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  • La lutte pour l’hégémonie mondiale

    La lutte pour l’hégémonie mondiale

    « Il s’agit des immenses espaces du malheur contre le petit cap européen, contre la haïssable Amérique (…) il y a un pays voué à la vengeance et à la justice, un pays qui ne déposera pas les armes avant l’affrontement planétaire. Déjà, trois cents ans d’énergie européenne s’effacent, l’ère chinoise commence. » déchiffrait Malraux après avoir rencontré Mao. Le « Rêve chinois » de Xi Jinping veut toujours placer la Chine à la tête des pays pauvres, contre l’impérialisme euroaméricain. La seule différence, une différence entre la faim et l’opulence, revient à utiliser le capitalisme flamboyant contre lui-même, plutôt que le socialisme désuet. La lutte pour l’hégémonie mondiale est engagée, entre le « Sud global », et les indignes de Wall Street. Le matérialisme historique écrirait le nom du vainqueur en chinois. Tout se passe donc presque comme prévu. Presque. Parce que la Révolution culturelle n’est pas celle de Mao, plutôt celle de Walt Disney, de Turing et d’Einstein.

    Le matérialisme historique écrirait le nom du vainqueur en chinois.

    Ainsi Donald à la mèche orange (il y eut bien un roi danois qui s’appelait Harald à la dent bleue, Bluetooth) a-t-il signé trois décrets impériaux pour assurer « la domination des États-Unis dans l’intelligence artificielle ».

    Mon premier pour construire des data centers, et des centrales énergétiques en simplifiant autorisations et permis de construire. Un peu comme a fait la France pour Notre Dame. Mon deuxième pour soutenir l’IA américaine dans le monde. Elle doit être « le standard de référence ». Les Émirats Arabes Unis ont signé des contrats avec OpenAI, Oracle et Nvidia. Un début. Le Moyen-Orient, malgré les Palestiniens, restera américain. Le détroit d’Ormuz par où passe le pétrole pourrait étrangler la Chine, pas les États-Unis. Mon troisième décret interdit l’émergence d’une intelligence artificielle avec un « biais idéologique ». Le gouvernement décide du biais. Mon tout ? L’hégémonie mondiale dans la révolution digitale.

    Pendant ce temps, la France du travail se mobilise le 10 septembre pour sauver un jour férié. Sauf que la notion de temps de travail sera peut-être obsolète. Comme celle de vacances. Inconcevable ? Un paysan chinois du temps de Mao pouvait-il imaginer les gratte-ciels des bureaux de Shanghai ? Pas plus qu’il n’imaginait que le virus capitaliste amènerait de jeunes femmes à écrire romans érotiques homosexuels, dits « Boys Love ». Le PCC a réagi au poil : cinquante femmes en prison. La révolution sexuelle dérange les cadres du parti. Révolution globale, mondiale, Le paysan français qui dénonce l’interdiction des néonicotinoïdes imagine-t-il que l’intelligence artificielle va changer la production agricole, les modes de consommation, la vie ? Dans vingt ans, le vieux monde aura vécu.

    Manifestation d'agriculteurs à Bruxelles en 2024 ©Belga
    Manifestation d’agriculteurs à Bruxelles en 2024 ©Belga

    Pourquoi « prendre le pouvoir » si le pouvoir est ailleurs, dans la tête par exemple ?

    En fait non. Il sera toujours là. La Chine impériale restait la même quand les barbares européens s’installaient à Hong Kong. Des puissances qui ont raté la révolution industrielle, quelques-unes ont survécu, dans la douleur. Il en sera de même pour ceux qui rateront l’IA. Avec un surcroît de puissance pour les vainqueurs, qui ne seront peut-être pas des États. Pourquoi « prendre le pouvoir » si le pouvoir est ailleurs, dans la tête par exemple ?

    « D’ici quelques années – certains tablent sur 2027 – ils auront créé une « intelligence artificielle générale », où les IA pourront surpasser l’humain moyen dans toutes les tâches cognitives. Si cette prédiction est un tant soit peu exacte, les conséquences seront aussi importantes que tout ce qui a pu se passer dans l’histoire de l’économie mondiale » écrit l’éditrice de The Economist. La capitalisation des entreprises américaines représente 65% du marché mondial des actions et 81% du secteur de la « tech ». Le Plan Trump ne ment pas, il vise l’hégémonie américaine, et selon le décret numéro 3, y compris, surtout, les bases de données. Est-ce que cela un sens ? Peut-être pas, car chacun peut choisir ses bases et les étendre. Le décret 3 ne parle que des administrations.

    Alain Madelin : « une société plus libre, plus humaine, plus prospère ».

    En France, Alain Madelin lance Mia, l’intelligence artificielle du projet « Kairos » pour « déverrouiller le futur. » « Les dix années qui viennent seront les plus extraordinaires de l’histoire de l’humanité ». Madelin fait le pari, à rebours de toutes les craintes, que la révolution scientifique et technologique promet « une société plus libre, plus humaine, plus prospère ». Le contraire des oracles qui annoncent la multiplication des catastrophes.

    Mia l'IA française
    Mia l’IA française

    Dans la société de l’information, les actualités négatives dépassent largement les positives. Le biais de négativité (un réflexe du cerveau face aux dangers potentiels) modifie la perception du monde, conduit à privilégier toute information négative qui conforte cette vision.

    Voilà pourquoi les médias rabâchent les catastrophes. Avec des contenus négatifs l’émotion s’accroît, l’attention se fixe ; l’angoisse monte, ce que, sans le savoir, aime le spectateur.  Toute innovation effraie. Chacun veut le changement, à condition de conserver ce qu’il a. Comme si le monde était continu, comme si chaque tendance devait se prolonger, pour le meilleur ou pour le pire. Or le monde est à la fois continu et discontinu.

    L’Europe a-t-elle encore la capacité de son indépendance ?

    L’énergie, facteur clé de l’économie des data centers, dépend encore en Chine du charbon à 60%. Mais la Chine maîtrise toutes les composantes des énergies renouvelables ; elle vient de donner le coup d’envoi du plus grand projet énergétique de l’humanité, le barrage de Motuo, le plus grand du monde, qui produira trois fois plus d’électricité que le barrage des Trois Gorges, autant que tout le parc nucléaire français. Le premier décret de Trump associe énergie et data centers. La France, avec son électricité nucléaire, décarbonée, pourrait être le pôle européen des data centers, d’autant que les câbles sous-marins arrivent pour toute l’Europe à Marseille et à Brest.

    Motuo : une vallée tibétaine qui sera inondée ©AFP
    Motuo : une vallée tibétaine qui sera inondée ©AFP

    L’Europe a-t-elle encore la capacité de son indépendance ? Elle a déjà acheté plus de 1000 avions F35 aux États-Unis, un avion cher, imparfait, dont la maintenance exige que les données soient transmises en quasi-permanence aux États-Unis. Les relations avec la Chine sont au plus bas. Le soutien de la Chine à la Russie, discret mais efficace, prouve que l’Europe reste une cible, comme du temps de Mao. À ménager comme client, à intimider comme partenaire. « Ce sera la Chine des grands empires » songeait Malraux.

    Alors la guerre des empires s’intensifie. Amazon, IBM, Microsoft ferment leurs recherches sur l’IA en Chine. La Chine appelle à créer une organisation internationale de développement de l’intelligence artificielle. C’est ce qu’aurait dû devenir l’obsolète Unesco. Le multilatéralisme, c’est le point de convergence de l’Europe et de la Chine. Pour l’IA, elle entend développer des modèles Open source. Ainsi elle gagnerait la bataille des normes. Elle cherche à s’approprier une grande part du marché mondial avec la même stratégie que pour les voitures électriques ou le solaire : tenir des points clés, vendre moins cher. C’est l’exemple de Deepseek. Selon le Wall Street Journal, des entreprises situées au Brésil, en Afrique du Sud ou au Japon choisissent désormais les modèles chinois pour développer leurs applications d’intelligence artificielle, qui coûtent jusqu’à 17 fois moins cher que leurs équivalents américains. Définir les normes, inonder le marché.

    Ceux qui voudront tout contrôler seront handicapés par la logique même du système.

    L’Europe a telle encore une chance ? Les avances dans l’IA d’aujourd’hui, si l’on anticipe le caractère exponentiel des développements, n’ont rien d’irrattrapable. Ce n’est que le début du début. Madelin a raison. Sauf que tout va très vite. Il n’y a pas un octet à perdre. La bataille des deux impérialismes offre de nombreuses possibilités, parce que la révolution digitale est conçue en réseaux et non en pyramide. Personne ne peut contrôler ce qui se passera. Et ceux qui voudront contrôler seront handicapés par la logique même du système. Continuer à se faire l’avocat du libre-échange, avec le Mercosur, avec l’Indonésie, le Japon, l’Inde. Les vainqueurs seront les pays les plus ouverts, les plus alertes, les plus souples. Ce n’est pas sûr, c’est la seule chance. « Mieux vaut se battre qu’avoir peur », disait Gandhi le non violent. L’hégémonie, ce n’est pas que la force.

