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  • Le Royaume-Uni avance ses pions dans les négociations commerciales avec l’UE

    Le Royaume-Uni avance ses pions dans les négociations commerciales avec l’UE

    Le Royaume-Uni va dévoiler sa version d’un accord commercial avec l’UE afin de faire monter les enchères auprès de Bruxelles avant le deuxième cycle de négociations post-Brexit qui aura lieu la semaine prochaine.

    Dans une déclaration écrite publiée lundi 9 mars, Michael Gove, le ministre du Bureau du Cabinet, a annoncé aux députés que les négociateurs britanniques déposeraient un certain nombre de textes juridiques, dont un projet d’accord de libre-échange avec l’UE, avant la reprise des négociations.

    Le prochain cycle de négociations aura lieu du 18 au 20 mars à Londres.

    Michael Gove, le ministre du Bureau du Cabinet britannique. [EPA-EFE/ANDY RAIN]
    Michael Gove a ajouté que le premier cycle de négociations, qui s’est tenu à Bruxelles la première semaine de mars, avait « dans certains domaines » permis d’« identifier un niveau de compréhension commune du terrain que les futures négociations pourraient couvrir ».

    « Dans d’autres domaines, tels que la pêche, la gouvernance, le règlement des différends, ainsi que sur les « conditions de concurrence équitables », il y a eu, comme prévu, d’importantes différences », a-t-il ajouté.

    Le gouvernement britannique veut conclure un nouvel accord sur la pêche, fondé sur la méthodologie scientifique qui avait été employée pour élaborer le pacte entre l’UE et la Norvège dans ce secteur.

    La pêche, tout comme l’aviation, le nucléaire civil et la coopération policière et judiciaire, fait partie des secteurs que le Royaume-Uni voudrait négocier indépendamment de l’accord de libre-échange principal avec l’UE.

    Des approches contrastées

    À Bruxelles, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a une nouvelle fois mis en garde le Royaume-Uni : si celui-ci souhaite conserver un accès facile au marché unique de l’Union, il doit adhérer aux règles de l’UE.

    « Nous sommes conscients qu’il existe des différences d’approche à propos du périmètre que le futur accord doit couvrir et des règles du jeu que tout le monde doit respecter », a déclaré Ursula von der Leyen aux journalistes à Londres.

    « Il est donc important que le Royaume-Uni se décide – plus il voudra être proche d’un accès au marché unique, plus il devra respecter les règles du jeu qui le régissent », a-t-elle ajouté.

    De leur côté, les responsables britanniques insistent sur le fait que leur gouvernement n’entend ni affaiblir « les protections existantes » ni nuire aux politiques de l’UE en matière de concurrence et de subventions. « Concernant le respect de règles du jeu équitables, nous nous engageons à discuter d’une concurrence ouverte et loyale. Nous ne diluerons aucune des protections existantes », ont-ils assuré.

    C’est le pacte commercial UE-Canada que le Royaume-Uni voudrait voir servir de modèle à son propre accord avec l’Union. Selon les représentants britanniques, le gouvernement de Boris Johnson n’acceptera, à l’avenir, ni un alignement sur les règles de l’UE, ni sur toute juridiction de la Cour de justice européenne basée à Luxembourg.

    Bataille à l’horizon

    Les premières salves, dans le cadre des négociations sur le futur partenariat, ont révélé un sentiment belliqueux encore plus net que celui qui avait marqué le processus d’application de l’article 50, deux fois prolongé, sur l’accord de retrait.

    Le Premier ministre Boris Johnson a déclaré à plusieurs reprises que si le Royaume-Uni n’obtenait pas un accord similaire à celui conclu entre l’UE et le Canada, les échanges commerciaux entre l’Union et le Royaume-Uni seraient régis selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce.

    Au début du mois de mars, Michael Gove a prévenu que le Royaume-Uni était prêt à se retirer des négociations en juin si Londres estimait que les progrès réalisés en vue de finaliser un pacte commercial d’ici à l’automne étaient insuffisants.

    Les responsables britanniques ont cependant relativisé l’importance de l’échéance de juin, date à laquelle un sommet doit avoir lieu à Bruxelles. Ils ajoutent qu’il est peu probable que Londres établisse un ensemble de critères spécifiques pour juger de l’avancée des discussions. Mais l’exécutif souhaiterait que d’ici là, l’UE soit prête à faire des compromis sur les équivalences concernant le lucratif secteur des services financiers du Royaume-Uni.

  • Le coronavirus immunise Poutine.

    Le coronavirus immunise Poutine.

    Le virus chinois ne passera pas. Poutine est là. Et pour longtemps.

    Pendant que l’épidémie gagne, l’Assemblée russe a voté une proposition d’amendement à la Constitution qui remet les compteurs à zéro pour l’exercice de la Présidence de la Russie. On se demandait comment Poutine allait respecter son engagement de ne pas se représenter. La réponse est simple : en ne le respectant pas. Il avait bien annoncé une révision de la Constitution, en précisant que le mandat présidentiel ne serait désormais exercé que deux fois, que ce soit en continue ou non. L’engagement était si clair et si précis que l’on s’interrogeait sur la façon dont Poutine allait s’y prendre pour rester au pouvoir, personne ne songeant qu’il se retirerait en Angleterre pour diriger un club de football fortune faite.

    La crise du Coronavirus a montré, selon les plus fins observateurs politiques moscovites, que la Russie avait besoin de stabilité. Aussi les députés ont-ils proposé que, si la Constitution devait être révisée pour ne permettre que deux mandats, ce qui était une excellente idée puisqu’elle venait de Poutine lui-même, ce serait pour l’avenir. Les mandats précédents n’entreront plus en ligne de compte. Remarque d’autant plus judicieuse que la Constitution actuelle interdit déjà plus de deux mandats successifs.

