquer les fraudeurs à l’impôt, rien ne vaut un bon tuyau. Enfants spoliés d’héritage, divorcés en conflit, familles déchirées, concurrents jaloux, collaborateurs maltraités : dans la plupart des grandes affaires de suspicion de fraude fiscale qui ont défrayé la chronique ces dernières années (Wildenstein, Takieddine, Bettencourt, Wendel, Dassault, Balkany…), les révélations sont venues d’un connaisseur du montage de l’intérieur plutôt que d’une découverte après inspection des contrôleurs fiscaux. Sans parler des véritables lanceurs d’alerte à l’origine des listes HSBC, UBS, LuxLeaks, Panama Papers, Paradise Papers, Football Leaks, qui, en fuitant des fichiers aux médias, ont carrément dévoilé des tricheries aux taxes par milliards à l’échelle mondiale.

    Que ce soit par soif de vengeance ou par souci moral, les dénonciateurs s’avèrent donc de précieux alliés pour l’administration fiscale. D’ailleurs, de tout temps, un discret bureau de la Direction nationale d’enquêtes fiscales, le service de renseignement du fisc, reçoit et traite toutes sortes de signalements (sauf ceux parvenus de façon anonyme, non pris en compte). Mais ce qui est plus récent -et méconnu-, c’est que, depuis le 1er janvier 2017, l’administration fiscale peut indemniser les  » aviseurs fiscaux  » (c’est le terme officiel) s’il s’avère que leurs confidences ont abouti à pincer un gros contribuable cachottier. La possibilité de rémunérer des indics, d’abord introduite comme un test, a été entérinée par la dernière loi de lutte contre la fraude fiscale du 23 octobre 2018.

    bâtiment Centre des Finances Publiques Paris 6em

    La pratique est strictement encadrée : les informations transmises doivent porter à la connaissance du fisc  » des faits graves  » (c’est-à-dire portant sur des centaines de milliers d’euros d’impôts escamotés) et  » décrits avec précision  » (avec souvent des documents à l’appui), susceptibles de justifier une enquête et déclencher un contrôle fiscal fructueux. Surtout, seuls les renseignements sur un schéma de fraude internationale -les plus difficiles à détecter par les contrôleurs- se qualifient : infractions liées aux règles de domiciliation en France, à l’obligation de déclarer les comptes et trusts détenus à l’étranger pour les résidents, montages abusifs d’optimisation fiscale off-shore pour les entreprises… Pas question de récompenser le grincheux qui dénoncerait son voisin pour avoir creusé une piscine non déclarée ou parce qu’il se vante de ne pas acquitter la redevance audiovisuelle ! Le barème de rémunération, lui, reste confidentiel. On sait juste qu’il est calé en proportion au montant de l’impôt éludé ainsi récupéré.

    Est-ce du fait de ces contraintes, du délai des contrôles ou de la prudence de l’administration ? En tout cas, à mi 2018, soit après un an et demi d’expérimentation, un seul aviseur avait jusqu’ici été payé pour ses renseignements. Sur 61 demandes d’indemnisation, 39 ont été jugées extérieures au cadre de la loi ou ont été classées sans suite; 10 demandes font encore l’objet d’échanges avec l’aviseur; 10 sont en cours de contrôles fiscaux et, donc, une demande a fait l’objet d’une indemnisation définitive, selon les chiffres donnés par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin lors des discussions parlementaires sur le vote de la loi de lutte contre la fraude.  » Ce dispositif nous permet de recueillir des informations précieuses, a indiqué le ministre. Les contrôles engagés sur la base des renseignements obtenus ont permis de notifier plus de 86 millions d’euros de droits et pénalités, dont 80 millions ont déjà été recouvrés. Cette méthode a ses avantages et a prouvé qu’elle pouvait donner des résultats.  » Notant que  » les lanceurs d’alerte ont contribué ces dernières années à la manifestation de la vérité sur les affaires les plus spectaculaires et permis la récupération concrète de deniers publics « , le ministre appelle les services fiscaux à  » davantage s’appuyer sur eux  » :  » Nous devons faire évoluer notre culture administrative : un seul aviseur, ce n’est pas assez.  »