    Laurent Dominati

    a.Ambassadeur de France

    a.Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire des non-résidents France Pay

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati
  • « Initiatives expats », les meilleurs moments de la saison 2024/2025

    « Initiatives expats », les meilleurs moments de la saison 2024/2025

    Partout dans le monde, les Français de l’étranger sont actifs. C’est ainsi qu’ils organisent, entre autres, des actions en faveur de l’environnement. Qu’ils s’entraident également entre compatriotes pour s’y retrouver dans les méandres administratifs, ou bien encore à s’adapter dans leur pays d’accueil. Qu’ils organisent aussi diverses activités culturelles pour échanger, se rencontrer et réfléchir ensemble à la façon dont les expatriés peuvent contribuer aux orientations prises en France. Ce sont notamment ces projets que vous retrouverez dans ce podcast des « meilleurs moments » de la saison 2024/2025 d’«Initiatives expats ».

    Écouter les meilleurs moments de la saison 2024/2025 de votre podcast

    Le STAFE : un soutien financier de l’État aux associations de Français à l’étranger

    Depuis 2018, le dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger (STAFE) accompagne financièrement les projets portés par nos compatriotes expatriés. Cette aide, accordée par notre pays, permet de concrétiser des initiatives à vocation éducative, caritative, culturelle ou bien encore socio-économique.

    Lassociation Un Autre Monde à Zagreb a bénéficié dune aide STAFE
    L’association Un Autre Monde à Zagreb a bénéficié d’une aide STAFE

    De Munich à Madagascar, du Canada au Liechtenstein, en passant par Bruxelles, Zagreb et Dubaï, la plupart des invités du podcast « Initiatives Expats » ont tous bénéficié de ce soutien. Au-delà de l’aspect financier, cette subvention représente aussi une reconnaissance officielle de l’engagement et des actions menées par les Français à l’étranger.

    Les Français de l’étranger : acteurs engagés à travers le monde

    Depuis Munich, capitale de la Bavière, la Ruche œuvre, sous l’impulsion de Florence Bellendir, l’une de ses cofondatrices, à renforcer les liens entre femmes engagées. En octobre prochain, son association organisera notamment un grand forum dédié au développement durable.

    Groupe de travail pour Forum du Développement Durable, La Ruche, Munich
    L’association Planète France Madagascar vous accueille dans ses locaux.

    À Madagascar, le « Café Citoyen » facilite le quotidien des Français expatriés sur l’île de l’océan Indien. Notre invité, Marc Boulnois, nous explique comment il dénoue les casse-têtes administratifs de nos compatriotes, avec le soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

    Des initiatives culturelles pour les expatriés

    De l’autre côté de l’Atlantique, l’« Arbre voyageur » à Montréal, dirigé par sa présidente Sabine Monpierre, accompagne nos compatriotes issus des départements et territoires d’Outre-Mer dans leur installation au Canada. L’association a également pour mission de créer des réseaux d’entraide et de proposer diverses activités, comme l’organisation d’un salon dédié à la formation et à l’industrie culinaire dont notre invité nous parle.

    Florence Nigron Dautović, Présidente de l’association « Un autre monde »
    Sabine Monpierre Présidente « Arbre du Voyageur »
    Patricia Pedelabat, Présidente des Gascons de Belgique

    Francophonie et idées pour la France

    Vivre à l’étranger, c’est parfois se demander comment préserver son lien avec la langue française. Pour répondre à cette question, Florence Nigron Dautović a fondé « Un autre monde » à Zagreb. Au-delà de ses activités culturelles, elle évoque avec nous la reconnaissance que représente le soutien de la France via le STAFE à sa programmation.

    Toutefois, ce lien ne fonctionne pas à sens unique. L’expatriation peut aussi apporter des idées à notre pays et éclairer les décisions à prendre pour son avenir. C’est dans cette optique que Geoffroy Bunetel et Martin Tronquit ont fondé l’IFE (Institut des Français de l’Étranger), une structure destinée à inspirer la France. Leur objectif ? « Faire en sorte que nos responsables politiques s’inspirent systématiquement des exemples étrangers », expliquent-ils.

    Bonne écoute de ces meilleurs moments de nos podcasts « Initiatives Expats » avec nos expatriés français engagés à l’étranger. Rendez-vous pris à la rentrée pour découvrir de nouveaux projets et des parcours inédits de nos ressortissants hors de France, toujours sur Lesfrancais.press.

  • Quand Paris célèbre ses jeux !

    Quand Paris célèbre ses jeux !

    Ce samedi 24 juillet marquait le premier anniversaire de l’ouverture des Jeux de Paris 2024. La journée a été ponctuée d’une multitude d’événements avec les acteurs des Jeux. Le public était invité à les rejoindre et il a répondu présent. Paris célèbre ses jeux, 100 ans après les avoir reçus un première fois. On replonge, ensemble, dans l’émotion de cette cérémonie d’ouverture qui a marqué l’histoire et rendu fiers tous les Français ceux de l’étranger aussi.

    Retour sur la cérémonie des JO 2024

    Il y a un an jour pour jour, le 26 juillet 2024, tous les regards du monde étaient tournés vers Paris, pour admirer la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Retrouvez les plus belles photos de « l’un des événements les plus marquants du XXIe siècle ».

    On commence par le pont d’Austerlitz s’est illuminé aux couleurs du drapeau français lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024.

    Il y a pile un an, les Jeux de Paris s'ouvraient par une bluffante cérémonie sur la Seine. ©France Télévision
    Il y a pile un an, les Jeux de Paris s’ouvraient par une bluffante cérémonie sur la Seine. ©France Télévision

    Juste après, le groupe de métal français, Gojira, précédemment présenté par plusieurs femmes décapitées qui ont commencé à chanter, a donné un spectacle sur la façade de la Conciergerie lors de la cérémonie d’ouverture.

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    On enchaîne avec une Marseillaise qui a coupé le souffle à tout le monde. En effet, depuis le toit du Grand-Palais, une nouvelle et puissante version de l’hymne national français nous avait été livrée par Axelle Saint-Cirel.

    Le cheval sur l’eau

    Enfin, on peut évoquer cette cérémonie sans revenir sur la course d’un cheval de métal montée par un chevalier au-dessus de la Seine. Pendant les premiers jours des JO, tout le monde se demandait qui fut la personnalité qui eut la chance de vivre ce moment d’exception. Depuis, son nom nous a été révélé, c’était la cavalière Floriane Issert, sous-officier de la gendarmerie nationale. Chevauchant une monture argentée, elle incarnait l’esprit olympique de paix et d’amitié.

    Floriane Issert ©AFP
    Floriane Issert ©AFP

    Le banquet des dieux

    Lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris, il y eu aussi des scènes qui ont provoqué des scandales chez les plus « pudibonds ». Ainsi le fantasque chanteur qui avait chanté son titre « Nu », presque nu, grimé de bleu en Dionysos, allongé sur une table, Katerine a été la cible de nombreuses critiques. Sa prestation avait déclenché une polémique. Certains y avaient décelé une parodie du tableau « La Cène » de Léonard de Vinci, représentant le dernier repas de Jésus Christ.

    La vasque olympique

    Le clou du spectacle, au terme d’une cérémonie d’ouverture spectaculaire, fut Marie-José Pérec et Teddy Riner allumant la vasque olympique nichée sur une montgolfière.

    Cette dernière est restée suspendue dans le ciel de Paris pendant toute la durée de ces Jeux olympiques 2024. Elle a fait son retour le 21 juin dernier au Jardin des Tuileries, et y restera jusqu’au 14 septembre.

    Marie-José Pérec et Teddy Riner ©Le Parisien
    Marie-José Pérec et Teddy Riner ©Le Parisien

    1 an plus tard

    Et un an jour pour jour après la cérémonie d’ouverture des JO 2024 de Paris, l’heure est de nouveau à la fête. Ce premier anniversaire des Jeux s’accompagne d’un gros programme de célébrations prévu tout le week-end dans la capitale et ses environs. Sportifs, public, bénévoles et de nombreux officiels y sont conviés. Nous en avons retenu quelques-uns.

    Inauguration des 10 statues de femmes illustres

    Dans la perspective des Jeux de Paris 2024, le quartier de la Porte de la Chapelle (18ème arrondissement) avait bénéficié d’une profonde transformation urbaine. Une métamorphose aujourd’hui complétée par l’inauguration in situ des 10 statues de femmes illustres qui avaient été l’une des composantes artistiques de la Cérémonie d’ouverture des Jeux.