    Heureusement que les députés ont pensé à remettre « les compteurs à zéro » !

    On commençait à s’inquiéter. En pleine crise coronavirusienne, Poutine, cédant à la pression, a annoncé qu’il resterait encore un peu, de quoi rassurer les angoissés.

    Non que ce soit vraiment le Coronavirus qui inquiète. La frontière avec la Chine est fermée. Aucun cas sérieux n’est signalé jusqu’à présent. Il faut dire que le premier qui tousse a compris qu’il devait rester discret : Poutine ayant fait savoir que quoiqu’il arrive, il fallait minimiser les chiffres.

    Plusieurs précautions valant mieux qu’une, les personnes arrivant de plusieurs pays comme la France, l’Iran, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne ou la Corée, sont mis en quarantaine pour quatorze jours. A Moscou, le Maire a annoncé des amendes pour ceux qui ne respecteraient pas ces obligations (950 €).  Une première amende a été édictée, pour un suspect revenant d’Italie, qui sortait ses poubelles. Un inconscient. Les caméras de vidéosurveillance avec reconnaissance faciale (170.000) l’ont dénoncé.  Si la violation des règles sanitaires devait entrainer la mort d’une personne, une peine d’emprisonnement de cinq ans pourrait être prononcée. Cela reste encore très théorique puisqu’on ne sait que difficilement qui contamine qui. Mais à bon entendeur salut.

    Pour l’instant, la Russie a expulsé 88 étrangers. Seuls 20 cas sont officiellement recensés. Beaucoup s’interrogent sur la réalité des chiffres, d’autant que le Forum économique de Saint-Pétersbourg, prévu seulement en juin, a déjà été annulé. Poutine dénonce les manipulations de fausses informations venant de l’étranger qui cherchent à « répandre la panique dans la population ». La sainte Russie est saine.

    En attendant, rien ne rassurera mieux les Moscovites que de savoir que Poutine restera en place encore au moins dix ans, de quoi affronter plusieurs mutations du virus.

    Le moment pour le Président russe est opportun. Le virus inquiète moins Poutine que le pétrole. Le prix du baril descend, les finances russes dévissent, l’économie menace de plonger. Qui plus est, les aventures extérieures se passent assez mal. La Syrie ne rapporte rien sinon des ennuis avec la Turquie, l’Algérie est toujours malade et ne risque pas d’aller mieux, l’Iran est touché, la Chine est fermée. Même l’Ukraine se met à vouloir résister. Ce n’était donc pas le moment de laisser libre cours aux spéculations, aux rumeurs et au doute : les virus passent, Poutine reste.

  • Elections Consulaires 2020 : Frédéric Petit répond, malgré sa quarantaine volontaire, pour la majorité présidentielle à nos questions

    Elections Consulaires 2020 : Frédéric Petit répond, malgré sa quarantaine volontaire, pour la majorité présidentielle à nos questions

    A 9 semaines des élections consulaires, la rédaction du site Lesfrancais.press finalise sa série de rencontres avec les élus représentant les Français de l’Etranger. Députés, Sénateurs, mais aussi ceux que vous, électeurs inscrits sur la liste électorale consulaire, allez renouveler le 17 Mai : les conseillers des Français de l’étranger .

    En charge localement d’animer et de gérer la vie commune des expatriés français, ils vont aussi élire parmi eux les Conseillers de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). Informant et conseillant le gouvernement, ils sont vos relais à Paris.

    Après le format avec le président du Groupe d’Union de la Gauche à l’AFE, Mehdi Benlahcen, suivi d’Alexandre Château Ducos, Conseiller élu à l’AFE et Co-secrétaire EELV  (Europe Ecologie Les Verts) de la région Hors de France, nous avons reçu ce dimanche 01 Mars 2020 Meyer Habib – Député des Français de l’Etranger suivi de Florence Poznanski , conseillère des Français du Brésil, pour la France Insoumise. Aujourd’hui nous vous proposons de découvrir l’analyse des actions menées depuis 2017 par Frédéric Petit, député de la circonscription d’Europe Centrale (Modem/Majorité présidentielle). Nous conclurons cette série avec la sénatrice Les Républicains Joelle Garriaud-Maylam dans les tous prochains jours. 

     

    Lesfrancais.press : Après une phase d’accroissement inédite de la communauté des Français de l’étranger au cours des années 2010, le phénomène s’est tassé depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Dans certains pays, un reflux s’est même amorcé. Comment expliquez-vous cette évolution et quelles perspectives anticipez-vous pour notre communauté ?

    Frédéric Petit : Peut-être que rester en France devient de plus en plus attractif, notamment en raison de l’amélioration de la situation économique intérieure, grâce à l’action du gouvernement qui commence à porter ses fruits ?

    Je pense surtout que les itinéraires personnels de nos concitoyens sont de plus en plus marqués par la mobilité, la volonté de changer d’environnement, de créer ailleurs, et cela est valable pour toutes les générations et tous les profils : jeunes à la recherche de leur premier emploi, séniors qui veulent transmettre ou tester leurs convictions, fonctionnaires en disponibilité, engagements dans des ONG, etc. Cette population n’a pas immédiatement le réflexe de l’enregistrement stable sur les listes consulaires.

    Lesfrancais.press : Une « diaspora » qui réussit, n’est-ce pas l’effilement du lien avec la France ? Mais avec nous, FdE, qui par essence, avons peu d’attitudes communautaires, comment entretenir une « envie de France » ?

    Comme le dit avec justesse le président de la Répubique, les Français sont aussi un peuple d’innovateurs, de bâtisseurs, de gens qui osent. « Entrepreneur » est bien un mot français.