    Aux Etats-Unis, record à 104 millions de dollars

    De fait, en France, le sujet est sensible. Quand, en 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a réglementé ces pratiques, jusqu’alors opaques et discrétionnaires, de rémunération des informateurs, courantes notamment dans la police et les services secrets, il a été décidé que, à Bercy, seules les douanes auraient ce droit, mais plus le fisc. Cependant, par la suite, les fuites de lanceurs d’alerte, tel Hervé Falciani, qui a transmis le fructueux fichier HSBC, ont remis la question sur le tapis. Non sans polémique face au tir de barrage des mouvements patronaux et avocats fiscalistes criant à « l’encouragements à la délation comme aux pires heures de notre histoire ». Au sein de l’administration fiscale aussi, il y a une certaine réticence de principe à recourir à cette pratique.

    Mais la morale a changé de camp. Surtout que d’autres pays d’Europe achètent des informations, telle l’Allemagne où le Land de Rhénanie-Westphalie a acheté, entre 2012 et 2015, onze CD et clefs USB de données volées à des banques suisses ou du Liechtenstein pour 19 millions d’euros et en a retiré 7 milliards de recettes fiscales supplémentaires. Le record vient des Etats-Unis où le banquier repenti Bradley Birkenfeld a touché, en 2013, une commission de 104 millions de dollars de la part du fisc pour avoir retourné sa veste et balancé les noms et numéros de comptes de centaines de contribuables qui dissimulaient dollars, lingots et diamants chez UBS. Dans l’affaire, le fisc américain a récupéré plus de 15 milliards de dollars qui échappaient jusqu’alors à ses radars… et les Etats-Unis ont forcé la Suisse à mettre fin à son secret bancaire. En 2017, outre-Atlantique, 242 délateurs se sont partagés 34 millions de dollars représentant 18% des rappels d’impôts ainsi récupérés par le fisc.

    En France, les sommes en jeu sont évidemment beaucoup plus modestes. Et avis aux candidats qui auraient l’intention de nuire à un ennemi en le dénonçant au fisc : l’administration n’hésite pas à transmettre à la justice les noms d’auteurs de délations calomnieuses.

  • J-8 : le bac se prépare aussi chez les Français de l’étranger!

    J-8 : le bac se prépare aussi chez les Français de l’étranger!

    Comme nous l’indiquions dans un précédent article la menace de grève portée notamment par le syndicat SNES est également d’actualité dans le réseaux des Lycées Français de l’étranger.

    Trois revendications principales sont mises en avant :

    • une revalorisation des rémunérations ;
    • le retrait des réformes des lycées et du baccalauréat ;
    • le retrait des projets de loi « école de la confiance » et « Fonction publique »

    A celles-ci s’ajoutent pour les Lycées Français de l’étranger la question du non-renouvellement de plusieurs professeurs détachés, comme au Lycée Français de Barcelone par exemple.

    Un réseau d’excellence à l’étranger

    Répartition des inscrits par série dans le réseau AEFE

    L’AEFE, qui constitue l’un des deux réseaux à l’étranger avec par ailleurs la Mission Laïque Française, se félicite des excellents résultats obtenus en 2018 par les étudiants en terminale. 17 134 élèves ont obtenu le précieux sésame, soit un taux de succès de 97,3% avec 76% de mentions attribuées.

    Les chiffres géographiques du réseau de l’AEFE sont les suivants :

    • Afrique : 93,6 % (60 % de mentions)
    • Amériques : 98 % (78 % de mentions)
    • Asie-Moyen-Orient : 98,4 % (77 % de mentions)
    • Europe : 98,2 % (82 % de mentions)
    • Maghreb-Océan indien : 97,1 % (76 % de mentions)

    Un système de bourse aussi pour les étudiants étrangers des Lycées Français

    Chaque année, plus de la moitié des bacheliers issus d’un lycée français à l’étranger décident de poursuivre leurs cursus en France. Un programme de bourses les aide depuis plus de vingt ans à concrétiser ce projet : le dispositif Excellence-Major. Créé en 1992, il aide les meilleurs bacheliers étrangers à mener des études de haut niveau en France, à l’université ou dans de grandes écoles.