    Inauguration des 10 statues de femmes illustres agencées le long de la Rue de la Chapelle, dans le 18ème arrondissement de Paris, samedi 26 juillet 2025 ©CNOSF
    Inauguration des 10 statues de femmes illustres agencées le long de la Rue de la Chapelle, dans le 18ème arrondissement de Paris, samedi 26 juillet 2025 ©CNOSF

    Le premier anniversaire des Jeux au Grand Palais

    A midi, ce 26 juillet, c’était le moment de prise de paroles de plusieurs officiels dont Kirsty Coventry (présidente du CIO) ; de Maris Barsacq (ministre des Sports) ; d’Amélie Oudéa-Castéra (présidente du CNOSF) ; et de Tony Estanguet (président de Paris 2024). Des athlètes médaillés, 34 représentants des fédérations olympiques et paralympiques, ainsi que des volontaires des Jeux de Paris 2024 et du Club France étaient conviés.

    La présidente du CIO Kirsty Coventry (2e à droite), son prédécesseur Thomas Bach (2e à gauche), le patron des JO-2024 Tony Estanguet et la maire de Paris Anne Hidalgo, lors des célébrations du premier anniversaire des JO de Paris, le 26 juillet 2025 © POOL/AFP STEPHANE DE SAKUTIN
    La présidente du CIO Kirsty Coventry (2e à droite), son prédécesseur Thomas Bach (2e à gauche), le patron des JO-2024 Tony Estanguet et la maire de Paris Anne Hidalgo, lors des célébrations du premier anniversaire des JO de Paris, le 26 juillet 2025 © POOL/AFP STEPHANE DE SAKUTIN

    Les champions célébrés sur le pont Saint-Louis

    La ville de Paris a présenté ce samedi matin le projet retenu pour célébrer tous les athlètes olympiques et paralympiques des Jeux de Paris 2024. Le « monument des championnes et champions » est en fait un ensemble de médailles avec le nom de chacun accroché au pont Saint-Louis, situé entre l’île Saint-Louis et l’île de la cité dans le centre de la capitale. Elles seront inaugurées à la fin de l’année ou au début de l’année 2026.

    Le monument mettra à l'honneur les athlètes médaillés de Paris 2024. ©Ville de Paris
    Le monument mettra à l’honneur les athlètes médaillés de Paris 2024. ©Ville de Paris

    Et comme Paris 2024 ce n’était pas que les Jeux olympiques, les célébrations se poursuivront aussi le 28 août, pour le premier anniversaire des Jeux paralympiques.

    Revoir la cérémonie d’ouverture des J0 2024 à Paris

  • Prix du Développement Durable AFE : comment candidater ?

    Prix du Développement Durable AFE : comment candidater ?

    Les candidatures pour les Prix du Développement Durable des Français de l’Étranger sont lancées. En cette année 2025, il s’agit de récompenser des initiatives innovantes au carrefour de l’économie, du social et de l’environnement portés par nos compatriotes hors de France. Quelles sont les catégories ? Comment postuler ? Quels projets sont attendus ? On vous partage toutes les informations.

    Un prix du développement durable qui valorise les initiatives de terrain

    Créés en 2019, ces prix liés au Développement Durable, attribués tous les deux ans et relayés par l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), sont devenus une référence pour récompenser les projets portés à l’international par des Français engagés.

    En effet, il met en lumière des actions dans des domaines aussi importants que la transition écologique, l’économie circulaire, l’innovation responsable et la solidarité. Cette année, l’association souhaite renforcer la visibilité et l’impact de leur prix afin de soutenir et d’inspirer davantage d’initiatives à travers le monde.

    Un palmarès inspirant en 2023

    D’ailleurs en 2023, le palmarès de la précédente édition avait rappelé combien l’engagement des Français dans le domaine du développement durable rayonnait aux quatre coins du globe. Ainsi, le 1er prix avait récompensé Jean-Baptiste Wiroth en Afrique du Sud pour un projet de formation de femmes à la mécanique vélo dans les townships du Cap. Le 2e prix, attribué à la Fondation Lazaro au Mexique, avait salué un potager hydroponique en colocation solidaire, décerné à La Plasticaria au Brésil, avait alors mis en avant le recyclage low tech de plastique.

    Les lauréats 2023 du Prix AFE du développement durable
    Les lauréats 2023 du Prix AFE du développement durable

    Enfin, le jury avait également remis un coup de cœur à Quandify (Suède) pour une solution de maîtrise de la consommation d’eau, ainsi qu’une mention spéciale à Enchar (Suisse), engagée dans la production de biochar en Tanzanie.

    En 2025 : de nouvelles catégories pour une édition ouverte et inclusive

    Outre ces trois premiers prix, dont le troisième sera parrainé par l’app bancaire France Pay, qui seront aussi décernés pour l’édition 2025, cette année l’association innove et propose deux nouvelles catégories :

    • Le prix « Jeunes Entreprises Durables », destiné à une entreprise française de moins de cinq ans qui répond à la définition d’EFE (Entreprises Françaises de l’Étranger), une récompense soutenue par la CCI France International et les Conseillers du commerce extérieur
    • Le Prix Éco’Jeunes, réservé aux moins de 25 ans, afin d’encourager la nouvelle génération à s’engager dans la voie du développement durable
    ®Ministère de l'économie 2021
    ®Ministère de l’économie 2021

    Pour Patricia Connell, la présidente Prix du Développement Durable de l’AFE : « avec cette troisième édition, nous franchissons une nouvelle étape : celle de l’élargissement et de l’inclusion. Le Prix du Développement Durable de l’AFE est bien plus qu’une distinction : c’est un levier d’action pour valoriser les talents français engagés à l’étranger, et pour faire rayonner une France durable, solidaire et innovante dans le monde. »

    Un concours ouvert à tous les Français du monde

    Autre point important, ce concours « Développement Durable AFE » est accessible à tout ressortissant français, quel que soit son lieu de résidence, pourvu que son projet soit réalisé hors du territoire national, y compris dans les zones ultramarines.

    Ainsi, cette accessibilité vise à fédérer l’ensemble de la communauté française autour d’un objectif commun : rendre la France durable visible et exemplaire aux quatre coins du globe.

    Le calendrier pour candidater au Prix du Développement Durable AFE des Français de l’Étranger

    En pratique, le dépôt des candidatures est possible jusqu’au 1er septembre 2025 à minuit (heure de Paris) sur le site officiel (lien en bas de l’article)  Ensuite, la semaine du 13 octobre 2025 sera marquée par la cérémonie de remise des prix au Quai d’Orsay, sous le haut patronage du ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin.

    Françaises et Français de l’étranger, c’est donc maintenant à vous de jouer ! Saisissez cette opportunité pour valoriser votre engagement au service d’un avenir plus durable. Déposez votre candidature : non seulement vous ferez rayonner votre action à l’international, mais vous deviendrez aussi une source d’inspiration pour la France tout entière grâce à votre réalisation concrète hors de nos frontières.

    Pour candidater : 


    cliquez ici

  • Nos livres d’été : la sélection des journalistes Lesfrançais.press

    Nos livres d’été : la sélection des journalistes Lesfrançais.press

    L’été est là, et avec lui, l’envie de s’évader. Rien de mieux qu’un bon livre pour voyager sans bouger. Les journalistes de la rédaction Lesfrancais.press ont choisi leurs coups de cœur et vous présentent leur sélection estivale. Des récits ensoleillés aux polars sombres, des témoignages poignants aux enquêtes captivantes, tout en passant par la découverte des arts, il y en a pour tous les goûts. En commentaire, vous pouvez aussi nous partager l’ouvrage que vous avez glissé dans votre valise.

    Caroline Ettori : « Ma famille et autres animaux » de Gerald Durrell (Ed. Table Ronde)

    Si vous rêvez de vous prélasser dans une crique méditerranéenne, à l’abri du soleil brûlant et loin des foules de touristes, « Ma famille et autres animaux » est le livre qu’il vous faut.

    Ma famille et autres animaux de Gerald Durrell (La trilogie de Corfou- Ed. Table Ronde)
    Ma famille et autres animaux de Gerald Durrell (La trilogie de Corfou- Ed. Table Ronde)

    Dans ce récit empreint d’humour et de poésie, Gerald Durrell raconte son enfance sur l’île de Corfou, où il s’installe, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, avec sa famille fantasque pour fuir le climat anglais. Entre une mère douce et rêveuse, des frères hauts en couleur, une sœur dramatiquement adolescente, et une galerie de personnages locaux pittoresques, la plume joyeuse de l’auteur nous invite à l’insouciance et célèbre une humanité simple et chaleureuse.

    Le lecteur suit donc le jeune Gerald dans ses aventures qui le poussent à explorer la nature luxuriante de l’île. Fasciné par la faune locale, il observe, capture, élève et apprend, tout en livrant une foule d’anecdotes drôles et tendres sur ce séjour enchanté.

    « Ma famille et autres animaux » est le premier tome de la trilogie de Corfou. Récit enlevé et nostalgique, ces souvenirs d’enfance ont un charme régressif assumé. Ils nous plongent dans une Méditerranée aujourd’hui disparue, mais toujours vibrante dans l’imaginaire collectif.

    Boris Faure : « Le Bal des porcs » d’Arpad Soltész (Ed. Points)

    J’ai emporté dans mes bagages « Le Bal des porcs », un excellent polar slovaque d’Arpad Soltész. Comme je réside à Bratislava la littérature est une bonne porte d’accès au pays.