    Frédéric Petit : Au contraire, il me semble qu’une diaspora qui réussit ne peut que renforcer et faciliter le lien entre la France et le pays d’accueil. Chaque citoyen français à l’étranger est un ambassadeur de la France, un représentant de son pays.

    Je fais tout pour aider les Français à réussir, où qu’ils soient, à entreprendre, à initier des projets, qu’ils soient économiques, sociaux, culturels, éducatifs. Il y en a beaucoup, nous sommes riches d’idées et de projets, et je me réjouis que nous ayons transformé la réserve parlementaire en fonds STAFE (Soutien au Tissu Associatif des Français établis à l’Etranger). Comme le dit avec justesse le président de la Répubique, les Français sont aussi un peuple d’innovateurs, de bâtisseurs, de gens qui osent. « Entrepreneur » est bien un mot français.

    Loin de l’image caricaturale de Français dits « de l’étranger privilégiés », bénéficiant de hauts salaires, pour qui tout est facile et qui voyagent à l’étranger pour faire des affaires, j’ai toujours eu à cœur de rappeler que la majorité des électeurs français établis à l’étranger sont des hommes et des femmes qui ont fait le choix de s’établir dans un autre pays depuis de nombreuses années, comme moi, souvent pour des raisons de choix de vie personnels. Et, beaucoup ne sont pas dans des situations privilégiées, loin s’en faut…

    Ces Français ont en revanche, développé de précieuses qualité d’autonomie, de plurilinguisme, d’adaptation et d’ouverture culturelle qu’il est important de reconnaître, et qui sont particulièrement utiles à la nation et à notre réflexion collective sur l’avenir du pays. Beaucoup sont également binationaux et portent dans l’intimité de leur personne ces confrontations : ils sont bien évidemment une richesse pour notre pays.

    Notre réseau d’enseignement, unique au monde, est un autre atout majeur de la présence française à l’étranger. L’effort d’investissement de notre pays dans l’éducation à l’étranger est symbolique des valeurs que porte la France dans le monde, de l’importance que nous accordons à la culture et au développement de la personne humaine. Le soutien à l’enseignement français à l’étranger est d’ailleurs l’une des lignes directrices de mon mandat.

    Lesfrancais.press : Concernant les élections consulaires qui approchent à grand pas, êtes-vous confiant pour les listes de la majorité présidentielle dans votre circonscription ? Allez-vous participer à la campagne ? Et êtes-vous inquiet concernant un des enjeux de la campagne : la participation ?

    J’espère que la participation sera en hausse le 17 mai, et j’encourage depuis déjà plusieurs semaines mes concitoyens à se saisir de cette occasion pour s’exprimer.

    Frédéric Petit : L’enjeu principal est d’augmenter le taux de participation et je me réjouis de la possibilité de voter en ligne en mai prochain grâce au ministère de l’Europe et des affaires étrangères qui a rendu cette modalité de vote possible cette année.

    Cette question de la participation des citoyens au débat public, dans ce que j’appelle les confrontations fraternelles, est également au cœur de mon mandat. La participation aux élections, si elle augmente, sera le signe que cette citoyenneté progresse au quotidien, et que les élections démocratiques en sont le signe : contrairement à ce que pensent certains partisans de la « démocratie directe permanente », nous ne sommes pas sensés « voter de temps en temps en abandonnant notre pouvoir de citoyen entre deux élections à des privilégiés ». Bien au contraire, les élections tous les cinq ou six ans ne viennent que conforter et rythmer le rôle éminent du citoyen au quotidien.

    J’espère que la participation sera en hausse le 17 mai, et j’encourage depuis déjà plusieurs semaines mes concitoyens à se saisir de cette occasion pour s’exprimer.

    Je ne souhaite pas participer directement à la campagne, qui est principalement centrée sur des enjeux locaux. D’ailleurs, je m’entends très bien et travaille régulièrement avec les 36 conseillers de ma circonscription, quelles que soient leurs options politiques. Mais, je ne fais pas pour autant mystère de mon appartenance au Modem (nous avons des sortants et des candidats), ni de mon soutien à la majorité gouvernementale, comme je le fais depuis le début du mandat, ni plus, ni moins.

    Lesfrancais.press : Au cœur des préoccupations des Français transfrontaliers, dont notamment ceux de votre circonscription, la réforme de la fiscalité ! En effet, certains transfrontaliers seront particulièrement impactés par la réforme ? Le moratoire est-il la solution et pouvez-vous nous expliquer la méthodologie adoptée pour le rapport d’étude ?

    Frédéric Petit : Un moratoire n’est jamais une solution, c’est un moyen de construire.

    Je travaille en ce moment sur une quarantaine de cas concrets qui constituaient un angle mort de la réforme, effectivement surtout dans des situations de « transfrontaliers au quotidien ». Nous proposerons au gouvernement des pistes pour adapter la réforme ; les principes en sont bons, qui tendent à rendre comparables les règles de la fiscalité des revenus français (seuls concernés, on l’oublie trop souvent), que l’on soit d’un côté ou l’autre de la frontière. Cette réforme encourage également la transparence, et je crois que c’est un atout pour éviter les amalgames sur les Français à l’étranger que certains qualifient à tort d’‘éviteurs’ d’impôt…

    Lesfrancais.press : Parlons de votre circonscription. Elle est relativement large, mais surtout elle est très diverse avec de nombreux pays avec des problématiques totalement différentes. Comment aborder vous votre rôle de député, quelle est votre façon de rencontrer les Français de la circonscription et d’entendre leurs revendications ?

    Frédéric Petit : Ma circonscription comporte 16 pays européens, ce qui est une taille moyenne pour les circonscriptions de l’étranger. Je l’appelle parfois la circonscription du « cœur de l’Europe ». Elle comporte des pays germaniques (Allemagne, Autriche), des pays d’Europe centrale (Pologne, Roumanie, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie) et des pays des Balkans (Bulgarie, Serbie, Croatie, Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Albanie, Macédoine du Nord, Kosovo, Monténégro).