    Très demandée, cette aide étalée sur cinq ans bénéficie aujourd’hui à 800 étudiants de 80 nationalités. Elle les accompagne de la première année jusqu’au niveau Master 2 et leur permet de bénéficier de démarches administratives simplifiées, que ce soit pour l’obtention d’un visa ou pour la recherche d’un logement. Les bénéficiaires peuvent en outre profiter de partenariats conclus avec certaines grandes écoles, telles que l’ESSEC ou Sciences Po Paris.

    Les nombreux élèves Français qui étudient dans le réseau international ont eu aussi la possibilité de revenir en France pour leurs études supérieures. Beaucoup choisissent cependant un enseignement international mondialisé notamment par le classement de Shanghai

  • Menace de grèves pendant le bac, les Lycées Français de l’étranger menacés?

    Menace de grèves pendant le bac, les Lycées Français de l’étranger menacés?

    Face à une menace de grève du secteur enseignant à l’occasion du baccalauréat, le Ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer s’est voulu rassurant en indiquant que le bac se déroulerait normalement.

    «C’est mon devoir de dire à chaque élève, chaque famille, qu’ils ne doivent pas se préoccuper de ce sujet, c’est mon devoir d’assurer le fait que ça se passera bien.» a ainsi indiqué le Ministre

    Le Syndicat National des Enseignants du Second Degré (SNES), dans un communiqué et avec notamment la CGT

    Le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer

    Education et Sud Education, a appelé à une mobilisation lors des épreuves du baccalauréat le 17 juin prochain.

    Un appel à la grève dans les réseaux AEFE et de la Mission Laïque Française

    La section internationale du SNES a lancé un préavis de grève sur les premières épreuves du baccalauréat (6/06) et du brevet (17/06). Celle-ci fut un temps accompagnée localement par d’autres formations syndicales et notamment l’UNSA au Lycée Français de Barcelone en réaction au non-renouvellement du détachement d’une enseignante et plus largement en critique de la politique mise en place en la matière. Cette situation est depuis résolue, tout comme au Lycée de Milan.

    Le non-renouvellement de nombreux postes détachés est un sujet récurrent dans le réseau des Lycées Français à travers le monde. Parmi les autres questions, celle entre autre des coûts de scolarisation qui sont en forte hausse dans plusieurs Lycées en Afrique du nord par exemple. La gestion, et le mode de gestion, des Lycées est également un sujet de débat.

    Ce dernier point peut prendre plusieurs formes. Au sein du réseau de l’AEFE par exemple, il y a des établissements en gestion directe, d’autres qui font l’objet d’une convention et enfin une troisième catégorie qui entretient des relations dans le cadre d’un partenariat. Le Lycée Français de Hong Kong vient récemment de choisir cette option, au détriment de la convention qui était proposée par l’AEFE, signalant ainsi un plus grand éloignement du réseau Français.

    La réforme du bac au cœur des revendications

    Le SNES, dans son communiqué, a mis en avant 3 points en particuliers :

    • une revalorisation des rémunérations ;
    • le retrait des réformes des lycées et du baccalauréat ;
    • le retrait des projets de loi « école de la confiance » et « Fonction publique »

    Si, comme nous l’avons indiqué, les Lycées Français de l’étranger ont également des revendications spécifiques comme le renouvellement des détachements et plus de moyens, ces trois aspects sont cependant également l’objet de débats dans le réseau international.

    La réforme du bac, qui ambitionne de transformer cet examen mythique d’ici 2021, est par exemple un sujet permanent de débat. Elle vise à un tronc commun plus large et la fin des sections S, ES, et L, ainsi qu’un contrôle continu beaucoup plus important dans le résultat final et la mise en place d’un grand oral.

    Une petite révolution qui, nous le voyons avec cet appel à la grève, ne satisfait pas tout le monde. Il n’est pas certain que les propos, qui se veulent rassurants, du ministre quant au déroulé des épreuves du brevet et du baccalauréat.

  • Quel avenir pour l’Afrique ?

    Quel avenir pour l’Afrique ?