    Ici on est face à un roman à clé écrit par un journaliste d’investigation qui plonge dans les pages sombres d’une jeune nation qui, après la chute du mur et son indépendance, a connu une période d’agitation : les mafias avaient des accointances avec le pouvoir. La police manquait d’efficacité. Quand elle ne fermait pas les yeux.

    Le Bal des porcs » d'Arpad Soltész (Ed. Points)
    Le Bal des porcs » d’Arpad Soltész (Ed. Points)

    On rentre donc dans les coulisses fangeuses de la Slovaquie à travers la traite d’êtres humains, le meurtre de prostituées et la corruption politique. Il y a aussi en toile de fond l’assassinat, bien réel, du journaliste Jan Kuciak et de sa compagne qui est dépeint sans fard. C’est noir, c’est sanglant mais cela montre en miroir ce que l’entrée dans l’Union européenne a pu apporter en termes d’état de droit. On ressort de cette lecture convaincu du rôle des journalistes et de leur courage !

    Rachel Brunet : « Les 15 jours qui ont fait basculer Kaboul » de David Martinon (Ed L’Observatoire)

    LE livre que j’embarque avec moi cet été : Les 15 jours qui ont fait basculer Kaboul de David Martinon, ancien ambassadeur de France en Afghanistan. Parce que ce livre croise deux sujets qui me tiennent à cœur : la géopolitique, et le rôle de la France à l’étranger, tel que le vivent ceux qui la représentent sur le terrain.

    « Les 15 jours qui ont fait basculer Kaboul » de David Martinon (Ed L’Observatoire)
    « Les 15 jours qui ont fait basculer Kaboul » de David Martinon (Ed L’Observatoire)

    Ce qui m’intéresse, ce n’est pas seulement l’analyse des événements qui ont conduit à la chute de Kaboul en 2021, mais le témoignage d’un diplomate plongé au cœur du chaos. En tant qu’expatriée, je suis particulièrement sensible à ce que représente l’action consulaire et diplomatique dans des contextes de crise : protéger, évacuer, décider vite, incarner, coûte que coûte, la présence de l’État.

    Lire le récit d’un ambassadeur confronté à l’effondrement d’un pays, c’est aussi mieux comprendre les coulisses de la diplomatie, souvent invisibles mais essentielles. C’est cette dimension humaine et politique que j’ai envie de découvrir à travers ce livre.

    Et dans la foulée, j’irai aussi voir le film « 13 jours, 13 nuits », inspiré de ces mêmes événements, avec Roschdy Zem, un acteur que j’adore.

    Gilles Roux : « Le Jardin des délices » de Joseph Annet (Ed Noir Corbeau)

    En été, on a besoin d’un livre qui fait voyager, qui capte l’attention sans l’asservir, qui mêle plaisir de lecture et suspense addictif. Le Jardin des délices, troisième roman de l’auteur belge Joseph Annet, remplit parfaitement cette mission.

    On y retrouve Max Kevlar, détective atypique spécialisé dans les affaires liées au marché de l’art. Parti pour souffler quelques jours à Knokke-le-Zoute, il est vite rattrapé par ses démons… et par une affaire qu’il aurait préféré éviter. Mais depuis son apparition dans le tout premier roman d’Annet, on le sait : ce sont souvent les femmes qui précipitent Max Kevlar dans l’intrigue – pour notre plus grand bonheur de lecteur.

    Le Jardin des délices de Joseph Annet collec Noir Corbeau
    Le Jardin des délices de Joseph Annet collec Noir Corbeau

    Dans ce nouvel opus de la collection Noir corbeau, Joseph Annet nous immerge dans les coulisses troubles du monde de l’art : enchères hallucinantes, œuvres de faussaires plus vraies que nature, spéculations douteuses, et secrets bien gardés. L’univers est riche, l’enquête haletante, les dialogues ciselés et les décors minutieusement plantés – de Bruxelles à Knokke, la Belgique devient un personnage à part entière.

    Pourquoi le recommander pour l’été? Parce que c’est exactement le type de roman qu’on emporte dans sa valise : fluide, bien rythmé, intelligemment construit, avec juste ce qu’il faut de mystère, de charme et d’ironie. Une lecture idéale au bord de la piscine, dans un hamac ou pendant un vol long-courrier….. et puis j’aime découvrir l’un ou l’autre belgicisme dans le texte.

    Bref, Le Jardin des délices porte bien son nom. À découvrir sans tarder.

    Alexander Seale : « Les chapeaux de la Couronne » de Thomas Pernette (Ed. E/PA)

    En 70 ans de règne, Elizabeth II a traversé le siècle, marqué l’histoire et porté des centaines de chapeaux. Devenus les accessoires iconiques de la souveraine, ses couvre-chefs, au-delà de leurs qualités esthétiques, pourraient être un moyen pour la reine d’exprimer certaines de ses émotions.

    Les chapeaux de la Couronne Ed. E PA
    Les chapeaux de la Couronne Ed. E PA

    Ce sont ces 70 ans de politique, de diplomatie et d’évolution des styles et des modes que raconte Thomas Pernette à travers 50 chapeaux. J’ai choisi ce livre pour m’accompagner cet été car ces chapeaux sont d’abord le reflet d’une éducation, d’un monde qui n’est plus. C’est aussi devenu un accessoire emblématique. C’est une signature de Elizabeth II et elle était connue dans le monde.

    Ses chapeaux font partie de la culture britannique, comme la Tour de Londres ou Big Ben. L’auteur, Thomas Pernette est journaliste pour le magazine Point de Vue, spécialiste des têtes couronnées. Envoyé spécial à Londres pour les festivités du jubilé de platine de Sa Majesté la Reine et de son décès, il intervient régulièrement dans les médias. Elizabeth II, les chapeaux de la Couronne, paru aux éditions E/PA, est son premier ouvrage.

    Jérémy Michel : « Les Yeux de Mona » de Thomas Schlesser (Ed. Albin Michel)

    Depuis plusieurs semaines, je l’observe du coin de l’œil, ce livre qui m’attend sagement. Je sais déjà qu’il sera mon compagnon durant la pause estivale. Pour de nombreuses raisons, il me tarde de plonger dans « Les Yeux de Mona » de Thomas Schlesser.

    Pour moi, un livre, c’est avant tout un passeport pour l’évasion. En vacances, je cherche toujours une histoire qui me touche, m’emporte sans pour autant verser dans le surnaturel. Avant même de le glisser dans ma valise, j’ai lu les premières lignes de celui-ci, et déjà, l’émotion était là. Une tendresse palpable entre un grand-père et sa petite-fille, confrontée à la perte progressive de la vue.

    Les yeux de Mona de Thomas Schlesser Ed A. Michel

    Je ne cherche pas seulement à frissonner en tournant les pages. J’aime aussi quand un livre m’instruit, et là, je vais être servi. Comme Lisa, je m’apprête à m’émerveiller et à apprendre en arpentant, avec elle, les allées du Louvre, du musée d’Orsay ou de Beaubourg. J’écouterai son grand-père lui transmettre ses émotions, tout en prêtant attention à ce partage de savoirs qui, je le sens, sera aussi précieux que poignant.

    Aujourd’hui, je me demande ce qui m’enthousiasme le plus : l’arrivée des vacances ou bien la perspective de regarder le monde à travers « Les Yeux de Mona » ?

    Rachid Hallaouy : « L’homme qui lisait des livres » de Rachid Benzine (Ed. Julliard)

    Pour celles et ceux qui partiront fin août, je vous conseille d’apporter avec vous, « L’homme qui lisait des livres », le nouveau roman de Rachid Benzine. L’auteur est chercheur associé au Fonds Paul Ricoeur et au Laboratoire Sophiapol de sociologie, philosophie et politique à Paris X.

    « L’homme qui lisait des livres » de Rachid Benzine (Ed. Julliard)
    « L’homme qui lisait des livres » de Rachid Benzine (Ed. Julliard)

    L’histoire se déroule à Gaza où un libraire qui se prénomme Nabil continue malgré les bombardements à ouvrir sa librairie quotidiennement par amour des livres et à les partager. La lecture comme rempart au chaos. Les mots comme refuge. Et, à l’instar du héros, une question se pose au fil des pages : « les livres sont-ils notre plus grande chance de survie ? »

    Ce roman sortira le 21 août.

  • Un 14 juillet à Francfort : entre fierté, doutes et espérance

    Un 14 juillet à Francfort : entre fierté, doutes et espérance

    La chaleur était encore douce ce 14 juillet, quand les premiers invités se sont retrouvés dans les salons élégants de la Literaturhaus de Francfort. Entre les colonnes blanches, les vitrines de livres anciens et les buffets dressés dans une des salles arrières, les conversations se sont rapidement engagées – parfois légères, parfois plus profondes. Il y avait, dans l’air, cette familiarité que seules les grandes dates nationales savent recréer loin du pays : une sorte de France reconstituée, à l’échelle d’un soir, dans une autre langue et un autre décor.