    Contrairement à une idée reçue, il y a une grande unité autour de la construction de l’Union européenne, entre le couple fondateur, les entrants de 2004, et les futurs adhérents…

    Je me déplace souvent et circule dans tous les pays de ma circonscription, ce qui demande une bonne organisation, mais j’ai la chance de ne jamais me retrouver à plus d’une ou deux heures de vol de Paris (lorsque je ne prends pas le train depuis l’Allemagne), ce qui est tout à fait raisonnable.

    Je m’efforce de rencontrer mes concitoyens aussi souvent que possible, sans pour autant délaisser le travail parlementaire. Mon agenda est d’ailleurs accessible en ligne. Outre les réunions publiques habituelles, j’organise chaque année depuis le début de mon mandat, un cycle d’ateliers de réflexion citoyenne. Je prévois à chaque fois, une dizaine de dates dans une demi-douzaine de pays et les différentes régions d’Allemagne. En 2017-2018, nos séminaires citoyens étaient consacrés au budget de l’Etat, en 2018-2019, à l’Europe (en partenariat avec des responsables politiques locaux), et en 2019-2020, nous avons choisi le thème de la transition écologique et associer les jeunes générations, particulièrement engagées sur le sujet du climat. De plus, nous avons mené l’an dernier 16 rencontres du Grand débat national dans douze pays (les comptes-rendus sont disponibles sur mon site Internet).

    J’utilise bien entendu les moyens modernes de communication à distance : tout citoyen peut m’écrire par email et suivre mon action sur les réseaux sociaux, sur mon site Internet ou en s’abonnant à ma lettre d’information. Tous les emails sont traités et pris en compte pour une réponse sur le fond (par exemple sur un sujet de réforme en cours ou de loi en discussion à l’Assemblée nationale) ou un renvoi aux autorités compétentes (notamment pour des questions qui dépendent des consulats).

    Je suis également très engagé dans le travail interparlementaire.

    En tant que membre de la commission des affaires étrangères, de l’assemblée parlementaire de l’OSCE et de nombreux groupes d’amitié parlementaires, je considère que j’ai également un rôle institutionnel à jouer dans la diplomatie parlementaire et la facilitation des échanges entre les différents pays de ma circonscription. En novembre 2019, j’ai par exemple célébré les 30 ans de la chute du rideau de fer en invitant à l’Assemblée nationale des parlementaires de l’ensemble des pays de ma circonscription, pour échanger sur ce qui nous rapproche, au-delà de nos différences politiques.

    Compte tenu de ma position au cœur de l’Europe, je suis sans doute plus sensible que la plupart de mes collègues à l’importance du projet européen pour notre avenir à tous. J’ai une conscience aigue du rôle fondamental que doit jouer le couple franco-allemand et de la coopération transfrontalière, des opportunités sous-utilisées du triangle de Weimar et de notre relation avec la Pologne, du dynamisme de la francophonie roumaine, de l’intérêt du groupe de Visegrad et de l’importance du renforcement de la présence française et européenne dans les Balkans.

     

    Lesfrancais.press : Une des problématiques des Français de l’étranger qui se retrouve partout est celle de l’éducation. Le Président est en la matière très ambitieux avec une volonté de doubler le réseau des lycées français. Certains, notamment parmi les syndicats, sont extrêmement sceptiques et voient en ceci une volonté de privatiser une partie importante du réseau. Etes-vous d’accord avec cette analyse ? Quelle est votre vision de l’avenir du réseau ? Quel rôle pourraient jouer les élus consulaires ?

    Frédéric Petit :

    C’est un beau projet et je crois que notre réseau d’enseignement français à l’étranger sera à la hauteur de cette ambition.

    Nous pouvons être fier de la « puissance éducative » de notre pays. Quel autre Etat au monde investit un demi-milliard d’euros chaque année pour soutenir et développer un réseau de plus de 500 établissements qui accueillent 360 000 élèves dans 137 pays ? Et je ne parle pas de la relance du Partenariat mondial de l’éducation en 2018…

    Là encore, le soutien de la communauté française, des parents-financeurs, des parents-décideurs, des citoyens engagés, est un levier déterminant. Ceux-ci jouent un rôle décisif dans la direction des établissements conventionnés et partenaires. J’aime à dire que ce sont des « héros » de la République.

    Au sein du réseau de l’AEFE, nous avons une grande majorité d’établissements conventionnés et partenaires, gérés par les parents d’élèves, et une minorité d’établissements gérés directement par l’Etat. Je pense que c’est un modèle mixte qui a fait ses preuves et qu’il est important de valoriser.

    En tant que rapporteur sur l’AEFE et sur le budget du programme budgétaire de la diplomatie culturelle et d’influence, je sais qu’il y a des débats. Je ne les fuis pas. Au contraire, je rencontre systématiquement, lors de mes visites à l’étranger, les lycées français, la direction, les parents d’élèves et le conseil d’administration, mais aussi les syndicats et représentants du personnel. Je crois à l’importance du dialogue et au respect mutuel dans nos désaccords. Je rejoins pleinement les syndicats des enseignants français à l’étranger pour défendre l’AEFE, son budget, son modèle de fonctionnement et ses valeurs. Je m’éloigne de leurs positions lorsqu’ils répandent parfois des rumeurs infondées et des contre-vérités dans des buts électoraux, ce qui a pu se produire lors de certaines élections internes aux établissements. Il est faux de dire que nous voulons « privatiser » l’enseignement français à l’étranger, qui est déjà largement géré par des acteurs privés et citoyens, en partenariat avec l’AEFE. Cela n’aurait d’ailleurs aucun sens, et je ne suis pas partisan du modèle anglo-saxon, dans lequel les frais d’écolages sont bien plus élevés. Oui, nous voulons agir main dans la main avec l’AEFE pour trouver des solutions lorsque des problèmes se posent et continuer à développer le réseau. Non, l’objectif de doublement n’est pas irréaliste. Oui, enfin, je suis convaincu qu’il est important d’essayer de négocier avec les autorités locales et de respecter les lois du pays d’accueil, pour créer des partenariats gagnants-gagnants avec une double reconnaissance de la formation par la France et par le pays d’accueil.