    L’Afrique devrait devenir, d’ici la fin du siècle, le continent le plus peuplé avec plus de 4,5 milliards d’habitants contre 1,3 milliard en 2018. En 2050, la population africaine représentera plus du quart de la population mondiale; en 2100, ce sera 40 %.

    Ainsi, en un siècle, l’Afrique quadruplera son poids démographique quand le reste de la population mondiale ne connaîtra qu’une croissance de 50%. Les pays africains seront les derniers à enregistrer une forte augmentation du nombre de leurs habitants. En effet, d’ici 2100, la Chine devrait enregistrer un recul démographique de 26 %. L’Inde ne devrait s’accroître que de 15 %. Au sein des pays occidentaux, seuls les États-Unis et le Royaume-Uni devraient connaître une croissance substantielle de leur population (respectivement +38 % et 23 %). Celle de l’Allemagne devrait être en baisse de 14 % tout comme celle de la Russie. Pour le Japon, la contraction serait de 33 %. La population française pourrait, en revanche, augmenter d’ici 2100 de 11 %. L’Europe devrait voir baisser sa population de 4 %.

    Sans l’Afrique, la population mondiale serait amenée à stagner de maintenant jusqu’à la fin du siècle.

    Du sous-peuplement à une croissance démographique exponentielle

    L’Afrique a été longtemps un continent sous-peuplé. Sa population a stagné au cours du XIXe siècle, autour de 110 millions quand celle de l’Europe est passé de 195 à plus de 420 millions. La stagnation de la population africaine s’explique en partie par la traite des noirs qui a concerné 10 millions de personnes. En privant le continent de nombreux jeunes dans la force de l’âge, la traite a joué un rôle non négligeable dans l’évolution démographique de l’Afrique durant plusieurs décennies.

    Dans les prochaines décennies, de nouvelles puissances démographiques apparaîtront. Le Nigéria devrait ainsi compter en 2100 près de 800 millions d’habitants, La République Démocratique du Congo, près de 400 millions. De son côté, la population de la Tanzanie s’élèverait à 300 millions, celle de l’Ouganda à 215 millions et celle du Niger à 190 millions. Cette progression exponentielle de la population ne doit pas masquer le fait que jusqu’à maintenant le continent africain était sous-peuplé. La densité est faible, 41,2 habitants par kilomètre carré soit moins que la moyenne mondiale (57,4). Elle est très nettement inférieure à la densité chinoise (147) ou celle de l’Inde (445). En 2100, la densité de l’Afrique ne sera que de 152.

    Pour certains économistes, la faible densité de population, ajoutée aux problèmes de transports en raison de la difficulté de traverser le Sahara, expliquent le retard de développement de l’ensemble du continent. Par ailleurs, l’éloignement à la mer et des routes marchandes ancestrales sont des facteurs à prendre en compte.

    La croissance démographique africaine repose sur la vitalité de la fécondité dont le taux est de 4,7 enfants par femme (1,8 en France). Ce taux a commencé à baisser mais reste au-dessus de la moyenne mondiale (2,5). En 1960, il était de 6,7. La lente décrue de la fécondité serait liée à une acceptation plus difficile qu’en Asie et en Occident des moyens contraceptifs. Le poids des religions, la faiblesse du niveau d’éducation, l’insuffisance du maillage médical, les rivalités nationales ou infranationales expliqueraient cette spécificité africaine. L’augmentation de la population est également imputable, comme cela avait été le cas en Europe dès la fin du XVIIIe siècle, au recul de la mortalité infantile. L’espérance de vie a augmenté passant de 42 à 62 ans en vingt ans.

    Le défi de l’urbanisation

    L’Afrique est le continent le moins urbanisé. 41 % de la population vit dans les villes quand le taux moyen à l’échelle mondiale est de plus de 50 % et qu’il est supérieur à 75 % au sein des pays avancés. En 1960, l’Afrique comptait 3 villes de plus d’un million d’habitants. Ce nombre est passé à 54 en 2015 et pourrait atteindre 100 en 2030. Lagos au Nigéria devrait voir sa population passer de 17 à 24 millions de 2018 à 2030. Abidjan, en Côte d’Ivoire devrait atteindre près de 8 millions d’habitants contre 5 millions actuellement. Cette urbanisation galopante se caractérise par le développement des bidonvilles. Ces derniers concentrent 75 % de la population urbaine en Ethiopie. La création de ces métropoles entraîne des migrations très importantes et déstabilisantes pour les États concernés. Elle génère d’importantes pollutions, eau, air, déchets. Les villes sont responsables de 70 % des émissions de CO2.