    Et puis, au détour d’un verre de champagne ou d’un morceau de fromage, des mots plus graves ont surgi : inquiétudes pour l’avenir de la France, interrogations sur l’identité française quand on vit à l’étranger, regards parfois critiques, mais toujours concernés.

    Un lien qui demande des soins constants

    Ce soir-là, plusieurs personnes ont évoqué cette sensation étrange : vivre à l’étranger tout en se sentant profondément français. Mais à mesure que les années passent, ce lien n’est plus aussi évident. Il faut l’entretenir. L’encourager. Le défendre parfois.

    L’un évoque la difficulté de transmettre la langue à ses enfants, qui glissent sans effort dans l’allemand. Une autre parle du coût des écoles françaises à l’étranger, du dilemme entre enracinement local et fidélité culturelle. On parle de cuisine, de littérature, de l’humour français qui ne passe pas toujours les frontières. Et aussi de cette étrange sensation d’être à la fois dedans et dehors : au courant de ce qui se passe en France, mais parfois déconnecté de la réalité quotidienne.

    Regarder la France changer depuis l’extérieur

    Au fil des échanges, un thème revient : la France d’aujourd’hui semble difficile à suivre depuis l’étranger. Non pas parce qu’elle serait moins présente, elle est partout, dans les flux d’actualité, les réseaux sociaux, les débats publics, mais parce qu’elle semble parfois en désaccord avec elle-même.

    Les réformes sont lentes ou conflictuelles. Les tensions identitaires prennent le dessus sur les débats de fond. La question migratoire s’invite dans toutes les discussions, mais sans jamais trouver de consensus. Et ce sentiment diffus d’un pays qui doute, qui vacille, qui peine à se projeter dans l’avenir, s’impose, même à distance.

    Chacun compare, bien sûr. Avec son pays d’accueil. Avec ses souvenirs. Avec l’idée que l’on se faisait autrefois de la République. Certains regrettent la lourdeur administrative française, d’autres la valorisation insuffisante de l’entrepreneuriat, d’autres encore s’interrogent sur la capacité du pays à faire bloc dans les moments décisifs.

    Ni rejet, ni nostalgie : un attachement lucide

    Mais dans toutes ces remarques, il n’y avait ni aigreur, ni mépris. Seulement un regard. Lucide, et affectueux, malgré tout.

    La plupart des personnes rencontrées en ce soir de 14 juillet ont gardé un lien très fort avec la France : elles y votent, y investissent, y retournent régulièrement. Elles suivent ses débats avec passion, parfois avec frustration. Ce qui les unit, ce n’est pas un regret figé dans le passé, mais une exigence : celle d’une France à la hauteur de ses principes. D’une France qui écoute aussi ses enfants éloignés.

    Une demande d’écoute, pas de privilège

    Personne n’a demandé d’avantages. Mais beaucoup ont évoqué le besoin d’être mieux pris en compte. D’avoir des démarches administratives plus simples. Des dispositifs consulaires renforcés. Un enseignement du français plus accessible. Une vraie reconnaissance du rôle que jouent les Français de l’étranger, qu’ils soient entrepreneurs, chercheurs, enseignants, militaires ou tout simplement citoyens engagés.

    Et au-delà des politiques publiques, c’est d’un lien symbolique qu’il s’agissait aussi. Celui d’une France qui ne considère pas ses expatriés comme des absents, mais comme une partie intégrante de son avenir. Une France qui sache accueillir leurs regards critiques comme des contributions, et non des remontrances.

    Et si la France adoptait une vraie politique diasporique ?

    L’un des mots qui n’a pas été prononcé ce 14 juillet, mais qui flottait en filigrane dans les échanges, est celui de diaspora. Un mot que la République hésite encore à faire sien, tant il bouscule l’idéal centralisé, indivisible, uniformisateur de la nation. Pourtant, plusieurs pays dans le monde, de l’Irlande à la Turquie, du Portugal au Maroc, ont compris depuis longtemps que leur force tenait aussi à ceux qui étaient partis.

    Une politique diasporique assumée ne se limiterait pas à améliorer les services consulaires. Elle viserait à reconnaître pleinement les Français de l’étranger comme des acteurs de la diplomatie économique, culturelle, scientifique. Elle permettrait de mobiliser des réseaux d’influence, d’ancrer l’enseignement du français dans les familles binationales, de construire des passerelles durables avec les jeunes générations nées hors de France.

    Une telle approche valoriserait enfin ce que la mondialisation rend possible : appartenir à plusieurs sphères sans perdre son identité. Aimer la France sans y résider. Et la faire rayonner sans attendre une médaille.

    Le consulat de France à Francfort
    Le consulat de France à Francfort

    Conclusion : aimer sans frontières

    La soirée s’est achevée dans la douceur de la brise de la vallée du Main, sur fond de conversations mêlées, d’accolades franches et de projets à moitié formulés.

    Ce 14 juillet n’a pas seulement réuni des expatriés heureux de se retrouver. Il a dessiné, à travers leurs paroles, une autre idée de la France : une France nomade, plurielle, exigeante. Une France qu’on ne quitte jamais vraiment, même lorsqu’on vit ailleurs.

    Aimer la France depuis l’étranger, ce n’est pas l’aimer moins. C’est l’aimer avec lucidité. Avec recul. Avec cette fidélité intérieure que la distance affine.
    Et c’est, peut-être, l’aimer pour ce qu’elle pourrait être, si elle savait tendre l’oreille à ceux qui la regardent depuis le monde.

  • Août en France : les événements à ne pas louper

    Août en France : les événements à ne pas louper

    Passer le mois d’août en France est une excellente idée, car c’est une période souvent ensoleillée avec des températures agréables, surtout dans le sud. Vous pouvez choisir parmi de nombreuses destinations, que ce soit pour des vacances à la mer, à la montagne, à la campagne, ou pour explorer des villes charmantes. Mais il existe aussi de nombreux festivals et autres animations, que les Français de l’étranger, de passage pour les vacances estivales, ne connaissent pas forcément. Alors que faut-il ne pas louper en août en France ? Petit tour des rendez-vous pour les aoutiens.

    Festival Rock en Seine

    C’est l’un des événements parisiens incontournables du mois d’août. Rock en Seine est de retour en 2025 pour une nouvelle édition qui accueillera notamment Chappell Roan, London Grammar, mais aussi Asap Rocky, Empire of the Sun, ainsi que Marc Rebillet. Queens of the Stone Age, Jorja Smith ainsi que Justice et Doechii, pour un concert unique en France.

    Ils seront également présents pendant ces cinq jours placés sous le signe de la musique, du 21 au 24 août 2025.

    Rock en Seine, du 21 au 24 août 2025, à Paris au Domaine de Saint-Cloud. Billetterie par ici.

    Le Delta Festival

    Du 27 au 31 août, le Delta Festival investira les plages marseillaises pour une nouvelle édition. Au programme de nombreux DJ comme Boris Brejcha, Kavinsky, ou encore I Hate Models. Le rappeur Rilés qui vient de sortir son nouvel Survival mode sera également présent durant ce rendez-vous musical incontournable du sud de la France, tout comme Tayc, SDM et Zamdane.

    Outre une programmation impeccable, les festivaliers pourront également profiter des nombreuses activités proposées par le Delta Festival comme, par exemple, le Forum des possibles, un espace d’échanges et d’engagement pour la jeunesse, des food truck et des attractions, tout ça les pieds dans l’eau.

    Le Delta Festival, du 27 au 31 août 2025, à Marseille. Billetterie par ici

    ©AFP Illustration festival
    ©AFP Illustration festival

    La Feria de Dax 2025

    Du mercredi 13 au dimanche 17 août 2025, Dax va de nouveau vivre au rythme de ses fêtes. Avec un 15 août stratégique qui tombe cette année un vendredi, et un programme, notamment en journée, déjà éprouvé, tout semble fait pour que cette nouvelle édition reste dans les mémoires.

    Pour comprendre et vivre en toute convivialité les Feria du Sud Ouest comme elles existent depuis des centaines d’années, c’est à Dax que ça se passe ! Pour venir faire la fête, habillez-vous de blanc avec un foulard rouge, le signe de reconnaissance et de respect mutuel entre festayres.

    La Feria de Dax du 13 au 17 aout, Billetterie par ici

    ©Istock photo illustration de Feria dans le Sud-Ouest.

    ©Istock photo illustration de Feria dans le Sud-Ouest.

    Motocultor Festival

    La musique metal fait son retour au Motocultor Festival qui se tiendra à Carhaix, en Bretagne. Du 14 au 17 août 2025, de grands noms se produiront dans ce cadre : Machine Head, Dimmu Borgir, Me and That Man, Eivør, Cult of Luna, Carpenter Brut, Lacuna Coil ainsi que Fear Factory. Le festival breton s’est construit une solide réputation grâce à une ambiance conviviale. Il accueille des artistes venus du monde entier sur le site de Kérampuilh, soit au même endroit où se déroulent Les Vieilles Charrues.