    Les élus consulaires sont déjà membres des conseils d’administration des lycées conventionnés à titre consultatif et c’est une excellente chose. Ils jouent un rôle important dans l’attribution des bourses. Ils savent aussi mobiliser leur expérience et leur réseau pour promouvoir de nouveaux projets éducatifs francophones en dehors des grandes capitales et des structures déjà existantes. Ils devront être associés de façon systématique aux « Plans Ecole » que chaque poste diplomatique est appelé à construire dans chaque pays. C’est un exemple de la vocation citoyenne de leur rôle d’élus à l’étranger.

  • Coronavirus: les Français d’Italie témoignent !

    Coronavirus: les Français d’Italie témoignent !

    L’Italie est désormais en zone rouge suite à l’épidémie du coronavirus. Toute la péninsule et ses 60 millions d’habitants sont en état d’alerte maximale.

    Les rassemblements sont interdits, les déplacements sont strictement limités. Les musées, les églises, les théâtres, les cinémas sont fermés. La Place St Marc est vide, les cafés doivent fermer à 18 heures, ils sont de toute façon largement vides, tout comme les hôtels, les restaurants, les magasins. Seuls les supermarchés sont pris d’assaut par des habitants inquiets qui constituent des stocks.

    La Lombardie fut la première zone touchée

    « Io resto a casa », je reste à la maison, c’est le mot d’ordre donné par le Premier Ministre italien Giuseppe Conte. Dans la péninsule, l’épidémie a tout d’abord touché le nord du pays et notamment la très riche Lombardie et sa capitale Milan, paralysant ce poumon économique.

    « Io resto a casa » – Je reste à la maison. L’appel du Premier Ministre italien

    Télétravail et certificats pour faire ses courses

    Patricia, retraitée française dans un petit village sans supermarché bénéficie d’une auto-certification pour pouvoir se rendre dans la ville voisine afin de s’approvisionner. Le gouvernement a confirmé que les supermarchés et épiceries resteront ouverts et seront approvisionnés.

    Franck, qui est franco-italien et qui était en déplacement en France hésite à rentrer dans la capitale italienne. Son vol au départ de Roissy est maintenu mais il nous l’a confié : « nous sommes de toute façon en télétravail de fait, le faire depuis Paris ou Rome ne change rien ».

    Les écoles et universités fermées

    Autre conséquence, toutes les écoles et universités du pays sont fermées et les concours sont suspendus. Cela sera d’application jusqu’au 3 avril et est évidemment d’application dans les lycées français de Naples, Rome , Milan .

    « Notre quotidien est bouleversé par les mesures de précaution qui sont imposées par les autorités italiennes. Face à une crise de cette ampleur, les Français sont solidaires des décisions et respectent ces consignes » nous indiquait Alexandre Bezardin élu consulaire des Français d’Italie du nord et suppléant du député Meyer Habib.

    « Face à une crise de cette ampleur, les Français sont solidaires des décisions et respectent ces consignes  » Alexandre Bezardin

    les déplacements en France.

    Nadine, Française installée avec son mari italien dans le nord de l’Italie, nous indique certes remercier Air France pour lui avoir permis de demander l’annulation et le remboursement de son vol Venise-Paris-Venise sans conditions mais fait aussi preuve d’une certaine inquiétude concernant … l’Hexagone.

    Opinion partagée par de nombreux Français installés en Italie : « si la France n’adopte pas des mesures énergiques, ce que nous subissons en Italie s’’y passera aussi » préviennent-ils. Céline, résidente elle aussi en Italie, n’hésite pas à nous en parler comme d’une « catastrophe annoncée ».

    Le consulat en fait-il assez?

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    Charlène Lardy Vella

    Charlène Lardy Vella, entrepreneuse et blogueuse globe-trotteuse et qui réside à Parme nous décrit son quotidien depuis les mesures de confinement : « Au départ, mon mari continuait à travailler au bureau et demandait des permeso ou du télétravail pour que je puisse également gérer mon entreprise (en effet j’ai une activité en ligne). Nous nous relayions comme nous pouvions avec les 2 enfants à la maison (5 ans et 2 ans et demi…) Il est passé en télétravail obligatoire il y a 1 semaine mais cela n’enlève en rien la problématique des enfants ».

    « Nous nous attendons donc à des ruptures de stock » – Charlène, blogueuse française à Parme

    L’achat de nourriture est également complexe : « jusque là nous n’avions pas de problème vu que tout était ouvert normalement. À présent, il faut présenter une autocertification justifiant que l’on fait bien ses courses, si la police nous arrête et tout va fermer tous les week-ends. Nous avons essayé de nous faire livrer mais les prochains créneaux disponibles sont dans 20 jours ! Nous nous attendons donc à des ruptures de stock ».

    Si elle salue globalement le souci d’information des autorités italiennes, Mme Lardy Vella est en revanche beaucoup plus critique vis-à-vis des services français : « le site de l’ambassade a toujours au moins deux jours de retard et le consulat est quasi muet […] On ne sait pas quelles sont les consignes, s’il vaut mieux pour nous rentrer et nous mettre en quarantaine ».