    L’inconnue de la croissance

    La forte augmentation de la population africaine exige un taux de croissance important pour simplement maintenir le niveau de vie des habitants. La population active africaine devrait augmenter de 1,2 milliard de personnes d’ici 2050 quand elle diminuera de 57 millions en Europe. Pour limiter les migrations, il faudra que l’économie africaine créée plus de 40 millions d’emplois par an. Plus de 41 % de la population subsaharienne vit avec moins de 1,9 dollars par jour, ce qui caractérise l’extrême pauvreté. En 2030, 9 personnes sur 10 en situation d’extrême pauvreté résideront en Afrique. Actuellement, 55 % des pauvres du monde (moins de 5 dollars par jour) sont des Africains. Sur les 27 pays les plus pauvres du monde, 26 sont en Afrique. Pour enrayer cette situation, il faudrait que la croissance moyenne de l’Afrique soit dans les prochaines années de 8%. Aujourd’hui, elle se situe au mieux entre 3 et 5%. Le PIB du continent africain est de 2 251 milliards de dollars (à titre de comparaison, celui de la France est de 2 600 milliards de dollars). Le PIB par habitant est de 1 848 dollars soit inférieur de 20 % à celui des Chinois. Il est vingt fois plus faible que celui des Français (38 500 dollars en 2017). Les écarts sont très importants d’un État à un autre et au sein des États africains. Ainsi, le PIB par habitant à l’Île Maurice est de 10 500 dollars en 2017 contre 320 dollars au Burundi. Le PIB médian est de 1050 dollars pour l’ensemble du continent africain. Compte tenu de l’évolution démographique et du rythme de croissance, la capacité de l’Afrique à rattraper son retard est faible sauf à changer radicalement de modèle économique. L’espoir repose sur l’émergence d’une classe moyenne et sur l’élévation du niveau de formation.

    A la recherche de la classe moyenne africaine

    Les estimations de la classe moyenne africaine varient d’un institut à un autre. Ainsi, la Banque africaine de développement estime cette classe moyenne à 350 millions d’habitants quand la Banque mondiale retient un chiffre de 140 millions. Le Crédit Suisse considère qu’elle ne dépasserait pas 20 millions de personnes. Or, la création d’un cycle de croissance autoalimenté passe par une classe moyenne de taille suffisante. Elle doit dépasser le quart de la population pour pouvoir jouer son rôle moteur. Or, elle n’est que 14 de 20 % en Afrique du Nord, en Afrique du Sud et en République du Congo. Elle se situe autour de 15 % en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Cameroun ou au Kenya.

    Les migrations au cœur du problème africain

    70 % des migrants africains restent en Afrique, 15% se rendent en Europe et le solde sur les autres continents. Ce taux tend à baisser ces dernières années. Compte tenu de l’évolution de la démographie les pays du Sahel sont les plus concernés par les mouvements de population. D’ici la fin du siècle, une quarantaine de millions de personnes pourraient partir de cette région. Actuellement, les migrants optent pour l’Afrique du Sud et l’Afrique du Nord ainsi que dans certains Etats à forte croissance au risque de générer des troubles. Les luttes ethniques sont bien souvent des conflits sociaux ou des conflits de la misère. L’arrivée de migrants en provenance d’une même région crée des réactions pouvant être violentes. Contrairement à quelques idées reçues, les migrants n’appartiennent pas aux catégories les plus pauvres, ni les moins bien formées. Pour partir de son pays, il est nécessaire d’avoir quelques moyens et de disposer de quelques compétences ainsi que de la volonté suffisante pour franchir bien des obstacles. L’augmentation des ressources des ménages en Afrique devrait donc déboucher sur celle des migrations. Selon le géographe américain, Wilbur Zelinsky, il existe une relation en « U » inversée entre migration et développement. Dans les faits, l’Afrique subsaharienne émigre peu en raison de la grande pauvreté qui y sévit. Si la situation économique et sociale s’améliore, il faut s’attendre à une augmentation des flux. Pour l’économiste Thu Hien Dao, l’émigration progresse au sein d’une population quand le revenu annuel par habitant dépasse 6000 dollars. Actuellement, en Afrique subsaharienne, il ne s’élève qu’à 1500 dollars.