    Le Motocultor est l’occasion pour les fans de découvrir de nouveaux visages de la scène metal, mais aussi de retrouver les titres les plus connus accompagnés des chanteurs et groupes légendaires.

    Motocultor Festival, du 14 au 17 août 2025, à Carhaix en Bretagne. Billetterie par ici.

    L’Elektric Park Festival

    Après une édition décalée au mois de juin en raison des Jeux Olympiques de Paris 2024, l’Elektric Park Festival annonce son retour à Chatou à la fin de l’été. Cette année, le célèbre festival de musiques électroniques donne donc rendez-vous à son fidèle public le samedi 30 août 2025, avec une nouvelle édition qui s’annonce aussi belle et festive que les précédentes.

    Alors, après avoir accueilli Vladimir Cauchemar, Mandragora, Sub Zero Project, Sound Rush ou encore Neko, qui a l’honneur de vous faire danser le 30 août prochain à Chatou, de 12h à minuit ? Cet été, vous pourrez vous déhancher sur les sons endiablés de Camo & Krooked, Creeds, Vortek’s, Dirtyphonics, Fatima Hajji ou encore Joachim Garraud.

    L’Elektric Park Festival, le samedi 30 août 2025. Billetterie par ici.

    La Bataille de Castillon

    La Bataille de Castillon est de retour pour l’été du 17 juillet au 16 août 2025. 15 représentations, 600 bénévoles et 40 cavaliers mobilisés pour raconter cette fameuse bataille de l’année 1453 sous la direction du metteur en scène Eric Le Collen.

    Le spectacle évoque la victoire française sur l’armée du général John Talbot et la fin de la domination anglaise en Aquitaine. Une reconstitution très réaliste à grands renfort de combats et de cascades, portées par des effets pyrotechniques impressionnants.

    La Bataille de Castillon, 8 dates en août. Billetterie par ici.

    ©AFP Photo illustration Bataille de Castillon

    ©AFP Photo illustration Bataille de Castillon

    Rose Festival

    Du 29 au 31 août 2025, la ville de Toulouse vibrera au rythme du Rose Festival.

    Ce rendez-vous créé par Big Flo & Oli revient pour une nouvelle édition et accueillera Luidji, Laylow, Marc Rebillet mais aussi la nouvelle sensation musicale, Therodora. Rilès viendra, quant à lui, défendre son nouvel album, Survival Mode, tout comme Vald qui interprétera les titres de son dernier opus, Pandemonium.

    Rose Festival, du 29 au 31 août, à Toulouse. Billetterie par ici.

    Les Nuits du Chateau de La Moutte

    Cette année, le plus somptueux festival de St-Tropez s’apprête à fêter ses 50 ans. En effet, du 28 juillet au 13 août 2025, la ville du Sud de la France vibrera au rythme des Nuits du Chateau de La Moutte.

    Au programme, les partitions de Bach, Vivaldi, Beethoven, Chopin, Liszt, Rachmaninov, interprétées par les plus grands talents de la musique classique comme l’Américain, Brad Mehldau, Théotime Langlois de Swarte, ou encore Mikhaïl Pletnev.

    Les Nuits du Chateau de La Moutte, du 28 juillet au 13 août, à St-Tropez. Billetterie par ici.

    ©Belga illustration photo festival

    ©Belga illustration photo festival

    Jazz à la Villette

    Au carrefour des esthétiques, des formes et des formats, la 24e édition de Jazz à la Villette célèbre la musique comme le lieu de toutes les rencontres, audaces, combats et espoirs.

    Au programme, les festivaliers pourront retrouver les performances de Jeff Mills, d’ALA.NI, d’Anne Paceo, de Cimafunk, de Donny McCaslin, de Jacob Banks, ou encore de Jalen Ngonda. Cette nouvelle édition du festival parisien se déroulera du 28 août au 7 septembre 2025.

    Jazz à La Villette, du 28 août au 7 septembre 2025, à Paris. Billetterie par ici.

  • Espagne : le miracle économique est-il un mirage ?

    Espagne : le miracle économique est-il un mirage ?

    Depuis 2015, hors période Covid, l’Espagne connaît une forte croissance, supérieure à la moyenne de l’Union européenne et de la France, sa voisine. Après la crise des dettes souveraines entre 2010 et 2014, le rebond de l’économie espagnole n’en finit pas de surprendre compte tenu des handicaps que doit supporter le pays, en particulier en matière de compétences de la population active et de recherche.

    2015-2021 : la croissance

    À partir de 2015, l’Espagne a tourné la page de la crise des dettes souveraines et de l’effondrement immobilier. Après plusieurs années de récession, le PIB renoue avec la croissance : +3,2 % en 2015, +3,3 % en 2016, +3,1 % en 2017. Cette croissance est alors alimentée par plusieurs facteurs : la politique monétaire accommodante de la BCE, la baisse de l’euro qui stimule les exportations, la reprise de la consommation des ménages, mais surtout le dynamisme du secteur touristique. À cela s’ajoute un regain de compétitivité lié à une modération salariale et à une réforme du marché du travail amorcée dès 2012. En 2018 et 2019, la croissance ralentit légèrement (autour de +2,0 %) mais reste supérieure à la moyenne européenne. L’investissement progresse, en particulier dans l’immobilier, les services et l’industrie exportatrice. Le chômage, qui atteignait encore 23 % en 2015, recule pour s’établir autour de 13 % fin 2019. Le déficit public est ramené sous les 3 % du PIB.

    Comme dans les autres États européens, l’Espagne connaît une récession avec l’épidémie de Covid. Dépendante du tourisme, elle est l’un des pays les plus durement touchés en Europe. Le PIB chute de 10,9 % en 2020 et le déficit public dépasse 10 % du PIB. La dette franchit le seuil de 120 % du PIB.

    Dès 2021, l’économie espagnole bénéficie d’un fort effet de rattrapage (+6,7 %), soutenue par un plan de relance national de près de 140 milliards d’euros, financé pour partie par le plan NextGenerationEU. L’Espagne concentre ses investissements sur la transition énergétique, la modernisation numérique, l’éducation et la formation professionnelle. En 2022, la croissance reste élevée (+6,2 %), en dépit des tensions sur les prix de l’énergie liées à la guerre en Ukraine. En 2023, dans un contexte marqué par le resserrement monétaire de la BCE et le ralentissement mondial, l’Espagne résiste mieux que ses voisins : le PIB progresse de +2,5 à +2,7 %, et le pays parvient à maintenir un niveau d’emploi élevé. En 2024, le taux de croissance atteint 3,2 %, contre seulement 0,7 % pour l’ensemble de la zone euro. Pour 2025, l’Espagne espère une croissance supérieure à 2 %, quand la France ne prévoit qu’une progression de 0,6 %. Le taux de chômage en Espagne demeure élevé, mais il est revenu autour de 10 %.

    Le rebond économique de l’Espagne est imputable à une spécialisation performante et à des coûts salariaux relativement faibles.

    Depuis 2022, le tourisme tire la croissance

    L’Espagne tire profit du dynamisme du tourisme, en particulier après l’épidémie de Covid. Les ménages réduisent leurs dépenses en biens mais pas celles en loisirs. En 2025, près de 100 millions de visiteurs étrangers sont attendus en Espagne, soit presque autant qu’en France. Le pays est ainsi la deuxième destination mondiale, juste derrière la France. En revanche, le poids économique de ce secteur y est bien plus élevé : 13 % du PIB contre 7,5 % en France. En ajoutant les dépenses indirectes générées par le tourisme (construction, commerce, etc.), le poids du tourisme dépasse 15 % du PIB espagnol.

    L’Espagne a su capitaliser sur sa géographie, son climat et sa culture populaire. Des Baléares aux Canaries, de l’Andalousie à la Catalogne, elle offre une grande diversité de territoires touristiques. En 2024, les recettes issues du tourisme international ont atteint 126 milliards d’euros, un record historique. Le tourisme domestique, lui, a généré près de 85 milliards d’euros supplémentaires, portant le total à plus de 210 milliards d’euros pour une économie nationale d’environ 1 700 milliards. À titre de comparaison, avec ses 100 millions de touristes étrangers également, la France n’a dégagé que 67 milliards d’euros de recettes internationales en 2023, selon Atout France.