    Dans ce contexte exceptionnel qui évolue d’heures en heures, nul doute que tous les yeux seront braqués sur les autorités et leurs mesures. Affaire loin d’être finie.

  • L’Europe retient sa respiration

    L’Europe retient sa respiration

    Avec 500 millions d’habitants à fort pouvoir d’achat, l’Europe est le premier centre commercial mondial. Un ralentissement de la consommation du fait de la mise en œuvre de mesures de santé publique aurait des conséquences en chaîne importantes

    . Avec les régions industrielles de l’Italie touchées ainsi que la France et l’Allemagne, le risque de récession est élevé notamment dans certains États qui n’en étaient pas loin avant même l’épidémie. L’effet économique et financier est d’autant plus fort que les pays avaient à peine effacé les stigmates de la précédente crise et certains d’entre eux n’ont pas encore renoué avec le plein emploi.

    Le niveau de vie de la population a faiblement progressé dans de nombreux pays occidentaux lors de ces dix dernières années, ce qui contribuait à la montée des tensions sociales. Les déficits et des dettes publiques ont atteint des niveaux sans précédent en période de paix. Leur décrue demeure très limitée et cantonnée à certains pays.

    Dix ans après la crise financière, les politiques monétaires demeurent toujours très accommodantes. Le simple ralentissement de la croissance constatée en 2019 a conduit à l’abandon du programme de hausses des taux par la Banque centrale américaine et la Banque centrale européenne. Ce soutien monétaire permanent réduit les marges de manœuvre pour faire face à la crise virale actuelle.

    Les scénarios possibles

    Les scénarii économiques dépendent de l’ampleur et la durée de l’épidémie. Si dans un premier temps, elle a pu sembler être cantonnée à l’hémisphère nord, sa propagation en Australie et en Nouvelle Zélande tend à indiquer qu’elle pourrait être rapidement mondiale. L’espoir qu’elle cesse avec l’arrivée du printemps est incertain du fait justement de l’existence de foyers dans des pays chauds. Une autre clef importante pour apprécier les effets économiques est la capacité des systèmes de santé à gérer sur un temps court un grand nombre de malades.

    Dans de nombreux pays, en raison du vieillissement de la population et de l’absence de marges financières, les systèmes de santé étaient, avant même l’épidémie, sous tension. Dans des pays pauvres, l’expansion du COVID-19 pourrait avoir de lourdes conséquences en raison de la faiblesse de la couverture médicale. La désorganisation est un facteur de défiance important pouvant altérer le comportement des agents économiques.

    Le défi est d’une rare complexité. Les pouvoirs publics doivent informer, rassurer, prendre des mesures de santé publique, assurer le bon fonctionnement des services de santé et plus globalement de l’économie. L’OCDE estime que la croissance pourrait être amputée à l’échelle mondiale de 0,6 point à 1,5 point en 2020 avec un retour à la normale prévue fin 2021. L’organisation internationale ne voit pas de récessions à l’échelle mondiale. Pour le moment, le principe retenu dans les prévisions est une chute de la croissance forte au premier trimestre avec une stabilisation au deuxième avant une reprise possible au cours du second semestre. Ce scénario en « U » est retenu par de nombreux experts qui ont, en revanche, abandonné celui en « V » reposant sur l’idée d’une reprise rapide. La diffusion du virus aboutit à déstabiliser l’ensemble des pôles de croissance.

    Le scénario en « L » n’est pas, pour le moment, évoqué. Il supposerait une incapacité à juguler la crise sanitaire d’ici le mois de juin avec une très forte désorganisation de l’offre et des circuits d’échange. Le scénario du « pire » supposerait une aggravation sensible du bilan sanitaire provoqué par exemple par une ou des mutations dangereuses du virus. Ce scénario est jugé, en l’état, peu probable d’autant que la mobilisation des équipes de recherche devrait permettre de développer des antiviraux voire un vaccin dans un délai de 9 à 18 mois.

    L’OCDE, tout en pointant du doigt les dangers de la situation actuelle, est moins pessimiste que d’autres sources. L’hebdomadaire « The Economist» estime que la crise peut être de nature centennale. Le nombre de morts pourrait atteindre 70 millions dans un scénario « dur » et 14 millions dans un scénario moyen. Le manque à gagner pour le PIB mondial serait de 0,5 à 4 points de PIB.

    Avant même la survenue de la crise, des appels à la relance se faisaient entendre au niveau mondial. Le FMI avait même appelé les États à profiter des taux bas pour accroître leur effort d’investissement. Avec la diffusion des virus, le soutien à l’activité devient une priorité pour un grand nombre d’État. La priorité est d’essayer de maintenir, autant que possible, les capacités de production et en fonction les services.

    Les préconisations de l’OCDE

    L’OCDE demande aux États de tout mettre en œuvre afin d’assurer le bon fonctionnement des services de santé en prévoyant des mesures de précaution extrême. L’organisation souhaite que les États coordonnent leurs actions pour la production des tests et pour la recherche de médicaments.

    Au niveau des entreprises, l’OCDE préconise le développement du chômage partiel en retenant le système d’indemnisation allemand reposant sur des aides publiques. Elle souhaite que des baisses de cotisations sociales soient mises en œuvre. Pour les travailleurs indépendants, des transferts directs d’argent pourraient être prévus. Pour soutenir les entreprises et empêcher des faillites liées aux mesures de confinement, le report du paiement des charges fixes, comme les impôts, est imaginable. Le paiement de la TVA pourrait être suspendu pour les entreprises affectées par les mesures de confinement. Comme au Japon, des prêts d’urgence ou des garanties de dettes pour les entreprises du tourisme peuvent être entrepris. Les États pourraient demander aux banques d’étaler le paiement des intérêts et le remboursement du capital de leurs clients pour éviter des faillites en chaîne.