    Quel avenir pour l’Afrique ?

    La capacité de gérer les flux de population sera un enjeu majeur des trente prochaines années tant pour les pays africains que pour ceux d’Europe. L’aide au développement montre depuis des années ses limites. Au cours des cinquante dernières années, l’Afrique a reçu 1000 milliards de dollars sans que les effets escomptés soient au rendez-vous. Les aides qui représentent 15 % du PIB africain ont été détournées de leurs objectifs pour de nombreux experts comme l’économiste zambienne Dambisa Moyo. Pour d’autres, c’est la baisse de cette aide, depuis la crise de 2008, qui contribue à l’accroissement des problèmes en Afrique. Les Etats africains éprouvent les pires difficultés à réaliser les infrastructures nécessaires au développement de leur économie. Le taux de pauvreté ne baisse plus depuis quelques temps. Il est, en moyenne, de plus de 35 %. Une majorité des Etats sont handicapés par la faiblesse de leur système financier. Les ménages sont peu bancarisés. Le financement des investissements ne peut pas s’opérer de manière efficiente. Pour favoriser une auto-alimentation de la croissance, la création de zones de libre échange en Afrique est mise en avant. Ces zones favoriseraient les échanges, la concurrence. Elles permettraient de structurer les économies. L’objectif d’une moindre dépendance aux cours des matières premières est prioritaire pour amener une croissance dite plus inclusive. Cela nécessite également quelques progrès en matière de gouvernance afin de lutter contre la corruption et les inégalités.

     

  • Enfants non accompagnés: embarquement immédiat!

    Enfants non accompagnés: embarquement immédiat!

    Les vacances approchent. A cette occasion, les petits Français peuvent être amenés à voyager, parfois sans leurs parents. Des formules existent au sein des compagnies aériennes et des structures aéroportuaires.

    Ainsi, par exemple, Air France a développé le programme Kids Solo

    Des formalités à régler avant le départ

    Plusieurs étapes sont nécessaires : avant le voyage, il faut tout d’abord préciser si l’enfant mineur voyagera seul. Par ailleurs, il faut remplir les documents de voyage dédiés aux mineurs non accompagnés.

    Dans le cas d’Air France, ils sont disponibles ici

    Plusieurs informations à cet égard : les compagnies, qui sont pour la plupart membres d’alliances internationales, ont des partenariats avec leurs compagnies alliées pour le voyage des mineurs non accompagnés. Par ailleurs, selon les destinations, des formalités complémentaires peuvent être obligatoires comme des déclarations pour les services des douanes quand on se rend aux Etats Unis

    Une attention particulière dans l’avion et à l’arrivée

    Les enfants non accompagnés font l’objet d’une attention particulière durant le vol. Ils bénéficient de repas adaptés et sont encadrés par le personnel navigant. A l’arrivée aussi, un processus est mis en place. Chez Air France, ils débarquent en dernier et sont accompagnés par un membre du personnel. La personne accueillant l’enfant doit bien sûr prouver son identité au moment de l’accueil.

    Les conditions pour que les enfants non accompagnés puissent voyager sont donc strictes, mais elles n’empêchent pas les plus jeunes de voyager pendant les vacances !

  • Investissements en Europe : La France plus attractive que l’Allemagne

    Investissements en Europe : La France plus attractive que l’Allemagne

    L’attractivité de l’Hexagone, la bonne valeur du baromètre annuel EY de l’attractivité qui vient d’être publié. Notre pays dépasse l’Allemagne.