    Cet écart s’explique par la nature différente du tourisme de part et d’autre des Pyrénées. Le touriste dépense plus en Espagne. Il y reste plus longtemps et revient plus souvent. Les politiques publiques espagnoles ont cherché depuis une décennie à monter en gamme, à renforcer l’offre hôtelière et à étaler la fréquentation sur l’année. La France, de son côté, souffre encore d’un certain morcellement de ses offres et d’un tourisme parfois trop concentré à Paris et quelques hauts lieux, à la différence de l’Espagne qui a su transformer tout son territoire en produit d’appel touristique. Par ailleurs, en France, plus d’une dizaine de millions de touristes internationaux ne font que transiter par les aéroports, notamment à Roissy. Certains d’entre eux se rendant en Espagne…

    Cap sur l’industrie

    L’Espagne bénéficie d’un coût du travail relativement faible qui permet d’attirer des investissements internationaux. Plusieurs constructeurs automobiles y ont ainsi implanté des usines. Stellantis y dispose de trois sites (Villaverde – Madrid, Figueruelas – Saragosse, Vigo – Galice), représentant environ 40 % de la production espagnole et produisant notamment 93,5 % des véhicules électriques du groupe en Espagne. Renault possède également trois sites : Palencia (voitures hybrides et thermiques), Valladolid (voitures et moteurs), Séville (boîtes de vitesses). Ford a une usine à Almussafes (Valence), la plus importante du groupe en Europe. Volkswagen Group, avec sa filiale SEAT/Cupra, produit plus de 530 000 véhicules par an. Mercedes, Iveco, Mitsubishi et Chery (Chine) sont également présents. Au total, 2,38 millions de véhicules ont été produits en Espagne en 2024, plaçant le pays au deuxième rang européen, après l’Allemagne et devant la France. Le secteur automobile représente 10 % du PIB et 18 % des exportations en 2023.

    Coût horaire moyen par salarié dans l'industrie manufacturière ©Phillipe Crevel
    Coût horaire moyen par salarié dans l’industrie manufacturière ©Phillipe Crevel

    Face au vieillissement démographique, l’Espagne a misé sur l’immigration pour faire répondre aux besoins de main-d’œuvre dans de nombreux secteurs. L’immigration nette dépasse en moyenne 150 000 personnes par an depuis 2016, contre 90 000 pour la France. Le gouvernement espagnol a annoncé récemment une réforme visant à faciliter la régularisation des immigrés en situation irrégulière. Cette réforme pourrait concerner jusqu’à 300 000 personnes par an durant les trois prochaines années.

    Le soutien européen

    L’Espagne a su tirer pleinement profit des crédits européens, en particulier du plan NextGenerationEU. 30 % des sommes versées à l’Espagne ont été allouées aux transitions énergétique et numérique. Le plan, dans sa globalité, représente 10,2 % du PIB espagnol. À ce jour, un tiers des crédits a été effectivement versé.

    L’Espagne doit faire face néanmoins à plusieurs faiblesses qui pourraient, à terme, peser sur sa croissance. Le niveau des compétences des actifs, la performance de son système éducatif et les faibles dépenses en recherche et développement constituent de véritables handicaps. Le modèle de croissance espagnol repose encore sur la création d’emplois peu qualifiés. L’Espagne figure, avec la France et l’Italie, parmi les États européens ayant les plus faibles niveaux de compétences dans leur population active.

    Résultats à l'enquête PIAAC de l'OCDE ©Phillipe Crevel
    Résultats à l’enquête PIAAC de l’OCDE ©Phillipe Crevel

    Le système éducatif obtient des résultats modestes dans le cadre de l’enquête PISA de l’OCDE.

    Résultats aux enquêtes PISA de l'OCDE (score global) ©Phillipe Crevel
    Résultats aux enquêtes PISA de l’OCDE (score global) ©Phillipe Crevel

    En 2024, l’Espagne consacre seulement 1,5 % de son PIB à la recherche et développement, contre 3,8 % pour la Suède, 3,2 % pour l’Allemagne et 2,2 % pour la France. Le nombre de robots installés pour 10 000 employés de l’industrie manufacturière (2023) n’est que de 174, loin des niveaux observés en Allemagne, en Chine ou en Corée du Sud. Enfin, la productivité espagnole est en déclin depuis plusieurs années, ce qui pourrait nuire à moyen terme à sa compétitivité globale.

    Nombre de robots installés pour 10 000 employés de l'industrie manufacturière (2023) ©Phillipe Crevel
    Nombre de robots installés pour 10 000 employés de l’industrie manufacturière (2023) ©Phillipe Crevel

    La croissance espagnole entre 2015 et 2025 est réelle, solide et mieux orientée que celle de plusieurs grands pays européens. Elle s’appuie sur un modèle fondé sur le tourisme, les services, une certaine compétitivité-coûts et l’immigration. Ce modèle a su tirer parti des soutiens européens et des opportunités post-Covid. Il demeure, en revanche, fragile : la faiblesse de la productivité, le retard en recherche et en innovation, ainsi que les tensions sociales (logement, salaires, jeunesse) peuvent, à terme, ralentir la dynamique. Plus qu’un miracle, pour l’heure, c’est une reprise bien pilotée mais encore incomplète.

  • Économies mondiales : les 10 plus puissantes en 2025

    Économies mondiales : les 10 plus puissantes en 2025

    En 2025, les économies mondiales continuent de se remettre des impacts de la pandémie de COVID-19 et des tensions géopolitiques. Les pays asiatiques, en particulier la Chine et l’Inde, connaissent une croissance rapide, tandis que les économies européennes et nord-américaines restent stables mais confrontées à des défis tels que le vieillissement de la population et la transition énergétique. Pour les Français de l’étranger, ces informations peuvent être utiles pour comprendre les dynamiques économiques mondiales et les opportunités professionnelles dans ces pays. Le classement, des nations les plus riches, repose principalement sur le Produit Intérieur Brut (PIB) nominal, qui représente la valeur totale des biens et services produits dans un pays au cours d’une année. Voici les dix économies les plus puissantes en 2025 et les facteurs qui expliquent leur prospérité.

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    États-Unis – Leader malgré ou grâce à Trump ?

    Malgré une concurrence accrue, les États-Unis maintiennent leur position dominante avec un PIB dépassant les 27 000 milliards de dollars. L’innovation technologique, le secteur financier de Wall Street, les géants de la tech comme Apple, Microsoft et Google, ainsi que la puissance du dollar américain contribuent à cette hégémonie économique. L’investissement dans l’intelligence artificielle et les énergies renouvelables renforce la compétitivité du pays.

    Chine – Une économie dirigée qui monte en puissance

    Avec un PIB avoisinant les 22 000 milliards de dollars, la Chine suit de près les États-Unis. Sa stratégie économique repose sur un modèle hybride combinant industrie manufacturière, innovations technologiques et expansion du marché intérieur. Les investissements massifs dans la transition énergétique et la numérisation de l’économie permettent à Pékin de consolider sa place de deuxième puissance mondiale, bien que le vieillissement démographique et les tensions commerciales avec l’Occident restent des défis.

    photo d’illustration ©️Stockadobe
    photo d’illustration ©️Stockadobe

    Japon – Une résilience impressionnante

    Le Japon conserve sa troisième position avec un PIB avoisinant les 5 500 milliards de dollars. Grâce à une forte capacité d’innovation dans les domaines de la robotique, des semi-conducteurs et de l’automobile, l’archipel continue d’être un acteur clé de l’économie mondiale. Sa politique monétaire accommodante et son adaptation aux défis démographiques assurent une stabilité économique notable.

    Allemagne – Une croissance atone

    L’économie allemande est fortement axée sur les exportations et bénéficie de secteurs très solides dans l’ingénierie, l’automobile, la chimie et la pharmacie. Avec 4 600 milliards de dollars, elle tire son avantage de sa main d’œuvre qualifiée, de ses initiatives solides en matière de recherche et de développement et de son engagement prononcé en faveur de l’innovation. Le taux de croissance annuel du PIB de l’Allemagne est de 0,2%. 

    Inde – L’économie de demain ?

    L’Inde, avec un PIB proche de 4 000 milliards de dollars, progresse rapidement dans le classement. Grâce à un marché intérieur en pleine expansion, à l’essor des technologies de l’information et à une politique d’industrialisation agressive, le pays attire de nombreux investissements étrangers. L’amélioration des infrastructures et l’adoption massive des énergies renouvelables renforcent encore son attractivité. Le seul bémol concerne ses rapports avec le Pakistan qui peuvent déraper à tout moment.

    Royaume-Uni – Surmonter le Brexit

    Avec un PIB estimé à 3 700 milliards de dollars, le Royaume-Uni demeure une puissance économique majeure, malgré les défis liés au Brexit. Son secteur financier, son industrie pharmaceutique et son rôle dans l’innovation numérique lui permettent de préserver une économie dynamique. Londres reste un hub mondial incontournable pour les investissements et les échanges commerciaux.

    France – Une économie diversifiée et résiliente

    La France, avec un PIB de 3 200 milliards de dollars, s’appuie sur une industrie forte, un secteur du luxe dominant et une position clé dans l’aéronautique et l’énergie nucléaire. L’accent mis sur la transition écologique et l’innovation technologique renforce sa compétitivité. Le pays bénéficie également de son attractivité touristique et de sa position stratégique au sein de l’Union européenne.

    photo d’illustration ©️Stockadobe
    photo d’illustration ©️Stockadobe

    Brésil – Un géant en fin de gestation

    Le Brésil reste la première puissance économique d’Amérique latine avec un PIB atteignant environ 2 500 milliards de dollars. Son économie repose sur une agriculture performante, l’exploitation des ressources naturelles et une industrie en plein développement. Les investissements croissants dans les énergies renouvelables et les infrastructures digitales contribuent à sa croissance malgré une instabilité politique persistante.