    Pour l’OCDE, les banquiers centraux doivent veiller à assurer la liquidité du système bancaire en réduisant les réserves obligatoires. L’objectif est d’éviter tout blocage de la sphère financière. L’organisation a indiqué que compte tenu de l’ampleur de la crise, la détérioration des comptes publics était acceptable et même souhaitable.

    Les premières réactions

    Les ministres des finances du G7 ont déclaré « être prêts à prendre les mesures nécessaires, y compris budgétaires » La Réserve fédérale américaine a annoncé, mardi 3 mars, une baisse de ses taux d’intérêt de 0,5 point les amenant à 1/1,25 %. Cette mesure d’urgence constitue une réponse pour contrer le caractère récessif pour l’économie de la diffusion du coronavirus. Cette décision intervient entre deux réunions de politique, ce qui n’était pas arrivé depuis la crise de 2008/2009. Jerome Powell, son Président, a indiqué que la FED agirait de manière appropriée et se tenait prête à utiliser tous les outils à sa disposition. Il a souligné que les responsables des grandes banques centrales se coordonnaient pour faire face à la crise et que d’autres mesures d’assouplissement pourraient être prochainement annoncées.

    La BCE dispose de moins de marges de manœuvre que la FED pour ajuster ses taux. Elle pourrait néanmoins accroître sa politique de rachats. La Commission européenne a indiqué qu’elle était prête à prendre ses responsabilités pour contribuer à limiter l’impact de la crise. La Banque Centrale d’Australie a également baissé ses taux et la banque centrale du Japon a augmenté ses achats sur les marchés. Le Ministre de l’Économie a indiqué qu’en l’état actuel la croissance pourrait être amputée de 0,1 point en 2020 et que le Gouvernement était prêt à prendre des mesures afin de soutenir les entreprises. Cette crise sanitaire permettra de mesurer la résilience des nations et des économies. Après l’effet de panique, les autorités, les entreprises, la population devraient s’organiser.

  • La Commission tente d’assurer la survie des entreprises face au coronavirus

    La Commission tente d’assurer la survie des entreprises face au coronavirus

    L’exécutif européen prend des mesures drastiques pour s’assurer que les grosses entreprises et les PME résistent à l’impact économique du coronavirus, déclare Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur.

    La progression du coronavirus en Europe force les autorités publiques à prendre des mesures draconiennes, comme le confinement total en Italie ou la fermeture des écoles en Espagne.

    Alors que les marchés de l’UE et du reste du monde s’effondrent, les leaders européens doivent tenir une téléconférence ce 10 mars sur les actions à prendre pour combattre le virus.

    « Nous devons coopérer afin de protéger la santé de nos citoyens », affirme le président du Conseil européen, Charles Michel, sur Twitter.

    Thierry Breton a indiqué à la presse lundi 9 mars que la Commission prenait le coronavirus « très au sérieux », au vu de ses conséquences sur la santé publique, mais aussi sur l’économie européenne.

    Rien que dans l’industrie touristique, l’une des plus touchées par l’épidémie, la perte économique s’élève à environ un milliard d’euros par mois, précise le commissaire européen.

    À l’heure où l’Europe entre en période de crise, il assure que l’exécutif européen fera tout pour « ne perdre personne dans cette situation », en référence aux grosses entreprises et aux PME.

    À ce titre, il énumère une série d’actions à mener pour minimiser l’impact économique de la baisse de la demande, comme la mise à disposition de liquidités suffisantes pour les PME ou l’application plus souple de règles relatives aux aides d’État.

    Ce mercredi 11 mars, la Banque centrale européenne (BCE) discutera des moyens d’assumer les conséquences économiques du coronavirus. Les marchés s’attendent à ce que la BCE ouvre de nouvelles lignes de crédit pour soutenir l’économie réelle, en particulier les PME.

    Thierry Breton ne s’est cependant pas encore prononcé à ce jour sur les mesures que prendrait l’exécutif européen, ou sur la modification des règles de l’UE pour faciliter les interventions publiques.

    « Il est trop tôt pour que je m’exprime à ce sujet », communique-t-il, mais il ajoute que la Commission est « fortement mobilisée » et bien coordonnée pour intervenir.

    « Nous ne pouvons réagir sans comprendre parfaitement les chiffres », explique le commissaire européen, laissant sous-entendre que l’exécutif attendrait le mois d’avril, date de publication des résultats au premier trimestre des entreprises, pour agir.

    Pour affronter cette période difficile, Thierry Breton appelle à la solidarité, non seulement entre États membres, mais aussi entre sociétés — surtout lorsqu’elles dépendent d’un même secteur industriel.

    À cet égard, il tiendra une téléconférence ce mardi 10 mars avec les fabricants de matériel de protection, tels que les masques ou les gants, et les autorités nationales, afin d’assurer la couverture de tous les besoins, tout particulièrement ceux du personnel de santé.

    Il a aussi annoncé qu’il organiserait une réunion semblable avec les représentants de l’industrie pharmaceutique en fin de semaine.

    Ces conférences visent à mesurer la capacité de production en Europe et les besoins des États membres les plus touchés, notamment l’Italie, afin d’attribuer les ressources plus efficacement.

    La solidarité ne peut s’exercer qu’à partir du moment où l’état des lieux a été dressé, indique Thierry Breton. « Mais nous serons mieux organisés qu’actuellement ».

    Cependant, il est resté vague sur la suppression potentielle des contrôles à l’exportation du matériel médical — une prescription imposée en France et en Allemagne la semaine dernière —, ou s’il allait « pointer du doigt » les États membres qui refusent de coopérer avec leurs voisins en crise.

    « Nous ne sommes pas là pour blâmer qui que ce soit, nous sommes là pour nous organiser ». « Personne n’a le droit de dire “faites ceci ou cela” — nous devons faire preuve de bonne volonté, tous ensemble, pour gérer l’offre et la demande ».