    Alors qu’en Europe, la baisse des investissements des pays hors UE chute, la France résiste et on passe, ainsi, devant les Allemands en termes d’attractivité. D’après le dernier baromètre annuel EY, on a accueilli 1 027 projets d’investissements étrangers en 2018, soit 1% de plus sur 12 mois. Toutefois, le pays devra rester vigilant et ne pas s’endormir sur ses lauriers. Quelles sont les raisons qui poussent le monde à investir en France  ? Comment expliquer ces résultats ?

    « Un double mouvement »

    Les investissements étrangers ont reculé en Europe l’an passé pour la première fois depuis 2012. La chute atteint 4 % et touche particulièrement le Royaume-Uni et l’Allemagne, les deux grands concurrents de la France.

    « Dans un contexte marqué par une baisse des investissements étrangers en Europe, la France est le seul des grands pays européens qui continue de progresser », se félicite le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, mettant en avant « le fruit des réformes engagées » depuis deux ans.

    Christophe Lecourtier, directeur général de  Business France, l’agence chargée de l’internationalisation de l’économie française , indique à nos confrère de l’Echo : « les chiffres traduisent un double mouvement.  Depuis 2017, la France a marqué des points auprès des investisseurs internationaux en réformant le Code du travail et la fiscalité. Et en même temps, le Royaume-Uni a vu son attractivité décroître avec la perspective du Brexit tandis que l’Allemagne a vu la sienne se réduire notamment en raison des difficultés de recrutement ». D’ailleurs, « depuis deux ans, les Allemands sont les premiers investisseurs industriels en France en termes de créations d’emplois, notamment dans les Hauts-de-France et le Grand Est », note Christophe Lecourtier.

    « l’image de notre pays est revenue à la normale après l’enthousiasme qui avait suivi l’élection d’Emmanuel Macron à la tête du pays. Et les perspectives d’implantations nouvelles reviennent à leur niveau d’avant 2017 »

    L’effet « Macron » est passé

    C’est l’autre point de satisfaction, la France reste le premier pays européen d’accueil des investissements étrangers dans l’industrie. Mieux, l’Hexagone pointe en première position des destinations pour les centres de recherche et développement sur le Vieux Continent avec 144 projets recensés l’an passé.

    « La France a pourtant dû faire face à deux types de chocs l’an passé. Les premiers sont externes : les atermoiements du Brexit et le ralentissement de la croissance. Le second est plus interne : il s’agit des difficultés à faire passer les réformes », remarque Marc Lhermitte, associé chez EY en charge des questions d’attractivité.

    Toutefois, « l’image de notre pays est revenue à la normale après l’enthousiasme qui avait suivi l’élection d’Emmanuel Macron à la tête du pays. Et les perspectives d’implantations nouvelles reviennent à leur niveau d’avant 2017 », remarque le consultant.

    Ainsi, si l’an passé, l’effet Macron jouait à plein – 55 % des dirigeants internationaux interrogés par EY jugeaient que l’attractivité de la France s’améliorerait dans les trois ans -, cette année, ils ne sont plus que 30 % à le penser. Et, comme les projets d’investissement mettent souvent plusieurs années avant de devenir réalité, la révolte des ronds-points, intervenue tard dans l’année 2018, pourrait avoir des répercussions en 2019. D’autant que « les incertitudes sont aujourd’hui importantes, qu’il s’agisse de la mise en place d’une taxe sur les Gafa, le visage de la prochaine Commission européenne, le ralentissement économique et notamment dans l’automobile… Tout cela pourrait avoir un impact sur les investissements étrangers en France », reconnaît Marc Lhermitte.

    Poursuite des réformes

    Pour contrer les vents mauvais, les investisseurs étrangers appellent à continuer les réformes, notamment dans la formation et l’éducation mais aussi la réduction du coût du travail et plus généralement de la fiscalité. « Nos deux grands concurrents, le Royaume-Uni et l’Allemagne, sont aujourd’hui affaiblis sur le plan économique. C’est donc maintenant qu’il faut tirer parti de nos avantages, explique Marc Lhermitte à l’AFP. Pendant dix ans, la France a perdu beaucoup de terrain sur les sièges européens et dans le digital face à Londres, où se sont implantées la plupart des success-stories américaines. Il faut que l’Hexagone capte les nouvelles licornes américaines dans les prochaines années. »