    Canada – Un modèle économique stable

    Avec un PIB de 2 300 milliards de dollars, le Canada maintient une croissance solide grâce à ses ressources naturelles abondantes, un secteur technologique en plein essor et une politique économique stable. L’attrait du pays pour les investisseurs étrangers et sa proximité avec les États-Unis en font un acteur clé du commerce international mais cette année 2025 semble marquer un décrochage de l’ancien dominion britannique.

    Italie – Une économie qui s’accroche

    L’Italie clôture ce classement avec un PIB d’environ 2 200 milliards de dollars. Son industrie du luxe, son secteur manufacturier et son savoir-faire dans l’agroalimentaire restent des atouts majeurs. Les réformes économiques visant à moderniser le pays et à renforcer son attractivité contribuent à sa stabilité financière.

    photo d’illustration ©️Stockadobe
    photo d’illustration ©️Stockadobe

    Ces dix pays dominent l’économie mondiale en 2025 grâce à des secteurs stratégiques solides, une capacité d’innovation soutenue et une adaptation aux nouvelles réalités économiques. Tandis que les États-Unis et la Chine se disputent la première place, des puissances émergentes comme l’Inde progressent rapidement. La transition énergétique, la digitalisation et les transformations démographiques joueront un rôle clé dans l’évolution future de ce classement.

  • La pétition Duplomb : l’avez-vous signée ? 

    La pétition Duplomb : l’avez-vous signée ? 

    C’est le succès de l’été : la pétition Duplomb. Elle a été lancée par une étudiante le 10 juillet, deux jours après l’adoption du texte du sénateur Les Républicains (LR) Laurent Duplomb, qui autorise la réintroduction sous condition d’un pesticide interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe. Avec désormais plus d’1,5 million de signataires, elle est rapidement devenue l’initiative la plus soutenue depuis la création de cette plateforme qui permet aux citoyens d’alerter leur député sur divers sujets. Mais à quoi sert-elle ? Pouvez-vous la signer en tant que Français de l’étranger ?

    Les pétitions de l’Assemblée nationale française

    La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale permet aux citoyens d’adresser des pétitions à l’Assemblée nationale et de signer des pétitions déjà déposées.

    Chaque pétition est attribuée à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale, en fonction de la thématique qu’elle aborde. Les pétitions ayant recueilli au moins 100 000 signatures sont mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour plus de visibilité.

    Pour signer une pétition, il est nécessaire de s’identifier via la plateforme FranceConnect. Vous pouvez y accéder via l’identité numérique avec un passeport français et pour ceux qui disposent de la nouvelle CNIe, ils peuvent passer utiliser France identité.  Cette identification a pour but de permettre l’Assemblée nationale de s’assurer que les auteurs ou les signataires de pétitions sont bien des personnes physiques majeures et que chaque pétition n’est signée qu’une seule fois par une même personne physique. Il faut savoir que les noms et prénoms des auteurs sont rendus publics sur la plateforme, tandis que les signataires demeurent anonymes (aucune donnée personnelle n’est conservée les concernant).

    Capture écran ©LFP
    Capture écran ©LFP

    Après attribution de la pétition à une commission, les députés de la commission désignent un député-rapporteur qui propose ensuite soit d’examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit de classer la pétition. A partir de 500 000 signatures provenant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, la conférence des présidents peut choisir soit d’« examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit [de] classer la pétition », détaille le site de dépôt de pétition de l’Assemblée. Autrement dit, ne rien faire du tout.

    « Cela pourrait être la première fois, sous la Ve République, qu’une pétition est débattue en séance publique si la conférence des présidents de l’Assemblée nationale décide de l’inscrire à l’ordre du jour »

    le service presse du Palais-Bourbon.


    Signer la pétition

    La loi Duplomb ?

    Adoptée le 8 juillet au Parlement, la loi « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », dite loi Duplomb, prévoit notamment de faciliter les projets d’élevages intensifs, de « mégabassines » et la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes. Considéré comme un « tueur d’abeilles », ce pesticide est interdit en France depuis 2018, mais autorisé en Europe jusqu’en 2033. Il est réclamé par les producteurs de betteraves ou de noisettes, qui estiment n’avoir aucune alternative contre les ravageurs et subir une concurrence déloyale face aux agriculteurs européens.

    « L’acétamipride est autorisé dans 26 pays sur 27 en Europe. Tous les scientifiques de toute l’Europe, sauf la France, ont donné leur aval pour continuer à l’utiliser jusqu’en 2033 », a de nouveau défendu le sénateur (Les Républicains) Laurent Duplomb ce dimanche à l’initiative du texte. En continuant d’interdire ce pesticide, la France « fait courir une concurrence déloyale » à ses agriculteurs. « Moins nous produirons en France, plus nous seront soumis à acheter des produits qui viennent d’ailleurs et qui ne correspondent pas du tout à nos normes », a-t-il ajouté.

    Photo illustration ©Adobestock
    Photo illustration ©Adobestock

    Le retour des néonicotinoïdes, très toxiques pour les abeilles, est décrié par les défenseurs de la nature, les apiculteurs – qui dénoncent « un tueur d’abeilles » -, la Confédération paysanne (3e syndicat agricole). Des régies publiques de l’eau et des scientifiques ont aussi alerté sur la « persistance » de ces substances dans l’environnement et les risques pour la santé. Les effets du pesticide sur l’humain sont également source de préoccupations, même si les risques restent incertains, faute d’études d’ampleur.

    La loi Duplomb vise également à faciliter le stockage de l’eau pour l’irrigation des cultures, dans un contexte de raréfaction de la ressource liée au dérèglement climatique. Des associations ont mis en garde contre « l’implantation de mégabassines », ces immenses réserves constituées l’hiver en puisant dans la nappe phréatique ou les cours d’eau, « qui accaparent » les ressources en eau « au profit de l’agriculture intensive ».

    Présentée comme l’une des réponses à la colère des agriculteurs de l’hiver 2024, en levant les « contraintes » à l’exercice de leur métier, la loi a fait l’objet de vives critiques. Cependant, les premiers syndicats agricoles – la FNSEA, Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale – sont d’ailleurs favorables à cette loi, notamment les producteurs de betteraves sucrières qui affirment n’avoir aucune solution pour protéger efficacement leurs cultures. Ils redoutent la concurrence d’importations de sucre produit avec des pesticides interdits en France.

    L’objectif de la pétition

    La pétition accuse les parlementaires de « légiférer contre l’intérêt général » et dénonce une loi « inconstitutionnelle », qui incarne, selon le texte, une « attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire, et le bon sens ».

    Car cette loi a connu un parcours expéditif au Parlement avec une motion de rejet préalable, déposée par son propre rapporteur Julien Dive (LR) pourtant favorable au texte. L’objectif étant de contourner un mur de milliers d’amendements déposés par des écologistes et des insoumis à l’Assemblée, que le rapporteur avait qualifié d’« obstruction ». Rejetée par ses propres soutiens à l’Assemblée pour s’éviter le débat sur les amendements de la gauche, la proposition de loi LR a été, de fait, renvoyée en commission mixte paritaire, où une quinzaine de sénateurs et députés, à majorité à droite, ont eu la charge de trouver un texte de compromis. Celui-ci a ensuite été adopté après un ultime vote au Sénat puis, mardi 8 juillet, par 316 voix contre 223 à l’Assemblée nationale, lors d’une dernière séance tendue. Et c’est ce parcours législatif que remet en cause la pétition.

    Vers un débat parlementaire ?

    En France, seule une loi peut abroger une autre loi. « Le droit de pétition, en France, ne mène pas à grand-chose », souligne Benjamin Morel, politologue, maître de conférences en droit public à l’université Paris-Panthéon-Assas sur FranceInfo. Cela « met une pression politique » sur les députés. Il pourrait toutefois « donner naissance à un texte, si un groupe politique souhaite le défendre dans sa niche », a-t-il ajouté

    Mais comme nous l’avons vu plus haut, à partir du seuil des 500 000 signatures, et à condition qu’elles soient issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, une pétition peut entraîner l’organisation d’un débat en séance publique à l’Assemblée nationale. C’est la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale (composée de la présidente de l’Assemblée et les présidents des groupes parlementaires) qui peut le décider. Et la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), s’est dite, dimanche, « favorable » à l’organisation d’un débat à la rentrée parlementaire.

    Un tel débat serait une première dans l’histoire de la Ve République, mais la loi ne sera pas réexaminée sur le fond et encore moins abrogée. Ce débat « ne pourra en aucun cas revenir sur la loi votée », a prévenu la présidente de l’Assemblée nationale, pour qui la loi va, selon elle, « sauver un certain nombre de nos agriculteurs ».

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