  • Coronavirus: Alexandre Bezardin, élu en Italie du nord répond aux francais.press

    Coronavirus: Alexandre Bezardin, élu en Italie du nord répond aux francais.press

    L’Italie du nord, qui compte 20 000 Français, le poumon économique de la péninsule est désormais en quarantaine. Alexandre Bezardin, suppléant du député Meyer Habib et élu consulaire, qui travaille à Milan et vit à Breschia, deux villes situées dans la région confinée de Lombardie, a accepté de répondre aux questions des francais.press.

     Lesfrancais.press: Quel est le ressenti des Français sur place, sont-ils inquiets, sereins… quel impact cela a sur la vie quotidienne très concrète?

    Les Français sont soucieux face à l’incertitude qui règne autour de cette crise sanitaire et de ses conséquences économiques. Ils souhaitent être informés en continue de l’évolution de la situation, c’est ce que nous faisons quotidiennement. Notre quotidien est bouleversé par les mesures de précaution qui sont imposées par les autorités italiennes. Face à une crise de cette ampleur, les Français sont solidaires des décisions et respectent ces consignes. Depuis ce soir, toute l’Italie est classée zone rouge, par conséquent il devient impossible de se déplacer sur l’ensemble du territoire italien sans avoir une raison valable.

    Alexandre Bezardin, élu des Français, notamment d’Italie du nord, a accepté de répondre à nos questions

     Lesfrancais.press : les informations de la part des autorités italiennes circulent-elles bien? relayées par le consulat?

    Les informations transmises par les autorités italiennes sont précises et très explicites. Nous sommes informés régulièrement de l’évolution de la situation. Toutes les informations qui sont publiées ou ajournées sont relayées par le Consulat. En outre, le Député Meyer Habib fait un remarquable travail en envoyant régulièrement des Newsletters sur le sujet et en répondant à toutes les questions qui lui ont été adressées. Moi-même, je fais un bulletin du suivi sanitaire chaque jour afin d’informer nos 20.000 français installés dans le Nord de l’Italie.

     Lesfrancais.press : Les entrepreneurs Français installés dans la région ressentent ils déjà les conséquences économiques?

    Il est encore trop tôt pour mesurer toutes les conséquences de cette crise, toutefois elle va laisser des traces sur le long terme car elle était inattendue il y a encore 2 mois. Personne n’a mesuré les conséquences du Coronavirus et surtout personne n’a vu venir cette crise…

     

  • Le gouvernement ne veut pas mettre la France en quarantaine.

    Le gouvernement ne veut pas mettre la France en quarantaine.

    Ce sont les médecins qui montent au créneau : «  Tout ce qui empêche les gens de vivre, de faire les courses, et donc qui bloque l’économie, est bien plus délétère que l’épidémie elle-même. L’économie, c’est aussi la santé » dit le chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris, François Bricaire.

    Le gouvernement cherche l’équilibre entre le blocage du pays et les mesures pour éviter la contagion. Ici, on ferme les écoles. Là, non. Partout, les rassemblements de plus de mille personnes sont interdits. Comme en Allemagne. Mais les transports doivent continuer à fonctionner.

    De l’autre coté des Alpes, l’Italie assume la mise en quarantaine de tout le nord du pays, son cœur économique : Un quart de la population italienne. Le gouvernement français ne veut pas arriver jusque là. Mais l’OMS salue les « mesures courageuses » italiennes. Comme l’OMS a changé plusieurs fois d’avis, ce n’est pas trop grave, tant que personne ne reproche au gouvernement de ne pas en faire assez.

    Le gouvernement, pour l’instant essaie de diffuser ses messages de précaution, de confinement et restrictions à la carte, sans créer de panique. Tout est affaire de dosage. Ne pas en faire trop sans pouvoir être accusé de n’en pas faire assez. Un Conseil de défense (ce qui suppose un recours à l’armée ?) mais des décisions au cas par cas dans les départements..

    La société devance parfois les recommandations. Certains portent des masques, comme s’ils étaient déjà malades, mais rares sont ceux qui ont changé leurs mauvaises habitudes d’hygiène. 70% des Français ne se lavaient pas les mains en sortant des toilettes avant la crise. Depuis la crise, ils sont 69% : la marge d’erreur.

    Une forte campagne de prévention et d’éducation hygiénique et sanitaire est donc utile, bien au delà du coronavirus. Et contre le coronavirus, c’est peut-être la seule utile et efficace en dehors de l’organisation des soins pour les malades les plus touchés.

    Toute la difficulté est dans la gestion du temps. L’idée du gouvernement est qu’il faut tenir le plus longtemps possible sans quarantaine, sachant que le virus passera, du moins on l’espère. Chaleur du printemps, recherche médicale, progression des mesures de prévention… il faut croire que le temps joue contre le virus, ce qui n’est pas scientifiquement certain.

    Tout le monde attend donc l’annonce du « stade 3 », sans que personne ne sache vraiment de quoi il s’agit : Simplement de constater que la France est touchée par l’épidémie. Ce qui suppose de privilégier l’accès aux soins  et les lits dans les hôpitaux aux personnes les plus gravement touchés, les patients sans gravité restant chez eux (80% des cas).

    En fait, le gouvernement prend déjà, progressivement, en fonction des évolutions locales, les mesures prévues en phase 3, mais pas à pas. Ainsi, quand viendra le moment de déclarer le caractère national de l’épidémie, le passage sera en grande partie déjà effectué, et donc moins traumatisant. Surtout, l’annonce de la Phase 4, la décroissance de la contagion, moins long à venir. La Phase 4 : le retour à la normale. Une gestion du temps tout autant que de la maladie.